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Full text of "Histoire de l'imprimerie en France au XVe et au XVIe siècle"

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BIBLIOTHEQUE  DE  L’ENSSlB 


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HISTOIRE 


DE 

L’IMPRIMERIE 

EN  FRANCE 

AU  XVe  ET  AU  XVIe  SIÈCLE 


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HISTOIRE 

DE 

L'IMPRIMERIE 

EN  FRANCE 

AU  XVe  ET  AU  XVIe  SIÈCLE 

PAR  A.  CLAUDIN 

LAURÉAT  DE  L’INSTITUT 

TOME  DEUXIÈME 


PARIS 

IMPRIMERIE  NATIONALE 


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HISTOIRE 

DE 

L'IMPRIMERIE 

EN  FRANCE 

❖«Sx* 

XVe  SIÈCLE 

CHAPITRE  XIX 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 

ATELIER  DE  GUILLAUME  MAYNIAL 

(1487-145°) 

Le  Missel  de  Salisbury. — Les  Statuts  synodaux  de  Chartres.  — Le  Rituel  de  l’église  de  Chartres. 

La  nationalité  de  Maynial. 

Guillaume  Maynial  est  un  imprimeur  très  peu  connu.  11  existait  un  Georges 
Maynial,  associé  d’Ulrich  Gering  en  1480,  au  Soleil  d’ Or  de  la  rue  Saint- 
Jacques,  après  le  départ  des  compagnons  de  ce  dernier,  Friburger  et  Crantz. 
Guillaume  Maynial  était  probablement  un  proche  parent,  le  fils  ou  le  neveu 
de  ce  Georges  Maynial,  comme  on  peut  le  conjecturer. 

Il  a imprimé,  le  4 décembre  1487,  un  Missel  à l’usage  de  l’église  de 
Salisbury  ( Missale  ad  iisum  S arum  ) , pour  William  Caxton,  de  Londres.  Ce  livre, 
qui  porte  à la  fin  la  marque  de  Caxton,  est  cité  par  un  bibliographe  anglais  '. 
Il  a été  vu  depuis  par  un  autre  bibliographe  anglais,  M.  Gordon  Duff. 

Weale  (W.  EL  J.  . Bibliographe  liturgica  : p.  178.  Le  seul  exemplaire  connu  de  ce  Missel 

Catalogus  Mis  s alium  ritus  lat'mi  ab  aune  mcccclxxv  est  la  propriété  de  Lord  Newton,  à Lyme  Park, 
impressorum;  Londini,  B.  Quaritch,  1886;  in-8°,  Disiey,  comté  de  Cheshire  ^Angleterre  . 


il. 


Z 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  15  mars  1 485)  (v.  st.),  Guillaume  Maynial  a exécuté  l’impression  des 
Statuts  synodaux  de  l’Église  de  Chartres,  dont  la  copie  lui  avait  été  remise  par 
Maître  Jean  Rémy,  pénitencier  de  l’évêque  [procurante  discreto  viro  magistro  Johanne 
Remigii  ejnsdem  domini  episcopi  pmitentiario  et  exarata). 

Ce  petit  in-quarto  se  trouve  à la  bibliothèque  de  Chartres.  II  ne  porte  pas  de 
nom  d’imprimeur,  mais  il  est  composé  avec  les  mêmes  caractères  que  le  Rituel 
de  l’Église  de  Chartres  [Monnaie eccles'ue  Camotensis ) signé  de  Guillaume  Maynial. 

La  première  page  de  texte  est  reproduite  ci-dessous  en  rouge  et  noir  : 


cpiftola.  foliüU 

pojtujôeDucere  (alutie: 
dùeuotum  ÿq?lauDabi 
le  fttCctera  Inter  opéra 
carttatte  bone  bolütatts 
ecdeftaûicos  itmplices. 
ao  neceOarto^facerûoti 
bue  cognitionem  rcqub 
fitaj  inDucere:  noutt  ille 
qutnid)ütgnoîatcûp  0 
culDubto  ÿ plurimi  eoa 
Ignari  fine  qutbue. -nec 
faceroatis  nome  merem 

Otur.qut  necobboc  funt 
Æiuerfis  poc  piecla*  a toctie  fpernéOi  faltem  bt 
rumetperutfleopuf  cômumonbus  infoimatit 
culû  biiuris  feu  tnturie  bû  Doctt  poûftnt  Cibt  cômtilas 
rif ecctefiaütds  majrime  eu  plebeeDocereetaO  quefita 
ram  aîarum  in  pac  camo*  feniï refpôDere.  Jgitur  ip  * 
fen-Otocefi  Imtibus  feu  ba*  fe  ego  penitentiarius  prelt 
büurie  got)ésremtgü  prêt  bat?  tametii  minus  iuffù 
biterliceiUn  Decret ts  mini  denter Doctue.0oc  tDé opu 
mus  îHeueréoi  i cbnûo  pa  « fculu  quob  mmte  paruu? 
tris  t Dfli-Domtni  âQilonis  nominari  opto  tanÿ  ama 
Diltets  carnoten  epifeopi  e*  io:i  ercerptû  miflali:  § plu 
gregii  iuri s btriuÜB  Docto*  ribus  tamen  Doctoç.  Door 
ris litteratiiTimù fua  bono  mentis  refertû.  neenon  t p 
rifica  beneficentia  penité#  aDmintûrationeûicramê* 
tiartusplebem  Cuâ  parare  toç.  eccleftaOtcoîû  pioutp 
Domino  perfectâ  et  felici  re  moDos  bfuales  infert?  cou 
migio  turta  bocationej  aD  tinetur.üQuo  etiâ  ipfi?  ma 

bi. 


Le  portrait  et  les  armes  de  Milon  d’Iliers,  évêque  de  Chartres,  se  trouvent 
au  commencement.  Il  est  dit,  à la  fin,  que  ce  Manuel  ou  Rituel,  contenant 


ATELIER  DE  GUILLAUME  MAYNIAL  3 

les  Sacrements  de  l’Eglise  ( Manuale  continens  Ecclesie  Sacramentel ) et  la  manière 
de  les  administrer  [et  modnm  administrandi  ea)  suivant  l’usage  du  diocèse  de 
Chartres  ( secimdum  usum  diocesis  Camotensis ),  a été  produit  à Paris,  au  moyen 
de  lettres  tracées  ( exaratnm  Parisius ) par  l’art  et  l’impression  [arte  et  impressione)  de 
maître  Guillaume  Maynial  ( magistri  Gnilelmi Maynial) , aux  frais  de  maître  Jean 
Rémy,  pénitencier  de  ladite  église  de  Chartres  ( impensa  vero  magistri  Johannis 
Remy  pcnitenciarii  Camotensis  ejusdem  ecclesie),  et  terminé  heureusement  ( finit  féli- 
citer) l’an  du  Seigneur  mil  quatre  cent  quatre-vingt-dix,  et  le  2 9 juillet. 

Cabula. 

pie  caftigationütfeffe  cotte  Decompoto. 
ctospec  Dnm.  CoïoÆmen  j&eneDtrttonee. 

Dtco  bobts  quicqutû  ôtâtes  pe*  3nftrtlrtt0nes  ptO  CUtattS: 
tttts  treotf  e qt  amp ietie  et  fief  feu  cutâ  ataçgerentib9- 
pobfs.  ntpepafcaliaUdu#  fiptûola.  fot. 

pa  aiieiupa.  pottcoîo.  Dominica  in  aûuentu . 

DUeceepopuli  tutqs  fo-eoDem. 

Domine  benign?  eje  « De  natiuitafe  Domtnt. 
auDhet  per  puiusbirtutem  fort. 

Cacramenti  pacem  tuâ  no*  Jn  etreunaftone  Domtnt. 
bie  nüctet  putgatt  aeris  Ce  fo.pt. 
rena  trâfqutlttasibt  qui  De  Jn  eptppanta  Domtnt'. 
linquéfes  berberasipetâ  cô  foeoDem. 
fttentibus  parcas.  pet  Do*  Dominicain  feptuagefG 
minum.  ma.fobtit. 

3n  Die  paca Cceuee.  paffto. 
fojc. 

£Û>anuale  gtinf  e ecctïe  fa  * De  affenfione  Domint.  fo. 

ccamétaetmoDûaDmini*  jrft. 

fttanDi ea fcdjbfü ûiocefts  3nDtepentpecotte6.  fo. 

Camotff:  eeacatu?  pattftf  jrftii. 

arte  et  tpiefftôe  rngtt  guilli  Detrinitate.  fo.jcbi. 

mapntal.3mpéiaberû  ma  De  facramento  altacts. 

giftei  topâni  6 remppenitê  fo.ppiii. 

ctarti  camotn.  etufDé  ecctïe  De  beata  maria,  fo.jtfit. 

finit  feltdf.  2Umo  ûomini.  20t{Ta  pzo  Deffunctfs  fo. 

^•CCCC-nonagefimo.  mi. 

jt^jc.Jutft.  jÔeneDtctioaque.  fo. 

Irtiiii. 

tabula  put?  opettB  tapît  DebaptifmomaGculoîuj. 
féliciter.  fo.rtbt. 


Ces  trois  impressions  sont  tout  ce  que  nous  connaissons  de  Guillaume 
Maynial.  Il  est  à présumer  qu’il  a imprimé,  pendant  cet  intervalle  de  trois 


4 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


années,  d’autres  livres  qu’il  n’a  pas  signés  et  que  l’on  découvrira  plus  tard. 
En  attendant,  M.  Gordon  Duff  lui  attribue  l’impression  d’un  Légendaire  de 
Salisbury,  dont  on  ne  connaît  encore  que  quelques  feuillets  trouvés  dans  une 
vieille  couverture  de  livre  et  qui,  d’après  lui,  aurait,  de  même  que  le  Missel, 
été  imprimé  pour  Caxton  Voici  l’alphabet  du  gros  caractère  de  i 3 points  de 
Maynial  : 

abcDefgbtmwnopqtîfatinjrp* 
îeCDdffCfftqj  . â b9  9 09  li  é t tt9 fl9 tn  m? 
jtôgpjpq$qvti99-Ht9(îû^  x < * 

Nous  donnons  également  ci-dessous  l’alphabet  du  caractère  plus  petit 
employé  dans  le  Manuale  diocesis  Carnotensis  : 

& 'C  b % 

abcoefgi)tlmttopgrzfôfut))cj>$  ctffft:. 
âb9p6ee9tft9rmtn9fiôpp/pqqy  ytfîvnb 

Ces  deux  types  ont  passé  ensuite  chez  Jean  Higman.  On  les  retrouve, 
sauf  quelques  lettres  liées  ou  signes  abréviatifs  en  plus  ou  en  moins,  dans  les 
Missels  imprimés  par  ce  dernier  à partir  de  1 4^3- 

Nous  avons  tout  lieu  de  croire  que  Guillaume  Maynial  était  originaire  du 
même  pays  que  Caxton  pour  lequel  il  a travaillé  à Paris. 

Le  prénom  de  Georges  que  portait  son  père  ou  son  oncle,  ainsi  que  le  sien, 
Guillaume,  nous  font  supposer  qu’il  était  Anglais,  comme  William  Caxton. 

The printerSj  statïoners  and  hookhindcrs  of  London  in  thefifteenth  century  by  E.  Gordon  Duff;  Aberdeen , 
University  Press,  1899;  in-8°,  p.  15. 


CHAPITRE  XX 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  GEORGES  MITTELHUS 

(l488-I  5OO) 


Le  premier  livre  imprimé  par  Mittelhus.  — Date  contestée.  — Ses  débuts  réels  en  1488. 
Ses  marques  typographiques  et  ses  devises. 


Georges  Mittelhus,  imprimeur  à Paris,  était  originaire  de  Strasbourg.  Le 
livre  le  plus  ancien  qui  porte  son  nom,  est  probablement  le  Spéculum  Christia- 
nonim , daté  du  23  janvier  i486  (1487  n.  st.)  : 


33pmiïû  rpîanoE 

milita  bona  confinés*  ijbumo 


De  feprem  viols  capitalibus. 

De  feptem  vtrtutibus  bis  contrains. 

De  ocro  tabulis  eu  quibufdâ  otôibus  cfuotffÏÏmis 
Demodo  feptepatM  ad  facramétumeucbartfire» 
De  effecru  facramenti . 

De  anricbtifto. 

£]epo(Trio  otônfs  pfiiee  eum  quodâ  bono  notabilt 
Deramis.vij.  vidoç  capital  tfi  et  eop  remedijs* 
De  contentu  mundi  cum  aille  notabilités. 


Xene  infup  rigotem  in  Pifcufïïone  iufttde.mtffrfcoî 
diam  auté  in  ciffinitione  fentcntic.^ta  clemens  efto 
i ai#s  oclictis  fleur  % tn  tuis.Sic  aiios  iudica.vr  ip 
reiudicaHcupis.Dumetiimindulges.in  alieno  oe 
licto  t ribi  mifereHs.  Üejctuateconfringit.  5u dis 
ciü  quod  al#  s imponis.ipfe  po:tabie.5n  qua  enim 
menfura  menfus  fueHs.  remertietur  cibi  et  adficief 
IRuilum  indices  fufpectionis  arbinio  ante  pioba  ? 
(te  iudica»$n  ambtguis  oei  iudicio  referas  qô  noiti 
tuo  quod  rïefcfs.Dtutno  committe  iudicio 
C^e  contempru  mundi 

85  vis  e£  derns  ntcbil  feculi  appetas  fg  requis 
métis  babebte.fi  a ce  mundi  curas  abieceHs 
Sbfice  a ce  dequid  impedire  bonü^pofltû  pôt£fto 
moderacus  môdo  1 mudus  tibi.XDûdi  gflam  ranq» 
motcuus  nô  afptcias.can^  mouuus  ab  effectu  vite 
ifiiusrefegaficutfepultus.TBonbabeascurâoe  fe 
culo  Ǥ>  Piffinit9  ab  ot  terreno  ce  purga  negocio  c5 
tépne  vûés  que  pofi  motte  babere  nô  potes 
CIDe  elemofina 

aBos  bsbes  bsbeto.ad  mîa3.dcquit>  tribuiscü 
affectu  trfbue  ptebe  mîam  fine  munere  TJbtcbe 
elemofinam  fine  tedfo»ZDaiot  fit  beniuotéria  $ qô 
patur.  Cale  ern  tempus  tufi  qualis  ent  intério  rua. 
d^uod  affecta  bono  Pifpéfaf.boc  accipir  oeus.cQui 
aüt  cû  tedio  pat.mercedem  perdet.  Wô  eft  mta  vbi 
non  eft  beniuoiéria  Tflicbli  fadas  ptoprer  Iaudem. 
IRicbil  ptopter  rempotalem  opinionem  /fed  ptopt 
Vitam  cternam.Sd  qui  nos  perpucat  peus.Smem 

C^mpfiont  paHfius  per  6eo:giü  mfttelbus. 
Ip*cccc*l ïtrn9  menfis  ianuarij.Pte.^fii  « 


M.  Proctor  conteste  cette  date  et,  d’après  la  comparaison  des  caractères 
avec  ceux  que  Mittelhus  a employés  plus  tard,  il  croit  que  l’on  doit  lire  1 \ <p 6 
et  qu’il  y a omission  d’un  X dans  l’achevé  d’imprimer  daté  m cccc  lxxxm. 


6 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Nous  sommes  pleinement  de  son  avis.  Les  bibliographes  citent  de  Mittelhus 
un  autre  livre,  le  Tractants  de  corpore  Christi,  daté  de  1 4$ 4,  m^is  c’est  encore 
une  erreur.  Il  faut  lire  1 4 5^4  - La  date  de  l’achevé  d’imprimer  ne  laisse  subsister 
aucun  doute  : 

C££jrpltrit  Éractatu»  coipoite  Tpt.$mpfïUm  pa/ 
rifiue  per  j6eo:gium  mtttdbuf.Snno  falutie.ZP. 
cccc  .Ijc*  jcjttfij.menfia  nouêtaic  me  octaua. 

2iau0  fummo  régi  trtcatur  vocibus  o:te. 
cauod  iam  non  ccfïat  mercça  condigna  |aboil0 


C’est  seulement  en  1488  que  l’on  peut  placer,  avec  quelque  certitude,  le 
commencement  de  l’exercice  de  Mittelhus.  Il  a imprimé  à cette  date  le  poème 
de  Dominico  Mancini,  De  quatuor  Virtutibus , et,  sauf  le  nom  et  l’adresse,  il  a 
copié  la  formule  d’achèvement  de  l’édition  imprimée  quatre  ans  auparavant 
par  Jean  Higman  dans  l’atelier  du  Soleil  d’Or,  en  répétant  que  le  livre  était 
exécuté  par  l’ouvrage,  l’industrie  et  l’art  [opéra,  indu  stria,  arteque)  de  Georges 
Mittelhus,  Allemand,  dans  la  royale  ville  de  Pans  [in  regia  urbe  Parisioriim ). 

Au  commencement  de  son  exercice,  Mittelhus  s’est  servi  simultanément 
de  deux  sortes  de  caractères.  L’un  est  du  romain  de  1 1 points  ressemblant 
beaucoup  à celui  du  Soufflet  Vert  (voir  t.  Ier,  p.  13  1);  en  voici  le  spécimen  : 

&BCD8F<3ILNOPGSTV 

abcd  c fg  hi  lm  n o pqrsftuvx^  = 

à b^<Pë  î PfafirP  6 pqq  q>  cp  P t(*ü  u*z  GU 


Nous  ne  connaissons  pas  de  textes  entiers  imprimés  avec  ce  caractère;  c’est 
ce  qui  fait  que  des  lettres  manquent  dans  l’alphabet  reproduit  ci-dessus. 


ATELIER  DE  GEORGES  MITTELHUS 


7 


L’autre  est  un  caractère  de  p points  qui  offre  une  grande  ressemblance 
avec  celui  de  Martin  Flach  à Strasbourg.  Mittelhus  l’employa  pour  ses  textes 
jusqu’en  i4p3  environ.  Nous  en  donnons  ci-dessous  l’alphabet  : 

B # £ *n 

o a -r  s % u 

aabcbdefgfcij  kl  m nopqr:f8tuv)cy3 
fceto&tBffflpepoflfft*#  â to  B b9  p ê c9  î 
é 0Î  B î i9  U9  5 m nôpg£pq5#q$qHr$2£ 
a°  t?  t\  f u u $ r9  .;////()  C 


II  se  servit  du  type  romain  pour  quelques  titres  courants  et  pour  les  som- 
maires des  chapitres  du  Consolatorittm  theologicum  de  Jean  de  Tambaco,  qu’il 
imprima  en  1493  : 

Prefati'o  Fou* 

Incipit  pfatio  in  cofolatoriû  the 
ologicü  predariffimi  virfrmagif  tri 
lohânisde  Tâbaco:  facrarü  littcra 
rum  doctoris. 

*Clomârcÿmaplm:quecû<B 
fcripta  fücad  nra3  Coctnna 
q fcripta  fût  : vtp  pfolationé 

fcriptura#  fpem  Ipabcam9. 
qua  fc?  fpegaudêtes  1 tribu 
lariocob  quo:ücüq$  trtftfü 
occaffonêa  fptriruali  gaudioî  bnopttnuâ// 
to  minime  oeficiam9.3dcirco  pfiderari» 
mudi  pui9  tribu  latiôib9ac  mftiplicib9tur// 
bationû  caufis  feu  occafiôito  :cogitaui  te.  in 
finitie  pfolatiôib9ptentis  fp licite  veUjt:// 
plicite  in  fcripturieîqfdâ  rédigé  rein  15  q// 
licûqj  ope  mfcriptJ.2ldbono:ê  tripfoUto// 
rie  oprimi  z ejcimq.acgtïofe  ftgiw'e  marie 
quâ  ipfe  paradit9fic  fecüdau  it  q>  ceû  tôt  tu  s 
pfolationie  noBgenuit  :atœ  brilfimi  i olpâ// 
nie  euâgeltfteq  ppfeuâgeuîâdi  pftantiam 
e]rilio  religat9:  piuine  vifiôie  z allocutiôie 
meruit  crebzapfolariôe  releuari . Tlecnon 
oîm  fctôçiquoe  p mftae  tribulattôee  opo: 
tuit  intrare  t regnu  ce  loç.Bc  oem'cg  ad  pfo 
lationéofm  ipofm  ? pcipueaûtilloç  qui  pie 


Nous  ferons  observer  que,  dans  les  alphabets  de  types  que  nous  présentons, 
nous  prenons  de  préférence  nos  spécimens  dans  les  livres  dont  le  tirage  est 
le  plus  net.  Parmi  les  impressions  d’un  meme  atelier,  il  arrive  parfois  que  les 
lettres  paraissent  plus  lourdes  et  plus  épaisses  que  dans  d’autres,  au  point  d’en 
modifier  quelque  peu  l’aspect  dans  des  pages  imprimées.  Cet  effet,  qui  peut 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


tromper  l’œil  à première  vue,  si  i on  ne  prête  pas  attention  a la  forme  des 
lettres  qui  reste  toujours  la  même,  est  du  a deux  causes.  Lune  peut  etre 
produite  par  un  encrage  plus  ou  moins  chargé;  I autre  provient  de  1 usure 
progressive  des  lettres,  dont  l’œil  s est  aplati  par  suite  de  tirages  trop  répétés, 
qui  ont  fatigué  le  caractère.  Tel  est  le  cas  avec  le  Stimulus  divini  muons  de  saint 
Bonaventure,  dont  nous  reproduisons  le  titre  et  la  fin  : 


oîm  tamozé  cbzifti  (t>efu  iflâmatru9 
port  eiufde varias  impseflïofotcM 
rcctasvltîate  emëdat9  uotrcctwi 
P ejcmuûm  facrepaginc  pzofelTozcm 
XO agiftaim  3ot>anem  quctin  cano 
uicumtpenitëtiaruï  pifienfem* 

Mittelhus  a adopté  d’abord  la  marque  suivante,  qui  se  voit  sur  le  titre  d’un 
petit  traité  de  grammaire  : De  quautitate  sy liai) arum , sans  date  : 

eftqu1q5.no  qzquîqspedes  formai#  ptineatîf3  tmequiualëter 
Cotinctetû  qttuoz  peaæ  îteg  rosi  üuas  (ïllabas  catbaleticaa 
q equalët  pedi.ficut  duo  oboli  equalët  Denario.fed  no  pftftuût 
fozmaliî pedë  eu  no  fint  p tinue.fîcut  nec  Duo  oboli  fozmalfter 
pftttuût  œnartû.£ftaut  caÉlpdetica  GUabaq  poftcertoa  petes 
ftc  pëæna  eft  gmullieoç  eft  pnuroeranda* 

m initie  De  caufts 

vtputa  vocau  ante  vocale  in  Diuerfia  Dictionifo*  vtamo  ilium 
vocali  poft  in  Diuerfia  Dictiomb?*vt  t Uuamo.  3ticôgrua  locu// 
tione  quâdo  longa  filtaba  pomf  loco  bleuis  :feu  bleuis  loco  1$ 
getjnipofitiôc claufula^iepta piûcti'ôc  Dictionu-  Sût  ta lia 
mfta  q licet  no  f alfificët  vertu  :tamê  q 1 Oerogant  e legantie  me// 
tri  cauëda  funtXauêdû  eftigif  ne  ponâtut  qttuoz  fpont»  co// 
tinue  fpccialit  in  fcâfionz  metri  Dmûcta.fcj  quâdo  pea  eu  Di// 
ctioneîminaf.vt  fî  biceref  ♦ Tlobia  quidê  fatur  verünec  nifi 
potua . Jtc  cauendü  eft  ne  in  terci’a  fede  ponaî  fpôdeua  mît 
per  meturâ  Dictionu  velcogêteneceflïtate.vt  infoztunatoçtft 
mëa  âjcia  femg  » Jte  Dict l'onë  recta  a Dictione  revente  non  lô 
geponaa  nifi  mapmevidena  ejepedir e«nec vitra  tertiumvel 
quartü  verfumfaltû  in  pftructionefaaa0.q.fi  cauerepoteft.jc* 
fequi  nô  faciëazvt  parqueppter  biffidlêtranfitu.  Syllabam 
qua  interdû  au rea  otfendutur  rarogeminea.vt  lozicacaftranô 
eu  pare  ludfa.£>icttoné  monofillabâ  in  fineno  ponaa  m'fîfue// 
nntDue.vtne  timeaa  Unguâ  cui9Detractiolaua  eft.  Tlec  poft 
Du  os  pedca  fepefitmonoftllaba  Dictio.vt.  Quifequitur  me 
noabulatin  tenebzis.  Sequëamedietaa  verfus  pët^ametri 
femp  Debeta  Dictione  inciperemec  bicatur.*îlon  leuiternu// 
meraretur  arenamaris.^tcrionë  trilîllabâ  in  fine  pentfcame 
trirariflTime  ponaa.lpcc  talia  multa  que  eau  fa  bzeuitatia  fub 
filcntio  traître  tecraii  cauëda  funtvtmetrû  elegantFfpatsaf, 

£jtplidut  régulé  grSmaticales.  3mp;efle 
per£Kozgiûrmttdl?ug* 

Cette  première  marque  est  formée  d’un  cœur  surmonté  d’une  croix  trilobée, 
le  tout  sur  fond  noir.  Au  milieu,  le  monogramme  G.  M.  en  lettres  de  forme 
bizarre  amalgamées  ensemble,  et  au  bas  le  nom  de  Georgius  Mittelhus. 


Se  quântimte  fillabaç 


Stimulus.. 

biuini  amoria  Deuotiflïrn9.»  facto 
tobane  bonauêtuzc  editua  cozdiu 


<£rplirit  féliciter 

liber  qui  OiciturStimulua  Diuini  amozis 
Domini  *6onauenture.£ardinaU'a  Deuoti. 
tferaplpici  façre  rhéologie  pzofcflôzie  qd// 
mtj  laudabiliter  cozrcctu  b .£t  panïîua  im// 
pzdfua  3mpenlÎ0ig  Æeozgq  iDittcllpuc 
Bnno  Dominice  mcamanbnisïDillefimo 
££££  .jeciij  OCDenfia  3pzt  lie  ♦ £ie.wi. 


ATELIER  DE  GEORGES  MITTELHUS 


9 


La  même  marque  figure  sur  le  titre  de  XExpositio  Canonis  Al  iss œ,  d’Odon , 
évêque  de  Cambrai,  opuscule  in-quarto  daté  du  10  décembre  1492. 

Mittelhus  s est  servi  de  la  même  planche,  dans  laquelle  il  a creusé  un  espace 
simulant  une  banderolle  autour  et  au-dessus  de  la  croix.  Dans  ce  vide,  il  a 
inséré  en  gros  caractères  d’imprimerie  cette  devise  : 

Félix  /wnestis  indiget.  — Salve  Sancta  pareils. 

La  marque  première  reparaît  dans  ce  second  état  sur  le  titre  des  Pamdoxa 
Cicewnis , in-quarto.  Cette  édition,  nouvellement  revue  et  corrigée  avec  le  plus 
grand  soin  ( imper  sninnui  cuni  diligentia  corncta  et  emendata  j , comme  l’annonce 
Mittelhus,  se  termine  par  cette  autre  devise  latine  : 

Qiii  non  asuescit  virtute  diim  juyeiiescit 
A vitiis  iiescit  discedere  qnaiulo  senesàt. 

Celui  qui  n’a  pas  pris  l'habitude  d’être  vertueux  pendant  qu’il  était  jeune  ne  peut 
renoncer  aux  vices  quand  il  devient  vieux. 

tahqpzeditiij  fôftfoh*  fut  omîtes  ,5>oti  emm  pofïïdct 
reset  fructuofae  et  femptternas  : foïiqj;  qôeltpropii 
umx)iuitia^:contenttratreb9fiU8  â>atis  efie  putanf. 
qô  eft  nibtïappetûtnU'a  r eegent  nitbil  fibi  bcefte  fç 
tiûtifttcbïl  reqrûtjmpîobi  autbommes/etauan.q9^ 
mamincertas  et  wcafupofitaspofleflïones  babent  1 
pl’femper  appetûtneq^eoçqrçpadbuc  rnuent*  efteui 
q$  baberetteflet  faits  mon modo  non  copiofifütet  bt 
uttee.fed  etiaminopes  et  pauperes  ejaftimâdi  fût* 
£aus  beo 


Œ.CXiceronïô^d  Œ.&zutû  ibazadota 
parifi*  impzefîa  jber;£mgmæHttelbuf5* 
et  rmper  fuma  eu  otligentia  couecta  et 
emenoata  féliciter  ejcpUcmt» 


(E&uinon  afuefdt  virtute  oum  tuuenefctf* 

4 vitus  nefetf  bifeedere  quando  fenefeit* 

Mittelhus  a employé  ensuite  une  troisième  marque  entièrement  différente 
des  deux  précédentes.  Elle  est  formée  de  ses  initiales  G.  M.  enchevêtrées 

h.  2 


p>a*adora  (Ticeronte. 


iMi'niMKeiB  s.vrioMiÆ. 


O 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


en  deux  très  grosses  lettres  gothiques  tourneures,  figurées  comme  des  initiales 
d’enlumineurs  : 


On  trouve  ce  monogramme  pour  la  première  fois  à la  fin  d’une  édition 
latine  de  l’Imitation,  petit  in-octavo  daté  du  ier  mars  1 4^6  ( l4?7  n*  st0  : 


©eSmftatîôecrifH 

<Bt  contemptu  munôt  tttagtïlrt 
0o battis  «Scrfon  imMiü  piftêfj. 


<©corgiue.$9ittelfms 


tabula. 

nos  7 omma  noftra  oeo  cebemue  offem/i  p:o 
omnibus  otar**  ca.tjc» 

f2t{  faeracôiooefaciltnSeftreUnquSda  ca.x* 
coipua  cbilfti  -ïfacra  fcHpcura  majctme  tint  aie 
ftdch  neceffarta.  ca.jcû 

fiâj  magna  olUgentfa  fc  bcbeat  côicarurus  cbzifto 
piepararc.  ca.jctf* 

<Ol  totoco:dcaîaüeuotacl?:tfHvnfonê  mfacramc 
tum  affectare  oebet.  ca-j:ttf. 

Î2>c  quoîûdam  oeuotozum  aixJentt  Oefid^rio  ad  coz? 
pua  cbzî/H.  captif* 

i %l\  gratis  oeuotiome  lpumültatt  7 fuijpftua  abne^ 
gattoneacquiritur.  ca.jcv* 

&l\  neceiïitatea  noftras  cfaifto  aperire-i  cîua  gFas 
poftulare  Pfbemua.  ca.jcvi. 

©c  ardcnri  arnoze  7 vefyemmt  affecta  fufciptendi 
cbzifhim.  ca.pzif. 

bomo  non  fit  curiofoa  fcmtato:  faeraroentbfed 
tmmUta  ünitaro:  cbiifti  fubdendo  fenfum  fuum  fas 
crc  fîdei*  ca .jcvltf* 


fC£ompIetG  cft  opufculum/ej:aratü<ç  ijàarfftf  per 
ioeozgiû  ÏDittelbua.îlnno  oni  mitleflmo  quadrin 
gctcfïmo  nonagefïmo  fejeto.  oie  vero  pzima  martij* 


Voici  l’alphabet  d’un  autre  caractère  de  Mittelhus;  il  s’en  est  servi  dans 
les  Paradoxa  Ciceronis , dont  nous  donnons  le  fac-similé  à la  page 

abcodefg bümnop qr  1 sftu vjc P3  .:?*/  flffTft 

â b9c9C^p  Ô ê zfê  fô  1 1 9 Tm  m9  n n9ô  p,p  p q q°q  q g>  çp  q$  f £ tt9  û f> 

Les  lettres  capitales  sont  en  partie  les  mêmes  que  celles  qui  se  trouvaient 
dans  l’atelier  de  Pierre  Le  Dru  et  Etienne  Jehannot,  imprimeurs  associés. 


ATELIER  DE  GEORGES  MITTELHUS 


Mittelhus  n’a  rien  imprimé  en  français  et  n’a  pas  fait  de  livres  illustrés. 
On  trouve  cependant,  dans  quelques-uns  de  ses  livres,  des  petites  gravures 
sur  bois  qui  sont  empruntées  au  matériel  d’autres  imprimeurs. 


La  Descente  du  Saint-Esprit  se  trouve  dans  le  Spéculum  Christianorum , et  la 
petite  figure  de  X Adoration  des  rois  Mages  est  placée  au  verso  du  titre  du  De 
Imitatione  Cristi  de  mars  1 4p6  (v.  st.).  La  Descente  de  croix,  que  l’on  voit  à la  fin 
du  Tractatus  corporis  Christi,  avait  paru  dans  La  Mer  des  Hystoires  de  Le  Rouge.  La 
Descente  du  Saint- Esprit,  ci-dessous  représentée,  provient  d’Etienne  Jehannot. 


Eauacrum  €o  w 

fcientte  ♦üDmmtms  facerdo* 

ttbwo  fumme  vttleac  neceffarmm. 


fëio.$î.<Ê>eoîgto  S0itk\\)ufy 


ftegtftrum 

Quarts  elïufio  «>dem 

jgàuintaeffulïo. 

«Scxtaeffulio. 

Septimaeffufïo.  fo.c. 

Sabbato  contemplatlo  ce  qulnqj  gladijs  glouofe 
Virginia. que  cû  magna  mentis  oeuottonc  oebet  ma 
bitari.  codcm 

55ecundus  gladiue.  .fo.c  t. 

Kcrtiue  gladius.  fo.c.ii. 

©.uartus  gladius  fo.ciiij. 

fâ.  uintua  gladius.  fo.cv. 

tëzatio  botta  ante  miflam  fo.cvi. 

©ratio  bona  poil  nultam.  fo.cvil» 


tri^  jRegiflrum 


(J  Jittm  rogo  omnee  ttiafcrîam  iftamlegê 

tesîvt  ob  mîam  oeU  ataç  fuaru  falutc  ab  incepto  no 
befiftât  oonec  ad  fmS  ipfius  perueniant  ♦ vt  oîa  iu  eo 
côtcnta  oiligétilTïmc  eotdifuo  ipiimâti  beuote  pfuét 
ÇDiuiditur  aût  boc  o pufculû  in  vtgîti  capitulai  ffi 
qlibet  capitulo  reptunï  cxëpla  % ptéplatôes  ipaî  ma 
tcriâpcemétia.q  omîa  tuenics  feb)  nüerû  folfoium. 


Ç\Sjcpltctf  lauamim  confdentie  Omni 

bus  facerdotibus  fumme  vtile  ac  nece(Tariu53mp:ef 
fumnouiter  qp>ariri9  impenlïs  bonefli  virtéeotgij 
m ittdbuf.  Snoo  falu  tis.ZP.ccccc.  Die.  xjüj.  men  fis 
©ctobîts. 


Nous  donnons  ci -après  les  titres  de  deux  livres  sans  date.  Le  traité  de 
Nicolas  de  Lyre,  Contra perjidiam  Judæorum , porte  le  nom  de  Mittelhus  au  bas 


2 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


du  titre,  et  à la  fin  son  monogramme.  (Voir  p.  i o.)  Le  traité  De  Phitonicis  inulie- 
ribns  ne  porte  pas  son  nom,  mais  il  est  imprimé  avec  les  mêmes  caractères  : 


IDtTputatfomagu 

ftri  .TBicoIap  De  lyra  facre  tbeologie 
«pfeflbrie  ejctmiï  oe  ozdine  mine?  cô 
tra  çfidtâ  tudeop.  m qua  oftcdif  per 
fcriptiuae  facrae  abiptstudetsap* 
p:obata9*r  recep  tas  dfirn  nrm  lefum 
*P5veç  Dettavcp  boîe5  fmïïe.-têpufcp 
fue  Icarnattomô  pteriïfle . arg  umétf 
iubeoç  t oppofitum  factia  folutia  et 
confumie . 


^ractatusürilisz 

«ecccllaritta  b wamtr»aJo0i 
motcilogiîScptjitomciB  muliect 
bus.  Unacu?  quooatn  pacuotca 
ctatulo  Docttirimi  et  acutiflKmt  in 
facta  pagina  Docto?is  Jotjainiia 
begecCo  no  cancellatif  part  Renfla 
©e  pjobattone  fptcituum. 


Cabula  et  capitula 

pjefentietcactatuB 


<£>eorgms  $j)ttfdf)uff 

Le  Liber  Cathonis,  daté  du  20  août 


ÎÔ?imum  cap<mium\)ttumejc  farfo  ittcatUatricu  ï 
fooperatiotic  ôemonu  poftïttt  jjuocan  gratibmee: 
mut  tic  acpluttieinlcfioticmtccrc 
SKcunDü  capïtulüztotrû  incantatricc»  poflïtit  a&iu 
tozio  ô tabou  tjomib  9et  infantib  9nocere:ac  mojbos 
et'f  bem  mfcrre.’eof&ë  ftebth'farc 
Certiücapitulum:ptrû  bictemuUercs  poflïttf  fart 
ts  tjonunûin  alias  formas  ïmmutare. 


1500,  est,  avec  le  Layacrum  Conscient  ie 


du  20  octobre  de  la  même  année,  un  des  derniers  livres  qui  portent  son  nom  : 


CXiberCatbcmia  cum  glofa  finit  féliciter fmp^ITu^ et  biligcterno; 
uiflîme  caitigatua  panYïuo:per  6eoigtum  mitfelbnf  * Snno.'zc.mille 
fimo  qwneentcrimoZDenfis  3uguftbï>ie  vicefima* 


Les  petits  caractères  dont  cet  imprimeur  s’est  servi  à la  fin  de  son  exercice 
sont  des  fontes  qui  étaient  en  1495  chez  Jehannot  et  chez  Bocard. 

Mittelhus  indique  sa  demeure  rue  Saint-Jacques,  dans  fhôtel  de  Hacque- 
ville,  à l’enseigne  de  la  Clef  cP Argent  \ près  du  Petit  Pont  {in  cedibits  Hacque- 
yille , Clayis  Argenteœ  intersignio , in  yico  S.  Jacobi  prope  Paryum  Pontein ). 

De  1488  à 1500,  Mittelhus  a imprimé  un  grand  nombre  de  petits  traités 
de  théologie  et  des  livres  d’écoliers.  M.  Proctor,  dans  son  Index  to  early  printed 
boots,  énumère  vingt-sept  éditions  à son  nom,  soit  au  Musée  Britannique  ou 
à la  Bodiéienne,  et  il  est  loin  de  les  avoir  indiquées  toutes. 

Le  propriétaire  de  la  maison  était,  en  1467,  non  pas  libraire,  comme  la  avancé  Lottin.  Il  était 
sire  Jacques  de  Hacqueviile,  marchand  drapier,  et,  en  meme  temps  marguillier  de  ia  paroisse  de  Saint- 

en  1490,  Raoul  de  Hacqueviile,  drapier  aussi  et  Séverin.  Renouàrd,  Imprimeurs  parisiens,  p.  1 - 3 . 


CHAPITRE  XXI 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 

(l488-I  5OO) 

Les  premiers  livres  de  Pigouchet.  — Ses  livres  d'heures  illustrés.  — Heures  à l'usage  de  Paris. 
— Heures  de  Rouen.  — Heures  de  Lyon.  — Grandes  Heures  à l’usage  de  Rome  imprimées 
pour  Simon  Vostre.  — Détail  des  illustrations.  — Heures  à l’usage  d’Amiens.  — Nouvelle 
ornementation.  — La  Danse  des  Morts  représentée  dans  les  cadres  de  bordure.  — Livres  de 
littérature  française  et  autres  imprimés  par  Pigouchet. 

Philippe  Pigouchet  était  un  ancien  ouvrier  de  Patelier  de  Caillaut  et  Mar- 
tineau. 11  est  nommé  en  1483,  avec  ses  patrons  et  d’autres  collaborateurs,  dans 
des  pièces  de  vers  en  acrostiches  qui  sont  placées  à la  fin  du  Miroir  d’or  de 
r âme  pécheresse . (Voir  t.  Ier,  p.  2^7.)  Cinq  ans  après,  en  1488,  Pigouchet  s’éta- 
blit à son  propre  compte,  rue  de  la  Harpe,  devant  l’église  Saint-Côme  et 
Saint-Damien,  dans  des  locaux  qui  lui  furent  loués  par  le  collège  de  Dain- 
vi  Ue  (///  locagiis  Collegïi  yul ganter  nu ncupati  de  Dainyille). 

Quelques  bibliographes  ont  prétendu  que  Pigouchet  aurait  commencé  à 
imprimer  dès  i486.  A l’appui  de  cette  assertion,  on  cite  de  lui  des  Heures 
à la  date  du  5 janvier  i486.  L’année  commençant  alors  à Pâques,  ce  serait 
tout  au  plus  à 1487  (n.  st.)  qu’il  faudrait  remonter,  mais  l’erreur  est  plus 
grave.  O11  a mal  lu  les  chiffres  romains  de  la  fin  en  prenant  pour  un  V le  der- 
nier X,  de  sorte  qu’au  lieu  de  m cccc  lxxxvi  (1  186)  il  faut  lire  m cccc  lxxxxi 
(1491),  ainsi  que  nous  avons  pu  nous  en  assurer  sur  l’original.  Le  8 jan- 
vier 1 4p  1 (v.  st.)  nous  ramène  à l’année  1 492  (n.  st.),  suivant  notre  manière 
actuelle  de  compter  les  années  d’après  le  calendrier  grégorien. 

Pareille  inadvertance  avait  été  commise  pour  d’autres  Heures  imprimées  par 
Pierre  Le  Rouge  pour  Vincent  Commin,  dont  la  véritable  date  a été  ainsi 
rétablie.  (Voir  t.  Ier,  p.  457-158.) 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  premier  livre  que  l’on  connaisse  au  nom  de  Philippe  Pigouchet  est  daté 
du  i 6 septembre  1488.  Ce  sont  des  Heures  a l’usage  de  Rome  qu’il  imprima 
pour  le  compte  du  libraire  Simon  Vostre.  «Cette  édition,  nous  dit  Brunet, 
n’a  dans  le  texte  que  quelques  gravures  moyennes  et  petites,  et  les  bordures 
sont  de  simples  ornements  en  arabesques  souvent  répétées  b» 

En  1 4 8ç> , Philippe  Pigouchet  imprima  encore  d’autres  Heures  illustrées  de 
gravures  d’un  style  très  archaïque. 

En  meme  temps  qu’il  était  imprimeur,  Pigouchet  était  libraire  de  l’Univer- 
sité de  Paris.  Il  imprima  une  édition  du  Manipulas  Cumtorum  ou  Manuel  des 
Curés,  par  Guy  de  Montrocher,  datée  du  22  septembre  1489.  Sur  le  titre 
du  Manipulas  Cumtorum,  on  voit  la  marque  aux  armes  de  France  et  de  la  ville 
de  Paris  avec  un  encadrement  portant  la  devise  : Ung  Dieu,  ung  Roy,  ungne 
Loy,  ungne  Foy,  qui  a été  employée  en  même  temps  par  Antoine  Caillaut  et  est 
restée  définitivement  dans  l’atelier  de  ce  dernier.  (Voir  t.  Ier,  p.  301,  302 
et  304).  Ici  cette  marque  porte  la  date  de  1485?.  On  ne  la  trouve  pas  avant 
1492  dans  les  livres  de  Caillaut  qui  ont  une  date,  et,  chez  ce  dernier,  elle 
paraît  déjà  ébréchée  dans  les  filets  de  l’encadrement. 

La  plupart  des  impressions  de  Caillaut  n’étant  pas  datées,  il  se  pourrait 
néanmoins  que  cette  marque  eût  été  en  sa  possession  quelque  temps  aupa- 
ravant, car  nous  l’avons  vue  sur  des  volumes  tels  que  des  Heures  (voir  t.  Ier, 
p.  313),  les  Sennones  qnattuor  Novissimorum  et  le  Traictié  des  eaux  artificielles 


' Malgré  toutes  nos  recherches,  nous  n’avons 
pu  retrouver  ce  livre.  On  doit  s’en  rapporter  à l’au- 
torité de  Brunet  qui  le  décrit  exactement  au  Ma- 
nuel du  libraire  (t.  V,  col.  1575,  n°  1 4) » d’après 
un  exemplaire  qu’il  a vu  autrefois  à la  Bibliothèque 
nationale  et  qui  a disparu  depuis.  Le  meme  biblio- 
graphe en  indique  un  autre  exemplaire  à la  Biblio- 
thèque de  Parme,  qui,  d’après  lui,  aurait  96  feuillets 
au  lieu  de  95  dont  se  composait  celui  qu’il  a tenu 
en  mains.  Vérification  faite,  l’exemplaire  de  Parme 
est  d’une  autre  édition.  Le  titre  porte  bien  l’indi- 
cation du  xvie  jour  de  septembre,  mais  la  date  de 
l’année,  après  le  millésime  et  les  centaines,  a été 
grattée  de  telle  façon  qu’il  est  impossible  de  la  pré- 
ciser. De  pareilles  falsifications  ont  été  opérées  sui- 
des exemplaires  de  diverses  éditions  d’heures  dont 
les  almanachs  commencent  en  1488,  afin  de  faire 
remonter  leur  impression  à cette  date.  — L’alma- 


nach qu’on  voit  en  tète  des  anciens  livres  d’heures 
fut  d’abord  dressé  pour  vingt  années  à partir  de 
i488,  et  reproduit  plusieurs  années  de  suite  sans 
changements,  de  sorte  qu’on  ne  peut  déterminer 
meme  approximativement  la  date  de  l’impression 
autrement  que  par  le  style  des  gravures,  la  nature 
et  le  nombre  des  sujets  qui  en  composent  les  bor- 
dures. - Les  Heures  du  16  septembre  1 4 B 8 , 
décrites  par  Brunet,  sont  de  style  archaïque  et 
dans  la  toute  première  manière  de  Pigouchet. 
Celles  de  la  Bibliothèque  de  Parme,  qui  con- 
tiennent des  bordures  historiées  plus  finies  et 
mieux  ouvragées,  dénotant  de  façon  certaine  la 
seconde  manière  de  Pigouchet,  ne  sauraient  être 
aussi  anciennes.  Il  ne  faut  donc  voir  qu’une  simple 
coïncidence  de  jour  dans  la  date  du  1 6 septembre 
qu’elles  portent  sur  le  titre  et  qui  n’est  pas  suivie 
de  celle  de  l’année  h laquelle  appartient  l’édition. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


1 5 


(voir  t.  Ier,  p.  3 3 i),  où  elle  paraissait  en  première  épreuve  exactement  comme 
dans  le  Manipulas  au  nom  de  Pigouchet.  Ce  dernier  ne  s’en  est  servi,  à notre 
connaissance,  que  cette  seule  fois,  et  en  a adopté  ensuite  une  autre  plus  per- 
sonnelle représentée  par  un  homme  et  une  femme  sauvages,  postés  autour 
d’un  arbre,  qui  soutiennent  un  écusson  à ses  initiales  avec  son  nom  au  bas, 
marque  qu’il  n’a  pas  changée  depuis.  (Voir  p.  26,  45  et  54.) 


(T)amp»lu8  cutatotum 


CXtfn* 

£a.iti.quot  requfrütut  ab  ietunitt  facienDum.  cüi. 

j£a,iiii.quot  botta  faett  ieiunium:  cm. 

£a.iiii.pimcipale  ïjuius  quarti  ttactafas.Æffc  De  oiatioe  que 
eft  terfta  pars  fofiffafioma.  cüî. 

^a.D.Oemenfucapemtentte,  ctiti. 

jTa.bt.bfmm  bttus  poCTit  fatiffacete  pio  alto . ctriü. 

attf  cuits  fiDri.ct  De  pzcceptis  ûecalogt. 
t jèvtia  pars  püttripaUs ïjuius  libiéin  qua  agitur  De  ac 

ttculis  fiDei.et  l)ie  que  pertinent  aD  populi  tnfotmatio 
nem  Diuioituc  in  quatuoi  capitula.  cir. 

jTa.i.OeattlculisfiDei.  _ ci*. 

£a.  ti.De  petitionibus  oiationis  Dnice.  ejeû 

jTa.tn.q6  noué  çf inet  pottiôes  ë DeDecêpceptÇlegis.  cjrbiii. 
£a.tüi.eft  oeDotibus  beatozum,  cjrjcitt. 


Celebetttmi  btri  Domini  0utDonis  De  monte  toctyeriili^ 
ber  qui  (^antpuluscuratomm  mfcribitunbna  cum  tabula 
eiufDem  finit  fdiciter.£jcaratufq5  parifii.  perpbtltppum  pt 
gouet)et.8nno  Domini  ^ÜlefimoquaDnngentefimooctuage 
fim  onono  .bicefimafecunoa  Ote  fept  emtnte. 


Le  caractère  clu  Manipulas  Curatorum  est  entièrement  neuf  et  le  tirage 
d'une  netteté  et  d’une  beauté  remarquables. 

A première  vue,  ces  types  ressemblent,  à s’y  tromper,  à ceux  du  Lotluirius  de 
1483,  imprimé  par  Caillaut  et  Martineau,  les  anciens  patrons  de  Pigouchet; 
mais,  en  y regardant  de  très  près,  on  trouve  des  différences  dans  quelques 
lettres  capitales  qui  sont  copiées  en  partie  sur  les  types  du  même  atelier. 
D’autres  lettres  de  forme  identique  ne  se  différencient  que  par  des  points  de 
détail  presque  imperceptibles;  la  majuscule  M se  termine,  dans  le  Manipulas , 
par  une  queue  recourbée  en  crochet  qui  n’existe  pas  dans  la  fonte  de  Caillaut. 


6 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Voici  l’alphabet  de  ce  premier  caractère  de  Pigouchet,  que  l’on  comparera 
avec  celui  de  Caillaut  et  Martineau  (voir  fac-similé,  t.  Ier,  p.  298): 

a# £ 'B  £ if  £>  ^ 31k  £ a?  rc  d n i>  % *d 

abcD£f$t)if:lmnopqr;0Hutup3  ffOTCt 

â b9  Ô c z ç?  u9n9m  m9  n n9ô  p p p q q qp  q>  q$  î i>  û . : i f / 

En  1491,  nous  voyons  Pigouchet  se  servir  d’un  petit  caractère  gothique 
dont  la  ressemblance  est  parfaite  avec  celui  que  Georges  Wolff  employa  pour 
l’impression  du  Bréviaire  de  Paris,  achevé  en  mai  1492  c^ans  1 atelier  du 
Soleil  d’ Or  : 

a©  ^ ôibj  tlïdib  ss  ^ u a*  r z 

abcfcdefgbiklmnopqneftuvjcYî  ITftfffl 
1154.  567890  â b9c(p d9é é e9x îi°rh tu9n n9 

ôp#gqqQ>Q>cprrlçfftJt*n?(>ël9  . i*  */C 

C’est  avec  ces  caractères  d’environ  8 points  que  Pigouchet  imprima  en  1 49  1 
le  traité  d’Isidore  de  Séville  : De  Summo  bono.  Les  folios  sont  en  chiffres  arabes  : 


Jliber. 

pmiü/an  adfuppliriü  tranfeâti&uidâ  aüt  electi  in 
fînefuo  purganf  a Iculbuaquibufdâ  peccatia.qui:; 
dam  vero  In  ipo  ejrttu  fqo  bilarcfcüt  cj:  eternoç  co; 
templatôebonojMÊiuâuie  enim  quifep  In  bac  vita 
fitiuftuaîtn&umejc  coipeiftoegrediF  ptimcfctt:ne 
bignuefupplicto  fiMRulluseft  eut  bomo  abfq?  pec 
cato.necquifcg  poteftoe  bei  fecurueelTefndtciorcO 
ettam  a beociofie  verbisreddêdafit  ratio,  ^inem 
iulto?  optimû  vocatio  trâquilla  pmendattvt  eje  co 
îteUiganffctÔy  bre  pfoîtiû  angeloç:e;:  quo  ab  boc 
co:po:efine  vejratoe  buratollunf  u^iauoaaütbo 
mineeapolïate  angeli  ejecipiunt  monentea.  vteia 
fînt  tpito2to:ea in penie/q  fuerut  fuaforea  in  vitiia 
Et  fi  pictas^p  befu  nette  fiddibueflereitibeat'.fîdee 
tn,p  de  lugere  vetat.^JUi  en»  beplomdi  funt  t mozs 
te:quoemiferoe  infcrnnecjc  bac  vita  recepit:non 
quoeceldtieaula  jepi  letificandoeincludit.  Ibiceft 
cni  ppiatie  mifer atoieafFectue:vt,pvrtoquo<p  moz 
tuo  facrtfici  û oeo  offemf  ndc  cft  qt5  feriptû  eft.£t 
moîtuo  ne  fraudes  mifericozdiâ. 

5ffdo:i  bvOpalenfte  epi  tractatue  oe  fum 
mobonorfinitfelicitcr.Jmpflusq^aH^ 
füqibcrq^bilippû  pigouebet. 

ZD.cccc.pci. 


Le  20  octobre  1492,  Georges  Wolff  imprima,  pour  son  confrère  et  pour 
Enguiibert  de  Marnef,  libraire,  une  édition  de  Térence. 

En  sa  qualité  de  libraire  de  l’Université,  Pigouchet  vendait  des  livres  de 
classe  aux  écoliers.  Nous  connaissons  de  lui  un  petit  livret  de  grammaire  : Les 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


r7 


Principes  en  françois,  portant  sa  marque  et  que  l’on  peut  voir  à la  Bibliothèque 
nationale. 

Pigouchet  s’est  ensuite  servi  de  caractères  gothiques  de  bâtarde  française 
de  deux  grosseurs  différentes,  qui  tous  deux  sont  d’une  grande  beauté  et 
d’une  régularité  parfaites  ( character  uitulissimns  et  jiiciiiidissinms 1 ) , et  avec  ces 
deux  corps  de  caractères,  il  imprima  principalement  des  livres  d’heures  pour 
différents  éditeurs 

Le  ier  décembre  x 4 9 1 parurent  des  Heures  a P usage  de  Paris.  Cette  nou- 
velle publication,  d’une  exécution  remarquable,  fut  imprimée  par  Pigouchet 
à frais  communs  avec  Geoffroy  de  Marnef,  dans  le  format  petit  in-quarto. 
Le  texte  des  Heures  fut  imprimé  avec  le  plus  gros  caractère  de  bâtarde  tout 
fraîchement  fondu  dont  voici  l’alphabet  : 

a0c8efg0î&fmrijnijopqrieftttflpj>j 
na°pîi^e9(îgfîi9^ffim9fîô  jjppp^qq  i 

fffîfl  V 9 * 

Toutes  les  pages,  ainsi  que  le  calendrier  qui  accompagne  le  texte,  sont 
entourées  de  bordures  historiées  divisées  en  petits  compartiments  renfermant 
d’élégantes  compositions.  Au  commencement  de  chaque  office,  on  a placé  des 
figures  plus  grandes  que  dans  le  courant  du  volume.  La  gravure  de  plusieurs 
de  ces  grandes  figures  est  tellement  fine  et  les  tailles  si  rapprochées,  qu’il  ne 
paraît  pas  possible  qu’elles  aient  pu  être  gravées  sur  bois.  La  plupart  de  ces 
illustrations,  ainsi  que  quelques  bordures,  doivent  avoir  été  gravées  en  relief, 
sur  cuivre  ou  sur  quelque  autre  métal,  comme  les  Heures  de  Jean  Du  Pré. 

L’exemplaire  des  Heures  de  Paris,  de  décembre  1491,  exposé  dans  les 
vitrines  de  la  Bibliothèque  Mazarine,  est  imprimé  sur  vélin  et  n’a  pas  été 
colorié,  ce  qui  permet  d’en  apprécier  la  gravure.  Il  est  tel  qu’il  sortit  des 
presses,  merveilleux  de  tirage  et  de  netteté.  Les  caractères  du  texte  paraissent 
tout  neufs,  et  les  traits  des  grandes  gravures  sont  venus  dans  toute  leur  pureté. 

Ce  sont  les  qualificatifs  que  Pigouchet  lui-  s'ils charactere nitidissimo et jucundissimo.  ( La  Caille, 
meme  leur  donne  à la  fin  de  quelques-unes  de  ses  Histoire  de  l’ Imprimerie  et  de  la  Librairie,  page  66; 
impressions  : Impressum  autem fuit  opus prefatum  Pari-  ouvrage  cité.  ) 

11  * 3 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Nous  donnons  comme  spécimen  une  page  entière  des  Heures  à l usage  de 
Paris,  dont  le  sujet  principal  représente  la  Visite  de  sainte  Anne  a la  Vierge  : 


Malheureusement,  les  traits  s’écraseront  légèrement  et  s’épaissiront  un  peu 
au  fur  et  à mesure  des  tirages,  dans  les  éditions  subséquentes  des  Heures  que 
publiera  Pigouchet;  il  deviendra  alors  difficile  de  distinguer  les  sujets  qui  ont 
été  réellement  gravés  sur  métal  d’avec  ia  gravure  sur  bois. 

Dans  ce  premier  tirage,  particulièrement  soigné,  on  perçoit  aisément  les 
différences;  la  délicatesse  des  tailles  apparaît  comme  dans  une  médaille  ou 
une  monnaie  frappée  à fleur  de  coin. 

Nous  y joignons  un  fac-similé  des  bordures  de  la  dernière  page,  qui 
contient  l’achevé  d’imprimer  ainsi  formulé  : Ces  présentes  Heures  a l’usage  de 
Paris  furent  achevées  le  premier  jour  de  décembre  mil  quatre  cent £ quatre  vingt ç et  un%e 
par  Philippes  Pigouchet,  imprimeur,  demeurant  en  la  rue  de  la  Harpe,  devant  Saint - 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


'9 


Cosme,  en  l’ostel  du  Colli'ege  de  Dinville.  Qiii  en  vouldra  avoir,  il  en  trouvera  audit 
lieu  et  devant  Saint -Yves,  a l’enseigne  du  Pellican,  en  la  rue  Saint -.laques. 


Süi 


£ee  piefettfee  Çeutee  a tufaqe  8e  patte  f u 
vent acfjeueee  te  premier lourde  decemdxe  mit 
quatre  cent?  quatre  Strtgtj  et  Sn^e  pat  p^iftp 
pee  piqoucfyet  tmpitmeuc  demeurant  et)ia  rue 
8e  fa  Çacpe  8euartf  fatnt  cofnte  et)  toftet  8u  cof 
tieqededlnmîte.fàuiet)  5ouf8ia  auott  if  et) 
ftouueta  au8tf  fieu  et  dernnt  f xint  jwee  a fen 
fetgtte  8u  pefftcat)  et)  fa  tue  faine  taquee. 


iuejjfperttae 

eftttanfltoîial) 

lRtltuuntt>i 


Le  5 janvier  1492  (n.  st.),  Pigouchet  imprime  les  Heures  de  la  Vierge  selon 
l’usage  de  Rome,  dont  nous  avons  parlé  au  commencement  de  ce  chapitre, 
pour  Simon  Vostre,  libraire  demeurant  à Paris,  «en  la  rue  Neufve  Nostre- 
Dame,  devant  la  grant  église  ».  Il  exécute  encore  d’autres  livres  d’heures  dans 
le  courant  de  la  même  année.  Le  1 1 mars  1492  (1493  n*  st-)>  ü termine  l’im- 
pression d’ Heures  à l’usage  de  Rouen,  pour  Pierre  Régnault,  libraire  de  l’Univer- 
sité de  Caen,  «demourant  audit  lieu,  à l’enseigne  Saint-Pierre  en  Froide  Rue». 

Ci-après  nous  donnons  des  spécimens  des  figures  un  peu  archaïques  de  la 
première  manière  de  Pigouchet;  elles  avaient  déjà  paru  dans  les  éditions  pré- 
cédentes de  ses  Heures.  Les  traits  des  figures,  qui  commencent  à s’aplatir, 
ressemblent  davantage  à la  gravure  sur  bois. 


3* 


i 


PHILIPPE  PIGOUCHET.  - HEURES  DE  ROUEN  (1492) 


L’Apparition  aux  Bergers.  Le  Massacre  des  Innocents. 


PHILIPPE  PIGOUCHET. 


HEURES  DE  ROUEN  (,49a) 


folia  ttBibne. 

Ifl  tffo  tempoxe 
)£ecum8entt69  JL 
nbect  bifcipufte  ap* 
païutt  iffie  t'cfu6(T  ep  ^ 
pxoBxautt  mctebuftta 
tett)tffop  (rburtctati) 
llP^lcoxbie/quia^ieq^  j 
berâfeuç  tefutteptfje 
Inô  aebibetât.etbiptt 
ete.  Æunteetrçmîlbû 

ISmuetf un)  pxebtcate  euâçefm  omm  ctea  Pÿ 
tute.i&utctebtbettt  etBaptijutuefuerit:  m 
fafuueettt.  ££htt  “Seto  nô  ctebtbetitcôbè  P 
naBttut.  Aligna  autê  eoequt  ctebtberint  ^ 
Çec  fequertf.^li)  nomïe  meo  bemonta  ctict 
ent/ftnçute  foquen£  noute/fetpentee  \ 
f ent/et  ft  moxttfetû  qb  6t6erit;not)  ete  no*  J 
ce6 tt.  £)up  eçtoe  manue  tmponèt  (t  6ene  L 
Ça6e6unt.^tbHequibeit)tefu0pofîq>fo|n 
j cutue  efï  ete  affumpt9  eft  it)  cefïï  ef  f ebet  a / 
J)  beptrie  bei.Jlfft  autë  ,pfertt  pxebicaucttlt|  J 
^ 536tq5  btîo  coopetâte  et  f etmonè  côfttmâ 
3 te  fequenttôusftgnie.  jge o gtatiae.  | f 


glatit  lumïa; 
riaîfirmam; 
toccli.  7~ - 


û)  ouëte^entm^ü  munett69aboxate  eft 
Hubtee  aût  Çetobce  tep  ft3at9eft  (t  ote  Çie  5j 
tofoftma  cil  tffojBf  ççteçâe  oëe  pitctpef  (g 
facetbotd  (t  fcttôaf  pptï:f ctf cttaBa?  a6  eîf  Ip 
S6t  mjï9  naf cetet.  £t  tfft  btjperflf  et.  ^It)  §£ 
6etÇfe€  mbe.^)tcenî  fcnptü  c g .ppÇetâ.  P 
fBtt u ÔctÇfee texxa tuba nequaq? mtmma 
ee  î piîctpt6qiuba  te  ent  epiet  bup  qui  ft 

teçatpopufü  meu  tftaef.  3£unc  fletobeeljy 
cfâSocatÇmaçie  btft$ëfet  btbtfctt  a6  ete  |g 
tpüe  fEeffc^  appatuttete.Æ;f  mittëe  eof  î|  fe 

IÔetÇfeë  bipit.yte  (i  inhoçate  btftçenë  be  | 
pueront  cil  iuenetttÇ  tenticiafe  mtcÇfôf  J 
ete$o  tentée aboxë  eu.  glut cüaubiflef  > 
te$ë  a6tetüt.i£f  ecce  fîeffa  qua  libérât  î s 
oxiëte  âtecebeôaf  eoe55fq5  bûSeniëe  fia*  ï 
tet  fupxa S8t  état  puet.étbëfee  aüt  ftef* 
fâ  ma$t  çautfi  fût  çaubto  ma^no^afbe 
fEt  îtrâtee  bomü  ïueuerüt  puepcû  mattct 
matre  et9  fct  ^ctbètes  aboxauerût  m*& 
aptie  tÇef aune  f ute  o6fufetuf  et  munera 
autû/tÇue:(î  mtttâ.^f  cHfo  accepf  o î fo* 
me  ne  tÆttët  ab  Çetobe:  pet  aftS  *5î3  te^ 
uetft  funt  tt)  tegtoné  f u3.  H>eo  gtde . 1 


tta  ftftï  ejpcuffoxon).  f ) eatue  Stt  qui  tm  . 
pfeuit  beftbe  ttutt)  fuutt)ejo  tpfte  not)  con^  J 
ftmbetut  cü  foquetut  mtmtcte  fuie  ity  pox  g 
1 ta&toxiapam^icütetat.  pe.  ^ 
omne6  timent  bomtmm)  ^ 

qutam6ufant  erue^a8o  - 
tee  manutl  tuamnt  quta  manbucaôte:  8e  u 
atueeeetBenetiStettt^oxtuaftcut^t  V 
Ufapeîicûcta  tieaôunbanen^fcifetiôuebomuente.  \ 
1 ogaairafttri  fP  tfri  tut  fiait  noueffe  oftuatu;i>)  citcuk  c 
^ mcnfe  fic  6enebtcetut  Çomo:  « 

qut  timetbommiî.Ôeitebtcat  ei6i  bomtV  t 
nue  eja  fyotpp  ^tbeae  6ona  Çtetufafè  om  \ 
btefiue  ‘Site  tue  JET  1 55tbeae  ftfioe  f 
* fiftOttui)  tuoçtpatetp  fupectftaef.  0fo^  r 

//MgWs  tiapatnv01tutewt.a, qbufcÇxaeeetbe 
mÆ^MA  coxd  fifta  Çtetuf aferp  fetttfitfte  cafîto 

rumartee oxbinata.  (I 

% tabicaut  tp  popufo  Çonoxtftca*  f 
\£^^toztir)  pattes  brimetjfctebrtaetf* 


*fri  tftinuc 

parant  ^ 
'/ri  qutbuôl  {y 
M\  cp:iftu5  ' | 
I H cructft? 

rrf  0®rtt  w 


M 

jpPS  îi 

1 

JR 

-jur. —T- ■ -V.  ■ L7WI  ^ - i 

maçbafcnâ  tt>  conuùuo/et  fattorte  u)ctu  J 
ctepafiBufo.  jj£t  fac  befuaôemçna^ta^ 
tta^t  tun)  petto  btgne  ffeattj/cutt)  matta 
ma^bafena  perferto  amoxe  te  btftgat^/et 
cutpfattone  it)  fauta  fccufoxurpte^tbe 
: aw).2lmet).pat«:  noflct.Hue  maria. 


Cce  pxef ititee  Çeutce  a iïtfaçe  beKou  | 
et)  futent  acÇeucee  fe  .joi . tout  be  mate.  U 
#ai)  C^tf.£^iCC*quattte.^.rt.^u.|ï 
pout  ÿ>tettetcgnaufe  iTt6xatce  befunt^| 
uetftte  be  ^aet).bemoutantaubif  fieu  a 
fettf ritjne  fatnet  fbtecte  et)  ftoibe  rue. 


PHILIPPE  PIGOUCHET.  — HEURES  DE  LYON  (1495) 


PHILIPPE  PIGOUCHET.  — HEURES  DE  LYON  (,49j) 


PHILIPPE  PIGOUCHET. 


HEURES  DE  LYON  (i  4ç 


9l||fMÉÉl>C 


S>fîe  tefu  ppe  aboxo  k l rture  pé* 
benfô  (r  coxonawj  fptneâ  itj  capite 


ca5if  baôif  rffi  brie  be9  febé  bauib  pa*  il  Sucs  muli 
trie  eiue  (i  regnafiif  û)  bomo  iaco6  ri)  eter*  plrcentur  fti 
nurî)(T  tegni  eiue  nô  errt  finie.  JBipitaüt  Per  terrain, 
maria  ab  angefiL  £}uô  fief  ifîub  quonrâ 
‘Sirü  nô  cognofcox'  £t  tefpôbée  angefue 
bip  if  ei.^pirifufTcfûe  fupuenief  î fe 
fue  affiflimr  O0il6xa0if  fiBi.^Jbeoqj  (Z 
nafcef  ep  tcfanctü  1)oca6itur  frfiue  ber. 

£t  ecce  eCÿaÔetÇ  cogna  fa  fua  @ rpa  cote'  ^ Vtfjï  fo? 
pif  fifiû  irj  fenecfufe  fua.  p 0rc  méfie  ef?  fe  ; OTm 
pfue  rffi  que  lîoca?  ficrifie.qj  nô  erif  tpof  dâ 
f r6ife  aprtb  beû  omne  ‘BerBQ.  ^iprf  aufè  hÿ 
mam.£cce  a nerf  fa  bfinfiaf  mic$t  febn]  jjlL 
55er6ûfuun).j9eografiae. 

£)cÔti}  mat$eü*0Cotia  frSibüe.  fi 

i -y  îarfTofpe.^a  yfCj 
-A  nat9 effet  fefue 
rqBet^feeti)  tube  if)  bie 
Bue  ffctobte  tegre/ecce 
magi  aB  ozienfe  53ene^  VJ  m/v? 
runtjierofofpmôbicé  lift®  __ 
tee  5l>6i  efl  qui  nat9efl  Wl/rl  1 wii 
teprubeo^&tbfmue  Whi  1 
enrfîeffâeiuerrçozren  J#W 
Jte  (ï15enim9a}  rnune^  m&h 
riBueabozate  efl.flubiene  autett)  fjerobee  Ml  ïS 


lîzoue  fr°unôe  ee  ef ripfaree  que  nofîte  j 
Benoit  fauueur  refuc^rifï  fapparuf^ne  ( 
f0*6  a feignent  faict  gregoite  frtp  cfiât  : 

r ef)  ^fe'pfaf  iô  au  ferrer  be  fa  mcfje.j'pe  quef  ^ 

itwl  9fàccant  3 toute  (efficace  bc  fa  temifkot)  J 
INI  t ôcepec^^ceboif  bu  mérité  be  fa  paffiof)  <i 
Jpq  bôna  qirato^emifireane  be^xapparbof)  1 

a to?  ‘xkare  edfee  (r  tcpéfâe  q fee  genoufj  v 
ffeeffoef)  ferre  beuôt  fa  cepfenfafioqbe  fa  ( 
©«>io5Fmr  ^eno,fc Paff»ot) beuotemenf  birôf  feptfoie 
te  minctum  $afer  n,°^ec/(?;  Sue  maria  auec  fce  orai*  ; 
puerûiftum . fonequt  fenfuiuenf.  j^fbe  puie  pfufreure  , 
7f^T~p  aufree  papce  y et)  ont  abioupfegranbe  h',  \ 
Êm  tIïe  montanf  comme  fer>freuue  parefcrrpf  < 
a ^uac2re(î  fV  m,Tfe  aneou  enuirorç.pat 
SjgM  no(Ier. Bue  maria»  : 

+ 


i 


f;  infetnnef  part  icipen)  me  factae  cekftiuti} 
gaubioxurt).  pxe/îanfeeobew)  bomino  no 
ftto  iefu  rfiiflo  qmUiuit  ef  cegnaf  it)  fecu 
fa  fecufoiuri),  Um&)*  |>atet  no/let  ♦ Kue 


jCee  pxefenfee  Rentes  a fufage  be  iEiot) 
furent  aefleueee  par  ^Çifippe  pigouc^et  fi 
Bxaire  be  funiuerfite  be  pacieYe  penuftime 
ioutbe  31uiffet.mif,cccc,uirpp.et  quin5e* 
pour  touffarne  bemôfiap  fiBxaire  bemou 
tâf  et)  fa  tue  be  fa  0etpe  pxee  f atnt  £ofme. 


clt  lejc  oiuta 
mopU  t>ata 
vern'ce  frna. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


2 5 


Le  texte  des  Heures  de  Rouen  et  de  celles  de  Lyon,  dont  on  vient  de  voir 
plusieurs  fac-similés,  est  composé  avec  une  fonte  de  la  petite  bâtarde  de  Jean 
Du  Pré,  que  ce  dernier  avait  inaugurée  en  1488.  (Voir  t.  Ier,  p.  243 .) 

Les  Heures  de  Lyon  furent  imprimées  en  1495,  par  Pigouchet,  pour 
Toussaint  de  Montjay,  un  de  ses  voisins.  On  y retrouve  les  illustrations  des 
livres  précédents  et  les  figures  de  la  légende  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs} 
placées  en  regard  Tune  de  Pautre.  Elles  sont  reproduites  page  23. 

Les  bordures  du  Calendrier  se  composent  de  sujets  qui  avaient  déjà  paru 
auparavant,  mais  il  y en  a de  nouveaux  qui  sont  d’une  conception  originale. 

D’autres  bordures  représentent  des  sujets  tirés  des  histoires  de  l’Ancien 
et  du  Nouveau  Testament.  La  figure  de  la  célébration  de  la  Messe,  avec  le 
haut  sur  fond  noir  étoilé,  se  voit  déjà  dans  les  Heures  de  Paris,  de  1 4 9 1 • 
Elle  reparaîtra  souvent  isolée  dans  d’autres  publications  de  Pigouchet. 

Pigouchet,  qui  était  l’imprimeur  attitré  de  Simon  Vostre,  changea  ensuite 
tout  à fait  sa  manière.  Les  Heures  à l’usage  de  Rome,  du  22  août  1498, 
donnent  l’échantillon  de  son  nouveau  genre  d’illustration.  Le  dessin  est  moins 
archaïque  et  plus  correct;  les  tètes  des  personnages  sont  moins  grosses,  les 
contours  moins  raides;  il  y a,  dans  le  burin,  de  la  souplesse  et  une  certaine 
grâce  calme  et  tranquille,  qui  dénote  le  faire  d’un  artiste  expérimenté,  maître 
de  son  outil. 

Les  grandes  planches  sont  encadrées  de  colon  nettes  feuillagées  et  de  vous- 
sures flamboyantes.  « Le  dessin,  d’un  naturel  précieux  dans  les  airs  de  fête,  dans 
les  gestes,  dans  les  vêtements,  attrape  des  expressions  charmantes  de  piété,  de 
bonhomie  et  d’individualité,  avec  de  nombreuses  figures  adroitement  agencées 
dans  des  fonds  richement  garnis  de  végétaux  et  d’édifices.  L’effet  y est  obtenu 
d’une  manière  uniforme,  mais  suffisante,  et  sans  que  l’enluminure  intervienne, 
au  moyen  d’un  trait  net  et  fort  dans  les  contours,  dans  les  plis,  et  de  hachures 
fines  distribuées  par  places  dans  les  fonds.  Dans  plusieurs  de  ces  scènes,  les 
qualités  de  l’art  les  plus  élevées  sont  déjà  atteintes;  il  suffit  de  citer  en  exemple 
rassemblée  des  Apôtres  et  des  Saintes  Femmes  au  milieu  de  laquelle  descend 
le  Saint-Esprit;  plus  de  seize  figures  y sont  distribuées  par  groupes  avec  toute 
la  variété  et  tout  le  savoir  requis  dans  un  art  encore  placide  et  dévotieux  « 

Renouvier  (Jules  . Des  gravures  sur  bris  dans  les  livres  de  Simon  Vostre , libraire  d‘ Heures,  avec  un 
avant-propos  par  Georges  Duplessis;  Paris,  A.  Aubry  (Lyon,  imprimerie  L.  Perrin),  1862;  petit 
in-8°,  p.  9). 

n.  • 4 


IMPRIMERIE  nationale. 


26  HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  ERANCE 

Voici  d’abord  le  titre  de  Ces  présentes  Heures  h l usaige  de  Romme , avec  la  marque 
de  l’imprimeur.  Un  homme  et  une  femme  sauvages,  dans  un  portique  tout 
fleuri,  tiennent  suspendue  à un  pin  la  targe  ou  écusson  au  double  P qui 
forme  les  initiales  de  Philippe  Pigouchet,  dont  le  nom  est  inscrit  en  entiei 
dans  une  banderolle  qui  se  déroule  en  dessous. 


CM» 


Les  bordures  historiées  qui  entourent  ces  deux  pages  ont  leur  note  gaie 
et  champêtre  dans  ce  milieu  sévère. 

La  grande  marge  est  ornée  de  rinceaux  garnis  de  personnages  en  cos- 
tumes rustiques.  Ce  sont  des  bergers  et  des  bergères  qui  dansent  avec  leurs 
houlettes,  au  son  de  la  musette,  ou  se  jouent  au  milieu  des  branchages. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


27 


Vient  ensuite  la  coupe  du  Saint-Graal  ou  calice  de  la  légende,  portée  sous 
un  dais  par  deux  anges;  les  bordures  nous  montrent  des  scènes  champêtres; 
des  damoiseaux  grimpent  à l’arbre  et  une  damoiselle  reçoit  dans  son  tablier 
les  fruits  que  ceux-ci  lui  jettent;  une  autre  cueille  des  fleurs.  Dans  le  bas,  les 
jeunes  gens  s’amusent  à un  jeu  qui  est  peut-être  celui  que  Rabelais  appelle 
Je  m'assis. 


Ces  petites  compositions  sont  ravissantes  dans  leur  simplicité. 

Dans  le  Calendrier  qui  suit,  les  compartiments  du  bas  représentent  les 
occupations  de  l’année  et  les  signes  particuliers  aux  mois.  Les  bordures  exté- 
rieures sont  formées  de  petits  compartiments  rapportés,  contenant  des  scènes 
tirées  des  histoires  de  la  Bible  ou  de  la  vie  et  du  martyre  des  Saints. 

4- 


28 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Janvier- Février.  — La  bordure  extérieure  est  divisée  en  cinq  compartiments, 
dont  les  scènes  se  rapportent  aux  principales  fêtes  de  ces  mois  : 

La  Circoncision  (ier  janvier).  — L’Épiphanie  ( 6 janvier);  les  trois  mages 
viennent  offrir  leurs  présents  à l’Enfant  Jésus.  — Saint  Sébastien  (20  jan- 
vier) lié  à un  arbre  et  percé  de  flèches.  — Saint  Antoine  ( 1 7 janvier)  résis- 
tant aux  démons.  — Sainte  Agnès  (21  janvier),  vierge  et  martyre. 


Januatiue  (febtes 


'jfedmame  fc  bteef 


iflttt  a jÇitciïctftobtïi 
0 oci.f.ftcpÇam 
M c oci.fïoÿânie; 

5 octa,innoc€tiü 
ptp  e 

Uni  f ÆpppflamabtTi 

$ 

a 

|S  6 

c paufifjete mite 
b 
e 

f 0 ctaœpypÇanie 
$ 

a maima60aft£ 
upUtït  6 marcefft 

c an$omï  aôôatie* 
b p;tfce  <3tc3mt(5 
e 

f fàafliani 
g agnettè^itÇmte 
a S)  incentii 
6 emetentiaue. 
c frmofÇet 
b jTduetftopaufi 
e po ficatpû 
jrôt»  f tufiam  epifeopi 
15i  g 

f a 

jptnï  6 fiattfbte 
|nï  c citict\o$anni& 


b ignaeü  eptfcopi 
jpi  c putïficafio  0t£  ma  1 

»t>  f tffafncpifcopt  11 

l&iiï  g gifànti  côfcfT wtflf» 
a a^af^e^irgmter. 
plîi  6 bojotf^e13tt#mie^ 

'S  c 

b 

ptt't  eapofomeSttgmte?,. 
lï  f fcofaflice, 

3 

p a 

0 fufetemm» 
j>Um  c Wentinf 
■5»  b faufîtm* 

f 

S 

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c 

b £af0ebta  peftû 

f (^atfjtcapofïofw 
jrôrt  g 
“Si  a 


tm 

yiï 

t 

*5» 


jrim  c poftof»  mattytte. 


La  bordure  inférieure  nous  montre  le  mois  de  Janvier  symbolisé  par  le 
bourgeois  à table;  le  signe  du  Verseau  s’applique  à Février. 

Le  compartiment  d’angle  représente  Esther,  comme  pour  Mai-Juin. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


29 


Mars- Avril.  — Des  cinq  compartiments  composant  la  grande  marge,  le 
premier  est  rempli  par  des  grotesques  sur  fond  criblé-,  le  dernier  renferme  un 
archange  sonnant  la  trompette  du  Jugement  dernier. 

Les  trois  autres  compositions  se  rattachent  à cette  partie  du  Calendrier  : 

Le  pape  saint  Grégoire  (12  mars)  agenouillé  devant  l’autel.  — L’Annon- 
ciation (25  mars).  — Saint  Marc  écrivant  son  Evangile  (25  avril). 


iit  b afôtm'eptfcopi 
c 

P»  f 

g abiicmtmarfptte 

&.  2 
3m  6 

c petpefue  fefi. 

b 

3 c çUmattytû. 
m 8 

it  a {ottçoin 
6 

P c 

b fongmimortitttf* 

p3nï  e 
3ü  f 
8 

p3  a 
mi  6 

c 6encbû:tia66afi0 
pu  b 
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lijp  8 Mnniïciatitëma* 
a 

p3ti  6 tupet*iq)ifcopi 
3i  c 

b qm'ntmimatiptis 
ptui  e 

m f fa0ine3itgmw;. 


8 

pi  a 
6 

pip  c am6iofîtcôfeffo;Ç 
3i ii  b 
p3i  c 

“3  f cufemie  3it$im<?f 

5 marte  egppttace. 
piii  a 

tt  6 
c 

p b 
e 

p3ttï  f tvÜMdimavtytie. 
3tt  g 0efenetegine* 
a ifiboji  mattyiie, 
p3  0 arnceti  pape, 
mi  c 
b 

pii  c 
i f 

8 fofljetfe  pape* 
ip  a 

6 

p3ti  c Ctyatci  euagcfifte, 
*3 i b£fatpape, 

e 

pim  f Sifafie:  marttrie* 
tfï  ô pettimattytis 
a flgrfmunbi. 


Le  double  compartiment  du  bas  représente  le  mois  de  Mars,  époque  de 
la  taille  des  arbres;  le  signe  du  Bélier  se  rapporte  à Avril. 

Dans  l’angle,  la  sibylle  phrygienne  tient  la  bannière  de  la  Croix. 


3° 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

Mai-Juin.  — Quatre  compartiments  sur  les  cinq  de  la  grande  marge  sont 
réservés  aux  principales  fêtes  de  ces  mois  : 

Voici  saint  Jacques  (icr  mai)  avec  son  aumônière.  — Saint  Jean  Porte- 
Latine  (6  mai),  patron  des  typographes.  — Saint  Nicolas,  avec  les  trois  enfants 
légendaires.  Une  fête  de  saint  Nicolas  se  célébrait  le  c,  mai,  date  de  sa  trans- 
lation à Bari.  — Saint  Pierre  et  saint  Paul  (251  juin). 


(>5  Me* 
pppit(an<x.ppp. 


* „ P*P 

b jlnuefto  ctucte  Siiï 
e füonani  mattptie  v^i 
f gotÇacbi  epifcopi  *5 
$ 31o0,aBpox.fafi* 

S pùï 

0 appatifto  micfyatV  « 


P 


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b goxbtani 
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ti  aeomfam 
0 ifiàou  nwvtpti$ 

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6 

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g 6emar&i 

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6 Çefenetegtne 
c mfianc  Stogim*  jp55ii 
b 
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f tfmtfymi  pini 

g iojfanma  pape  m 
a 

0 P>* 

c fèfirtepape 
b pettoniflfe 


3[umu*0a0et  btèe, 

^♦Æumi.ppip, 

e tufhni  mattytie 
f rtmçdîini 

% 

a 

6 Bomfacii 

c 

b 

e mebatbû 
fpummftf triant 

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a 'ibamaBe  apoffoftl 
6 Bafÿibt* 
c 
b 

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& 

a matri 
6 geniafît'p  pjofÇafïi  f 
c fifuefït» 
b 

e paufmiepifcopi. 
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g Î2af  iutfas  ioÇ3m*  || 
a amanbteptfcopt 
0 io00ni*(ïpauft 
c 

5 ÎDigtfïa. 
e pcfnef  paufi* 
fmatriafieeptfcoptJ 


Q.iïiï, 


Cé—  ^ -pe , '„gIe  g:tt„^;rP:;:gne  dK 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


3 1 


Juillet- Août.  — Les  petits  tableaux  de  la  marge  rappellent  tous  des  saints 
fêtés  pendant  ces  deux  mois  : 

Sainte  Marguerite  (20  juillet).  — L’Assomption  ( 1 5 août).  — Sainte  Anne 
(26  juillet)  apprend  à lire  à la  Vierge  enfant.  — Saint  Laurent  ( 10  août)  sur 
son  gril.  — La  décollation  de  saint  Jean-Baptiste  (29  août);  la  tête  du  saint 
est  placée  par  le  bourreau  sur  un  plat  tjue  soutient  la  danseuse  Salomé. 


3îufiue  $(*65  tries 
ftPpi.Æuna.pftp. 

g octa.f.io0ts  6ap.  ^iiï 
a ,pceffi  (i  mattinia.  jfài 

c ftSf.f.martiw 
b püi 


IV 

jUsn 

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B nifine^itginis  p*Ziii 
c pii  pape  *5» 

b na6ows 

e piiuatimattytie;  p*5 
f iiii 

3 

a pu 

6 afep»confef)fote  t 
c fimp0o;ofe 
b _ ip 

c matgatefe  ‘Bitgîo 
f ‘BictOiis  mat*  jp^ii 
g (^atiemagbafeneît 
a apofittatis 
6 - joint 

c3!aco0iapoflofï  tii 
b gxmcteanne 
e 53ii,bomiiëtiii  pi 
f na$atiitnattptte,  pip 
g mattfle^itginis 
a a6bot)etfennc6  îiii 
6 


Suguftus  05  bies 
jrçppi,j£ima,pfpp. 

c 3b  55incufa  pefti 
b ftep0anipape 
e inuentio  ftep0ani 
f iufïimpiefBptetû 
g s.ma.beniutôus 
a ttâffigutatiobffn 
6 bonati  epifcopi. 
c ciciacietfociouirtf. 
b SDigifta. 
e jZautzntïimattytie 
f ttôutcii. 
g cfate^itgiros. 
a ppofiti  martptis 
6 ÏDigifia. 
c Hffumptio  marie, 
b 

e otfa.fautenfit 
f agapitimartprte. 
g fubouici 
a 6ematbi 
6 pimatimartpris* 
c octa.6eate  marie 
b jDigifia 
c 3&atf0ofomei. 
f fubouiri  régis 
g feuetinipape. 
a 

6 augu/Hni  epifcopi.] 
c 2~>ecoffatio  ioÇÎS 
b feficis, 
e 


La  bordure  inférieure  représente,  à gauche,  pour  juillet,  un  moissonneur 
se  désaltérant;  à droite,  pour  août,  le  signe  du  Lion. 

La  sibylle  phrygienne  occupe  l’angle  droit  du  bas. 


32  HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

Septembre-Octobre . — Sur  les  six  compartiments  de  la  marge  principale,  trois 
tableaux  renferment  les  principaux  saints  de  ces  mois  : 

Saint  Denis  [p  octobre),  tenant  sa  crosse  de  la  main  gauche  et  portant  sa 
tète  de  la  main  droite;  il  est  accompagné  de  deux  anges.  Saint  Luc  ( 1 8 oc- 
tobre) écrivant  son  Évangile.  — Saint  Michel  (ip  septembre),  foulant  aux 
pieds  le  démon  qu’il  combat  avec  une  croix  en  guise  d épée. 


g)cptem6etfobie6 

ppp.tfuna.ppip. 


k pSitt 
| Su 


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f egibtïaffitafi* 
g antÿoniimattitie 
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6 moyficôfeffont 
c 

b eugenti 
c 

f ïlatiuitas  marie 
g goujon» 
a jafutt  eptfcopu 
6 piotÇi  mactym 
c majpimtam 
b mautidi 
c Æpaftatio  ctucie 
f ntcomebie 
g eufemt'eSitgmio 
a famBerrtepifcopt 
6 Stctorio  mattytie 
c 

b 2)tgifta 
c i^ac^ei  apofiof» 
f mauncü  mattpris 
ç Æmtpape, 
a 

6 fitmmicpifcopt 
c cppiiam  mattytie, 
b cofme  (i  bamtani 
e 

f GpicÇaefis 
$ ^letorumt 


^Dcfo0er^a05bte6 
yjpjpt.funa.jp/pjp* 

y Si  0 getmantepifcopi 
S * 
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g matctpape 
jpSt  ii  es 

S»  6 IBpomfïï 
c ccrôomt. 

yS  b lUidjafn  pape 
itii  c 

f QetaCài 

pii  g cafiptt  pape 
i a 

a 

ip  c 

b Æuceeuangeft/ïe, 
ySiï  e 

St  f capiafiï  martyria.  I 
g jpûmifttlSttgmwrtî  | 
yitiï  a 
tu  6 
c 

pi  b cttfpmù 
ptp  e Æuanfît  pape 
f VDigtfta. 

Stti  g % )pmoni6  et  tube. 


Les  sujets  du  bas  sont  : à gauche,  les  semailles  pour  le  mois  de  Septembre; 
à droite,  le  signe  de  fa  Balance  pour  Octobre. 

L’angle  de  gauche  est  occupé  par  la  sibylle  Europe,  qui  tient  un  glaive. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


33 


Novembre-Décenibre.  — Les  principales  fêtes  de  la  fin  de  Tannée  sont  repré- 
sentées dans  les  cinq  compartiments  de  la  grande  marge  : 

La  fête  des  Trépassés  (2  novembre)  est  figurée  par  la  Mort  frappant  le 
pape  de  sa  flèche;  un  cardinal  est  déjà  terrassé.  — Sainte  Catherine  (25  no- 
vembre). — Sainte  Colombe  (21  novembre),  décapitée.  — La  Nativité  de 
Jésus  (25  décembre).  — La  lapidation  de  saint  Étienne  (2 6 décembre). 


HîouemÔet  gaôet  W 

b £)îrt)fanrfojut^, 
c j£Ômrnio.aîaturt)  jpiit 

tï 
P 


gmt 
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f reffctuti 
g cuncmfiepifcopt 
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IStt  b inucoionafo. 
e tgeobo;i 

g martini  ej5i 
a Martini 
6 0;irii  cpifcopi 
c 
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fgtegtniicpi 

ntaSü  g romani  macfitts 
al  St  a dïjaôctfJ 

0 fiepÇani  cô fzffoiÇ.  pim 
€ coîümSam  w 
b cectfic  Sirginta 
e^fem^ttepape 

g #cif0etMe*gî$ 
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ÎBecemBet  gaBet  bt*  [ 
eo.pppûfuna.ppp. 

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5 Bi6iane£gmt$* 
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c faBBe  aôôatis 
b Lhcofai. 
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0 bamafï 
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b fudeSitgmfe 
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0 grattant  e?t 
c 

b >Drgtfia 
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0 ÎT^attuitaet  btîi 
c jète pgani, 
b 31ogannie. 
c Jnnocentiuti) 
f ^DJomeatc giefi* 

a £)tfueflripape 


La  bordure  inférieure  nous  montre,  pour  le  mois  de  Novembre,  les  porcs 
conduits  à la  glandée.  A droite,  le  Sagittaire.  Dans  Tangle,  la  sibylle  de 
Delphes  tenant  d’une  main  la  couronne  d’épines. 

h.  5 


mrniMERifi  nationale. 


34 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


La  série  des  grandes  figures  des  Heures  imprimées  par  Pigouchet  pour 
Vostre  se  compose  ordinairement  de  quatorze  planches  qui  ont  été  énu- 
mérées par  J.  Renouvier. 

Nous  donnons  les  échantillons  de  quatre  des  illustrations  qui  se  trouvent 
dans  Tédition  des  Heures  à l’usage  de  Rome,  du  22  août  1 4^8  : / Apparition 
aux  bergers , la  Faite  en  Égypte , lésas  crucijiê  entre  les  deux  larrons  et  la  Descente  du 
Saint-Esprit. 


Dans  la  première  de  ces  planches,  les  bergers  regardent  au  ciel  les  deux 
anges  qui  leur  annoncent  la  venue  du  Messie. 

Les  grandes  marges  nous  montrent  les  épisodes  de  divers  miracles  de  la 
vie  de  Jésus-Christ. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


3J 


La  seconde  planche  représente  la  Sainte  Famille  fuyant  en  Égypte.  La 
Vierge,  tenant  sur  ses  genoux  l’Enfant  Jésus,  est  montée  sur  un  âne  conduit 
par  Joseph. 

Au  second  plan,  derrière  un  rocher  qui  dissimule  les  saints  personnages, 
un  moissonneur  est  questionné  par  les  soldats  d’Hérode  pour  savoir  si  quelque 
nouveau-né  n’est  point  caché  dans  les  blés. 


Les  épisodes  du  Massacre  des  Innocents  et  de  la  Fuite  en  Égypte  sont 
répétés  en  détail  dans  la  marge  extérieure. 

L’artiste,  sans  tenir  compte  de  l’époque  du  Massacre  des  Innocents,  repro- 
duit encore  la  scène  du  moissonneur  que  les  sicaires  interrogent. 


5- 


36 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


La  composition  du  Christ  en  croix  est  bien  traitée.  Les  Saintes  Femmes 
sont  au  premier  plan,  puis  la  Vierge  les  mains  jointes;  Madeleine  agenouillée 
entoure  de  ses  bras  le  pied  de  la  croix. 

Les  deux  larrons,  attachés  par  des  cordes,  ont  les  membres  rompus.  La 
foule  et  les  soldats  en  armes  entourent  la  scène.  Au  dernier  plan,  la  ville  de 
Jérusalem  profile  ses  monuments. 


Les  compartiments  des  grandes  marges  nous  représentent  Jésus  les  mains 
attachées  par  des  cordes  : d’abord  devant  Caïphe,  ensuite  insulté  par  ses 
bourreaux,  et  enfin  chez  Pilate. 

Dans  P angle  de  droite,  on  a placé  la  sibylle  de  Tibur. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


37 


Voici  maintenant  la  Descente  du  Saint-Esprit  représenté  sous  la  forme  d’une 
colombe  rayonnante  de  lumière  et  posant  ses  langues  de  feu  sur  la  tête  des 
personnages. 

Tous  sont  assis  dans  une  attitude  recueillie.  La  Vierge  occupe  le  milieu  de 
la  composition;  elle  tient  sur  ses  genoux  un  livre  ouvert,  les  mains  jointes 
et  la  tête  légèrement  inclinée. 


Quatre  des  principaux  épisodes  de  la  Passion  occupent  la  marge  extérieure 
et  celle  du  bas  de  la  page  : Jésus  comparaissant  devant  Ponce  Pilate,  Jésus 
portant  l’instrument  de  son  supplice,  les  préparatifs  du  Crucifiement  et  le 
voile  de  sainte  Véronique. 


38 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Dans  une  autre  édition  des  mêmes  Heures  à P usage  de  Rome,  publiée  le 
i 6 septembre  1498,  on  voit,  parmi  les  grandes  planches,  la  Visitation  et  la 
Présentation  au  Temple , qui  sont,  ainsi  que  d’autres,  traitées  dans  le  même  style 
que  celles  dont  nous  venons  de  donner  des  spécimens. 

Voici  la  scène  de  la  Visitation  avec  Marie  et  Élisabeth  au  premier  plan. 
Au  loin,  un  vieillard,  sans  doute  Zacharie,  est  assis  au  bord  de  la  route. 


Les  bordures  de  gauche  représentent  des  épisodes  de  la  vie  du  Christ  : la 
Cène  ou  l’institution  du  sacrement  de  l’Eucharistie;  Judas  recevant  le  prix 
de  la  trahison  de  son  Maître;  Jésus  lavant  les  pieds  de  ses  disciples,  et  le 
Sauveur  au  Jardin  des  Oliviers. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


39 


Quarante  jours  sétant  écoulés  depuis  la  naissance  de  Jésus,  Marie  alla  au 
Temple  pour  présenter  son  fils.  Elle  donna,  pour  le  sacrifice,  deux  tourte- 
relles : c’était  l’offrande  des  pauvres. 

L’artiste  qui  a composé  cette  scène  en  a rendu  scrupuleusement  tous  les 
détails.  La  jeune  femme  qui  porte  les  tourterelles  dans  son  panier  tient  un 
cierge  de  la  main  droite.  Siméon  reconnaît  le  Sauveur  attendu  : 

O 


Diverses  scènes  de  la  vie  de  Jésus  occupent  les  compartiments  des  grandes 
bordures  : on  y remarque  la  femme  adultère,  le  miracle  de  la  multiplication 
des  pains,  la  résurrection  de  Lazare  et  une  des  scènes  de  la  Passion.  Dans 
l’angle  du  bas,  la  sibylle  phrygienne. 


4o 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Dans  une  autre  scène,  l’artiste  a traité  un  sujet  plus  mondain.  Bethsabée 
nue  est  plongée  jusqu’à  mi-corps  dans  la  vasque  d’une  fontaine.  Ses  servantes 
s’empressent  autour  d’elle.  L’une  tient  un  miroir  où  se  reflètent  les  charmes 
de  la  baigneuse;  d’autres  lui  apportent  des  fruits.  Au  fond,  le  roi  David 
apparaît  à la  fenêtre.  Là  percent  d’une  façon  piquante  la  recherche  du  cos- 
tume et  la  gentillesse  des  physionomies  toutes  françaises  de  cette  planche  : 


Comme  antithèse  à la  mondaine  Bethsabée,  couronnée  de  perles,  la  grande 
marge  nous  montre  quatre  scènes  de  l’histoire  de  la  chaste  Suzanne;  la  tête 
de  la  jeune  fille  est  ornée  du  nimbe  des  saintes.  Les  deux  compartiments  du 
bas  la  représentent  entre  les  deux  vieillards. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  P1GOUCHET 


4 1 

C’est  ensuite  Lazare  le  lépreux  qui,  les  cliquettes  à la  main,  vient  mendier 
son  obole  dans  la  maison  du  mauvais  riche,  pendant  que  celui-ci  est  confor- 
tablement installé  à table. 

Au  fond,  le  dressoir  de  la  salle  à manger;  les  domestiques  servent  les  plats 
et  versent  à boire,  sur  l’ordre  du  maître  d’hôtel  qui  se  tient  à gauche  du  dres- 
soir et  dirige  le  service. 

Il  n’y  a,  sur  la  table,  que  des  couteaux;  on  ne  se  servait  pas  encore  de 
fourchettes  : 


Le  riche,  courroucé,  enjoint  à Lazare  de  sortir  et  le  fait  chasser  par  un 
garde  qui,  Pépée  au  côté,  précédé  de  deux  chiens,  n’ose  trop  s’approcher  du 
lépreux,  de  crainte  de  contagion,  et  le  repousse  de  loin  en  lui  faisant  des 
deux  mains  le  geste  de  s’en  aller. 

Seul,  un  chien  s’avance  en  ami  vers  Lazare  et  lui  lèche  les  ulcères  de  ses 
jambes  nues. 

Par  la  fenêtre  ouverte,  on  aperçoit  un  pauvre  tombé  d’épuisement. 

Cette  scène  est  pleine  de  vie  et  de  mouvement;  c’est  une  page  intéressante 
de  la  vie  de  famille  au  moyen  âge. 

6 


n. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


42 

La  Vie  de  l'Enfant  prodigue  se  déroule  dans  deux  bordures  comprenant  huit 
petites  scènes  très  joliment  ouvragées  et  disposées  avec  goût  : 


Les  sacrements  de  TÉglise  : le  Baptême,  la  Confirmation,  la  Pénitence,  le 
Mariage,  l’Ordination,  l’Eucharistie  et  l’Extrême- Onction,  sont  figurés  par 
de  petites  compositions  dont  les  sujets  ressortent  sur  leur  fond  criblé  : 


44 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Des  grotesques  sur  fond  criblé  servent  de  motifs  d ornementation  dans  les 
bordures  latérales  et  dans  les  compartiments  du  bas  des  pages  : 


La  fantaisie  de  l’artiste  s’est  donné  pleine  carrière.  Des  personnages  fan- 
tastiques accompagnent,  dans  leur  chevauchée,  des  chimères  de  toute  sorte, 
le  tout  brochant  sur  une  flore  incomparable  : telles  sont  ces  bordures  d’une 
exquise  conception. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


45 


Pigouchet  imprime  ensuite  des  Heures  a l’ usage  d’Amiens,  Voici  le  spécimen 
du  titre  avec  la  marque  de  l’imprimeur,  l’adresse  et  l’enseigne  du  libraire  : 


j JLt&pfmtee  Çeureeafufatge  be  Slmiieitout 
au  16$  fane  tecjte  ont  ejïe  fatcfee  pour  £>im5  5o 
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jno(frebame*afê(etgne  famcé  Jc(jat)(euà$eCifte 


a.t 


Ces  Heures,  qui  parurent  vers  i 500,  ont,  dans  les  bordures  du  Calendrier 
que  nous  reproduisons  en  entier,  quelques-uns  des  mêmes  sujets  que  l’on 
voit  dans  les  Heures  précédentes;  mais  les  compartiments  du  haut  et  du  bas 
contiennent  des  compositions  nouvelles  pour  les  occupations  et  les  signes  des 
divers  mois  de  l’année. 

La  mise  en  scène  est  égayée  et  avivée  par  des  jeux  divers,  tels  que  le  colin- 
maillard,  ta  main  chaude,  le  cheval  fondu,  le  jeu  de  balle  à la  paume,  les 
boules  de  neige,  etc.,  le  défilé  d’une  noce  et  autres  petits  sujets  traités  avec 
un  sentiment  artistique  plein  d’entrain,  de  naturel  et  d’esprit,  qui  en  font 
comme  autant  de  petits  tableaux  de  mœurs  de  l’époque. 

Les  caractères  des  Heures  d’Amiens  sont  les  mêmes  que  ceux  employés 
par  Pigouchet  pour  les  Heures  à l’usage  de  Paris,  de  décembre  1491* 


PIGOUCHET.  — HEURES  A L’USAGE  D’AMIENS.  — CALENDRIER 


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PIGOUCHET.  — HEURES  A L’USAGE  D’AMIENS.  — CALENDRIER 


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g J9ugu(î9^bte6pppt*ma*ppp 

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qj  pBt  b epupertt  f agapîd 
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PIGOUCHET.  — HEURES  A L’USAGE  D’AMIENS.  — CALENDRIER 


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ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET 


49 


Avec  les  spécimens  suivants,  on  peut  se  faire  une  idée  de  rornementation 
qui  a présidé  à la  confection  des  livres  d’heures  imprimés  par  Pigouchet 
pendant  une  dizaine  d’années.  Le  style  de  l’illustration  est  différent  de  celui 
des  Heures  de  Du  Pré,  de  Vérard  et  des  autres  éditeurs  de  ces  sortes  de  livres, 
qui  ont  copié  plus  ou  moins  habilement  les  mêmes  figures.  Il  est  un  fait 
certain,  c’est  que  les  Heures  de  Pigouchet,  exécutées  pour  Simon  Vostre, 
ont  fait  de  tout  temps  l’admiration  des  bibliophiles  et  des  connaisseurs.  Elles 
portent  le  cachet  artistique  de  la  vieille  École  française.  « Le  dessinateur,  dit 
J.  Renouvier,  est  entré  d’emblée  dans  le  plan  de  l’iconographie  gothique; 
il  place  aux  premières  pages  les  représentations  que  le  sculpteur  mettait  aux 
marches  de  l’église,  sur  les  côtés  du  portail,  et  il  ajoute  de  son  gré  des  motifs 
plus  familiers  et  plus  gais,  de  petits  sujets  de  mœurs  dont  la  gentillesse  nous 
touche  d’autant  plus  que  nous  en  voyons  la  tradition  fidèlement  observée 
par  les  campagnards  et  par  les  enfants1.»  On  n’a  rien  fait  de  semblable  à 
l’étranger;  c’est  de  l’art  français  par  excellence.  En  tournant  ces  feuillets,  on  se 
croirait  transporté  sous  les  nefs  de  nos  vieilles  cathédrales  gothiques.  On  sent 
vibrer,  dans  ces  images  de  la  vie  du  Christ,  des  Sacrements,  des  Signes  de  la 
fin  du  Monde  et  de  la  Danse  macabre,  la  foi  naïve  et  robuste  de  nos  pères. 

Outre  les  bordures  dont  nous  avons  présenté  des  échantillons,  la  plupart 
des  livres  d’heures  exécutés  pour  Simon  Vostre  dans  la  seconde  manière  de 
Pigouchet,  en  contiennent  d’autres  figurant  la  Danse  macabre  des  Hommes  et 
des  Femmes . Le  cycle  complet  de  la  Danse  des  Morts  se  compose  de  soixante- 
six  sujets  ; trente  scènes  sont  contenues  dans  dix  bordures  pour  la  Danse  des 
Hommes,  et  trente-six  scènes  en  douze  bordures  pour  la  Danse  des  Femmes. 
Ce  sont  les  mêmes  personnages  qui  figurent  dans  la  Danse  macabre  de  Guy 
Marchant.  Le  dessinateur  dispose  adroitement  ses  couples  dans  un  petit  espace. 
Il  drape  la  Mort  d’un  bout  de  linge,  lui  donne  pour  instruments  le  pic  et  la 
pelle,  plutôt  que  la  faux  qui  tiendrait  trop  de  place,  et  il  la  fait  grimacer 
comme  un  singe  en  présence  d’un  partenaire  merveilleusement  signalé  par 
son  costume.  C’est  un  vif  dialogue,  une  mimique  piquante  qu’ont,  avec  la 
Mort,  le  Bourgeois,  l’Usurier,  le  Médecin,  l’Enfant,  la  Reine,  la  Chambrière, 
la  Mignote,  la  Femme  de  village,  tous  entraînés  vers  la  danse  finale. 

1 Des  gravures  sur  bois  dans  les  livres  de  Simon  J.  Renouvier,  excellent  juge  en  la  matière,  dont 

Vostre  (p.  8),  ouvrage  cité.  Nous  avons  emprunté  nous  adoptons  toutes  les  théories,  qui  sont  on  ne 

plusieurs  des  idées  émises  dans  ce  chapitre,  à peut  plus  justes. 

7 


11. 


PIGOUCHET.  — HEURES  A L’USAGE  D’AMIENS 


Le  Baiser  de  Judas . 


L’Ensevelissement  de  Jésus. 


PIGOUCHET.  — LIVRES  D’HEURES.  — DANSE  MACABRE  DES  FEMMES 


54 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Philippe  Pigouchet  n’a  pas  fait  que  des  livres  d heures  : il  a édité  des  traites 
de  théologie,  des  classiques  latins  et  des  livres  de  littérature  française,  tels  que 
Le  Blason  des  faidccs  amours;  Les  Faintises  du  Monde  ; Le  Chasteau  d amour  ; Les  Cent 
Histoires  de  Troye,  de  Christine  de  Pisan;  Les  Lunettes  des  Princes > de  Meschmot, 
dont  nous  donnons  ci-dessous  le  fac-similé,  et  bien  d autres  ouvrages. 


nee  funettes  bce  pnncee  auec  aucunes  Bafabee 
et  abb  jetons  nouettemët  côpofeee  g noBfeJom 
me  Jefjat)  mefcginof  fBfcuiet:  et)  foi) Gluant 
géant  mat/fre  bjfaftef  be  fa  &opne  beÿtwnce 


GLaemençetapki 
£a  pa/ïure  SSLuetteï 

ISXuî  pxeBfft*  f cet  factet 
£at  te  ne  feap  meiiïeut  ttomet 
piînce 

f0ue  55euf$  Urt  Je  <Sous  iuce 

giuopï  élue  te  ccop 

£a  Vierge  pure 

que  bteu  ctea  pour  no9  famée 

cat  te  nefeap  metffeur  ttomet 

finirent  îee  tanettee  bee  pitncee  J mpztmeee 
abatte  parpÇeftppe  pigocÇet.  $atj  mit.  ££££* 
quatre  ^rngtj  (T  qutnje.ipout  fpmot^ofïre  £idiaite 
bemouranf  erçfa  rue  neuuenoftre  bame  a fenfet'gne 
famcf  31egat)  feuangeftpe. 


Le  caractère  avec  lequel  Pigouchet  a imprimé  ce  dernier  livre  est  la  petite 
bâtarde  de  Jean  Du  Pré  (voir  alphabet,  t.  Ier,  p.  243),  dont  il  s’est  servi  pour 
des  livres  d’heures,  et  qu’il  a employé  de  préférence  pour  les  livres  en  français. 
Parmi  ceux-ci,  nous  signalons  tout  particulièrement  Le  Chasteau  de  Labour ; de 
Pierre  Gringoire,  achevé  le  3 1 décembre  1499,  pour  Simon  Vostre,  et  qui 
finit  par  ce  quatrain  relatif  à la  chute  du  pont  Notre-Dame  : 

Le  vendredi  de  devant  la  Toussaincts, 

Vingt  et  cinquiesme  octobre  du  matin 
Mil  cccc.  nonante  neuf,  rien  mains 
Le  noble  pont  Nostre-Dame  print  fin. 


ATELIER  DE  PHILIPPE  PIGOUCHET  ^ 

Ce  volume  petit  in-octavo  est  illustré  d’une  façon  remarquable.  On  y voit  le 
combat  des  Vertus  et  des  Vices,  compositions  empruntées  aux  livres  d’heures 
de  Simon  Vostre.  D’autres  gravures,  d’un  excellent  dessin,  représentent  des 
artisans  travaillant  de  leur  métier.  Nous  donnerons  des  fac-similés  de  ces 
gravures,  au  chapitre  des  éditeurs,  à la  fin  de  ce  volume. 

Pigouchet  s’est  encore  servi,  pour  les  livres  latins,  d’une  gothique  compacte 
d’un  œil  très  petit,  de  6 points  et  demi,  dont  voici  l’alphabet  : 

a:scc  TD'fzf&v  3 % 0 ^ <aacR©  % ux 

abcbdefgbijklmnopqr:eftuvpY5  frfUTd 

âb9pôce9x§5gU^I'l,?rfj  m9n  n9ôi3g,pq4qq(}>(gq3f  r<r9£ 

Hftlüu’frJ?  { €L 

c ^st  avec  ccs  caiactercs  qu  il  a imprime  les  Flores  beciti  Bcniuydi  : 


b eata  maria  vfrgine, 


ad^uilbelmü  abbatemfancti  tbeodor 
rici.£rroi  eft  büane  métis  non  modo 
bonum  putare  malü  i malum  bonum 
aut  verum  falfü/etecôuerfo:  fedettam 
certa recipere  pzo  bûbijs/bubia  $ ce n 
tie.£jc tozta  feu  coacta  licentia  non  eft 
licentia  fedviolentia.tüuodcütç  autes 
ita  p lacet  vt  fi  rec  te  fieri  nô  pofïït:pl3s 
ceat  tamé  fîeri.eo  etias  modo  quo  fas 
non  efl  nimiseft:acpert?oc  quiaiam 
benenô  fit:bonü  noneft.Stultus  bum 
nonloQuitunfapiêsputatur.nagmon 
loquiturnôrenfuainopia:f5bumilita; 
tis  effe  euftodia  creditur.  3ndoctus  fi 
prefumat  bocere  quod  nefcit:nid?il  i ru 
doctius  agttur.ferués  fpüs  'zvebemës 
befideriû  :aperiri  fola  lingua  non  fuffi= 
cit  ."Recta  facerea  inuttlemfe  reputare 
apud  paucos  inuenitur./îon  oms  pa; 
cifiri  qui  bomefticimec  omnes  amici  d 
videntur.ljabetvera  amicicia  nônü^? 
obiurgationëradulationé  nim&%eui9 
reozverecundia  apud  boies  periclitari 
condênari  apud  beu  filencioveri  ta^ 
citumitate'z  abfcôfïone  iulticie.  <&uid 
tuftius/quid  iocüdius:vtquë  repzebê 
dereintendis  plus  cômendes.  vt  pco= 
îtijspzocôuialsvtaris  nefciusretvoî 
lens  betral?ere  laudes  iuuitus.atego 
net  indignisvifuperarionibus  moueot 
nec  idebitas  recipio  laudes  ."Res  plena 
equitatea  laudebigna:  vt  be  mëdacio 
nemo  lucref.  <üutd  magie  contra  ratio 
nemcprationérationeconari  tranfeen 
dere^t  quid  magis  côtrafidé  credere 
nolte  quiccfd  ratione  n5  polïït  attinge= 
rerXDalü  fi  ppzimas  tuü:  reputabitur 
hbiadiufticiâ.fialienu  adgloziâ:nec 
flerilisverecûdia  grata  eft-.nec  bumilù 
tas  p^terveritatèlaudabilis.  Huma- 
na temeritas  audet  repzebèdere  qô  mi 
aime  côp:el?êdere  valet:  fie  fe  t?abent 
moîtaliû  cozda:  quod  feim9  cü  necefTe 
non  eft:  in  neceflïtate  nefeimus.  /Ji^i  l 
eycipitur  vbi  biftinguif  nicl?tl.gn  alto 
non  altü  faperefed  î?umiUb9côfentire: 
mlbeocanus:mlrartusapud  botes, 
gntereft  ad  banda  rerû  certitudinê  dd 
incerta  iactet  opinio-.quidcp  opus  eui 
densreddat  indubitatü.Ciuod  autein 


certiusptobamus:  f?oc  ïpiedkamue 
fecurius.Soli  filfi  ire  nô  fentiüt  nec  tri 
ftantur  triftibus:fed  Ictâturz  eyultant 
in  rebus  pelTimis  .tegi  apud  quende* 
fapientê.nô  efivir  foztis  cui  nô  crefaê 
animus  in  ipfarenrç  bifficultate.£go 
autem  bico  ftdeli  bommi  magis  i inter 
flagella  fldendû.  tMj  cozdiseft  cedere 
impoztunitati-.que  ad  id  quod  opottet 
adducinô  patitur.  ilemo(vt  aitbtüs 
ambîofiuslinuitusberte  facitetiamfi 
bonum  eft  qôfacit:  quia  nil?il  pzodeft 
fpiritus  fimozisvbi  nô  eft  fpüs  canta: 
tis.  /îô  eft  paru  pericuUfciëtie  furripi 
et  jelum  bozmirenllud  ejeeufat  ignozât 
tia:boc  négligent!  a inejxufabile  facit. 
£go  plagie  côfciêtiemeenullû  iudico 
accômodatiusmedicamentü  p:ob:is 
etcôtumelijs.Supbisrefifterc'z  bumt 
libus  baregratiâ:familiareeftbormo, 
flon  bebet  efle  par  pena:  vbi  bifpar  eft 
caufa.gnterbonos  bonü  eft  efle  faluté 
l?abet  inter  malos  vero  i laudé.  3 llud 
tante  facilitatis  efhquâte  ifecuritatÇ. 
b,oc  tante  virf  utis:quante  % biffïcnlta; 
t is.  i3ec  nouü  n ec  mirum  eft  bumanu3 
ammum:pofie  fallivel  falere.Cauem 
dum  et  bec  et  illud:quia  vtrobuç  péri 
culum. 


<Tbabes  lectot  fuauifiime  mellii 
fluos  biui  Sernardt  ftozes'.tnquibus 
optima  queque  ep  operibuseius  ftu* 
diofifiïme  eycerpta  retondûtur:  ptnde 
fi  omnia  eius  fanctifiimivin  feripta  bo 
na  funt:  l?ec  optima  eiïeequifiïmo  iure 
biteris.  3mpzeffum  eft  autem pzefens 
opusfolertiopa  t>bilippi  pigouebeti 
3mpenfis  vero  cômunibus  eiufdem  et 
Smrâdi  gerleri  aime  vniuerfitatis  f>a 
rifiënffs  libzanozum.anno  fa  lutta  nos 
ftre.t  o99,ïij.  calendas  JDecêbzis.  Sit 
omnipotenti  gloiia. 


C5floiida  melliflui  Bernardi  pzata 
peragrâs.  1?inc  tibi nectareas collige 
lectotopes. 


Ce  livre  présente  cette  singularité,  qu’il  est  daté  de  i opp  au  heu  de  1499 
par  suite  d’une  coquille  typographique. 


56  HISTOIRE  DE  LTMPRIMERIE  EN  FRANCE 

Dans  quelques-unes  de  ses  impressions,  Pigouchet,  à I exemple  de  Guy 
Marchant  et  de  la  plupart  de  ses  confrères,  a inséré  des  planches  ayant  servi 
ailleurs.  C est  ainsi  que  dans  le  dialogue  de  Jean  Gerson,  De pafectione  cordis, 
sans  date,  mais  avec  sa  marque  de  Pigouchet,  on  retrouve,  au  verso  du  titie, 
la  figure  du  prêtre  à l’autel  des  Heures  de  Lyon.  (Voir  fac-similé,  p.  2,4.)  Une 
autre,  placée  à la  fin,  représente  Louis  XII  tenant  son  fit  de  justice  : 


Cette  petite  illustration  n’a  aucun  rapport  avec  l’ouvrage  de  Gerson  et  n’est 
mise  là  que  comme  remplissage. 

Philippe  Pigouchet  fut  un  typographe  des  plus  distingués,  qui  fait  honneur 
au  nom  français.  Il  a travaillé  non  seulement  pour  Simon  Vostre,  mais  aussi 
pour  Enguilbert  de  Marnef,  Toussaint  de  Montjay,  Jean  Petit,  Durand  Ger- 
lier,  Jean  Richard,  et  pour  Pierre  Régnault  de  Caen  et  Jacques  Huguetan 
de  Lyon.  Son  exercice  s’est  prolongé  jusqu’en  1512  environ. 

Le  local  du  Collège  de  Dainville,  où  il  avait  établi  son  imprimerie,  faisait 
face  à la  rue  des  Mathurins.  L’emplacement  de  l’atelier  de  Pigouchet  formait 
le  coin  de  l’ancienne  rue  de  l’École-de-Médecine,  qui  a été  démoli  depuis 
pour  livrer  passage  au  boulevard  Saint-Michel.  La  femme  de  Pigouchet  se 
nommait  Jeanne  Du  Pont  ou  Ponceau.  Il  eut  d’elle  deux  filles  : l’une  fut 
mariée  à Poncet  Le  Preux,  libraire,  rue  Saint-Jacques,  au  Pot  d’ Étain,  près  de 
la  chapelle  Saint-Yves;  l’autre  à Pierre  Attaignant,  qui  succéda  à son  beau- 
père  et  fut  le  premier  imprimeur  spécial  de  musique  à Paris. 


CHAPITRE  XXII 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  DRU 

(i  488-1  ^OO) 

Exercice  de  Pierre  Le  Dm  plus  ancien  qu’on  ne  le  supposait.  — La  première  édition  des  G est  a 

Francorum  de  Gaguin.  — Autres  impressions  de  Pierre  Le  Dm.  — Les  Stahilimenta  Rhodi.  — 

Association  de  Le  Dru  avec  Étienne  Jehannot. 

On  11e  connaît  pas  de  livres  imprimés  au  nom  de  Pierre  Le  Dru  avant 
1494-1495;  cependant  il  est  certain  qu’ii  était  imprimeur  dès  1488.  La 
preuve  en  resuite  d un  document  médit  tiré  du  registre  d’écrou  du  Châtelet. 
Le  25  octobre  de  cette  année-là,  il  était  appréhendé  au  corps  et  amené 
prisonnier  par  les  sergents.  Il  fut  arrêté  et  mis  en  prison  sur  la  plainte  d’un 
ouvrier  tondeur  de  draps  qu’il  avait  battu  et  blessé,  à la  tête  d’une  bande, 
près  Saint-Innocent,  trois  mois  auparavant.  Dans  la  note  qui  le  concerne,  il 
est  qualifié  d’« imprimeur  de  livres»,  et  son  domicile  est  indiqué  rue  Saint- 
Jacques,  près  les  Mathurins 

C’est  là  effectivement  où  nous  trouvons  Pierre  Le  Dru  établi  quelques 
années  plus  tard. 

H a dû,  dans  cet  intervalle,  imprimer  des  livres  qui  ne  portent  pas  son 
nom  et  dont  l’identification  n’a  pas  encore  été  faite. 

1 « Samedy  xxv  octobre  iiijc  im*x  et  huit.  — sieurs  navreures  et  playes  en  sa  personne  le  xxiiie  jour 

Pierre  Le  Dru,  imprimeur  de  livres,  demourant  de  juillet  derrain  passé  iiijc  iinTX  et  huit,  Iuy  estant 

près  les  Mathurins  en  la  rue  S1  Jacques,  et  Jehan  à la  place  aux  Chatz,  près  Saint  Innocent,  ledit 

Potier,  varlet  tondeur  de  draps , demourant  en  I’ostel  Pierre  accompaigné  de  xxv  à xxvi  de  ses  complices 

de  maistre  Guillaume  de  Cerisay,  près  les  Augus-  et  allyés  comme  il  dit  jusques  à ce  qu  il  ait  nomme 

tins,  amenés  prisonniers  par  Jehan  Lallemant,  Fou-  sesdiz  compaignons  et  ledit  Jehan  a la  requeste 

quet  Paris  et  Guillaume  Mesnaige,  sergents  à verge.  dudit  Pierre,  pour  mettre  le  cas  au  vray  et  sur 

C’est  assavoir  ledit  Pierre  à la  requeste  dudit  Jehan  ce  ester  à droit.  » (Archives  nationales,  Y 5 2 66, 

pour  ce  qu’il  est  l’un  de  ceux  qui  lui  ont  fait  plu-  fol.  133  v°.) 


11. 


5^ 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Pierre  Le  Dru  était  maître  ès  arts  l.  Son  premier  livre  connu  : Nyder; 
Consolatorium  timomtœ  conscientiœ,  est  daté  du  3 1 janvier  1 495  (n*  st0*  ^ ^im- 
primait le  même  ouvrage  moins  de  trois  mois  après  (le  2 4 avril)  : 

CICantimtfecofolaHonetimozateflfcientfeüiptfTe 

fufffdat.B  cufufmodl  c5p(la«ortc  ft  qu(fq5  quodfuu 
eft  rcdpere  vctlt  md?il  aut  modlcu  aufori  manebtt. 

CT£Jcaratumqu<ppe  efl  »?oc  opufculum  ffîaritttiB 
per  XDagiftroro  i^etrum  le  0m . 2Jtvw  mUlelimo 
cccc.jccv.viceftmaquartaoie  SpriUa* 

A la  fin  des  Oppositiones  Magistri  Joannis  Juvenis,  petit  in-quarto  à deux 
colonnes,  daté  du  15  mai.  Le  Dru  se  qualifie  déjà  d’imprimeur  très  expéri- 
menté [impressor  expertissimus).  Le  3 1 septembre  1 4 5? 5 > d terminait  hâtivement 
la  première  édition  des  Gesta  Francomm , de  Robert  Gaguin  : 

X)e  origine  et  gefïia  ffeweoîum 
CompenOtnm.- 

Sous  ce  titre  on  lit  les  vers  suivants  : 


Mb  libmm  fmimroberftg^ 

£uini€nmm. 


y .quo  qutfqj  fut  bîfertoz  et  aura  ‘SoraBit 
iorafuc  cric  foitc.bânaücxe  foife.fcb  omnt 
parte  nicpiC  tef onutt>  eut  not)  odmutmmet  egee 
^eutpet  if)  af tenue  feftet  ftuoi  Çonote. 
jfyfo  ti&t  aimf ueîaubt  f uxbaftet  inertes 
£luoe  pttue  0aub5$mcae/(p  rubete  ceflef  afeffus; 
diminue  ce  comptue;aut  Ser6t  examine  comte: 
^rc  f ortie  oinaBunt  franco^  iffuftria  teguirç 
& gcfïa  et  ‘Btrtue.fjie  icmj  bcfenfne  aBifo, 


L’édition  était  pleine  de  fautes.  Gaguin  s’en  plaignit  amèrement  dans  une 
lettre  à Laurent  Bureau.  Sa  mauvaise  étoile,  dit -il,  l’a  conduit  chez  un 


1 Sur  le  registre  de  nominations  aux  bénéfices 
des  maîtres  ès  arts  de  la  Sorbonne,  Le  Dru  est 
d’abord  inscrit  en  1 493  SOLls  rectorat  de  Cor- 
neille de  Delf,  commencé  au  ier  mars  (2e  rôle)  : 
«Le  Dru.  Petrus  Le  Dm  in  artibus  magister  se 
nommât  ad  collationem  et  omnimodam  dïspositionem 
epïscopi  et  capïtuh  Belvacensis  tant  coniimctim  quant 


divisim . » — Sa  seconde  inscription  est  de  14^8  : 
« Le  Dru.  Petrus  Le  Dru  in  artibus  magister  se  noini- 
nat  ad  collationem , dïspositionem , etc. , épis  copi,  decani 
et  capituli  Parisiensis  tant  conjunctim  quant  divisim.  Item 
ad  presentationem  a b bâtis  et  conventus  Sancti  Maglorii 
Parisiensis  ordinis  Sancti  Bénédictin  tain  conjunctim 
quant  divisim . » (Archives  de  l’Université.) 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  DRU 


59 


imprimeur  [Ita  evenit  nt  impressorem  sinistro  sydere  adirer)  funeste  aux  lettres  [male 
de  litteris  merentem ) et  tout  à fait  insouciant  de  ses  intérêts  et  de  sa  réputation 
[et  sui  quidem  commodi  fameqne  apprime  incurium) 

A la  fin  de  ce  volume,  de  format  in-folio,  on  lit  les  vers  suivants  : 

Pétri  prela  Drui  mntatis  sedibus  urgent 
Querere  nos  vario  tecta  domosque  solo . 

Ergo  [dintiirno  ne  forte  errore  yagemnr) 

Delige  qnem  tecum  precupis  ire  donnait. 

Les  presses  de  Pierre  Le  Dru  vont  très  prochainement  changer  de  place.  Nous 
chercherons  un  nouvel  abri  sur  un  autre  sol  et  dans  d’autres  maisons.  En  consé- 
quence, pour  ne  pas  te  tromper  à tout  moment,  choisis  la  maison  où  tu  désires  aller. 

Nous  donnons  ci-dessous  le  fac-similé  de  ce  passage  : 

CÆrôetempfoîettî  «tfoqmttm 

peftî  piefa  biupCmutafie  febiflue^igent 
te  nos  *5arto  tecta  bomofq5fofo. 

<£tgo(înuturno  ne  foi  te  ettoie  ^agemut) 
i0c  querç  teewî)  pxecupîe  ùc  bomurç . 

Voici  l’alphabet  des  caractères  qui  ont  servi  a l’impression  du  texte  : 

aBcbScfgÇt'ûfmnjiinopqrtef  ? ffffft 

aPd?(ïïfï« qÿ? ç a*  % 

Le  2 7 novembre  i495>  Le  Dru  imprimait  le  Modns  legendi  abreviaturas  in 
ntroque  jure  : 

(£oî>u8legenî>im  btroqj 
iure.ab  tjis  que  olimtumîiitni 
nute/cumfupetflue  in  eopoft 
ta  fuere:etactt(r(ma  nupet  Dit 
Ugenti  aemenbatus. 

Le  titre  est  exécuté  avec  une  grosse  gothique  de  i4  points,  la  meme  que 
celle  des  premières  lignes  de  titre  du  Gaguin. 


Ri’berti  Gaücjini  eyisulæ , craùmes  et  carnmui;  édition  d A mit  é Boc.ud,  149b,  in  [ 


fol.  XLiiii. 


8. 


6 o 


HISTOIRE  DE  LTMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  caractère  du  texte  est  exactement  le  même  que  celui  dont  Étienne 
Jehannot,  qui  fut  l’associé  de  Le  Dru,  se  servit  à partir  d octobre  1 4 9 5 • 
(Voir  p.  241-243,  et  alphabet,  p.  250.) 


Iftonus.U. 

giecmuia.ljejetffi. 

&ndccinw0.\n&ii(i 
SmodedmuB.ljrfif. 
f££t{unt  fimuI.vti.c.UU. 

Cf  Suterrticoçt  fiuc  nouellap  conftttuttomim. 
Ç'q^rimacoUatio  babctti.tü. 
ëxatnda.pl. 

ICertia.vii. 

0uarta.vltt- 
Ûàu wto.prfi{* 

&ejcta  .jdiii. 

0eptima.tjc. 

0ctmâ.%, 

IBona.jrtC 

C£tfurctftmul.;rcvtU 

C©ectmacollitfio.Sutettttco£fhie  nouellaiijconf' 
tuttonum/autüber  fiue  vfue  fcudop  babct  titulos 

l mi* 

Ç^nHiftitfonum 

» . ..  ■ * —• “ILBccüdue.ttvt 


£jrpUdt  lîbcUus  bccene  modfi  fhidendi  t \e$Zdi 
contentaacabb2ariatax>triufq3  turte  tam  canomri 
çpdullieùnfe  ptinme  tituloa  fiue  rubticas  eiuCdem 
torts  'foarifiue  <mp«flua  per  magtftrum^etrutrt 

le  bm  Srnto  bfU2T.C££ir:..rcv.^vi{tfiouembiîa 


Le  Dru  employait  plus  particulièrement  ce  caractère  pour  ses  livres  de 
petit  format,  comme  la  Dicta  Salutis  de  saint  Bonaventure,  dont  nous  repro- 
duisons l’achevé  d’imprimer  daté  du  30  septembre  1 45>7  : 


<t  Sancti  Bortauenture  boctoHa  ejeirnri  be  bfeta 
fatums  vnacum  tractatube  refûrrectione  bommie  a 
peccato  et  pîeparattone  adgrattamfratfatua  emen? 
dâtue  nupcr  et  recoçnitus . efî  tabula  Qaratiiïitne 
confecta  feUâter  finit. /\$arifiue  impîdTue  per  magt 
(hum  ^etmle&îu.  Snrto  bmïDiUefimo.  ££tC£- 
jtcvü.&le  vltimamenfla  0eptemb2is. 


Pierre  Le  Dru  a travaillé  pour  l’éditeur  Claude  Jaumar,  son  voisin,  qui 
demeurait  alors  rue  Saint-Jacques,  a 1* Image  Saint-Claude . 

Dans  l’achevé  d’imprimer  de  X Anthidotarius  animanun , Le  Dru  dit  que  ce 
volume  a été  terminé  [adimpletus]  aux  frais  de  ce  marchand  avisé  [astuti  mer- 
catoris ),  le  15  novembre  1496.  II  donne  en  même  temps  l’adresse  de  son 
atelier,  à l’enseigne  du  Cornet,  près  des  Mathurins  [in  intersiguio  Cornu  prope 
Matunnos ),  qu’il  indique  ailleurs  «devant  la  maison  de  Clugny  ». 

Le  titre  de  X Anthidotarius  anima,  avec  une  figure  du  Christ  en  croix,  est  tiré 
entièrement  en  rouge  ainsi  que  la  bordure  qui  l’encadre.  Le  texte  est  disposé 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  DRU 


6 1 


à deux  colonnes.  Le  caractère  nous  a paru  être  copié  exactement  sur  celui 
dont  Pierre  Levet  se  servait  dans  son  second  atelier  de  la  Croix  d’ Or,  établi 
au  faubourg  de  Saint-Germain-des-Prés.  (Voir  alphabet,  t.  Ier,  p.  447*) 


cîtum  amoîem.nullambefide 
ret^folatlonem  nullâ  admit/ 
tat  vrtcp  Délectation* . milium 
ciiret  f?onorej  .millam  ttmeat 
crudcltatem.  €£BUa 
^v£reniiïima  et  tnclita  ma* 
r^Dommi  noflrî  3*fu  dprifli 
XDaria  que  eundem  creatot* 
omnium  creatura?  i tuo  facra 
tüïtmo  vtero  Olgnafutfti  pot/ 
tarecuiua  veracilïimumcottf 
pua  etfâguinëfïïpfi.Bd  Ipro 
jp  meintercedereoignare  vt 
quicquid  in  eiua  meffabiUfa# 
cri  fia  o ignozamcr  négligent 
aut  accidentalüer  omtfi  ml* 
d?i  Digne*  tuta  fanais  piecb 
bus  indulgere  i me  ad  virant 
e ternam  perducere . cStul  cum 
Deopatrivtult. 

C «0f  o oe  fancto  rocfoo  côtra 
motbomepiditnie  oicenda. 

0& qui  es  gloitofuslglo 
riafancroç.et  ornais  ad 
eotum  patrodnia  côfugiétib* 
f ue  pettttonla  falutar  i pzeflae 
cffectu.?cede  plepi  tue  vt  infcc 
d&ebeatorocfro  côfeflbïetuo 
quel  ri*  celebtltatefe  Dénota 
Œbibet.alanguote  epldtmle 
quamlfuoeoîpoîe,ptui  nota 
glotta  pafliis  iUt  libéra  i tuo 
not  (emcfitDeuota.'rtberDftj 


CpKtti 

C^'Hnimarumjtpi  ftdelium. 
ButbidotariG  falutiferfi  quo 
tegrotantes  adoptatamfani 
maté  refhrui  .et  fane  (n  ipfa 
fanitate  coferuarf  valeât . I?ic 
fine  fumpfilTe  cernés  olector 
Deuotliïime  Oeo  cûcti  potéti  cît 
fuie  côregnatibua  gras  âge. 
BctCqî  DiUgêti  adt?ibtta  et :a 
mfnatfone  ipenflsafhiti  mer 
catotls  Claudtt  3Jaumar  in 
intertigniocoinn  ptope  mafu 
rfnos  vbl  adimpletus  fuit. 
Bnno  Oomlniceincarnafiôis 
XD.cccc.jrcvi.jrv.  vero  Die  me 
fisTHouembtia. 


€f  31 te  liber  qui  Bntfoidota* 
rfue  animarum  oldmr  fuma 
ntopere  emendatus  atqs  oUl* 
pîecedittb9  mutto  cotrectio: 
3mp:dTus  partffus  per  magi 
flrum  ^trûle  ©tu  p Claur* 
dio  ^aumarcômoianti  tnvb 
co  fanctt  Jacobl  ad  intçrflü 
gniû  fanctitClaudii  piopema 
wrtnoe. 


Le  Dru  a imprimé  pour  Durand  Gerlier,  libraire  juré  de  l’Université  de 
Paris,  le  traité  des  Insolubilia  de  Pierre  d’Ailly. 

Le  titre  est  en  grosse  gothique,  comme  dans  le  Modiis  legendi  in  utroque  jure 
et  autres  livres  : 


©eqnSturef  coticepfuset 
ittf olubdtaacuftfftmi  tntçrpte 
tisOeftibealyaco  tcutlibjm 
f cientiamm  fafïtgttim  fifectu 
vo  abmoôum  accômo  baf  a/ttu* 
perq$  fumma  cumbtgilanfia 
cafïigata. 


A la  fin,  on  dit  que  l’ouvrage  fut  terminé  et  achevé  ( absolutum peraciumque) 
par  l’œuvre  et  l’industrie  ( opéra  industriaque)  de  Pierre  Le  Dru,  maître  ès  arts 
libéraux  et  maître  très  diligent  dans  l’art  d’impression  ( artium  libcralium  et  artis 
impressorie  diligentissimi  magistri). 

Le  correcteur  est  ensuite  nomme,  cest  Claude  Clerard,  maître  es  arts,  qui 


6z 


HISTOIRE  DE  LTMPRIMERIE  EN  FRANCE 


a prodigué  sa  sueur  en  corrigeant  ce  livre  avec  le  plus  grand  soin  [nuper  alitent 
insudatione  Claudii  Clerardi  artium  magistn  accuratissime  emendatum). 


€£Sbfolutum/eacmmq5«tfât  fa* 

opufculum  ; tamfrnipUcmm  termf * 
noium:  varlts  modia  adinukem 

conncjtowiîi  notloné  mlrüimmodü 
z argotam  z fubtüem/moduqj  qoeri 
dam  folucndarum/quaa  poftert  in* 
folubttea  vocanc/p2opo(ltionu$  : pû 
ma  f route  olffldUmumîarreetfa  ta* 
men  Interloîum  fenluum  aurlbua  fe 
fepzebentem  in  pzimis  eaptu  facile: 
complcctêa:  opéra  induftriane 
tri  le  bjtt  % artium  Uberaüuj  z artie 
<mp:eiïo:ie  oillgenffflïml  maglflri: 
impenfle  vero  ^urandi  gerlertiaU 
me  pariüom^acbademieiuratibt* 
bliopole  : nuper  autem  infudatione 
claudii  £lerardi  artium  magtftri 
accuratiflîme  emendatum. 


Le  Dru  imprimait  encore  beaucoup  d’autres  livres  à l’usage  des  étudiants, 
ainsi  que  des  traités  de  théologie. 

Nous  lui  attribuons  l’impression  des  Stabilimenta  Rhodi , volume  in-folio 
dont  la  première  page  est  ornée  d’une  bordure  historiée  et  à la  fin  duquel 
on  trouve  les  initiales  P L que  Brunet,  l’auteur  du  Manuel  du  Libraire , croit 
être  celles  de  Pierre  Levet. 

De  son  côté,  M.  Monceaux  attribue  cette  impression  à Pierre  Le  Rouge. 
II  fait  erreur.  Les  caractères  de  ce  volume  ont,  en  effet,  une  très  grande 
ressemblance  avec  ceux  des  Expositions  des  Evangiles , imprimées  à Chablis  par 
Guillaume  Le  Rouge,  en  1 489,  types  qui  ont  été  employés  par  Pierre 
Le  Rouge  pour  l’impression  du  Missel  de  Tout,  à Paris,  en  1493  (n.  st.); 
mais,  vérification  faite,  ce  ne  sont  pas  les  memes.  (Voir  t.  Ier,  p.  48 5.) 

Les  caractères  des  Stabilimenta  Rhodi  sont  identiques  aux  fontes  que  Pierre 
Le  Dru  employa  pour  les  titres  de  plusieurs  de  ses  livres  que  nous  avons 
reproduits  ci-dessus  (p.  58,  59  et  6 1).  Les  mêmes  caractères  se  retrouvent 
à Provins  et  ont  servi  à composer  La  Réglé  des  Marchons,  premier  livre  connu 
comme  étant  imprimé  dans  cette  ville  par  Guillaume  Tavernier,  à la  date  du 
icr  octobre  1 49G 

Le  volume  des  Stabilimenta  Rhodi  est  sans  date,  mais  nous  avons  des  élé- 
ments suffisants  pour  le  circonscrire  dans  des  limites  assez  étroites.  Les  Statuts 
des  chevaliers  de  Rhodes,  rédigés  d’abord  dans  la  langue  latine  en  148^  à 
Rhodes  même,  furent  ensuite  traduits  en  français  et  confirmés  par  une  bulle 
papale  donnée  à Rome  le  4 juillet  1492.  Iis  furent,  en  dernier  lieu,  pro- 
mulgués par  le  grand  maître  de  Rhodes,  Pierre  d’Aubusson , le  5 août  1493. 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  DRU 


63 


Ce  n'est  donc  qu’en  1 4p4  au  plus  tôt  ou  en  1 495  qu’ils  ont  pu  être  imprimés 
à Paris.  A ce  moment,  Pierre  Le  Rouge  avait  cessé  d’imprimer  depuis  deux 
ans,  et  Guillaume  Tavernier  n’était  pas  encore  en  possession  du  caractère. 


(t  <8ïoîbium  inbolnmen  fïabilimétoî^îRpo  bi  ozîi  miti 
tS  facrioîbinia  pofpifalis  fâriitopânia  iperofolimifam. 


îRafetpefma  baubuffonmiferafione  Diny 
na  facto  fancfe  romane  ecclefte  fancti  abzia 
ni  biaconna  carbinaliaac  facte  bom*  |>ofpi 
talia  fanctivotjânia  iperofolimitani  magi^ 

fïer  twnulis  pauperüq}  ipefu  cpzifïicufïoa 

<&t  noa  ba  iuliut  ptiozea  pzecepf  otea  et  ftafrea  capitnlu* 
generale  celebzanf  ca  iorouer  fia  et  fingulia  benerabiltb? 
bailmia  pxioubua  preceptozib?  et  fratnb?  ozbutia  nofïri 
bbilibet  cbfütütie  pzefentibua  et  fufuria  ^alufé  et  bere 
beatitubinia  affequntioné  due  ponotem  bei  becuaozbtV 
Inia  et  birectionem  reltgi  ofozü  nofïroîü  côcemere  btgtto^ 
Ifcunfur  becentifTtmû  cenf en  bebet  cômumcari  et  ab  noti 
ciambebuceretoerûquiabariiabernaculialingttiacômi! 
lifonea  nofïri  # genitalta  f olimote  btunturnec  latine  fa 
miliarea  epifïuntbenrçmiliciepîo  cpîifïinomine  fancto 
etercitio  intéti  funt  ^eceffum  fuitbolumen  fïabilimew 
totûlinguaiatinaebitüinbemaculamlinguâbertetein 
quoip  interpzetatione  nii  biff onü  bariû  et  mut atn  epifïit 
febep  oziginalib9  apofïolicta  litteria  berapetfifïente  feu 
tenfia  funtpfu  et  collattonatü  bt  qnilibet  particepa  legu 
munictpaliü  et  confuefubinü  efficiatut  Jitubeât  igitur 
ftàtice  nofïri  pis  bti  i recta biam  amplecti  $ofum  itaq* 
reriepîefentiûauctoiitatecaptfuIarifunctrfacimuaqua 
iter  puiufmobi  fïabilimentoç.bolunten  in  gallicanâ  Un 
quant  berfnm  et  apofîolicta  Utteria  fumpfütper  nofïtû 


64 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Les  compartiments  de  la  première  page  et  les  autres  bordures  historiées 
appartiennent  au  matériel  d’illustration  de  Guy  Marchant.  On  les  retrouve 
en  partie  dans  le  Compost  et  Kalendrier  des  Bergiers  et  dans  le  Compost  et  Kalen- 
drier  des  Bergères  de  cet  imprimeur,  auquel  Pierre  Le  Dru  les  avait  empruntes. 

La  capitale  I ornée  sur  fond  noir,  placée  horizontalement  au  bas  de  la 
bordure,  appartient  à Jean  Tréperel,  imprimeur  sur  le  pont  Notre-Dame, 
à B Image  Saint-Laurent , qui  l’employa  dans  le  livre  de  La  Science  de  bien  mourir , 
par  Jean  Gerson,  imprimé  le  21  juillet  14^5,  et  dans  d’autres  ouvrages. 

La  bordure  de  gauche  et  celle  de  tête,  qui  est  placée  verticalement,  sont 
tirées  d’un  livre  d’heures  au  nom  de  Vérard. 

L’existence  de  ces  bois  étant  ainsi  constatée  à cette  époque,  nous  attri- 
buerons l’impression  des  Stabilimenta  Rhodi  à Pierre  Le  Dru,  de  préférence 
à l’imprimeur  provinois  Guillaume  Tavernier,  qui  s’est  servi,  il  est  vrai,  des 
mêmes  caractères,  mais  dont  les  initiales  ne  correspondent  pas  à celles  pla- 
cées à la  fin  du  volume  et  qui  s’appliquent  plutôt  à Pierre  Le  Dru. 

Après  avoir  travaillé  d’abord  seul,  Pierre  Le  Dru  s’est  associé  avec  Étienne 
Jehan not,  maître  ès  arts  comme  lui. 

Ils  ont  imprimé  ensemble  le  livre  suivant,  dont  nous  reproduisons  le  titre. 
On  reconnaîtra  encore  dans  ce  fac-similé  les  caractères  des  Stabilimenta  : 

|Deriucwn&u$(muemim  quoq*  my 
mmtmobftùemulcée  atoa)l  ibell9quë 
5Jugaram  majrirmam  îmitis&letm 
ôer  intitulât  ^mjpffns  pariût  opéra  ep 
actiŒmaqj;  DiliQUiaMeppmiiepm 
not  et  pétri  le  D m art  magtô#  et  tn 

çilmtittimoipmp((o%.pmcfi  paruo 
numnrifmatecôparate  cupio  Demies 
inbico  fctfjacobi  tepeties  f Domo  qbiî 
ante  tnatpttrinoa  ftta  wtfa  carmficej 
fam(fimaa(pwmaito  jp  cotge)  carnes 
beDentem 


adressa  au  sujet  de  1 incorrection  et  de  la  négligence  avec  laquelle  il  avait 
imprimé  son  dernier  ouvrage,  car  il  a soin  de  mettre,  à la  fin  du  Libellas  Nu- 
garum,  que  lui  et  son  associé  sont  des  imprimeurs  très  vigilants  (vigilantissimi 
impressores ),  c’est-à-dire  attentifs  à la  correction  de  leurs  livres. 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  DRU  65 

Nous  attribuons  aux  presses  de  Pierre  Le  Dru  la  Complainte  très  piteuse  sur  la 
mort  de  Charles  VIII;  le  caractère  a quelques  lettres  capitales  mélangées  : 

Æompiai'nfe  ftefptfeufe  de  dame  De  dois  iepotf  gtiefueméf  me  copiante 

cbielltenf e fut  la  tnozf  du  f europ  Jûatpleuts  g plats  et  g lartttce  me  platdie 

(parles  pmliefme.  <£riet  gémir  et  faire  gtatts  regret y 

53e  dots  ie  potf  mô  cueur  adeul  confrafdîe 
513e  dots  te  pott  mô  pif eur  cueur  éptatote 
Oesgransfoutptrspotgnâs  tftefaigre* 
j®nc  il  np  eut  entre  frotens  et  gtec^ 

J>t  granf  douleur  que  celle  quete  pozte 
Æasap  ietoîttiieme  defconfotfe. 

4>t  te  lamente  me  deue^dous  blafmer 
SDefotf  gémir  mes  enfans  tous  enpotfe. 
<fi:ar  laitance  des  creftiens  ettmotfe 
Ea  faulfe  mozf  la  fait  r otde  pafmcr. 

36  elle  flora  ce  piemier  tour  de  map 
Clue^eppirus  fa  donne  le  beau  map. 
«Sfquondeuoif  faire  ioieufe  cpere. 
5î3ousauons  eu  poutdiefte  cpanf  ou  lap 
jèemtlTemenf  tant  declerc  que  delap. 
<£5tbas  de  nou  s fefonf  tire?  arriéré 
5CJousauonsbeu  la  cottfriffablebiete 
Ourepofele  cozps  denottrerop 
5D0U8  auons  beu  le  pifettp  defarrop 
€1  ue  mozf  a fait  en  ce  pats  de  ftance. 

La  figure  du  catafalque,  entouré  de  prêtres  et  de  pleureuses,  est  empruntée 
aux  Heures  royales  publiées  par  Vérard  le  20  août  1 4p°- 

Voici  l’alphabet  régulier  du  gros  caractère  de  Le  Dru,  moins  la  capitale  B, 
qui  manquait  dans  le  volume  d’ou  nous  avons  tiré  cet  alphabet  : 

03  515  OJOCîRJjC  tojt 
abcdcfgbililmnopqnsftubppj  ffffjl  . '/  / 
8b9pfttfl9mm9nn9Ôo9p,pçqqq>q*r£t  ït9u  & 

Le  Dru  n’a  pas  imprimé,  que  nous  sachions,  de  livres  illustrés  à son  nom 
avant  son  association  avec  Étienne  Jehannot.  On  voit  cependant,  en  tête  de 
la  plupart  des  livres  de  théologie  que  ce  dernier  imprimait  pour  le  libraire 
Jaumar,  la  figure  du  Christ  en  croix  que  nous  reproduisons  page  242. 

h.  9 


îriUMERLE  NATIONALE. 


66 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Dans  le  traité  de  Pierre  d’Ailly,  De  duodecim  honoribiis  Sancti  Joseph , sorti 
des  presses  de  Le  Dru,  se  trouvent  de  petites  gravures  sur  bois1.  On  y 
remarque,  entre  autres,  une  Adoration  dans  la  Creche  de  Bethléem , représentée 
en  plusieurs  compartiments".  Cette  planche  est  tirée  des  Heures  royales  impri- 
mées pour  Antoine  Vérard.  On  la  retrouve  dans  les  Heures  de  Nostre  Dame, 
en  vers,  que  nous  attribuons  à Jehannot. 


Pierre  Le  Dru  a continué  d’imprimer  après  Étienne  Jehannot  en  1498, 
et  son  exercice  s’est  prolongé  dans  le  xvie  siècle.  Quelques  livres  français 
portent  son  nom,  entre  autres  Le  Mistere  dn  Viel  Testament  par  personnages, 
avec  figures  sur  bois,  qu’il  a imprimé  pour  Geoffroi  de  Marnef  vers  1500. 

Pour  plus  de  détails  sur  les  illustrations  de  ' Elle  est  tout  à fait  dans  le  style  de  la  planche 
cet  opuscule,  qui  n’a  que  i 6 feuillets,  consulter  le  de  la  Fuite  en  Égypte  des  Heures  à la  marque  de 

Catalogue  des  incunables  de  Besançon,  par  A.  Castàn,  Caillaut,  que  nous  avons  reproduite  (t.  Ier,  p.  3 1 7), 

(n°  45  » P-  303  0»  ouvrage  cité.  et  paraît  être  de  la  même  main. 


CHAPITRE  XXIII 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  WOLFGANG  HOPYL 

(1489-1 500) 

Les  débuts  de  Wolfgang  Hopyl.  — II  change  de  demeure.  — Son  association  avec  Jean  Higman. 

— Soins  méticuleux  de  correction  apportés  à ses  éditions.  — Le  Missel  d’Utrecht.  — La 

marque  d'Hopyi. 

Wolfgang  Hopyl,  originaire  de  la  Haye,  au  diocèse  d’Utrecht,  ou  des  envi- 
rons, s’établit  à Paris  en  1489,  rue  Saint-Jacques,  a T Image  Sainte-Barbe.  Le 
premier  livre  de  cet  imprimeur  est  un  commentaire  latin  de  Jean  Buridan  sur 
la  Morale  et  la  Politique  d’Aristote,  qu’il  imprima  en  deux  parties  in-folio,  le 
i 4 juillet  148p.  Voici  le  titre  de  son  second  livre  : 

TRACTATVS  CONSEQVENTI A R VM 
MAGISTRI  MARTINI  MAGISTRI. 

Hopyl  se  servit  d’abord  du  petit  romain  de  Gering,  comme  on  le  voit  dans 
ce  fac-similé  de  la  fin  du  Tractants  Consequentiamm  de  Martin  Le  Maître  : 

A d fextâ  1 cofir  atÔ3  & fr  Ad 
vii.negaf  ans.  Ad.pbattonë  dr 
q>  eft,pp6  copulatia.  Ad,pbatio 
né  dr  q>  I3  in  cathegoricis  requ i 
raf  idctitas  copule  total  non  tn 
inipothcticis.Ethec  dcqftione 

Finis 

Impreirû  eft  hoc  opufculû  in  ce 
leberrimavrbe  Parif  invico  Ici 
facobi  ad  interfignid  fcé  barba 
re  pervuolfgangd  hopiïl. 

Anno  M.CCCCLXXXIX 

Une  fonte  de  ce  caractère  était  entre  les  mains  de  son  confrère  Jean 
Higman  (voir  t.  I",  p.  407),  avec  lequel  il  s’associa  par  la  suite  et  auquel  il 
avait  pu  l’emprunter. 


9- 


68 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  26  mai  i45?°>  Hopyl  imprime  encore,  à l’adresse  de  1* Image  Sainte- 
Barbe,  l’ouvrage  de  Gui  Jouveneau  sur  les  élégances  de  la  langue  latine 
( Gaidonis  Juvenalis  in  latin  eu  linguœ  elegantias  interprétatif  dilucida ),  in-quarto. 

En  octobre  1490,  nous  le  trouvons  installé  dans  une  maison  beaucoup  plus 
vaste,  derrière  la  Sorbonne,  la  maison  du  Tresteau  et  de  l’ymaige  Sainct  Georges, 
en  face  de  1* liostel  de  l’ Estoile.  II  employa  ensuite  des  caractères  gothiques  1 qui 
sont  les  memes  que  ceux  de  Jean  Higman.  (Voir  t.  Itr,  p.  4°p-4IO0 

Il  avait  un  plus  petit  caractère  gothique  de  8 points  dont  il  se  servait  soit 
isolément,  soit  concurremment  avec  le  premier,  comme  dans  le  Textus  abre- 
viatus  Aristotelis  du  professeur  Bricot,  et  dont  voici  le  spécimen  : 

a m s % ? z 

abcoefgl?ij  lil  mnop  qrîfs  tu  vn3 
ffflfTft  ( ) a b9  ? c*  p é e9  £ * » t>9  cî  ê gj  B ï i9  F ni  fi 
ô m*  ç $ ç # p’  q § q?  § ? ? tf  f i ï ti  &]  . t * G 

Il  a fait  encore  usage  d’un  caractère  de  1 1 points  dans  lequel  sont  intercalées 
trois  capitales  romaines,  et  qu’il  employa  même  dans  le  petit  in-quarto,  comme 
dans  le  Mercurii  Trismegisti  Liber,  daté  du  3 1 juillet  1 4<?4  ? en  voici  l’alphabet  : 

aBCCB£f  0 B *3  I 7L  Æ IR  <0  M 

S £ B V 

abcdt>efgbijhlmnopqr:f0tuvjc?5 

. : / * ( ) i C 

Hopyl  réimprimait  la  traduction  latine  de  cet  ouvrage,  par  Marsile  Ficin, 
publiée  auparavant  à Florence. 

Ces  caractères,  mélangés  avec  deux  ou  trois  les  Libri  Remimdï  pii  eremitœ.  (Voir  t.  Ier,  p.  4oi .) 
sortes  ajoutées  aux  capitales  A et  C,  se  retrouvent  La  fonte  était  passée  entre  les  mains  de  ce  dernier 
chez  Guy  Marchant  qui  s’en  sert  pour  imprimer  après  la  mort  de  Jean  Higman. 


ATELIER  DE  WOLFGANG  HOPYL  69 


Le  titre  est  suivi 
son  livre  : 


d’un  appel  aux  acheteurs,  dans  lecpiel  l’imprimeur  vante 


Cdbercurq  Crtfmegtfti  TLibcr  oc  ibote 
date  et  Sapicntta  Bei:'jË>er  übarftlium 
f tcmum  traductuotao  Cofrnû  Abcdicê 


cCu  quicuq5  es/qut  bec  legi0;fiue  ©râmaticus: 
ft  uc  0*ator.feuibbdofopbu0:aut  Cbeologue:  fct 
to.^Ibercurtuo  Itrifmegiftif  fum  : quem  ftogulart 
mea  Doctrinal  tbeotogtca:£gyptiï  puuezJôarba 
rümojc  Cbafttam  antiqut  tbeologiangenti  ftupo^e 
àttoiuti/adrmratt  fuot.e&uare  ft  me  emee/t  legeo  : 
boc  ttbt  erit  commodt  : q>  paruo  erc  comparatif  : 
fumma  te  legentem  voluptate/'Wüttate  afftetam. 
Cum  mca  Ooctrtna  cutcuttq^  aut  medtomter  erudi 
to:aut  oocttflïmo  placeat/jbarce  oto:ftvcrum  rn'ce 
rc  non  pudet/nec  pigetXege  modo  me:  % fatcberc 
non  mcntitum:f zo  ü femel  legco:rurfum  relcgea:ct 
cctcris  confulcsmt  me  emant/et  legatJôencHalc 


Voici  l’achevé  d’imprimer  avec  la  nouvelle  adresse  de  Wolfgang  Hopyl  : 

c^mpteflum  m almaTjbariftop  acadcmta:anno  Cba 
fttptj  faluatoîf/regeneratottfq}  noftri.mxccc.xcuq. 
padte  kaf.auguftt:Impîe(fozc  vuolffgâgo  bopfl  m pa 
go  duu  Iacobi  % apuo  inftgnc  fanctî  iSco^gif 


On  cite  encore,  pour  1495  , les  Synonirna  de  Jean  de  Garlande  et  le  Liber 
Festivalis , faits  tous  deux  pour  Nicolas  Le  Comte,  libraire  français  établi  à 
Londres,  devant  le  cimetière  de  l’église  Saint-Paul.  Le  1 o janvier  \/\<y6  (n.  st.) , 
Hopyl  publie  un  Traité  sur  la  confession,  de  son  compatriote  Wilhelm  de  Wert  : 

ti&uatuioz  pcccata  clamanna  anreocum  pzovtooicta. 

fjomtrioium  peccarum  contra  naruram 

(Oamitat  in  cdtevojc  fanguiniatct  fooomo:um 

pauperum  a potentfbus  oppteflotum  quanoo  labo:gntlb*non  folutf 

^lojc  oppacflàzumimercco  oetenta  labotum 
douent  funtpcccam  aüena. 

lubere  altfsvt  ©are  conflits  oltert  ©are  côfefum  altert 
tnalafaciant  vtoamnû  inférât  a©  malefacicnofî 

5u(Tto  confilmm  confcnfue 

lauoare  raptozem  bofpitare  furee  aut  maleficoe 

vet  altû  peccatozë  etoefenoere  eos 

lp>alpo  rccurfua 

babere  partent  ©e  oolofefructûvel  non  refïltèqul&o  line 

bonis  ablatis  raptnâfacere  pertculo  facerepoflet 

•jMrtiripans  mutu0  non  obftan* 

non  reulare  et  manlfettare  rem  ablataro  quanoo  etvbl  poflet 
■Bon  mamfcftano. 


CT$**fcns  opnfcnlü  feclioe  tabule  port  nanfragifi  iCÔfelïïôlo  pu  ta 
luce  darl9  rrpltcatiufi  tam  pfelïotl  <p  pfirCti  fum  ope  neceffarifrmiti 
iCômêto  et  ©me  legis  canonlb9  a rtiffro  ôutUermo  ©evuert  ot©lnatif 
lime  côpllato.#artfto?lnScaoemtainvlco  fanai  3acobt  a©  Interfi 
gneolui  dbeozgtf  permeOuolfgangû  Ipopyl  ©tUgêtlflïmc(©#sbene 
iuuâtibus)impfftonefimtü  eft . Snno  fatutts.jccv.fupw  mlUeltmum 
quaoiingcnrefirount  quarto  tous  Januartas. 


7° 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


En  juillet  1496,  Hopyl  s’associe  avec  Jean  Higman,  et  ils  impriment 
ensemble  (voir  t.  Ier,  p.  408-411)  des  ouvrages  de  philosophie,  de  mathé- 
matiques, de  théologie,  des  missels  et  autres  livres  latins  auxquels  ils  donnent 
des  soins  de  correction  tout  particuliers.  Hopyl  avait  pour  principe  que  l’on 
vient  à bout  des  plus  grands  travaux  non  par  la  force,  la  précipitation  et  la 
vitesse  matérielles,  mais  par  la  réflexion,  la  sagesse  et  l’énergie  [non  yiribus 
aut  yelocitatibiis  aut  celeritate  corpomm  res  magna*  gennitnr , scd  consilio , sententia  et 
auctoritate ). 

En  1 496  et  j 4975  il  avait  pour  correcteur  un  Ecossais,  David  Laux, 
d’Édimbourg,  qui  est  nommé  à la  fin  de  deux  livres  sortis  de  ses  presses  : 

Clfeae  cuae  Æluaoriutf  partes  et  artimn  Uberaltum  pzedpuae  at<p  bucee  cum  qulbufoam  am inb 
culartfe  aoiectie:eurarunt  vna  fozmulie  emenbadlTime  manpart  aP  ftuPtpîum  vtttttatem ^cannes 
IDîgmanue/et  Uolgançue  IfcopÜius  fufe  grauifTïmf  0 labozlbus  ? impenfie  l£arl?ifï/  Snno  falufte 
pominUquioïamnumeroatqjbarmoruafozmauft  1495  abfolufücprePPiPerunteoPem annoîbie 
vlceWmafecunPa?ullft  fuoe  labozee  vbicuntç  valebun  t femper  ftubtofte  Petiouentea,£t  ipcm  quocp 
facit  ^a«iPjlauxfiîs®zFtannu0£pmbur0enft8:vb^ejcard?dFpoPiU0en0opert0reco0nito?. 


Lucas  Vautier  de  Conti,  Guillaume  Gontier,  Jean  Grietan  et  Pierre  Grisele 
avaient  auparavant  été  ses  correcteurs. 

Un  des  principaux  labeurs  produits  par  Hopyl  est  un  Missel  de  l’Eglise 
d’Utrecht,  qu’il  avait  fait  exécuter  par  Jean  Higman  dans  son  atelier  de 
/’ Image  Suint-Georges.  L’impression  en  fut  achevée  le  30  novembre  1497  : 

C-^Uufquis  in  fjoc  preffo/Diiiù 
na  Polumme  tractas 

btrectojte  te  rogo  ifttDe  près 

C Cnrauit  libenfer  qita  Paluit 
btligêfia  : PPolffgâgus  boptlt? 
eyPtctafo  ejcêplari  bocopusreû 
berecattigafn  : marte  amo?e  pa 
trtepmotus.  UmprdTû  îbartft; 
inpago  Dtut  Hacobi/  ab  inftgne 
Cet  geo?gtj  per  toijânê  btgmanü 
Hnno  t)fufl0.cccc.rrbi/.p?itiie 
&F.becemb?is. 


Hopyl  en  a fait  entièrement  les  frais  par  amour  de  son  pays  natal  ( maxime 
amore  patrie  vromotus),  ainsi  qu’il  le  déclare.  La  part  prise  par  son  associé 
Higman  dans  l’exécution  du  livre  est  mentionnée  à la  fin,  ainsi  que  les 
soins  apportés  à la  correction  du  texte,  qui  a été  établi  avec  toute  la  diligence 


ATELIER  DE  WOLFGANG  HOPYL 


7 1 


possible  et  debarrassé  des  fautes  de  l’original,  grâce  à la  libéralité  d’Hopyl 
( curavit  libenter  qua  yaluit  diligentia  Wolfgangiis  Hopilius  ex  viciato  exemplari  hoc  opus 
reddere  castigatum  ) . 


C^ttale  infigntsecriefie  ^taiertêfistopftmis  eatarteribus 
(Ptpatet)eicarattt/l)oct)nocctecae]CCclUt:(pofiSrfa  que  in  cete= 
risfolaannotattone  catep  ob  boc  nô  fmemagno  plerücp  in  t%- 
quirêbo  laboze)  befignata  font:  tn  eo  ab  plénum  befertb  Stuc* 
abtunctisipriusecclefie  côttitutionibus  atcpcôfoetubinibus: 
fingulifep  fettiuitatib?  cum  fuis  p?ofiscetft  abecâf  ) abiectis/ac 
fuu  ab  locâaj)pofitis:$  titulisinumerisiet  mêfibuscôciliatisi 
btfemp  ab  cofttmlesnumecosinumeruscôfimtlisrefpôbeaf: 
btfacilecelefoarebolêtibusfingttlaoccureât.îSDeemenbatio* 
nebero  ac  impjeCTione/alüs  iubtcanbu  berelinquo:  ib  bnû  ta- 
menrogo  / ne  ipfum  opus  bânent  : nifi  pRus  fingula  biligétec 
infpiciât/antea  g?  iubicenf  : £â  nil  tam  refonu  cui  non  obmuc 
muret  egec.femper  in  alteriusfelici  lwo?bono?e. 


Ditticboti 

filui  bucts  bultus  et  nô  bibes  ilia  libêfec 
fi)  mnibus  inuibeas  liuibememo  tibi 

Le  Missel  d’Utrecht,  dont  nous  venons  de  reproduire  le  titre,  est  un  fort 
beau  livre  imprimé  en  rouge  et  noir. 


72 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Les  caractères  de  ce  Missel  ne  sont  point  les  memes  que  ceux  des  autres 
missels  imprimés  par  Higman,  comme  on  serait  tenté  de  le  croire.  Le  carac- 
tère de  Higman  est  celui  de  l’imprimeur  Guillaume  Maynial,  qui  a exercé  à 
Paris  de  1487  à 1490.  (Voir  p.  4-)  Le  gros  caractère  de  14  points  employé 
par  Hopyl  était  une  fonte  neuve  qui  lui  appartenait  en  propre  et  dont  voici 
l’alphabet  : 

abcûefgl)ï)blmnopqrî0ftw\)]cpj 

Les  types  en  sont  exactement  copiés  sur  ceux  du  Psalterium  ad  usinn  Pari- 
siensem  de  1494-1495,  imprimé  par  Ulrich  Gering  et  Berthold  Renbolt. 
(Voir  fac-similés,  t.  Ier,  p.  100- 102.)  La  forme  des  lettres  est  la  même.  Il  y a 
cependant  de  très  légères  différences  de  détail  qui  les  distinguent;  ainsi 
la  capitale  D a deux  petites  barres  longitudinales  à l’intérieur  dans  l’alphabet 
de  Hopyl,  tandis  qu’il  n’y  en  a qu’une  dans  la  lettre  de  Gering  et  Renbolt, 
qui  a en  plus  deux  autres  barres  transversales,  lesquelles  n’existent  pas  chez 
Hopyl.  Dans  le  Psautier  de  Paris  imprimé  au  Soleil  d’ Or  de  la  rue  de  la 
Sorbonne,  la  queue  de  la  capitale  M se  termine  par  un  petit  crochet  que 
l’on  ne  voit  pas  dans  le  Missel  d’Utrecht.  La  lettre  T majuscule  n’est  pas  tout 
à fait  la  même  pour  les  deux  alphabets.  II  y a encore  d’autres  nuances  presque 
imperceptibles  dans  d’autres  lettres  et  dans  les  signes  abréviatifs  que  nous  ne 
signalons  pas  ici.  Nous  donnons  l’alphabet  du  petit  caractère  de  1 2 points 
de  ce  Missel  : 

Z 28  £ & Æ 31  B # rn  K rc  m 
abc&efçtyijlmnopqnôftut)*??  ff ffflu:  i * I 
âb^Ô  ée9$u*  P mm9nn95  pj)  p $ 4 # $ q?  t ? ifü  JS 

Wolfgang  Hopyl  n’a  pas  imprimé  de  livres  français,  que  nous  sachions. 
Il  a édité  des  livres  en  langue  flamande,  dont  des  Heures  de  la  Vierge , petit 
in-quarto,  et  une  traduction  de  La  Légende  dorée  de  Jacques  de  Voragine,  dans 


ATELIER  DE  WOLFGANG  HOPYL 


73 


le  format  in-folio.  Pour  l’illustration  de  ce  dernier  livre,  Hopyl  emprunta  la 
grande  planche  de  la  Cour  céleste,  avec  tous  les  saints  du  Paradis,  qui  avait 
paru  pour  la  première  fois  dans  U Ordinayre  des  Cres tiens,  imprimé  par  le  Petit 
Laurens.  (Voir  fac-similé,  p.  i 1 c>.)  Les  Heures  flamandes,  achevées  d’imprimer 
le  10  septembre  1500,  après  que  Higman  eut  cessé  sa  collaboration  avec 
Hopyl,  sont  composées  avec  les  caractères  du  Missel  d’Utrecht,  auxquels  fut 
ajouté  le  W de  l’alphabet  flamand,  inusité  dans  le  latin  : 


C SOefc  gljettiüen  ftfn  çtjep?ent  te 
fat  (aer  otis  beren  Ô0  .ccccc* 
<£beepnt>t  jc*tmcl)bâ  â>eptêbeth 
i^oppl 

Wccft  tyoltcb  Mbî  laitue  leuett 
iecft  U)cltbtlt>i  altttt  tyo  lie  ibefert 


Un  exemplaire  enluminé  de  ce  livre  imprimé  sur  vélin  fait  partie  des  col- 
lections de  la  Bibliothèque  nationale  à Paris.  Les  figures  qu’on  voit  en  tête 
des  Offices  paraissent  être  les  mêmes  que  celles  des  Heures  imprimées  par 
Gering  et  Renbolt  en  1 499  (n.  st.). 

Il  n’y  a point  de  bordures  historiées,  mais  une  simple  bande  un  peu  large 
sur  le  côté  de  la  marge  extérieure,  avec  des  ornements  très  simples  sur 
fond  noir. 

La  Nef  des  Fol en  flamand,  sortie  des  presses  de  Guy  Marchant  le 
6 juin  1500  (voir  t.  Ier,  p.  402,-404),  ci  passé  jusqu’à  présent  pour  le  pre- 
mier livre  composé  dans  cette  langue  à Paris. 

M.  Proctor  vient  de  découvrir  des  Heures  de  la  Vierge,  en  flamand,  que 
nous  11e  connaissions  pas,  exécutées  en  1497  par  Higman.  La  Nef  des  Fol \ 
n’occupe  plus  alors  que  le  second  rang,  et  les  Heures  imprimées  par  Hopyl, 
le  troisième. 

M.  Henri  Stein  a consacré  à l’imprimeur  Hopyl  une  fort  intéressante 
monographie,  à laquelle  nous  renvoyons  le  lecteur1. 

Wolfgang  Hopyl  s’est  servi  de  la  marque  dont  nous  donnons  ci -après  le 
fac-similé.  Dans  l’écusson,  que  soutiennent  deux  dogues  à oreilles  courtes, 
au-dessus  d’un  tronc  d’arbre  coupé,  on  voit  à droite  la  cigogne  figurant 
dans  les  armoiries  de  la  ville  de  la  Haye  et  rappelant  le  lieu  de  naissance  de 

1 Henri  Stein,  L’atelier  typographique  de  Wolfgang  Hopyl  a Paris;  Fontainebleau,  E.  Bourges,  impri- 
meur, février  1891;  in -4°  de  30  pages.  Tiré  à 100  exemplaires  non  mis  dans  le  commerce. 


SATtOXÀLK» 


74  HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

l’imprimeur1.  Son  monogramme  se  trouve  à gauche.  La  bordure  renferme 
ces  deux  devises  : Minière  vivit  amor.  Celât  sua  furta  Venus  : 


L’atelier  de  Hopyl  était  en  pleine  activité  à la  fin  du  xve  siècle  et  con- 
tinua de  fonctionner  jusque  dans  le  premier  quart  du  xvie.  Les  relations  de 
cet  imprimeur  étaient  surtout  fréquentes  avec  les  libraires  étrangers,  auprès 
desquels  il  s’était  fait  une  réputation  pour  l’impression  des  missels. 


1 La  Haye  a dépendu  du  diocèse  d’Utrecht 
jusqu’en  i 584.  La  cigogne  se  voit  souvent  sur  les 
plats  dorés  de  reliures  en  vélin  des  éditions  de  clas- 
siques latins,  cum  notis  Variorum,  donnés  en  prix  dans 
les  écoles  hollandaises  aux  xvne  et  xvme  siècles. 
La  cigogne  est  encore  indiquée  dans  l’armorial 
d’Ablaing  comme  figurant  sur  l’écusson  d’une  petite 
localité  nommée  Zwaag,  dans  la  Hollande  du  Nord. 


2 La  première  de  ces  devises  est  empruntée  à 
TihuIIe  : Celari  vult  sua  furta  Venus  (livre  I , élégie  2 , 
vers  36).  — Un  autre  poète  a dit  : Minier e vivit 
amor.  — Jean  de  La  Caille,  dans  son  Histoire  de 
l’Imprimerie,  p .65,  ouvrage  cité,  a mal  lu  les  mots 
inscrits  dans  la  bordure  et  donne  le  texte  suivant  : 
Sua  aurita  Venus  minière  vivit;  amor  cælat , qui  est 
inintelligible. 


CHAPITRE  XXIV 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  CARON 
(1489-1 500) 

Premiers  livres  imprimés  par  Le  Caron.  — Ses  changements  successifs  d’adresses  et  de  marques. 
Ses  publications  populaires.  — Sa  veuve  lui  succède. 

Pierre  Le  Caron  a imprimé,  en  1489,  Les  Fais  Maistre  Alain  Chartier,  notaire 
et  secrétaire  du  Roy  Charles  VI‘.  Le  titre,  reproduit  ci-dessous,  débute  par  une 
grande  initiale  historiée,  remarquable  par  son  originalité  : 


76 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


La  lettre  L est  formée  de  traits  de  plume  à boucles  de  calligraphe.  Par- 
devant  viennent  se  greffer  deux  tètes  à visages  grotesques,  montées  I une  sur 
l’autre  et  paraissant  faire  partie  d’un  même  tronc.  Au-dessus  s élance  un 
corps  de  poisson  fantastique,  dont  la  queue  s’enchevetre  en  des  replis  noues 
qui  se  marient  et  se  confondent  avec  les  fioritures  de  la  lettre  elle-même,  et 
dont  la  tête  est  armée  d’un  long  bec  qui  saisit  par  le  cou  une  tete  pour  la 
séparer  de  l’autre. 

Cette  illustration  typique  a été  employée  dans  plusieurs  livres  publies  au 
nom  d’Antoine  Vérard;  elle  a été  copiée  par  Guillaume  Le  Rouge,  en  tete 
de  La  Danse  Macabre  qu’il  a imprimée  à Troyes,  en  1491;  elle  fut  ensuite 
imitée  par  les  imprimeurs  lyonnais. 


Sctrontreffait 
ÎDeuc}  6antr 
gDigueif  foxfaft 
Refait  pamk 
3om8xe  et  Suit 
fUme^s  eue) 
&eokfe8eu<3 
èanegrantoemour 
HCom  coneeue^ 
Hopaf  antouc 

£6c0ie}troutiC5 
Æeparmiej 
i>fop8emout 
Strate  quepxencj 
JLopaf  amour 


3mouteufepilnceffe 
2tf)a8amea8fteSoit 
ffiut  maf  penfet  ne  ccffe 
/fie  Boue  peut  Sereuoir 
parreffu)  ounorç  Boit 
£ort)  mauuate  efcon&tc 
Jbicteuff  tous  mauf8itt 
Jbueiffe  fe  8ieu  8ee  8tcu£ 
H Sng  mot  fane  pfue  Strt 
cueuxrtitgieug 

piinccpatfatt  topni? 
jDtp  foi}  (epoue}(ice 
^ErouuerejefSiôftrtiÿ 
£>oit  6ùi)  ou  mai  e|W 
<£>}  (ueuc  teftgteuç 


£e  pxefmt  ( iürc  ou  quef  e(ï  traittk  See 
faie  mainte  afanj  tÇactiu  a e(îe/  3 tnpiîme 
fa  Biffe  8e  pacte  par  ponnouraBfefJomnu 
mainte  piètre  te  catorç  expert  et}  fartBe  tm 
pte|jtot}5emoutantet}fajgtianf  tue  Su  tan 
pfe  iomgnnt  a fainctt  auope  faifât  fe  coing 
8e  fa  rue  gefftop  fangeutt}  .He.B..iour  & fep 
tembig.Jlaj}  mLiüjUiifZiJttnowf 


La  mention  suivante  se  lit  à la  fin  du  volume  : Ce  présent  livre , onqnel  est 
tmittié  des  fais  Maistre  Alain  Chartier,  a esté  imprimé  en  la  ville  de  Paris  par  hon- 
no arable  homme  Maistre  Piene  Le  Caron,  expert  en  Part  de  impression,  demonrant  en 
la  grain  me  du  Temple  joingnant  a S ai  acte  Avoye , faisant  le  coing  de  la  me  Geffroy 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  CARON 


77 


Laugeviit,  le  v'  jour  de  septembre  l’an  mil  ïiif  iiij “ et  uoenf.  Voici  l’alphabet  de  ce 
premier  caractère  de  Pierre  Le  Caron  : 

a » £ <rlD  & $ (5  § 3 jl  m Jtt  p 

K Jb  "<£  b T&  JLt  a 0 c S e f<j  0 i f m nj 
tnjopqriôftuBppj  Rtâ6Vê(t3ÇH9 
fm^rin’Spç^ÿÿtf^îtÇPû*  . : / ff fl 

II  n est  pas  bien  régulier  et  les  lettres  paraissent  un  peu  tremblées. 

Le  Caron  imprima  avec  ces  types  la  traduction  des  Commentaires  de  César 
par  Robert  Gaguin,  édition  faite  pour  Vérard,  sans  date  ni  nom  d’impri- 
meur. On  y retrouve  les  illustrations  appartenant  à Jean  Bonhomme,  dont 
s’était  servi  Levet  pour  le  même  livre  en  1485  (voir  t.  Ier,  p.  4 1 9-4 2 0’  ma^s 
on  n’y  voit  pas  la  planche  de  la  présentation,  par  Robert  Gaguin,  des  Com- 
mentaires au  Roi.  (Voir  t.  Ier,  p.  4 18.)  Elle  est  remplacée  par  une  autre  plus 
lourde  d’exécution,  placée  en  tête  des  Politiques  d’Aristote,  dans  laquelle  Nicolas 
Oresme  est  représenté  offrant  sa  traduction  au  Roi. 

L’édition  en  question  n’est  pas  signée  de  Le  Caron;  mais  M.  R.  Proctor, 
qui  a fait  une  étude  spéciale  et  approfondie  des  types  usités  au  xve  siècle, 
l’attribue  à cet  imprimeur.  Nous  avons  vu  ce  livre  au  Musée  Britannique  à 
Londres,  et  nous  sommes  absolument  de  l’avis  du  bibliographe.  On  a donné 
déjà  (voir  t.  Ier,  p.  423)  un  fac-similé  de  l’achevé  d’imprimer  de  cette  édition 
de  César;  reproduisons-ie  ici  de  nouveau,  afin  qu’on  puisse  plus  facilement 
le  comparer  avec  les  pièces  d’identification  : 

^mpîtmeaparte  par  ScrafS 

fifiaatte  armomant  fut  U pont  nojheSomc  a 
îymagzfainct  3o§ai}leuangdiflc/ouaupa 
fais  cmmzmiapïktn&ta£iantfatkpiœ  îa 
cÇapptffcou  or}  cfjâte  fameffe  bmefaisnM 
uxôîcepiefiSme. 

Le  Caron  imprima  avec  les  mêmes  caractères  un  petit  in-quarto  sans  date, 
auquel  il  n’a  pas  mis  non  plus  son  nom,  le  Liber  super  tractatn  coroner  mysticœ . 
C’est  le  seul  livre  latin  que  nous  connaissions  pour  être  sorti  de  ses  presses. 
Au  verso  du  titre,  on  voit  une  image  de  la  Vierge  gravée  sur  bois. 


78 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  Caron  quitte  la  «grant  rue  du  Temple»,  et,  le  i 6 décembre  i 4 9 3 ’ 
nous  le  trouvons  établi  dans  la  rue  Quincampoix,  à l’enseigne  de  la  Croix 
Blanche . C’est  alors  qu’il  imprima  le  Traicté  de  l’ amour  par faicte  de  Guisgardus  et 
Sigismonde,  fille  de  Tancredus , petit  in-quarto  de  20  feuillets,  et,  le  22  avril 
i4ÿ4>  L* Aguillon  d'amour  divine,  de  saint  Bonaventure,  dont  nous  reprodui- 
sons ci-dessous  le  titre  avec  une  nouvelle  lettre  grotesque  : 


ton&amotrcirt 

urne 


Ce  dernier  ouvrage  est  mentionné  par  plusieurs  bibliographes  sous  la  date 
de  1 47 A-  Si  cette  date  était  exacte,  L' Aguillon  d'amour  divine  serait  le  pre- 
mier livre  français  qui  aurait  été  imprimé;  mais,  après  examen,  cette  date, 
fautivement  exprimée,  doit  être  lue  1494?  car  le  livre  est  à l’adresse  de  la 
rue  Quincampoix,  seconde  demeure  de  Pierre  Le  Caron. 

Cÿ  f]WP  fefeiuffotj  8amowt  8imnc 
imprime  a pane  par  pierre  fe  caroij 
Semourant  et)  fa  rue  Se  quiquâpoie 
a fewfeigne  fie  fa  croip  fifanc §e , 
fe  jp^ii.iour  Saurif^ifîccce.pypp, 
etçiiu.aptee  pafquea* 

Le  Caron  ne  paraît  pas  avoir  conservé,  rue  Quincampoix,  la  première 
fonte  de  ses  caractères.  II  s’est  servi  d’un  autre  type  gothique  plus  régulier, 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  CARON 


79 


comme  on  peut  facilement  en  juger  par  le  fac-similé  de  la  première  page 
de  L Aguillon  d amour  divine  que  nous  donnons  ci-dessous  : 

fuciîîct  9eu$tefme 

Ct  cÔmcnce  fc  fuofogue  9c  faguiffotj  9amout 
tiium/fait  pat  Ce  9ocfeur  ferapÇic  famt 
naucntatc.&t  tranffafe  9e  îatii)  ci)  franco?** 
pat  9e  9onne  mémoire  maiflte  jje^an  getfotj 
S iinftmctioi)  8c  fa  fcut/ou  9e  fa  fiffe  9e  con 
fcffiot)  M faqueffeefl  a9zeffe  ce  piofoguerfa 
Sicfettanffaaotj, 

tvcfcÇimfiïîc  9efirant  (ttequetdt  patar 
a 8ant  9eftt  que  foies  Srape  cfpoufe  9e  tefuctifl 
Souf&ietsap  îttcpxim  ccftc  faBowneufe  oeu 
ute/9e  tcanffater  p 9efcttpte  faguiffoq  ôamour  oiwne 
6e  fatirç  ci)  f tancoie /nompao  9e  mot  a mot  : ni  aïe  par 
Ceffe  mam'ete  que  ci)  Ce  foïitakcmcnt  Cifant  feras  pfenl 
a tôt)  amc  corne  9octeur  a 9ifctpfe . &t  a 9ieu  feras  ta 
piefenfec  comme  efpoufc  rampe  famtfiete  9e  foi)fib>  U 
ffoufpiefus. 

0fue  occis  fSonteufement/amerement  naute 
i 6emqne  top  innocent  cvtft . Cfpoufe  pute  9a^ 

moût  8iuine  piefîement  oûeiffant  auy  côtnatt 
9emene  9e  9ieu.  refilant  flertueufement  au*)  tcmptaï 
ciotto  9es  ennemps  / mifertcoze  au<p  in9içens/  at9anf 
et)  c$atite/$i$oteufe  a foi)  cozps/topeufe  et)  a9uetfife 
atttcmpcc  ci)  piofpetite/8iCi%enteei)  donnes  opetaciôs 
effeuee  ci)  contcmpîacioi )/  Qtancfye  pat  pute  effaftete/ 
effrange  au  monde/  ttanffoimee  ci)  ccucifip/  Çum6fc 
9e  cueut./  innocent  et)  penfet/  fodze  et;  padet/  iufte  et) 
ouutet/mitoetepempCaite  9e  famefe  été.  iSfpeciafe^ 
met  fiancer  loin  9 te  (i  traite  a fop  pat  fpirituef  mariage 
ceffui  qui cft  foi)  Srap  efpoup  fans  fen9re  a autre, 

a u 

Le  Caron  imprima  avec  ces  caractères,  pour  le  compte  du  libraire  Antoine 
Vérard,  Le  Mistere  de  Bien  advisc  et  Mal  advisé  : 


iZp  ftntft  Ce  mtftctc  9 e&ië  a9uife(imaf  atiaiftÿmpil 
me  a parts rparfDterre  fecatôîPour  ant^oine  $etaz9 
ftôzairedemouranfapartsfut  Ce  pont  noffredame  a 
ftmage  fatnt  Qefyax)  feudgefifte:  £)u  au  pafats  au  pze 
mter  ptffiei  9euant  fa  cÇapppffe  ou  fei)  c^dte  fa  meffe 
9e  meffetgneurs  fes  pzefrôcne* 


Une  partie  des  bois  de  Pierre  Levet  est  passée  chez  Le  Caron,  entre 
autres  la  marque  de  Vérard,  qui  se  trouvait  dans  batelier  et  dont  la  planche 


8o 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


était  usée.  Pour  l’utiliser,  Le  Caron  fit  disparaître  les  initiales  qui  se  trou- 
vaient dans  le  cœur  au  milieu,  et  coupa  la  partie  de  la  bordure  du  bas  qui 
contenait  le  nom  Anthoine  Vérard,  tout  en  conservant  la  devise  entière  de  ce 
dernier  dans  le  pourtour,  comme  on  peut  s’en  rendre  compte  par  le  fac- 
similé  ci-après. 

La  marque  de  Vérard,  ainsi  modifiée  avec  les  vides  que  nous  indiquons, 
se  voit  au  recto  du  dernier  feuillet  de  L Aguillon  d’ amour  divine  : 


raton 

Au  verso,  on  trouve  une  planche  du  matériel  de  Levet,  avec  le  nom  de 
Pierre  Le  Caron,  en  gros  caractères,  placé  au-dessous. 

L’ancienne  marque  de  Vérard,  avec  la  suppression  du  monogramme  de  cet 
éditeur  et  la  coupure  que  nous  venons  d’indiquer,  dans  l’espace  de  laquelle  on 
a inséré  le  nom  de  Pierre  Le  Caron  en  caractères  mobiles  d’imprimerie,  paraît 
encore  sur  le  titre  d’une  édition  des  Lunettes  des  Princes , de  Jean  Meschinot, 
ainsi  que  dans  une  autre  édition  des  Fais  Maistre  Alain  Chartier,  toutes  deux 
sans  date,  mais  portant  l’adresse  de  la  rue  Quincampoix,  seconde  demeure 
de  Pierre  Le  Caron. 

La  lettre  historiée  à figures  grotesques  de  X Alain  Chartier  de  1489  passe 


4 


jpterrele 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  CARON 


8 j 


chez  Vérard.  On  la  retrouve,  en  1493  1 dans  l’atelier  de  Jean  Morand,  impri- 
meur rue  Saint -Victor,  où  elle  sert  d’en -tète  aux  Croniques  de  France , ainsi 
qu’à  d’autres  publications  de  Vérard  faites  postérieurement. 

Le  23  novembre  1495?  Le  Caron  imprime  un  livret  petit  in-octavo  inti- 
tulé Le  Blason  de  toutes  armes . Il  indique  alors  son  atelier  en  la  me  Neufve  Sainct 
Many  (sic)  apres L enseigne  des  Rat Il  publie,  vers  la  même  époque,  la  Vie , légende 3 
miracles  et  oraison  de  Monseigneur  saint  Rock , glorieux  amy  de  Dieu , avec  la  figure 
de  saint  Roch  et  de  son  chien  sur  le  titre. 


laljtc  leffé^ 

StmitacfcGpoiatfot)  8emotifefgntfawt  0 
tieupamp8e8ieupoutfe6mettte6  mtetceffioï) 
8u  qucf  Sien  a ottrope  aSngcÇafcm)  Seuotement  h 
xîil amant  Kemc8c  contre  toute  pefîtfcncc. 


cepifïiquan8o  te  (ifieratutya  pefïe  pet  angefuru  feu 
ftfü  x£t  pet  tffu8  fafutifetüaucie  figtiacufa  quo8 
Ucutt)  1 1)  came  crefcene  Stuue  geff  ifït  » & t pet  il fuS 
in8efe(funjptetati6o0fequiurri  quo8  omette  pefïe 
fanguenttôuei  mpenSifL  St  mtcÇt  et  omm6ue  it)  te 
con(t8enti6u0  atq3  fperâfrôue  mo;e  tue  piefafte  fuc 
cuttae:  et  a mo^ttfeta  pefïe  petfeuecan8o  cufïoStae 
meq$  tan8etu  et  omîtes  i)tc  tue  ^feettouts  feuft  mu 
nitoe  et  Sefenfoe  auptfio  tecumpofï  0oc  tpiUun)  a8 
cefepe  conututtï  tua  fawft([tma  pxece  factae  petue 
mce.Hmei),  ®.  SDetfue.  £>utp;ono6te  6eate 
pafettocÇe.  fct  8tgntftmu6  et  meteamut  pce 

fetuari  a pefîe  eptSimte,  Æ>cemus 

0£t9n  pot eue  fempiterne  8eue  patet  mifeticot 
Siatü  et  8eus  totinaconfoîationia  moxté?  pec 
cafoRe  nofeite  : fe8  magie  St  conuetfatut  etStuaÉ 
qui  Beat ntt)  zocÿurt)  cortfeffo^ett)  tuutt)  contra  moy/ 
tadtatie  et  pefïtfencie  pfagari)  pattonü  ac  8efenJo^ 
retu  no6te  mtfettcoj8tfet  pteui8t(ït.conce8e4>pictue 
St  eiue  metifie  et  ptectflue  mojf  tfetan^  epp8tmie  pe 
fïert)  eua8ere;8ignoeq3  pemtécte  ftuctus  iij  Sta  pte 
feuti  pet  tuatij  gtatiart)  peragete  Safeamus.  pet 
8ominutt)(tc*  pafetnofïet,  Sue  maria 


iTçfiritflfaSiefairtttocÇ.gmptimec 
a patte  pat  ptette  fe  Catoq  Semou 
tant  et)  fa  tue  neufue  ji îiint  mertp  . ou 
a fou  ouutoitafenttee  8efapo;te  8u 
pafate. 


Cette  impression,  de  format  petit  111-quarto,  est  sans  date,  mais  elle  est 
du  même  temps  que  Le  Blason  de  toutes  armes , car  on  y fait  mention  de  cette 
troisième  demeure  de  Le  Caron  suivie  d’une  adresse  complémentaire  : ou  à sou 
ouyroir,  c’est-à-dire  à sa  boutique  ouverte  a Centrée  de  la  Porte  du  Palais. 


NATIO>ALE. 


82 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  Caron  a encore  imprimé,  dans  son  atelier  de  la  rue  Neuve-Saint-Merry, 
Le  Grant  Blason  de fatdses  amours , composé  par  frère  Guillaume  Alexis,  religieux 
de  l’abbaye  de  Lyre  en  Normandie  et  prieur  de  Busy. 


Icpmt 

blafons 

fait  $ compofe  par  0ere 
(gurtlaume  &lertst  Kcltgt 
eux  îe  $yre  et  piteux  te&ufy 


® fôuiecene  6ute 

jb  aine  Betfiuee 

(joçeufeeftoute 

TLcfte  ftgure 

yLçuevpxocutt 

dCiittz  8e  pîoute 

U pfaifiiG  conte 

% onguee  douîoute 

iBtcz  %opant  ic  Bwetf  contfutc 

£Te  6f< afot)  8e  fcmffee  amours 

0ufîemenf  monfkant  que  feefours 

S>ont  tef$  quoi}  net)  Sort  auotr  eu  te 

jLv  ftntïl  le  grât  blafon  ce 
^aulfen  amours  jmpztmeu 
paris  p i Me  Caron  Crmoiat 
en  la  me  fait  merrp  ou  au  pa 
Im&lupmivepoite 


Le  Caron  ne  date  plus  ses  livres  après  1495  ; il  abandonne  la  vieille  marque 
tout  à fait  usée  de  Vérard,  et  en  fait  graver  une  nouvelle  qui  représente  un 
bois  entouré  de  murailles  crénelées,  avec  les  initiales  P C au  milieu  d’un 
écusson  soutenu  par  un  aigle  et  un  lion;  au-dessous,  le  mot  Franboys\ 

Cette  marque  servira  à distinguer  des  autres  la  quatrième  série  des  publica- 
tions de  Le  Caron;  il  quitte  la  rue  Saint-Merry  pour  installer  son  imprimerie 
plus  près  de  sa  boutique,  dans  l’île  du  Palais,  rue  de  la  Juivene,  à l’enseigne 
de  la  Rose.  La  rue  de  la  Juivene  était  alors  une  des  artères  principales  de 
Paris.  Située  entre  le  pont  Notre-Dame  et  le  Petit  Pont,  dans  la  Cité,  elle 
conduisait,  en  passant  par  le  marché  Palu,  à la  «grant  rue  Saint-Jacques». 


1 La  Caille,  dans  son  Histoire  de  l’Imprimerie 
(p.  6 1 ),  ouvrage  cité,  interprète  le  mot  Franboys  par 
franc-bois  ou  bois  clos . Ne  serait-ce  pas  une  allusion 
au  parc  de  Hesdin,  le  Versailles  du  xve  siècle, 
célèbre  dans  l’Artois  et  la  Picardie,  sur  la  frontière 
de  laquelle  il  était  situé  l Originaire  d’Auxi-Ie~Châ- 
teau  ou  des  environs,  Nicolas  Le  Caron,  le  pre- 
mier imprimeur  d’Amiens,  était  peut-être  un  parent 


de  Pierre  Le  Caron,  de  même  que  Guillaume 
Caron  ou  Le  Caron,  libraire  à Paris,  qui  s’associa 
en  i4$9  avec  Jean  Du  Pré  pour  la  publication  de 
livres  liturgiques.  Plusieurs  Le  Caron  figurent  dans 
les  listes  de  maîtres  ès  arts  de  la  Sorbonne  à la 
même  époque.  L’un  d’eux  était  principal  du  col- 
lège de  Boncourt  en  iJ8  i.  Tous  sont  originaires 
de  Picardie  ou  d’Artois. 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  CARON 


La  nouvelle  marque  de  Le  Caron  orne  le  titre  du  Livre  de  la  Chasse  du  grand 
seneschal  de  Normendie. 

le  ttiive 

ÏDe  fa  cf}a|Je  Su  grant  fenefcÇaf  Ôe 
iftojmerrôie.  &the8it$du6ot) 
cfytt)  jouffratftquïfuf  au  tog  foge 
Se  jfimttftiïtcznotii 


On  la  trouve  aussi  sur  un  Grant  herbier  en  français,  in-folio  avec  figures  sur 


bois  de  plantes  et  d’animaux. 


ÎC>e£ra(îo;eo 


l 


La  figure  ci-dessus  représente  le  castor,  animal  amphibie  autrefois  fort 
commun  dans  les  fleuves  et  rivières  de  France. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


GRANT  HERBIER  EN  FRANÇOIS 
IMPRIME  PAR  PIERRE  LE  CARON 


Spécimen  d’une  page  illustrée 


flQoifueüictôoîU 


veuceft  toute  trencjjeecümefeoqfeuffc 
mozfe*  £t  filent  aucuns  que  fe  fiiafifc 
patenuiequifauoif  pouict <\ ffe  efioit 
fie  fi  grant$ertu  comme  effe  cft  fa  mox 
fift  ainftpout  fa  8e(tru£te,£)q  fappef* 
fe  auttement  fuccufe  , &iît  aoift  et; 
fteupSmfixageup  (i  moites;(i  eqfiofca^ 
ges,(t  a fueiffesfemfifafifes  a fueiuee 
Se  6o*rac$es/mais  cffee  ne  font  pas  fi 
§efues:(t  fi  font  pfue  fermes  ^ pfus  ai 
grès  (rôngpeu  8efrencÇeee:  (i  croiff  fa 
fiaufteur  fiuq  fixas:  a a ffeur  qui  a cou 
feut  fue  fe  fletmeif.  Contre  apoftu* 
me  fantmeup  appeffe  antrap:  que  au^ 
cuneappeffent  femaffaintcriftoffe, 
foit  ferfie  ptfee  (imifefus/etque  oq  fa 
tenouueffe  fouuentîfansfioufite  effe  fe 
garifL  j£ffeScwftauffi  côtre  fioufeur 
fie  fa  mattice  fe  oq  fa  mengue  ou  fe  oq 
Soif  feStq  ou  effe  aura  cupt 

ÜDrtmamufcata 

■)Dfcafa$er6e  mufcote/ou 
$er  fie  8e  mufc*2ffe  efl  ain 
fi  appeffee  pour  ce  que  effe 
a ofieur  fie  mufc.lBt  et)  efl 


ÎD*  mufeafa. 


fie  trois  manferee.ïa  granfie/fa  peû * 
te  a fa  mopenne,<t  toutes  fes  trois  ont 
cnfemfifeSerftt  Ce(fe  fierfie  croifï  et) 
fteup  fafifonneup,  %a  granfie  a fueifr 
fes  fongues/  comme  fa  fongueuc  fiune 
pautme.  a poxfeSnc  petite  ffeur  fem^ 
fifafife  a fetfie  que  oq  appeffe  pie  fie  cou 
fomfi;  ^poxfeSSne  femence  quiapoint 
tes  comme  aguiffes,i£ffe  eft  appeffee 
fa  granfie  pour  ce  que  effeapfufgrant 
üerfuque  fesautres+â©ufcafafape^ 
fite  a mouft  fie  fueiffes  petites  qui  ref? 
féfifent  a piperneffe*  C efte  §c  tfie  qu&f 
a toutes  fes  trots  manteresaSerfucfi 
tre  fa  fioufeur  fies  nerfs: (i  contre  toute 
goûte.  <i  pouxee  fa  met  oq  eq  foignent^f 
fitt  metciafoq/qutSauff  aup  c^ofes  fief 
fuffitefes  .ta  granfie  mufeate  fait  cuite 
eq$iq  puis  foit  mife  fus  fes  fieupfiou 
fans/ou  que  oq  eqface  empfajlre  auec 
greffe  fie  oure/^puis  foit  mps  fus  fes 
nerf$  (t  autres  fieup  fioufansuieqolîe 
ra  fa  fioufeur 

2>c  SÇJtffcfofio 


ATELIER  DE  PIERRE  le  CARON 


8ï 

Le  Caron  a imprime  des  relations  de  cérémonies  et  de  fêtes  publiques  eu 
MjjS,  telles  que  l’entrée  de  Louis  XII  à Paris: 

enfreetm  rot 

3De  'f  tante  (cefrijîeftfen  Soja  Sou^efmeSece  no  tria  fa  Garnie 
affe  Sr  potis/flwcqiree  ta  w«p( lotj  Se  funluctfite  Se  patte,  j 
suffi  Se  mon^t  Se  parts/  (t  fefouper  qui  fut  foft  au  patate, 

^fafcfefai)  (pSiil,fe  iunSl.it. tour  Se  fuiffef. 


Il  exisic  trois  éditions  de  cette  pièce  historique.  Celle  qui  est  probable- 
ment ia  première  débute  par  ces  trois  lignes  : 


ctïceim 

ircfcjjiefftetj  3îoç  8 ffrmieeUope  Souÿcfme 
Se  ce  mm  a f a BonneStffe  Gc  porto 


Elle  n’a  pas  de  figure  en  tête  et  sou  titre  contient  moins  de  détails  que 
les  deux  autres  éditions.  Le  titre  de  la  troisième  est  en  six  lignes. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  jc  ci  t du  tournoi  ou  des  J amies  f dictes  h Paris  en  h rue  Saint  An  t/ml ne  huyt 
jours  apres  Pentcce  du  Roy  Loys  drmçfesuie  de  ce  nom  est  sorti  tics  mêmes  presses. 
Nous  avons  constaté  F existence  de  deux  éditions. 

La  première  édition  de  ce  pas  d'armes,  qui  eut  lieu  pies  de  I hôtel  des 
Tourne!  les,  commence  au  haut  de  la  page  par  un  simple  titre  de  départ  en 
trois  lignes  sans  ia  date;  le  texte  suit  immédiatement  après  : 


les  toutes 

jfétttsapatfo  cijfamfatnfonrgotrie  fuff  fours 
(tpice  îtiïtm  fa  Jtof  ïojs  faujf cfmc  face  nom 


B ^ pour  feepae  $ toufïcs  qui  fjupf  tours  o 
pjes  fenfret  fa  JLoçs  fa  parfois  oouÿefme 
fa  ce  non)  ï lopfa  fronce  fut  pftmf  c$ng  fie 
aufomtfaettfjce  ci) fogranf tue (btirtan* 
(Çoinc  o(fcj  picsfa  fou  Çofïcf  fae  (oumeffes/fa  fa 
fan  tout  fa  fmtfc  pïc3  fa  fo  ng/o  fa  potote  faquef  tï 
pofcnitffp freinons:  a eftafaït)faxufp  Çng efui pfn^ 
famf, Bufqut^  tfàyftciU  ftgueees  fes  ormes  fae 
fefgneues  qu;  ofuce  fenfupuenttpouî  tenir  Tefa  pas 
fondes  contre  fous  fanons;  ou  fopttip  aSuçncm#  fa 
i^opnofhcfa  rdsfauc/Ccffoffouof  c 
£@onfrf  gneur  fe  confr  fa  fignp, 

^©ojifetgnejtrrc  conte  fa  .(Tîcucee, 

Ægonfclgnem:  fe  maequfe  fclgfe  fa  zfttizup, 
^0€(ftepftne  fa  JDuç  ftfgncuc  fe 
Jfîegne  pof  feignait  fa  fo  roffe  pot 
Ætmtffïrefofe  fagcfauffff  feÉgflrfafanfacourt* 

€îfffcnj  ff  aufaffusfaceuf^fï^ffcufmts  ou  cf ïopenf 
feffaf5eftU3  pensons  ouoif  Çng  fie  foaf  tfponp/  J^u 
0«ef  çffoff  Çng  w fart:au  Çouff  faquef  c(loït  pote 
faignoflte  efeu  fa  fronce  o (rois  ffeitcefa  fye&n:  rte 
cgemtnfDûjfa  foufaufoucfajqrofJec  fafojSufatt tcC 


La  seconde  débute  par  un  titre  spécial  en  quatre  lignes,  qui  porte  la  date 
de  LVw/  mil  cccc  qnattre  vingt £ rt  Æv  é/^Y. 

Au-dessous,  une  gravure  sur  bois  représente  le  combat  à la  barrière,  à la 
suite  duquel  le  seigneur  de  La  Roc  lie  Pot  est  proclamé  vainqueur. 

On  \oit,  eu  (ace,  le  Roi  qui  assiste  aux  joutes  dans  sa  tribune.  Dans  les 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  CARON 


87 

loges,  à dioite  et  .1  gauche,  se  pressent  les  princes,  les  seigneurs  et  les  dames 
de  la  cour. 

les  tourtes 

ftfrfre*  Patte  ci)  ta  zm  faint  ont Çofnf  %<fourô 
npice  fentree  Bu  ro£  ïoçe  Bou  ÿefme  5e  ce  nonji 


Il  ne  faut  pas  chercher  des  œuvres  d’art  dans  ces  naïves  figures  sur  bois 
grossoyées  à la  hâte. 

Ce  sont  toutefois  de  précieux  documents  iconographiques  dessinés  par  des 
témoins  oculaires,  qui  nous  ont  conservé  fer  souvenir  de  fêtes  populaires  du 
vieux  Paris, 

Pierre  Le  Caron,  qui  avait  établi  son  premier  atelier  en  ville,  en  dehors 
du  quartier  de  l’Université,  ne  s’adressait  pas  aux  étudiants  et  aux  profes- 
seurs, mais  plutôt  au  grand  public.  Il  ne  cherchait  pas  à faire  des  livres  aussi 
artistiques  et  aussi  soignés  que  plusieurs  de  ses  confrères,  mais  à produire 
rapidement,  selon  les  circonstances  du  moment. 

Ces  feuilles  volantes,  véritables  gazettes  on  journaux  du  temps,  qu’il  ven- 
dait ;ï  son  « ouvron  s du  Palais  ou  aux  passants,  eurent  un  succès  extraordi- 
naire, au  point  qu’il  fut  obligé  den  faire  des  éditions  coup  sur  coup,  comme 
nous  venons  de  le  constater. 


fifi  HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

Le  programme  de  fa  pompe  funèbre  de  Charles  V 1 1 1 , sorti  des  mêmes 
presses,  comporte  trois  éditions  \ La  première  est  certainement  eelfe  qui  est 
intitulée  : Ordonnance  faim  par  Messin  Pierre  il  Vf  chevalier  or  a ni  mnyer  de  France 
ainsi  (pie  audit  grain  escnyer  appartient  de  faire  pain  P enterrement  du  corps  du  bon  Roy 
Charles  hnytiesnte.  H y a,  an  bas  dn  titre,  une  petite  image  d’1111  cercueil  recou- 
vert d'un  drap  funèbre  avec  deux  cierges  allumés,  et  entouré  de  prêtres  et 
de  religieux  : 

rbônancc 

fakte  par  meffïu  ptem  fraf*  riîetraftet  gtfff  c|W 
pcrSefnnweafofïque  êuftît  granUfcuptrappartitiiC 
5t  faire  pour  fermement  BuroipftîuGaq  Iflop 
Cf)arfe&  Çuçfle|me  que  8tettdGfrtffc+*£t  faSirt  w 
Saiwncc  fcuca  auctoîiyK  patmflfefgneut  fr  fa 
mrifTt  pKmltr  rtjamGeffmj-  ffeuCetiatif  fiiéRoj  « ac5 
paquet  feSif  roipft*  aufll  pat  fieconfetf  5c  mcfftfÿ 

tpmice  fcB  c^âScffct  h b ?.  autres  qf  emît  auccfja  ru  p t 


Une  autre  édition  imprimée  avec  les  deux  types  de  Le  Carnu  se  trouve  a 
la  Bibliothèque  de  Dresde.  Elle  présente  quelques  différences  dans  le  titre,  et 
le  bois  tpii  se  voit  au  bas  est  brisé  a t angle  gauche. 

La  troisième  édition  commence  par  ce  titre  tpi  dtp  ic  peu  different  du  pre- 
mier : La  Traie  ordonnance fiicte  par  Mess  ire  Pierre  il  Vf.  L'intitulé  de  la  pièce  est 
disposé  typographiquement  en  dix  lignes,  tandis  qu’il  n’y  en  a que  neuf  pour 
la  première  édition.  Dans  la  troisième,  la  petite  image  du  cercueil  est  accom- 
pagnée de  f’écu  royal  aux  armes  de  France. 

Ces  pitres  rarissimes  sijije  mmies  dans  deux-  Mn&irine;  Tantre,  qn|  provient  dji  célèbre  biblio- 
rccnciis  différents  que  nous  avons  pu  comparer  phile  Jacques-Auguste  de  Thon , esl  mie  des  perles 
enue  en?;.  Lhnt  est  consenè  à la  Bibliothèque  de  U hihliothèqjie  Sainte- Cenevin e. 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  CARON 


89 


Le  filet  tle  la  première  gravure,  qui  est  brise  dans  fe  bas  à gauche,  donne 
ainst  la  preuve  materielle  d'un  tirage  postérieur  : 


Bonimncc^afrfeisif  meflîrt  fDfctit  8utfe  tÇcaafac 
gtanf  c feupet  8e  fronce  ofnff  que  aufiïf  çtanf  cfcupce 
a pparff  tnt  5c  faf  ce  po  ue  fente  rteme  nt  8 w tmn&  Su  §3 
3^o^C$arreeÇi{plfcfnteque8ieu  afifofffe,  £t(a? 
8lcfc  tuSomidnce  feue  poMcfotf^e  pae  rmwfefgm wt 
8e  fa  ^rlmotffc  pîemleetfjomôcffati  j fteu  tenant  Bw 
21îûp  aacompalgiter  fcSlt  cojpe*  &t  aufft pot  fécond 
fcï  f Bcmeflciflneate  feo  t^âfcfffcp  au ifcee  qttif  ntiolt 
fi ig 


Ces  deux  petites  figures  gravées  sur  bois  sont  placées  au  bas  du  titre  : 


Les  memes  bois  reparaissent  sur  Les  Epitaphes  des  fh/^  roys  Loys  uuyjcsme  de  cc 
nom  et  de  Charles  sou  avec  une  semblable  marque  de  détérioration  : 


$Dle&8eefeu5Mpô  lope  5tt*icfme  Bcrenott)  £ 
8c  C Çacfee  foi>  5filk  6c  cc  nom  que  Bfeu  a6ÿ 
fol  ffe* &t  fa  pite  u fe  to  tnpfril  itfc  6e  Bamc  a eft  tett 
fe  futfamoi(6ufeuiop  CÇatfteauccfatttn# 
pMntt  6e6ftOTec(î«t5* 


HISTOIRE  DE  I/IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


90 


La  relation  du  Sam  du  Ruj  Lnys  rm  ciiresrim  fait  h Reims,  reproduite  ci- des- 
sous, est  ornée  dhine  gravure  sur  bois  : 


îïop  ï-ope  frefc$«f!Éeij  folf  ardme  £*>)  mtî  quaftte 
tem  quotf  rrôtngt;  j pSiÉLIr  patâttjout  Se  mtfp* 

Æ f comment  feô  6pii$c  jiete  Se  ^fraiif?  Sofas  tt  \fcnt 
Unu^îfttt  ou  fonce  commis  auétt  fuc$f  V}  faSrts-  f ff 
fe  Se  tdme  djetfeuq  foff^fcqMfpi  ^teouefea  6 w; 
? tonfoe  flufft  royaume  8e  fronce  : g fefquef^  font  q«f 
tiennent  memmtd  font  moçtt)  6uJlîoptioftssfïre*e^ 
fefqtufj fmtf  qtif tlwwenf pattemeyet) oauftHE  «iitfï 
que  pfueop&tfijq;  opue  fera  Serforc, 


Nous  poil  110ns  le  lac  simdc  de  la  première  édition.  L’autre  est  décrite  dans 
le  Catalogue  de  LigncroIIes  (11*  2558),  où  Ion  trouvera  le  titre  avec  la  même 
gravure,  mais  la  lettre  initiale  diffère  ^ c'est  celle  de  R Entrée  du  Ro}\ 

Les  impressions  populaires  de  Pierre  Le  Caron  ont  une  physionomie  toute 
spéciale,  qui  sert  a les  faire  reconnaître  entre  toutes.  La  première  ligne  du 
titre  est  toujours  disposée  en  lettres  gothiques  énormes  de  52  points,  d'une 
forme  particulière,  qni  attirent  fceit  comme  une  affiche  et  qui  sont  hors  de 
proportion  avec  les  autres  caractères  du  texte.  Cette  disposition,  imitée  ensuite 
par  les  imprimeurs  lyonnais,  11e  se  rencontre  pas  chez  les  typographes  pari- 
siens. Toutes  ces  pièces  sont  imprimées  avec  le  second  caractère  de  Le  Caron, 
exactement  copié  sur  celui  de  Levet,  mais  qui  présente  quelques  légères  drf- 


ATELIER  DE  PIERRE  LE  CARON  91 

férences,  noiammcnt  dans  la  ïeure  capitale  C,  plus  large  et  moins  droite 
chez  Le  Caron;  la  lettre  E esi  moins  hame  chez  cc  dernier,  (Voir  tome  I", 
p,  4\  8,)  Voici  I alphabet  du  type  de  Le  Caron  : 

«flcSefefji fifinrçnrçüpqriGftulïp:^  ff  fl ft  - : / ^ 


Le  Caron  a imprimé  le  poème  du  Trmmphe  et  exaltation  des  Dames  avec  une 
gravure  sur  bois  icnam  presque  tome  la  page  du  dire  ; 


r 2 , 


9* 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


La  fin  du  volume  donne  la  dernière  adresse  de  Le  Caron  eu  la  me  de  la 
Jnyfrk  à r enseigne  de  la  Rose  : 


tefctteffvte  afenÿ 

fritte#  w/fc/ow  **>  fi»  wmtopafrpe  <*#*  pmtettpofle* 


La  nouvelle  marque  de  Le  Caron  figure  A la  fin  de  L’ Abu %é  eu  court f de 
Pierre  Michauk.  Le  line  de  ce  volume  débute  par  une  grande  Icurc  ornée  à 
boucles  ei  à visage  grotesque,  différente  de  celle  des  Fai^  d'Alain  Chartier  : 


abu 

jeencouït. 


CT  parfe  <t  Aurai  r 

£Di  sStraa  faporKr&emJfoglètwfafuspîinaiTffraïf  au 
Cieuauqtitfrftt  mfltfAîcqfffmltianf  meraioff  pourarpar  fa 
mantffef  e lift  e Gaiïfa  be  fa  u t rf  co  f\  e "3nr  po  ren«  en  fa  mai  ^ 
^raffuemepour/ïuwoi'tmopmon/ïMiii  ai  ouf  fr  hoppmaftt 
ïnf  mi  i enofr  &e  fe&  mainafa  i ?(i&  ère# fC  pjfne  pafien 

«{Tiwfijparti'e/^tiouecçnfafmeisaii  repaire  àea  fmifrcura 
qui  etj  coi  i et  ont  fr  contrai  rr  p qtif  p fr«  <3i/enr  a Blet}  feiï 

mi  que  aflmtefo^gnea/^iïuWflfeîîTgar&pr  comme  (e  fua 
il  r t?  qwef  triuinp  f k i mm  ai  t fie  u auqu  ef  trouuf  tu  tn  a e* 
£0mmmCfA0it£tftit  mené  a fofpfjat 


tîaemaut»(:ffiet|^eut0utf  ma'Steftfa  ÇStttfte 
&r  ntop  fQ  tf/p  comme  fe  fus  mene  a fofpïtaf  pour 
fe  jj  uerto  ri  &e  tnatvfc  ru  i c ep  fa  rf  cotu  pen  fe  îtf  m o$ 
rampe  per&u *tS  mue  f fifre  f o pp  Ce&  atttrre  ê\  a f i rc 
■Soutf  efïîflf  rre  pfn  fcj  mf  f u fpp  S m riffri  i re  $rure 
tfiïofînefflft  quetenap  fattaumittiia  acF/feSartflttrfttfraff# 
fene9oueûfTmtrç  be  taquet?*  fenf  peu  &e  faigeepet/orinftf 
<ui  &an$«\<£f  p<mrtf  fr  gaifoquifr  apmera. 

Cçpptftif, 


Le  liwc  est  orné  de  petites  figures  sur  bois  dont  nous  venons  de  donner 
ci-dessus  un  spécimen. 

La  marque  de  Le  Caron  avec  la  devise  Fmnlmys  est  placée  sur  le  titre  du 
Gmm  lesta  ment  de  Villon  et  le  Petit,  sur  les  Vigil/es  de  la  mort  du  feu  roy  Charles  VII  > 
par  Martial  d'Auvergne,  et  sur  d'antres  livres. 


ATIiUËR  DE  PIERRE  LE  CARON 


93 


Le  Caron  s' est  servi,  pour  Le  Triumphe  tics  Dames  et  pour  U Ahn%è  en  court , 
de  types  gothiques  de  bâtarde  differents  de  ceux  qu'il  avait  employés  jus- 
qu alors.  Voici  l'alphabet  de  ce  troisième  caractère  de  10  points  : 

atic&efg 0iftntijTtijopqri*(ttt^îp ff  (TP 

âd?irïdfi£,p44iî  * ?f  C 

Citons,  parmi  les  livrets  les  plus  curieux  sortis  des  presses  de  Le  Caron, 
une  édition  du  plus  ancien  des  indicateurs  de  Paris,  sous  ce  titre  que  nous 
reproduisons  tout  au  long  : Les  Ruts  et  Eglises  Et  Paris,  avec  la  despeace  qui  si 
fait  chacun  jour;  le  tour  et  P eue/ os  de  ladite  ville , avec  Peaclas  du  bois  de  Vinceanes 
et  les  èpytaphes  de  la  grosse  tour  dudit  bois,  qui  la  fonda,  qui  la  purfst  et  acheva;  et 
avec  ce,  la  longueur,  la  largeur  et  la  hauteur  de  lu  gant  église  de  Paris , avec  le  hlasoa 
de  ladite  ville  et  aucuns  des  cris  que  ton  crie  par  la  ville . 

Le  Caron  a encore  imprimé  des  facéties,  teiies  que  L* Epitaphe  de  défnnct 
n misère  Jehan  Trôner,  chef  de  îa  bande  des  Enfuis  sans  soncy,  mort  rue  Saint- 
Denis,  a Paris. 


La  marque  de  Le  Caron  figure  à la  fin  de  ceue  pièce. 

On  doit  encore  â Le  Caron  la  publication  de  nouvelles  de  l'expédition 
tlltalie.  Parmi  cefles-ci,  nous  citerons:  LJ Appui ntement  de  Rome  avec  les  Lettres 
du  Roy  envoyées  h Monsieur  de  Bourbon,  4 feuillets,  et  La  Bataille  qui  a esté  faicte 
a Naples  et  comment  le  Roi  Penaud  a este  desconftt,  2 feuillets  seulement  qui  se 
trouvent  à la  Bibliothèque  nationale. 


HISTOIRE  DE  i; IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


94 


L;j  veuve  de  maître  Pierre  Le  Caron } Marion  de  Mabmnoy,  dite  la  Garonne > 
lui  succéda  vers  1500,  k la  meme  adresse  de  la  rue  de  la  Juivcric,  à l'enseigne 
de  la  Rose,  et  tint  également  après  lui  son  «onvroir»,  k la  première  porte  du 
Palais.  On  lui  doit  une  édition  de  Maistre  P km  Parhdin  hystoriè\  c'est-à-dire 
illustré  de  figures , et  une  Vie  de  saint  Mathmin . 

Un  livret  sans  date,  de  8 feuillets  petit  in-octavo,  imprimé  en  gothique, 
intitulé  Ndils  nouverntlx,  porie  à la  fin  cette  mention  : Imprime  a Paris  pour 
la  Cmronne  a 

M.  Henry  Havrisse,  bibliographe  américain,  s'est  occupé  de  l'imprimeur 
Le  Caron  dans  les  Excerpta  Gduuduukma3.  Il  a établi , comme  nous  et  d'après 
les  memes  données , ses  différents  changements  d'adresse,  mais  il  n'a  pu 
citer,  dans  f;J  chronologie  de  ces  éditions,  quunc  partie  de  celles  que  nous 
venons  d’indiquer,  et  qui  sont  loin  de  comprendre  tout  ce  qui  est  sorti  de 
scs  presses.  M.  Robert  Proctor  dit  qu'on  ne  connaît  encore  que  fort  peu 
de  livres  de  Le  Caron,  tons  échelonnés  à de  longs  intervalles,  et  il  suppose 
avec  raison  qu'il  a du  en  imprimer  un  bien  pins  grand  nombre. 

Grâce  aux  recherches  de  M.  Havrisse,  nous  savons  que  l'atelier  fondé  par 
Pierre  Le  Caron  en  1 4B9  a été  continué,  après  sa  veuve,  par  Guillaume 
Nyverd  et  ses  descendants,  qui  se  sont  succédé  pendant  une  période  d'au 
moins  soixante  ans  dans  le  cours  du  xvie  siècle. 


Le  seul  exemplaire  connu  de  cette  rarissime 
édition,  découvert  dans  la  bibliothèque  du  mar- 
quis d’Àix,  :ï  la  Serra,  en  Savoie,  a passé  chez 
Amlnoise  Firmin  Diilui,  qui  la  Lit  relier,  et,  à 
la  vente  de  cet  aniaiciir,  le  livre  est  aile  prendre 
|>[:ice  dans  Li  collection  du  baron  James  de  Roth 
schilil.  C'est  un  petit  in  qnartn  île  30  feuillets,  à 
lo  lignes  pr  page,  imprime  avec  le  troisième 
tjpe  de  petite  bâtarde  gothique  de  Le  Carun.  Le 
lexte  débine  par  une  initiale  S sur  fond  noir,  il  11 
même  alphabet  de  lenres  ornées  que  la  letire  J. 
du  Sut,:  dit  P y Lys.  (Voir  |i.  90.}  Au-dessous  du 
litre,  on  voil  mie  figure  sur  buis  i eprêsentani 
Patlielin  chez  le  drapier.  Il  se  termine  par  le  libellé 
suivant  : Cy  jim  la  jarre  de  Al  Sistre  Pierre  Pathelm, 


imprimée  a Paris  prr  Al  ad m dû  Aîabnmy,  Ftjiv  de 
feu  Maistre  Pierre  Le  Car,w,  demeurant  en  la  rue 
de  fa  . hiyfriû , tï  L enseigne  de  la  Rose,  en  an  Pabys,  à 
la  première  prie.  — Four  pltis  amples  delà  ils  biblio- 
graphiques, consulter  le  Catalane  de  ta  bibliothèque 
du  harem  James  de  Rothschild , rédigé  par  M.  Emile 
Ficot  (t.  I I , n°  1 083  , p.  2ii2;  ouvrage  cite  J.  On 
y verra  1111  fiic  similé  il  11  litre  et  du  commencement 
du  lexte. 

IlrvuxET,  Alarme/ du  Libraire t t.  1 1,  ml.  i yo.j  : 
ouvrage  cité- 

* HakriSSü,  Excerpta  Calimibimaua  ; Bibliogra- 
phie de  4oo  pièces  gmhiqni§i  francises,  italiennes 
et  latines  du  xri5  siècle,  non  décrites  jnsqiMcî. 
Paris,  Welter,  1 S 3 gr.  in-8”  (p.  xxxvi -xxxvm). 


CHAPITRE  XXV 

L’IMPRIMERIE  A PARIS 


ATELIER  DE  GEORCES  WOLFF 
(j  490-j  joo) 

Dthuis  Je  Wolff an  So/cif  d'Or  <u  dans  la  jjjaison  de  Chdstcaupers.  — Ses  associations  successives. 

Son  nom  dans  les  bordures  d\m  livre  d'heures  eu  j ' — Fac-similés  de  ses  signatures. 

Georges  NÉolff  était  originaire  de  Eadeji  [Badaisi j).  Il  travailla  d'abord  ait 
Soleil  d* Or  de  la  me  de  Sorbonne,  dans  la  maison  de  son  compatriote  Ulrich 
Gering,  avec  le  matériel  de  batelier  que  ce  derjiier  avait  mis  à sa  disposition. 
La  première  impression  portant  le  nom  de  ’Wolff  est  une  traduction  latine 
de  la  Politique  et  des  Économiques  d'Aristote,  exéentée  avec  les  caractères 
romains  dti  Virgile  de  1 478,  et  qui  fut  terminée  le  janvier  tiyo  (1  4 des 
calendes  de  févner  v.  st.)  pour  le  compte  de  Durand  Gerlier,  libraire, 

demeurant  rue  des  Mathurms,  à l'enseigne  de  FEsmile  Fanxyeau . Le  secojid 
bwe,  daté  du  28  janvier  de  la  meme  année  (5  des  calendes  de  février),  est  le 
Recueil  des  Sermons  prêches  en  latin  par  Robert  Cara/zoh  deLitio.  Ce  volume 
est  exécuté  à deux  colonnes,  avec  une  petite  gothique  d’à  pane  8 points  qm 
ne  paraît  pas  avoir  appartenu  à Gering  et  qui  11’a  été  employée,  à notre 
connaissance,  que  par  Wolff.  En  voici  l’alphabet  : 

oispan  © sîti  x 

0bt&ef0fcihtmn0p<irjiirt«ip*p> 
i &b*ptf0^ïiîtfnpnprâm9fttfïip.pFFt>?flMïtQ'Qî 
ft  c:  * ^ 

Ce  caractère  offre  beaucoup  de  ressemblance  avec  nu  de  ceux  qui  ont  été 
employés  quelque  temps  après  par  Gering,  lors  de  son  association  avec  Rem 
boit,  mais  les  lettres  majuscules  ou  capitales  sont  différentes. 


96 


HISTOIRE  DE  LJ  IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


An  milieu  de  la  première  page  blanche,  ou  voit  la  marque  au  Pélican  dEn- 
guilbert  de  Martiefi  Le  colophou  porte  que  le  livre  a etc  imprime  avec  le  plus 
gn mdsom  { acaminssimc)  p a r A\vo Iff,  à Pans,  au  S olàl 4 Ch  de  la  rue  de  Sorbonne  : 


rarfvoîutï  ncttibrrnarutRdoicl 
(nr  fiipn  t gnftutôto-  *Jti  «lefti  ni 
<8  pal  rfa  vitra  «(Tettliale  pitmfffcû 
rortatnr  auréola  que  Dttn  ïnoctoit 
bus  tu  qnat^(mP|^oeet>eiai«)i- 
bnsftncfcüâ  m fcrmotie  oefsuu  to 
petro  marim.  Cicereftacp  poilu- 
itmaüld  pfalmirte.  2Dagna  eftflo 
ria  eiim  :ma^na  v I i tp  ïr  eccfa  mi  lr 
tante  mafoi  m I cctia  irfampbaRlt. 
D.oare  i ortuenie  ni'  de  i pfo  i ferre 
poflUm*  quoD  oe  patrie  bêre 

imla  in  fini  vil  a 1>leri*  ftnfit.  ôf 
mipi  i'n4-  tecfioniopi  l'ont  Dna  t>i" 
tfnare  f côceoere  magie  di#  ri  l u- 
nicampaulfcil  ipr  is^fcw:  itacl 
fonetf  ternart  n # rtgum  piirpu 
rajeuni  ÿftt,. fins.  Depieceirter 
go  tort  eenvl  per  ntcrila  t*nti  far 
eti  bkitoa  eflfcïat  roo  fua  gra . fit 
tanuÉ  ao  yit4  i sauçai  ef  nà,  Jtmen. 

F 7 71  *J  & 

ÜJ^arlflÜni'  ac  ceteberrinn"  pieco 
nte  j^ntrïs  Robertf  <Tara30W  oc 
ïfdivOJtnniffmmomm:  ponlifi 
cio  âqm'Ratfa  :opnu  oc  lar  mb^Tan 
cioinm  apurai  uïïme  fer  &\  oïgiü 
'ITOOlLp.  parfüfs  in  (oleaurto 
vtri  Ib&ontcf  lmpteiïum:  Mn no 
a nataîCjpüano  .ïD.ccct.  Iftxit. 
fituitito  lattoas  fétu  war  tau. 

OeoOratiflO. 


Nous  uc  savons  pas  an  juste  dans  quelles  conditions  Wolff  travaillait  aie  i Soleil 
4* Or,  soit  que  ce  fût  à titre  d'aide  ou  d'associé  temporaire,  soit  qu'il  ait  simple- 
ment loué  une  partie  du  local  avec  le  droit  de  se  servir  des  caractères  et  des 
presses  de  Gering.  Le  bail  de  la  maison  passé  avec  la  Sorbonne,  dont  nous 
avons  donné  copie  (voir  t.  Ier,  p.  tjo-^3  ),  fait  mention  d une  galerie  sur  laquelle 
il  sera  fait  un  plancher  et  une  cheminée,  «afin  que  de  ladicte  galerie  haulte 
011  si  misse  servir  de  chambre  ou  petite  salle».  C’était  peut-être  là  que  \Mff 
s'était  installé,  et  en  ce  cas  il  prenait  la  place  que  Higmau  venait  de  quitter. 

Quelque  temps  après,  nous  trouvons  Wolff  travaillant  à une  autre  adresse, 
vueBordeile,  dans  la  maison  de  Pierre  de  Cliasteai  ipers  {achïguum  wcahuh  gaUko 
au  Chastcau  Per  s),  près  du  collège  de  Boncourt  [prope  çolkgïum  Boncv  Curial)  f 


Cel  immeuble  étaii  appelé  le  ClÛle&u  Pers> 
Cest-â-dine  le  Ghîût'ü tu  Bà'tfj  du  tiom  dciiu  de  ses 
aiuiens  propriétaires,  et  non  de  celui  c^nne  en 
seigne.  Nous  eti  avons  fa  preuve  d^pres  un  acic 
d çusaisincmeiil  de  lamaisoti  voisin  e t eu  fyvn  POr^ 
t|ui  en  fixe  l' e 11 1 |i lacement,  et  dom  voici  un  exilait: 


« Du  premier  jour  d’avril  iiiic  un11  ei  irais.  Vénc 
rallie  et  discrète  personne  Maislrc  Pierre  Caron t 
bachelier  en  lhcologie,  mai  s Ere  du  collège  de  Bon- 
cuiirt  fondé  a Paris.  . . a esté  mis  en  possession  t 
sauf  te  us  droits,  d^ine  maison  ainsi  vpt^ellese  ce  ni 
porie  où  ptnd  pour  enseigne  le  Lyon  d'Gr,  assise 


ATELIER  DF.  GEORGES  WOLFF 


97 


Il  y imprime  les  SophLwutta  Albert!  de  Saxonht,  dont  voici  le  titre  en  deux  lignes 
dnn  caractère  différai r de  ceux  du  Soleil  d*  Or : 


^optûfmata  aiterti  De  ê>an> 
onia  ttup  ÿemeDateJmpieOa* 


Louvrage,  de  former  périt  i ji -qnarto,  est  disposé  à deux  colonnes,  comme 
les  Smuones  Rvbeni  Cara^üli  de  Lino  > er  imprimé  avec  les  mômes  caractères. 
Il  esr  daté  de  1490,  sans  indication  de  mois  : 


ponÊff$  noitlUfn  pl  atc  rfoertl  10 
to  cb*  eerl  I ffeare  rrtoetitg  qripl! 
vcl  i l -?  fie  endetta  pce&iit  t nid  rn 
DC  us  fie  «cl  ïfietf:  utf  i nom  itî  b a 
pcrtl  io:i1i  m l>ac  cblijil  6nc  rnata 
toî  c fit  ccrtuo^  jbl  a que  fu  pfici 
1 1 C 01  cta  fi  drca  iftaa  qi  tuoifpec k 
ea  obi  ijahom  a.f.ïïn  pencm  roues 
t>c  pfcm  x pthonem  pi  a il  igç  afao' 
Ifltïff  Ti  b en  q n ito  fît  di  h ntofl  c uv» 
al  iao  uuafl  fptcice  obi  igati  ou  i e ,û 
toubital  foncm  d fil  verum. 


(ETCôpJetafül  frptafmaU'.obUga 
tioue  b ac  i loi  ub  iïia  itj  utifîïm  i vi 
rïJfàatiSlbertf  toe&wcorctarurn 
nTamli'sêtfacmêtoal  a.Opa  BO^rf 
©eûîffii  vuotf  ÆaMfi  aparjfii  a \ * 
pm.  Bft  fîgnü  vocabulo  jal  Itro:  au 
chafteaii  pera  jjpccoll  Cflïn  bouc  c u 
rle.Enno  Tlonatf  tfi  mo  fup  lOi  UC' 
fimflquatcrtpcêl  tfimnm* 


GT£abul  a fopbiTm  aJdBI  berti  oc 
©adonis.  £1  pdnnopc  pjiaparte. 

OJabScftotebismo.  1. 

omnfeftnijrrrt.  ft 

ûÉalal  fini  in  arche  noc.  mû 
Ofaaprïtoelfâl  touoDcrïm*  fin. 
Edi  vcriîbeft  verrt  er  nôcftmfi 
vnuinaci  vnfl  b.tnrtquahïcmin 
cp  b fi  snif  ic  ni  efft . alïtfnlfïcni  eS  c t 
ccomra.uamenalffiuïfcni  ali^li 
l ce  cift  qrr  b nonflfftilftcai  ef.  v* 
Ole  afi  nabote  currtt.  vi. 

Oïa  pc  pf  1 a f rm  ï pai  c c.  v il. 

Jtnfuftî  afinpboleoicrf| . vi  1 i . 
Olab5TClaftMpcurrft.  tjt. 

QmuùM>ptfi  tio  Vf  I ci?  etozi  aï 
vera.  j. 

D^uboîetrfiïl  afinfc  vtf  bolea  % ifi 
nifiltafinf.  n. 

OJawaifaMa^pptonüt*  riL 
Ûïflb3Tafiiï?currw.  x\U 

oéaïalïalùitoabiUofllimani' 
roali*.  pu. 


Cé  vftilTtoeiÆ  ftofal.  rv. 
Dlaouoi  Iriafâl  quinq*. 

O I a ïiG  x cuo  bolea  fuu  t m ea  .r vu . 
OlatrôïaE  ^bomofiiû  jtüi. 

OgririifîHpoHlbilcfLtveç.  %i%, 
Oi  alal  ndïofotocl  apftnr-  t%* 
Ol  $ bâ  qn  i È al  b^fuml . tpi. 

omne  cita  cu  i1  quel  j paca  moue  F: 
mfrudur.  jjcm. 

Ol  0 pïopô  copalal  l u a cm  p<juci  i bî 
pecltTera:^^a.  rrhû 

Omni  0 caméra  que  curri'l  moue* 

I UT.  J JEfl'lï 

Blal  efofâ7ifïn?êllliî.  j*v. 
Bnim  il  non  en  japi  a z al  nus  rft  i\ 
lnto.  ^vi 

O-uobbi  a'ialfft  f^tcazplalouj 
cftilltito.  JJtTIÏ. 

Ojioïïïï  S a J al  n £ tft  fotf  c a et  p Wl  0 
ntocrtilluto.  avili, 

aiiquiaboinoî  Tquilitod  bomoe 
il  le.  _ aij. 

SI  iqui  a bomo  cfl  et  n ull?bom  0 cfl 
flic.  ja- 

Ortintatoomo  bnbcimcqtm3  ccjtat 
ilium.  jjri 

Ornma  botrtb F animal: t ifitoilef 
l'IJuto*  , 

Eli  quoto  eudci  abi  le  è f al  fJ:  t ûl  no 
nccio  cft  vemm  * % wm  i. 

Ol  a lx^  af:  ï fn?afmpair;  il  .jtai  mi 
Oleb3viDctft.  xjtv. 

O I a ji  p^  cfl  vera:  vcl  ei^  ^tof  ctmi  a 
cfl  vera*  Wjvl. 

Otepwpde  vera  vcl  ei^ptofeioita 
ellfaira.  Knvti 

Xlifcp  iTtoi?:?  l'Ttoçt.  jcjtjviïû 

lUfqîi'IlOïPOilaUapitof.  ^ff- 
Xlfqp  iTtq^fcil  acitomelùfî*  jl. 
tïlcr^ifloiumrcil  fcplcjartcairf 
bcraica.  jrii. 

îliîceirto^  pu^tal  vÉTlcatfejlll. 
Eb  vtroq?  Ulwrnnrnfki  itum  è ve 
rum.  Fl  I il . 

■Ufqîrtlü9r«î?3vfafinJî*  xlfiH. 
iCot^foil  c a é minoi  foîtC  ♦ ?\v. 

Eot?roctepïefffojtiff.  jtîvf* 
rct^toiunejreftfahff.  jItiï* 
zm  Di  n unctiaacflvera  cm  ? a ne 


Wolff  ne  tarda  pas  à revenir  an  Soleil  d' Or.  En  i 49  1 , il  signe,  dans  cer  ate- 
lier, deux  aunes  livres,  le  Gregoni  Papa  liber  XI  Homiluimm  er  les  Ubri  Salomouis, 


h Parii  en  Ij  rue  tfe  ia  Porte  Hordelkj  tenant 
d'une  parc  du  costc  iTicdle  pnne  aia  hoirs  de  te« 
de  ChasteauperS  et  iTantre  audit  vendeur  Maislre 
Jehan  Dm  Hmi)*  abonilssant  |^r  derrière  aux  murs 


du  doz  de  l'église  Madame  Saiucie  Geneviève  an 
Moiit  iie-Parisj  en  la  censive  tHeelle  église . . . » 
f A rch  i v es  nat  i o n a I es . Ertsjtsmetn  en  es  Je  Sdhite-  Ga\e- 
i- lire j S 1 64$),  fol.  93  v°.) 


HISTOIRE  DE  ©IMPRIMERIE  EN  ERANCE 


?» 

qu'il  imprime  avec  le  gros  caractère  romain  de  Gering.  (Voir  les  fac-similés* 
t.  I",  p.  96  et  $y.) 

Le  1 1 mai  1 45?^  (5  des  ides),  il  date  encore  du  Soleil d*Or  un  Bréviaire  de 
l'Eglise  de  Paris*  petit  in-octavo  à deux  colonnes,  pour  lequel  il  se  sert  d un 
petit  caractère  gothique  nouveau,  qui  reste  dans  le  matériel  de  I atelier  : 


SfanieeMI  larfâfujtta  cm 
cem  ff  iï  ob  ti*  pafltott?  aolen 

rj  Cflbat  maf  » us 

K&  emei  ïgcfrif  mpfa  Du 
penefetat  rtli*- 

/Ciipabm  flÊmtlÈ  ^triftâfÉT 
twUtr  ptrSfiDfr  «tarima 
Æî5  trifhc  T afflirta  ftilt  Qla 
bRditta  motenmigeiuri 
(ÊHnrmerchiti  wtebatc  très 
mcbût  cû  utdctial  natf  penaa 

inclfti- 

l&tiiaert  borno  quL  nofltrrt 
cbifni  ntatrê Tïflderct  in  tâte 
TappIiciP* 

IfSrp  petto  tue  eftlcuW  it  toj 
in  fîaflÉÎltpfnbdiEfl. 

GLdii  fuUrmlci  natû  moi  tété 

fcefoUs  vârmifiï  fpm* 

£pa  maf  forts  am  oii  a me/ps 
tircwl  rn  «folia  faevt  tedi  f u? 
gcurn- 

^aorttnd^  «itîtÉÜfama? 
do  trffrt  (Ipf  erpla«d 

Sai  maf  iffèagaa  mjdfui 
fige  plà^ao  ;>tdi  tneovalidc* 
K ut  ruhvuLrtcran  i £ trtgnàiG 
tl.-piomepalipio  n ~ peu  au 
tuuide. 

5 or  mette  teciï  fier*  mjriflto 
pdolert  nonce  eg^Ycrcr 


nteeiüs  Lsttemetplagaere* 

eolete* 

-f  ac  tn  e plagîvülîitrari  cracC 
bac  incbilari  ob  amoté  FUu* 


!m  defcnlua  in  de  fodiril* 
*3[a  c me  ciuçe  cuftwprl  motte 
tpi  pmimiTÎ?fatim£fa 
(Srfi  cntp^imnit?  fài  aie  tw 
ficturporadiflfif^îtm  7b. 
Zva  lôi^aîamBtfaflfbitgïafl 
diti  0*  r>.  tli  roîetcuf  eje  ïtftj 
coidf  b^cijffitûtSfU  eau* 

IIRte  miat  pio  oobw  q9 
bnenGCTlnboto  îrnrcrm 
ap&foi  demetfâ  titâtiso  ma 
ns  rnsr1  tuaeuL^foctatirnma* 
ataj  Lu  fcoxipa  ?atue  i>ofo 
ria  gtadiuaprïirinl&|iYÉm* 
(OrmnctK^patei  ^?ro 
KJ  om^a  d coctemi  FUi  tui 
moue  moîté  rupaa-ÊdaraoU 
cendirexiDa  fsmuïia  tulÿtri 
bit  (ftf  ^avi  bHdfcte  mf  is  eiuf 
aofoïi  e coido  gladfo  * ai  maa 
ntealn  rtobia  meduLLit^  trSt 
figiùîeî  <rucê  clauoa  en  Lan  ? 
ce*  ^bcria  c ârfa  mf /Ferla  oa? 
eitt  noa  goctfta  ^£1^  in  B 
ftadlo  titi  trtûpb  tm  ilo  feii 
citer  fïncnâdi*']&er  efidé* 


ÿu^ta  cm«)  tmi  ftere  me  U*  ^mp/lïï  itifûa  ad  fol?  auratff 
twi ter Codîr(  in  pîauctuwfi  utcifoiboniei  ©pa 
dero'  mgtfvuoifî^id^ms  Suno 

^ irgo  tfgJn  a $clar$  mib*  ia j bfi  i iReu i gefitt io  fciSo  fuptfl 
ü fî?  atu  ara  foe  me  U ' piâ  '^ülelïir  'fi  ^ qj  «êLefïm  u m 

f aevf  pot te  tf  ’fuoiié  polTto? 


Après  l’impression  de  ce  Bréviaire,  Georges  "Wolff  quitte  définitivement 
l'atelier  du  Soleil  d’Or. 

11  travaille  ensuite  pour  Philippe  P'gonchct  et,  le  20  octobre  1492,  il 
imprime  pour  ce  dernier,  demeurant  alors  rue  de  la  Harpe,  près  de  l’église 
Samt -Côme  et  Saint-Damien,  et  pour  Enguilbevt  de  Marnef,  libraire  rue 
Saint-Jacques,  à l’enseigne  du  Pélican , près  Saint-Yves,  une  édition  des  Comé- 
dies latines  de  Terence,  avec  le  commentaire  de  Guy  Jouveneau  {a>m  cota- 
mmtü  Guïdonïs  Jumuilîs] 

^ En  1 4^3,  nous  trouvons  Wblff  rue  Saint-Jacques,  près  de  la  prison  de 
Saint-Benoît,  h l’Image  Sainte-Barbe,  dans  une  petite  maison  occupée  précé- 
demment par  Wolfgang  Hopyl. 

Le  1 6 avril,  d termine  à cette  adresse  l'impression  des  Éthiques  d'Aristote, 


ATELIER  DE  GEORGES  WOLFF 


99 


traduction  latine  d’Argyroponlos  de  Byâttice,  revue  par  Gilles  de  Delft,  doc- 
teur de  Sorbonne  : 

Pcr  orffum  foriû  Sciboirtcfï:  Htqj 
linpidTiim  per  maçtrtrûiÉcoïgiïï  ïËluolf  lu  fnterfïgnto 
fi  cic  Bat  üare>2ltmo  t?nt  JÆ>accc.£cti[*FFl.Oic  aplus* 

Le  30  mai  1493»  il  achève,  avec  les  memes  caractères  de  1 1 points  et 
dans  le  même  format,  pour  les  frères  de  Marnef,  éditeurs,  l’impression  d’un 
texte  latin  des  Satires  de  Juvénal,  sans  commentaire. 

Voici  l’alphabet  des  caractères  employés  alors  par  \Pblff  : 

flbcdocfsbi  U mn  op^nfetuv^yî 
# ff  <x  ITlt  Ib93d9é£ïb<>tl9m'ïn*ô,pE4tfq?3îr 

tF  ü \Pp  C ) . ; i 


Georges  \foIff  a fut  usage  tic  la  marque  suivante,  composée  de  son  mono- 
gramme surmonte  de  la  croix  avec  le  signe  de  maître  : 


Une  grande  lettre  tourneure  G,  initiale  de  son  prénom,  renferme  les 
lettres  W,  O,  L,  F*  placées  de  droite  à gauche,  en  forme  de  triangle,  qui 
forment  son  nom. 


00 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMER  JE  EN  FRANCE 


Pendant  les  années  i4p4  et  U95,  Wolff  est  associé  avec  Jean-Philippe 
de  JCreusnach. 

Le  zo  avril  iJp4,  ils  achèvent  l'impression  de  la  Snmmnla  Pmtpemm  de 
frère  Adam,  de  l'ordre  des  Frères  mineurs  : 

üeftapamjjnumeris  primo  defctiprafuerüt* 

El  teüïcotecûut  pectine  mufra  dauid. 

Eftopetepretium  do  armas  nofeere  cunctas; 

Quas  gerit  îHe  libei  :nulla  pudendâ  ^anens, 

Sumntula  pauperib’  bfcuisiftadicatur  egents 
Plurima  canonicidcgmaiamrishabês. 

Non  uidco  quod  opus  decraorum  ltudiofis 
Vl  ilius  ualea  r dogma  re  fore  uir  is  ♦ 

Noneftiftius  folum  caputinfpicienduiru 
Cumtalx/et  nentet  tint  in  honore  magis. 

De  milia  doc  tus  uii  débet  dicere  lege; 

Ni  to  tam  penitu  s legerit  ip  fe  prius. 

Extractus  gemino  fuit  hic  ex  codice  codex* 

Pt  efens  L c h appus  multiplicauit  op  u s* 

Matetias  qp  locis  cunctas  nonabfcp  labore 
ApiisbüTeptempet  capitelladedit. 

Ota  natatf  repma  tut  nemoptophera. 

Ptefermtqpuemsfepcpoetanouo. 

Non  ideo  fcripnxm  fpernas:  <j>  fît  tib  i no  tus 
Sctfptor.opus  proprium  comprobatatttficé. 

ImprefRï  Parîfïî  In  fignofacte  Barbare  Vici 
fcilacobi.Opa  G.  V Volfdohimfqï  de  Ctuc^é' 
nach. /WdniAl.CCCCtXGIIL  Die*XX,  Aprïl 

Wolff  avait  alors  pour  correcteur,  dans  son  imprimerie,  Jean  Chappus  ou 
Chapptiis,  de  Bourges. 

A la  fin  de  ce  livre,  se  trouve  une  longue  pièce  de  vers,  ci-dessus  repro- 
duite en  fac-similé,  dans  laquelle  on  vante  futilité  de  fourrage  et  les  soins 
apportes  à sa  correction.  On  y lit  ce  passage  : 

P me  ns  J „ Chappus  muhiplicavh  opus. 

Le  mot  nntlnplicavk y qui  était  alors  synonyme  A' impressir,  comme  on  a pu  le 
voir  a la  fin  de  certains  livres  sortis  de  l'atelier  de  Gtty  Marchant  (voir  t.  Ier, 
P1  3J?9)?  Slgi:ilfi£  que  Chappuis,  ici  présent  au  tirage  du  livre,  a coopéré 


ATELIER  DE  GEORGES  WOLFF 


LO 


d'une  certaine  façon  à son  impression,  cfest-â-dirc  à ïa  multiplication  des 
exemplaires  produits  par  la  typographie.  Le  livre  était  imprimé  avec  1111  très 
beau  caractère  romain  de  l t points,  dont  voici  f alphabet  : 

ABCDEFGHIIMNOPQRSTVXS 
abcdcfghiklinnopqisftuxyj 
âb9pddcç&^rtnm,nn,ôpipp^q(|qqg?qt^ri i 
æffflceff  ft 

L édition  est  dédiée  par  Jean  Chappuis  à son  ancien  précepteur  et  com- 
patriote, maître  Michel  Symon.  L'épître  dédicatoire,  en  trois  pages,  est  exé- 
cutée avec  le  petit  caractère  gothique  du  Bréviaire  de  Paris,  imprimé  par 
Wolff  dans  batelier  de  Gering.  (Voir  fac-similé,  p.  98.) 

L'association  paraît  avoir  été  rompue  vers  la  fin  de  1 4 5? 5 , car  nous  voyons 
Jean  Philippe  travailler  setd  à la  même  adresse  de  Sainte- Barbe,  en  1496. 

En  l 497,  maître  Georges  Wolff s'associe  avec  Thiclmau  Kerver,  deCoblentz, 
qui  n était  alors  que  libraire;  il  lui  apporte  son  type  romain,  ainsi  qu'un 
second  de  même  famille,  plus  petit,  de  9 points,  dont  voici  le  spécimen  : 

ABCDEFGHIKLMNOPQRSTVXZ 

abcdefgbîhlinnopqrsftuvxyj 
àb'Vrptfè* &i  mqn  n,Ôpippp?qqqtjqKp 

f iLït’tfü*  ■:  i j/OC  aeffflCEffft 

Les  lettres  de  ces  deux  alphabets,  copiées  sur  celles  d'Ulrich  Gering,  sont 
d'une  très  grande  netteté.  Les  livres  imprimés  par  1 association  Wolff  et  Kervcr 
avec  ccs  nouveaux  types  romains  sont  remarquables  par  la  régularité  de  ['im- 
pression et  la  beauté  du  tirage*  Georges  Volff  paraît  avoir  gravé,  pour  son 
nouvel  associé,  les  planches  composant  riüustration  d'im  livre  d'heures  a 
l'usage  de  Rome,  qui  parut  au  mois  d octobre  1498. 

La  signature  G.  Wolf  sc  lit  dans  les  quatre  petites  bordures  du  haut  qui 
accompagnent  les  sujets  suivants  entourés  de  compartiments  relatifs  a la  vie 
du  Christ  et  des  Saints  : B Annonce  de  la  naissance  du  Messie  aux  Bergers,  la  Bi- 
se matin  n an  Temple,  la  Descente  dn  Saint-Esprit,  E Homme  flagellé  par  le  Diable . 


t 02 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


La  .scène  principale  de  l' Annonce  aux  Bergen  nous  montre  un  groupe  de 
pasteurs  gardant  leurs  troupeaux.  Un  ange  apparaît  an  ciel;  if  soutient  une 
banderole  contenant  les  premiers  mots  du  cantique  de  gloire. 

Dans  un  des  compartiments  de  la  marge  principale,  ou  remarque  le  Christ 
couronné  d'epînes;  dans  mi  angle,  la  sibylle  hellcspontîaque. 


Dans  la  Présentation  au  Temple,  la  Vierge  est  agenouillée,  Simeon  contemple 
le  Sauvcui,  Joseph  se  tient  dans  une  respectueuse  attitude;  plus  loin,  1111c 
femme  porte  les  deux  tourterelles  du  sacrifice,  offrande  des  pauvres. 

Dans  la  grande  marge,  entre  autres  sujets,  on  voit  sainte  Véronique  pré- 
sentant son  voile  avec  la  figure  du  Christ,  une  Descente  de  croix.  La  sibylle 
libyque  a I angle,  et  saint  Georges,  patron  de  Volff . dans  la  petite  marge. 


ATELIER  DE  GEORGES  WOLFF 


°3 


Voici  la  Descente  du  Saint- Esprit.  Les  disciples  de  Jésus,  rassemblés  avec  fa 
Vierge  le  jour  de  la  Pentecôte,  cinquante  jours  après  la  Résurrection,  voient 
paraître  des  langues  de  feu. 

Parmi  les  sujets  de  la  grande  marge,  on  distingue  saint  Pierre,  saint  Paul 
et  saint  Laurent  avec  leurs  attributs.  Au  Las,  la  sibylle  I ici  lespon  fiaquc. 


Terminons  par  E Homme  flagellé  par  le  Diable.  Cette  gravure  est  placée, 
comme  les  compositions  précédentes,  sous  une  arcature  surbaissée  de  style 
flamboyant.  Dans  les  compositions  de  la  grande  marge,  on  remarque  Jésus 
monté  sur  un  âne.  Deux  autres  scènes  nous  montrent  un  homme  pleurant 
sur  le  sort  que  le  Christ  avait  prédit  à la  ville  de  dérusalem. 

Georges  Wolff  fut  élu  procureur  de  la  Nation  germanique  à l'Université 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


I 04 

de  Finis  en  1490  (n,  $t,)  r,  En  1494.  il  fut  nommé  receveur  de  ceire 
association > Par  ses  fonctions,  il  était  en  relations  avec  scs  confrères  Pierre 
Wagener  ou  Wagner,  dit  Cesaris,  Simon  Boitiger,  dit  Dolcnrom,  et  Jean  Philippe, 
Voici  le  fac-similé  de  ses  signatures  comme  procureur  et  comme  receveur  : 


Bien  que  son  nom  soit  orthographié  le  plus  souvent  Wolf  ou  Vuolff  [t.  I", 
ph  95-9^),  nous  avons  cru,  en  dernier  lieu,  devoir  adopter  de  préférence  la 
forme  Wour,  donnée  par  ses  signatures  qui  font  foi, 

H ne  fuit  pas  confondre,  comme  l’ont  fait  la  plupart  des  bibliographes, 
Georges  \VbIff,  de  Baden,  imprimeur  a Paris,  avec  Nicolas  Wolff,  dit  Lu  pi, 
imprimeur  a Lyon  2, 

Ce  dernier,  originaire  de  Lutter,  au  duché  de  Brunswick,  était  imprimeur, 
graveur  et  fondeur  de  caractères.  (Voir  1.  Ier,  p,  9^,  noie  1.) 

H Voici  le  |i ru ccs-i  eri>:il  île  ses  deux  élections  : Maili  min  uni  vîgilia  Sauciî  Mailiei  a|iosioli  ei  evaii’ 

& Ekctit  Mftgistri  Ge^rgii  W ilff  de  B&dew,  dteeesxs  gclisle  super  n ori  recopions  eleciione.  Iiatjnt  elegii 

Spyfl  jvi'.i’  W?  d 11  in  il?  \Ih\ striss n n T p 1 1 1 dpi  s AiarcMeu  i'j  i i a $p  i ri  1 1 1 s Su  n cl  i M agi  s i r 1 1 ni  G eorg  i n n i Wo  IfF 

Gkmt me  tenpms  pdeniMth* — Anno  do  Badensem  diocesis  Spirensis  qui  fecii  recelas  ei 

niiiii  Millesimo  t|iiRdiïngcn  icsinio  ocinagesimo  impenses  Ml  inferins  pielui.  « 'Arcli  ives  de  bUiii- 

110 110  cçmgregata  fiiii  aji  nd  SancLnni  Malurin  uni  vers!  le.  L)v\  e des  rccet'mrs  de  ld  Ad/uii  gernidiiî<pie , 

Farisins  \eneranda  Àlemanoriim  naiio  |ireci|iue  de  1 4p4  à 1530,  fcb  1 

siipei  dnolins  arliciilis,  Priniimi  Jnii  siqicr  n ori  pro-  ' I.  es  coiilinnaienrs  de  Berty  uni  cnn  fondu  H 
eiEraloriseleciion  e am  ai  Liqni  eu  min  naiion  e- Qnoad  comme  plusieurs  ;uilresH  Georges  ai  ce  Nicolas. 

|i ri m jilacnii  toie  naiioni  ad  novi  procnraloris  Ils  oui  faii  une  erreur  bien  jilns  grave  en  |ilaç;nu 

eleciitnieni  procedere,  Frocessil  iLiqne  ei  elecins  Taielier  de  ^'olft  il  h Afaistnt  des  Rats,  faisan  1 

esi  lia  Spiriles  Sancii  n tiiiine  réclamante , Magis-  le  coin  seplenlriti  i al  de  la  rue  du  Foin,  el  en 

lcr  Gcorgius  Wbllï  de  Baden,  dioccsis  Spirensi|||>  disani  que  cel  imprimeiii  claîl  eiabli  auparavant 

^rcliii  es  de  [HDiiiversiié  Registre  des  ciucfasb/us  de  dans  le  Cia  lire  Sjmil  Beiitjîi  diix  7~fah  7Tvm^iVj 

id  ger\\\d\\uf\\e ^ des  années  147É  à i4pz)  d'tirgeut*  Oesl  Nicolas  Vaultier,  libraire,  qui  a 

loi.  184  ei  1 — & An  110  ab  in  camatione  Jesu  demeure  aux  deux  adresse.1!  que  nous  inen  lion  nous 

Clirisii  sulraiüris  uoslri  noingesimo  quanti  siqira  ici,  el  non  U'olfb  ' L/epopMe  ^VmÏc/il'  du  Vhwx 

Millcsimum  quateique  ceiiiesiniiuu  veneranda Ale  Paris;  régir  11  cenliale  de  fUnircrsiié,  p.  \rj^\ 
naiïo  tnii  cou gregaia  apud  ouvrage  ciié. 


nmiorum 


CHAPITRE  XXVI 

L’IMPRIMERIF  À PARIS 


ATELIER  DE  DENIS  MESLIER 
(1490-1495) 

La  première  demeure  de  Denis  Mesiier  et  sa  marque.  — Ses  deux  livres  d'heures. 
Changement  d'adresse.  — Ses  autres  publications. 

Denis  Mesïicr  est  un  libraire- imprimeur  dont  les  productions  sont  très 
rares  et  fort  peu  connues.  H demeura  d'aoord  rue  de  la  Harpe,  au  Pilier  Vent 
dont  il  prit  l'enseigne  pour  marque  : 


Des  Heures  de  ïa  Vierge  à f usage  de  Rome  f Hom  Beata*  Mariœ  Vïrghùs  ad 
usiim  Romanum')  sont  le  livre  le  plus  ancien,  avec  date  certaine,  a son  nom. 


14 


L'IilHtiHE  fri  [ lÜAiLE- 


o 6 


HISTOIRE  DR  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


On  lit  à la  fin  du  volume  : Ces présentes  Heures  fureni  achevées  le  xnf  jour  élu  mois 
de  février  fan  m.  cccc.  un  xx  et  ix  pour  Denis  Mcslkr,  date  correspondant  au 
1 3 février  1 4<?o  (n.  st.J. 

Ces  heures,  de  petit  format,  sont  d'un  style  particulier.  Les  bordures,  for- 
mées de  fleurs,  d'oiseaux  et  de  feuillages,  sont  gravées  sur  cuivre  en  relief.  On 
y retrouve  les  illustrations  des  premiers  livres  de  Jea.n  Du  Pre,  dont  nous 
avons  déjà  présenté  plusieurs  spécimens.  (Voir  t.  Ier,  p.  254-257-) 

Le  livre  a pu  être  imprimé  par  ce  dernier  pour  le  compte  de  Denis  Mes  lier, 
ou  bien  encore  Du  Pré  lui  a loué  son  materiel  d illustration,  comme  cela  se 
faisait  alors  entre  confrères1. 

M.  Henri  Stein  cite  mi  exemplaire  de  la  seconde  partie  des  Qiiresnoues  de 
Martin  Le  Maistre  {Marùims  Magistri),  qui  porte  à la  fin  la  marque  de  Denis 
Meslier.  Le  volume,  imprimé  en  caractères  romains,  serait  sorti  des  presses  de 
Wolfgang  Hopyl  en  octobre  t4po2. 

La  Bibliothèque  nationale  possède  des  Heutes  à l’usage  de  Bourges,  impri- 
mées sur  vélin,  qui  proviennent  de  la  collection  de  feu  Ambroisc-Firmin 
Didot,  à la  fin  desquelles  on  trouve  la  mention  suivante  : O,  prétextes  Heures 
à F usage  de  Bourgh  (sic)  furent  achevées  le  vu  F jour  du  moys  de  may  par  Denis  Meslier . 
L'année  de  la  publication  du  livre  n’est  pas  indiquée. 

Le  calendrier,  qui  commence  en  1488  et  va  jusqu'en  1508*  tic  suffit  pas 
pour  en  préciser  la  date.  L’almanach,  qui  se  trouve  en  tête  des  anciens  livres 
d'heures,  fut  d'abord  dressé  en  1 /88  pour  vingt  années  et  reproduit  sans 
changement  pendant  assez  longtemps,  de  sorte  qu’on  ne  peut  déterminer 
d'une  façon  approximative  la  date  de  l'impression  autrement  que  par  le  style 

On  ne  connaît,  jusqu'à  présent,  qu'un  seul  ! Dans  fexem  plaire  signalé  par  M.  Stein  comme 
exemplaire  de  cette  édition  qui  a été  signalée  pour  se  trouvant  dans  les  collections  île  la  Bibliothèque 

la  première  fois  dans  [a  deuxieme  partie  du  Cata-  nationale,  on  lit  à la  fin  de  la  première  partie,  au 

logue  de  la  bibliuthèqne  de  lord  Ash  buruham , lien  île  l'achevé  d'imprimer,  mi  nom  de  Hopyl, 

vendue  aux  enchères  à Londres,  du  6 au  1 1 dé’  oetie  m en  lion  qui  lui  a été  substituée  : Jmpressnm 

cembre  1 par  AI  M.  Sotheby,  Wilkinson  ei  per  Dnraudimi  Gerkr}.  Henri  Stein.  L'Alelier  type- 
Hixfge.  Ce  précieux  volume,  annoncé  sous  le  grapfùqne  de  Wdjgem*  tiepyl,  h Paris f p.  i 6;  on 

ii4  2023,  est  dêcrii  connue  renfermant  quinze  vrage  cilê.)  Or  ou  sait  pci  tiueinment  que  Dman  d 

grandes  figures  et  un  grand  nombre  d'autres  petites  Gerlier  n'a  jamais  été  imprimeur,  mais  simplement 

d'un  style  remarquable  (ef  a remarkabie  charmer).  libraire-éditeur.  C'est  une  preuve  de  la  facilité  avec 

Il  commence  par  la  figure  de  I h oui  me  anatomique,  laquelle  on  donnait  le  titre  dJi;n  primeur  à ceux 

au  verso  dnqtid  est  place  I almanach  pour  vingt  ans,  qui  n’avaieii  t d'antte  choit  à cette  qualification  que 

de  1 4 S S ?i  1508.  Bien  que  le  livre  fiît  incomplet,  celtti  de  payer  les  frais  d'impression  d'un  livre.  Tel 

il  a été  vendu  un  prix  fort  élevé.  est  le  cas,  notamment  pour  Antoine  Vérard. 


ATELIER  DE  DENIS  MESLIER 


°7 


des  illustrations.  Nous  croyons  néanmoins  cj ne  l'édition  a dû  paraître  vers 
i4ÿi  ou  1492. 

Les  Heures  de  Bourges,  au  nom  de  Denis  Mes!  1er,  sont  d'un  style  archaïque 
peu  ordinaire  et  méritent  l’attention  des  curieux.  On  y trouve  quatorze  figures 
généralement  bien  composées,  occupant  les  deux  tiers  de  la  page,  La  dou- 
zième planche  représente  Us  Trois  Morts  et  Us  Trois  Vifs  : 


La  scène,  généralement  figurée  en  deux  planches  se  faisant  suite  et  placées 
Tune  en  face  de  f autre  dans  la  plupart  des  autres  livres  d'heures,  est  ici  repro- 
duite en  une  seule  composition  homogène,  gravée  sur  ïa  même  planche. 
C'est  ainsi  qu'elle  est  représentée  dans  une  des  éditions  en  petit  format  des 
plus  anciennes  Heures  éditées  par  Jean  Du  Pré,  sur  laquelle  elle  semble  avoir 
été  copiée  en  partie,  sauf  quelques  détails  dans  la  perspective,  particuliers 

U- 


o8 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


à l'artiste  qui  a dessiné  l'illustration  des  Heures  de  Bourges.  Nous  donnons 
ci-après  les  fiic-similés  de  deux  pages  décos  Heures  avec  leurs  bordures.  Lime 
d'elles  représente  U Apparition  aux  Bergm  ; 


Les  bordures  entourant  chaque  page  paraissent  avoir  été  gravées  sur  cuivre 
en  relief,  tant  elles  sont  bien  exécutées,  dit  Brunet  ’.  Elles  offrent  des  figures 
do  religieux,  de  religieuses  et  d'autres  personnages  des  deux  sexes  et  aussi 
quelques  sujets  de  l'Histoire  sainte.  Les  physionomies  des  personnages  sont 
remarquables  par  leur  expression. 

Dans  l'autre  page,  le  roi  H érode,  à cheval,  à ia  tête  de  ses  soldats,  le 
visage  courroucé,  ordonne  le  Massacre  des  Innocents. 


Adamtel du  libraire,  t.  V,  col.  1 66 y f 3 3 5 > ouvrage  cité. 


ATELIER  DE  DENIS  MESLIER 


Au  fond,  on  voir  la  Fuite  en  Égypte,  Dans  un  chemin  creux,  la  Vierge, 
montée  sur  un  âne,  tient  dans  ses  bras  l’Enfant  Jésus,  tandis  que  Joseph, 
son  mari,  suit  à pied  et  porte  sur  le  dos  le  léger  bagage  de  la  famille  : 


Le  15  novembre  1 49  L Mesliev  imprima  un  volume  petit  in-quarto,  La 
Destruction  de  Jérusalem  et  la  Mort  de  Pilate f dont  voici  l’ achevé  d'imprimer  : 

fmffï  rt  piefcnf  fmictit  mrifufefrt  befftuett 
ot)  de  ifytrufahtt)  famoit  be  ptfafcjmprimc  a parie 
partKntemcfFierffemourantcrç  fa  tue  be  fa  0ctpe  a 
fen feigne  ffu  ptffe  be  noucm&K.  laïj 

mu,(|uatm<te  quatre  Smgj  etonje* 

Aucune  autre  des  éditions  de  Denis  Meslier,  que  nous  avons  pu  découvrir, 
n est  datée. 


1 ÏO 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Denis  Meslier  a imprimé  le  roman  de  chevalerie  de  Paris  et  Vienne,  avec 
figure  sur  Lois  sur  le  titre  : 

Canseflitetine 


Le  seul  exemplaire  que  nous  en  connaissons  fait  partie  de  la  bibliothèque 
du  Musée  Condé,  à Chantilly,  et  provient  de  la  collection  de  Richard  Heber, 
bibliophile  anglais.  La  figure  d'un  chevalier  et  de  sa  dame,  qui  se  voit  sur  le 
titre,  est  répétée  au  verso.  U y a encore  d'autres  illustrations  d'un  caractère 
naïf  placées  au  milieu  du  texte  imprimé.  En  voici  un  spécimen  : 


fT  Comment  paria  vint  veofr  vienne  ch  lapaifoh  tî tournent 

ellelmcongnettf* 


ATELIER  DE  DENIS  ME  S LIE  R 


I ! E 


Le  volume  est  à l’adresse  de  la  nie  de  la  Harpe  ci  à l’enseigne  du  Pilier 
Vert.  A la  dernière  page,  Denis  Meslicr  csi  positivement  qualifié  d’imprimeur  ; 

C Cf  finlft  Irftoire  ou  vaillant  * noblcebeualier  pi 
rfecroe  la  belle  vienne  fille  ou  oaulpbin  oeviêno jb 
ampiime  a parte  en  fa  rue  oe  la  berpea  le  nfeigneoti 
pille  vert  par  ©enir  meflter  Jmpilmeur* 


Mcslier  change  ensuite  de  demeure.  h s installe  rue  Sami-Jacqu.es,  à 1 en- 
soigne  des  Trois  Pigeons.  11  avait  conservé  la  marque  du  Pilier  Vert,  qu’il  mettait 
sur  ses  livres.  Cette  marque  était  encore  intacte  en  novembre  U?'.  lorsqu’il 
imprimait  la  Destruction  de  Jérusalem. 

Après  ccite  date,  elle  esi  fêlée  dans  le  sens  longitudinal.  On  la  irouve 
dans  cct  état  sur  le  titre  de  la  vie  de  saint  Fabien  ei  saint  Sébastien  : 


CjEa  trie  ^aint  fabi'en 

tt&fnffrtafttoi 


-y  gbafHenfu  t wtg  bSme  trtfcbîefH 
pi  en  oe  lignage  oenarbone  (51  fut 
_ -J  ftampbeblodca^  etmapmlÊ  cm 
.pereur®  quiljluy  bûiîlcrcnt  la  feigucu/ 
rtc  oc  la  pnuereppaignieoc®  cbcualter® 
et^urtcmanoerenftoufioureadtreOe/ 

I uê  t eu  ]p  jg  t c eflu]p  pond  t ta  n r fe  u 1 1 m ê t 
lemâreloelacbeualerfe/affinqufl  peuft 
.conforter  te®  eme®oee  tbicftfcne  quil 

1 ^ Jlfveoft  oeffoillfr  c®  tourmen®  (2t  fi  corne 

jee benoitjet rtefnobk® bommee  marccllfen cr marc 
frere®  eftcienr  lugesaeftre  oecolleî  pour  iefu  cbilft* 
leur®  parensvfnorenta  euljtpourle®  citer  oe  leur®  bS 
ptopo®  et  la  vint  leur  mere  lea  cbeueulr  oefrépuj  îles 

veltemcnaoctfiVcï  et  leur  môltroirfc®  mamelles  leur 

oifolt  Jbaba  ^efooulxftlî  onquearetle  malleurete  ne 
eouint  afcmtne  comme  amoj>  ne  pleur  fifort  afouffrir* 
Italie  tbetlueie  per®  me®  fftj  qultfoft  fila  mort  oc  leur 
grc  Iciquelj  feelnenra  le®meofêM3ta  foiceiele®  fup 
noie  parmp  la  bataille  fils  fufrftencoiesenla  tbartre 
(e  tarôprope  oeulfeiemourir  celtvne  madère  nouuelle 
&e  mou  riripar  la  qlle  la  leu  nefTeoe  roee  fil*  clt  perou  c 
oc  leur  grc  en  la  4lle-lc®  bourreauïjt  f ont  pdej  qull*  fi 
crcnteroeflTïremeltreperlbeïlamoireft  aomoncltce 
oevenlrceftooncuouueauplear  ettiouuellernaleurete 
parquop  la  ieunefle  oe  me®  filjeit  perouc  oc  leur  gr« 
pareillement  lavlellefle  mileruble  oe®  paretmdt  rôtrai 
ctef  vfurc.lEtiteômela  mm  olfolîte  lepere  qui  cftoit 
andcnfuramcneparfcsfcruCtcuro  fon  ebief  arroufic 
oepouore  oîfant  telles  parollc®  au  rfel^efü^mnu  B 
mesfilïflllâsala  mortocleurgrepourofrc  moult  oe 
cb  ica:  iCar  ccquefauofe  appareille  pour  ma  fepultu 
re  conu  i en  r il  que  iemalcureuj:oefpcnüeen  la  fepultu 
re  oe  me® fil*  0 fllj  bâton  oc  ma  vlellelTe.cîfaooublc 
lumicrcoe  me:  entraUk®;pourqBoj>  armes  vous  tant 

a: 


Fui  tête  de  la  première  page  de  texte,  on  voit  une  petite  figure  du  martyre 
dç  saint  Sébastien- 


I I % 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Voici  la  fin  du  livre  et  l'achevé  d’imprimer  avec  la  nouvelle  adresse  de 
Den  is  Meslicr,  rue  Saint-Jacques,  à l’enseigne  des  Trois  Pigeons  : 


Be  feint  ftKMfïien  anfttnm 
(bic  t (l  wrc  non fz  qui  ùiocbiUH  nornfne  fenguf ne? 
ruuPtfuDltqufmlnaatuWfum  non  timuft  net  ter  rené 
oignitatfagfadanquenuH  ft&aDcddWa  régna  fcifci 
ter  penienH-^iSJoïiaftbono^coîonameunioomine 
jp l nftftitiîM  euro  Aipct  opéra  manu u m tua ritift- 

- . mmk 

■ nfimitotmnoftrmwfyict  omropotene  oe* 
r^-etiqufa  ponDiia  piop lit  action  fa  grauat  bcatf 
fabfanfmartpifatulatqjpontifïcfa  fn  ter  ccfTto  gtosio 
fatiofirpwi  ïaPî>^cbrtftum 


£y  tint  ta  vie  tje  fafnt  fabfeni 
cl  fa  fat  fabaftfen  fmprfmcc  0 parts  par  oenfa 
m eü  1er  oeroouranren  fa  rue  fafnt  faqura  a lcrt 
fefane  Dca  tropo  PPtona-i 


Denis  Meslier  a imprimé  une  pièce  en  vers  intitulée  : La  Vie  er  Légende  de 
saina  Futcre  en  Brie t patron  des  jardiniers  : 


CSenfmYfr  SfecffegenfcfDe  (ami 
fiatvtttjtinu 

C^oufain/itüfmne  fafafet  iffruft 
5ea  perte  poutine  a %ûia 
Üu  centre  Du  fofdf  qui  fupf 
peneftaEutemcnfeiifn; 

Renoua  fioufonefatfusaffet 
J3Du  "paiifnic  5e  pars  &te 
ïeefaihcÇnemDeutme  appeffet 
&t  fupute  feura  fattft  tt  feureDitfôi 
cpoutfanteffcd)o(eDecente 
fainrç  De  paraDtc  tongnmfïre 
&t  feutooeuum  £ac  ccfï  fa  faute 
©uenoueptufccnparaDte  m rtte 
Stmefutâ'Soufu  entremettre 
iBî)  ttfanneur  De  fatrinlte 
foc  Défaut  fa  par  mettre 

foungfafacr  Devront  quêtante 
Cefftu  famet  flatte  eft  nomme 
ÏDeDieu itonfetfeuretÇctmfte 
frefgtoucuÿ  et  renomme 
mme  fa  fegenD  t reri  te 
tant  e/ï  De  fut  gran  t f e mérita 
ffluepouc  feDefcrite  Du  tout 
tante/ï  ma  faeu  eeperi  t 
IQuÆminttç  feauropeaffout 
fl^atôamoÿ/ïmpfe  enfenbmtent 

âiifrtmemenf  eij  parfecr 


tatotfôue  fpfiuo  pmptdaee  f&fltaglM 
ft>er  Dorotnurçno/fcun}, 


CpfintfffaÇteeffegfitDe  Defaftttf 
fiacre  en  0tpe*jfmpirinec  a parie  par  De 
nie  meffter; 


ATELIER  DE  DENIS  MESLIER 


3 


On  connaît  encore  une  autre  vie  de  sainte,  en  prose,  sortie  des  memes 
presses  : La  Vk  de  Madame  sainte  Geneviève t patronne  de  Paris,  Cest  un  format 
petit  in-quarto  comme  ceux  que  nous  venons  de  citer, 

La  Bibliothèque  Mazarine  possède  une  édition  du  poème  De  Contmpm 
Mmtdi,  attribué  à saint  Bernard,  avec  ia  marque  de  Denis  Mcslier  sur  le  titre, 
La  planche  porte  les  traces  de  ia  brisure  que  nous  avons  signalée  plus  haut, 
Nous  reproduisons  ci-dessous  la  première  page  de  texte  de  ce  poème  : 


ïtffec 

Hrtufa  ttt  g fffii  mSSat  Éîtfttfe  fafutcf 
ptuira5ibceiei0i,fjn3mcaffâarcfufcô 
ÏDufdafuîittik/bfflfiaqucfiei  manfïo 
$ebp:oftïfm1mtm(ï  fentes  ffte  ogftîTo 
flDue  meaSetOanuniSf  tunofifatbmScnfo 
iTorffteîftiire  fonenf  et  (tctcfiïtfwmcmenfo 
ÏDf  fi0i  grande  Ûmûnofiti  momt9opmntur 
peeqj  ffti  bontïtifii  ccficaregnaparenfur 
£0enfi  ficctepofpf  fjetflafla  pfoccrc 
0octt«  ofïenftttquotnübigfoitflUnWt 

# I Jt}  «0ue  mtmji  <ï  caufft  bit  ç eimSï 

quie  amat  p prç  mflfîfl  ti0  btfigif  ifïnnj 
^ef?  quafi  fttozttt}  fpernens  \ t ftue  tuitoïc»? 
tëftîmat  o0fenfl  qff  miïbtiettef?  atamenü 
/ï£oftw)  StfcfcftqqutÇioîficntfcfcit 
ÏDitatfettenâïîeciiG  ÎCmûifafeEcnaitwj 
âfîkrtoqj  foiie  femo  omtafie  amotie 
Sbrcgtm^  reSfufpirflt  mente  fffiei 
jfamq^  fïS'c  pfena  paraît  fîfprtflt  amena 
'fcixq  uoq^  fvû  ter  if  a <arm  s œ ni  agi  a $ita 
EfpfaccGrrtfïûmtmDo  buty  Suite  ujtfïo 
JQeefi0t /intente  tceaffnkÇifiinjreDiture 
^Duectfofa0nnturm(ignoqjfft0attpeftUiit 
jUccmfl  feterte  quta  fozfSL  tme  mouette 
ünffuetatt)  foiftôcuipaccanfîiTiaifftmotde 
pet mifKfoitÊ poterie SepefTere  motHtfy 
jCur  caco  fefafucqiua  flermte  tfca  patafttt 
Jlîuïicfoaiôefï  ffenSufocue  c|ïp  errata  fticn  b f 

ait. 


On  y remarque  une  petite  lettre  ornée,  assez  originale,  sur  fond  criblé. 
Il  y a encore  d'autres  lettres  de  même  genre.  En  voici  le  fac-similé  : 


Le  volume  11e  renferme  pas  i alphabet  entier;  nous  11  "avons  pu  trouver  les 
autres  lettres  parmi  les  impressions  que  nous  connaissons  de  Denis  Meslier, 


ji. 


1 5 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


j 1 4 

Le  caractère  dont  Mcslier  s'est  servi  pour  ce  volume  est  une  bâtarde  de 
i i points.  Cest  la  même  que  celle  du  volume  de  Lu  Destruction  4e  Jérusalem , 
daté  de  149c  et  de  Lu  Vie  et  légende  de  salue  £ Fiacre.  En  voici  I "alphabet  : 

aÆîDiM© j 0?  ï n 

aâc&ffefgÇifmiftti  rjGpqnefttJÏÏjpj^  ff  ff  fl 

a6*£eMii6flg;pf>!’Q4q’ÿf*â 

Nous  n'avons  pas  trouvé  une  seule  lettre  B capitale  dans  ces  deux  volumes, 
maïs  on  peut  voir  cette  lettre  dans  une  partie  de  page  des  Heures  a F usage  de 
Bourges > qui  nous  paraît  être  exécutée  avec  les  mêmes  types.  (Voir  p.  109.) 

Ce  caractère  ressemble,  à s'y  tromper,  au  deuxième  alphabet  de  bâtarde 
de  Pierre  Le  Caron.  (Voir  fac-similé,  p.  91.)  Il  n y a de  différence  appréciable 
à l'oeil  que  dans  ia  lettre  majuscule  I,  qui  est  differente,  et  a par-devant  un 
long  trait  qui  n'existe  pas  che7  Mcsiier;  la  capitale  C est  aussi  pins  renversée 
en  arrière  die/  ce  dernier,  et  (e  plein  supérieur  un  peu  plus  long  en  avant. 
Il  y a encore  quelques  légères  différences  presque  imperceptibles  dans  d'autres 
lettres  et  dans  les  signes  abréviatifs. 

Nous  attribuons  à Denis  Meshçr  j édition  du  Testament  de  Villon  t dont  nous 
donnons  ci-dessous  la  fin  avec  I achevé'  ^imprimer  : 

jTf  ftnffïfe  çtanf  tîfamtrt  ma& 
ffcr/TmcopBftffoi)  ^ûrf  coùtdffe/ 
ctfee  fiaffoS ee:i 4 iargo^  tBt  fc  pef if 
t î flamtnf  Jmpilme  a pmm 

Cette  édition,  dont  011 11e  connaissait  pas  encore  ['imprimeur*  est  composée 
avec  les  caractères  dont  nous  venons  d'indiquer  les  particularités.  Elle  a passé, 
jusqu'à  ce  jour,  pour  être  la  première  de  Villon;  mais,  étant  donné  que 
Meslier  n'a  commencé  à exercer  quen  1490*  elle  ne  saurait  être  antérieure 
à celle  de  Pierre  Levet,  datée  de  1 4 8^ 1 . (Voir  t.  Ier,  p.  439-441.) 


Cette  édition  était  considérée  comme  la  pins 
an  tienne  par  l'abbé  Prmiips.mlt.,  ['éditeur  de  Villon . 
Ou  11  en  tonimssair,  jusqu'à  ces  derniers  temps, 
qu'un  seul  exemplaire t celui  de  b Bibliothèque 
nationale*  dans  le  recueil  ente  V 44°4  (Réserve). 


Un  second  exemplaire  bit  partie  de  b bibliothèque 
Rothschild.  H est  déenr  dans  le  catalogue  rédigé 
par  M.  Émile  J^icor  (l.  Ier*  p.  256-2^7,  11  ° ^50 }. 
C'est  un  petit  in-quarto  de  feuillets,  dont  les 
pages  les  pins  pleines  colportent  25  lignes. 


ATELIER  DE  DENIS  MESLIER  n; 

Le  titre,  que  nous  reproduisons  ci-après  en  fac-similé  avec  La  première 
page,  débute  par  une  grande  initiale  L calligraphique,  en  traits  de  plume 
enchevêtrés,  avec  muscarons  et  têtes  de  dragons  fantastiques.  Cette  lettre  a 
été  copiée,  en  1495,  par  un  imprimeur  du  nom  de  Guillaume  Mignart, 
demeurant  rue  Saint-Martin,  qui  s*en  est  servi  en  téie  des  Complaintes  et 
enseignements  de  François  Guérin  , marchant  de  Lyon , et  par  Étienne  Jehan not  qui 
fa  employée  pour  L!  Oreloge  de  dévotion,  de  Jean  Quentin, 

Cprômence  fegwttf  codtriftV 
(Ueffamfr  maffïre  frfitüfBSiffiî 

iérffüt)  de  moi)  fttnftefmeaage 
ffiue  toutcemca^onftôteii^eiieB 
fie  du  tout  fof  enroi  m faige 
/loi)  oBfïant  mûmfeepemesfues 
2 efqueffeafap  toutes  tfteueo 
^üuffjfa  maci)  ffjtfiauft  Ûûn/ftgnp 
âe  euefque  tf  eff  feignant  fes  tues 
fflSutfüiffemteijtefetegnp 

fi©on feignait  neff  ne  mdcucfquc 
Sou05  fui  ne  tien»  ftf  neft  eij  fdtge 
^iop  ne  fut  dofôandmagc  auetque 
Je  ne  fut o fa ij  «efne  fa  eifrtje 
fDeu  ma  Ûurtepetife  m\t§z 
Æfde  frütûe  eaue  tout  Sng  efïe 
2atgeou  cfïtoftmouftmc  futacÿc 
^cf  fut  fût  t dieu  qutf  ma  efïe 

Æf  far mnj  meSüufüitt*pîend:e 
gt,  dite  que  te  fe  mauf  dis 
flot)  faiefe  0terj  fe  [ïetenten&ze 
&t)  xitr)  de  fui  te  ne  mefdte 
Suoicp  tout  f e ma  f que  tel]  die 
Sif  ma  efïe  mifcckoiô 

a,it 

Parmi  les  antres  impressions  de  Denis  Meslier  non  encore  identifiées  jus- 
quicij  nous  citerons  Le  Débat  de  deux  bous  serviteurs',  qui  a cette  grande  lettre 
du  Testament  de  Villon  > et  Le  Débat  du  Vieux  et  du  Jeune L Sur  le  titre  de  cette 
dernière  pièce  on  voit  [a  figure  de  Paris  et  Vienne  (voir  p,  1 10),  légèrement 
ébréchée  dans  le  filet  du  bas,  La  marque  de  Meslier,  fendillée  comme  dans 
La  Vie  de  saint  Fabien , se  trouve  sur  une  édition  non  citée  des  Rues  et  Eglises  de 
Paris  arec  la  despence  qîù  si  fait  chacun  jour,  dont  un  exemplaire  est  conservé  à 


lon/tk  pétition  CüMallc-Jpemrgoii 
fialaûes. 


Catalogue  Je  Li  bibliothèque  Rothschild,  t.  1 1 il  ha  2.587,  — Idem,  l,  HT,  n°  2588. 


6 


HISTOIRE  DE  L IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


la  Bibliothèque  royale  de  Dresde.  Comme  son  confrère  Le  ( aron,  Meslier  a 
imprimé  des  pièces  Yoiam.es  et  des  relations  du  temps  que  Ton  identifiera  tôt 
on  tard.  Outre  le  caractère  de  bâtarde  dom  nous  avons  donne  ci-dessus  le 
spécimen,  cet  imprimeur  a fait  usage  d’un  type  gothique  d un  œil  assez  large 
de  i o points j avec  lequel  il  a exécuté  le  roman  de  Paris  et  Vienne  et  ensuite 
La  Vie  de  saint  Sebastien,  Nous  en  donnons  l’alphabet  ci-dessous  : 

abcDCfGfoitmnopqrzôftuVïpî  * : t C 

La  maison  du  Pilier  Vert,  rue  de  la  Harpe,  dans  laquelle  Denis  Meslier 
avait  établi  son  premier  atelier,  était  près  de  la  rue  des  Deux- Portes ] . Celle 
des  Trois  Pigeons  t rue  Saint -Jacques,  où  il  vint  en  su  il  e,  se  trouvait  presque 
au  coin  de  la  rue  du  Cimetière- Saint -Ben oit,  près  du  collège  de  Cambrai'. 

Il  ne  nous  a pas  été  possible  de  fixer  d’une  manière  exacte  l’exercice  de 
cet  imprimeur.  Nous  n’avons  que  les  daies  de  1490  et  [4pl  Slir  deux  de  ses 
livres.  Il  a certainement  exercé  après  149  U mais  nous  ne  croyons  pas  qu’il 
ait  dépassé  les  années  i4p4  ou  l4p$-  Ses  caractères  de  bâtarde  passent,  en 
1499,  chez  Nicole  de  La  Barre. 


’ Les  couiinuatcnrs  île  Beriy  nous  dorment  les 
renseignements  suivants  : « Ma\sm  du  Pilier  Vcrd, 
ayant  du,  selon  foute  apparence,  foire  aussi  partie  de 
pourpris  de  l'H&el dePürej^ ; elle  avait  h peuplés  au- 
tant de  profondeur  que  la  Nef  d*  Argent  et  le  jardin 
qui  la  continuait.  . . » Deux  notes  recueillies  par 
Berty  et  perdues  dans  ses  papiers soni  ainsi  conçues: 
k Trois  corps  d’host'd,  deux  de  va  ut  et  un  derrière: 
k Pilier  l^erd.  Le  Pilier  Vérdf  lenant  d’une  part  h 
Grégoire,  d’autre  part  a René  Perrin,  aboutissant 
â Gilles  de  Berty.  . . * La  NefrPÀvgeut  dm  a 
sa  position  d’angle  d’être  bâtie  ayant  les  autres  et 
détachée  du  ponrpm  de  P Hkd  de  F&re^  ei  toutes 
les  maisons  cor. prises  enire  k rue  des  Deux  Portes 
el  le  cimetière  des  Juifs,  ei  ayant  leur  façade  sur 
la  rue  de  la  Harpe,  ont  pnur  origine  [e  lotissement 


des  terrains  de  l’Jiûtel.  ( Tepegrap/Àe  histûtiq ue  du 
Vieirx  Paris.  Région  occidentale  de  l’Université, 
p.  4°4;  ouvrage  cité.) 

La  maison  des  Trais  Pige&us  v.  doil  être  la 
même  que  celle  des  Treis  Ceukus.  Elle  s’appelait 
la  ALaisan  aux  Trois  Coi\kns  en  1320,  et  fa  Addisan 
du  Cn i/tn  en  1380.  Pour  celui  qui  remontait  la 
rue,  elle  était  la  troisième  avant  la  maison  faisant 
le  coin  septentrional  de  la  rue  du  Ci meliëre- Saint- 
Benoît,  dans  laquelle  elle  aboutissait.  Elle  fermait 
la  limite  du  collège  de  Cambrai,  leuait  vers  le  nord 
à la  maison  de  la  Hausse-  Gilet A et  vers  le  sud  à k 
maison  de  PHbtel  de  P Etoile  ou  de  la  Couture.  » 
V.  Berty.  ALaiseus  les  faxuewx  tuiprhueurs  t dans 
ï1  Annuaire  Â 1 Bibliophile } de  L.  La  cour,  auuée 
1 86  1 , p.  1181  1 9 


CHAPITRE  XXVII 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DU  PETIT  LAURENS 
(1490-1 500) 

Première1;  impressions  du  Petit  Laurens  datées. — Ses  livres  illusirés.  — V Ordhiayre  des  Cresiietts. 

■ — La  Danse  macabre  hyslorUe.  — La  Nef  des  Folles.  — Ses  autres  publications.  — Le  Roman 
de  la  Rose.  - — Rareté  des  productions  de  cet  imprimeur.  — Sa  marque  et  sa  devise. 

Le  Petit  Laurens  n'a  pas  signé  de  livres  avant  1 4 5? 1 > Ü a peut-être  com- 
mencé un  peu  auparavant,  mais  nous  n'en  avons  pas  de  preuve  absolument 
certaine.  Voici  sa  marque  d'imprimeur,  qu'on  voit  sur  le  titre  de  LOrdhuiyre 
des  Cmtkns,  qu’il  a exécuté  pour  François  Régnault  : 

.Æoîûmapre  Des  aeîtiem 


pont  jjtmçop  icgnwiEt 


Le  Petit  Laurens  a publié  une  édition  in-quarto  des  Chroniques  des  Rois  de 
France  t datée  du  icr  décembre  i^is  et  il  imprima  ensuite,  le  20  mars  1 4^9 1 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


f f8 

(i 4p2i  n.  .st.),  Le  Del? m du  religieux,  er  de  domine  mondain,  pièce  en  vers  de 
i 2 feuillets.  Presque  tous  les  livres  qui  sont  sortis  de  ses  presses  sont  des 
[ivres  français,  dont  plusieurs  ont  des  figures  sur  bois;  mais,  de  même  que 
T reperd  et  plusieurs  autres,  il  ne  fes  a point  datés,  de  sorte  qu  d n est  pas 
possible  d’en  dresser  la  chronologie  exacte. 

Lé  Ordinayre  des  Cresàeus , dont  nous  venons  de  donner  le  titre  à la  page  pre- 
cedente, est  un  livre  illustré.  La  plupart  des  gravures  sont  ies  memes  que  celles 
qui  avaient  déjà  paru  dans  U An  de  bien  livre  ci  de  bien  mourir,  publié  par  Verard 
en  i4p2;  d'autres  en  sont  des  copies  ou  des  réductions,  comme  celles  des 
Apôtres  reproduite  ei-dessous,  et  du  Sacrement  de  Baptême.  (Voir  p.  120.) 


Lllhistratron  la  plus  remarquable  de  ce  volume  est  une  grande  planche, 
qui  se  trouve  vers  la  fin,  représentant  la  Cour  céleste.  Ce  sujet  avait  déjà  été 
traité  dans  I édition  de  Verard,  an  chapitre  final  des  Joycs  de  Paradis;  le  dessi- 
nateur s’en  est  évidemment  inspiré,  niais  ce  11  est  pas  une  copie  servile.  La 
composition  artistique  vi  le  groupement  des  figures  sont  differents;  les  per- 
sonnages sont  pins  nombreux  et  leurs  attitudes  ne  sont  pas  les  mêmes. 

Cette  planche,  qui  peut  soutenir  la  comparaison  avec  l'original,  est  signée 
d'un  monogramme  de  graveur  dans  le  fut  de  soubassement  des  colonnes,  ci 
droite  et  à gauche. 

La  meme  planche  reparut,  en  14991  chez  de  La  Barre,  dans  La  Légende 
dorée,  puis  chez  Hopyl,  dans  le  même  livre  imprime  en  flamand,  à Paris, 


ATELIER  DU  PETIT  LAURENS  l}1 

en  1505,  Auparavant,  elle  était  passée  à Lyon  chez  Jean  de  Vingle,  dans 
une  autre  Légende  dorce  du  20  juillet  1 4 97.  Elle  reparaît  encore  en  1529, 
chez  Josse  Bade,  dans  l 'Encominm  Trii/m  Alnnarnni.  En  voici  le  fac-similé  : 


20 


HISTOIRE  DE  L’IMFRfMERfE  EN  FRANCE 


Le  Périr  Laurens  a utilisé,  pour  l'encadrement  de  ses  pages,  des  bordures 
de  diverses  provenances,  tirées  notamment  des  livres  d'heures  de  Du  Pré  et  de 
Vérard,  et  jointes  bout  à bout,  comme  on  peut  le  voir  dans  l'illustration  qui 
suit  représentant  le  Sacnmenr  de  Baptême  : 


On  remarque  les  memes  combinaisons  d ornementation  autour  des  deux 
planches  de  la  Mort  et  Rêmnrction  du  Chrétien t 


ATELIER  DU  PETIT  LA  U R EN  S 


l 2 T 

Ces  deux  planches  reparaîtront»  sans  leurs  bordures»  dans  deux  autres 
livres  sans  date»  signes  du  Peiit  Lanreus  : La  Dame  aux  Aveugles,  de  Pierre 
Michault,  et  IJ  Introduction  an  sacrement  de  Pénitence. 

Ce  dernier  ouvrage  est  la  traduction  française  de  \*  Erndkorium  penhentiale 
que  nous  avons  attribué  à Antoine  Caillant.  (Voir  L Ier,  p.  320,)  On  y retrouve 
les  bois  qui  illustraient  ! édition  latine»  ainsi  que  la  planche  du  roi  assistant 
à la  messe  qui  figure  dans  Le  Livre  de  honnir  meurs,  imprimé  par  Caillant  en 
1487,  (Voir  fac  similé»  L 1er»  p.  307.) 


A le  Petit  Laureus  po 
ressemble  exactement 


1 11 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Pierre  Levet  paraît  setrc  servi  le  premier.  II  n en  diffère  que  par  une  seule 
lettre,  FI  majuscule,  qui  u’est  pas  le  même,  ainsi  qu’on  peut  le  constater 
d apres  le  fac-similé  suivant  de  Fadicvé  d’imprimer  : 


■TpySrçfip  tmffïptlf?  feinte  (i  îiii*apefec5m^emc(Pffwnfii« 

1 1 fcfmgSr,jSffm)mliraccc,foiyarifEffiy.fey^tLjoiitSeffl(ipapg 

fintamafioij  Sc  noff  te  fcigrEr  fuf  ptemie  ternit  cfffumii«cejJ|ÏÉ 
fuite  efquef^  ans  p îoute  $aG  &ffr  pfuegtâC  m af  qui  pour  wif  efïte  Sif  o« 
pen  fe  auoic  efïf  ce  a ne  {i  toute  SeuanSifj/crfï  quefte  f3m  anSemfe  ffe 
5î  eu  fo  ni  pi  ef q uc  (ou  e Scfpj  i fe  $ tt  t trf05n  afif cm  U (t  efpa  ffe j ; faej  fife  cÇ q 
fetft  fc  pfue  gtanf  cpccj  Scia  Sou foureufe  pitié  q puifleefhepmûcsinw 
tac  par  cdffenfiqR  que  piee  quefouffemonffeqmtegfuoi  cceftefpenf 
feup  et  Sangemip  ioute  Sa  a petSitimj.ïa  confîffcrqfiorç  Suquefeçcee 
a efte  caufnnotiucSe  fa  compofltioi)  Se  ce  piefnif  fïute  pour  fa  amfôfttf 
t iotj  tnio  ca  ( î oi)  ffee  (1  m pfee  çe  n e ♦ & t affi  q q ne  ceufp  qu  t fcî  oufSto  nf 
fpjeou  efcmifet  pittflenf  confîfimt  ce  quifjottCBouc  au  faincf  fiapCefme 
ef  aufJicnfenStcfq  SctifcSeecominanSeiiicneSeSieuaSeeocnutcoSe 
mj'fcttcojSc/patfaqueffe  conguoiffancei^fe  pouttft  commet  æ purifiée 
S e feu  te  pcc  jjc^  p at  fai  n cf  e (t  trtf  it  ce  c 3 fefftot)  a cta  i n fr  c (t  te  ffoufi  re  t fe& 
IJoiri  6fee  peinte  Smfct  e j)  ferm  c e fpeta  n ce  b e po  uoj  t p atueni  t a f a f te  fi 
gfüjieufecapqiçîttpe  SeparaSjemopmnanffapSccffiencSicfJoi)  ffefoitf 
(efa6ertoi/îe(tmife«uquefpeteTif?/tfrttincfcfpcri(foif53neut(t^fotÿ 
tcquciefefei)  (meeîp^ocfïcufnurtccffeiiipctHmet), 


notifflÏTnte  w'é 
btie  ififlbûi  c# 
culofa.fl-tbi.iff. 
©enkt  quale 
liôfuftcFtfitjcquo 

genres  effecrpcïi 

vfcpadJ^oiilud. 
t>af).ttt.3Q?uiaff5t 
vocail  paucf  vero 
dccK.ZPaib*ff*C 


jÇimftfe  FimxnSmcfojSmaiteScef^cfïtcnenouucffeiiimf 
0pfïoiie+3mpilmc  a patte  patfcpefif  ïautene;poiîtftan 
cope  tegnaufffifiïaiuSeinoutSfflHSifpatteeqfattiefaïf 
Jaqiieeafptna^cfamtfifawSfp 


Parmi  les  éditions  illustrées  sorties  des  presses  du  Petit  Laurcns,  nous  men- 
tionnerons, eu  première  ligne,  une  édition  petit  in-folio  de  La  Danse  macabre 
hhfrmce,  dont  le  seul  exemplaire  connu  se  trouve  à la  bibliothèque  de  la  ville 
de  Poitiers.  Il  est  sans  date;  mais,  ainsi  que  nous  l’établirons  tout  à Fheure,  il 
est  postérieur  à l’année  1 4<?4- 

On  y trouve  vingt-deux  scènes,  comme  dans  la  dernière  édition  de  Lv 
Danse  Macabre  imprimée  par  Guy  Marchant.  À première  vue,  les  illustrations 
paraissent  être  les  memes;  mais,  en  y regardant  de  ires  prés  et  eu  les  com- 
parant entre  elles,  on  s’aperçoit  que  ce  sont  des  planches  differentes1,  en  tout 
cas  celles  du  Petit  Laurcns  sont  d’excellentes  copies. 

Les  planches  nom  pas  tout  à Elit  les  memes  dimensions.  Il  y a une  diffé- 
rence de  5 a 6 millimètres,  tant  en  hauteur  qu’en  largeur,  dans  la  planche 
qui  représente  l’auteur  assis  dans  une  chaise  gothique. 

Les  détails,  tout  en  restant  les  memes,  sont  légèrement  agrandis  dans  le 


ATELIER  DU  PETIT  LA  U lî  EN  S 


dessin  de  l'édition  qui  est  an  nom  du  Peut  Laurens;  les  différences  se  per- 
çoivent dans  les  accessoires,  tels  que  les  livres  posés  sur  le  pupitre  ic  plus 
élevé  de  droite  * qui  ne  sont  pas  dessinés  de  la  même  minière,  et  dans  la 
balustrade  supérieure  de  la  chaire  et  du  pupitre  faisant  face  a fauteur,  dont 
les  petits  chapiteaux  paraissent  ici  sur  fond  noir,  tandis  qu'ils  sont  ajourés 
dans  la  planche  de  Guy  Marchant.  (Voir  fac-similé,  t.  Ier,  p.  338.) 

Les  traits  des  physionomies  de  fauteur  et  de  fange  qui  déroule  le  ruban 
du  philactère,  au-dessus  de  la  tète  et  du  pupitre  de  fauteur,  ne  se  ressemblent 
pas.  Le  milieu  de  cette  handcroHc  est  vidc^  dans  1 édition  de  Guy  Marchant, 
elle  est  remplie  par  deux  vers  latins  : 


Pour  la  première  planche  de  la  Danse,  qui  représente  le  Pape  et  P Empereur, 
f écart  ifest  que  de  1 millimètre  de  hauteur  en  plus  et  de  4 en  largeur  Les 
différences  sont  presque  imperceptibles. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


À gauche,  la  figure  grimaçante  de  la  Mort  qui  entraîne  le  Pape  n est  pas 
[a  meme,  ( Voir  fac-simiîe,  t,  I",  p.  34°-) 


toaÇ*  ccr(aqiiï§cttj:^ffft((ftC  fffa  ^ûmotrqtilSamrijqiioSf^emrpaSefdmaïl, 

fywaflt  ittfCf ta/Srfmon  3a8o  m&L  £ïïfuo  mante  flmoiiwtiamoïltalM  moii 


tuwïmj  $ fe  nto  ihjoï  ô fti  p t r*  /f £otrï$*f  rdt  j©u  I G fu  6 fï  me  £ ertu  e i )5  eprs  <jff  ffRa  piefïfl  n*  ■ 
'j&ifflm  f fee  fi  mif i canSicfon;  f fa  fl  r ne  £3tie  mit  fl  f tu  tu  i8f  t ar  t Çt  c mtf  01  nutif  unf 

fiamotf  jtamoit 


©ouequi  0 iues  certainement  <5f  0oue  Ce  notj  pareif  Su  monSe 

jÔuopquiffarôeainfi  ©artferee  JDrince  t (rigueur  g tant  rniperiere 

£0<ii6  quant,  ©ieu  fe  feef  feufeme  nf  flaiffevfauft  fa  pomme  ©02tonÇe 
3$utfee  comme  S '.ne  fecee  3 cm  re  [ceptce/tymBte  Saniece 

J&aty  pape  0oue  commence  ree  Jeneftous  faitay  p ae  9c  rriere. 

iLomme  fe pfne  Signe  feignent  jôoue  ne  pouce  pfue  feignent» 

Gn  ce  point  fionuoiee  feree  Jemmeyne  tout  ce  fï  mamaniett 

Su  granf  mai /F reefî  ©eu  fonrtcur  ÿce  fit} a Sanj  fauft  tous  mourir 

Æcpape  ^empereur 

Jfya  fauft  if  que  fa  Qanfemayne  lenefcapÔeuanf  qtriidppefTe, 

Æe  premier  qui  fuie  ©ieu  en  texte  ©e  fa  moif  quanfi  me  Semenc 

0ap  en  ©ignife  fouucraine  Srmerme  fauft  ©e  pic  ©epefft 

G V fcgfi  fe  comme  faint  piette  Cf  ©ttnfinfeuf.ee  me  fi  grartf  peine» 

Cf  c3me  autre  moif  m e 0tenf  qu  erre  ^mrtouaaj>  eu  gran  Scu  r m onSajne 
Cncaiee  mourir  ne  cniSaffe  Cf  mode  me  fauft  pour  f ouf  g âge 

£0aisfa  mo:f  a foqe  m aine  guerre  ÈDueffe  ©ece  mo:fef©ommaine- 
pcuSauff^onneurqaififo^paffe  ^eegranencfonfpaeSauanfaige 

ai// 

Celle  de  droite  ressemble  davantage  à l'original  de  Guy  Marchant,  mais 
elle  est  plus  ombrée. 


ATELIER  DU  PETIT  LAURENS  nj 

Tout  le  reste,  les  costumes,  les  attitudes  des  personnages  sont  copiés  avec 
une  fidélité  scrupuleuse;  011  ne  trouve  de  dissemblances  que  dans  les  touffes 
de  plantes  et  d’herbes  du  terrain  sur  lequel  se  passe  la  scène. 

Le  volume  se  termine  par  cet  achevé  d’ imprimer-.  Cyjtuist  la  Dame  macabre 
historiée  et  augmentée  de  plusieurs  noimaulx  parsoiuieùges  et  beaiilx  dit £ tant  en  latin  que 
en  jmnçtys  nouvellement  ainsi  composée  et  imprimée  à Paris  par  le  Petit  Laurem  : 


pen|c  to  pomt  qut  famé  qaor>  veme 
Ctque  pteicjne  ftp  poifftmcc  mondaine 
£)e(aeoay  car  mort  Sir  nfoa  fonSaine 
iDne8rtueatopa  fotjffopSarf  ÇoiriSfe 
acoap  comme  c0o|etnuifi6fe 
2Dne  pae  mratae  (aifit  axtuimment 
l&e'ôtte.Men  prccatti  (eutement 
aitifimo.’tae  to(t  fatiBConftiffop. 
■^onf  (nfctaepap  ©tttit)  tnjjrmen 
i5ommc  ©rffait  et  a petSictop 

i5 om  me  en  petit  fafc&e  certainement 
©Br  U to  nae  antîe%ou(oU6tiefmmH 
7&e  famenSet  ne  autre  ©rnoriop 
(Sa  te  Serras  Sng  ionr  fnfiifmient. 
£>cmme  ©effatf  et  a petSiriop. 

arteiîouapwfjbsfucmffimcnfc  fiffeffo? 

Jnpemurrçf  odette  rpniptnïfiif  op«e 
fluffue  aSIji « poCuif  Quitte  contins  ;cw  fumirmnj 
Bre  moSopmiu  nequifc  <ue  BcBif  mm  Jtmrçj 

ferir  fuif  ifbîf  rira  qua8  conStoî  mBfcat  dns 


Æpftm^fa©artfe  maca6ie  flifïoiter  et 
angmdfee  ©r  pfufte.  e nonneautjc  pat 
fowiatgea  et  BeanCf  ©itj/fant  ep  feffp  îf 
rnfrartcope  nomtrffement  ainff  compo» 
fee6 1 impfftnee  a pattapar^e  pt  fit  fa» 
reno* 


On  retrouve,  à la  fin  de  cette  édition,  les  vers  composés  en  l’honneur  de 
l’imprimerie  par  Jean  de  Rochechouart,  évêque  de  Saintes.  Ces  vers  semblent 
indiquer  que  le  typographe  et  le  dessinateur  ont  tous  deux  rivalisé  de  zèle, 


HISTOIRE  DE  U IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


1 16 


en  Elisant  chacun  de  son  mieux,  et  que  personne  ne  pourra  tes  dépasser  dans 
leur  art-. 

A ne  nova  si  cernis  menu  libellas t 
Jngmium  tôtiens  exupemhït  opus. 

Nullus  ndhuc pomlt  hujus  condngm  summum; 

Ars  modo  phtra  nequk;  ars  dédit  omne  muni. 

Chaque  fois  que  ta  pensée  se  reportera  sur  ces  livres,  produîis  de  fari  nouveau, 
cette  œuvre  dépassera  ton  imagination. 

Personne  iTa  encore  pu  atieindre  ce  dentier  degré  de  perfection;  l'art  ne  peut  faire 
mieux  et  a donné  tom  ce  qu’ou  pouvait  en  aitendre. 


Le  Petit  Laurens  lia  fait  que  reproduire  une  édition  d n La  Dame  Mnailm 
que  Guillaume  Le  Rouge  avait  imprimée  à Troyes,  en  1491?  et  il  s est  servi 
des  memes  planches,  ainsi  que  nous  avons  pu  nous  en  assurer. 


Æaûattfêtnacalm 


ffJtfltÏQimi 


Le  30  mars  14^3  (1492  v.  st.)?  Guillaume  Le  Rouge  imprimait  à Troyes 
un  autre  livre,  Les  Pastilles  et  Expositions  des  Episires  et  Evangiles > avec  figures  sur 
bois  et  quelques  bordures.  O11  voit  le  Petit  Laurens  employer  la  bordure 
fleurdelisée  sur  fond  noir  des  Pastilles , coupée  en  partie  sur  l'un  des  cotés,  et 


AT  F LIE  R DU  PETIT  LAURENS 


ï 2 J 

l'insérer  avec  d'autres  dans  U Ordinaire  des  Chreslkns  nomdlamm  hystone.  (Voir 
p.  120.)  La  figure  de  la  Résurrection  du  Chrétien , que  Ton  voit  dans  le  meme 
livre  avec  une  cassure  à gauche  dans  le  filet  gras  (voir  p.  121),  est  encore 
empruntée  au  matériel  de  Guillatime  Le  Rouge,  de  Troyes 

Le  Petit  Laure  ns  employa  > pour  le  texte  français  de  ce  livre,  un  gros  carac- 
tère gothique  de  14  points,  copié  sur  celui  de  Vérard  et  dont  voici  [‘alphabet: 

4D .:*/  fT  ff  lï 

ûfic&ÔcfgÇùfrtiroîitropqrjefÉuSjrjoj 

Les  vers  latins  qui  précèdent  les  vers  français  sont  imprimés  avec  un  carac- 
tère pins  petit,  de  12  points,  dont  nous  reproduisons  aussi  l’alphabet  : 

aûcffffgÇifmnrtîÿopqoeftwS^  * : 
à&1(tïrnrfôp#^<p%r*itü  ff  ff  fi 

Le  Petit  La  mens  a imprimé  pour  le  libraire  Geoffroi  de  Mai  nef  La  Nef  des 
Folles ( in  quarto. 

fiÿ  ftmftapîcfcnffiüte  inftfufcfancf  Srfoffceïm 
pûmc  npuHtffmenf  aporie  par  p€Üt  ^dutem  pour 
geaffrop  Senmmef  Mimt  Semûurartïgparig  njfa 
me  faînt^cicques  a ( m feigne  6u  pcfficarj. 

C’est  le  plus  beau  livre  illustré  qui  soit  sorti  des  presses  de  ce  typographe. 
Nous  en  donnons  ci-dessus  f achevé  d’imprimer. 


J Ce  bois  est  intael  ei  5:1115  Eirisnres  dans  Le  Débat 
an  cerjfs  et  de  tmn\  pièce  en  vers  ajoutée  à La  Danse 
Macabre  de  Troyes(  que  le  Petit  Laure ns  n'a  pas 
reproduite  dans  son  édition.  On  le  retrouve  encore 
dans  d'antres  publierions  du  Petit  Laurens  que 
nous  avons  signalées.  (Voirp.  121.)  La  mutilation 
que  Ton  remarque  dans  la  bordure  des  PestUks 


et  la  constatation  que  110ns  venons  de  faire  de  bois 
irnyens  lestés  dans  l'atelier  du  Petit  L.anrcns  nous 
bull  croire  qu'il  avait  acheté  toul  on  partie  du 
matériel  d'illustration  de  Guillaume  Le  Rouge, 
après  l’impression  des  Pastilles  de  1 4-9 3 j eT  nOM 
en  concluons  que  La  Danse  macabre  el  JSOrdbiayre 
des  Chrcs  tiens  sont  postérieurs  à celle  date. 


HISTOIRE  DE  L'IMRRIM EKH1  EN  FRANCE 


128 

Sur  la  page  de  turc,  ou  voit  la  figure  de  la  nef  vagua  u 1 à lave  nuire  sur 
une  mer  tranquille. 

Au-dessous  de  cette  figure  se  trouvem  ladresse  ei  l'enseigne  du  libraire  : 


*Tp7  % nef ica  foUt&fyl on  les  cinq  Us  ûc 
JLi-namrerümpüfee  félon  leuagiUeùe 
mofctjtneurfainfî^afbim  DesflttaUietv 
fie®  qui  tic  piitibiet  point  DupllefUiecqueB 
mljtrpour  mectreeu  leurs  lampes 


Voici  l'alphabet  du  caractère  avec  lequel  le  texte  de  ce  livre  est  exécuté  : 

aGc3brfq$t6ffnt9iit)opqtïdftu9pp^ 

ff  ff  (ï  . : ^/ 

C'est  le  meme  type  que  celui  de  UOniumyre  des  Chrcsikns  (voir  p.  122), 
semblable,  sauf  la  capitale  I,  à la  bâtarde  dont  se  servaii  Pierre  Lcvei 
J 4<?4-  (Voir  alphabet  de  Lever,  t.  1"  p.  416.) 


avant 


ATELIER  DU  PETIT  LAUKENS 


29 


I ii  première  nef  est  celle  des  Folles  d'Eve,  conduite  par  deux  démons 
déguises  en  fous.  Eve  est  ;lu  pied  de  l'arbre  au  fruit  défendu  servant  de  mât 
il  la  barque  : 

lapiemicc*  nef  BeôfoffesBc  Une  jfb.  i. 


r aptmim  feffe  ttfuie 
,1— i-tfDuî  feîfiepitfûufE^fibtnînct 
JËrçœffc  nrf  ic  me  «finie 
fccmfanf&aeftfjauft  gcwuetnet 
Je  fmp  fut  feufeefit  fermer 
Je  cognoiemafïjajifie©  r ïoîffce 
èm^fofffeftwiefeiimener 
toene^nmipterfir  SojnoitHeffrft 
iDenejfîûmfCf&imoifeffeitt 
ftene^  cp  ficfienedjemwer 
Hmme^  So^ftfïïeputffïee 
point  ne  fee  Seufjp^twiSonner 
t>n  tontine  Seufy  fteftemmer 


Adam  s’avance  près  d'Eve,  qui  récite  des  vers  appelant  la  compagnie  de 
autres  folles  : 

La  première  folle  je  suis 
Qui  doibs  sur  tomes  dominer. 

En  ccstc  nef  je  nie  déduis, 

Voulant  bas  ei  liault  gouverner; 

Je  sçav  sur  toutes  discerner; 

Je  cognois  mastz,  cordes  ei  voilles. 

Venez  folles  sans  séjourner, 

Venez  compter  de  voz  nouvelles, 

Venez  dames  ci  damoiscllcs, 

Venez  ci  détiens  cliciiiincr. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  Y RANCE 


1 3 o 

An  milieu  de  fa  seconde  nef,  conduite  par  de  jeunes  et  élégants  rameurs, 
se  trouve  debout  ime  courtisane  qui  arrange  sa  chevelure,  tenant  un  peigne 
d'une  maiu  et  de  l’a  Litre  un  miroir  dans  lequel  elle  se  contemple.  Son  com- 
pagnon aide  à monter  en  barque  la  société  de  jeunes  folies  à longue  che- 
velure qni  attendent  sur  le  rivage  : 


Italiens  trop  estes  esbahys, 

Trop  paresseux  de  cucur  et  de  pensée. 
Ne  soiez  plus,  je  vous  pry,  si  oysiz, 
VosEre  douleur  est  malmenant  passée. 
Ordonnez,  vous  menez  du  îout  la  paine. 
Doresn avant  fuyr  oysiveié. 

Par  cliascun  jour  la  paix  on  vous  ameine. 
Osiez  courroux  ; prenez  joyeuselé. 

Voiey  ma  harpe  qui  présent  vous  invite, 
Vous  rcsjouyr  ce  jofiz  temps  nouveau. 
Aussi  le  boys  verdoiant  vous  ineiie 
Avec,  scs  Heurs  et  le  chant  de  J'oyscau. 


Il  y a dans  ces  vers  une  allusion  à la  conquête  du  Milanais  que  Louis  XII 
venait  de  faire  sans  coup  féru,  et  au  bon  accueil  que  fui  avait  témoigné 
la  population,  lors  de  son  entrée  à Milan,  le  12  octobre  i49p> 

La  troisième  nef  est  celle  du  sens  «de  ouyr».  Deux  femmes  font  de  la 
musique  Pune  jonc  de  la  mandoline;  l’autre  accompagne  de  fa  harpe;  une 
troisième,  coiffée  du  bonnet  de  folle,  agite  ses  grelots,  se  lève  an  milieu  de 


Oii  estes  vous  mortels  de  coumige  ! 
Gens  sours  aponchez  vous  vistemem, 
Venez,  venez.  Saillcz  îost  de  r.aige, 
Trop  avez  demeuré  longuement, 
Venez  tost.  Si  orrez  doulcemem 
Le  doulx  vent  de  Zépïiire  et  ses  seurs. 

Les  folles  du  sens  «de  odorev»  se  tiemu 


sut  dans  la  tjuauième  nef  : 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMElilE  EN  FRANCE 


Une  troisième,  se  penchant  à (avant  de  (a  barque,  appelle  ses  compagnes 
qui  cueillent  des  fleurs  sur  le  rivage  et  les  interpelle  en  ces  termes  : 

Venez,  folles,  hastivement 
Qui  odorez  bonnes  saveurs 
Et  portez  en  habillement 
Robbes  de  diverses  couleurs. 

Venez,  apportez  voz  oudeurs 
Et  voat  pouldres  de  violettes. 

Venez,  venez,  mes  bonnes  seurs, 

Saillés  toutes  de  vos  chambretes, 

Céans  vous  serez  îenuz  sécrétés; 

Entrez  toutes  en  ce  beau  lien. 

De  fleurs  serez  tontes  couvertes. 

Dans  la  cinquième  nef,  qjii  représente  le  sens  «de  gouster^,  une  table  est 
servie;  on  vide  joyeusement  les  gobelets  en  se  laissant  aller  au  grc  des  flots  : 


O vous  chevaliers  paresseux 
Menant  vie  sardanapalique, 

Levez  vous  du  dormir  oyseux 
Il  est  temps  que  chascun  s'aplique 


Pour  Dieu  veuillez  avancer, 

Vous  verrez  c.y  commencer 
Les  banccjuctz  de  lagent  gourmande, 
Lesquclz  on  ne  pcult  appaiscr 
De  toutes  sortes  de  viandes. 


ATELIER  DU  PETIT  LÀURENS 


'33 


La  sixième  nef  est  celle  du  sens  «de  toucher».  Plusieurs  couples  d’amou- 
iuix  comme  n ce  in  leurs  ébats  en  s’embrassa  m et  en  se  [minant  : 


O compagnie  amoureuse. 

Génie,  plaisante  ei  joyeuse, 

Âpprouche  toy  : je  te  requiers, 

Car  pour  luxure  je  te  quiers, 

Tu  es  sa  cure  et  pensemem 
Très  aggréablc  entièrement. 

A I avant  des  nefs  flotte  le  pavillon  allégorique  de  chacun e d’elles  : la 
Luxure  est  symbolisée  par  un  bouc,  la  Gourmandise"  par  un  porc,  et  ainsi 
des  autres  sens,  selon  Temblcme  attribue  à chacun  d’eux. 

Les  illustrations  de  Ln  Nef  des  Fades  sont  d’nn  dessin  facile  et  tout  a la  feus 
soigné  s Les  moindres  détails  des  costumes  sont  rendus  avec  une  précision  et 
une  recherche  qui  charment.  L’artiste  a fait  preuve  d’un  véritable  talent  dans 
le  jeu  des  physionomies  qui  caractérisent  les  passions  qu’il  a voulu  repré- 
senter. Ces  figures  sont  des  meilleures  parmi  celles  de  l’école  française  du 
xvc  siècle;  elles  nous  paraissent  cire  de  la  meme  main  que  celle  qui  dessina 
les  personnages  du  Compost  ci  Ktdmdfier  des  Berger  es,  publié  par  Guy  Marchant 
en  \ (Voir  fac-similés,  t.  Itr,  p.  38^-387  ) 


1 Nous  avons  reproduit  ces  figures  d’jprès  l'ad- 
mirable exemplaire  imprime  sur  vélin,  lègue  à fa 
1 '"rance  par  le  duc  d’Aumale,  et  faisant  acLujgpe- 
m^nt  partie  des  richesses  ariistiipies  du  Musée 


Coude,  à Chantilly.  La  BibEiodu'Ejiie  Nationale  ne 
possède  pas  ce  livre  M.  Prnctor  en  signale  nu  .antre 
exemplaire  an  Musée  BrUamïkjiie  1/tdt'x  fs  ejrty 
prtnteJ  fashy  n°  S 177;  ouvrage  cité 


134  HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

Ces  gravures  om  reparu  dans  une  édition  ianue  imprimée  a Paris,  pour 
le  compie  du  même  éditeur  de  Marnef,  par  Thielman  Kcrver,  et  datée  de 
Fan  du  jubilé  j 500,  le  xu  des  Ccalendes  de  mars. 

Le  Pem  Lanrens  a imprimé  la  première  éduimi  du  Dm  Tulles  des  Offices , 
traduii  par  David  Miffant,  de  Dieppe.  Cest  un  très  beau  livre,  jusqu  alors 
inconnu,  qui  se  irouve  dans  la  bibliothèque  du  baron  James  de  Rothschild  r. 
Un  aune  exemplaire,  ci  lé  par  M.  Pructor,  figure  au  Musée  Britannique-. 

Voici  le  fac-similé  du  titre  de  ce  volume,  de  format  petit  m -folio1  : 

enftipt  l e Iture 

bulles  ûcs  offùes-£eB 
a Dire  Des  operations  bu 
maines:ÿemieufes  etbo 
nettes,  familtafmnéfc  de 
remet;  et  félon  la  trmj?e  fè 
tète  et  mfencto  De  larteur 
f ranflate  en  franroys  par 
bonnoiab  le  et  ptuDeut  bo 
me^amDmiffanfwfril 
lier  et  gouuerneur  De  la 
totilebe  j^t'eppe  : au  quel 
Iturer&afmn  borne  pour 
ra  pienbre  biaps  enfet'gnemens  De  bien  et  bonettemetit  bture 
en  fottete  humaine  félon  bertu  moialle-moyetmantla  quelle 
auerqs  foj?  pourra  paruemr  en  la  gloire  etemelle  De  paradis 
qui  ettlafmet  fouuerainbienouronftfte  félicité  bumaine. 

La  grande  inuiale  S,  formée  de  deux  dragons  al  >1  nichés  que  Fon  voit  en 
tête,  csj  une  imitation  réduite,  avec  quelques  modifications,  de  la  lettre  de 
Lu  Mer  des  Hystdms  de  Pierre  Le  Rouge.  (Voir  t.  V\  p.  480.)  Ccne  lenre 
a été  copiée  assez  exactement,  avec  2 millimétrés  en  moins  de  hauteur,  a 
Lyon,  par  Fimprimeiir  Claude  Dayne,  qui  a donné  le  15  janvier  i/[p 7 
v.  si.)  une  antre  édition  du  même  livre  de  Cicéron,  Des  Offices. 

L'édition  de  Paris  est  sans  date  et  imprimée  «par  le  Petit  Laurcns  pour 
discrèie  personne  Jehan  Peiit»,  dont  la  marque  sc  irouve  au  bas  du  titre.  An 
verso,  on  remarque  la  figure  de  Fauteur  de  La  Dame  Macabre , assis  dans 
une  stalle  gothique  devant  un  pupitre.  (Voir  p.  123.) 

1 Çiitdlpgïie  KahschiU , i.  HI , jC  2556^  ouvrage  ckê.  2 Index  m mrfy  pfmtcA  hvh , w"  Ht  7^ 
ouvrage  cité. 


ÂTHLITIR  DU  PETIT  L AU  RENS 


■3? 

Le  Petit  Lanrens  a imprimé  le  roman  de  chevalerie  d'Ogkr  k Dannoys f 
qui!  a signé,  mais  sans  y mettre  de  date  : 

B ^ f tfuen  j it  8c  Bku  ft  Zt  f om 
fa  court  œfiefle*£p  fîmfîte  tom 
mon!  nomme  ogttt  fe  fiânote 
parfant  Se  e Si  fee  üit  tôt  tre  et 
gume  poiieff®q«îfeuttnfem 
Bfepfufimte  noflfeo  piïceepü 
rojw^onÉrefeô 

Sente*  JmptimeapatUpm 
le  petit  faurme, 

Le  titre  commence  par  une  grande  lettre  sur  fond  noir  dans  le  style  de 
celles  souvent  employées  par  les  imprimeurs  lyonnais  : 


uûgflnicîrïaune 

tttari^ujfitfp 

BeepeteBe  fronce/ fequef  auec  fripSe  Su  uop  ^atftmupgne^affu  fee  papeitefjoïô  Se  rSme 
JÊt  rnnift  fc  pape  etj  fonficgc  * fitconquift  tno jra  (mtfifee  mon®  f«rnÿin6  m cfamp  Se 
CotiâffWafîuf^uotr^uittumont  top  BegppfeBcwmf  Btr.  , 3g>îüfjpet  fouf  jaijBefiafiifop 
ne  Beuanf  ÂaorçÆ  lu  ftam  oq  foi f fmt  Seyant  aae*0f  f y f couton  ne  ^p  Bengfetme-tef  top 
Batte/ et  cBquiff  :pfufteure  autres  £atflC3teeftfTfe3t!^)giet 

Le  volume*  de  format  petit  in-foiio,  est  exécuté  avec  les  caractères  de 
JJ  Ordinayre  des  Gmtitus  et  de  ïJki  Nef  des  Folks , 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  ER  AN  CE 


* ^6 

l.e  Petit  Laurens  a imprimé,  en  petit  in-folio  a deux  colonnes,  Le  Songe  du 
Vergk)\  dont  il  y a des  exemplaires  un  nom  de  Jean  Ahsot  on  Alrssot,  libraire 
à Angers,  auparavant  associé  avec  Pierre  Lever,  imprimeur  a Paris  (voir  t.  Ier, 
p.  4 15  ),  et  d antres  à celui  de  Jean  Petit,  libraire.  A la  fin  de  ce  volume,  on 
retrouve  la  planche  représentant  I auteur  de  La  Danse  Macabre,  illustration  qui 
provenait  du  materiel  de  Guillaume  Le  Rouge,  de  Troyes,  et  dont  le  Petit 
Laurens  venait  de  se  servir  pour  son  édition  hïsnmk . (Voir  p.  1 2.3.) 

H u exécuté  pour  Jean  Petit  une  édition  du  Cominmkr  d* Anjou  n du  Maine 
et  Le  Mkthx  de  la  Passion  N os  ne  Seigneur  lesitemi  : 

C#  fonnîurf/üfafûHSÿr  nofîrr  ftigiïv 
trfnniftet  bf  fatourtbeparabfaaf/îf  rmpif 
mff  apaci&afitpïeftntitpafïtat)  par  j&piï 
t tt  Ta  u 1 t nû  pour  jfrftnoia  0fr  0o  m mr  Jl  ej) 
prtft  fiËiafreüf  funnierfrfe  br  parie:  bernons 
rant  rij  fa  eue  fat  n et  Jaq  uf  e ou  ptnb  po  ut  t n 
frtgnrfrfForjbatgrnÉ 


Le  une  de  celte  édition,  que  nous  reproduisons  ci-après,  est  orné  d'une 
superbe  gravure  tenant  presque  tonte  la  page,  et  qui  représente  le  Christ  en 
croix.  A gauche,  011  voit  Jésus  amené  par  les  gardes  devant  Ponce-Pilate, 
La  scène  du  milieu  nous  montre,  au  premier  plan,  le  Sauveur  crucifié;  les 
saintes  Femmes  sont  à gauche  au  pied  de  la  croix;  de  1 autre  côté,  les  soldats. 
La  mise  au  tombeau  est  figurée  dans  la  perspective  de  droite.  Cette"  illustra- 
tion est  encadrée  a droite  et  à gauche  de  bordures  historiées  et  ornementées 


ATELIER  DU  PETIT  LAURENS 


<37 


très  remarquables  tirées  de  LÏOrdinayrt  des  Cmtiens  et  de  La  Danse  macabre 
historiée , imprimés  auparavant  par  le  Petit  Laurens  , 


II  existe  une  édition  antérieure  à celle-ci  du  Mystère  de  la  Passion.  Elle  est 
datée  de  i4ÿ°  et  a été  imprimée  pour  le  libraire  Antoine  Véraid. 

Bien  que  les  caractères  nous  semblent  être  les  mêmes  que  ceux  employés 

n.  1 8 


iurruiLEi  t K iTJn-^  h e. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


138 

pour  les  sommaires  de  ha  Dame  macabre  historiée  (voir  p,  124  et  1^7)?  Pous 
hésitons  à attribuer  cette  édition  au  Petit  Laurens,  et  nous  croyons  quelle 
est  plutôt  sortie  des  presses  de  Pierre  Le  Dru  et  Étienne  Jehannot, 

Le  Petit  Laure  ns  a public  une  édition  illustrée  petit  in-folio  du  Ranimant 
de  !a  Rô$e,  qu'il  n'a  ni  datée  ni  signée  et  dont  voici  la  dernière  page  : 


jfrj  fie  eftajit  eÉ  (JïmSte 
JD  fut  font  crquefc  foifiç 
ÿtjDme  9c  touffu  te  frie  Bietj 
Qstontquenuf  maf  grcnemetj  fteuf 
%t  toufp  qui  nufmafneij  conceuf 
Sine  me  ronfentp  (euffee  fl  faite 
JEequiffcet  qurf  mtçonuinf  faite 
mappeffeifSetmuenflrîf 
Que  f up  fai®  géant  Stfauerianf 
jéf  fuie  trop  oufftageup  ce  Sit 
np  met  if  nuf  miadit 
Que  ne  pifingne/p  maine/iraieuiffe 

Uofief^an^ee/ttffeute/d  fueiffe® 
Qua  ut  et)  fi Çauff  Segze  m e Si 
Que  tm  ftnoGfemmf  t^air 
Que  mefp««ncenefïpaôfa0fe 
pourceque  60P3  {E  ag«a0ft 
Jfuflc  Sue  loua  mes  fi  nfteffur® 
jCümmeffltirSoiumf  Secteurs 
jCaimotuf  efïoieeij  euf^  tenue 
Quant  panufp  iefu  Stuenu® 
rieffeque  pour  ètfeaff icÇc 
neffof  f paejl  ritÇe 
flufi'euidtnatittîfïflSemte 
Qui  meutenf  apSe  mieufy  queitufj 
put®  a fou®  fe  ® 0aum®  8e  foft 
itfquefj  tantôt®  Sien  ne  fatcfùft 
ÏDe®  feœ  uBaup  fut®  amouceuy 
j£nfrt  fæffmfUcsfauoueeup 
lÆcnfi  gtacee  Bip  (bieou  Scngf 
^aiGSemjtforçnemefouumt 
Qui  font  gafïfleif  moi  le  peine 
g®  augte  tic0efle  fa  iSt  fane 
Qui  tmcqueGfle  pitié  nufa 
Quant  f entrer  m e nfiifa 
3Du  fcnfftef  queffe  ^ai8oi  f 
ÎDrcefîtt  »pa®  ne  fe  gntfloif 
ptitou  te  fuie  cean®  $enu® 
Ucpofïemmf  fc®  faufp  menu® 

S®  afgte  me®  moicefj  ennemi® 

Qui  tant  meurent  atrieie  mi® 
fEfpectafementtafoufîe 
B faut  fot|  dfappeauSe  fouffà 


Qui  8e®  aman®  feerofe®  gmfîe 
£®ouft  etjfdf  me®  (Jonnegaïf 
flin®  que  oifee  m t cemuafle 
£>wmot)  Sucifencoîfimoumffe 
pai  geant  tofûrite  tuetUÿ 
JLafTeut  8u  fléau  toftttfreurp 
flrnfî  ieue  fa  tofe  Smurilfe 
fl  tantfutwwp  iemefUeiffe 


iTefî  fa  SU  nommant  Sefa  tofe 
QufWftvnouï®  efï  foute  encfofe 


3hipttmenoiuieffemenla  pari® 


ATELIER  DU  PETIT  LAURENS 


*39 


Les  figures  sur  bois  de  ce  livre  sont  les  mêmes  que  celles  de  b édition  ano- 
nyme reconnue  pour  avoir  été  imprimée  à Lyon  par  Guillaume  Le  Roy  et 
qui  ont  .servi  également  aux  deux  éditions  faites  à Paris  par  Jean  Du  Pré 
et  Nicolas  Des  Prez,  à la  fin  du  xvc  siècle.  Le  titre  de  l’ édition  du  Petit 
Lanren.s  est  imprimé  avec  la  grosse  gothique  de  la  première  ligne  du  Mistm 
de  la  Passion  : 

jEerommantDdarofe 

tmpîteeajàarfs 

Il  en  existe  deux  sortes  d’exemplaires.  Les  uns  ne  contiennent  que  ces  deux 
lignes;  dans  d'autres  on  voit,  au-dessous*  la  marque  de  Jehan  Petit.  Le  texte 
est  imprimé  avec  les  caractères  de  U Ordinaire  des  Crestiens,  signé  du  Petit 
Laurens.  (Voir  fac-similé,  p.  122,  et  alphabet,  p.  128.}  L’édition  anonyme 
des  Pastilles,  qui  se  trouve  à la  Bibliothèque  Mazanne,  est  exécutée  avec  ccs 
mêmes  caractères  : 

Cpd»tcc  fcmoit6ctff«i?pfaû)6(:pm7f3(c 
©nie  ft  recteur  8e  fûUG  tes  efemene 
£ar  te  ne  ïop  p îm  faite  nmf  1 (fiente 
©ne  Zay  mer  Steu  cr  feo  a>mmanfimien  g 

CC  iEîr  ^ ^ P°  fïiÉT çjopofïft'onô 

fiée  cptffre*  $ fuangtffeG  Gomiiticaflfcs* 

ZJucctiffre  ffa?  fcflee  foJïctmeffrefiefoHfe 
frmnee^  fapaflfcijp  Ecfuttrtriütj  fiennfïre 
feignent»  f£t  (effee  aüfjr  fies  cm  crçfqka 
fie  fagtoieupÇitfSt  marie  3rT1primeeeca 
parie. 

Le  Petit  Laurens  a imprimé,  pour  François  Régnault,  Les  Dicts  des  Philo- 
sophes, de  Guillaume  de  Tignonville.  H a publié  la  traduction  française  de 
X Erndi  tannin  peuiteutiale , sous  le  titre  d 'Introduction  an  sacrement  de  Pénitence,  avec 
les  memes  figures  sur  bois  que  celles  de  I édition  latine  d’Antoine  Caillant. 
(Voir  t.  Lr,  p.  322-323,)  On  cite  du  Petit  Laurens  des  éditions  des  Luuetm 
des  Princes,  de  Moschino  t;  du  Temple  de  Mars,  de  Mo  linet;  de  la  Moralité  de 
P homme  pécheur;  du  Cousin  inkr  du  pays  T Anjou  et  du  Maine,  et  des  Cinquante  et 
nng  an-ests  dr amant,  de  Martial  d’Auvergne*  livres  non  datés  qu’on  11e  rencontre 
pins.  H faut  descendre  de  1491  à 1499  pour  trouver  des  impressions  datées. 
O11  mentionne  encore  d’autres  volumes  du  Petit  Laurens  qui  ont  disparu. 


i4o  HISTOIRE  DE  LTMPRIMERIE  EN  FRANCE 

Ou  ne  connaît,  jusqu'à  présent,  que  deux  livres  latins  sortis  des  presses  du 
Petit  Laurens  : le  traité  de  Gaguin  sur  la  versification,  sans  date,  qui  porte 
sur  le  tiue  la  marque  de  lu  Croix  Blanche,  et  la  Grammaûca  Pewtti , datée  du 
zo  décembre  i4ÿp>  signée  du  nom  de  l'imprimeur  ainsi  humisé  : Paivm 
Lait  rendus . 

Le  Peiu  Laurens  s'est  servi,  pour  1' Àrs  versificatoria } d'un  caractère  gothique 
de  10  poinis,  le  même  que  celui  employé  pour  les  noies  marginales  de 
UOrdhuiyre  des  Cresrkn s et  doni  voici  l'alphabet  : 

'BT&tL&Sif  ÆlfcJmXimiî 
abtdoef$bi]'MmTitîpqrîfcüvj:7î  fflflt  .:/ÿ(  JC 
à b *3  6$  £*1  irt  f tftpû 

Le  Petit  Laurens  ou  Laurent,  dom  le  nom  étau  probablement  Laurent 
loin  coun  ei  qui  devaii  celui  de  Petit  à un  surnom,  a continué  à travailler 
jusqu'en  1517  environ.  Le  roman  de  chevalerie  de  Godefwy  de  Bouillon , 
illustré  de  figures  sur  bois,  qu’if  imprima  en  1504  pour  Jean  Peiu,  est  une 
de  ses  productions  les  plus  remarquables. 

Son  atelier  était  snué  rue  Saim-Jacques,  près  Saint-Yves,  à l'enseigne  de 
lu  Croix  Blanche1 . Dans  sa  marque,  que  nous  avons  reproduite  au  commence- 
nt en  1 de  ce  chapitre  (p.  1 J 7),  figure  un  écu  supporié  par  deux  licornes.  Au 
centre,  une  croix  blanche  dentelée  représente  son  enseigne  sous  lorme  de 
rébus  : Lu  blanche.  Au-dessous  de  la  croix  blanche,  Fini ti ale  L au  m i lien 
de  fleurs.  Autour,  dans  la  bordure,  on  lii  cetic  devise  : 

Chascun  soit  content  de  ses  biens, 

Qui  n'a  sufisancc  n'a  riens. 


1 Rue  Saint- Jacques,  il  y avait  trois  nuisons  a 
l'enseigne  de  Ci  Cr*ûx  RCïht'h? ; [Tnne  était  dans  Je 
liant  de  la  rue,  mut  h côté  de  J’êglise  Saint  Etienne 
des- Grès;  mie  autre,  au-dessous  de  Saint'  Benoit, 
juste  en  bce  de  b maison  de  LEsctuu  Setcil;  une 


tioisiênie,  paroisse  Sain  t-Séverin  , était  un  vaste 
immeiihJe  avec  façade  sur  la  rue  des  MatLumns  et 
se  projetant  iatêraJem  en  t sur  la  rue  Sain  t-Jaccjnes. 
Cer  emplacement  est  celui  qui  est  Je  p] n s n ppr odi ê 
de  J a chape  J Je  Saint ■ Y vcs. 


CHAPITRE  XXVIII 

L'IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  D'ANDRÉ  BOCARD 
(14^1-1500) 

Bocard,  libraire  ei  imprimeur.  — Son  pays  d'origine.  — Livres  imprimés  pour  lui  et  par  lui. 

Nom  d'un  de  ses  correcteurs.  — Ses  initiales  ornées. 

André  Bocard  ou  Boucard,  libraire  juré  de  ['Université  de  Paris  et  impri- 
meur, était  Poitevin  d'origine.  Il  avait  des  ouvriers  de  sa  province  dans  son 
atelier,  ainsi  qn'ii  nous  l'apprend  lin- même  à la  fin  d'un  Sailuste  imprimé 
en  i 497  l-  Le  premier  livre  qui  porte  son  nom,  VExpasiria  Gtorgii  BmxeUaisis 
in  snmundds  Pétri  Hyspaui  , est  daté  du  2c?  aont  1 4jn  et  a été  imprimé  pour  le 
libraire  Geoffroi  de  Mai  nef,  son  compatriote 

Le  17  novembre  i 493  (]  5 des  calendes  de  décembre),  Bocard  imprime  en 
in-quarto  le  texte  latin  de  l'Ecole  de  Salerne  [Kegan  m sa  ni  tans  Salami  ta  nu  m)y 
avec  le  commentaire  d'Arnankl  de  Villeneuve: 


i ^metî  .nftatto  compoftmni  feu  ojdfnatum  a ttui 
gfftro  él  do  &e  t lit  a no  aara  1 bu  fa  n omnium  mdkcop  vlnemïtij 

flcmm-i.  ^mpwfîim  partfîf  per  mtaglftrani  Hndreâ  b wardrv.hal'.^e 
€£brie*Bîînc  i^UefimoqusdrihsÈieriiTio  nonagelîmointia* 


Ifeocopue  optitutfqiwdtïro  medidne  votatur* 


M.  Proctor  indique  trois  autres  livres  sans  date  : Æsopt  fabnl#  cum  com- 
menta; LibrFaati  cum  commenta , et  enfin  l'ouvrage  d'Albert  le  Grand,  intitulé 


r Bocard  copie  la  pièce  de  vers  en  disiiques, 
bien  comme,  du  Sallnsie  de  1 4^ 1 imprimé  à la 
Sorbonne  et  commençant  par  les  mots  suivants  : 

jVuuc  parut  arma  vïroitjüe  shttut  rtx  or fris 

qu'il  applique  à l'expédition  au  delà  des  monts  que 


préparait  Charles  VIII;  à l'avant  dernier  vers, 
Bocard  remplace  le  mot  Ahmimas  par  Pktdws  : 

Anuigerisquc  tais  Pictjÿvs  tutiwaurres  f qui 
Hqs  prime rs  libroi  anud  JultfW  liM- 

! Cette  édition  est  indiquée  dans  l 'Index  p tarp 
prhited betks  de  Al.  Proctor,  sous  le  S 1 55. 


4 * 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


De  Secretis  nmlierum  et  virant  in  , sans  date.  D'après  le  savant  bibliographe,  ces 
(ivres  auraient  paru  entre  août  149  1 et  novembre  1493  ■ 

On  voit  (a  marque  de  Bocard  sur  une  édition  du  (ivre  illustre  ayant  pour 
titre  : L’Art  de  bien  vivre  et  de  bien  mourir,  à (a  date  du  1 2 février  i4$4  (n-  St.), 
imprimé  avec  les  caractères  de  Pierre  Le  Rouge,  dont  Jean  Maurand  ou 
Morand,  imprimeur,  venait  de  se  servir  pour  Les  Croniques  de  France , imprimées 
an  compte  de  VcrarcL 

Le  jo  mars  de  la  meme  année,  Bocard  publie  une  édition  in-folio  de 
lei  Légende  dorée,  en  français,  avec  figures  sur  bois,  conjüintemejit  avec  Jean 
Du  Pré,  qui  en  fît  ( impression.  La  marque  de  Bocard  est  placée  sur  le  titre, 
côte  h côte  avec  ceüc  de  Du  Pré.  (Voir  t.  L,  p.  2Ô9.) 

Le  1er  mars  1494  (n.  st.),  un  antre  imprimeur,  Jean  Lambert,  avait  mis 
au  jour  pour  André  Bocard  1111e  édition  in-qnarto  de  VÈgnylhm  dammn  divine, 
de  saint  Bonaventnre,  et,  le  12  avril,  (e  même  typographe  achevait  encore, 
pour  (e  compte  de  Bocard,  une  Imitation  en  français.  La  marque  de  ce  der- 
nier se  voit  sur  (e  titre  du  Tractants  de  magich  nrtibm , in-qnarto  de  14  feuillets, 
sans  date,  imprimé  par  Antoine  Caillant. 

Le  10  février  i4p4ï  André  Bocard  exécute,  pour  Je  compte  de  Jacques 
Bezanceau,  marchand  libraire  demeurant  à Poitiers,  a 1 enseigne  de  la  Tetc 
Noire , le  commentaire  latin  de  maître  Pierre  Tatarct  sur  la  Logique  d'Aristote, 
suivi  de  celui  sur  la  Métaphysique,  du  même  : 

Itfmctuorura  fadle#  opua  intiroductoitiïfu  logfe 
ram  pfjilolcpfrfâ  nîcnon  mefëpbëïcâ  ,stj1eiUtep0* 
rtüïïmc  ïiri  mBgtftri  pfth  iatflr<T.oilÉgtntilïrme  ta* 
fMgafTj  tmpiUflpiudiît!  viri  JacPNbcjflweou  rticr 
rat  ans  pi  rto  LKn*f  ôfinnn  ta  pü  ilij  ctira  tf  m a 

sjti'tn  flndrct  bocard. Simo  pnimilletlmo.iCjCir  C* 
ticnj0trïmoqiîarro,&çcui  ofcfrfoiianjf» 


La  meme  année,  sort  des  memes  [liesses  une  édition  111-qnarto  des  Géor- 
giqucs  de  Virgile,  texte  latin  avec  commentaire,  composé  avec  un  caractère 
gothique  de  8 points,  beaucoup  plus  petit  que  les  types  du  texte,  le  meme 
qnc  celui  du  Commentaire  de  Tataret  sur  les  livres  d'Aristote,  mentionné 
ci  ■ dessus. 

Le  titre,  Géorgien  Virgilii  aun  commenta  faiii'dïari , est  disposé  en  deux  lignes 
dun  très  gros  caractère  de  24  points,  débutant  par  1111e  lettre  ornée  de  Ja 


truie x e en  rfy prhmd  tmh , nOT  Si  5 1 - 3 1 53;  ouvrage  cite. 


ATELIER  D'ANDRÉ  BOCARD 


*4  3 

hauteur  de  ces  deux  lignes  et  tirée  en  rouge.  Au-dessous,  on  voit  la  marque 
de  Bocard  accompagnée  de  sa  devise  également  tirée  en  rouge  : 


eoigi'ca  trirgih'j  eu 
comentofenultarû 


Le  texte  est  exécuté  avec  un  caractère  gothique  de  i t points,  dont  voici 
l’alphabet  : 

s&mq  JLüfel  Ré© 

1^*1^  B % 33  3 abcDdefgbiiiunopqr* 
ôftuvjtyj  aBb9pi3cc9ïilJl,,mmqnn0Ôpï>/pp^ 

f /(  J ffflfTft 

Le  Virgile  de  Bocard  ne  porte  pas  d’indication  de  mois  ni  de  jour  d’achè- 
vement, comme  plusieurs  autres  de  ses  impressions,  mais  simplement  la  date 
de  l’année. 

La  dernière  page,  que  nous  reproduisons  ci-après  en  fac-similé,  ne  com- 
porte qtie  Luit  lignes  de  texte,  suivies  d’un  libellé  en  trois  autres  lignes. 


44 


HISTOIRE  DE  LTMPRIMERTE  EN  FRANCE 


annonçant  que  (ouvrage  a été  terminé  heureusement  à Paris,  1 an  du  Sei- 
gneur 1 4pS-  Le  nom  de  Bocard  ny  figure  pas.  La  marque,  qui  se  trouve 
sur  le  titre,  indique  positivement  que  le  livre  est  sorti  de  ses  presses. 

ctfcrfMmr  pfrDnutnl.qtifj  (1  fcrfber^ttic  per  duo  f.fruftrâ  eïtfpmrrtr 
: Poctrinali  cuti»  oi'atur.  tôciilo  15g a oare  ttecet  ocia  pocula  fan $c*qti  i 
lufï  td  eft  ego  qn  ï focefï  feci  carminé  pafto  mm  foîurct  b uttotieg:  et  ego 
eudag  ïtmenti  id  i iti  uent aie.  j©  tpfire.lfric  cit  flpoftropfrj  quia  loqnfE 
qbr«nifmiTo:W  eft  fed  ttbi  lUudcantienrcI  IjbfUtn  btfKûlttommqiii 
tnaptt:  Kf  br*  tu  pjiult  rctubane  fbb  tcgmfiic  fa  g;, q nos  JjîtiMî  litige 
georgicomin  i buccolka  mbot  voLutrtu  a itbm  dicfdoa  fepdrauï* 

^rattadjiirte  tibf  cuifubfiHii  culmina  clf* 

iCDarmite  ftfperquattu  ottftooag^tij  dï 

«mnimtoîonefûmiltarrtïïmo  opoapïeflflniimiliater  ftnft* 

3JmptcffUinpariïl((  JSmo  $ni.ïD *££,££ *pcv* 

Voici  Faiphabet  du  petit  caractère  que  Bocard  employait  simultanément 
avec  celui  du  texte  (voir  l'alphabet  à la  page  précédente)  dans  le  Virgile 
paru  en  1 4^5  : 

6e>3"ftrzD]F]Æifc  ÆiaS'Ê  t!  abtcdffgb 
ÜUmnapqrjeftuvTTfJ  àb’f  n+rmm*fiii*âo°Â()j}iiï 

qqpïHlf  ffflflft  . s{ 

Le  25  août  1 (8  des  calendes  de  septembre),  André  Bocard  imprime 
KExposiiio  Hymnontm  per  ratnm  aimï  cirai  hm  3 in-quarto. 

Le  6 septembre  de  la  même  année,  ii  termine,  pour  Pierre  Régnault, 
de  Caen,  une  édition  des  Métamorphoses  d'Ovide,  avec  commentaire,  qu'il 
dit  avoir  imprimé  avec  de  très  beaux  caractères  ( opnmis  chnraçtenhus  ïmpressnsy 
Ces  caractères  sont,  pour  le  texte,  le  gros  caractère  du  Virgile,  ci-dessus 
reproduit  (p.  143)?  et,  pour  le  commentaire,  un  caractère  intermédiaire  de 
£ points,  dont  voici  le  spécimen  : 

Bïac&iËf  emyxAfon&ib&w&'&viz 

abÉdECfsfoUfHnînûpqrjtf  tuvx  y 3 ffflfFJTft 
à ? 5 5 f 4 $ n nftô  p P ç p p ^ 3 y q $ ^ 

f r^tîÿfi^tlu* 

Bocard  travaille  tour  à tour  pour  Durand  Gerlier,  .leau  Richart,  Jean 
Alexandre  et  Jean  Petit,  libraires-éditeurs. 

Le  20  décembre  14^ 7?  d achève  l'impression  du  Sallnste  dont  nous 


ATftlKR  D'ANIME  BOCARD 


avons  prié  au  commencement  tic  ce  chapitre,  et  le  i 3 janvier  1 4 (^3  (ides 
de  janvier  1497  v.  I),  moins  d’un  mois  apres,  il  cji  publiait  1111e  autre  édi- 
tion aux  frais  de  demi  Alexandre,  libraire  de  î’IJniversitè  cl’ Angers,  et  de  Jean 
Petit,  libraire  a Paris. 

Le  22  novembre,  Bocard  imprimait,  pour  ie  compte  de  Durand  Gerlicr, 
les  Lettres  et  les  Opuscules  de  Robert  Gaguin,  dont  voici  la  fin  : 

<[50e  bacuio  fiagufnt» 

dNrario  nfrumbaculo  reptaregaguinuift 
SZixi  peé  non  pigrio:  bleuie  nu  per  erat? 

Jtur  labo:/moibuo  Jfïmul  et  variabilté  et  W 
lEtlinbué  ateruem&rilitiierefenenu 
âtcfoletannofafïbùoarentibué  arboé 
EUtnïti  farce  me  viotata  ruât. 

finie. 

C^piftolaru  ctotationu  tradatuftp  bcvjrgftteo 
dfrarieconceptu/necnon  epf  ’rln  tum  alio:ü<p 
opttlcJbmm  t i lBoberf i gaguiiti  fini  0.  &2uc  ofa 
©urancUgcrieri  biblropoie  parifi  adlpenla  im* 
pjHii a funt  in  v tco  lancti  jacobiad  oiui  'Bfô 

nifu  tigtiû  e côfpectu  ecctefi  e b eati  4featurini  ve 
natta  bab  id , Sruio  \cccc  rcvtl|.  TBoiiÆb. 

feomda  etvigdïmo,  g magFmBndrea  bocard. 

Ce  volume  est  composé  avec  les  caractères  reproduits  ci -dessous  : 

abcodergbijklmnopqTîaftuv^rî  fffltffTfl  ( ) > \ t * $M 
âbb^PÔée^Çîi^fttt  r^l^f  f t9ÛTÿ  ^ 

Le  28  juin  j 5 00  (4  des  calendes  de  juillet),  Bocard  met  au  jour  divers 
traités  de  saint  Àthanase,  de  Didymc,  de  Cassiodorc  et  de  saint  Cyprien, 
sons  ce  titre  général  : Uliisniinii  morum  opmada . Dans  un  avis  au  lecteur, 
figurant  a la  fin,  Bocard  se  qualifie  de  typographe  très  habile  ( aitcaginpiim 
so/Sfimiinis)  et  il  sollicite  les  suffrages  du  publie  pour  avoir  imprimé  ce  volume 
aussi  nettement,  après  bavoir  corrigé  avec  une  exactitude  mathématique  (r/ni 
mm  terse  aîtpw  ml  miiiiscîni  ctisrignm  compressif} . Il  nomme  en  même  temps  Cypnen 
Ben  et  ( Cyprin  nm  Bemi)  comme  ayant  été  son  collecteur  (pii  cmtigatrices  11  w uns 
tipjxisuit) , et  il  appelle  Jean  Petit,  <pii  fit  imprimer  le  volume  avec  son  argent 
(pii  sno  ire  imprinmuLi  rrndidir),  le  mcillenr  des  libraires  {hlbliopohmiiu  opri  11111  s\ 

Bocard  n’a  pas  produit  par  Ini-mémc  de  livres  illustrés.  Lu  Légende  dork , 

jj.  1 p 


HISTOIRE  DH  L'IMP RIMER!  E EN  FRANCE 


146 

il  1 nsi  que  L'Art  de  htm  vtm  et  de  hkn  mourir,  qui  portent  sa  marque,  ne  sont  pas 
sortis  de  ses  presses. 

Dans  les  Métamorphosés  d’Ovide,  imprimées  par  Boord  pour  François 
Régnault,  de  Caen,  on  trouve  une  grande  gravure  sur  bois  qui  représenté 
Hercule  exterminant  les  monstres.  Cette  planche  est  empruntée  au  matériel 
d’illnstraiion  de  l’éditeur  Antoine  Vérard. 

On  remarque,  dans  cet  Ovide,  quelques  leu  tes  ornées  d'un  style  particu- 
lier que  nous  reproduisons  ci-dessous  : 


Les  mornes  lettres  reparaissent  trois  ans  apres,  en  avec  d'autre*  de 

meme  genre,  die/.  l’imprimeMi  Félix  Baligault.  Elles  nous  semblent  provenir 
du  matériel  de  Michel  Tholose  ou  Toulouse,  imprimeur,  rue  des  Amandiers, 
qui  en  avau  employé  quelques-unes  auparavant. 

Bocard  ■ possédait  en  propre  une  aune  série  de  lettres  ornées,  sur  fond 
crible,  dont  il  s'est  servi  pour  le  recueil  des  Lettres  et  Opuscules  de  Gagiiin, 
en  t.^pS,  et  qu’on  retrouve,  à partir  de  cette  époque,  dans  la  plupart  de  ses 
impressions,  notamment  dans  une  édition  de  Tcrence  du  22  juin  (10  des 
calendes  de  juillet)  qui  ifcst  pas  signalée  par  les  bibliographes.  Quel 

qitefois  les  memes  lettres  sont  tirées  en  rouge  comme  dans  les  Consiïiuiwucs 
Angiitf,  de  William  Lindemvood,  in-folio,  imprimés  en  mai  1501,011  beaux 
caractères  ( houesns  chnractmhus ). 

Nous  donuons  ci-contre  l’alphabet  de  ces  lettres,  dont  quelques-unes  sont 
assez  originales. 


ATI- LU- R D'AN  DH  É ÜOCARD 


LETTRES  ORNÉES  D’ANDRÉ  ROCARD 


■ - j s* 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


André  Bocard  a imprimé  encore  beaucoup  d autres  livres  dont  nous 
n’avons  pas  fait  mention  ici,  entre  autres  un  Comtumier  de  Poicton,  in-folio, 
tpi’il  acheva  le  10  avril  1500  (v,  st.)  pour  Jean  de  Mar  nef,  libraire  de  Poi- 
tiers, Son  exereice  s’est  prolongé  fort  avant  dans  le  x\T  siècle,  jusqu’en  1531, 
A la  fin  d’une  des  productions  de  son  atelier,  André  Bocard  a mis  cette 
fière  devise  en  l’honneur  du  livre,  multiplié  par  l’art  de  1 imprimerie,  qui 
durera  jusqu’à  la  fin  des  siècles  ; 

S ter  liber  hic,  doncc  fin  et  us  formica  marinas 
Ebibat  et  totum  testa  do  perambaiet  or  b cm , 

Que  cc  livre  reste  jusqu'à  ce  que  la  lourmi  ait  bu  les  Hors  de  la  mer  et  que  la  tortue 
ait  fait  le  tour  de  la  terre. 


M,  Proctor  a remarqué  que  Bocard  et  un  autre  imprimeur  parisien,  du 
nom  de  Félix  Baligault,  se  sont  parfois  servis  des  mêmes  caractères,  et  il  s’est 
demandé  lecpiel  des  deux  a été  réellement  imprimeur,  O11  ne  peut  dénier 
cette  qualité  à Bocard,  qui  prend  tour  à tour  les  titres  de  typographe  très 
habile  { calcogmpfi  as  solertissimas ) , d ’ exc  e 1 1 e n t imprimeur  ( optim as  calcogmph as)  ’ , 
et  qui  insiste  sur  les  qualités  de  correction  de  ses  éditions2,  ce  qui  dénote 
clairement  qu’il  pratiquait  lui-même  le  métier, 

Bocard  et  Baligault  ont  pu  se  pourvoir  de  matériel  chez,  les  mêmes  fon- 
deurs de  caractères  d’imprimerie  ou  bien  se  prêter  leurs  matrices.  Ainsi  les 
petits  ca r ac té r es  du  commentaire  des  Géorgien  Virgiln , de  14515,  sont  iden- 
tiques chez  l’un  et  l’autre.  Nous  n’y  avons  trouvé  qu’une  différence  imper- 
ceptible dans  la  lettre  b minuscule,  dont  le  jambage  d’avant  se  termine,  chez 
Bocard,  par  une  queue  en  forme  de  crochet  qu’on  ne  voit  pas  dans  les 
fontes  de  Baligault.  Les  autres  caractères  ont  certainement  des  lettres  sem- 
blables, mats  cette  similitude  n’est  qu’apparente.  En  les  regardant  de  près  les 
unes  et  les  autres,  on  s’aperçoit  de  différences  sensibles  dans  plusieurs  d’entre 
elles.  Ainsi,  en  prenant  pour  exemple  les  gros  caractères  du  Virgile  et  de 

N est  ainsi  qualifie  a h fin  <|]  une  édition  du  Seîto  hiiinatiîssune  ténor  Inee  opéra  Soins  ta  onn  cew- 
Dectrinale  d’Alexandre  de  Villedieu,  portant  la  date  mentants  et  a/iis  emn  declainationibns , tmn  orat'mnbns , 
du  2 y octobre  1300,  opéra  et  diligmitw  mégis  tri  A netreæ  Bécart,  impeusis 

Bocard  appelle  l’attention  du  lecteur  sur  ce  vere  Johatmis  Alexamtn  et  Jehamns  Petit , libranmim 
point,  à la  bu  de  l’édition  de  Sallusle  imprimée  Parisiis , qnam  diligenter  révisa  atqnc  hnpressa  htibns 

pour  les  libraires  Jean  Alexandre  et  Jean  Petit  : jaimani  tpp~!. 


AT  KL  (li  R D'ANDRÉ  ROCARD 


49 


l'Ovide  imprimas  par  Bocard,  la  meme  forme  pour  l'A  et  le  B majuscules  se 
retrouve  chez  Baligault]  mais  d'antres  lettres  ne  sojit  pas  semblables.  Dans 
l'alphabet  de  Rocard,  le  D a deux  barres  transversales  qui  n'existent  pas  dans 
celui  de  Baligault,  où  la  même  lettre  a im  petit  renflement  au  milieu  du 
jambage  de  devant.  Dans  les  impressions  de  Baligault,  TE  est  d'une  forme 
differente,  arrondie  à sa  base.  Le  P a deux  barres  transversales  dans  les  livres 
de  Rocard,  tandis  que  cette  lettre  est  un  peu  plus  large  et  n'a  qu'une  barre, 
avec  un  petit  point  an  milieu,  dans  Ses  publications  de  Baligault. 

On  n' ai  ira  cjiiÏj  comparer  les  autres  alphabets  pour  percevoir  les  nuances 
qui  les  distinguent  et  qui  permettront  ainsi  de  ne  plus  confondre  des  pro- 
ductions typographiques  en  apparence  semblables,  mais  appartenant  à des 
presses  différentes. 

La  marque  de  Bocard,  tpic  nous  avons  reproduite  ci-dessus  (p.  1 4 3 )?  repré- 
sente l'écu  royal  de  Fiance,  soutenu  au  milieu  des  étoiles  par  deux  anges. 
Au-dessous,  deux  arbres  sortant  de  terre  portent,  suspendus  à leurs  branches, 
des  cartouches  aux  armes  de  l 'Université  et  de  la  Ville  de  Paris.  Dans  un 
cadre  qui  règne  autour,  on  lit  cette  devise  : 

Honneur  an  Roy  et  à la  Court. 

Salut  à l'Université 

Dont  notre  bien  procède  et  sourt. 

Dieu  gart  de  Paris  (a  cyté. 

Cette  marque  est  souvent  tirée  eu  rouge,  comme  dans  le  Virgile  de  ujp5 
et  XExyoslùo  Hyiunormn  d'août  J 4 9 C 

André  Bocard  ne  donne  pas  son  adresse  sur  ses  livres.  On  sait,  par  des 
titres  ti  archivcs,  qu'il  était  propriétaire  d'une  maison  située  rue  Neiivc-Notre- 
Dume-des  Champs,  et  qu'il  demeura  rue  de  la  B il  cherie,  au  Uou  enferré;  mais 
ces  titres  sont  du  x\T  siècle  et  ne  remontent  pas  au  delà  [.  Nous  croyons 
qua  l'époque  qui  nous  occupe  il  demeurait  me  Saint-Jacques,  mais  nous 
n'en  sommes  pas  certain.  L'adresse  de  l' enseigne  Saint-Denis  se  ht  a la  fin  du 
recueil  qui  contient  les  Lettres  et  divers  opuscules,  en  vers  et  en  prose,  de 
Gaguin.  Voici  la  traduction  du  coloplion,  dont  nous  avons  donné  plus  haut 
(p.  \4$)  ^ texte  en  fac-similé  : «Fin  des  Lettres  et  Discours,  du  traité  sur  la 


Voir  Reïnouauiî,  lui f n i tut  it rs  j hit v.r/tv rs f p.  j j ; ouvrage  cité. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


■5° 

Conception  de  la  Vierge  Marie,  ainsi  que  des  épigrammes  et  des  autres  opus- 
cules de  maître  Robert  Gaguin.  Tons  ces  ouvrages  ont  été  imprimes  aux 
frais  de  Durand  Gerliei  j libraire  parisien.  Us  sont  on  vente  me  Saint-Jacques, 
a lenseigne  de  $tüur-Dmh\  en  face  de  1 'église  Saint-Matlmiin.  L an  du  Sci- 
gneur  le  22  novembre,  par  maître  André  Rocard.» 

Durand  Gerlicr,  qui  avait  fait  les  frais  de  l'édition,  demeurait,  dès 
dans  le  voisinage  de  Rocard,  rue  des  Mathurins,  à renseigne  de  tEsüiik 
Fiiuwui ; mais  nous  savons  aussi  que,  de  i4yj  a 1 498,  il  a donné  une  autre 
adresse  me  Saint- Jacques  [ntl sigiuim  Cap'nls  Dm  DyonisU ) et  qu'il  est  retourné 
ejisuite  à tEsmlk  Fnnveau,  près  de  l'hôtel  de  Cluny.  Il  n'y  a donc  pas  lieu 
de  supposer  que  l 'enseigne  de  Saint- Denis  était  celle  de  Bocard,  bien  que 
la  manière  dont  elle  est  libellée  puisse  prêter  a équivoque.  L'exemplaire  de  la 
bibliothèque  tic  Munich  ne  porte  pas  lad  res  se  de  la  rue  Saint-Jacques.  L'indi- 
cation du  lieu  de  vente  est  supprimée  après  le  nom  de  Durand  Geilier. 


CHAPITRE  XXIX 

L'IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  JEAN  TRÈPEREL 
('4<5 1 -I  500) 

/.es  débuts  Je  Trëpwcl  comme  libraire.  ’ — Ses  publications  populaires.  — Ses  principaux  livres 
datés  el  non  datés.  — Sa  marque  et  sa  devise.  — Les  rues  et  les  églises  Je  ht  ville  Je  Pétris 
avec  la  despense  tjnl  se  fait  par  ehaseun  jour.  — Les  relations  de  Tréperel  avec  Michel  Le  Noir. 
— Le  Crauf  Testament  de  Villon.  — Chaudement  d'adresse. 

Jean  Tréperel,  libraire  et  imprimeur,  a peut-être  été  l'éditeur  le  plus 
fécond  en  pièces  et  en  ouvrages  de  littérature  populaire  au  xvc  siècle. 

Etabli  sur  le  pont  Noire-Dame,  h Limage  Smnî-Laumn>  il  y vendait  des 
livres  d’heures,  comme  nous  (apprend  ce  humain  placé  en  tète  d’une  édi- 
tion des  Hom  ml  vsnm  Komtmnm > imprimée  par  Jean  Du  Pré  : 

Qui  aura  vouloir  d’acheter 
Ces  heures  faictcs  eu  janvier 
Vienne  au  Palais  sans  arrester 
foui  droit  au  quatrième  pylicr 
An  dessus  le  pom  Nostrc  Dame 
À TI  tarage  rie  Suint  Laureus^ 

Car  les  nicrchans  diem  sur  leur  âme 
Qu'ils  feront  bon  marché  aux  gens. 

I.a  plupart  des  livres  de  Tréperci  11e  sont  pas  datés,  de  sorte  qu’il  est 
fort  difficile,  pour  11e  pas  dire  impossible,  d’eu  fixer  la  chronologie  d'une 
façon  suivre.  Bornons-nous  donc  à citer  les  titres  de  quelques-uns  des  livres 
qui  portent  sou  nom,  car  on  n’est  pas  certain  qu'il  les  ait  tous  imprimés,  et 
nous  croyons  qu’il  l’exemple  de  Véravd  il  s'est  adressé  le  plus  souvent  à des 
confrères,  typographes  de  métier. 


HISTOIRE,  DE  L'IMPRIMERIE  EN  I- R AN  CE 


H2 

On  connaît  de  lui  mie  Progxwstkatwa  \m\\dle  /mur  Pan  *4ÿ2,  qui  a pu 
paraître  d ‘avance,  selon  l'usage  usité  pour  les  almanachs,  dans  les  derniers 
mois  de  i4ÿ  i ■ Les  bibliographes  citent  à son  nom  : La  Destmaww  dr  Jthttsalem 
et  Ut  Mort  de  Pilate , du  22  février  i 4<?i  u-  sr-)j  Lé H'mtaxe  du  milita u 

chf-mfic r Pi  me  île  Pwvewcf-  et  de  Ut  belle  Magwcfaae  > du  ] 3 mai  i 4 pz  y et  Le  Dé/ta  f de 
Phownne  vt  de  Ut  frnme,  par  frère  Guillaume  Alexis,  pièce  de  6 feuillets  seule- 
ment, imprimée  en  14^3.  La  meme  année,  Tréperel  publiait,  sans  indication 
de  nom,  Le  Débat  de  la  da  111  r et  dr  lesctyrr  mnnelfawcnr  faut,  par  maître  Henri 
Baude,  petit  in-quarto  de  i i feuillets. 

De  1 4 5? 3 a 1 45>8,  il  fit  paraître  diverses  éditions  des  Qmunqwts  de  France 
abrégées,  dont  ou  trouvera  l'indication  dans  \c  Mauwx!  da  Libraire,  de  Brnnct. 

Nous  donnons  le  fac-similé  de  la  fin  d'une  de  ces  éditions  qui  porte  Irtymir 
pour  Tnyiei'el  ; 

$<t<\üûttciï$ne$£e  r&peScfrdncc 

(f  Z fottHem  düpaftatfoîj  Sefaute  noBfc  (|e  û flWfiitiïW# 
cto^traafquifôteSe  te$tife  pd  fa  piof pente  $ fwifoefte 
toüt£cpf(ipfc5efratu:e{î0enctafement  5e  toute  f àcjjofe 
puGfiquc. 


|f3mP^lctfPadiaf(rqt)m?HVfmc  l'ourffumope  fa 
pemGie.  Ædp  rtti f quatre  cena  quatre  par 

Jltÿay'&vepertt  fî&imre  Semaorantfuafe  pont  rtojlre 
Came  a fenfngne  fmiirt  ïûnrene. 

Nous  connaissons,  de  Tréperel,  Le  Traîné  des  dix  cawnittntlxmxas  de  /a  Lttysda  11 
uudstre  Jehan  Jcrmi,  suivi  de  La  Science  de  bivw  1111111  or , par  le  meme,  datée  du 
21  juin  1 495 ■ Voiei  l'alphabet  des  caractères  qui  tint  servi  pour  l'impression 
de  ce  volume.  Jean  Tréperel  les  a souvent  employés  au  commencement  de 
sa  carrière  : 

f<C  ft  a6cffrfg|}ifmrT)nrç  opqriô  fÉufl  çp  f 

. : ^ / ( ) ff(T(ï 

La  lettre  L majuscule  a la  boucle  du  haut  ouverte,  dans  cet  alphabet; 
d'autres  fois  clic  est  fermée,  comme  dans  Les  Chroniques  de  Fraacr  et  dans 
d autres  livres.  Les  deux  formes  de  cette  lettre  se  rencontrent  dans  La  Vie  de 
Madame  saiucte  Barbe.  (Voir  p.  i 3 4 ■ ) 


ATELIER  DE  JEAN  TRÉPEREL 


l5  3 


Mentionnons  encore  ; La  bmoiste  Passion  et  Résurrection pat  le  bon  maïstre 
Gamalkl  et  Nicfwdenms,  son  nepveu,  m -quarto  de  58  feuillets,  d'un  caractère  de 
gothique  cattee,  avec  figntes  sut  bois,  daté  du  3 J tuai  j 4 97  : 

C?fûTtatûmo?tetpatnon.ftâu^tû  refurmtfSbc 

tiûttrcftfgftîeut  njûcrfft^mpîlmcca  îaarfepat.3!c|&an 
ttcpetclDtnnurantfuticpontnoateDainealenfngnf 
CàictïaurÉt*iLcûetcnUt(oui;uflpa^ïUnmtlauatte^ 
cens  quatre  wnBftyjtttL 

Le  3 1 août  de  !a  meme  année,  Jean  Ttéperd  fit  pat aît te  une  édition  petit 
tmquatto  de  La  Vu  de  Robert  le  Dyahk  1 ; 

queffepouoiÉ  penfer  pour  fa  feutre»)  fopeufefe.  pour 
mettre  (itj  a najïre  jSfent  fiurertoue  faiffetofie  fetfueif 
ÇerfaicdftcSarperfic^parferirofteSe  fto0ert  fequef  fut 
etjfaieuneffetantparaeract  maufuiw'&eftcftÿatüut; 

Eue  et  a tout  maf/fattflce  queepfup  eu|î  aufcwtjratf 
foijfiamptï'c /pf«0feCai)qucîftgïpûfj  fflftôddoir  rt«f 
te  rtujercozfte  ;et  futfiepui&râme  flftgfjommc  faufuat 
ge/ffltt&parfcrefimeBftc  fic|îe  mue  afljïwentri  pm<3 
flrerjlequeiartifliefdtÇomme*  ©tpm&futepanfcecÿ 
noâfeffepljünaeurff  comme  tp  Sruantaneeoup: 

0ertSefqmïfûtt3uem?taue£  fa  femmes  faintcmÊt  et 
eut  0ofme  renommée  et  fut  pafepap  me  Se  gtaiteeffe 
petiercotiffoifoitSe  cÇafcnr j 05ne  iufhce  et  tm oit  tout 
forjpap&epOîftepai'îO.  ^eutfiefafemmeflng  Beau? 

. fifjfequcfefï  nomme  JAicffaifo  (îfüftauec  cÇarfemaiV 
gftrpfttfi>itï00m/top^uffe&  g|ffeapSedcro(fîre  et 
cçaufcefafüpctefïtcfme,  Æar  forte  cefferif  mmoif 
guerre  anGp  fdrajiite  p Ée65e|ît«ifûit:  cai  il  ne  tes  pou 
oitapmet:  ^M^ttflûfifemenfagranffiümteuref 
0Ofinc  renomme*  frü&pattout  fop  pape  ai'nfi 
cfime  foi?  pere  rofletf:  car  fou&ffeufp  îe  [quirent  faûtfe 
titerttmfque&er)  fa  fit;  fie  feitreiüure,  3Dieu  par  fa  in 
fine  pmffmir*  nouafiomt  ft  0ietj  et  fi  famtemeut  Siurc 
gueeijfafï'tjfiefto^ourenou0ameepui[fefit  auerfee 
feutô^oferfa  fueeq  Cagfoiteetcmeffe  auectouo  0e^ 
noïfîj  {<$$$.  famfe&fie  parafe. 

Æÿ  firofï  fa  fîtefie  Kofierffr  ffpafifc.  3[mp:rme  a 
pana  ffe5arm'ettonr5flO[tfî^a^mtfqucrtte  rene  qua 
tttflingfjjr&ipfept: 

L’achevé  d’imprimer  Jie  porte  pas  de  nom  dlmpvimcur,  mais  les  types  du 
Gersoji  de  \4y 5 sy  reconnaissent  facilement, 

* Nous  devons  communication  de  ce  volnme  à AI.  Jacques  Hosenthal,  libraire  a Munich.  L'exem 
[îlaire  * unique  jusqu’à  présent,  est  incomplet  au  commencement. 


iLirpiaiii* 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Cette  édition  de  La  Vk  de  Robert  le  Dyable  n'est  citée  par  aucun  biblio- 
graphe et  était  restée  inconnue.  C'est  la  troisième  de  ce  petit  roman  de  che- 
valerie, imprimé  pour  la  première  fois  à Lyon,  fe  7 mai  par  Pierre 

Maréchal  et  Barnabe  Chaussaid,  et  ensuite  à Paris,  le  22  avril  i4p7>  p-ir 
Nicole  de  La  Barre.  On  y remarque  des  lettres  ornées  de  styles  mélangés,  sur 
fond  noir,  qui  avaient  paru  déjà  eu  partie  dans  le  Gerson  et  dans  d'autres 
publications;  lions  les  reproduisons  ci-après.  La  plupart  de  ces  lettres  sont 
copiées  d'après  celles  des  Histoires  Troyenues , imprimées  à Lyon  en  i4$K>- 


Viennent  ensuite,  parmi  les  livres  datés.  Les  Dévotes  louanges  de  la  Vierge 
Mark , par  Martial  d'Auvergne,  avocat  au  Parlement  de  Paris,  imprimées  cil 
14538,  et  La  Vie  de  saincte  Barbe  et  ses  miracles > du  18  octobre  1 4pp  ■ 

Æpflmfi  h Sie  ma  &ame  faincfeBatflc^  pfufmtts 
âemifpmûatfee  fiefaSictefdinrtcfTac^cffecieff  impîi 
mte  a JDatispar  3î^flw  treperer  fifFmite  Bemoutant  fut 
feponf  noffreSame  a fainet  fanrfe  cccc 

quatre  U ÿty.XepEm  iourScoctofe 

La  marque  de  Trcperel  se  voit  sur  le  titre  d'un  livret  intitulé  : Les  Rues  et 
les  Eglises  de  la  ville  de  Paris  , arec  la  despense  qui  se  fait  par  chascun  /ou  r. 


ATELIER  DE  JEAN  TR ÈP ER EL 


>5Ï 


Ccst  une  pièce  des  plus  curieuses,  réimprimée  par  M.  A.  Bonnardot  à la 
suite  de  ses  Eludes  sur  Gillet  Commet,  d'après  mie  édition  de  la  meme  époque 
imprimée  par  Pierre  Le  Caron. 

Nous  en  reproduisons  quelques  pages,  dont  l’une  contient  la  nomencla- 
ture des  vieilles  rues  du  quartier  des  Halles  au  xv*  siècle  ; 


ÆesraeseUes  califes  üelaljiite 
lie  pane  mu  la®  efpenfe  qui  fe  fait 
par  (Ijafcmt  four 


j£te  ntee  5e  pdrie^f  jîmicrcmcl 
fcquartittfaefjaffrff 
ÿagrant  mefûinrt  Cerne 
ftftw  fainct  faufueur 
fia  we5e6eautep<iïte 
ÿamtpfwee 
fia  rue  de  mont  (Joiguctf 
fia  meCe  quirquetonnc 
tfarueaufpot) 
fiamc  Bf  mafronfrif 
£arueSeinerôetef 
£a  rue  <m  figue 
^amfîcfagranifrrJüKÎmV 
£arue  CefapdiMruûnCcrte 
fia  rut  fa  [fumfc(ïour 
£awrCepefonrt 
£amefafat03uûirerie 
fia  rue  Ce  fa  to  ff  <mn  eu  e 
£a  rue  au  feutre 
£aracCefac0ûrroMMfne 
£eefoi(ire  fain  rfeoppoifnne 
fiaxtte  fafataCfetterie 
fia  rue  Ce  prrrù)  5a  ffefii) 
fia  ta  e Se  ta  0 aren  g e ne 
£amefafa[autierïe 
fia  me  fatomegiffene 
fiaruc  famrf  germain  frwceïTope 
£arurfaefauanCirre& 
£aTiiefaie(îaÿ  foingtiec 
fia  me  fiwif fiiumf  poiree 
rueCee  ttcommanfareflee 


Une  autre  de  ces  pages  donne  les  dimensions  de  Notre-Dame  de  Pans  et  se 
termine  par  mie  recette"  contre  [épidémie,  toute  pleine  de  sel  gaulois,  dans 
laquelle  sont  raillés  les  travers  et  les  qualités  clés  provinciaux  et  des  étrangers 
qui  composaient  la  population  flottante  du  Paris  d’alors  : 


Deux  Bourgongnons  de  conscience, 
Et  deux  Bretons  de  sapiences 
Sans  ardure  deux  Âllcmans, 

Sans  flaterie  deux  Normans 


20 . 


HISTOIRE  DE  II  IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


156 


Àvecques  deux  hardie  Lombars, 

El  sans  baverie  deux  Pi  cars, 

El  puis  sans  orgueil  deux  François, 
Et  sans  traison  deux  Àngioys, 

Deux  Fiamans  sans  beurre  menger 
Et  en  boire  ung  poi  sans  larder. 

Et  pour  mettre  la  chose  affin  : 

Deux  preudïiommes  de  Limosin. 
Broyez  en  ung  mortier  d'estupes 
Et  trempez  ia  dedens  vos  souppes 
Sy  aures  bonne  gaiJimafrée. 


âeHfupffafoHgEmirrat 
Çeu  r<r  Çûi  1 ftc  n r ic  h 0 (lire 
ëamc  te  parie 

j3o(frf5amefr  parieafoftHÉî 
Çf5f/i60ftmrc  foiçanfc  et  cinq  ioif 
fi ce* 

31feirjfr  farge  (ophiïdoifee 
3[tr  ti?  Éfr  0 au  lï  ç Biï  torfee 
3fïc  Refonte  ont  5c  Çmifrçippim, 
(orfeefz  feïowtfoMÏc  fur  pfffofi'ÿ 

ftcccpfe  pouigirerirftfpfômrpe 
oue  cen  fç  qui  rtc  te  cropct  mie- 

5Dtu^6ourgotign5o?c  conférence* 
<êffcuç  Gierotîefefaptencie 
^ane  arfiure  Pc  up  affemane 
âûnef  faferie  5euç  îmmuwe 
^Eucrqueefou^gartfr'efcmlïare 
& fane  6au  erre  Pcup  picare 
<ët  pute  fane  ciguciïïteuçfraTitope 
<=E  fanettaifopffc  u$  angfope 
■JDfit^ffamanefanePfuircmegcr, 
feUij0oireïïn0potfanefar5« 

& pour  mettre  fa  tOofe  affip 
3DcnppttiiSf)5mee5f  ffmoffy 
^mpf^flngmoifterfrdîupef 
4*t  trempe}  faSefleneflo^fouppef 
gpaurceéomifgaffiHiafrce 


@moifremome?cç(fifM  et  tfldppetfe 

âûttef-paparfepicfcnfîiuie 

Jpjap  crofffant  c t ffemp  f a dateur 

GJtonfïmif  quane  0eufjfauftep  parte  te  ïcmr 

âiqnanemoutonefcauorrtucrtfrepîine 

pie  t)  Éte  5eu$  cflienetee  piej  foueE  afane  cent 

*Demifte  p2d  ie  ta  m ortie  m 0 rue 

dE-fneç.apjceromorne 

2t  pane  fan  me  fane  Êtecfîfl 

©tiane  miipefanftcflafciiij  iourfo  îrç 

3tufartf  m ripe  5e  5te  four  f up  p:cfïe 

£<mi  me  f ropeqqq-  datent  tt)  tefïe 

‘STtoie  croie  quatre  pie  jaÇfuç.çç, 

5Dupûifafmane5epa«ô 

ft  0 m Bien  t te  e m arcjjûft  e a f 0 ue  etn  fp 

©aiïcematcÇcnfparfliapffiWe 

2mfif iniefee  tue efreegfifce  fafrfpeufe  te 
fourfccfo^5cfa5ûfc^iffcaucfijefeiicfo;5u  0ofs 
5e13  lïirânee  tftee  epifaffe  e 5c  fa  gto  ffe  tour  friStf 
Boie  (i  q ni  piemierement  fa  fon5a  p qui  fa  parffft 
etaefleua- 

<&ppffcit* 

#c  Bfafor)  5e  parie 

paifrPfc  Semaine 
3tmouireiïiç>3erçfter 
îftepoeftuto&wigfer 
3 ulïice  certaine 
âdeftccÇaaiïaiiie 
parie  enfict 


Bien  qu’il  demeurât  ;i  l’enseigne  Stiiur -Laurent , sur  le  pont  Notre-Dame, 
Jean  Trcpercl  avait  adopté  pour  marque  i’écu  de  France,  porté  par  deux 
anges,  que  nous  venons  de  reproduire-  Au-dessous,  ses  initiales  I T sont 


ATELIER  DE  JEAN  TRËPERFX  i$7 

retenues  par  des  boucles  ou  lacs  d3 ammtr  accostés  de  deux  lions.  Autour,  dans 
la  bordure,  on  lit  cette  devise  : 

En  provocant  ta  gram  miséricorde, 

Otroye  nous  charité  et  concorde. 

Tréperel  a publié  une  édition  des  Quinze  ;oyes  de  mariage y à la  fin  de  laquelle 
se  trouve  une  figure  sur  bois  qui  est  une  naïve  peinture  de  mœurs  nous 
donnant  l’idée  d\m  ménage  de  gens  du  peuple  au  xvc  siècle.  On  y voit  le 
mari,  chargé  de  différents  objets,  harcelé  par  sa  femme  et  scs  enfants;  des 
animaux  domestiques  figurent  dans  ce  groupe  : 


Sur  h liste  des  livres  sans  date,  au  nom  de  Tréperel,  figurent  : Le  Livre 
appelé  les  Quatre  Choses;  La  Voye  de  Paradis;  Le  Livre  de  Clergie;  IJ  Horo  loge  de  dévo- 
tion> par  Jeail  Quentin;  La  Vie  de  sainte  Marguerite;  La  Vie  de  saint  Fiacre  eu 
Brie f dont  il  y a deux  éditions;  La  Vie  de  sainte  Geneviève;  Les  Pîvmhes  communs; 
Le  Débat  de  J homme  mondain  et  dn  religieux;  Le  Renoncement  d*  amour;  Les  Dit £ 
d amont  et  ventes;  Les  Son  hais;  et  beautés  des  dames  avec  ta  jille  comparée  h la  vigne. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


*y« 

et  une  infinité  d’autres  petits  livrets  populaires  et  de  pièces  de  poésie  fran- 
çaise qui  se  débitaient  couramment,  et  dont  le  plus  grand  nombre  n’est  pas 
parvenu  jusqu’à  nous. 

Trépcrel  a imprimé  Les  Minas  Propos,  rcetieif  de  dictons  populaires.  Sur  le 
titre  de  ce  livret  figure  ïa  marque  à PEcu  de  France  .■ 

®.ea  menus  PMP“8 


L’ achevé  d’imprimer  des  Menus  Propos  donne  toutefois  PYmaige  Saiuct  Emi- 
rats pour  adresse  : 

Cp  fïneiif  fi?  s menus  piopoe  J, m 
piimee  non  wtfFcmen  t a pai  ïa  p a 
fjarj  Éiepfref  bemouttairf  futfe  pou* 
iicfïte  trame  a fpmaige  fald 

Tréperel  changea  plus  lard  ceite  adresse  et  signa  définitivement  ses  livres 
a i* Escn  de  France , quelque  temps  après  avoir  quitté  le  pont  Notre-Dame. 

Il  ne  faut  pas  chercher  des  œuvres  d’art  dans  les  petites  images  illustrant  les 
vies  de  saints  ou  de  saintes  que  publiait  Tréperel.  Les  mêmes  figures  servaient 
indifféremment  de  remplissage  pour  l’un  ou  pour  l’autre,  quel  que  fût  son 
genre  de  martyre. 


TrcpcrcI  a imprimé  une  édition  de  Villon.  Sur  le  titre,  on  voit  la  marque 
de  Michel  Le  Noir,  et  l'achevé  d'imprimer  porte  !e  nom  de  Trépere!  : 

um-  S09  mWotea  tmif  gnns  fume 

wStciffe,  fEe  fee  BofoSee.  fie{a(ut\neton8etpie$it 

0 fpcrtffp  et  mpeet)  ( mme 
J&owt  prier  tomme  feateuz  dit 

ffiitat ifempeffc  taftide  Sofe 
î>dr  te  Gog  renomme  ft'ffot) 

Æïm  ncmcngcfi^icttc  date 
0te£n  oir  comme  tf rcntmïïûp 
3]f  na  U nie  ne  pamïfot? 

SW  naitïaifle  a fee  omis 
<&tna  maie  qut>  pou  de  frflop 
SJaiferaïanfojï  flpçmr? 

Æifimfî  fegttmffefkmiîMt 
tnûtjïrefrdîicopeSïïïo^,  £>ot) 
toEiaffr.JVe  &<tfîûdtG(t 
0tfepefttîe(ïam?[\ 
a pans  pot  ^eftaptreperef  ffe 
mutant  fnz  tenant  nïtdme. 

Il  avait  des  relations  étroites  avec  Le  Noir,  libraire- imprimeur  comme  lui, 
demeurant  sur  le  pont  Saint-Michel,  Le  Noir  avait  épousé  Jeanne  Tréperel, 


6o 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


fille  de  son  confrère.  Souvent  les  deux  typographes  se  partageaient  entre  eux 
les  éditions  de  leurs  livres,  et  ils  imprimaient  Pnn  pour  I autre. 

L'édition  de  Villon,  exécutée  avec  les  caractères  du  Jerson  de  J 495*  cst 
ornéede  figures  sur  bois.  En  rète,  on  voit  le  portrait  de  maître  François  Villon , 
le  bohème  de  lettres  : 


commence  te  ÿront  coffctTfep 
f tftatriït  maffre  f rancope  ft'Rbp 

n\ot)tteniitfmûû$e 
jKue  toute*  mee  pontes  tea*  fleure, 

JÜIe^ntüUtfofcncoJtie  faigc 
jQono6{!antmamfeepdne6eEie5 
#efqucÊfeejapfüHtee  r ecevtee 
âû«6?famaft)t0j0a(jCt 

âruefque  ifrfï  feignant  feeruee 
ffinif  foit  te  miep  ie  te  regnp 

Une  autre  édition  de  Villon,  datée  du  8 juillet  \4ÿ7>  porte  a fa  fin  cette 
mention  : Imprime  par  Jehan  Trèperel. 

Apres  la  chute  du  pont  Notre-Dame,  en  octobre  i4pp*  Tréperd  alla 
demeurer  temporairement  rue  de  la  Tannerie,  à renseigne  du  Cheval  Noir 

C'est  là  <pul  imprima  Le  Livre  Je  bonnes  meurs t de  frère  .Jacques  Le  Grant  : 

C Cpfa*  te  fiurf  mfi£«fe6c6ônfcmi:«tôrfOmpifc 
par  fx&e  [arques  h granf  lîe  fotïic  faimt  awjiiffin 
'Jlmptimw  parie  par  Je/Jan  trepirrfffmj  curant  en  fa 
rueSrfatamcnc  enfenf'trfltiç8u^e«afiioir2fliimifrcfc 
quatre  Sinjj^f  îljwruf; 


ATELIER  DE  JEAN  TRÉPEREL  161 

C'est  le  seul  livre  que  nous  connaissions  de  lui  à cette  adresse3.  Nous  le 
trouvons  ensuite  installé  définitivement  rue  Saint-Jacques,  près  Saint-Yves, 
où  il  transporte  son  enseigne  de  Saint  Laurent . 

Voici  maintenant  la  Vie  et  légende  de  saint  Mathuriu  de  Lavcham > qui  est 
imprimée  avec  le  caractère  de  la  Mon  et  Passion  de  Nostre  Seigneur  J hesa  Christ , 
du  3 ['  mai  j 4p7  ■ 

C^ardjaiit* 

CE  fran  mil  quatre  cens  quatre  bmgty , 
et  neuf  queou  curtlit  pm  De  fcmfl 
CnitouenbicfwtlaWeÊafcte. 

Selon  la  lesoiDe  parfaicte 
put  maittte  fcljan  le  beflte  paître 
3tuDft  lapant  ou  fcouUitnaitfce 
%e  trrihoble  faint  matu  tin 
Ætpoutce  djatcum  petein 
îEïcufi  requict  s tmep  itenoftte 
:&utiomfceftintpicm  Lapoftre 
€ apjiantDieuDc  lûtement 
Æïui  en  la  fïnüip  Doint  fouuemenl  ; 

(Et  tous  ceuljc  qui  en  fa  mémoire 
%a  Di'rûtDfeu  leur  Doit  ra  glotte:  3Emen 

lE^p  finit!  la  bie  et  tegÆDcDe  fart  matu 
ri  fi  lançât  ipjimec  a pfe  e ietyâ  treptrd 


Ce  caractère  est  une  gothique  de  12  points,  dite  lettre  de  somme } que  lou 
voit  plutôt  employée  par  Michel  Le  Noir,  gendre  de  Tréperel.  Nous  en 
donnons  ci-dessous  lalphabet  : 

a»C»«  1 tt  £>C41 

abcDefg^tlmnopqr^rtuti]t?3  ffltû 

âfie'ftin^ftôo9p,ppq^$tÛÿ 

Jean  Tréperel  a publié  quelques  livres  latins  : l'Introduction  de  Jacques 
Le  Fèvrc  d'Étaplcs  à la  Métaphysique  d Aristote,  le  \ 6 février  1 4 5?4  (n-  st.), 
1 es  Qjifsti unadev  gra m monades 7 c 1 tées  par  M . P t oc t o f | les  Gé o rgi q u es  d e V 1 rg i 1 e 
avec  commentaires,  le  2 juin  i4p5  1 et  un  texte  latin  des  Méditations  de  saint 
Augustin,  in-quarto  sans  date;  mais  c'est  là  une  exception,  car  tous  les  autres 
livres  de  Tréperel  sont  des  textes  français  en  vers  on  en  prose. 

1 Nous  ne  connaissons  pas  d’nuire  exemplaire  de  cel ce  édition  qne  celui  de  la  bibi[ti[hêt|Lie  du  Musée 
Coudé,  à Chantilly. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


1 61 

La  Vie  de  Madame  Stnnae  Barhe  (voir  fac-similé,  p.  154)»  qui  est  datée  du 
18  octobre  1499*  est  dernier  livre  que  .Jean  Tréperel  ait  mis  en  vente  sur 
le  pont  Notre-Dame.  Sept  jours  apres,  le  pont  s'écroulait  avec  les  maisons 
bâties  dessus  et  était  emporté  par  les  eaux  de  la  Seine1 *. 

Le  vendredi  de  devant  la  Toussante  1 s 
Vingi  ci  diKjuiesmc  octobre  du  malin 
Mil  cccc  nouante  neuf  rien  mains 
Le  noble  poni  Nosire  Dame  prit  fin 

Selon  ce  que  rapporte  Robert  Gaguin,  témoin  oculaire,  les  habitants  du 
pont  eurent  à peine  le  temps  d'emporter  leurs  effets  ' . Comme  fa  fait  observer 
avec  beaucoup  de  bon  sens  M.  Harrisse,  «on  se  demande  si  dans  ces  condi- 
tions Vérard  et  Tréperel,  qui  avaient  leur  principal  établissement  sur  le  pont, 
eurent  le  temps  de  déménager  leur  matériel  d'imprimerie3.  » Nous  croyons 
que  batelier  de  Tréperel  situé  rue  de  la  Tannerie,  ou  il  se  retira  aussitôt 
après  la  catastrophe,  jusqu'il  ce  qu'il  eut  pu  chercher  mi  nouveau  local  ou 
il  s établit  ensuite  â demeure  fixe. 

Jean  Tréperel  a fait  souche  d'imprimeurs.  Il  eut  un  fils  qui  lui  succéda, 
ainsi  que  sa  veuve.  O11  continua  dans  la  maison  le  même  genre  de  publica- 
tions. L’exercice  des  Tréperel  s ‘est  prolongé  fort  avant  pendant  le  xvlc  siècle. 
Ils  ont  imprimé  des  romans  de  chevalerie,  des  mystères  dramatiques,  des 
poèmes.  Ce  sont  eux  qui  ont  le  plus  vulgarisé,  par  leurs  éditions,  notre  vieille 
littérature  populaire. 


1 Ce  quairain  se  lit  à la  fin  du  Chasteau  de  La- 
bour, de  Gringore,  imprime  par  Philippe  Pigon- 

diec  pour  Simon  Vosire.  Certains  ailleurs  donneni 
b date  du  2^  novembre t mais  elle  esi  inexacie. 

3 « Et  le  pont  Neuf  tel  esi  le  nom  que  Gagnin 
donne  au  pont  Noire- Dame)t  l'an  qiialre  vingt  ei 
deux  après  qu'il  avoit  esté  baiit  avec  toutes  les 
maisons  qui  estoieni  édifiées  dessus  au  nombre  de 


soixante.  . . trébucha  loin  dedans  la  rivière  Saine. 
Le  licnienanl  criminel  commanda  que  ions  les 
Eiabitans  du  pmu  Neuf  vuidasseni  promptemeni. . . 
si  comme  chascim  effraye  de  paonr  sc  hasloit  tPcin- 
purier  ses  meubles  et  ustensiles."  {Le s Grandes 
Chromâtes  de  France;  Paris  t Galiot  Du  Pré,  1 j ijt 
fol.  CXLII.) 

* Excerpia  Cehtmbhùana,  p.  xlix;.  ouvrage  cité. 


CHAPITRE  XXX 

L'IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  MICHEL  LE  NOIR 
(1  >oo) 

Les  Jejh L1  [ s fje  Michel  Le  Noir.  — Ses  principales  pi  ihliea  lions.  — Ses  rapports  avec  son  confrère 
Pierre  Lever.  — Ses  mai'cpios  et  sa  devise. 

Michel  Le  Noir,  libraire,  imprimeur  et  relieur,  était  allie  avec  Jean  Tré- 
perel  dont  il  avait  épousé  la  fille.  Comme  ce  dernier,  il  avait  commencé  par 
être  libraire.  Ensuite  il  imprima  des  livres  de  toutes  sortes,  français  et  latins, 
partageant  des  éditions  avec  T reperd;  ils  ont  imprimé  l'un  pour  l'antre,  de 
sorte  tj ne  l'on  trouve  <j uchpefois  la  même  édition  avec  les  marques  de  fini 
ou  de  l'autre,  et  (gtil  est  difficile  de  distinguer  lequel  des  deux  eu  a été  le 
véritable  typographe.  Le  Noir  était  établi  sur  le  pont  Saim-Miclicf  h H Image 
Saint-Jean  > En  1487,  un  imprimeur  du  nom  de  .binon  Carcaiu  vendait  ou 
plutôt  faisait  vendre,  par  un  libraire  établi  a cette  adresse,  les  œuvres  de 
Blindait.  Ce  libraire  devait  être  Michel  Le  Noir1. 

La  Caille  a cité”  une  édition  du  Cher  a Hcr  délibère,  d’Olivier  de  La  Marche, 
qu’il  met  à pittii  de  Mitlicl  Le  Noir,  avec  la  date  de  148p.  li  eu  existe  une 
effectivement,  imprimée  par  ce  dernier,  mais  elle  est  sans  date  et,  tomme  l'a 
fait  observer  Brunet,  cette  indication  est  inexacte.  Le  Noir  11a  du  imprimer 
qu’en  1 4pz  plus  rôt.  Le  bibliographe  Panxer  mentionne  une  édition  du 
Doctrinale  latin  d’Alexandre  de  Villedieu,  a cette  dernière  date,  avec  le  nom 
de  Le  Noir.  Nous  connaissons  un  autre  livre,  les  Âucmîmtes  ÂrhrotelU,  daté 
du  26  septembre  14^3;  puis  nous  avons  une  bien  11e,  de  deux  années  jusqu’au 


1 Jl  esi  tni.iih  que  Le  Noir  crxt.fcr^nii  le  nieller  1111  nommé  -Jean  Veau,  suivant  1111  contiLic  passé 

[le  libraire  dès  i486.  Nous  av t>ns  eité.  tinne  J partleeani  deux  notaires  le  2 janvier 
pnge  453,  .ni  d'iapïlie  tic.1  .Jean  Cm  liai  11,  mi  cl  oc  11  ffijerirr  c/c  r Impriment' et  Â'  ki  Likdh'k,  p.  6 \ : 

ment  établissant  que  Le  Noir  prenait  pour  appremi  tnivnige  dlé. 


2 1 . 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


1 64 


23  septembre  145)5,  La  série  des  éditions  de  Michel  Le  Noir  se  poursuit 
ensuite  sans  interruption  jusqu'en  1500  et  au  delà, 

À ['exemple  de  Tréperel,  Le  Noir  a publié  un  grand  nombre  de  livres 
auxquels  il  n'a  pas  mis  de  date,  et  qui  doivent  non  seulement  combler  la 
lacune  que  nous  venons  de  signaler,  mais  encore  se  répartir  dans  les  diverses 
années  de  son  exercice;  néanmoins  nous  n’avons  aucun  clément,  pas  plus 
que  pour  Tréperel,  qui  permene  d’en  établir  la  classificaJ ion  chronologique. 
Bornons-nous  donc  à citer  les  tines  des  principaux,  tels  que  ; Le  Livre  Je 
Bitttdoyu,  comte  de  Flandres;  La  Bille  en  fraaçoys;  Le  Livre  de  Ckrgk;  Le  Champ 
vemwiX  de  bonne  de,  appelé  Mandevïe,  par  Jean  Dupin  ; Les-  Demandes  d' amour 
awc  les  respanses;  Les  Louanges  de  Nostrc  Dame;  Le  Chevalier  délibéré;  V Histoire  des 
deux  vrays  amants  Emyatus  et  la  belle  Lu  cr esse  , et  La  Vie  de  Marie  Magdelene,  dont 
nous  donnons  ici  le  fac-similé  de  la  première  page  et  de  la  dernière  : 


âD  t>ic  |$arie  magdalene 

tefa 

Qftaqtiaîtm* 


m 


3(nWfUif i 
aut&tabixt 
t tinte  mît 
amettlGuenCutnint 
rtfft  ou  enftrnifrtce. 
& pactcatcopo  c$o 
fta  font  enttntiuea 
troUcÇbfcAqutïïe 
ftutirtftaffauû'ttp* 
(fc  btptnitanre\pat 
tieütcottUntptariôi 
tt  parût  te^fofre  te 
<&t  tC  rtftc 
triptepartte  efïentti 
Surcquettofïrc  f ei-. 
$neueUfttΔariea 
effeu  tamtiïïçuvcpî 

tittfinetuffevapoit 
OftteSa  picmicrcp 
fie  ttefoirftpoiitfo= 
fîcc,Ccfï  fit)  quieft 

afrtnfïopbetitaitiutit  Sa  ftcantit  pour  raifap'bt  continu  ad? 
car  îa  c 0 n te  mp  (a  cio  tf  te  ta  *$oye  tft  cc  nt  iti  u tt  a u«  co  n tt  rnpta 
fior?tefoi;pflpo,©(fartmeparfiefpourfarflifo0tefflp(trffu 
td6ftfe.<S£  ûfunt  comme  cfïcefTctrt  ta  mniïhirc  partie  par 
ptnifatttt  JcBppcfî  bfcfe  metametti  fLartp  tt  eufteiït  moijff  te 
(tmcrfu)ficü'  writapw  tt)  tt  qu.lfrefpftnSif  fanfte  façtnta 
fr$pirfjtert0r?tefetgrteur<Sf  fanttotnmetU 
teefteut  ta  partie  teconfempfflriûrj  prtrtefïcnocfïk  cft  bide 
titmyfle  mùunitwtffe\&at  tïït  piinf  gfoufetfienf  «q uttfc 

X 


cefïtefatfiolteteeu.<S(teie6fïü ï) $tit$$ttam%  ïff teu3f ffeé 
autres  te  fabou  fcetir  te  ta  fami  Hati  (c,pourcc  (|f ?tcta 
b tu  iïftf  îf  te  fyt\$  cet  cfïofeo  fti 1 frfa  o£F  Trcp^fc  JDnij  QdttteÇ 
cfto  i t antn  qftfefifî  mener  au  m 0 na  ftert  te  ta  tien  oi  fîi  ma$ 
tetftjtepo'mfifcrfou  «)ïpeffo^mcnct(rl)if(if9cotffrtftf5ffrc[ï 
ft  ferla  afiaa  îte^blÿfyatientïflemazitmaÿfiatene^ie  teflet 
fetQÏÏeotvtoÿefçtift'fttâfùftfe&ipeutÿfnrftûuueve. 
Jfrtttj  03cefcri'mf  fee  p «ftejcu  ïïnect$utet{t(ee  meifï  fouB)  ta 
ccum^tüù'be  faufrftefttBenoffïe  natte  ma<ftatient,tapiiât 
flflfe  tay  itnpt  tza  ff  pavtiop  ( <£f  fo  t e pe  v apvea  i îpût  ta  re  * 

tutti P(ï  fro  1 tua  i 0 u a fee  per$e$  eff at  t$ , énÿ  $Ôtne  ten  u ci;  fera 
pourpetunt,  {tappttÉàifetifonaipÏÏefaètnùiflemattt  maçüa 
Ctne^ne  nuytfapparut^ne  titttt  j m t a fup  tf  fup  te  fro  mp  if 
(eafsvaytuyymütia^tfet)  attaftSeqtfepatbi  inrtitinH,  £D n§ 
rttrr  te  ffanB  tt  a cfï  ienne  p arneft}*  eff  0 ttmtiteeijfi  ÿtfit  te  fo  u 
BBrtOttccte  ftfàniequit  ÿafûiftou^  pet$e$,$ct$(apptittit  tu 
frtfuf  iffic  ^oti  fbif  prté  oupt/^ou  'Cff of®  if  auoff  qrtit  beuofioi) 
a£atienGifttma$$afene,{[itunottfai$i$ltt$  BSflorotf  frtfefte 
t£f fï c5mc  f 9ifïfotf^ttC fbio foyfôBtauqtn t tetmoif ftu fouf 
rre  ^tiiïùît  Ûu  fouf  ,iua$tiattnt  ft  apparut  a tuytdemtiît  ttïïe 
ftmejouftenm  te  teu^  ançea  a tepfrC(i  a (entftvt,  et  tuy  te'ft 
j urc  g arbât  pittuf ernif:  <SfïÉ? 1 tt  pt,  n rq  u 0 p rep  u f t & f u f te  fa  ij 
te  wteo  mer iite  not}  ))i#ttCô,pûurquop  a fïttft<rficctemco  piïcs 
rcâficpfupfufprc  efmtu  anutttrepHamebté^fu^mtnreé 
a^uofrbÉuonotiûEaop^flp  foufïouco  ptpebi^u  poucfopfhr^ 
memtnt  Situe  (un  (itirtpene  (tient  fe'befaifleraypaa'btuât 
qu  c f u fo  pco  rcc  3 fin  e a b if  ut  & totetfftnfitfiÿtdf  ce  efTze 

tfpantiueep  tuyque  ifrcnBw  au  rieefe.  (i  fe  mift  ev  rtflpotjt f 
fuf  te  fccfpfïtifte  ^iccf  a tàtn&ti  te  fup  magtiatentfu  f uc 

tftttemptt&faBitztauet  fc&anÿee  ; <Sfcwpoifcrcoocuf^<) 
fo  « e tt^co  tarne  te  fup  a ircfï  co  1 ti  m e Sïne  c 0 fo  m 6c , 


C &P  fi***  ta  fcÿentie  te  fa  6c  no  ifïe  dfr  n ÿÇ  a fe  ne 
Jmp  ùmt  tapavieipar  a?  i cÇe  f fc  no  ir. 


ATELIER  DF  MICHEL  I.E  NOIR  ,65 

Parmi  les  livres  français,  Michel  Le  Noir  a encore  imprimé,  en  1^7,  Le 
Duatimtl  de  Sapience,  tic  Guy  de  Royc,  et,  cil  î/jcjp  (v.  st.),  la  Vie  awcjues 
les  miracles  de  Mvuseigitein  sainct  Martin , archevesejtie  de  Tours  : 


C®  I&oneuc  3 louège  DeDicule  pere  tout  puilTant 1 Dr  la 
gicdeufeüietge  marte;  ,j  or  toute  lacourt  releQtelle  Depa 
taDis/cefte  patente  tote  auerqs  les  miracles  De  mâfiignr 
tact  Ê^artfn  arcljeuefque  De  tours. l£n  laqlle  cite  tepn 
file  benofit  co?po  du  giojfeupra[t/ar(fi;|mpumee  a pa 
rts  par  flgjictn'ei  le  ttoir  Demeurât  fur  le  pont  (ait  Spitfiirl 
a lefeigne  fainit  jfiefjan  leuâgtltfle.ïUm  mil  quatre  cens 
quatre  bingtj  et  Dfrneuf.  ïLequfnjiefme  iour  De  HD  uni. 
auantpafques. 


Une  pièce  de  vers  sur  le  Sam  du  Roy  en  mai  > 4 y 8 , imprimée  avec  les 
mêmes  caractères,  a dû  sortir  des  presses  de:  Le  Noir  011  de  celles  de  T reperd  : 


ftefacre  ouroyJKïÏÏ&m 

quattee  bingt?  {C.tbfii.le.rbiffiout  DemayjStgmfi 
les  Dore  pers  Défiance  DoiDuft  çt  flot  tenus  rare  ou 
leurs  tonus  au  oit  facceen  la  Dicte  bille  Dr  îâeins  rfia 
ftun  faifât  fô  office,  et  tous  les  Dut*  et  ronces  DUDit 
royaulme  De  ftâce®  lefquelj  font  qui  titnentn  uemtt 
etransmoyen&uroynoffrefïce<£tlefqurl)fontiltté 
nent  par  le  moyen  Daultruy  afnfï  que  plus  aplaln  rp 
apfisfira&erclaire 


îterop 

*^)Hen  Doy  De  tueur  louenge  tenDje 
JOm  Dieu  mon  parfait  créateur 
Gluant  Delfus  moy  fl  fait  DeftenDje» 
©rate  Dont  feboy  la  teneur* 


Le  Noir  imprima  encore,  sur  le  pont  Saint-Michel , le  Chapelet  de  Virginité, 
avec  cc  môme  type  gothique  qui  se  trouvait  aussi  chez,  sou  beau-père  et  avec 


i66 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


lequel  ce  dernier  avilit  imprime,  en  i 4 97’  Mort,  Passitm  et  Résumai  on  de 
Jésus  Christ  pur  Gmttnlkl  et  Ntcadettttts  ^ ainsi  que  La  Vit  et  légat  de  de  suint  Mnntriu 
de  Lardunn , livres  signés  du  nom  de  Trépereb 

3 c le  tifs  $ ttëDjap  pour  imite  rtëo  ne  le  imïïetap> 

Æïeiamate  autre  naurap,  £>treftioulrDfcïi  bien 
boit  eût*  louer  celle  t]  peut  prêtera  Ton  amp  cnotia 
ebapelletenuitoneDefleurettcfî  tatüDojâtrs  côcft 
requiert  a resampes/  ou  ptmet  Kutc  feefîcâtffjstirrf 
font,  fuldtc  me  flo;ibuaçic filkB  De  tjterfm  çatïtff 
fe^  mopüefleutettefi.  JËnuitomie?  mop  De  p5met£ 

Dieu  roc  Doulcewqutde  mais  a ce  faite  fortin 
mes  Dtbiïw  faibles  & auoemedictOe  bfeaiüc  Ûre 
icf*.  laquelle  no*  Dueille  otfrofer  fr  trôner  p fa  gta 
tcX*  pete/leûb/lefeùurefperit, 

3mjrçrme  futle  pont  faint 
mictjda  Ipmagcfitfnrt^^rt 
pûr^idjdUnotr 


Midid  Le  Noir  a imprimé,  sans  date,  Z.f  L/Vc  de  Or/tltetts,  dont  il  n existe 
que  son  édition,  laquelle,  malgré  les  rajeunissements  de  style  faits  à la  fin 
du  xvc  siècle,  nous  a conservé  un  roman  français  du  moyen  âge  que  l'on 
croyait  perdu  if  y a peu  de  temps  encore  1 : 

tire  ftotevent  rÆCquet?  patfottScmrrpimimStfe 
jDeffueqfcreepfllf  le  fa  riwrreSue  meTueitteufe  ferpentc 
qui  iroiwa  te  ^effeubmitj  pocteQifiXnt  a (a  riniece >§>\  fa  f> 
frfï  befluofa  gi««te0ayei(i  mÊger  te  ciufla>i#aie  pfteGuo  fêa 
Démontra  n ce  <3ouf  uf  te  tfïif  b e fet}  fi  t j vef roi  i rre |<t  cm  fi  q ue  t a 
fiente  te  S)0utert^euo;rrp0e0uo  te  muaatj  bute  pim*  De 
te  ffe  foirne  et  br  teïïe  fai  S cm  cotn  me  par  & eu  aut  fa  mn  a uce 
e(loi\>  ftamebe  ojpQeu&befeeuSitep  enfer  fan&  bemour  ante 
ou  if  <3 if  ta  9ate e tenefye üfe$te&  vc$ne& qw  parau üt  auoif 
Sou gïtet)  mouqnout  teobicuçi  p fa  pifeufc  compagnie  ij 
facfîoiffi/îptetujuaforje/pou^quifauoit  be/ïrre  fôçuetnft 
fi  ttm&)&(ïaamia&tement{tfare#aefia  offri  urp  fan  obouBte 
bframffmotj  gûefue* 

CCpftuetefiurcbc  cjpfïeua  /iouu£ffmifnt 
impjimeapariaparŒteflefteïioir* 


En  i 500,  Le  Noir  a publié  les  Prouesses  et  vaillent  as  dtt  praix  Hercules  j avec 
figures  sur  Lois,  une  édition  française  de  Limitation,  sous  le  titre  cl  * Éternelle 
Cttttsol t tri  on , et  un  ree  1 1 e 1 1 d c t ra  i t é s d c . J e r $0  n co  n t en  a n t La  Mendicité  spirituelle } 
Les  Ai éditait  tins  de  Penne  et  le  CtmsoLttif  de  tristesse, 

' L'exemplaire  unique  de  ce  livre  létemmevu  découvert  a etc  acquis  pi  la  BiMioiliL-que  uaiinnale. 
Il  est  dans  mit  recueil  qui  poue  actuellement  la  cote  pT,  -jiy-.Jai,  in  4U  (Résene 


ATELIER  DE  MICHEL  LE  NOIR  167 


La  figure  sur  bois  d’un  personnage  méditant,  qu’on  voit  sur  te  titre  de  ce 
dernier  ouvrage,  a été  copiée  plus  d’une  fois  par  d ‘autres  imprimeurs  | 


ÿjt  mend  tctte  f pir  ttuelle* 
iLeômedittatîoô  be  lame 
jLeconfolanf  oe  triftelïe* 


(fj  mon$4t m#t©f  par  foy  rt  ctrf  a«erfpcva*cr|pft 

(n*  rre  tou  fi  once  rr?  appcflfmu  ri  atten  Sfli  fa  tn  iffcncotfa  «f 
fapïfel>eHcu,4Lfar  fc  aïfi  ft  fa  13  if  tîuopera  fce  fictive  p for 
ffe  armurro  &c  pactcwïl  par  fefij  ftte»  fe*  $riE  taupe 
èure  efafpwô  Çoîùmeûc  aSuerfitc  fturepu  ra®  itou  % et 
fouefÿ  ftotei s afafl  rttnmr  fu  ae  opiiee  ifouenp  manire 
bncfuifrift  flotiwB  ftqu  MpoCfift 

quifetip  toute  prrfuc  fa  c^cuamt  fitouefrernfane  n\î 
fuft  frappe  tout  au  fon<J  te  fogcoipe  tepuio 
quro  tepe  bem  afalorôï  et  puante  tottw  i eft  taujne 
toutefuopre  fi  bouffi  foupft  fflmâe  (U  i f ureuf  loutre  fre 
afîurrfLtr^  tonif  on  eftott  LÏarme  te  pacience  que  tou  ftoure 
i f fs  uoitïieueç  infant,  ^irnçnauottbonnetoutte  queuta 
uoy  e | l f ma  fo  ut  ro  ftef  if  a fait  amft  q ni  î ftip  a pl  r u J&tn  ol  ft 
et  frite  foi tifte  tou ijee  fut  ^netreefîeKt  patate,  2luieffr 
frtioue  toûtf bien  eç  loutee  uoj  aSuerfitejj  te  prpi  Jfr  fi^  et 
te  fatn  et  e fper  if  t 3t  m en  t 

C Æp  fîuifî  tetffofafîfte  frifïefe  friflufat  bp 
jmpiimr  apat  l'e  par  Œ)k  «ïrf  te  noir  fiGiatee 
lurer^famuerpi  rte  parie  temoiuftt  furft 
ptefaÊcf^  it  ÇeffatP  Gfr  if tter  ctte  p ^ tfeurïe  r. 


Le  caractère  de  bâtarde  avec  lequel  ces  deux  derniers  livres  sont  imprimés 
est  le  même  que  celui  de  La  Vie  de  Mam  Mttgddme,  dont  nous  avons  donne 
des  spéeimens  page  l 6/\.  E11  voici  l’alphabet  : 


a 75  & -&  & <$  as  # 1 c m n 0 p ân*  5>  ^ & 

afîcfîfccftjljififmrTjfiijopqrteffwSïjppj  fFffP 

ftffnPÜo’fïjjpt}^  ci  i s |(  ) C 


Le  %l\  août  1 4j>4,  Le  Noir  a publié  un  traité  latin  sur  le  Calendrier,  qifil 
dit  être  sorti  de  ses  presses  établies  sur  le  pont  Saint-Michel.  Les  livres  latins 
portant  son  notn  sont  moins  nombreux  que  les  livres  français  et  sont  géné- 
ralement des  ouvrages  d enseignement  et  de  littérature  classique. 


6$ 


HISTOIRE  DH  ■ IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  nom  de  Michel  Le  Noir  figure  encore  comme  imprimeur,  à la  date  du 
2 octobre  1 à la  fin  d'un  traité  latin  sur  la  pureté,  fa  continence  et  la 
chasteté  des  prêtres  : 

^EOpflfttilü  qtf  i >t  rtiuntf  fa  cdcLitcnttaft  c^lUia 
rcrftfeT&otû  iîiîliulaf  fclidffrfihic.-Éfflratü  partit* 
qj^rr  rtiicb^Cl^nliJrüTncomnicuanKrupîapontËm 
fatîi  rttfcf/srfbaplrttcrfisniti  lancff  bfosiua  oran 
Ufte-iH  feen  n&  îçm>  fcb  itunrtaDCtcbrfv *Eik  .)  do 
nûjiï  ÏDrfaiMuînaffrtïmow. 

Le  Noir  a publié  deux  éditions  du  Flormts  atm  cowwaito.  La  première  fe 
22  septembre  i 4p$ 

Jlorctuo  cum 
commence: 


La  seconde  a été  imprimée  le  30  novembre  1 4^5?  au  faubourg  de  Saint- 
Germain -des-Prés,  par  Pierre  Lever,  Raoul  Couturier  et  Jean  Hardouin, 
imprimeurs  associés,  pour  le  compte  de  Michel  Le  Noir. 

Il  est  à remarquer  que  les  petits  caractères  de  commentaire  du  Fforerm  de 
1 495  t C]ÜI  est  signé  de  Michel  Le  Noir  comme  imprimeur,  sont  exactement 
les  mêmes  que  ceux  de  1 édition  de  14^5),  imprimée  par  Lever  et  ses  asso- 
ciés, et  que  la  disposition  typographique  des  deux  éditions  est  semblable. 

Ce  n est  pas  tout  : une  édition  des  Falmlœ  Esopi,  faisant  partie,  comme  le 
Ffarems,  des  Aucrores  Ocro f était  sortie  du  même  atelier  deux  mois  auparavant 
(le  18  septembre),  et  e était  encore  Pierre  Levet  qui  lavait  imprimée,  avec 


ATELIER  DE  MICHEL  LE  NOIR 


1 6y 


les  meme*  caractères,  «aux  frais  de  Thonnete  homme  Michel  Le  Noir»  {mm 
expemis  honcsù  vm  Mk/mdis  N'igri). 

On  n’a  qu’à  comparer  les  deux  fac-similcs  ci-joints  pour  s'assurer  de  i’iden- 
ntè  d'origine  des  deux  éditions  du  Flora  us  que  nous  venons  de  mentionner. 

Edition  de  i^ÿ)>  au.  nom  de  Le  Noir. 

gtoi  » iwit  ftttcitcr* 

<F |fimh«npanfî»P<fiBlA«leiiii»(*n*fit  cémoiantem  fripa 
ponton  tutti  tnteba  élis  ao  Uitoflgmun  fmm.  'ÿoba  nuta  et, jti^c  Hftc 
© le  vt  iü£rï*mcflfc  fcptébite.Snn*  o«mwi.;£D*«a,non8ÿ{fi™*v* 

Edition  di*  i an  nom  de  Levet  et  de  ees  associes; 

<£fÏ0î*H£lqf*  fini  t felidtON 

<T£^i3tliein>Mopua  ©uburbtja  faiml  &enamibe  pîatia  Sruiq 
bSI  IMll  tfinuhcttr.  jd*.  6 ic  pcnul  I imalflouibil  a.  per  l&etrtt  tout . Ipa? 
fllftrô  ÏUd  nlpbunt  coufturtar  1 1 Jo  bannon  ba  idonFn  fcrioa  «n  m «pi* 
lia  bondi  I Tin  XDkl)aella  tenoiredmMantta  fnpï:  p *ttmn  SanctfïDi 
te  in  interftgnto  funrtt  ÿa^  liïteoaangt I * i 

précédemment j Le  Noir  avait  public  le  poème  De  Comcmpm  minuit,  faisant 
partie  du  même  recueil.  Voici  les  fac-similés  du  commencement  et  de  la  fin  : 


€>ieflo?et*Hber  Uipitat)  bonacept* 
S>empejtttut?cP  Documtofccut? 
fyft  Ifbe  ilract  %e  plutfb?  rbocicat? 
HUtte  Üo^tus;q?  üm  fl  ïfi  receptu# 
et  b)£Utttt  tzxt9 iapât^tii  e replet* 
Coite#  flojesnon  oifts  feD  ttieliojee 
btrgultte  bommi  i toitnbene  cultie 
J Ci\xi  lion  matedmut  feruatiDo:  DanDoqg  rntfeunt 

IStno  cfl  Hpbcifliû  bBr  ÜM.qtf  ninidt  m trea  rw&.|n  piüftd 
actorohott  W quo  ■ mtoiDït  tn  t ot  o $t cfFu  rutftbJt-.ibor 

E wnoiatloncm  ipUuoUbil .ce  ptaufau  i laiioncaillt*  oc  no 
mini  tlo  niû:  onUfnoo  quart  Ubcrfldictuïbr.iCtiInfqqiKni  £ 
mcpaitia  bui*  ,pbcimj  fcnicnila  Httcralla  eûifta.Jrtt  Ubeivotat^boc 
nomfnc  fia  «tuo  incboi  rua  a » vida  fbeen&a  ftp  f ac  idoa  icipit  qui 

rcccc  olcif  flûîetua  ab  tflT£ni:qifba/,.bonoç  opr  fi  eftirtcptiwab  r * 
JEtlpfcïibfTtion  43lirua  f3  bitulÆ  fiais  i ai  Jwiifbonli  o»rÊctniitlt:qi£ 
tôt  n*  repte  tua  vit  tut  actoi  I pfuia  H confiocrtocmultipllclta;. 

ton  rt  jpll^l  tatc  ItbioprtrcnicriapUJoç-cogresiiU  poifota  et  latiaabJc 
lion  Commet  * et  tâctaf  ôp  t nôoia  i$  viiUotii  tj  poiutirpin  UiTlrgul 
tia  Bfii*flCtiUnracrar£riptnta:iit  ra^no  tanone.ilnoïbj  alfiarctlacf 
cl  ce  lie  llbita-d  libri  pht  oiri  viisnluccôcationejiq*  fïcui  Inviifful; 
nuiriürtnct  rcrnanEca  ^ fpillierlnfrrüt  ncleaailonM  mfibufl  cpterio 
rtbua.tia  firniUt  i r I n tac  rb  Itbil  n t cclc  (ït  a uemf  taitf  1 1 i {ruant  ur  » q 
tpdinlfrmihd  ino^urabiUiffcrtSt  bdtciailo^f.b«imêta  et  km 
tenti u I p1'  y I i bwîfi *qqtbj  mfblitibî tnt crfnaf « auamE ti ffibea  £ Jt bo 
I Ici . £t  bimnF  tilù  vit  suit  i*nï  t boic  cu|m  .ppter  lab  aies  fc  té?  »no 
r&  tf<Ri  d 1 n Ttn{£  uni  no  fotS  iuucm  ni  ty-  fcrficpi  $ o£a  Te  pi  cm  et  aies 
ut  poiloicm  parte  m ^pofncniuccirta  atipliartoncrrii  ; inilittoiifm 
et  e^pofi,f 'onon  I pfo  çlT ic  iov  lib  joç  efdeftc  .vt  pat  Et  « bt  i Mcrarimo 
qnl  tintta  tempe  b ia  munflt  tu  pantbrw  dtii  tttirtnle  ptoptci  tranf 
litlotkin  umTcicHa^nonl  tcflamcnil-ct  illoium  plnriunilibïMuiTi* 
te  t c tkm  bc  tant  : lusulliro  u^ul  fci  e ta  c vol  umtni  I tbio  njmfcriî 
lit  pofl  ciiK  conncrfionem  ab  fluon;  çp  bomlnle  ctflfl  non  mffldat 
ao  Ipfonim  e wiptE&cnflonero*  SI  ml  lût  r potCl  Pid  b*  ^nc  to  owtoît 


3!  n qns  «auti  tmnt  qui  pura  mente  nttebunt 
ff'i  bene  gaubebunt  quia  gau  bL  fine  caeebunt 

H T.uindectmijEt  vUlmÜ  lîgnüciitfpofa  vlncntca  motlenfui.ibttU 
lefurgit  eû  omnibuailtjibttioiiuie^futriif  tfriita  piindptomüdi  vf^ 
<$  tûc  Tctlictca  adiudic  îJndEfelendüeH^&npIcxeftiüdieifiiJptrii 
fnalc  lïuc  parti  cala  rt**  tftui  Ttin  moitia  aititulo+'i  atiud  cft  generulc 
qbcriitnbiellla  trcmcda^amAiivaUk^qlip^iïli^Dcivmictludicart 
tiu  oa  t mml  uoa  1 ftcutin  P«  tfltK.T3>üUe  oflent  bic  ti {i  tw  boc  tudi 
cio  ^ ci  bifntlatla  tbclofüia  rcmlttfiF£t  qi  Kjct^  £ pUmi0lGf*£5ftru{* 
tca  fü  ma  frit  pott  bet.a  t j^n^bUa  lur  '3ji[erit  potl  bec  [% 
4tquol  viu£tmatt£E^rcfLti0Êtpoll]lfltCTiô[cSctlbetCrtlaboït0l{miî 
dt  ri  fürff  i t >otl  bec»  j£ltio  ^ +ùurttr  bi]  Xbo  ni  ta  lua  nf  «i  Ja  LiübunS 
[bi^fmali^  icp»bl  rcrurtaiif ].i ^ruQâ&lf  TJîpi  tuo  Êtuta  oiutct  ter 
roii  atqi]^  tCboLotcHifti*  twi. OrUantcfiip  icdû tcira  tmare  mfttrâ 
b ht  btc  ^pc  rare  ] i.appoptn^  1 1 mitua  > tu  a ti$  ch  tôt  tomvétl  bd 

m¥  botwie  jï(ÿ.rcd  pbïbit  (e  twfcffdii  at£p],p  a[vtd£dû  plcnr] 
id  <ft  perkt  te  £!£  1 1 a]  tdnftteEntl]  ^ nô  ï a 1 1 dd.nfi  altdd  tUte  bit]c  o^  do 
(Up.  [qd  né  t f maf  ]L  vtdcaF  A qtf  tdé  Tctaf  in  beita  te  btuina.ÎTi  qnl]  bd 
tat  c eaudibht  4 nitcbl  Jal^cb  "mentE  pura  £t^audfbbi  ben<  qz 
<t  ai  a]  • tpdï  fup.rcarEbût  fine]  d^burablît  instcmlL  fâxvi  gandià 
qcbi^  tribOdt  4 1 rtriua  ï mue  vint  et  t cgnat 1 n ft  mlûfeculo  ç * omen* 


^tnwbc  ç^tcmptiittiédt  cum  commcnlb  ♦ 
JmpiEffyrtt:  parifijif>ti  ïDtc  ^ le  noir  libtahâ 
cortuiwiant  em  fupta  pôt£  fetl  mkbaeUu  admlcifti 
siniumfttiyobauntfl  awiifltUHÇïBJin®  bfif.mit«cccc 
it|L^^vt§* 


îWfUNin^  »+rwj7.+  Lt. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


170 

Ce  sont  les  petits  caractères  du  Floretus  qui  ont  servi  pour  le  commentaire; 
les  gros  caractères  employés  pour  le  texte  du  poème  en  différem  : ils  sont 
semblables  a ceux  d antres  livres  signés  de  Michel  Le  Noir  comme  imprimeur. 
Disons  en  passam  que  les  memes  lettres,  dites  de  somme \ sc  trouvent  simulta- 
nément à Provins  chez  l'imprimeur  Guillaume  Taveinier,  qui  a imprimé  avec 
ces  lypes  Le  Débat  du  via  et  de  ternie,  pièce  en  vers,  et  à Rouen  cire/.  Jean 
Le  Bourgeois* 

On  lit,  à la  fin  du  De  Cmuempm  uiuiuli , que  le  volume  a été  imprimé  à 
Paris,  par  Michel  Le  Noir,  libraire,  demeurant  sur  le  pont  Saim -Michel, 
a renseigne  de  Saint  Jean  t Evangéliste  [Iiiipressniu  Parisii  per  Mkhnelem  Le  Noir, 
libvaiiuin  camiiimautein  supin  pou  rem  S au  ai  Michaelis,  ad  iiitevsïgniiun  Saucti  Jo/iuuuis 
Evangéliste  ). 

Le  Noir  a imprime  une  édition  du  texte  hui n des  Epîtrcs  d'Ovide,  avec  le 
commentaire  de  Sabinus,  suivi  d'autres  petits  poèmes  du  même  auteur  : 

Epiftola s O VI D 1 1 neenon  SABINI  vetuftu 
Poetæ  Re  fpôfiones  ad  Epi  Ro  1 as  Ou  id  i f v rtacu  m 
DIRIS  in  Ibihoc  emeridatifÏÏmo  librohabes  le 
étor mi  caudidi fii me  Vûi e Val e Félix  fis* 


ADLECTOREM 

Hæctïbi  multiplia  queimprefTa  eftçrepapirus 
Aurei  Nafomscarrnuiauatishabet 


Le  tJtrc  est  orné  dune  gravure  sur  bois  représentant  le  poète  Ovide  com- 
posant ses  vers  qu’il  dicic  a deux  secrétaires. 


AT  Kl  ER  DK.  MICHEL  LE  NOIR 


■71 

Au-dessous,  on  lit  une  adresse  an  lecteur  en  deux  vers  latins,  dont  nous 
donnons  la  traduction  : 

aij  Ll;CTi:illl. 

Ces  feuilles  de  papier,  imprimées  avec  un  airain  multiple,  comicnncm  les  vers  dores 
du  poèie  Ovide. 

L'airain  multiple  est  une  métaphore  qui  signifie  que  le  livre  a etc  imprime 
au  moyen  dune  mniiitnde  de  letircs  de  meta!,  c est-à  dire  avec  des  caraacres 
typographiques. 

An  verso  du  titre,  mie  gravure  tient  tonte  la  page.  Elle  a pour  sujet  nn  per- 
sonnage assis  an  milieu  de  son  cabinet  d étude  ci  donnant  une  explication 
à un  jeune  homme  debout  à la  gauche  du  savant  : 


Dans  le  fond,  sur  une  planche,  on  voit  des  livres  avec  leurs  couvermres  à 
fermoirs  garnis  de  clous. 

O 

11  est  dii,  à la  fin,  que  Le  Noir  imprima  ce  livre  sur  le  pont  Saint-Michel 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


L J 2. 

[Michael  Le  Noir  impmsit  supra ponte  in  Sancù  Mïchaclis ),  le  troisième  joar  du  mois 
de  janvier  1499(1500  n.  st.  ). 

Cette  impression  est  exécutée  avec  des  caractères  romains  tic  deux  gros- 
seurs que  nous  n'avions  pas  vus  encore  chez  Michel  Le  Noir. 

Le  texte  des  Épîtres  est  imprimé  avec  le  pins  gros  caractère,  dont  011  voit 
un  spécimen  d'après  Je  titre.  Les  réponses  de  Sahinus  et  les  petits  poemes 
sont  composés  avec  un  caractère  plus  petit.  La  dernière  page,  avec  I achevé 
d'imprimer,  reproduite  ci-dessous,  est  établie  avec  ec  dernier  caractère  : 

P ü blîi  Ouidij  Nafom's  fu  I moe 
monenfïspottae  darilïîrni  liber 
tnlbim  fœUdterexplicit. 


Habes  ml  candide  le&orele&tflima 
elc&ilïïmi  poetæ  caimina  emetlda  = 
tilïïma . Bme  val  t Michael  le  noi  r 
iraprelTct:  fuprapontemfanftiMi^ 
chicl  ta.  A nno  d ni . M.  C C CC.  XCIX. 
Vicelinu  tertia  die  menfis  lanuarij. 


Le  13  mars  1 498  Le  Noir  avait  publié  une  édition  du  poème  de  Batista 
Spaguoli,  dit  le  Mmtoumi,  sur  les  Misères  de  ce  temps  ( Calamiumnn  nosni  tem- 
poris  opus  divinum))  imprimée  avec  le  gros  caractère  romain  de  l'Ovide  : 

Cal  a mita  mm  noftrî  temporis  op*  diutrm. 

Parifiis  impreïïum  per  michaelè  Icnoir.  A nno 
natiuitatis  domûii  Millefimo  Nonagefimo 
otfhauoDie  dedma  tertia  Menfis  marri  j. 

A la  fin  de  cette  édition,  il  est  dit  positivement  que  c'est  Michel  Le  Noir 
qui  l'a  imprimée  [miprmit  Michael  Le  Noir). 

Les  mêmes  caractères  se  retrouvent  dans  une  édition  de  l'Èncidc  de  Vir- 
gile, que  Pierre  Levet  imprime  cinq  semaines  après  pour  Jeun  Petit.  (Voir  fac- 
similé,  t.  lw,  p.  44p,  et  alphabet,  t.  Ier,  p.  450.) 

Des  caractères  semblables,  celui  de  1 1 points  et  le  plus  petit  de  p points, 
sont  employés  presque  en  meme  temps  dans  latelier  de  Michel  Totilotisc, 
imprimeur,  me  des  Amandiers. 

La  date  ilu  13  mars  doit  être  exacte,  dérogation  an  tompnt  français  et  probablement 

car  le  volume  est  daté  de  l'année  de  la  Naiivitê,  pour  rendre  hommage  A l'auteur,  qui  était  Italien, 

testa  dire  du  jour  de  Noël  le  25  décembre),  par  et  pour  lequel  011  a suivi  le  eomput  île  son  pays. 


ATELIER  DE  MICHEL  LE  NOIR 


l73 


Que  déduire  de  lotit  cela,  sinon  que  Le  Noir  faisait  imprimer  par  Pierre 
Lever  ses  livres  latins,  quand  il  ne  pouvait  le  faire  lui-même,  et  que  ce  der- 
nier mettait  quelquefois*  par  complaisance,  son  nom  et  sa  qualité  d'impri- 
meur, comme  il  l'avait  fait  auparavant  pour  Vérard.  Le  Noir  ne  paraît  pas 
avoir  fait  imprimer  ses  livres  français  par  Levei. 

Quant  à l'identité"  des  caractères  que  l'on  trouve  dans  certaines  impressions 
de  Levei  et  de  Le  Noir,  elle  peut  s'expliquer,  si  l'on  rejette  notre  conclusion, 
par  le  (ait  qu'il  y avaii  déjà  a Paris  et  à Lyon  des  fondeurs  de  lettres  d'im- 
primerie qui  vendaient  â l'un  et  â l'antre  des  fontes  de  caractères  on  louaient 
un  matériel  pour  un  temps  déterminé. 

Il  se  faisait  aussi,  des  cette  époque,  entre  ces  deux  grands  centres  typo- 
graphiques, un  irafif  de  bois  gravés  et  de  lenres  historiées1.  La  lettre  histo- 
riée N,  qui  commence  le  texie  du  Ffomus  de  septembre  i4<?5*  provient  de 
Martin  Havart,  imprimeur  lyonnais,  qui  s'en  servait  dés  1492.  La  même 
lettre  avait  été  utilisée  quelques  mois  auparavant  dans  le  Jerson,  imprimé  le 
21  juillet  précédent,  par  Tréperel,  beau-pére  de  Le  Noir,  qui  la  repassa  â 
son  gendre. 

Michel  l.e  Noir  était  Parisien  d'origine.  Sa  marque  sc  composait  de  l'ini- 
tiale M de  son  prénom,  se  détachant  en  blanc  sur  fond  noir,  dans  un  écu 
héraldique  cniouré  de  lambrequins  et  surmonté  d'un  casque  couronné,  au 
sommei  duquel  se  profile  une  tête  de  nègre,  par  allusion  a son  nom,  inscrit 
à côté,  en  toutes  leitres. 

Dans  la  bordure,  on  lit  ce  quatrain  que  Le  Noir  avait  pris  pour  devise  : 

C'est  mon  désir 
De  Dieu  servir 
Pour  acquérir 
Son  doiik  plaisir. 

Nous  avons  déjà  donné  cette  marque  (p.  168).  Il  a fait  ensuite  usage 
d'une  autre  de  dimensions  beaucoup  plus  grandes,  sans  devise,  avec  son 


1 C'esi  ainsi  que  Ion  voil  Pierre  Le  Caron 
employer*  Hans  les  Vigilks  de  Charles  Vil,  un  des 
bois  du  Térence  imprime  â Lyon  en  *4 93  P^r 
Tredisel.  La  grande  pian  die  de  lu  Cûur  céleste  qui 
se  ironve  dans  IdOrdhiâj're  des  Cr es  tiens,  livre  im- 


primé par  le  Petii  Lanrens  à Paris,  passe  â Lyon 
diez  Pierre  de  Vjngle  en  i ^97  et  revieni  a Paris 
en  1 499  et  en  1505.  Une  pariie  des  lelires  fleu- 
ries du  Jerson  et  du  Behert  le  Dyahle,  imprimés  par 
Tréperel,  proviennent  des  alefiers  lyonnais. 


HISTOIRE  DE  ^IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Lexcrcicc  de  Michel  Le  Noir,  qui  fit  souche  d'imprimeurs  et  de  libraires, 
s’est  prolongé  dans  le  x\T  siècle,  II  mourut  le  29  septembre  1 5 20 


’ Il  fut  enierrë  A Saint-Benoît.  La  Caille  [Ht j 
Mire  de  i'fatprhwrie  et  de  U Likekk,  p,  64,  ouvrage 
cite  donne  son  épitaphe  : «Cy  dessous  gist  liono- 
râble  homme  Michel  Le  Noir,  en  son  vivant  libraire 
ei  bourgeois  de  Paris,  qui  trespassa  le  xxixr  jour 
de  septembre  Mil  vc.xx,  lequel  ensemble  Jeanne 
Treppérel  ont  fonde  en  leglise  de  céans  tons  les 
samedis  de  Tan  a perpétuité  une  messe  basse  du  jour 
avec  mémoire  des  trépassez;  que  les  margnillicrs  de 
lad.  église  sont  tenus  fini  e dire  à six  heures  dn  matin 
ei  faire  tinter  [une  des  cloches  de  ladite  église.  Lt 


à la  lin  le  prestre  dira  De  prefttttdts , Ittçlhtd  De  us 
vettke  et  fiddnunft\  aspergera  de  Terni  béniste  sur  la 
fosse  dudit  défunt.  Et  pour  assigner  ladite  fonda 
tion  qui  est  autorisée  par  Messieurs  les  chanoines 
et  chapitre  de  ladite  église,  oui  donné  plusieurs 
biens  plus  à plein  déclarez  es  titres  sur  ce  faits.  Et 
^il  estoit  que  ladile  renie  fùsi  rachetée,  lesdits  mar 
gnilliers  ou  successeurs  seront  tennz  convertir  les- 
dits deniers  en  nue  antre  rente  tellement  que  ladite 
messe  puisse  avoir  cours  à tonsjours.  Priez  Dieu 
pour  eux  et  pour  tons  les  trespassez.  « 


CHAPITRE  XXXI 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  GILLET  COUTEAU  ET  JEAN  MÉNARD 
('-R  2.-1  5 00 ) 


Couteau  cl  Mc  uartl  lcrmiiitml  un  livre1  illustre  commence  par  Pierre  Le  Rouge  ei  travaillent 
pour  VcrariE  — La  Danse  macabre  historiée.  — - Les  Figures  du  Vieil  Tesuwteut  et  du  Nouvel, 
imprimées  par  Gillet  Couteau  seul.  — - La  marque  Je  la  famille  Couteau. 


Gillet  Couteau  et  Jean  Ménard  ont  continué,  en  juillet  1 l’impression 
de  L'Art  de  bien  mourir , commencée  par  Pierre  Le  Ronge.  Ce  sont  eux  (pu , 
selon  toute  probabilité,  oui  imprimé  la  fin  de  l’ouvrage,  ainsi  que  L'Art  de  bien 
vivre,  pour  le  compte  d’Antoine  Vcrard,  libraire-éditeur  : 

fijf>  fittift  te  ftaicte  t>ee  txw 
me  Scrtfn:  ef3e  pinça* 
foire.  Jmpiime  a parie  pat 
tôittet  couffeau  et  Jeÿap 
menait)  (atj  Se  çt ace  mit 
tpi offre  jCeno  nouante  ef 
&enp  te  ÇipRuttkfmeiom 
^ tt  mope  Ôe  tutRef/poar 
3tnf6oirte  Set arb  matx&fc 
tifoam  Qememantapa? 
vtsfnete  pont  rtoffre  * 
meattfeiçne  faintjeÿat) 
fenançefiftt. 


On  trouvera,  dans  le  chapitre  consacré  à Vérard,  les  spécimens  des  illus- 
trations de  cet  ouvrage,  ainsi  que  ceux  de  la  partie  imprimée  par  Le  Ronge. 

Couteau  Ci  Ménard  ont  imprime  La  Danse  macabre  des  Hommes,  une  des 
pins  belles  productions  de  l’art  français  an  xvc  siècle.  Les  illustrations,  large- 
ment dessinées,  different  de  celles  de  La  Danse  Macabre  de  Guy  Marchant. 


HISTOIRE  DE  L' IMPRIME  RIE  EN  FRANCE 


L'édition  de  Contenu  et  Ménard  débute  comme  i autre  par  le  portrait  de 
l 'acteur,  ou  auteur,  faisant  appel  au  public.  En  voici  le  fac-similé: 


JPacteuc  45t}cemiioeccÇafcunpeutftre. 

©mSe/ïree  Bie  efemeffe  ©ut  Ceconuient  ainfi  ©tm/ee 

/2Jtt  a&ey  ©oefrifte  notaBCe.  Jibatge  eft  re^uP  6ietj  fi  mire 

îôout  Êiei;  fintt  Bie  moitette.  moitCe  Biffait  anatte  et. 

J£a  Qance  maca&e  fa  peffe.  Soie  fes  pfue  grdô  cdtnencet, 

©uecÇaftm;  a Lancet  apzent.  IZat  iC  nefi  mtf  que  méat  ne  fcece 

& fiotntne  ef  femme  efi  mfuteCCe,  iZtft  pif  eu  fecÇofep  panf et, 

$Ç)oz(ncfpat$w  peftf  ne  gratté.  ^outefifoz^ie  Qunematim, 


ÀTELTER  DE  COUTEAU  ET  MÉNARD 


77 


Puis  sc  déroulent  les  divers  tableaux  de  la  danse  finale,  depuis  les  pins  hauts 
jusqu'aux  plus  humbles  degrés  de  l'échelle  sociale.  Ces  scènes  diverses  sont 
accompagnées  de  pièces  de  vers  appropriées  aux  différents  sujets. 

La  légende  figurée  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs  clôt  la  série  des  figures 
de  la  Danse  Maçalm . 

L'exemplaire  de  lu  Bibliothèque  nationale,  qui  faisait  partie  de  la  Biblio- 
thèque du  roi  Charles  VIH?  an  château  de  Blois , est  imprimé  sur  vélin,  et 
les  gravures  sont  délicatement  peintes  en  miniature  par  Antoine  Vérard. 

À la  suite  des  épreuves  en  noir,  nous  donnons  des  spécimens  coloriés  de 
quatre  de  ces  planches;  la  comparaison  permettra  de  juger  ie  travail  du  gra~ 
veur  et  d’apprécier  le  talent  dn  miniaturiste. 


LA  DANSE  MACABRE  HISTORIÉE. 
Édition  de  couteau  et  ailnaiid. 
{ï4?2.) 


Lt  Pape  et  l 'Empereur. 


23 


j i . 


HLE  )±T1CNJLI. 


LA  DANSE  MACABRE  HISTORIÉE 


LA  -DANSE  MACABRE  HISTORIÉE 


LA  DANSE  MACABRE  HISTORIÉE 


LA  DANSE  MACABRE  HISTORIEE 

Lr Abhè  et  /r  Ben//}.  (Voir  p.  tÜo.'.i 
!/  A sn vlê^ ue  i r L Bt > u rgu ns . ; Voir  \%  i S o , . 

Hxmpluive  imprimé  sur  vélin  cl  irunutuié  provonaiu  du  difucnn  de  Hloi>. 

JîiMioihà|ut  Narioifeiic. 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


VrSPm 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


Le  Chartreux  et  h Sergent, 


LA  DANSE  MACABRE  HISTORIÉE 


Le  A-'lédean  et  V Amoureux, 


LA  DANSE  MACABRE  HISTORIÉE 


Le  Cure  et  le  Ln&mirettr. 


Le  Ckre  et  VHsrmke* 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


LA  DANSE  MACABRE  HISTORIEE 


1 86 


HISTOIRE  DE  LTMRRIMERIE  EN  FRANCE 


L 'épilogue  représente  l'auteur  assis  dans  sa  chaire.  Il  vient  de  terminer  son 
livre  qu’il  a fermé  et  déposé  à côté  de  lui  sur  sa  tahle  d’écrivain. 


$j)oue:qm  et;  cefïepotfratrfure 
Sî)ee$  banftieftat  $iuere 
JôErtfpî  *lHe  6 un  mine  nature 
Ce  ttefî  fore  que  SianBe  a%ce 
Je  Ce  monffreiquc  Te  emtere 
Jèiapiee fie rop  roncortnej 
'(Tffî  fecce  Sotte  bnf  et  perurre 
■iïTue efïaeifonf  a tfere  bomtee 
$actmv 

JRiepnefîSdmeq  Btertp  penfe 
jZefi  toiitïïnffîfjofetrSfitoiee 
jCfîafrni)  Ce  Soit-par  cefîe  banfe 
ISomreSone  q hvrî  ft  finira 
%{etene$(a  Siei)  en  mémoire 
Car  fidrneef  fe  m me  eCCe  amonefle 
battoir  bp  para  b fs  fa  effet  rc 
(îSttretqtcff  qeecieuf;c  faitfefte 


Jbon  p faif  pert/er  foie  ef  main 
dFpppftfpr  pp  cfï  pîofirâffc 
^efeff0up;qui  mourra  bernait; 
itartf  rteff  rict;  pfue  %ata&Ce 
âüueOe  mourtrme  moine  efitôCe 
âDue  Ste  bomme.ct;  fapateotf 
4 feuf-pour  quop  nefi  pas  faBCe 
foî  m croit  mfqttee  it reçoit 

£Haie  attcrle  fbrtf  a qui  net;  djauff 
Comme  fit  ne  fttft  paraSie 
;$ïe  enfer,  flefaetf;  auront  cijauCt 
Jpee  fturee que  firent  iabte 
£ee  faine:  fe  mdftrêtrn  b'eaup  brs 
Ürqmfej  Sotte  qui  cp  paff ee 
<Qt  faictee  bee  ftiêe.pfue  net;  bte 
Su?  fait  Sauff  meuff  ee  tuf p affef 


B.iit 


ATELIER  DE  COUTEAU  ET  MËNART 


1 87 

De  la  main  droite,  il  tient  un  large  philacière  quun  ange  a déroulé  et 
soutient  de  l'autre  bout.  Lenteur  montre  du  doigt  au  lecteur,  sur  ce  tableau, 
la  moralité  qu'on  devra  retirer  de  son  oeuvre.  A ses  pieds  gît  le  squelette  d'un 
roi  dont  la  couronne  traîne  plus  loin  à terre.  Au-dessous,  ces  vers  : 

Vous  t|ui  en  cestc  portraicturc 
Vccz  danser  estas  divers 
Pensez  rjuc  humaine  nature 
Ce  n'est  fors  tjue  viande  à vers. 

Je  le  monstre  qui  gis  envers 
Si  ay  je  esté  rov  couronnez 
Tels  scrés  vous,  bons  ei  pervers, 
fous  csias  sont  à vers  donnes. 

S'adressant  ensuite  à la  foule,  l'auteur,  dans  une  longue  tirade,  expose  la 
fragilité  de  la  vie  humaine  et  la  nécessité  de  se  préparer  à la  mort. 

Voici  l'alphabet  du  caractère  que  Couteau  et  Menait  ont  employé  et  qui 
est,  à quelques  signes  près,  semblable  à celui  de  La  Mec  des  Hystoiixs  de  l 4 88- 
1^89,  imprimée  par  Pierre  Le  Rouge. 

Üî  Ç afîc9fft>ef  00i  fm 

nopqtî  eftu  $ p y $ i./*i  âêeïçlp tît 

À la  suite  des  vers  français  de  l'auteur,  on  trouve  les  quatre  premiers  vers 
latins  de  la  pièce  composée  par  Simon  Rocamadour,  secrétaire  de  Louis  de 
Rochechotiart,  évêque  de  Saintes,  en  l'honneur  de  l'art  typographique,  et 
qui  avait  paru  pour  la  première  fois  dans  la  Rhétorique  de  Guillaume  Tardif, 
imprimée  au  Soufflet  Ven.  (Voir  t.  Ier,  p.  153.) 

À rtc  nova  jnrssos  si  rem  is  meme  libellas 
ïngaùum  tanças  exitperahit  opus. 

Nul  lus  ndhuc  potuir  luijus  contiagm  summum; 

An  modo  plaça  acquit;  ars  dédit  anme  suiiin. 

En  reproduisant  ces  vers,  les  imprimeurs  de  La  Danse  Macabre  déclaraient 
qu'ils  avaient  réalisé  le  dernier  degré  de  perfection  dans  leur  art. 


24. 


i88 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


L’achevé  d'imprimer,  qui  termine  le  volume,  indique  les  additions  qui 
ont  été  faites  à l’œuvre  primitive  et  donne  les  noms  des  imprimeurs  : Cy  finist 
la  Dame  Macabre,  historiée  et  augmentée  de  plusieurs  noumaix personnages  et  beaux  dits, 
et  les  Trois  Man  et  Trois  Vifs  ensemble,  nouvellement  ainsi  composée  et  imprimée  h 
Paris  par  Gillet  Coustian  et  Jehan  Menare,  l'an  de  grâce  mil  quatre  cens  quatre  rings 
n dott^e,  le  xxvri  Jour  de  jning. 


j?al:(tpoJqttop  pzcHu  fi  qzatplaifiv 
£)dme  aBufrpfatt)  <*■  piefumptim 
n;  rr  fault  mi  dN.  ou  nai|  &fplaifïr 
<g  rtut  e,ot0ucil;0uare  (t  b ifcenfîoq 
jbift)  tmCmtmfe  efi  ton  affection 
JDucpïfe  tum  ftt  plvri  qrât  enmc 

be  Siuvc  en  bou6 te  en  cefle  code  $ic 

q fel  tnÔSaV  a Ca  moztbéfcr  maitte 
ceft  65e  cfjof ? SrSuirc  ri)  Sic  cettaïe 
Jp.a^  tu  f ces  6fct)  : fi  tu  nés  ifenfWle 
&uccrfct)ofefottc-%>oi:clpof[i£ic 
J&cauoirfa  tus  foi;  aife enfteretht 
£5  fa  pire  n<xtt  Sa  fus  pàmfXemêt 
$e£ae:  pour  fût  elfanqe  ambition 
<£f  te  tauife.ou  ftt  rl  autrement 
Jfyommcbeffmtefa  perdition 

SeSflSmp  futott  Sic  ou  moif  cgotftr 
tÿoiftrbeefjêup  tuas  bif action 
apmc  ftt  mieux  îfc  ton  cotpe  Ce  Vèfit 
fèout  fou  awemefftr  a Qûnation 
CuirSiurrSitg  peu  et)  triBalatiot) 
ap:  ri  mort  ton  a me  foit  maie 
kîoize  ri  cimCpq'bimî  befuie 
0*  fixe  ne  peut  et)  ceflcSie  humaine 
Jbi  ne  leffe  t erre:cmorr  et  Semaine 
etnerep  nme:q  f o ut  fiC r|ï  pofftfîfe 
etSrxce  et)  peine  $ ru  fa6e*  frrritîfe 
<grt  feeuütbieu  toufiot»  paciêmêt 
fceff  Se  afemin<\  conduit  feuremêt 
Zlpzeettefpae  fournira  fatuafterj 
1 1|  Sa  autreihtil Sa  a Bünemi t 
^ommeSffait  efa  prrbt'ftop 

fCniSefucpfoufioute  auorc  Soiftt 
Sauotrparborj  fanefauffatiot) 
et  toute  trnpÉ  etj  Bfattc  fit  moSÿefit 


\buis  a ce  ionr  faits  operation 
Jôaff et  fr  fempl  ni  befectation 
tÛtquebutoutCacffarfoit  a (fouir 
I&rnfr  ftt  potf  qf  fa  if fe  quoi;  Seule 
etrjptêcftiefttj  puiffanc r môbaim 
fycSaeoy.catmoit  SiPtetfoubame 
$ne  fleure  a top  auecfôiad  6o:t6fr 
fi ftelacop  c3rae  cflofe  inuiftBSe 
qttr  pao  naîtra  r-  Soyfiraucunemêt 
Arbitra  bieuiprccaut  feulement 
Rinfimcuttae  toft  fai  il  côtmction 
Sorti  fu frra«  par  Nu  in  niqrmrnf 
jÇjommc  b effait  (t  a prrbtftoij 

jfydme  et)  péril  f ai  fies  cettainemêt 
<pue  fétu  nm  autre  S ou  foir  6iefr?tf 
Se  t amenbernautre  bruofton 
JT-U  te'^euasSnq  tour  fuSitemlt 
domine  Se  ffatt  et  a pcxSitiot) 

$tte  ftoua  pffoficenTmte  ftMCoî 
jnqemun;  foctfe  epaperaBit  opue 
mtfPabflucpofuit  ff’pttûftrr  fiJintE 
arlmÔ  pfura  nrqftarl^bif  5e  fuuÿ 

â)tr  fuit  iftuft  opue  quob  cottbtfoî 
inÿicatÿmus 

jZp  fimfl  tabücemataBze  fîiftoziee 
et  augmentée  bc  pfufirttre  rtouue 
aup  prrfortrtaÇre  qBeaup  bt  te.  <gf 
fre  Croie  more  rt  trois  %>if  f cnfêBle 
nouuellerht  ainfi  côpofeeetimpn 
mee  a pariepat  fôiltetcoufHattet 
Jeïjai)  inerntt,  )San  ’Se  efraer  mtf 
quatre  c?e  quatre  Sin$epbou$e  Ce 
ppSi  tourbe  Jutttg 


ATELIER  DE  COUTEAU  ET  MÉNÀRT 


1 89 

VEguyllon  de  ayante  diyine  et  La  j Danse  Macabre  historiée  sont  les  Jeux  seuls 
[ivres  illustrés  que  l'on  connaisse  jusqu'à  présent  pour  être  signés  des  impri- 
meurs Gillet  Couteau  et  Jean  Ménart,  mais  ils  suffisent  pour  établir  leur  répu- 
tation d'habiieté. 

Nous  croyons  qu'on  peut  leur  attribuer  une  partie  des  livres  édités  par 
Vérard  pendant  [année  i4<?2>  jusqu'au  moment  ou  ce  dernier  emprunte  les 
presses  de  Jean  Morand,  en  1 4 p 3 ? et  dépose  dans  cet  atelier  le  matériel  typo- 
graphique dont  il  était  propriétaire  et  avec  lequel  d faisait  établir  ses  éditions. 

Couteau  a imprimé  ensuite,  seul,  Les  Figures  du  Vie'd  Testaient  et  du  Nouvel t 
Le  livre  n'a  pas  de  date.  Le  titre  est  en  lettres  calligraphiques,  et  l'initiale  de 
début,  en  traits  de  plume  entrelacés  s'appuyant  sur  des  têtes  de  fantaisie,  est 
tout  à fait  dans  le  style  des  titres  des  livres  de  Vérard  pour  lequel  Couteau 
l'a  très  probablement  imprimé  : 


Les  figures  sont  disposées  en  compartiments  avec  des  légendes  au-dessous, 
exactement  comme  dans  les  éditions  xylographiques  de  la  Bible  des  Pauvres, 
dont  elles  sont  des  copies  on  des  imitations. 


9° 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Nous  donnons  ci-dessous  un  spécimen  des  illustrations  du  nouveau  livre 
de  Gillet  Couteau,  avec  les  légendes  qui  les  accompagnent  : 


jCtùmw\ît(§ifotâ.  pÇiftfïifnj 
jupccftpfb  ïs*  CWriipit  fcmat/ 
fa  quamobo  (ï  rampai  çtifa  fit 
(htijûc  (lapa  totàtïi)  fpufcunme 
wtijaboî<rtjCmsafcep(d;  $t\ô 
ï(l  ;a£mtun)!rçq«0t[Jtf  foüitut 
battue.  EipIfqîflîUujTjDdfiba 
fBta  i fTu  ft  fli  mi  t f fa  ffirn)  (W 
cwtaee^/fûfteïtjftuiif  mDffli  mit 
<0t  quofigariDtflrae.pc.^ufcÿ 
tartj^Bi  XApitufo. 


£0ÉpKparaaftô(îtii^9ptfcen)  gtS 
bertj  Sr&cgfutfixf  fotttmj  tt  eraf  îè 


nas  £t|  . enftï  pi  frie  (ri6a®  Dfeflua 
et  tri  Bue  nortfflaerf  oiauiffortae 


ab  bwrrimJttj  beunj  fuum&e  9>etit 
Ut  pffcie  et  Dipif . iz  famaat  &f  fri 
fiufafionemeûû&pmîmmj  QLtpm 


frutt  me.TDf  Bcafcetafetf  cfama? 
ai  p eiuaiï&ipiSofertjtnea^ff^0 
ntptan&owpifafj, 


La  page  que  nous  reproduisons  représente,  à gauche,  Samson  enlevant 
les  portes  de  la  ville  de  Gaza;  a droite,  .louas  sortant  de  la  gueule  de  la 
baleine,  et,  au  milieu,  le  Christ  sortant  du  tombeau. 


atelier  de  couteau  et  mënart 


'9 


Le  volume  se  termine  par  ces  mauvais  vers  français  à la  fin  desquels  l’im- 
primeur est  nommé. 

Cy  finis:  ccstuy  présent  livre 
Intitulé  des  deux  Tesiamens. 

Le  regard  qui  monstre  que  vivre 
De  voit  Jésus,  puis  par  lormens 
CrueL,  horribles  et  véliémens, 

Endurant  comme  un  aigneau* 

Monrroii  en  croix  par  ferremens. 

Imprimé  par  GiNci  Couteau. 


Au-dessous  on  voit  la  marque  de  Gillet  Couteau  qui  est  suivie  du  nom 
de  l’imprimeur  et  de  cette  mention  : Imprime  h Paris. 

pr cfent  fïute 

jntituîciïeG  teflamcne 
& rejart/ qui  monfîrc  que  Attire 
yQeuoit  ieftte/puie  pat  foimen# 

(jCritfftÇoirilîfec  et  fleücffieite 
0nD«ranÉ  comme  S5ujî  aiqnecu 
flfioawoitei)  ctotjt  pavfzvmmm 
3mp:tmcpar<©tfl?c(  couteau* 


<mMicûutmu 


0mp:tmcapart'ô- 

L’i  ni  pression  de  ce  livre  est  t'cnaiiienicnt  postérieure  de  plusieurs  années 
a La  Danse  Macabre  historiée,  Gillet  Couteau  avait  alors  son  atelier  en  la  me 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


l9± 

Garnier  Sainct  Ladre,  près  (a  fan isc  parte  Sainct  Mania.  C est  aujourd'hui  la  rue 
Grenier-Saint-La/.are.  Il  a imprime  à cette  adresse,  dans  le  formai  In-octavo, 
Le  CJmtean  de  Labauc,  de  Pierre  Gringore,  sans  y mettre  de  date.  Les  antres 
livres  que  ['on  connaît  encore  de  lui  ne  sont  pas  datés  pour  la  plupart.  Son 
exercice  s‘est  prolongé  fort  avant  dans  le  xvi*  siècle.  En  150 <g  et  peut-être 
auparavant,  il  transporta  son  atelier  en  /a  me  es  Petits  Champs,  près  la  chapelle 
Sainct  Jnfian , et,  comme  son  confrère  Pierre  Le  Caron,  il  avait  un  «ouvroir^ 
c'est-à-dire  une  boutique  an  Palays . 

Le  caractère  dont  Couteau  et  Ménart  se  sont  servis  pour  U Èguyllm  de 
Crainte  divine  et  La  Danse  Macabre  historiée , nous  a paru  être  exactement  copié 
sim  celui  de  La  Mer  des  Hymires,  imprimée  par  Pierre  Le  Rouge.  (Voir  alphabet 
tome  I£r,  p.  471)  La  plupart  des  lettres  sont  identiques.  Nous  avons  cepen- 
dant remarqué  que  la  lettre  capitale  C n'est  pas  toujours  la  même,  011  du 
moins  qu'011  trouve  dans  le  caractère  de  Le  Rouge  deux  majuscules  C,  dont 
Tu  11e  ne  paraît  pas  chez  Couteau  et  Ménart-  cette  de  t ni  ère  reparaît  toutefois 
plus  tard  dans  les  Figures  dn  Vieil  Testament  et  dn  Nouvel,  imprimées  par  Gillet 
Couteau  seul.  Nous  avons  en  outre  observé  que  la  ca  juta  le  P a,  au  milieu, 
deux  petites  barres  transversales  qui  11 ‘existent  pas  dans  le  type  de  Le  Rouge. 
Couteau  et  Ménart  ont  Ci it  usage  de  quelques  lettres  abréviatives  et  de  signes 
de  ponctuation  en  plus.  O11  ne  retrouve  juas  chez  eux  [es  petites  lettres  abré- 
viatives diies  supérieures  en  terme  d'imprimerie  et  que  nous  avons  relevées  dans 
La  Mer  des  Hystuires.  (Voir  alphabet  de  Le  Rouge,  t.  1er,  ju  47  1 ■) 

Les  légères  différences  que  nous  venons  d'indiquer  pou  iront  servir  à faire 
reconnaître  certaines  impressions  que  Couteau  et  Ménart  jfont  pas  signées- 
mais,  hâtons-nous  de  le  dire,  la  règle  n'est  pas  absolue. 

Le  bibliographe  allemand  Haut  indique,  sous  [c  \C  1 J 8 J o de  son  Reper- 
turiutt!  bibliagraphicmn } une  édition  du  Coasolatorinm  tïimmmv  conscimt'nv  du  moine 
Nydcr  au  nom  de  Ménatt,  qui  l 'aurait  imprimée  pour  Pierre  Le  Dm.  11  y a 
erreur  évidente.  Le  livre  a été  imprimé  par  J.  Mocrart,  dont  la  marque  se  voit 
sur  le  titre  et  dont  le  nom  aura  été  mal  lu. 


CHAPITRE  XXXII 

L’IMPRIMERIF.  À PARIS 

ATELIER  DE  FÉLIX  B ALI  G A U LT 
{j 4p2  J 5°°) 

Ikdigaull  t libraire  cl  imprimeur.  — Ses  principales  pttM'tcalimis. — Ses  lettres  initiales  ornées. 

Sa  marque  ei  ses  différentes  devises.  — ■ Ses  adresses. 

Félix  Baligaiiit,  Champenoig  d’origine,  errait  établi  libraire  et  imprimeur 
à Paris  à la  fin  de  i 492  ou  au  commencement  de  1493*  A-t-ü  été  réelle- 
ment imprimeur?  Cela  peut  paraître  douteux  de  prime  abord,  comme  fa 
suggéré  M.  Robert  Proctov,  bibliographe  anglais  d’n  ne  grande  perspicacité, 
des  observations  duquel  nous  avons  à tenir  compte.  En  conséquence,  exami- 
nons de  près  la  question. 

Nous  voyons  effectivement  Félix  Baliganlt  employer  quelquefois  les  carac- 
tères des  autres  irn  ni  me  tirs.  Plusieurs  de  ses  livres  sont  imprimés  avec  les 
caractères  d’André  Bocard  et  de  Jean  Lambert,  et  il  se  sert  parfois  de  lettres 
ornées  employées  par  Bocard  et  spéciales  à un  autre  imprimeur  du  nom  de 
Michel  Toulouse. 

Le  18  juin  1493 , Félix  Baliganlt  achève  mie  édition  in-quarto  du  Manipulas 
Cumtomm , de  Guy  de  Moimocher;  le  25  octobre,  il  imprime  un  volume  petit 
in-octavo,  intitulé  : Midus  kgvudi  hi  mroque  jure,  dont  nous  donnons  ci-dessous 
l'achevé  d'imprimer  : 

{[  £jrptici  t îltttllüP  botfne  moduin  fhtô?nd(  et 
legè*  TCAtiioi/^  sc  abb?r*e  rtriB  î lutte  ta} 
cenonlct  rp  £luili£  ;m  le  contl  i ica  fit  trié®  Hue  JËtu 
bîtcaû  idciitmie  per*  ,i«  bolligautt  pjrilîue 
tmpulfuf 

Le  17  novembre  Baliganlt  public,  dans  le  format  in-quarto,  une  éduion 
du  texte  latin  de  1* Ecole  de  Salem e [Reghuen  Sanitutis  Salaiiuanuin ) , avec  le 
commentaire  d’ArnauId  de  Villeneuve. 

11.  ^5 


ii14-f.iijc.iiu:  ic.cj0%cjlé . 


9 4 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Baïigauit  s’est  servi  pour  ce  livre  d’un  petit  caractère  d environ  p points, 
ressemblant  tout  à fait  a un  des  types  de  Rocard.  Le  signe  des  crochets  [], 
que  l’on  voit  dans  ï’alphabct  donne  ci-dessous,  n’a  etc  usité  par  Bafigault  que 
plus  tard,  comme  nous  l’indiquerons  plus  ioin. 

£ lfc>  £ H 2P  Tft 

sbcd&efgbtf  tmnopfltifBiuïjfj 
fl  if  ira  fl  * 

Le  20  août  1 4<?4,  «lLl  coucher  du  soleil  [sole  vera  Âugusâ  clrnidam  ncesimnm ) , 
il  termine  l’impression  du  Tmaatus  Comeqnetttmrum  de  Martin  Le  Maître. 
L’achevé  d’imprimer  porte  à la  fin  cette  mention  que  Félix  Baïigauit,  bour- 
geois de  Paris,  a imprimé  ce  volume  avec  un  caractère  admirable1  [Félix 
Bnligauh  civh  Petmi/tits  uùro  ameter  [sic]  examvït)  : 

Sacre  pagne  ac  ummlfe  pÇfe  # 
fefloîtogturifTMmagtfîîf  miurinf 
magifiri  InTcrabfoatEtiomlnalift 
via  confcqc  ™tf fe  fkto  (mpofirtia  c 

quan.^clit  pallgatilt  duièpaTffiri 

Jn  monte  fancte  gmoudHtî  Inter? 
fignto  fane  rt  ftepb^ro  pria  côcurtË 
te  cauTa  mtrorareci  erc  ejütmiïrâ 
no  f nm«ife  t arationfe- 
dr  ïgetil  dïmo  nonagrftmo  quur* 
t o foie,  venu  gttguftf  claudèterice 
fïmam. 

Voici  l’alphabet  de  ce  caractère  si  vanté  par  son  imprimeur.  H est  d’environ 
un  point  plus  fort  que  le  premier: 

0bcDd(fgbiplirtngp<jr:0f£uV]Cf3  tfffft 
âbçd:>d£eqgini*Finnn',op 
nüir’frr** 

André  Bocard,  son  confrère,  en  avait  une  fonte  en  i 496.  (Voir  p.  \l\4-) 

En  i 4 5> 5 î Baligauit  public  les  Sophïmata  de  maître  Albert  de  Saxe,  et 
déclare  positivement,  à la  fin,  que  cette  impression  est  son  oeuvre,  qu’il  en 

L'imprimeur  a «it-erre  aussi  voulu  dire  qu’il  se  servait  tFiuie  fume  Lrillame  et  toute  neuve. 


ATELIER  DE  FÉLIX  BÀUGAULT 


*95 


a fait  les  frais  [hnpressum  est  Pamii  hoc  opuscuium  opéra  a ïuipema  uiaghm  Fdkis 
Baliganh).  Il  prend  soin  d'indiquer  en  meme  temps  sa  demeure  dans  une 
maison  neuve,  prés  du  collège  de  Reims  [lu  œdibits  e regwue  damas  collégiale 
Reuieusis  uuper  aimmicth),  ayant  pour  enseigne  {'Image  Salut- Ètkuue  [yniugiue 
divi  Stcphani  an  unis  ) . 

Voici  le  fac-similé  de  l'achevé  d'imprimer  des  Sophïsuuica  : 


3m  parfont  cft  parUÜj  bod  opufoitij 
fophifmaiu  >■;  obltgor  uiRâ  ac  mfoUiM 
Un  UtterctifTlrm  Tinmflgifhi  ait* 
ri  m rüïomü  opj  ac  Lpcnfe.ZDqgiftri 
fdlri&bïUe4oL((pîiy0  rt  tjacttfïïmf 
c meiuteru;)3n  üedibufl  ercgionc  bâ 
mue  roUrgiitc  Stmcnftflflup  fôftru 
tfteptnitgijnc  «lui  ftfpbqni  oaiatio. 
auno  üb  frHtn  aii(mc  tmïfü  millet 
mo  ^dnnçctcfïmû  iKmtgtfia4nta, 


Sur  le  titre  du  livre,  on  voit  la  marque  de  Baliganlt  entourée  de  bordures 
sur  fond  criblé  : 


La  lettre  ornée  de  début  est  empruntée  au  matériel  de  Michel  Toulouse, 
un  de  ses  confrères  et  voisins,  de  la  rue  des  Amandiers. 

Le  2 aoht  l 4^6  ( quarto  nouas  sextiles) , Baiigault  publie  les  Spumium  Bri/ouis, 
accompagnés  des  dou/e  décades  de  Jean  de  Garlandc. 


96 


H1ST01K b DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Il  dit  ii  voir  crû  usent , c’est-à-dire  imprimé c,  l’ouvrage  à Paris  {transcrtps'n  Ptifhih 
Bt/tx  Balligan/r)  : 

I^tdunifpnonfmabîtontenpcrtoit  tKwdcdmDccir 
& lobânfo  De  galtondia^  tofli&nitttz  tonedt  (ïifet 
pfft  partftfs  f dfjrbflllfgauïtvfr  "îfpfcsiüTfm^fii  pflnto 
coüfflifremttiflcquari  .oitiGfctfffes.  Snnoanatatl 

faluJff  w À fbnicfln  drtgcotcflmo  aoiwecflmo  fçcto* 

Le  livre  est  imprimé  avec  le  second  caractère  de  Bpigault,  celui  qu’il  qua- 
lifiait d’admirable  en  «ont  i 4^4  (voir  p.  ic?4)>  et  qif||  après  deux  ans  d’usage, 
commentait  déjà  à s’alourdir.  Lj  18  mai  i4p7,  cct  imp||llieiir  rnet  au  jour 
une  édition  de  la  Vira  Citnsft  de  Ludolphe  le  Chartreux,  en  un  volume 
grand  in-folio  a deux  colonnes.  Sur  le  titre  on  voit  la  marque  de  Baliganlt 
tirée  en  rouge  au  milieu  d’un  double  cadre  composé  de  bordures  de  gro- 
tesques et  de  petites  images  de  sainteté  tirées  de  livres  d'heures.  11  est  dit, 
dans  fe  libellé  final,  tpie  l’ouvrage  vient  d être  revu  ( nu  per  n me  J et  très  soigneu- 
sement corrigé  par  maître  Bertrand  Etienne  (; B terra  t oins  Stepho tt t ) , processeur 
de  théologie  en  l’Université  de  Paris,  et  qu’il  a été  imprimé  en  cette  ville  par 
maître  Félix  Baligault,  imprimeur  très  exact  [ne  eüam  per  ntagtsrrattt  Frf i cent 
Bail  gnu  h T } tnpressorent  fi delisst  um  ni  i Inde  ta  t ut  pressant  ) . 

À la  fin  de  l'ouvrage  du  moine  franciscain  Nicolas  de  Orbelhs  sur  les 
quatre  livres  des  Sentences  ( Egiegia  saqEmtüssttnt  docntr'ts  uuigistn  Nkiwlai  de 
QvheUis  in  quant  or  Set  t tendant  tu  l'thros  expostno') , il  est  déc  bavé  explicitement  que 
le  livre  a été  imprimé  fidèlement  et  très  correctement  (Jtde/ker  nique  cutatdatis - 
situe)  par  le  travail  [opéra,  littéralement  «l’reuvrc»)  de  Félix  Baligault,  aux 
(rais  [ttttputs'ts)  de  Jean  Richard,  libraire,  le  t 2 des  calendes  doctobre  (20  sep- 
tembre) i4p8‘. 

f £03gfltri  nicijoUl  îMibcÜkjopuapîfrtarffflmumtaquaMirt  U* 
bcoefer*cnflannn  fidcltcr  r ÿmrtttfTum  hjfi  l&a 

nllji  pirtl[Këÿ 

motaiwls.  arino  tvjmini  2JDU lelTtti î i drlrt^-etil «■fimonon-afiiïCï^ 
mootttuo  wcinio.^wd^moCaîcs  . 


Le  8 novembre  145)5?  Baligault  achevait,  pour  le  compte  du  libraire  Simon 
Vosue,  l'impression  d'un  énorme  volume  in-folio  à deux  colonnes,  le  Cutlw- 
Ikott t on  grand  dictionnaire  latin  de  Jean  Balbi,  de  Gènes,  édition  revue, 


l^niurrijfjif  mit  employé  pour  luiy^cjjiV  clés 
les  premiers  temps  de  Timpriinerie  parisienne.  Les 
cvi’t^mpîies  du  Stick  {F  Or  Je  h rue  Sami-Jiiapifs 
terni i lièrent  leur  êdiiiüii  de  Ij  LegaiFa  enr?ti  de 


.laques  de  Vm;igine  pjr  celte  Kumnle  : Pwfïhvt 
TiïAMxORfvTA  /^in’jiW  jur  /V/m Viniii 1 1 CÀ rciiit'^  sic,, 
Udiîlmi  nu  G a il  \g  et  Michûx  1 Frilnwgw  Ljyivx^nV 
jivL  uupjtwjt  ( Vnir  fïiu-^i  ni  tlo , I.  JtT,  p.  8 i . 


ATELIER  DE  EÉLIX  BAL1GAULT 


l97 


corrigée  et  augmentée  par  Maître  Pierre  Gilles.  Nous  donnons  ci-dessons  la 
fin  de  ce  livre  avec  son  achevé  d'imprimer. 


Z ante  0 

dupdMPio  quo  boefotpm  mtcbiadmofrim  neceïtorfom  avo 
bie  btimilltE  r œpofr  o f rurreo  et  oomfrU  mtUnqua  ntum  ptt* 
catoies  fraUesmetanquantum  oomlniluftl  mEfcquaietiuap 
me  prr  eatû  w pbitor  a to  : La  men  a teo  pier  es  po  itlgere  velu  ia 
vtveftrerum  pweum  tnicruentu  omnium  mtotum  a oeo  per* 
(cptapercatomm  tetris.^  leiramapofro|(ram:adlerrâ  ely 
flam  J.qctra  tflïoncm  pofr^ad  paiWifivitJeHcct  g^udiav  a 
vobifrum  valeam  pcrutnfre-.'pbt  régnât  Ejcamuîfim'oomtmi® 
notier  Ldiio  rbnrtua  Tîcifïliue  benedirluoaïi  ruma  nomit  fie 
cdtur  orone  je  mi:  ceiefttom  :tcrr£  ftrltim  in  femoiuin  Xui  eIÎ 
bonoïtf  glouA.v  l ma  gnn  udo  et  ma  gnlficE  ni  ta:  v irtuo  et  pote 
Itaoirefltmm  et  imperium  InfrcuU  fr  eu  lojum<î|men 


fële  rnaiius  appoflta  dt  catbotlron  fratrie  lobantilo  UmtiÉlïa 
otdintàpicdùarotum  oillt  fnierwlUgaium  perpirilàtem  ùo 
ariuevirom  ejrfmium  magiïtmmpeiriiin  eeLdlumquino  ou 
jett  in  dignum  Me  labo  ilbu  9 finguio  0 quo  tp  eodlas  immoue 
ro  lïngulue  pagelUff  oilig^ier  rerognofrere  cl  addiiioncearu 
U$  £ji  tua  ingenif  o (Tùina  profer  La  e adueritre:  Jnferuilq  j ad 
dlrioncafuasflngulfem  loctepioutroiigniumtireLndlraijlt- 
'ïP  iop  tt«a  tfiuli  0 labo  « fe  cognofcat  luuenré  lEtistu*  qui  tnjc 
ta  erummatltam  «rnorglofemaia  eonnrjca^  împjeflum  pa 
tilïiepermagiflrum  IkembaïLgauiL  riuem  parifienftm  1 mô 
tetonrteeenouef£9<lûiterirsnEOLuiftepbflnt  concurtftc  cou 
famfrocaraetereexarauitarino  Immrnfe  réparai  lonlo  mille? 
frmo  qtiadringentdlmo  n onagefim  0 nono  foie  t?cjo  nouEtn? 
tttlffdudcntt  ottauam  cum  ejtpenfla  bonefhvirl  Simoniavo 
tire  :ommoîanria  iparinuolnvieo  nouo  beaiemarie  ad  lafer 
lïdnt^uiiobannie  euan  gélifia 


Cesi  dans  ce  livre  cjtie  Ion  remarque  les  emprunts  de  lettres  ornées  que 
Baliganlt  a faits  an  matériel  de  Rocard.  On  y voit  aussi  des  initiales  qui  pro- 
viennent du  matériel  d autres  confrères*  et  l'on  y retrouve  les  grandes  lettres 
qui  avaient  déjà  passé  dans  l'Ovide  imprimé  parBocard  en  1 (voir  p.  1 4&)  i 
d'autres  lettres  sont  empruntées  au  matériel  de  Michel  Toulouse,  voisin  de 
Baliganli,  qui  lui  avait  déjà  prêt é l'initiale  placée  en  tété  des  Sophïsmata 
d'Albert  !e  Saxon.  Voici  quelques  initiales  qui  n'avaient  pas  passé  dans  TOvide 
de  1496  sorti  des  presses  de  Bocard,  mais  qui  sont  de  même  style  et  appar- 
tiennent évidemment  aux  mêmes  alphabets  : 


©dictera 


itlain  fomat  JE*  efflcttur  nomen  Joî  cf>abel  4-irte  maolft  rroeba 
bïlon«.Ji»  brtrlontail»  crtus  : vWpilnt  ep«  Sentie  Indee 
epftlttrt»cnlt  ïliflnani. 

fZûtlrufli^.cmJ'yiuSIs^rûî.pe. 

■üfemenfa»  omnipotent!  &e© 

t patri  et  fïïlo  et  fplrli  uüaneto  grattorum 
jrcrrrimue^onesjauinortrum  œibo 
3 Ikon  tic muliloct blticrftB  trariouiU ejc 
liuri&aatîOHiumaLqjeoniefttimt  Jw* 
Wceipermultaunnojum  cutrlculaûimfl 
jhefimotmeentefimo  oauagefîmofqttot 
I pOmlnl  nonte  marri]  ad  flnem  vfqj  per? 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


l98 

II  y a encore  d’autres  livres  sur  lesquels  on  peut  voir  qu’ils  ont  été  imprimés 
par  Baligault,  pour  le  compte  d'autres  libraires,  tels  que  Nicolas  Vautier  et 
Durand  Gcrlier,  Jean  Petit,  Claude  Jaumar,  Thomas  Julien  et  Gilles  de 
Gouvmont.  M.  Procto r,  dans  son  Index  to  eurly  printed  boaks  (iT  S 266),  attribue 
meme  à Baligault  des  Heures  à ! usage  d'Orléans,  qu’il  aurait  imprimées  le 
\/\  août  ijoo  pour  Antoine  Vérard. 

II  est  donc  évident,  pour  nous,  que  Baligault  a été  réellement  imprimeur. 
II  est  qualifié  de  «marchant  imprimeur  de  livres»  dans  l’acte  d'acquisition 
de  la  maison  de  l'Image  Saint- Etienne  (voir  p.  207),  ce  qui  veut  dire  qu’il 
était  à la  lois  libraire  et  imprimeur.  H a pu  avoir  en  sa  possession  des  fontes 
semblables  a celles  d’autres  imprimeurs  avec  lesquels  il  entretenait  des  rela- 
tions suivies,  tels  qu’ André  Bocard  et  Jean  Lambert.  Ceux-ci  ont  même  pu, 
ainsi  que  d'autres,  exécuter  pour  lui  des  impressions  quand  il  était  surchargé 
douvragt,  mais  il  déclare  formellement  avoir  imprimé  lui-même  des  livres 
pour  le  compte  d'autres  libraires,  et  i[  se  qualifie  A'impressor  fidelissmius,  terme 
qui  ne  paraît  prêter  à aucune  ambiguïté  d’interprétation  relativement  a son 
métier  de  typographe.  Baligault  a fait  usage  d’un  caractère  gothique  d'en- 
viron 13  points  qui,  de  prime  abord,  ressemble,  à s’y  tromper,  à celui  de 
Bocard.  II  y a cependant  des  différences  dans  les  C et  D majuscules  ainsi  qtie 
dans  l'E.  Les  capitales  H et  P ont,  an  milieu  de  la  lettre,  lui  trait  transversal 
avec  un  point  qui  n’existe  pas  chez  Bocard. 

Voici  l’alphabet  du  caractère  de  Baligault  : 

S % m 

abcdoefgbi  Imnopqrïratuvjcyï 

Félix  Baligault  a employé  ces  gros  caractères  pour  le  texte  du  poème 
De  Conmnptu  Mundi . Le  commentaire  est  imprimé  avec  le  petit  caractère  de 
p points  dont  nous  avons  donné  le  spécimen  (p.  yp4).  Le  signe  des  cro- 
chets que  nous  avens  reproduit  dans  cet  alphabet  sc  rencontre  fréquemment 
dans  le  De  Cmmnptu  Mundi . Cette  impression,  d’un  format  petit  in-quarto, 
11’est  pas  datée;  mais,  d’après  certaine  disposition  de  la  marque  de  Baligault 
(voir  p 203),  elle  11’est  pas  postérieure  a l’année  14^4. 


ATELIER  DE  EEL1X  BALIGAULT 


99 


Baligault  a employé  quelquefois  une  bâtarde  gothique  de  i i points,  qui 
est  très  belle.  Elle  est  copiée  sur  celle  îles  Heures  a C usage  de  Faits,  imprimées 
par  Pigonchet  en  i 471.  H n'y  a de  différence  que  dans  les  dimensions  de 
quelques  lettres.  Voir  l'alphabet  de  Pigouchet  (p.  17)  que  l'on  comparera 
avec  celui  de  Baligault  ci-dessous  reproduit  : 

& & & ^ £ f ^ $)  p & K §>  & 

&3É  ûfic0ff3Çtfmtt?nr)opqri6f(uS^j»3 

ïi?Fmïft9fl  u?(5  p J?  Æ <f  *î  gjÿrft  i f 

flfTfî  >tisï 

C'est  le  meme  type  que  celui  dont  se  servait  en  meme  temps  Jean  Lam- 
bert. 11  ne  se  distingue  de  la  fonte  de  ee  dernier  que  par  une  seule  lettre, 
le  G majuscule ? qui  a lieux  barres  longitudinales  au  milieu  chez  Baligault, 
tandis  qu'on  n’en  voit  qu'une  seule  dans  la  fonte  de  Lambert. 

Parmi  les  livres  qu'il  a imprimés  avec  ce  caractère,  nous  citerons  le  poème 
De  p nitrate  Conceprianis,  de  Robert  Gaguin,  Les  Yves  dévotes  fana  tiges  de  la  Vierge, 
tle  Martial  d’À u vergue  et  Le  Fis  d* amour  divine* 

En  1500,  Baligault  se  sert  d’un  caractère  romain  de  1 1 points  avec  lequel 
il  imprime  le  Compendium  Memamndomm  P Unit,  de  Robert  de  La  Vallée,  de 
Rouen , chanoine  de  Chartres,  et  une  édition  du  Rcgimeu  Sa  ni  taris  de  FEcole 
de  Salem e.  Voici  (alphabet  île  ce  caractère  : 

ABCDEFGHILMNOPCLRSTV 

abcdcfghiklmnopqrsftuvîtyj  6t  £F  fl  (T  tl 
3b*cfiï  1 t’mm’ft  n’üpjîpijqij  gtjqj  P£ü  çt  . 1 t 5 f ( ) 

Baligault  a publié  ntic  quantité  de  livres  latins  â l'usage  des  étudiants  : 
des  grammaires  et  des  diction  naïves,  des  ouvrages  de  philosophie  scolas- 
tique, quelques  traités  de  théologie,  des  poèmes  latins.  Ses  publications  les 
plus  importantes  sont  la  Vira  Christ!  de  Lndolphc  le  Chartreux,  en  1 497* 
et  le  Catholïcm 3 ou  Dictionnaire  latin  de  Balbi  (de  Gènes)  en  1 477 , 
M.  Gordon  Duff,  de  Manchester,  bibliographe  anglais  des  plus  dignes  de 


200 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


fni,  cite  de  Baligault  des  Heures  à l'usage  de  Salisbury  que  nous  n avons  pas 
vues  et  dont  il  y aurait  eu  plusieurs  éditions1- 

Baligault  a imprime  les  Tm  d votes  louenges  de  la  glorieuse  Vierge  Marie,  compo- 
sées par  Maniai  d*  Auvergne , procureur  en  Parlement,  qui  furent  achevées  le  i 3 sep- 
tembre i4p4,  pour  Je  libraire  Simon  Vostre  : 


flpDieu  immortel  6e  pifieSute  fowtfe 
fc.ap  tneffecirç  6c  fa  Sic  morte  ffe 
iPiefane  fil)  (biwetame  icfaucfc 
ÎDcfljûmme  mort/onequee  ne  fut  moittcffc 
parç>  a tfgueut  tire  a fa  coiffeffc 
patîttgtepoâfaigctncnt  wffwme 
fetnoifk  fort  faïtcfjumfifcpuaffe 
£Jut  tefrcpt>âpourttHt6uo^aS6uc>  tJHm£ 
CparaSie  pfaifantpafcifi'que 
prife  parpimofite 
Pieci  eu  fe  p crfe  p u6i  q ue 
Portant  parfaire  purife 
porte  piefîant  pwcfarite 
pifei  me  pio0a(ique  pu  re 
pafme  préférant  ptoSite 
pourpoureâ  perfjeuca  paip  pjoaue  - 

ÇÆTp  fmiffent  tiefSeuotee  fouies  Se  fa  gfo 
n'eufe  Bicigcmairt/câpofeee  pai  maifîre  mar 
ciaf  Sauu  etgne  ptoeweur  ci)  paefement  qui  fu 
c'eut  arfjeuccâ  fc  piii-ioiit  Se  fepfemCie  >^if* 
ccecajuattre  S]i]gf5et^nH-pour|imot)Sofîtc 
fiSim'rc  Scmoitm^  a pacte  erç  famé  Tieuucno^ 
fîte  frime  a fmfcigitc  faiirt  lefjaij  feuangefifle 


Sur  Je  titre,  011  voit  la  marque  avec  le  nom  de  Félix  Baligault  clans  un 
encadrement  à colonnes  de  feuilles  d'acanthe;  an  verso,  une  gravure  d'une 
grande  finesse  représente  P Arbre  tle  J esse - 

Baligault  a imprimé  un  autre  livre  français,  Le  Las  d'amour  divine,  qui  est 
sans  date-  C'est  une  moralité  mystique  dont  les  personnages  sont  : Charité, 
Jésus-CIirist,  Justice,  Vérité,  Bonne  Inspiration,  les  Filles  de  S1011  et  les 
Pécheurs-  L'impression  est  de  la  meme  époque  que  celle  des  Dévorés  louanges 
et  forme  1111  livret  petit  in-quarto  de  16  feuillets  comportant  30  lignes  a la 
page  pleine.  Le  seul  exemplaire  connu  fait  partie  de  la  bibliothèque  du  baron 

1 Phe  P t'huer  y,  S (aie  tuer  s mut  Beekh'mder  ï ef  University  Press),  1 in- 8"  (p-  tes 

Ltmdm  fjikl  Weshmmter  lu  lhe  jhftwuth  Gentury,  l>y  li\  res,  destines  exclusif einent  au  marche  anglais,  11e 
E.  Cohdon  Duff"  Priva  te  ly  printed  Aberdeen;  se  trouvent  pas  dans  nos  bibliothèques  françaises- 


ATELIER  DE  FELIX  RALIGAULT 


2.0  I 


James  de  Rothschild1.  Nons  en  reproduisons  la  fin  en  fac-similé  avec  son 
achève  d'imprimer  : 

0c  Eop  pfusÇaufe  hx  trfm'fc 
èortt  foU  ttofîte  tope  infime 
0ap  toutcccp  pat  egariCe 

£Jo  m 61  et)  q u e fou  fi  ou  ts  tÇ  mt  et  fopc 
0c  ne»)  fuis  pom  f poutfdf  faffee 
£t0aie  jap  fane  fi»)  iope  fat  fopc 
iBi  futûüufae  fîainome  faffee 

Cp  fine  fe  fmrc  fin  fa  b Samouta 
ïïfumc  0mpiimea  paris  par  ^feftp 
fiaffigauft. 

Le  Las  cV amour  divine  CJ  les  Trh  dévotes  louanges  de  la  glorieuse  Vierge  Marie 
sont  les  deux  seules  productions  en  français  que  nous  connaissions  au  nom 
de  Félix  Baligault. 

Comme  spécimen  des  impressions  en  caractère  romain  de  Baligault,  repro 
d u i so n s le  commencement  du  texte  du  Compendium  M emorandoni m PU u iï  : 

f^obem  tte  Dalle  f^otbo 

tïngenfis  ad  fequens  Nai  tu  dis  hlftoi  ff  COrtipendi  um  piefatio, 

Liniano  ad  im  egmm  tefro  p edaio  volumineReue* 
lende  inchiirto  paici  ; Regnaiecai  no  réfis  pontifex 
digniflïme  El  bonaiumdifciplinaiüpiincepsagno 
uipiedaiam  efle  de  plinfonolbocum  ingénu  laude 
memoiiafn,  Viginritnillia  fïquidemfiudilioniï 
dignartjm  Taciius  hiUoiicus  ait  : Iprumexleftïoneduoiummil 
lium  voluminum;  ab  qmfinsauOoi  ibus  ftudiofe  fui  de  complet 
xum,  Nec  veiei  es  eihniri  modo  plmi'im  natm  dis  dofti  inc  tu 

men  cfTe  confenfium  ; fed  anguflinus  quoq*  & alu  caiholicidoâos 
ics.  Giaueenim  de  eius  efoquemia  luliti  teiommttsteaimos 
nium  : pi  iTIoi  utn  doqueni  ia  memoi  ans,  Cicetonis  inquii  fluen 
ta /giauitasfionfoms/aaimen  Q,tiinlilian:  fnaniias  pliniY,  Nos 
minibus  appropi  iai  is  qne<£  defignal  , gi  andia  no  tengide,  detnif 
fa  non  atténuai  eexpiimens , SenPitn  congmutn  apiumq^decoil 
in  omnibus  obfei  uans  * Nil  oie  eti  1 orationis  : lia  vl  omnfa  fua 

uitei  ;dirt  i i b m e/  & gi  au  i I ti  :pi  o tn  a I crie  condil  ionc  dixe  i il  ; Opère 
m axitn  i p i edi  tel  udif  o f d e gante  / ne  ce  Œai  io/fei  l i I i vai  io/difei  i o. 


Ces  petits  caraaères,  dont  nous  venons  de  donner  t alphabet  (p  199'* 
sont  des  mêmes  Jypes  que  ceux  employés  par  Michel  Le  Noir,  au  mois  de 
janvier  j 500  (n,  sJ,),pour  le  commentaire  des  Épîtres  d'Ovide,  (Voir  p,  J 72,) 
Ils  se  trouvaient  ansst  chez,  l'imprimeur  Michel  Toulouse,  qui  était  en  relations 

1 On  en  trouve  la  description  détaillée  chus  le  Catalogue  des  (mes  de  ta  bibliothèque  de  feu  /VL  le  bat  un 
James  de  Rothschild , rédigé  par  M.  Emile  Picot,  i.  111 , p.  430-4 J 1 » 110  “62a;  ouvrage  cilé. 


202 


HISTOIRE  DE  I IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


avec  Rallgault,  et  qui  avait  déjà  mis  à la  disposition  de  ce  dernier  scs  lettres 
ornées  spéciales,  comme  nous  lavons  die  pins  haut.  (Voir  p.  135  et  197.) 

On  trouve  ci- dessous  le  fac-similé  de  la  fin  du  Compendium , avec  l'achevé 
d'imprimer,  édité  pour  le  compte  de  Durand  GerHer,  libraire  de  I "Université  : 


obdiffufam  &iulïriMâ  perte  muhiiudinê:diffici"Ie  nimiumefï.'alii 
rumfahê  fdcrtliam  facullalibus  profuudius  mcûbcnies  ; aul  me 
moi  i ca  mete ( ortfei  uai e : aut  preclai à atiquà  fcril cmiâ  quam rto* 
laïc  vclirl  ^aul  cûmcmoiiâ  fügciil  ■.  qur  volumiuis  pieiefumm 
que  If.  Pei  hocaütnolbù  breniaiiû:  facile  aic^  iu  piôpiufeledas 
&comtnodinîmas  pceplioucs  leneie  poilu  ntîad  cafq;  oblilas  piô 
pteiedù et  (n hac profedo collcétiond q plinii piecepiiones ma 
niferta  picb eni  comoda  : Il  mus  nofti  1 climai  is  & pi  opi  uquoi  il  ac* 
colis  : fiuc  llüdiofam  meni  cm  ad  phificarü  i cium  im  cllcÆionem: 
Kpiofuuda  uaiüie  fcrmâda mtâeiia:  formai  poiTuni  : fiue  opiis 
mam  humanicorpoits  valii  ncîiuêfeitiaie:  copiofius  in  Iioccotle* 
diesue  ail  ingeie^mcamodicii  aie  nifus  (unit  Nec  füluj  que  ad 
hominüincüfumiï  afcm  : queeos  moiboium  gcneiafufeilenf  que 
tollant : queep leniani  : Sed eiia inaiioualium animamiû: eoium 
piecipuequehomiuibus  cômodaiefciül.  Inuenics  equidem  ad 
boum  ^cquornmïOLiiom  canuin  ac  leliquoiumdorridlicoi  um  ani= 
mantium  patîïoiiescorfeienies  mediciuas.  A udiui  a fide  pioba 
iis  vii fs  Alphonfum  anagorum  piouidumiegem:  eumqui  Caio 
Ii  legia  fiancoium  fepiimi  pueiùia  » mieft  iebu£  geftis  fioiebat  ? 
duo.s  uicdicine  expeitos  & ingeniofos  doâcucs  : £ equia  vuii  pio 
canibtis  alicium  amplo  ftipendio  conduxifTe^vi  quifeÿ  folticims 
pio  fua  paife  feulai emi  : que  hcibequciemcdiaquis  mededi 
dus.^bertiaium  ipTaium  egiitudinibus  fmgula  iui  conueuiieui. 

B os  autem  uc  dubu  es  bciliai  um  ipfamm  nedicinas  : ejt  plinianis 
codicibushaufifle . Tiafhime?  libiumm  edicinemire  vtilitatia  ex 
£il  i Hc  ; qui  tliefaui  us  paupcium  appel  Utm 

SiquTS  aul  em  pulauerlt  memona  ma  g n opei  e digrtu  vn  aliquid 
me  in  picfeuiebieuiaiio  îcliquifle:  quoda  pliniûtiadetm  poie* 
1 it  ad  integium  volumen  in  piompiuiefugeie  : Cum  fupeCus  no 
taia.'ex  quotoIibioiquotocpcapiteeKcei  pi  afiDi:oidinate  deferi 
pfei  im. 


FiualispiefeTitis  compeudii  niemo 
îandoi  um  plinii  conclu  fi  ot 


ïmpieflumpai  ifii  pei  feliccmbaligault  impenfa  magfflii du* 
randi  gei  Jiei  aime  vmuei  fitatis  libi  ai  ii.  Anno.  M.VtC1 


Baligault  a imprime,  avec  ces  caractères,  une  édition  du  Regimen  Sanhans 
de  Magnums,  médecin  de  Milan,  suivie  du  traité  sur  les  Vins  {De  Finis), 
d’Amauld  de  Villeneuve,  et  du  Régime  pour  l’hygiène  des  gens  âgés  et  des 
v 1 e d I ard  s {De  Régi  mine  se  n um  e!  senior  mu  ) , du  même  auteur. 

Ces  trots  ouvrages  portent  les  noms  de  Claude  daumar  et  de  Thomas 
.liilian,  éditeurs,  mais  ne  sont  pas  datés.  Comme  ces  libraires  ne  s’associèrent 
qu‘en  1500,  i’im pression  doit  être  de  la  même  année  que  le  Compendium 
Memommion-im  P/inii  cité  ci-dessus. 


ATFJLILK  DE  FELIX  BALIGALLT 


203 


On  remarque,  dans  le  Regimen  S animas  > des  lettres  ornées  de  divers  styles. 
Les  unes,  sur  fond  noir,  ressemblent  asse7.  aux  lettres  de  Bocard;  d’antres, 
sur  fond  blanc,  sont  particulières  à Baiigault.  En  voici  des  spécimens  : 


Lettres  sur  fond  noir. 


Lettres  sur  fond  Urine* 


Le  30  octobre  1499,  Baiigault  a imprime  pour  Gilles  de  Gourmont,  qui 
n’était  encore  que  libraire,  l'ouvrage  du  professeur  André  Limos,  de  Valence, 
intitulé  : Ditbia  ïu  hisoktbïlikm * Il  nous  paraît  donc  bien  établi  que  Baiigault 
avait  des  presses  lui  appartenant  et  n’était  pas  un  simple  libraire. 


26. 


t 


HISTOIRE  DF  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


zo4 

Baligault  avait  pour  marque  un  arbre  (baliveau),  auquel  est  accroche,  par 
une  courroie,  un  cartouche  au  milieu  duquel  est  gravé  le  prénom  latin  de 
Félix  en  lettres  gothiques.  Deux  singes,  placés  au  pied  de  1 arbre  devant  des 
arbustes  en  fleur,  semblent  jouer  avec  des  fruits  qui  tombent.  Dans  le  bas 
du  cadre,  le  nam  de  l'imprimeur  figure  en  entier  : Félix  Baligault, 


H s est  servi  de  cette  marque  jnsqtfen  1 4p4-  C'est  celle  que  Ion  voit  sur 
ses  premiers  livres  et  qui  se  trouve  sur  les  titres  des  poèmes  de  Gagnin  et  de 
Martial  d'Auvergne,  ainsi  que  sur  Le  Las  df  amour  divine,  que  nous  venons 
de  citer,  II  la  modifia  après  cette  date  en  enlevant  son  nom  et  f encadrement, 
pour  ne  laisser  subsister  que  le  baliveau  et  les  deux  singes,  avec  son  prénom 
an  milieu,  comme  on  a pu  déjà  le  voir  sur  le  titre  de  TAibert  de  Saxe  en  1 4^5  - 
(Voir  p , tp5-J  Au  bas,  ['imprimeur  ajotita  tour  à tour  lune  ou  l'autre  des 
devises  suivantes,  faisant  allusion  à son  prénom  : 

F dix  qnem  facimit  aliéna  perica/a  canwm , 

Es:  Félix  faustus , ad  si t farta na  secanda , 

Heureux  celui  que  les  fautes  d'autrui  ont  rendu  circonspect.  Félix  est  chanceux. 
Que  la  fonune  lui  soit  favorable 

Félix  qnem  facimit  edkaa  periaila  au  nam. 

List  fomnmtns  Félix , d'msqac  beatns , 

Henrcux  celui  que  les  faînes  d autrui  ont  rendu  circonspect.  Félix  est  fortuné  et 
le  riche  est  heureux. 


I 


ATELIER  DE  FELIX  BALIGAULT 


105 


Baligault  varie  les  mauvais  distiques  qu'il  imprime  au  bas  de  sa  marque, 
faisant  toujours  des  jeux  de  mots  plus  ou  moins  heureux  sur  le  mot  Félix  : 

Félix  quein  faciunt  aliéna  pericula  cautum . 

Felici  monuments  die  felicia  Félix 

Pmsit  : er  hec  vieil  dant  minenm  nichil. 

Heureux  celui  que  les  fautes  des  autres  ont  rendu  circonspect.  Ces  livres  ont  été 
imprimes  heureusement,  un  jour  heureux,  par  Félix  (l'homme  heureux),  et  ils  ne  pré- 
sentent ou  ne  contiennent  aucune  faute. 

L'idée  première  de  ces  devises  est  tirée  du  Spéculum  Stultomm , poème  sati- 
rique de  la  fin  du  xuc  siècle,  composé  par  Wireker,  moine  de  Cantorbéry. 
On  ie  constate  sous  cette  forme  dans  la  péroraison  de  l'ouvrage  : 

Est  felix  igitur  aliéna  perlai  la  cautum. 

Quem  f aduut 

D'autres  fois,  l'imprimeur  s'adresse  ainsi  aux  acheteurs  : 

SI  qîîicquam  Félix  pressent  , illud  emas. 

Felici  mouîîjueuta  die  felicia  Felix . 

Si  Fciix  imprime  quoi  que  cc  soit,  adiètc-k.  Félix  imprime  des  (ivres  qui  te  ren 
dront  heureux  en  un  jour  heureux. 


Parodiant  ie  premier  vers  de  Lucrèce,  il  dit  encore: 

Félix  qui  potnit  verniu  coguoscere  causas. 

Felici  gmtes  qui  nbi  press  il  agis. 

Heureux  celui  qui  a pu  connaître  les  causes  premières  des  choses.  Remercie  Félix 
qui  a imprimé  ce  livre  pour  ton  bonheur. 

Puis  il  s'adresse  aux  jeunes  gens,  qui  lui  doivent  une  profonde  recom 
naissance,  pour  avoir  imprimé  des  livres  à leur  usage  : 

Ingratus  ne  sis  juvcîîÏs  quia  pectore  loto 
Felici  gmtes  qui  nbi  pressit  optts. 

Jeune  homme  ne  sois  pas  ingrat,  mais  remercie  de  tout  coeur  Félix  qui  a imprimé 
pour  toi  cet  ouvrage. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


20  6 

Les  Synoninia  Btifonis>  imprimés  par  Baliganlt  en  et  dont  lions  avons 

fait  mention  plus  haut,  sont  accompagnés  de  ces  vers  : 

Sedufm;  nbmnsum  Fdix  opns  ali  dit  in  qiw 
Nomùiïi  disenssd  plurimn  aube  prirent. 

Le  soigneux  Félix  a public  un  ouvrage  profond  dans  lequel  les  mots  domciix  soin 
complètement  éclaircis. 

Prodiit  in  liicem  Fe/ice  prémunît  libellm 
Qjicuî  scripsit  Brkonis  ingeniosa  marins. 

Ce  peiii  livre  a éié  mis  en  lumière  par  la  presse  de  Félix*  La  main  ingénieuse  de 
Brito  Ta  écrii. 

Il  existe  d’autres  pièces  de  vers  do  meme  genre,  et  des  meilleures,  dans 
lesquelles  cet  imprimeur  vantard  ne  se  ménage  guère  les  complimoius;  mais 
il  passe  les  bornes  lorsque,  dans  la  préface  de  ce  meme  livre  des  Synonymes 
latins,  il  se  fait  dire  que  lui  Félix,  imprimeur  des  plus  diligents,  qui,  de  sa 
tête  altière  frappe  la  voûte  étoilée,  a pris  soin  de  faire  imprimer  ce  livre  avec 
ses  meilleurs  caractères  ( Fdix  ille  impmsor  diügairissimns  snbl'uui  feneus  sidéra  yernee 
.mis  opinais  amictaihus  imprimai  Au  ni  airavü 

Après  des  déclarations  aussi  emphatiques  de  la  part  d un  homme  bouffi 
d’orgueil,  qui  se  fait  passer  pour  un  prédestiné  de  la  fortune  et  du  bonheur, 
il  n’y  a plus  qu’à  tirer  Féchelle* 

A partir  de  l’année  Mpj  » l'encadrement  à feuilles  d’acanthe  de  la  marque 
de  Baligault  est  remplacé  par  une  bordure  de  grotesques  sur  fond  criblé  qu’il 
varia  de  temps  à autre*  Sa  marque  esi  quelquefois  tirée  en  rouge,  comme 
dans  îa  Vim  Christi  de  Ludolphc  le  Chartreux*  Pour  ce  dernier  livre,  deux 
rangs  de  bordures  sont  disposés  l’un  sur  l’antre*  Celles  de  côté  représentent 
des  histoires  de  la  Bible  on  de  la  vie  des  Saints-  elles  soin  urées  de  t uelques 
livres  d’heures  que  nous  ne  connaissons  pas,  peut-être  des  Heures  à I usage 
de  l’Eglise  de  Sahsbnry,  citées  par  M*  Gordon  Duff  et  que  nous  n’avons  pas 
rencontrées*  'Voir  p*  200*)  Des  bot  du  res  de  même  style  figurent  sur  le  titre 
des  Noéls  imprimés  par  Guerson  de  Villelongue,  un  des  voisins  de  Baliganli* 

Les  bordures  représentant  des  grotesques  sur  fond  ctlblé,  qu’on  voit  dans 
les  mitres  livres  de  Baligault,  sont  d’un  dessin  meilleur*  il  employa  des  enca- 


ATELIER  DE  FELIX  BALÏGAULT 


zoy 

dremenis  de  ce  genre  pour  y insérer  la  marque  et  l’ adresse  du  libraire  pari- 
sien Jean  Richard,  pour  ic  compie  duquel  il  imprima  plusieurs  livres. 

La  bordure  du  bas  de  cette  marque,  qui  ne  manque  pas  d’originalité,  est 
celle  que  Baligault  a le  plus  fréquemmcm  employée  : 


Baligault  demeura  dabortl  rue  Saint-Jacques,  a la  Corne  de  Cerj\  prés  du 
College  de  Beauvais c.  Le  2 6 mars  \4p4  (n.  si.),  tl  acheta  une  maison  faisant 
le  coin  de  la  rue  des  Sept-Voies  et  de  celle  des  Amandiers 


1 Ses  premiers  livres  sont  signés  : Ad  Be/wreeusé 
Cùüegm iij  vet ad  lii/erurniu  (sic)  Cm  tu  Cend  îrt  rîco 
Sanrti  JacdL  (Rekouard,  Imprimeur j et  Kbrauss 
pârhiews*  p.  ouvrage  cite.) 

L’emplacement  de  la  maison  est  déterminé 
exactement  par  Tactc  suivant  : « Félix  Baligault, 
marchant  imprimeur  de  livres,  a esté  ce  joui-  mis 
en  possession  et  saisine  sauf  tons  droiz  d’une  mai 
sou  contenant  deux  corps  d’nstel,  l’un  devant, 
J’auU  e derrière,  court  ou  metlleu  et  jardin  a costé, 
cave,  chambres,  greniers  et  appartenances,  ainssi 
qu’ilz  se  comportent  et  extendent  de  toutes  pars 


assis  i Paris,  prés  et  au-desstts  du  Mont  Saint- 
Hilaire,  h l’opposite  du  Collège  de  Reims,  tenant 
d’une  part  et  faisant  l:itn  des  coings  de  la  rue  des 
Sept  Voyes  et  des  Amandiers,  dautre  à fostel  ou 
pend  pour  enseigne  la  Chkhface}  aboutissant  par 
derrière  a Maistre  Jehan  Perîer  en  nostre  ceusive 
etseigneurie  . . . Chargée  envers  nous  de  quarante- 
deux  solz  six  deniers  parisis  et  de  neuf  livres  parisis 
rachetables  après  xjj  ans  pour  JJJt’*  xut  I.  t.,  etc. 
26  Mars  i4?3  avant  Pasqties.  ».  (Archives  natio 
11  aies j EwsâisiuftMnts  de  Sainte-  Cxii/mTc.,  S*  t64p* 
5l+  partie,  foh  29.) 


208  HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

À partir  de  cette  époque,  Baliganlt  donne  son  adresse  à la  Montagne 
Sainte-Geneviève,  a ITmage  Saint-Étienne,  on  dans  jine  nouvelle  bâtisse  por- 
ta jit  la  meme  enseigne  aux  environs  du  Collège  de  Reims  (lu  œdihns  e regioue 
do  nuis  Collégiaux  Reniais] s un  per  constat cth  * . - ymagine  dm  Stephatii  ordinatis . 

Il  trouve  encore  moyen,  en  indiquant  sa  maison  dans  le  voisinage  dn  Col- 
lège de  Reims  [in  confina  Colle fii  Rcmemis),  de  dire  une  fois  de  plus  qu’il  est 
un  homme  favorise  par  la  bonne  chance  (rit  mispicatisshiius). 

Le  nom  de  Baliganlt  est  orthographié,  dans  ses  impressions,  tantôt  avec 
jm  L,  tantôt  avec  deux.  Il  était  Champenois  d origine,  comme  nous  l’apprend 
une  note  inédite  de  Mercier  de  Saint-Léger  : « Il  ajoute  a son  nom  Campanm , 
il  la  fin  d'un  volume  in-quarto  contenant  les  Su  muni  læ  Pétri  Hispmn  ami  Georgii 
Bruxellois  interprétation?  et  midi  noue  Thonier  Br  ica/ , édition  dont  j’ai  une  notice 
particulière  et  a la  fin  de  laquelle  on  lit  : Rvisiis  inipressnm  anno  14/7  die 
fi  augmtn  * Cette  date  est  évidemment  fautive.  Mercier  de  Saint-Léger  croyait 
qifion  devait  lire  15  17,  nous  pensons  que  c'est  plutôt  1 497,  car  Baliganlt 
cessa  d exercer  vers  1 503.  Sa  marque  passa  chez.  .Jean  Lambert,  qui  se  l'ap- 
propria A partir  de  cette  dernière  année.  (Voir  fac-similés,  p.  233  et  234*) 
C'est  a tort  que  Lottin  et  Silvestre  le  citent  comme  exerçant  encore  en  131  o. 
Il  est  certain  qu'en  1306  il  était  mort,  peu l- erre  meme  plus  tôt. 

Les  doyen  et  maîtres  de  la  Faculté  de  théologie  de  Paris,  qui  avaient  une 
rente  annuelle  et  perpétuelle  de  4 livres  parisis  à prendre  sur  l'immeuble  de 
la  rue  des  Scpt-Voiea,  s'opposèrent,  le  lundi  15  février  1506  (v.  st.),  a la 
vente  «aux  criées.  . . des  deux  maisons  qui  furent  et  appamtidrcnt  a feu 
Félix  BaligauÉ  »•  L'adjudication  eut  lieu  néanmoins  le  6 mars  suivant1. 

La  femme  de  Baliganlt  se  nommait  Perret  te*.  Elle  figure  dans  des  actes  du 
7 octobre  i4j?  L du  24  décembre  de  la  môme  année,  et  dans  un  autre  daté 
dn  9 mars  1498  (v.  st.  L En  même  temps  qu'il  était  imprimeur  et  libraire, 
Baliganlt  exerçait  le  métier  de  relieur.  Au  dos  de  l'acre  du  24  décembre  1 4p4? 
il  est  qualifié  de  « relieur  de  livres  ».  L'imprimeur  Berthold  Renboli  et  Durand 
Cerlier,  libraire-éditeur,  furent  ses  exécuteurs  testamentaires  \ 

Archives  n:iti onnfes , canon  S 8 60,  liasse  ].  > Renou^hd,  Imprimeurs  et  fibromes  porhktu. 

Archivé»  n a rion  a [es,  iùhùw,  p.  i 4 i ouvrage  cité. 


CHAPITRE  XXXIII 

L’IMPRIMERIE  Â PARIS 


ATELIER  DE  JEAN  MORAND 
(i4;>2-i;oo) 

Le  premier  livre  connu  au  nom  de  Jean  Morand.  — - Cet  imprimenr  e.xdcuie  pour  Vérard 
Les  Cr  uniques  de  France.  — Impression  d’un  Missel  et  d un  Rituel  de  Paris.  — Ch  auge  ment 
d’adresse  de  sou  atelier. — Il  travaille  pour  Jean  Petit,  Durand  Gerlîer,  de  Paris,  et  Pierre 
Régnault,  de  Caen.  — Habileté  typographique  de  Jean  Morand. 


Jean  Morand,  Maurand  on  Mourand  (ce  nom  est  orthographié  de  trois 
manières)  était  établi  imprimeur  rue  Saint-Victor,  à Paris,  en  1493.  II  a pu 
commencer  lui  peu  plus  tôt,  car  lions  avons  vu  des  Heures  latines  à l'usage 
de  Rome  ne  portant  pas  son  nom,  il  est  vrai,  mais  qui  sont  imprimées  avec 
scs  premiers  caractères  pour  Jean  de  Coulonce  et  datées  du  2 juillet  1492. 
Le  premier  livre  qu’il  ait  signé  est,  à notre  connaissance,  un  livre  d’heures 
au  même  usage,  du  il  février  1492  (i4j? 3 n*  st * } 1 , qu'il  a imprimé  pour 
Geoffroi  de  Marnef  : 

Ætep:ffctitE6Çcurc6(tfufaigchc  ro 
me  furent  parie  prtt'Jeflarj 

moianth  fepiûiotttbe  feflimet.ffaÿ  inif 
CC  fL  Æ À tt  ip  p.  rt  p ïi.  pou  t ff rop  Çe 
marnef  ft&jaitt/b  montât  mrôff  fieueg 
fartât  rue  füintjflque&a  feitfeignebti 


Il  y aurait,  paraît-il,  deux  tirages  de  cette  même  édition;  l'un  11'a  aucune 
indication,  et  l’espace  que  devrait  occuper  Tachcvc  d'imprimer  au  folio  E 8 


1 Ce  livre  a êlê  récemment  acquis  par  la  Biblio 

lheque  ualionale. — Rrmiei  Manuel  du  Libraire % 
l.  V,  col.  1687,  n”  239  hh } ouvrage  cite),  â la 
Nôtke  sur  les  Heures  getfnqucs  Imprimées  a Paris  t 


indique  ces  Heures  a la  date  du  / février,  d’apres 
un  catalogue  de  vente  publique  dans  lequel  on  a 
pris  un  X pour  un  V,  par  suite  d’une  mauvaise  lec 
ture  des  chiffres  romains. 


X LO 


HISTOIRE  DE  L’ IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


est  resté  en  blanc.  Dans  l’antre,  on  trouve  au  meme  endroit  la  date  avec  les 
noms  de  l’imprimeur  et  du  libraire 

Les  grandes  figures,  au  nombre  de  dix- sept,  représentent  les  sujets  habi- 
tuels des  livres  d’heures.  Nous  donnons  ci -après,  comme  specimen  du  style 
particulier  des  grandes  planches,  celle  qui  représente  Us  Trois  Mom . 


Les  illustrations,  qui  encadrent  les  pages  formées  de  bordures  a comparti- 
ments s’ajustant  bout  à bout,  se  composent  de  sujets  tirés  de  l’Histoire  Sainte 
ou  de  figures  de  saints  personnages, 

La  bordure  du  fond,  à gauche,  plus  étroite  que  la  bordure  latérale,  11e 
contient  que  des  ornements  en  manière  d’arabesques.  Elle  présente  une  par- 
ticularité dans  l’ encoignure  du  bas  : on  voit  un  pélican  dans  son  nid  avec 

1 Les  deux  tirages  de  ce  livre  sont  décrits  solis  les  lih';  202.J  et  202  J du  Cnialogue  de  la  bibliothèque 
de  ford  Aslibnniham,  vendue  à Londres,  du  6 an  1 ^ décembre  1 897. 


ATEL1KK  DE  JEAN  MORAND 


2 I L 


scs  petits;  loiscau  se  perce  les  flancs,  scion  la  légende  populaire»  pour  nourrir 
de  son  sang  sa  progéniture. 

Le  pélican  ici  représenté  figurait  l'enseigne  ei  la  marque  de  Geoffroi 
de  Marncf,  libraire- éditeur,  rue  Saint-Jacques  près  de  Saint-Yves,  pour  le 
compte  duquel  cette  édition  des  Heures  était  imprimée. 

Dans  le  dernier  compartiment  de  droite  des  petites  gravures  qui  forment 
cadre,  au-dessus  de  la  tête  de  l'enfant,  on  distingue  juj  monogramme  com- 
posé des  lettres  A L,  qui  pourrait  bien  être  la  marque  ou  signature  de  l’artiste. 

Morand  est  surtout  connu  par  Les  Croît) ques  de  France*  dites  aussi  Chroniques 
de  Saint- Denis*  en  trois  volumes  in-folio,  qu'il  exécuta  pour  Antoine  Vérard. 

L'ouvrage,  imprimé  à deux  colonnes,  avec  les  gros  caractères  de  bâtarde 
de  Pierre  Le  Rouge  qui  étaient  devenus  la  propriété  de  Vérard,  est  illustré 
d'une  quantité  de  figures  sur  bois  d allure  plutôt  naïve»  qui  sont  placées  au 
milieu  du  texte  et  dont  voici  des  échantillons  : 


Une  pendaison.  La  mort  de  saint  Louis. 


Plusieurs  de  ces  figures  sont  répétées  dans  le  cours  de  cet  ouvrage.  On  y 
remarque,  en  outre,  de  grandes  illustrations  occupant  toute  la  page.  Nous  en 
reproduisons  les  principales  dans  le  chapitre  xli,  spécialement  consacré  à 
Vérard.  Dans  ces  trois  volumes,  ou  revoit  quelques-unes  des  bordures  histo- 
riées de  La  Mtr  des  Lfysroives. 

Hn  tête  du  premier  volume  reparaît  la  grande  lettre  Là  têtes  grotesques 
de  V Alain  Chartier,  imprime  eu  \ par  Le  Caron.  (Voir  p.  ÿ y) 


2 I 2 


HISTOIRE  DE  L'IMPK 1MER IF  EN  FRANCE 


Le  deuxième  volume  se  termine  par  un  achevé  d’imprimer  portant  la  date 
du  y juillet  1 4p3 • 

Au  Las  de  la  page,  on  a fait  figurer  la  seconde  marque  d’Antoine  Vcrard  : 

Æp  finirent  (te  fait}  et  geffee 
Surop^cfSapqui  fi  ftt  fin  Su  fccSS 
Softitn  Sce  rconique&  Seftance. 

&t  au  tieie  Sofumecflfutuaflf 
fenfvûuêt îm  fait;  rfgcffce  Su top 
Æfiacfre  fc  qtiff  fift  atfuc  SuStt  eop 
JeQai)  et  Scsauttcs  tope  enfuiuSt 
iufqure  au  top  fFope  prre  Se  Pêliur 
fes.Sm'mfuiuarif  régnant  au  tout 
Sup.  £9tf.  £££  ;£.  q ua  f rc8 1 n gj(? 
feeje. 

Jtnprtrue  aparté  p3e0a,?,f,<,u 
rafi8Scttiourïififet}fttru||aiftfStc 
fotpo’^ftffSorneSeîarSftfïjatreSe 
ttiourdfapacCa  frittage  fatf^cffao 
feuSgrftfïe  fut  fc  portf  ncrSaittr  ou 
au  para ttt  au  pinte  tptftet  Scunnttii 
cgaüteffc  ou  on  rfiartfcfa  mcffe9e 
meffieure  fcs  pteftSene.^at)  Sc  gra 
fe.^.rffr.tttt.pp.jr.ptii  f?c.tjee.tour 
9c  iutffef. 


ATELIER  DE  JEAN  MORAND 


1 1 3 


Le  dernier  volume  est  de  la  fin  d’août,  meme  année.  A purin  de  ce  moment, 
Morand  parmi  avoir  travaillé  spécialement  pour  Vérard  ci  prend  la  place  de 
Couteau  et  Ménard,  ipn  avaiem  continué  pour  ce  libraire  L'An  de  /dm  numrh t 
commencé  par  Le  Rouge. 

En  1 4p6?  Jean  Morand  exécute*  pour  le  compte  d'Antoine  Vérard,  un 
Missel  de  TÉglise  de  Paris,  de  format  in-folio  a deux  colonnes,  en  feu r es  de 
forme,  imprimé  en  rouge  et  noir,  contenant  quelques  figures  sur  Rois  en  tête 
des  offices.  Nous  en  donnons  ci-dessous  deux  spécimens  : 


C*est  d'après  ce  texte  que  Simon  Vostrc  donna,  l'année  suivante,  une  autre 
édition  du  Missel  de  Pans  tpnl  fn  imprimer  dans  l'atelier  du  Sithil  d Or  de1 
la  rue  de  la  Sorbonne,  chez.  Gcrmg  et  Renboli,  ei  à laquelle  il  ajouta  un  plus 
grand  nombre  de  figures. 

Vérard  et  Vosue  disent,  chacun  de  son  côté*  que  leur  édition  est  supé- 
rieure, quant  au  texte,  à toutes  celles  qui  avaiem  été  laites  avant  eux. 

Les  deux  grandes  planches  du  Père  Eternel  et  de  la  Crucifixion*  que  fou 
voii  au  Canon  de  la  Messe  dans  le  Missel  parisien  édité  par  Vérard*  se 
retrouvent*  un  an  apres,  dans  [‘édition  publiée  par  Simon  Vosue*  tpn  les 
avau  empruntées  à Morand.  Elles  passent  ensuite  chez  d'autres  imprimeurs. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


i I ^ 


Nous  reproduisons  le  libellé  final  du  Missel  imprime  par  Morand,  dont  la 
formule  a été  copiée  en  panie  par  Simon  Vosire  ; 

D la«D  c D ci  ommpo  tenus  intc 

mecafe  gmttrtcia  et  nirgims  ;f  ottuftp 
curteceleaîs.-ïctûffcôpletûejctatnout 
Ut  acte  tpjeflfojtaefims  bocmiPfelc/fe* 
cSDûufummngmsecclefieîSattfienfts 
3np;eclarabrbepariflana.g3ertol)an* 
nemmojatiD.üpefanctûpuonêînt)!' 
co  Gwcft  tacobicôi  chanté.  Crpêftsbo* 
neltibiti  3intyOMÏ  necarb  Ub*arti.^ti 
pjaponfênoftceDffe  mintetfignio  fan 
ctnobâm0euâgeuaecômo^tt8.ia?e& 
tci^ccclcftcntuf  accômooû . 3!nteri0ce 
tecaiUubbwwnepcelUtiqp  ofôcta  que  in 
cetenoïbla  annotattoeC  aftp  ob  boc  nô 
finemagno  plerîupin  qcqturmbo  labo 
t»)befîgnaf  a fût:  in  eo  ab  longü  befcci* 
br  »c.3Hwo  bffi  mtllefimo  quabîittgé* 
tefimo  nonagefimo  fejcto.bîe  neco  nui* 
mafifptcmbjis. 


Jc;ii]  Morand  a encore  imprime  pour  Vérard  un  Rituel  de  l’Église  de  Paris 
( Mamude  sectüidnm  ustm  cccksic  Paris! émis) > volume  in-cjuario  à deux  colonnes , 
pâme  en  lann,  partie  eu  français,  avec  les  memes  lenres  de  forme  en  ronge 
et  noir,  sans  aucune  illustration. 

L’achevé  d'imprimé  est  en  rouge  et  daté  du  j i août  J 4^7  : 


CjmpjeffUm  îSarfCïusperMânê  mouranb 
cSmojantf  mbico  fetî  lacobiî  borno  î quapf* 
bef  P?o  infignio  pmago  fancft  jSicolaipjo  Zn 
tbonio  berarb  libjario  mo:am  tenente  fupja 
pontcmnoflcebomtnc  aDfignûfanctt  Joban 
niscuangcUttc.  itrmobomini.fl0.CCCC. 
jccbif.&iebero  mmfisauguftt  pt). 


Morand  avait  établi  d’abord  son  atelier  rue  Saint-VicJor,  comme  il  l'in- 
difjue  â la  fin  des  Croniqut s de  France.  Sur  le  Missel  de  Paris  de  1 son 


ATELIER  DE  JEAN  MORAND 


adresse  esc  rue  faim-Jacques.  Dans  le  Rituel  de  i ép7y  il  dit  qui!  demeure 
en  cette  rue  dans  la  maison  où  pend  pour  enseigne  F Image  de  Smnt-Nicolas 
{commarans  in  vira  Sancti  Jacobi  in  dan/a  in  qna  pende t pro  insignio  Ymctgo  Sancti 
Ni  col  ai).  La  maison  de  V Image  Saint  Nicolas  était  située  en  face  de  la  maison 
de  lé  Lanterne , qui  touchait  aux  charniers  de  Saint-Benoît. 

Morand  travaille  aussi  pour  d autres  éditeurs  que  Vérard.  Le  27  mai  1 49*?* 
il  terminait,  pour  le  compte  de  Jean  Petit  et  de  Durand  Gerlier,  libraires  de 
la  rue  Saint-Jacques,  un  volume  in-folio  intitulé  : Les  Pastilles  et  Expositions  des 
Êpistres  et  Èva  agi  lies  dominicales } avec  celles  ch'  fis  tes  solennelles } ensemble  aussi  des  cinq 
festes  de  la  glorieuse  et  rds  sacrée  Vierge  Mark  et  aussi  la  Passion  de  Nome  Sauveur  et 
rédempteur  J mt  s-Christ  y translatées  de  latin  en  français.  Nous  en  donnons  ici  l’achevé 
d'imprimer  : 

^pjTnif[?tfieepofïiïfteet  eppofïftfa 
flre  fpiffresprnangïftfo  florm'mcaflfee. 

^tueccr  ÉTee  5e  a ftfU  0 fou 

te  ffinee.  $ fa  pafpofj  $ wfnitectiS  te  nU 
feïgneur.  & teçtincq  fefïee 

te  fa  gfoîteufeïiergematLe  31ttip^tneee 
a parie  par^jepaçmotiranSSemüürftf 
afa  me  fain  t faq  ace,  fv.  pp$ii>  io  ut  Se 
mcp.  cpif.ttmprîtï.jDoiir  JpÇùt)  petit 
et  butûnü  gerfîf  t fiBiairte  Semonrane 
ûufltt  parie  er>  fttirefaintM^uee* 

Le  traducteur  était  Pierre  Desrey,  de  Troyes.  On  voii  dans  ce  livre  deux 
types  différents.  Le  plus  gros,  de  16  points,  est  représenté  par  cei  alphabet  : 

ûsècaï  ff  a crû 

aPcûefgïjïtelmtiopqnsftuPrp}!? 
â b H tH  6 êt  e?  <t  ï t?  r m m?ft  tt?ô  p,p  g p? 
q?$  oûtff  £t?ûu?(6cfi?  .\*i 

C’est  exactement  ie  même  que  la  letue  de  forme  du  Missel  et  du  Rituel 
de  Paris*  Le  titre*  que  nous  reproduisons  à la  page  suivante,  est  tout  entier 
composé  avec  ce  caractère. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


La  figure  de  /' Annonciation  qu'on  voit  ici,  ainsi  que  cl' autres  illustrations 
du  diurne,  provenaient  du  materiel  de  Guillaume  Le  Rouge,  qui  avait 
imprime  une  édition  du  même  ouvrage  à Troyes  en  î/Jp2  (v-  sc.). 


ATELIER  DE  JEAN  MORAND 


zl7 


LLiiffe  type  employé  dans  les  Pastilles  est  une  bâtarde  française  de  i 2 points, 
avec  la  capitale  À évasée  an  sommet.  C'est  le  premier  caractère  de  Morand, 
celui  dont  il  s'était  servi  pour  ses  deux  premiers  livres  d'heures  : 

» % -E 

ff  (f  fî  : 3 £ e*  <r  ï f9  tfi  tn9  fî  ? o9  p {)  ^ <j  r r9  p t9 
f ü / ()  # 

En  tète  dJ  11 11  dictionnaire  latin -fia nçai s , Cnthoih ai m pnrvu m > 1 m j >r  1 m é p o 1 1 r 
Jean  Petit,  Morand  Jait  servir  un  bois  de  son  Missel  de  Paris  de  1 49^,  la  Celé- 
hmtum  de  la  Messe  : 


Dans  f espace  vide  du  bas,  en  forme  de  passe-partout,  l'imprimeur  a dis- 
posé les  lettres  typographiques  du  titre  en  deux  lignes. 

Dans  E achevé  d'imprimer,  daté  du  dernier  jour  de  février  145V  (v.  st. 
il  est  dit  que  ce  dictionnaire  des  termes  familiers  le  plus  fréquemment  en 

j..  *8 


2lG 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMER  IF  EN  FRANCE 


usage  a été  extrait  non  seulement  du  grand  ouvrage  de  Jean  Balbi  de  Gênes, 
mais  aussi  d'aunes  auteurs,  et  soigneusement  corrigé  : 

Zinïafale.parua  mules/ fciifcj  ne.  3n  babflonc  tn\  aitnedî 
cuLijc/peiUe  mouche,  rincendt.  vbf  piincepe  fiente  ftidee  tuî* 

Zfn^darlû  tiï.  canopeum  fîf.Éiacuil  vLlimatn 

ad  cas  amendas  joiicti»  ca  cum.  id  eft  vUdfe/ 

jfnjfber  tris,  gingembre . qne*  t coarlpff  penuL. 

dam  fpedes  aromaiis  n joslnusna  num.  Ideftiduajy 

îlosfadjfus  mayus  qulda  vcl  ïlutduo/vluabk/fbif  puin= 

mentis  fûni 

Zùarifa.bcc  ^aniü  nlt.îbec  5I  Zticara  rle.fucrddpfcdfpKls 
jama  nle.ftgcs  tel  b*  rba  per*  ce  quedam 
udfi  UoIlnm.'WOift  entre  les 

bkî.î  coiripilur  B ocabtilar  lus  familiarisée 

XLnaniü  mj.ldem  n ufdicue  cjr  ftimms  ^anuenti  ac 

31  na ma  nie.  Dici'mr  effâ  biTco>z*  Tp>apLa  IBtig.  ncciion  <ppltn  f* 
d(a.î  lune  p:oDtitffui . $ nucni  mto  allie  auctotlbus  efeerptus 
fur  dlâ  pluralllei  3 lîanla  01  uni  * Diligenter  cmendatue/  ejrara* 
jp  il  J a malaberoa.-:  Ut  eft  ctbe  tufqj  Tpariiluopcr  ^obanncm 
rocUlum.  motiraiid  cômo:aniê  Indco  Tan 

jod factice l.  le  ckr etc  qui  f afi  c 1 f $ ao 0 bfrfti  mi e 1 fi gnïo  Un cti 
tourner  le  firmament  par  ou  îe  TFlkolai  (înil  fdfdler.Snno  Do 
{ddldtsplanclifsfonHcuïS  mitif  mtlUlïmo  quaDi'igcntdE 
tours  mononagefimofcpilmo.  *liia 

Zona  ut*  courole  ceinture  Die  menfis  fcbiuarli 
dngulum 

jonarfusa  um.adîonam  ptrii 
tiens  vd  îorta&facfens  De  cou 
rolc/ou  fatfanf  couroks. 

Xonclla  k.Dlmlnmtuum.  petU 
te  cdniurc 

îorufrafftüçH.t.fTattio  30ns 
CicôpottUura  îona  -rfraugo/ 
xcl  fracilo 

Xonula  le  plminuf  fuum  De 

3<>na 

Xoiobabel  apd  btbieos  eje  iri 
bus  Integrtenominibua  Dicfiur 
dTecompoflium.îO  iHe.ro  ma 
ÿffter/tobd  piopîle  babitonfâ 
îonai.eteffïcltur  nomen  30:0 
babeUJfle  meglflcrOc  babfïo 

Le  7 septembre  i4p7^  Morand  avait  imprimé  avec  grand  labeur  ( lahoriosis 

sittte)  un  volume  in-quarto  ijptitiifc  : Jnmpmatio  Gcoigù  Bmxellmsis  in  Su  mm  nias 

Mngisni  Pmi  Hppani  mm  cum  Àîaghtn  Tiunm  Bcicot  question} /ms  : 

CflE  1 ri  ua  tSeie  i bplpa  n 1 tona  U 10 
tiiintdpîtif  Ofoigio  bij  bQni{po= 

Cf  1 n ncio ç Dm riml  n rf  1 10  qnp^u^ 
inclina nottiia fcciitt&  ibro  bep.ifi 
nnh  laccialnp  ; toi  nceqmityfibr. 
nttalm  stim  lo^eiucl . mintns 
Kifciifi  cmii  bue:  litibc^iofi  (Time 
tutu  BiiigmuïTnnf  lanttcnm  Jq-. 

I anntiS? nH  iQiiipnfcftl  Dma 
pan  Cto^n  m ni  sco  Demi  o . 1 10  EItf  fa 
lima  oniiD  f tpi  imp  î fionttftffims 
fupfa  milLinû  c|uob;mgFnlmiiii]. 
ünmüp  tri  1 0 fl  dl  Uq. 


Le  livre  est  composé  avec  une  petite  lettre  de  somme  que  nous  n’avons 
Mie  que  cette  seule  fois  die/.  Morand  et  qui  passa  ensuite  dans  batelier 


ATELIER  DE  JEAN  MORAND 


i[9 

d’Antoine  Chappiel.  Nous  donnerons  Palphabet  de  ce  caractère  dans  le  cha- 
pitre des  Petits  ateliers j lorsqu'il  sera  question  de  ['imprimeur  Chappiel. 

Le  20  décembre  i4ÿ^  Jean  Morand  achevait,  pour  Pierre  Régnault, 
libraire  de  ITJniversité  de  Caen*  un  traité  du  Comput  ou  calendrier  {Cam- 
pants' at.m  commenta).  Le  texte  du  livre  est  eu  latin  et  ['achevé  d’imprimer 
en  français. 

Voici  le  fac-similé  de  la  dernière  page  de  ce  livre  : 


C ïïâec  Pceden*  tabula  valet  ad  fdendu  que  Utterafu  tabulai 
(n pdmo oïdme.^ti fecmido  quto nmnerua outcud. '^uicrtlo 4 
Ira  Dnicaltet'jfti  quarts  lu  quomenfe  ci  quota  mêfls  erlttfepiua 
çeffina.^fn  quimolnquo  menfe  cl  quoiamenfie  erft  quadrage 
fima.  ^Afcrto  lu  qnomenfett  quota  menflo  crunt  rogations 
ÿn  vlilmo  ln  quo  menfe  et  qitoia  mentis  erlt  pentbccoftco.iElïï 
edueneudu  eft  cp  p;o  ImdUgentladurdemtabuU  prefupponit 
p tabulam  preccdaiiem  pofliû  lu  fuo  loco  in  pfïil  opéré  ln  quoÿ 
to  antio  drcularisfumuo.f.  qiiotbabemuG^ToanreonumeTo 
crquamlramomcalembabemu^Tüdndeopï  redpercvbl  cft 
lllz  rtumema  anrena  ln  ferilda  llnea/ei  Ire  ad  Iram  omcalcm  fe  s 
qaemcmpïedKmmnnmemmaureum/Tüelndc  piocedere  per 
Oîditiemfcdmpredlciafefta  ©eddtadueneudLÏtfnoanon  oe 
b émus  acdpere  lïam  ofiicalem  fi  Dire  a e ponamr  polt  pre  di  ctu 
ttumerG  anreti  ln  anno  non  bitfeptlll.  £t  lu  on  no  bmenïlf  non  De 
bemusacdperelfamDmcalemflîmedlateJ'equaiur  predlctwn 
numermn  aurdï/fed  oebemus  recurrcre  ad  Iram  onlcalem  fltaî 
ln  fecüdo  loco  polt  predlau  numéro  ai ireu. 0 (millier  efl  aduer 
rendd  in  vno  45  anno  blflejtilll  p feptua^eflma  cr  qnadrage* 
flma  fi  (pfa  requlrat  oebemuo  manere  fupra  priori  titrera^  pio 
allfefeft(e.f.p3fcbe.pentbecü.etrogaîf0ufbus  Debemuo  afeen 
dereadruperloiemlfam  pfedlcte^oïle/quelltteraerli  onicalte 
pTo0d(rtfs.f*lh'svlttemobllibus  dEiprolra  labularf  not£ 
dunvcft  qz  funrouo  alpbabeca  olnerfam  ffgnffïcatfonem  baben 
tfaqtïaD  Dlfferoulamflïoriipoltqtiëlï  If^eramprlml  alphabet 
rl  p oniï  vn  uc  pun  ctuo  et  f i mtlr  anre  quel;  tram  f ecundl  alpbab  e 
ti  ponltur  Idem  punrtuo  valotautem  KrurarumDictoriï  alpba* 
betoîum  fupertua  Mctije  efte 

CC  Itiber  comp  ctf  ctim  comm  eti  to  finit  f dltfter* 

C E Y finllt  le  eompoft  nouuell  ement  fmp^  (m  e a *p  erle  par 
3Jeban  moi  aud  imprimeur  oemonraurenla  ruefafnctj^ 
queo/|fcour pierre argnauli  libwlreDclnmnerlbe  Decaen 
^cccc^vlilOkc.jticdourDe  Decembte, 


L'imprimeur  orthographie  son  nom  Morand , ainsi  que  dans  son  premier 
livre,  et  non  Aianrand  ou  Mamand>  comme  il  l’a  fait  dans  d’autres.  Ces:  à 
cette  première  forme  que  nous  nous  sommes  arrêté. 

Le  nom  du  libraire  est  imprimé  Àrg/untlr,  au  lieu  de  Reguanh . 


1 La  forme  barbare  du  mot  Cm  put  est  empotns. 
Jean  Balbi  nous  donne,  dans  son  CdtfaHc$ii,  une 
singulière  raison  pour  expliquer  cette  aliénation  : 
Attiiqin  dkehdiit  Cmpttltts  skttt  exigu  Amvdtk  qnod 


ms  dhher  réunis  pr  opter  vàcts  ebsomiitwiu.  Le  bon  reli- 
gieux croyait  que  pttti  dans  Compilais t blcssaii  les 
oreilles  pudiques t et  t]ne,  pour  éviter  celte  conson 
nance  ilèshonnéie,  on  devait  dire  Cmputus. 


22.0 


HISTOIRE  DE  L’ IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  commentaire  du  Comparus  est  imprime  avec  le  peur  ai  ni  aère  gothique 
de  p points  à forme  un  pat  arrondie  que  voici  : 

abcrtfcEfgblMmiiQpqrïûfttivjcr 3 ■:*/£)<£  fffTft 
5b*îc,,pîjÊ  nflôpp^qc)qqfq?^r^fruTp 

Cette  fonte  est  hi  même  que  celle  employée  par  Jean  Morand  pour  le 
Carhoticon  parvum . 

Pour  le  texte,  f imprimeur  s’est  servi  d’un  gros  caractère  de  13  points, 
différent  de  celui  de  ses  Missels,  et  que  nous  reproduisons  ci-dessous  : 


M 'C  2D  abcficfgbiUlmnopor^ftüï?:?? 
â bVï  c th  i fi  tfovvp  pM  ÿ <p  w 
ffff  - ; * / 

Ou  trouve  trace  d’itu  dernier  volume  qui  serait  sorti  des  presses  de  Jean 
Morand.  Ce  soin  des  Postillcs  et  Expositions  des  Épines  et  Évangiles  domi- 
nicales, en  latin,  de  format  In-quarto,  cj  1 1 T I a achevé  d'imprimer  le  23  jan- 
vier J 500  (v.  st.).  Il  orthographie  encore  sou  nom  Morand  et  non  Ajourna  d 
ou  Mauvand 3 ej  se  qualifie  de  maître  très  habile  dans  Fart  d'impression  ( aras 
imfimsork  pmnssiiniis  Maghrer  Johannes  Morand). 

Sans  compter  les  livres  qu'il  a faits  pour  Vcrard  dans  une  période  de 
quatre  années,  de  1 4 5? 3 à 1 4 et  auxquels  il  n’a  pas  mis  son  propre  nom, 
Morand  dut  imprimer,  pour  des  libraires  parisiens,  d’antres  ouvrages  qu’il 
jf aurait  pas  signés  ou  qui  ne  seraient  p;is  parvenus  à notre  connaissance. 


CHAPITRE  XXXIV 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  DE  JEAN  LAM13ERT 
('4î?3-i  500) 

Le  premier  livre  ibuc  de  Jean  Lambert  Le  Chevalier  délibéré  et  ses  illu.sirm tous. — LI  Imitation 
en  franoib.  — La  Nef  des  Lof  du  monde.  — Autres  [ivres  .sortis  des  mêmes  presses.  — Les 
deux  marques  île  Jean  I amheri.  — Ressemblante  de  ses  types  avec  ceux  de  Baligaull, 

Jean  Lambert,  imprimeur  et  ii braire,  a commencé  d imprimer  en  9 3 , 
Son  premier  livre  connu  est  Le  Mardi  loge  (sic)  des  fanlces  largues  tenu  au 
mupk  de  daugier,  petit  ouvrage  en  prose  et  en  vers  de  Guillaume  Alexis, 
moine  de  l’abbaye  de  Lyre  en  Normandie,  qui  est  daté  du  9 juillet  1493. 

Lambert  a imprimé  en  in-quarto,  la  meme  année,  Le  Chevalier  délibère, 
d'Olivier  de  la  Marche,  orné  de  figures  sur  bois  presque  au  trait  et  à peine 
ombrées,  qui  sont  d’un  dessin  très  remarquable,  J^e  caractère  du  texte  esi  très 
régulier  et  a la  pins  grande  ressemblance  avec  la  bâtarde  de  Pierre  LeNet, 
employée  dans  le  P km  de  Cmcats  et  les  Cent  Nortnlh  nouvelles,  imprimées  en 
i/j  86  pour  Vérard.  Il  n'y  a guère  de  différence  que  dans  la  1 etire  capitale  C, 
qui  est  beaucoup  plus  large  chez.  Jean  Lambert, 

Voici  l'alphabet  de  ces  caractères  : 

B & £ t>&f  £13/2  flD  p 4D  tt  £ C 

fl6r55cf00ijtfmiî)rtnüpqneffii^vp3  flTfffï 
Spêliifmfîoo^^q^tï  atiG 

Les  illustrations  du  Chevalier  délibéré  avaient  paru  auparavant,  clans  ji ne  édi 
tion  du  même  livre  publiée  par  Antoine  Vérard,  le  8 août  1488,  Plusieurs 
des  memes  bois  repassèrent  dans  L Arbre  des  batailles , d' Honoré  Bonor,  que 
publia  Vérard  le  8 juin  J 493*  on  on  les  trouve  mélangés  avec  d’antres  gra- 
\ lires  d'un  style  tout  différent  et  d’une  facture  moins  soignée. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Voici  des  spécimens  du  texte  et  des  figures  de  I édition  du  Chevalier  délibéré, 
imprimée  par  Jean  Lambert  : 

C fjfe  étuaudk  fe  était}  ternit}  C loteme  tiflitfautt  que  fe  tienne 

Etant  ptnfet  tt,  fouuenit  fromcffebouMcmootufoi 

jQui  me  fifî  ÎMrmee  pefetirj  SfyttjQoitant  fo:t  q ue  ie  retienne 

Sons  Boufoit  partit  au  6ufit>  &Cclue  iee  Pie«e  m fo»tikme 

ÏPee  peines  quif  me  fauftfouffric  Sawntnt  Soi 

et  Staff  au  point  Su  ioutfaiffit  ouuritqui  fur  8e  tentai 

f opmnt  8eïomg  Bnsfietmite  Zertkffut  ùe/îc  île  fauoic 

gfupe  Sefa  maifot)  petite  f«w«  Se  mitait 


ATELIER  DE  JEAN  LAMBERT 


Z13 


La  planche  intitulée  Accident  rappelle  exactement  la  figure  du  Serf  et  du 
Seigneur,  que  l'on  voit  dans  La  Mer  des  Histoires  de  1488.  (Voir  fac-similé  dans 
I ouvrage  de  M.  H.  Monceaux  sur  ïes  Le  Ronge,  lome  page  164.)  Dans 
les  deux  planches,  le  serf  est  vêtu  des  memes  haillons  et  manie  le  meme 
bâton  noueux  en  forme  de  massue.  Sur  la  figure  de  gauche,  le  cheval  galope 
de  semblable  allure  que  celui  du  seigneur  de  Lu  Aîer  des  Histoires ; c’est,  à 11e 
pas  s'y  tromper,  le  meme  coup  de  crayon.  Les  illustrations  du  Chevalier  délibéré 
peuvent  donc,  avec  quelque  vraisemblance,  être  attribuées  à f'ariiste  cpii  a tra- 
vaillé pour  Pierre  Le  Rouge,  si  ce  ïfest  à Pierre  Le  Rouge  lui-même. 


mont ï«  freftfje  memote 
a farteut  freWifit  ttee  mt 

riertstrefpaffo^f  pat  tmzfafc 
pturre  Soit  ceixÉ^qui  ont  tfU 
S^cw^ïtïpar&Bifcou  par  m 
beitL  Æt  commettre  fa  tietœ 
partie  Oc  refaire 


Mfkte  Jmptime  a patte  pat  ffdja i| 

îamôtit  ttafjrnifq«attecnj3i)ttatïe 
Sm0$(Tfi£3e 


L’achevé  d’imprimer,  que  nous  reproduisons,  se  trouve  à la  dernière  page 
et  est  suivi  de  la  marque  de  Jean  Lamben  : un  cœur  appuyé  sur  une  grande 
lettre  A avec  monogramme  au  dessus,  surmonté  d’une  croix  de  la  Résur- 
rection entre  deux  coquilles  et  deux  bourdons  de  pèlerin,  sur  fond  noir. 
Autour,  le  nom  et  la  devise  de  fimprimeui  : Jehan  Lambert  a espoir  en  Dieu. 

Le  1 6 novembre,  Lambert  publie  une  traduction  Landaise  de  IJ  Imitation, 


Z 24  HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

in -quarto  avec  figures  .sur  Lois.  Au  verso  du  titre,  on  volt  [a  figure  du  Christ 
portant  sa  croix,  copiée  sur  celle  de  Péclitiou  de  Toulouse  (1488),  mais  dont 
le  dessin  et  (es  tailles  sont  mieux  traités  : 


La  même  planche  de  Lambert  passe  à Rouen,  en  i4<?8>  dans  une  autre 
édition  fie  Lï ïmhatwn  imprimée  par  Le  Bourgeois.  Cette  figure  repasse  a 
Pans,  en  1499*  dans  le  Kalcndrkr  des  Bergères  imprimé  par  Guy  Marchant. 

Les  petites  figures  qui  accompagnent  le  texte  de  U hnhemeni  de  Lambert  ne 
présentent  pas  grand  intérêt  et  sont  loin  de  valoir  les  illustrations  du  Cheyalkr 
dêlibm\  L une  d elles,  la  Manne  dans  k désert,  se  retrouvera  dans  le  matériel  de 
Guy  Marchant  1 . Le  3 1 décembre  1 4p3 , Lambert  publie  un  ouvrage  français 
du  prédicateur  Obvier  Maillard  et  donne  son  adresse  rue  Sain t-Sé vérin,  h lu 
Corne  de  Daim.  Il  emploie  un  autre  bois  pour  sa  marque  dont  la  devise  reste 

Ou  lu  y U h uotajmnenr  | h fin  du  Cio  a a nu  puans  Sdcrtiiiienà , de  Luppî  Rehdlo,  imprimé  le 
j S dcctndjMj  l JpS  pour  Jeau  Périr. 


ATELIER  DK  JI:.AN  LAMBERT 


la  même,  nuis  011  son  nom  est  orthographie  Lwiben,  au  lieu  de  Lambert.  Le 
fond  est  pointillé  et  Ton  distingue  les  lettres  J et  B dans  le  monogramme  de 
fa  hampe,  en  place  des  signes  eniifus  cj i i on  y voyait  auparavant  : 

fLlatQnfouTtiU$çwtfŸmbantz  frefîiewote&a 
(actes  et  fm'rtcOj  mifîmBfîe  fameflta  fa  paffiS  ffrrto 
flrcB^oufefaufw«t(iredcmpCeHtttfmtrfî  rteceffairta 
(eue  ffuHPtf  ceflfeôquiLGfUütrmrttC  fruffttti  ouprfa# 

Ûirte  mefle  compose  par  fc  Crût  petc  teuetenbfttt?  oft 
met  mamtarf  oefo^eÇcc  frcrce  mineure  apeftee  & 
foBfetuamc 


Le  L’  mars  i 4 5^4  ■ivant  Patpies  ( i 4 9 3 v*  st.),  Lambert  imprime  UEsgniHon 
d'amour  divine,  de  saint  Bnnasemure,  pour  Bocard,  dont  la  manpic  ligure 
sur  le  titre.  Le  i i avril  paraît  le  livre  intitulé  De  ïmiumnm  Christi  ; 


CÆÿfùrifï  fcfiuttSc  tmifatîbrtccÇnfîi 
&t  St  rortfempf  ummibi.  TEtanfïau  St 
tutti)  crçfcdtttüie.Æf  impti'ntc  aporie 
par  Mai)  XamSerf  .X*  pfi  tout  ïïawrif 
:ccc  .quaftrf  hg$  tf  q uaf  015e 


C’était  une  nom  elle  édition  de  la  tradnennn  Ira  niaise  de  limitation , 
publiée  (juebjues  mois  auparavant.  Ceue  édition  ne  comporte  pas  autant 
d'illustrations  (jtie  la  précédenie. 


22 6 HISTOIR li  DE  IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

Il  n'y  a cj ne  la  grande  figure  du  Christ  portant  sa  croix,  placée  derrière 
le  tiire,  et  une  figure  du  Christ  devant  Dieu  le  Père  : 


Sur  le  titre,  on  voit  la  marque  aux  armes  de  France,  de  l'Université  et  de 
la  ville  de  Paris  : 

£e  filtre  freff'  lufattt , limiiaffon  te 
noftre  feignent  ibeûinïû  eftmparfairf 
tofemiemèt  tefe  miferablemontie  nome 
en  lafittfee  imtf  aridité  crrlH(<gt  de  eott 
fentpfi»  mudi  et  feeommettfe^Quiftqtii 
htr  me  non  abtdat  intmebûs 


ATELIER  Dli  JEAN  LAMBERT 


227 


Cette  marque  appartient  à André  Bocard,  qui  était  libraire  dés  i^jji 
avant  de  devenir  imprimeur. 

Jean  Lamben  a jmprjmé  Le  Mal  récompensé  de  fanant t pièce  en  vers  de 
8 feuillets  petit  in-quarto,  datée  de  O87,  avec  la  marque  d’imprimeur  à la 
fin.  Cette  date  est  celle  de  la  composition  du  poème  et  non  celle  de  l'im- 
pression du  volume. 

Une  autre  pièce  de  6 feuillets,  uuittilée  Les  Commun  damas  de  Dkn  er  du 
Dyaldc , porte  la  première  marque  de  Jean  Lambert,  celle  qu’il  employait 
avant  1 4ÿ4> 

Nous  connaissons  encore  L*  Examen  de  conscience,  par  Jean  Quentin,  qui  est 
imprime  avec  les  caractères  de  bâtarde  de  Lambert;  mais  ce  livre  ifest  pas 
signe  et  n’a  pas  de  date. 

En  i4î?7i  Jiotis  trouvons  un  volume  illustré  : La  Nef  do  Joly  du  monde,  de 
Sébastien  Brandt,  traduite  du  latin  en  vers  français  par  Pierre  Rivière,  Poi- 
tevin, petit  in-folio  a deux  colonnes,  imprimé  pour  Jean  Philippe  Manstcner 
et  GeofFroi  de  Mar  nef,  libraires  de  Paris. 

Jusqu’alors  on  avait  attribue  sans  examen  cette  impression  a Jean  Phi- 
lippe, mais  011  a confondu  Jean  Philippe  dit  Mansrener , i'uu  des  libraires  poul- 
ie compte  desquels  le  livre  a été  imprime,  avec  Jean  Philippe  de  Kren/.uach , 
imprimeur,  associé  de  Georges  Wolffi 

Jean  Philippe  n’a  jamais  employé  ces  caractères,  qui  sont  identiques  à 
ceux  dont  Jean  Lambert  s’est  servi  dans  Le  Chevalier  délibère  et  les  autres  livres 
français  qu’il  a signés,  comme  on  peut  les  comparer  avec  ce  fac-similé  : 

Cf  fïmft  fa  nef  ffre  frfÿ  ff«  monffc.pic 
mierement  wmpôftf  crçafemat)  parmafe 
ffte  §eGafïirt!)  m ont  Eotfewtee  ffioij.Con 
fmitiuemcrtt  flafemai)  et)  faf  iij  rcfftge*  pat 
maipeiacquEsfot^Kfiuewertoinee  fîe 
pfuficurc  Efeffee  conanSances  dominons 
par  feffit  fôant*  Ct  fte  nomid  ftrmfTfltofïe 
fatùj  «j ïtdMwpe  ^imprimée  pour  maÿtic 
tegaij  p5i'Kppes.St9arç  ©coffwp 

U mamef ftlfrcntr?  T paris*  ipm 

On  trouvera,  à la  page  suivante,  le  fac-similé  du  titre  de  cette  édition, 
qui  est  suivi  clTui  dizain  a la  fin  duquel  est  placée  (adresse  du  Pélican r oii  se 
vendait  le  livre. 

2ÿ. 


228 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Nous  reproduisons  également  le  titre  de  l'exemplaire  royal  de  ce  meme 
livre,  imprimé  sur  vélin*  qui  est  exposé  clans  les  vitrines  de  la  galerie  Maza- 
rine,  à la  Bibliothèque  nationale  : 

T7g  nef  oes  folj  ou  monde 


<£  j^ommee  moitcfj  qui  &efire^  feouotr  /lütanf  tes  ttwufy  et  ’üicett  to  mouSmufl 

gomment  ci)  peut  et)  ce  monfte  Gierç  Biute  S 9ene$  f toueetnefairtea  foffafnô 
iEtmuf  folffenapptocÇej  Senej  Seoir  ÏDuffrt  fïure  nomme  &»  fof5  ta  tief 

ÆtSifitec  cepiefetit  ioieup  fimrc  S&i  Boue  Boufeÿ  Boue  erç  frouuere$  incànt$ 

% Cûu&eftaç  QûnneSoctwtiïftutc  Bu  pefftcarç  djeuy  geofftap  5e  rrwrmf* 


La  planche  a été  miniaturée  par  Antoine  Vérard,  qui  a fait  disparaître  le 
nom  et  l’adresse  de  son  confrère. 

Nous  donnons  ci-après  des  spécimens  des  illustrations  de  ce  livre. 


LA  NEF  DES  FOIS  DU  MONDE 


hDITION'  l’A'Rl.'îjKNN]-'  ni-.  M9“ 


Titre  miu'ittîm'i. 
Fxt.mp!arr<.'  inijjrrn^J  SLr r vélin. 
Bibliothèque  Nation  nie. 


* : f 


, M mu  îS  i-  '^o 


J dr  «:c  t*.  ,h 

iv  P ' ■'  «>  L iV#TK  MlO 


; 


. 

VW.Ov  0 V /,Vv\  AVI  VW  t \ 


' .fîpfom  f»  ^ tomtlb^K 

» * - & r^hfiSLt  k*ofc£  ^**r.  * W9*** 

'<&<  Km  . . i*  ■ ^ V 

' ♦ * a*  - \ $-i  |» v à »f ' ■ : 1 ** *■%  t* *tud  - Tl 

VTOÎfcfc  i-. -4 


■ *x  v • • i 
m:. 

*■ ■ '■  Jf.ïi  ^»;- 


i '■;■  , UÜriPt  k 


'a  ikr 


i 4 V-  i ÎJ  , 


nef  t»csfoljt»u  monde 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


ATELIER  DE  JEAN  LAMBERT 


“9 


LA  N LF  DES  FOLZ  DU  MONDE 


IMPRIMEE  POUR  JEAN  PHILIPPE  MANSTF.NF.R  1;T  GEOFFUOJ  DF.  M VRNLF 

*#| 


Le  Foi  avœriàeux. 


Les  Foil  tvcadicans- 

LUI 


CODc  fa  ttcf  fa  piemfe  é part 

jDtaipefhuattaatp 

£}ui  6e  feaflicnepoint  ne  ffepatt 
Hu$>pauuie®  ni  pnumeu^ 

$î  eft  foi  Seftrc  amcu® 

faut  ff  e |c3  fiienc  fan®  compas 
Seuque  fiu  fïet]  nefoffî  pm 


CiT  efVip  pauute  fof  quf  amaflé 
ÏDai  æ Satgetrt  fa  gro  fjc  mafle 
ÏDe  (ee  fîten®  ne  pienf  point  foufas 
ÆQaie  quant  Samaflét  ejl  (ï  fa® 
ÆDwïfe  meurt  iî  nempoite  rien® 
ptelmm  Æt  fai^e  (eeftefoi®  et  Bien® 

^ivU]  % fe®  nepueujp  ou  feeenfan® 

£Dut  et)  font  aptes  ttïanipfjans 
*£t  faceuljp  fftens  [btttüur  ou  mij>f 
*£tj  pi  etmem  plïuffc  et  6c8uft 


^£3Le  - menfffcaiiB  font  et)  gcant  nomfîie  Owwiedû 
ÏDe  fa  catfjecuc  tf  ffu  «profite 
i£t  ÊmtfoffÊeon6ieuii) 

JJcrç  ISeuf^fiftsISne  paîciat> 
fâ)  me®  camcnce  et 
j£t&  fof5  6e  cotpf  SeffiUfej 
Speuffenf  p fiiffeuts  enfauc  nourrie 
£ait  eftuSe  eft  feue  fecourïr 
^ntrefenïrc^  fiiuett  Teuy 

$ n ffeue^ie  auftremenf  tente 
fliÿtus  fêu  r mifete  en  ftetenfr 
Si nji  et  feu  c m au  fôfte  chance 
([Xeemopne'  ont  ccffemefcÇattce 
Æf  cfere  auffî  pont  feui»  tueurs  foins 
JLefque^  ont  quafï  coffres  pfant® 

ÏDe  gratte  rfcçeflee  et  auotc 
^outeffofa  fcc  poum^Sofc 


vaiMl.jq. 

ornafno 

pslie* 

JUbartf. 


Ciflugricfe 
teprct  m* 
>pwcTr]tt^ 


230 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


LA  NEF  DES  FOI, Z DU  MONDE 

IMPRIMÉ);  POUR  J PAN  PfULIPPK  MANSTPNril  PT  GPOITROI  1>P  MARNPF 

l4  97 


SA ûnntitatrs  et  Çfüumpn'uttevrs. 

fo fïo 
Bfeïi  frient 

Pomc  fe  Soute  cmtamimt 
2t  (es  fkffee  Scrtuj  mtner 
j.  ^ais^^anfïÿfriÿeepaBneaaait 
ÏDu  monSe  tte  fie  fiif  pioaum 
*{?*  Æt)  <dioit  tamatsaHtuîj  flieq 
^onfifdrç  car  Su  ftajcenefïrierç 
/ïe  femtffatfferticnt  fie  fa  twtfit 
âDui  (iop0tatt$mient  fee  Sriütfe 
Srtmfiu  puis  qutT?  ont  Bot)  rat 
/le  tepeuEt  efface^  fieitiafeur 
ite/î  que  SSetfuÿ  foufïowt  ifmvcnt 
que  a)  6ia)  fart  tf  tte  frnipfotet 
fl^operj  fiu  quef  acquerront  cjtacc 
3De  fiieu  et  Su  citîî^fkaa 

ÎDei,  fuBfunnateutô  rafUmpnfafmte 
rifiefracteura 


AufutAertrs  d Coureurs  Ae  uttyt. 

hK 

Sepm  écrira  fe  friifiamours 
iBt  toutes  tiupfjoj  fimers  tours 
Sptes  fétwtt  {oust oîrnenfcÿ 

s Bt  par  tefTe  rigu  eut 

ÊCÏut^  nautont  fut  euE^itiemEfce  ne  attw 
Æ&ut  uerç  fait  naure  tucque  et]  fïrj 
iDoici  îf  pfuc  que  Sutni  couteau  fi uj 
ÎDefa  fee  Surs  perij  que  fuit  Sauce 
ifwfeî  fiorwques  ceflt  méfiante 
iSt  ne  foiej  Se  fee  arcrofie 
SDous  nawre3  ^niais  fee  fftfcro 


auBafieute  toueureSfr|fof 
mens  ri  coutmre  tte  mipt. 


b» 


LÂm  NEF  DES  FOLS  DU  AL  ONDE 

édition  i>AUis\ks\i.  nr.  is\ÿ? 

Fin  de  lu  tahk 

avec  le  monepamme  d’ Aannm  \ emvd  fmn?  vu  mi  mat  me. 


Exemplaire  imprime  sur  vélin. 

rHib{îothttji±e  NalioLinlç. 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


ÎDc&  îmqme  ou  pfatïicmans  crj  mgement 
fucidfct fjpitü 
%ÏC0  fo^aËfiommrtfîf  ï ri)  pas*#  (priu. 

ÏDefcflafriatofpiritucî  fpS* 

£>e  (brie  Saine  et  mfufffeufc  tarfarior) 

£>Cfc  JUCUTG  I 1 ■ ^ fpSt 

3Dee  fof;  fuppnmcj  r f(?fr  ï* 

ÏDea  cfjeuafuxe  ge::8atmC6  fmfee  ou  pra 
(idw  f frftiu 

ï^£0  f o iïte  feg&i  lotm  ri  m cf^çicre  p . 

ÏD  esqueu^  Sribenfîere  ri  ^rÇmce:  Sc  Æ 
etcijmaifoq 

ÏDc  fc^efliuc  arrogant  oifftcque 
ÏDU  conte  npnemcutgîpauuceff  *,^ü* 
ÏDe  ceftip  qut  itc  Scuft  perfeucEer  ci)  Blctj 

E Mmpnmm  ou  mefprifemcnt  W fa 
motU^m  %£S* 

ÏDu  geant  conCempu^utent  fe  fficu  (ypBüt 
ÎDeo  SlapScmce  centre  isfuctift  i^Biït. 
ÏDc  fa  pfapc  ri  mSigmulot)  Sc  Slcu  lÿpip* 
t)i  fa  foffe  ou  faric  nentiufariofl  * 

5Df  ïjüttnmt  petedmea 

ÎDc  fa  cautffati^  See  ptfftesou^Qri 

furiiïri  ”s  fljJPpk 

ÎDe  fa  grartSe  SanpifiranccS^aunf 

furiffd 

ÎDœ  Bfi  rricre  ri  (riiemf  ms  B fpppfr 
ÎDc  fa  Saute  cfpertmcc  Sauoù:  ri  fueceSec 
fudffcl  """"Ml , 

3Dc  mrç  oefauri  fee  fafitcft  SimencÇeeri 
Mte  , - 

Êffatflu:  Se  fee  6tCtte  rtfwteqxwte 

furiffri 

ÏDuS^eSe  pareffe  fpn*Sûu 

©eefoftmfiScfce 

ÎDefafof  catSofalue  tncfaariotjri  Sefem 

|^£8^(fritSair^ 

cee  etefeumeuj?  Sc  ouri  ** ■ -**ÇC$* 

^ScfafeutôriSawocapoitewâ  pcS^ 


ÏDæ  fauffai  ta  ri  ftauSutatpf  pst  jkSu- 

ÏDc  cefup  qut  taffe  Ecrite  :ts^^a{t>. 

ÏDt  retirer  aucun  Sien  fatfant  Sc  Sien  fait 

2DcfafimL(lîoi)Se6onnc«ocmîtcs  ^rtf. 
ÎDufapcrScfapLcuc^s^^^feL^  riri 
ÏDu  Scfpufmtcnt  Sc  fotj  infortune  ait. 

ÏDc  fa  Sriractioq  Ses  Siens  dut* 


ÏDc  fumnoSctce  fapSeSifcriotSefurpLt^ 

ScScfataSfc  r t& 

ÏDcô  fof3  Seffigurc^  ri  fanin  ou  pieuartc 
SijfunufccS<|tur€  J SS — i l cfii* 
î>cfa^i:at?c8cfciipdonS0ommi  ptuSent 
fuetffri  -§■  a eBüf. 

ÏDcfacomttt!  TSaiLoqourecommcnScïdoi) 

ConcSaaorç  c*  Becfut  «ueïqucABofiiJuc 
furiffri  ! = ^"n- — ^ qr* 
£)SL€rtioi)  Sc  Sctuptc  6fafm&  Sa  fu^  qp* 
JLa  tefponcc  Sc  Bcrtuî  a Softîfti  qptu 

ÎDc  fa  ttef  farine  ou  toque  forfaKe  eyirri 
^cfaucffoaaffcm  ^antajuc  s^cjpïï* 

ÏDc  fa  jmguiantc  Sauctle  nouueffii^  fof^ 
aSStftoq.  qp5^ 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


ATELIER  DE  JEAN  LAMBERT 


LA  NEF  DES  FOEZ  DU  MONDE 
IMPRIMÉE  POUR  JLAN  PHILIPPE  MAN5TENER  LT  GEOFFROt  DE  MARNE  1 


tfy? 

De  î’estiuie  'mutile, 

XXII 


Le  Loi  injuste. 


CEetëfMmiifiTc, 


C JDui  ne  Beuft  e?petm  feftufle 
310  tus  court  mu  cfetfoirç  fieu  pufFÉfeque 
î£t  nanuffefolTidtufFe 
Sutcquee  foqueffe  iffappft'cqir 
ÏDe  fa  f utffc  efï  Sngfoftaf  iqui 
i£t  fai!  Senic  fut:  faite  eterj 
JOoac  Soie  quif  na  fait  meut}  fiittf 


^I^ainfenanf  fFironseq  1103  Secs 
ÏDee  efïufîtansrtiafapete 
*Dut  ont  fee  tofiee  a granf  mt 
j&t  amafjenf  foute  fa  Cette 
Cappuaone  me  aupcoufïeÿ 
ont  fur  feues  tefwa  ffmiecj 
Sf  cwftof  effet  Éfietf  ftmtm 
m foilfcffafs  font  ûtfaens 
jCat  a ce  f emps  qutfj  lïcwcoïeftf  effre 
EL  fefîufftr  meut  acaoifire 

et 


bebies 

oo*v* 


Æetfjdfrçr, 


CC^ui  fuit  inûifïûe  et  greuance 
iTonfte  taiforç  et  qufe 
gt  rpa ce  force  fl  puiflauce 
famme  pfaiij  Sumifife 
X>at  fa  mamialfe  iniquité 
'/la  faffefMomSeau  compofe 
&t  ffe  Èterç  faite  ne  fFifpofe 


^of  cnieFfefarj  et  ruafirj 
jÊ(l  df  qui  foufiouts  efï  erccfïf) 
fFefïtttnffre  pac  fa  put'flance 
§cô  fu00pf5  qui  ne  font  roipfance 
iSt  opprime  fee  innoems 
£t  fart  fanstaifotj  a fFoi)  fUte 
par  eçfoifione  tioi)  pateiffee 
C £D  mge  etige  fee  omffee 
^gnterte  a ce  que  fotj  U flt'f 


$eûineSeul^e|frrmauftî:£ 

ÏDe  0teu  ne  faiiff  pae  que  fe  m jïe 1 


£413 1 nod 
110  efl  q tml 
tit  fagiiiaa 
« là  «sofa 
rnonem  iia 
vir  quffi-fiu 
datent  no-cj 
arnica  fro 
^pusrbioiü 

mi- 

Bap Un,  v* 


JEccIe^j, 


HISTOIRE  DE  L'IMPR  IMERI1:  EN  ER  ANGE 


Outre  les  livres  Lançais,  Jean  Lambert  a itussi  imprimé  un  certain  nombre 
de  livres  latins;  mais  ils  sont  prestpic  tons  sans  date. 

Il  a employé  cjtickpiefoi.s  un  gros  caractère  de  lettres  de  forme  dont  nous 
donnons  ci-dessous  l'alphabet  : 

£>p£l2fti§'ÏS£>je 

abfDçfsftcImnopqrîfetttl)]cj,J 

ÉEffftq?  â b’  S’  ittnôçpp  p9 
ï (C  » S tf-  # • * * 

C'est  avec  ce  type  cjtt’il  a imprimé  le  poème  latin  de  Béroalde  sur  la  Pas 
sion  du  Clirist,  édition  non  citée  par  les  bibliographes  : 


Carmen  pw  Kppf  î&woMW  « 
We  Sommité  pafiïonis. 


Sur  le  titre,  on  voit  sa  seconde  marque  sur  fond  criblé,  qui  avait  déjà 
parti  en  décembre  1493,  à la  fin  du  livre  d‘Olivier  Maillard. 


ATELIER  DE  JEAN  LAMBERT 


233 

Nous  donnons  un  fac-similé  de  l’achevé  d'imprimer  qui  se  trouve  à la  der- 
nière page  : 

jZâmmpWppi&mmibt  fcfr&o 
mime  pafftottfe  riegStifîimo  flillo  coi 
tum&tptïitibmntm  lamberfumfct 
IfgenftDrimcJmpie JTum  felitffcrfimh 


Le  caractère  de  Ixi carde  de  Jean  Lambert  reparaît  dans  quelques  impres- 
sions qui  portent  la  marque  de  Félix  Ealigault,  notamment  dans  le  petit 
poème  De  puritate  Concept w nis  > de  Robert  Caguin,  dans  les  Louenges  de  la  glo- 
rieuse Vierge  Marie  t de  Martial  d'Auvergne,  et  dans  le  Las  d\mwi/r  divine  (voir  fac- 
similés,  p.  200),  datées  de  1 491-  Fcs  deux  fontes  ne  se  différencient  que 
par  une  lettre,  la  capitale  G,  qui  a une  seule  barre  longitudinale,  au  lieu  de 
deux  qu’on  trome  dans  la  fonte  de  Jîaligault.  Ce  dernier,  qui  était  libraire 
et  imprimeur,  s’ est -H  servi  de  temps  à autre  des  presses  de  Lambert,  comme 
Rocard,  ou  a-t-il  eu  cil  sa  possession  une  loitte  des  mornes  caractères'  L’mte 
ou  l’antre  de  ces  hypothèses  est  également  admissible.  Ce  qu’il  y a de  cer- 
tain, c’est  que  Lambert  avait  des  relations  avec  Ealigaulr. 


CinKtfiWIÏtfit^amfuiwptfraffp^  bcmfïiate; 
ff  fia»  bat  wgi  fl  1 1 cm*  rrtsaren  t ea  pue  effntl 

rntenïiatfta  i f o;n  senba.-rt  <y  fcomi  nuâ  m tï  pc(ta 
rc  bfi*  aDfdh:.  jflti'm'tat  Bj&iïip;3ïr5f  bfHtüEÜ 
I nft.  q ut  tf rmtrü  rui ijti  iiuiftuam.fêt flïnf  ti bis 
durtiftm  i&platë  item  mftaiIêtemenfrintUMm 
ïO?iï)[tircnlio?^atittia:to»nmus  re*  appomr*t  ta 
ïé  rfmebmm  quQb  effet  gratitRibeo  et  populo,  tôt 
flfpjelattteiepmit  hferitfflmabominimflfietre 
ttfTetimt. 


(frptï  1 ît  qüiba  Mb  ftl  nff  te  tut  if  tu (ttone  c t(\  t Û aüfc; 
1 A ifs  cttf  $ p et  nomtnû  p ci  rü  b etrtanbi  ittm  tf  fmo 
fouemratibtis  pjelatiff  regmftanite  bi  r&otrcus 
fn  gadiropfttpfLLintJfputitutn  r parte  fpft?üp?e 
Utotum  rwi  f CTtiff  partfi  é p<r  ro  tjan  em 

UmfreEtttmp^ffojem  mtynofaiirti  ibi  obi  anteti 
rrâbitiiûcncûicnrtJemffimtijflntS  afc  mterOsmui 
béate  piref  itis  marie.  ïrrw  fc  fii  mtl  I ?fïm  o 
îeûm  o tmto^eûflû  perojuttit  ûtetfl  w > 


Jptfoffuô  Sfîï  Betiv3$i/n5aitf ne 
m «gifftfi  târtoîSe  cugtrme. 


Nous  le  voyons  plus  tard  prendre  la  marque  de  ce  dernier  et  y ajouter  sort 
nom  au-dessous,  tout  en  conservant  le  mot  fï/ix. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


^3  4 

Les  caractères  du  Liheths  Domïni  Bertrand?  sont  les  mêmes  qjie  ceux  dont 
se  servait  Antoine  Chappiel,  imprimeur,  qui  exerçait  à Paris  en  1500;  ces 
caractères  avaient  etc  employés  auparavant  par  Jean  Morand,  en  septembre 
14^7*  pour  l’impression  des  Snmmnltu  Pétri  Hyspa?n.  Jean  Lambert  continue 
soji  exercice,  soit  comme  imprimeur,  soit  comme  libraire,  après  1 500. 

finit  tffohîtomi* 

wbtmiim . Jmflicnum  pcrlltue  pw  Zfto* 
mSTtcre  almanfe  rtBtfoîtte.tfmotétf  t'n  vi 
fo  ttndntf  sdtnobiltoarmdiWitF.  fn  bo* 
trw  TObca  fa  ïiûatpûto.StiriÆbMniX.  w> 
ôt  otéhEs 


Uemmûâtuc  pa  * 
rïtïusafoftanne 

Xambfrc..  rtfrknti  InvitoBtuneUeabb 
ÛJirgiiifaul  flMiJ, 

II  figure,  en  qualité  de  libraire,  a la  fin  d’une  édition  petit  in-octavo  du 
Rmlmormm  dnhiornm,  de  Jean  de  La  Pierre,  avec  la  marque  de  Baligault 
qu’il  avait  définitivement  adoptée.  Lambert  demeurait  alors  au  Clos  Bri  1 non n 
i?  / Image  Smnt-CJandt\  Le  livre,  imprimé  me  des  Carmes,  h la  Maison  Range, 
par  Thomas  Kees,  de  Wesel,  est  daté,  en  apparence,  du  1 3 juin  1 500.  Cette 
date  ne  peut  être  la  vraie,  car  l’imprimeur  Kees  ne  fut  locataire  de  la  Maison 
Ronge  qu’à  partir  de  J 5 r 1 \ On  doit  dont:  lire  | j 11 , le  2 juin , en  tenant 
compte  d’un  espace  laissé  entre  les  chiffres  romains  dont  la  disposition  typo- 
graphique est  mauvaise. 

\nir  R R no  U A KD,  fmprhntifrs  parhiï‘n.tJ  |i.  iyr\  ouvrage  cilù. 


CHAPITRE  XXXV 

L’IMPRIMERIE  Â PARIS 


ATELIER  DE  JEAN  PHILIPPE 
1 500} 

Les  artrécédenls  de  Jean  Philippe.  — ■ Son  association  avec  Georges  WolfE  — Séparation  des 
deux  associés;  Jean  Philippe  travaille  seul.  — Ses  relations  avec  Kerver.  — Changement  de 
demeure.  — Sa  marque. — La  première  édition  des  Adages  d'Erasme.—  Nom  d'un  correcteur 
de  Iaielter  de  Philippe. 


L'Allemand  Jean  Philippe,  qui  .se  fixa  « Pans  oii  il  devint  imprimeur, 
faisait  partie,  dès  *483,  de  la  Société  des  étudiants  de  la  Nation  germa- 
nique1 et,  comme  tel,  était  en  relations  avec  Simon  Bôttigcr  dit  Doleatovls , 
Pierre  Wagener  cl\i  Ccwris,  et  Georges  Wolff,  imprimeurs  de  ce  pays  établis 
dans  la  capitale, 

Philippe  travailla  d'abord  dans  l'aielier  de  Simon  Ëottiger  au  collège  de 
Narbonne  x En  1 4p4i  *1  s associe  avec  \\bIiT  qui  avait  alors  son  atelier  rite 
Saint-Jacques,  a [ enseigne  de  Ssrhdc-Bœrhe,  près  de  Saint-Benoît, 

Nous  avons  déjà  donné  (p,  100)  le  spécimen  d'an  des  livres  imprimés  par 
Jean  Philippe  et  WolfF.  Le  volume  est  exécute  en  très  beaux  caractères  romains 
qui  étaient  la  propriéic  de  ce  dernier  et  qui  passèrent  ensuite  dans  l'atelier  de 
Thielman  Kerver, 

A partir  de  i45?é,  Jean  Philippe  travailla  seul  pendant  quelque  temps  à la 
meme  adresse. 

Il  exécute  un  volume  petit  in-quarto  a deux  colonnes  contenant  la  Vie  de 
saint  Thomas  de  Cantorbéry,  les  Actes  de  son  martyre  et  an  Traité  sur  les 


c Voici  son  inscription  d; ms  le  registre  des  pro- 
cureurs de  J ü N ai  ion  d'Allemagne  : J Amitiés  Rhî- 
lwpî  diocesh  Ah ignuthtpiws  amis  bursa  valet  vt  j, 
(Archives  nationales,  II  2 j 58,  foi.  Rfj  r‘ 

C’c.'ît  ce  qui  paraît  rcsulicr  d'une  mention  qui 


se  [il  k la  fin  de  l'opuscule  intitulé  : Régulé  de  eriui- 
ùssliiie  et  rleterke  dict amine  farine j imprimé  h.  Paris 
dans  tel  nieller  : Dl scip  vins  sculpsit,  pcindgat  s eu  h.-) 
(ponr  sculpte  R tu  lippus*  (Voir  t,  I'X  p,  290, 
noie  t . 


30. 


HISTOIRE  DE  1/IMPRiMKRlH  EN  FRANCE 


libertés  de  l’Église  gallicane-  nous  donnons  cl- dessous  le  titre  de  cet  ouvrage 
en  fac-similé  : 


ta  ftp*oceffü0Ïmttrt €f)omc  eau 
marùnfiômartpdsfupet:  Ltbotatecc 
défia  dira 


La  première  partie  du  volume  fut  achevée  le  27  mars  fj.95  n-  st0> 

et  la  seconde  le  2 avril  su i vain  : 


JËjeplitil  quadnpcriîta  bfftoiiacô* 
tiiifapaffionéfdfli'initbomc  martprf 
arcbi'prefulïe  aumiaricn  etpamatiff 
antflie  vna  cum  ptocdTu  flufdé  friper 
caïeftalîïca  libertate,  que  ip:efia  fuit 
iPan'flus  prrmagiftruin  ^obanncm 
phi  1 1 pp  v?  mots  tm  1 n n'co  fctî^cobi 
3d  m t H gm'utfi  Tcté  ba  rba  re,  ppl  eta 

&nno  oni-dfeillcfïrnû^driiiffctctïrno 
nonagdïmoqumto - vtoflmafeptima 
m enflé  Partir 


JÊjcpïïdt  qufft  lïbdlue  oe  frmfdicrt 
onc  eecfiafhca/factuepbnm  petrum 
bertrâdi/t  lit  côTiüo  puemétibus  çlztl 
regro  franae  ^botenus  iti  gallieo  per 
ipmDepurarumej:  parte  ipoç  ptetoç 
reatat^^mpieniLepgnrg  permfffm 
3Jobem  phili'ppi'akm«nùu5nvicofcrt 
featàüd  interflffnium  fancre  barbare 
^nopftlmillelîmo  quadrigételîmo 
ttouagcfimGqumto*fcda  Sp^li'6 


Les  deux  sortes  de  caraciéies  a^ec  lesquels  ce  livre  est  imprime  apparte- 
naient a Wolfgang  Hopyl  auquel  Jean  Philippe  les  avait  cm  pituites,  ci  dont 
(atelier  ciatt  dans  la  maison  voisine,  a renseigne  de  S ni  ut-  Georges. 

Mopyl  publiait  à ses  frais,  a la  fin  de  l’année  1 \^j>  le  .Missel  d’Uireclit, 
et  presque  aussitôt  après  Jean  Philippe  recevait  ia  commande  d nn  Bréviaire  ' 
du  meme  diocèse.  II  en  acheva  l’impression  ie  6 octobre  1 1(98,  pour  le  compte 
de  Jacques  Guillaume  Rot  tige  r { 'un jieusis  uc  su mprihus  J r trahi  Gttilk/mi  Dolmrov i.v ) , 
bourgeois  de  Rotterdam,  probable  111  eut  un  jurent  de  Simon  lîottiger,  l'im- 
primeur du  college  de  Narbonne,  son  ancien  patron. 

Les  bibliographes  eiieni  de  Pbilip|>e  une  édition  de  Térenee  (7 \reurhfs  siuv 
wmmairo  , qiul  aurait  imprimée.  Nous  11’avons  jias  vti  ce  livre. 

Ln  1 4fr,  il  imprime  deux  éditions  des  Heures  à l’usage  de  Rome,  pour 

Thiclman  Kervcr,  qui  nctaii  encore  que  libraire  sur  le  pont  Saint-Michel, 
a lenseigne  de  ln  Licorne , l’ titre  le  15  juilfel,  lantrc  le  20  décembre.  La 
meme  année,  Jean  Philippe  avait  imprimé  des  Heures  a l’usage  de  Salislmry 

Ct  Yofiime,  de  foriiiat  pciii  in -nciavu,  im-  pari  ie  de  J;i  hlblk>Lhè--c|  tie  de  S.  A.  R.  Charles- Louis 
prinu-  a den\  colonnes  en  ronqe  et  noir,  est  décrit  de  Bourbon  -''comte  de  Vitbfruncn  h pnr  Anatole 
dans  Jd  Bthlbthçqtiû  ItOu-gujuc  on  Dt 'Striplwu  des  fores  ÀlÉs;  Paris,  npo^npliie  À.  lleiimiver,  iS’S; 

de  liturgie  tmymtès  aux  .vrc  et  .viv:  siirk. j,  faisant  in-8D,  n"  238  lis , p.  jt>8. 


ATELIER  DE  JEAN  PHILIPPE 


z37 


[Hom  seaimlîim  usum  Stirnni)y  pour  Kerver  et  Jean  Richard  de  Rouen,  qui 
seraient  partagé  les  Irais  de  l'édition. 

Le  i 6 janvier  1 4^7  | J 49^  n,  Jean  Philippe  achève  des  Heures  a 
l'usage  de  Saintes,  imprimées  aux  frais  de  Jacques  Be/anceau,  libraire  demeu- 
rant à Poitiers,  devant  le  Palais,  à renseigne  de  ta  Tire  Noms 


gïlhtüirâcf 
1 <JLleiÉTTrcru(i 
üerirtar.i? 


^i  i fil  ti  imtifîto  aciettt 
0ifï  iu&icio  i cfîfpertu  'Bnigemii  flfüitu 
cui  paierai!  ofiuâimî  me  fïBerce  ei  jp 
l eÇCTe  a pmie  ittfn  ni?  pl  if  ip  f me  facia  f 
refefîiatftiut>io£,  Î5:efîair  eobëtiflo  no» 
fîro  icfu  ç pq  q 1 1 i ^Sii  i i I cl  remuai  it>  fac w 
fa  fmi  fo£,2f  rît.  fl>af  nofïa  ££  te  mat  ia 
"Se/anflo  eufropioan, 

L)  ÿ'f ie  Ji  cm  fa  tS  ^eti  ire  ?9ibe(e  ma  c 
ni  «nonnqua  ecuomutit  tmtjîineï 
t>icfof?ni(ai  \ ? htkit,2ltf3.  affiLMDHi 
,p  noSie  01?  enl  iopi.ïi&.£)(  bi^ni,  ÊDifl, 

Otî:)pe  fepileme  be9  fü£>  iûcfïa?&:iï 
rtrenfapictrtiî/q^flrbteit)  Ocahcii 
fropumntririfliu  aiqj  pflfifaiGfïorcoie 
fflfrtrtïfïi'.epnubi  pepuffl  fnil  tifii  fuppft 
cartffrçipfa^eP  mierreffitmc  rutinifi 
fupme  fiuiB*  ubiunçi,per.b, 
Jteepje/?!  es  IJeuree  a fUfa^ebe  pain 
fec  fgrëi  arÿeuetep  ft^ai^e  Jejïtf  pfjis 
ftppefr.?rôi,iourbr  jfîaniuer,  Æaij 
COtXqmm -^,(t^ii.  pour^tav 
^e0nafeaufi0iaifc  bemoutni  a pqi> 
chere  ben  âl frpafataa  feigne  te  fa  te 
noire. 


Sur  le  titre,  on  voir  la  marque  de  Kerver,  Le  matériel  d'illustration  appar- 
tenait k ce  dernier;  if  en  avait  fait  les  irais  pour  les  Heures  a l’usage  de 
Rome  et  pour  celles  de  Salislxirv. 

Le  caractère,  très  beau,  était  également  la  propriété  de  Kerver. 

En  149^,  Philippe  imprime,  avec  (es  caractères  romains  qu'il  avait  encore 
a sa  disposition > l' Achïihh  de  Staee,  petit  in-quarto,  pour  Alexandre  Alite, 
de  Milan,  qui  vint  s établir  libraire  a Paris,  prcci sèment  dans  cette  meme 
petite  maison  de  / ’ Image  Salure-Bar  k,  Celui-ci  ne  craignait  pas  de  signer  ainsi 
cette  édition,  qu’il  disait  être  imprimée  à Paris  par  lait  admirable  et  l' acti- 
vité de  (ui,  Alexandre  Aliate  de  Mihm  : Impmsa  Pansus  mim  arre  ac  dïtïpmrïa 


HISTOIRE  DF  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


238 


Almmdri  A Date  de  MedwUnw . La  marque  de  Jean  Philippe,  qui  se  trouve  an 
verso  du  dernier  feuillet,  et  les  caractères  employés,  prouvent  qn'il  en  était 
réellement  l'imprimeur. 

En  1 4^8 1 Georges  WolfF,  son  ancien  associé,  travaille  à sa  plat  e pour 
Kervcr  dont  il  complète  le  matériel  d'illustration  de  livres  d'heures,  et  s'as- 
socie avec  ce  dernier. 

Le  bibliographe  Hain  cite,  d'après  Pan/ci,  1111e  édition  de  Téreitce,  qtte 
Jean  Philippe  aurait  imprimée  seul  (indnsmn  Jonnnis  PinDppï)  en  1 499* 

Le  5 novembre  1 500,  rl  imprime  f F.mh  indion  nnn/mle  À fisc/. nii  Mein  ni,  pe  1 1 1 
in-quarto  ;t  deux  colonnes  sur  le  turc  duquel  se  voit  sa  marque.  Nous  repro- 
duisons ci- dessous  la  fin  de  cet  opuscule  avec  son  achevé  d' imprimer  : 


nona  bittïnftuitn  i ûha  vt\  m anirrnl  is tr  c Ô fqunnlui  ni  nü  qt u rtaoirC  ifliT  ICbii. 
fti  rtts  aF.^i  lut  ma  “imai.  «fïeiôiediï  GOndlic  piimi.  ^im^enanaim  ak  ftr 
3^3  fl  nffiailll  ?n3  C’SdüçomânfBaf  Fnbii  .ÿûnribntiô.jfu'ine  nainrahe 
jâa.qi  iiiafrptemacitiiimHCdluiaideo  ^^i^.TiiüinsiuruiAlrtllsn^isfo 
Jti^liându  bdn  t^iTcn-rr-L-u-trc  ln  tlc-f  flnoratnlf. 

hnft.ïbfopisnd#.  C-Tfnia.'PfçpmaiogiiifiocinStyjïnrel 

|crtb  nF  t>i  tn  retenu  ali  fi  i finguLans. 
([Or  un  .ïtrniau  • 
rafie  .ppiif  bmi  fil  maffi  id. 
d anima . mûajiuftiba  tnfis  nflrui  a| 

Oi^^orcLirtflTitbftiDinqQofUm-  (Inrmapmmpia. 

11  ouemnr  wmira  Vrôtr  ût&pn  ma  d f i i F 1 1 nrife*  tqfurâlib'  humer* 
Tf  qm  pi  irn^m^ifft  m raie  non  pwTunr^  fil  ^nnmeraif- 

mtrinsrafrafirïiinf  paiïiamoi  mnri  i«:  ^^rpnmd  vtra$riraa«onTiim3  pnre 
fui  piinirjncmfrqjTi'rigmifl  marie  reimjimalrdrn  leaq- .lia. 

tinoornnmmqïramtazücrfeniraptuo?  Ocuiu-t  trû  i di  nj  fli  im  piitf  9Titit£ 

ttmuietpaim  vmitrctf. 

tnmumhi  ftrum.  CEflüiu.  pmi^omuttiEf  fü  fi'affUMfrto 

picfuppoflio. 

(X  iPtü  ma  .vmim  r f p ari  ifïfl alifl  fif  r f 3 

n VUT  Jllflçtl  I £ 3 n3iWJ|f9. 

CTPndfiinta-vrrû  ligur  lüf  figuf  a= 

u. 

<ribuod«trnd.  ffïrCfsimaEibrianrialift 

„ , flr  pnnq  pain  ijilmfiua  optrai  mû 

ITÆiplifttfnibf  rfdion  nal  ardlr  m rrtmr  na  nn  af  mm, 

mÆia  6t  morne  mtianoptinfefoagiii  dEfumdfertia.  vtrujMiftrtl  quatruct 

taquimofd&nnoflm  milti  riiritf  quuigf  ^cnci  3 lonraç.. 

icfimsuuintuwiiftnifli  Uudû:  {[Ufnmiiqnjrn.TiTni  Cflufdnaiuraiis 

uiffl  ausufts  franfti  h T?0t  t^ufhamflï:  p)  odntf  9 mcmfïrfl  uitflidar  mSfli  ni  i . 

mît 


Jean  Philippe  a employé  pour  cette  impression  un  tout  petit  caractère 
gothique  de  6 points  et  demi,  dont  nous  donnons  ci- dessous  l'alphabet  : 


n <£  c?  t:  fi  ou? 


aMdÿcrÿftiFhltnnapqiiariiivjfT’j 


]l  avait  quitté  la  rue  Sain t-.lacq nés  pour  s'établir  dans  un  nouvel  atelier, 
rue  îai nt-MarccI,  a I enseigne  de  la  Trinité  (in  vin  dhd  Matcclli  ne  doino  epte 
indiatfnr  Divine/  Tri  ni  ins)  t 

C'est  là  qu'il  publia  la  première  édition  des  Adages  d'Érasme,  auquel  il 
avait  probablement  été  recommandé  par  Guillaume  Bottiger,  de  Rotterdam, 


ATELIER  DE  JEAN  PHILIPPE 


239 

i éditeur  dji  Bréviaire  dTJjrtcht.  Erasme  ci  air  ci  lors  a Paris.  Jean  Philippe 
avait  pour  correcteur  rrn  nomme  Augustin-Vincent  Caminade,  qui  revit  les 
epremes  avec  1111  soin  tout  part  ici  il  ici'  Augttsàtta  Vittccfitia  Cattthtarla  o meutlh 
vitnlic/itarc) 

Le  livre,  accompagné  d'une  préface  de  Fausro  Audrelini,  poète  royal,  fut 
lerminc  le  1 5 juin  1 500  dans  l'atelier  de  Jean  Philippe  qui  y appona  tous 
ses  soins  (/;;  îttagism  Jo/umuh  Philip  pi  afftchui  atjmqmdan  mm  industrie  mm  sttmpm 
nitidissimis  jhnmriis  esr  cmaculaikmw  imprcsstfs).  Nous  donnons  ci  dessous  le  fine 
en  fac-similé 


f>efrdcr#  ll3m  fini  Aotcrdami  vctèii  mari'me^  inih 
gnium  paroemiariî  id  cfl  adagiowm  col  Icttanea  ; opu  es 
qum  iiotiiJ  tum  adomneud  firipiurc  ud  (cm otite  ge* 
nuuiiofiuttâdiï  mrrgnitndü$  mirü  m modü  côduribilc* 
jjdquod  ftadcmü  mtd  ligeti  e a do  ïdte  te  0 opri  m 1;  fi  bu  * 
f u fmo  di  t>c!  (ci  ii  et  litte  mo  vcflra  0 e 1 0 î a tfoi  icqu  orid  ia* 
nam  afludterie  alpergeiuSapïït:  ergo  a but  Mm  rarü 
tbefaurü  tantiUoiwmiUo  vende  votre  redimire  :muito 
p te  fiait  tû>:a  pïop  ed  ié  acccptu  ri:  fi  bec  b oui  c ôfulu  cri  rie. 
SJakre- 


Dt  jobus  inlocis  libcllvis  hi  c ptofl  jt  3 J n magifti  i lohiTus  p h itippi  ofïi 
iina£uiitf  qmdc  aim  induflri^tum  fumpiu  m'i  ïdiffimis  foimu'is 
incmacn1aiiiïi'itifimprcfTi(s:lnnij  diui  KAjrcdliad  dinine  niniiâ^ 
us  f igmm^riudô  in  nia  diui  I a cobf  id  P dlfonl  qu«m  nùcmi  noi  > En: 


Les  exemplaires  étaient  eu  vente,  rue  Saint-Marcel,  à renseigne  de  ht  Tri 
iùîcf  chez,  l'imprimeur,  et  rue  Samt-Jactpics,  | l’enseigne  du  Pc/iaw  t c’est- 
a-dire  à la  librairie  des  frères  de  Mar  nef. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


zio 

Le  nom  du  correcteur,  Augustin-Vincent  Qimmade,  se  lit  clans  l ‘achevé 
d’imprimer  reproduit  ci-dessous,  tj ni  donne  bien  1 année  de  l'impression,  mais 
sans  aucune  indication  de  mois  : 

Impi  efTumhotOpUS  PânfiIfîÈîin  Via  dftiï  Manedli'Vac 
domo  que  rndicafurDitifna  TWnii  as;  Attgufhta  Vincent 
tio  Caminado  3 mëd  i's  uinditarore:  M l&hlne  Ph  iîippo 
Alamano  d%OTdiïimoimprdIorfAiînoM  Vc 

On  trouve*  dans  ce  volume,  des  passages  imprimés  en  grec.  Nous  donnons 
ici  l’alphabet  de  ces  caractères  dans  lesquels  il  iTy  a pas  de  majuscules  : 

crâvzeiHenc^juHfoigpo-ïru^xû3 

Le  livre  es:  imprimé  en  entier,  a raison  de  38  lignes  par  page  pleine,  avec 
tin  petit  caractère  romain  irès  élégant  qui  ressemble  exactement  aux  types  de 
Wblff  et  Kcrver  (voir  p.  1 o 1),  mais  qui  est  pins  petit  et  ne  comporte  pas  tout 
à fait  les  memes  abréviations.  En  voici  falphabei  : 

ABCDJEFGHILMNOPQ^RSTVX 
abi defghiMinnopqisfrujiVï 

à b’c’p  d ïç  1 ff  mm’rï  n*G  p pp  qq  9 1 ■ ü 

II  ne  faut  pas  confondre,  comme  on  le  fait  généralement,  l'imprimeur  Jean 
Philippe,  qui  était  originaire  de  Kretiznacli  an  diocèse  de  Mayence,  avec  un 
autre  Jean  Philippe  dit  Mamiam,  libraire,  qui  a édité,  en  1497,  La  Nef  des 
fol^  du  momie , à frais  communs  avec  Geoffroi  de  Marti ef. 

II  y avait,  à Paris,  deux  autres  imprimeurs  du  nom  de  Philippe:  fnn, 
Laurent  Philippe,  avait  son  atelier,  en  145)3,  me  Galande;  l’autre,  Gaspard 
Philippe,  qui  débute  en  1499,  demeurait  rue  Saint- Jacques,  à i’hôtellcrie 
du  Grand  S ai uî  -Antoine t a côté  du  couvent  des  Jacobins,  qu’il  quitta  ensuite 
pour  aller  s’établir  aux  Trois  Pijons,  dernière  adresse  de  Denis  Meslier. 

L’Allemand  Jean  Philippe,  de  Kreuznach,  a commué  à exercer  le  métier 
d’imprimeur  jusqifen  1519. 


CHAPITRE  XXXVI 

L'IMPRIMERIE  À PARIS 


ATELIER  D'ÉTIENNE  JEHANNOT 

04?  5-J07) 

La  marque  d’Étienne  Jehannot . — Ses  premières  impressions  connues.  — Scs  livres  d’heures 
illustrés.  — Association  avec  Guillaume  Guerson  de  Villelongut?.  — Antre  association 
d’Étienne  Jehannot  avec  Pierre  Le  Dru. 

Etienne  Jehannot,  établi  me  Saint-Jacques,  était  originaire  de  l'Anjou 
[Andegavensts  diocesis).  Sa  marque  portait  un  écu  aux  trois  coquilles  de  saint 
Jacques,  accosté  de  saint  Michel  et  de  saint  Jacques  de  Compostelle  : 


Cette  marque  ne  figure  point  dans  les  Marques  typographiques  de  Silvestre; 
elle  n'avait  pas  encore  été  identifiée. 

Le  premier  livre  connu  qui  porte  le  nom  d’Etienne  Jehannot  est  le  traité 
d'Isidore  de  Séville,  De  summo  bono,  dont  il  y a deux  éditions,  l'une  datée  du 
i i août  14 pour  le  compte  de  Geoffroî  de  Marnef,  l'autre  du  27  du  même 
mois  pour  Jean  Petit. 


ji. 


3 1 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


2 .42 

Nous  avons  tout  lien  de  croire  que  Jehannot  a débuté  beaucoup  plus  tôt 
et  qu'il  a imprimé  pour  Vérard  des  livres  d'heures  non  signes. 

II  imprima  ensuite,  pour  le  libraire  Claude  J au  mur,  le  Speaihm  finalb  retri- 
but'wnïs , ou  Miroir  du  Jugement  dernier,  composé  par  Pierre  Rcgnauldet  ou 
Regnauldean  [Peints  Reguta/tlents)^  de  l’ordre  des  Frères  Mineurs  : 


Ce  volume  est  daté  du  27  octobre  1 4^ 5 ■ L’éditeur  demeurait  tout  h côté 
de  l’imprimeur,  dans  la  meme  rue,  à l'enseigne  dn  Coq , avant  le  couvent  des 
Maihurins  {ad  iimmgnium  yidgm'mr  du  Coq  ointe  Matlumnos) 


CT  f finit  fpeaiïum  flflfltfcmtrtbutf  onia  cé$ 
poflttij  per  rcucrendfi  m 
Kegijialctett  fAcretl^otogic  pioftirown 
Oj  Jitilfq)  fratriï  mf  nos. 
tifiua  Tp>er  jehanot  \ artib* 

maximum  ^inpentla  Étsudif  Jaumar 
Smio  loflreralta  '-'Mefimç  i^itadrln 
0«füenmonopa0îfim«  quinte  .bievero 
WTü.mcnfïo  ÊctobUs.1. 


Jehannot  a imprimé  aussi  la  môme  année,  mais  sans  indication  de  mois, 
les  Sermons  latins  de  saint  Bonavcmure  sur  la  Mort,  sous  le  titre  desquels 
on  voit  une  petite  gravure  appropriée  au  sujet  : ta  Mon  emmenant  le  Pape , que 

1 On  trouve  cette  adresse  de  Jaumar,  en  octobre  i , à ta  fin  du  Sthnnks  divhn  amons  Denùnt 
Bândventuræ,  II  demeura  ensuite  devant  h C&nmm  d'Qr,  à l'enseigne  Saint  Claude,  prés  des  Mathurins. 


ATELIER  D’ETIENNE  JEHANNOT 


243 


Ion  trouve  souvent  clans  les  livres  de  Jciliannot,  et  cpn  avait  déjà  paru  dans 
des  Heures  h l’usage  de  Rome , imprimées  en  1-2  pour  Jean  de  Coulonce  : 

$omo«ee  garnît  T&waum 
turc  iDc  motte 

If&a  foiûinsité 
lis  tvcrq  "jttaurfiiDS  £d  ftandtâoa 
IffftSKÏ 

Tpolne  tamLanetaftm  iiwmmemalBtttwriï* 

THof  .cUtarrttPiJcnLiiiifta  peroia  ffooil 
£klU«r  aflargota  u Petl  nqtio&utia  cenaütf 
Dat  petrttâ  aMbufi^efftp  3 opta 
EïOJfCaM  iSftniril  LoptDno  lima  attmiiu 
XDitua  ut  rtiiiïum  nomen  baher  et  opua- 
^nt  3fnntHircfacra(id3  Mtmtloa  mont 
Tflonnnf  ce  PtipUtf  dartot  rctatSatiw 
£toc4lrtiiti  qui  ttilgar  cpiai  bcnclbnc  (pfte 
U?ttud  minci  ftivffeiüj  nrtï  luce  louât. 


ScstlBoflaufinmre  &e  marre 

^Lnlunr^irinuf  jjmptf*  Bnn$  DOrtjinf 
.TDxctt^wiiagdïnia  quinig. 


Jehannot  a quelquefois  inséré  clans  ses  livres  des  figures  qui  avaient  fait 
partie  du  matériel  d'illustration  de  Vcrard,  comme  la  stiiv;mtc  : 


Cette  planche  a double  scène  représentant,  dans  le  compartiment  supé 
rieur,  quatre  Vertus  symbolisées  : la  Miséricorde,  la  Justice,  la  Paix  et  la  Raison  , 

3 1 ■ 


z44 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


et,  dam  celui  du  bas,  la  Salutation  angélique,  avau  déjà  paru  ailleurs  dans  des 
Heures  de  Nmir&Danie,  en  vers,  imprimées  pour  Ve  rai  d ; en  <495^  elle  se  Jrou- 
vait  dans  laidicr  de  Guillaume  Mignart,  imprimeur,  rue  Sanu-Maniu,  tpu 
I ' a r c p ro d 1 1 i i c c le j ■ r i è r c le  t i ne  cl 1 1 livre  des  Emdgnemens  de  Guérin . 

Enennc  JchannoL  a imprime,  tant  pour  son  compjc  que  pour  celui  d ‘autres 
lihraires,  des  livres  d'heures  illusircs.  Les  grandes  figures  placées  eu  tctc  des 
offices  principaux  sont  exaacmeut  copiées  sur  celles  de  Pigouchet  (voir  p.  i p 
et  j8],  sans  les  bordures  historiées  epu  les  accompagnent  d'ordinaire. 

Nous  donnons  ci-dessous  des  spécimens  du  Martyre- de  salut  Imn  Emc-Lanuc , 
patron  des  imprimeurs,  et  de  (n  Visite  de  sainte  Aune  h la  Vierge: 


Les  fmuies  a les  entourages  du  calendrier  sont  differents.  Ils  soin  d’un 

O D 

sjyîe  nuermédiairc  entre  la  première  et  la  seconde  manière  des  Heures  de 
PigouchcJ  c:j  de  Simon  Vostre.  La  Mort  n’y  esj  représentée  que  par  la  scène 
oii  elle  entraîne  le  Pape,  comme  ou  la  vu  précédemment. 


LIVRES  D’HEURES  D'ÉTIENNE  JEHANNOT 


3^1  fuü  qutfP  nomîtft  maria  facta 

®|  cof&gtti  im  pfaw>  aS  pœ/ïff oi  anffu* 
fria.;0ueetff  pffo<^tfoi/aut<(  fiSia& 
c^foÿ^fafrt<»atiOH?lMfa  pûa^ 
twriiûi/nufEaftetpwçimioi  $fït$cffta 

gcûSSnariot^Di  mater  esrinSc  fi 
Si  <p  ïpetee  rwfim  flouât  ration  &oo  5ïtf 
to ouetetetteffteri*  mAtxtstz, 

" gençacrtpfiÜH  iSttetafopfoitiStoui&o 
micÇifuGfiWtl'Çeffta^p^ciï  bnfriiipet 
qriâautftfffi  H^fÉbe  ffoç.  ÿetmanafiKcr 
fw/bioiu^ntfïl^fwtlf^^ofa 
| mutoi^/fr^ona  iatoGi  {tfafome  emmlt 
atomafÆiÇL^t  ikniëf  côltogctft  ie/ïh 
G£u$  tj  fltfomaria  iaco6it  J©ÎÛH 
llffmrtriafaforrtegciïtttiri®  tuema 
twj&oice  ai  tefutttttifre  tnc  fomlriari 
mi  cXcçrif fitt  ttrû  i gfbtia  aiïùxaftmi 
frtenotit0j}e/5taprf<Hlfmiiurie  tcfu 
fdtatif  et  eîttü  îWefJïfo  fufufti  ! m ni à 
pct^ifftSwcteSaftam^£l«i  *btW* u 

£z&  pwfentee  Rentra  a fafdge  fcc  3ïfr 
me  furent  acfleucreft^f-  foue&ecwufl 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


2 46 


Lu  marque  du  titre  des  Hore  Beeite  Aîark  Virgiuis,  reproduite  à [a  page  pré- 
cédente, est  celle  de  Pierre  Régnault,  pour  lequel  ces  lieu  res  furent  achevées 
le  3 1 août  i4p^  Au-dessous  du  titre,  les  lettres  M E s'appliquent  à Maître 
Etienne  Jehannor. 

D’au  1res  livres  d’heures  de  Jehan not  sont  d’un  style  different.  Dans  les 
bordures  fleuries  des  grandes  marges  se  dressent  les  silhouettes  de  person- 
nages qui  semblent  converser  entre  eux.  On  voit  ce  genre  d ornementation 
dans  les  Heures  h V usage  de  B aïeux,  dont  nous  reproduisons  la  dernière  page 
avec  son  encadrement;  le  livre  fut  achevé  d’ imprimer  le  3 1 octobre  1 4 9 7?  Polir 
le  meme  Pierre  Regnauh,  libraire  de  rUmvcrsitc  de  Caen,  de  mu  ma  ut  au  élit 
lieu  U l'enseigne  Salua  Pierre  eu  Froide  Rue  : 

O 


;&tcrtiflïmc  domine  icfupfcrc 
ftntm  Vignette  fup  rwmiferâ 
pct^cxotufiemiTctitotÇietiiej 
qutBue  cefpeÿiflf  p«etil]*)afrto/mattati}  | 
trw£bafcn5  i ïj  conuiuiofifafrone  irç  11)  cm 
cia  paf#ufo,  <&tfacfîemafrmgnagra; 
fia  Üf  tuiij  pe  tro  Signe  fïtanj/cu;  mai  ia 
magflafenaperfrifo  amoie  tebifiÿatrtftt 

OUI)  fatronc  irj  feeufa  (cmfaitm  te  $ibç 
affjn  3ïmcij,patct  no/ter,  3U«  maria 


(T  *Cea  pwfrnt  ce  fîciu  eô  afu  fat&t  Se^ïSa 

im^fusèt  OfÇeiieeefc^rnirioHt  Socfo 
fct,£  à &$£££££, quatre 
pont  JNettetcgmiuFf  ^ifraire  tefuni'f 
uerfite&e£^Æemouraiif  mibitftma 
ftnfe  l'SSne  famrt  picm  ci)  froide  nie 


M,  Proctor  cite  encore  a l’actif  d’Étienne  Jehannot  des  Heures  h P usage  e/e 
Rouen t sans  date,  imprimées  encore  pour  Pierre  Régnault1,  et  dont  il  existe 


lut  fax  te  tarty  prhut'J  hds , n°  H > 4 j ; ouvrage  cite. 


ATELIER  D'ÉTIENNE  JEHANNOT 


i4j 

un  exemplaire  sur  vélin  à la  Bibliothèque  Bodléienne  d’Oxfovd,  qui  possède 
aussi  les  Heures  de  Bakitx,  que  nous  venons  de  citer,  imprimées  sur  vélin. 

Etienne  .Jehannot  imprima  pendant  quelque  temps  en  société  avec  un  étu- 
diant du  nom  de  Guillaume  Guerson  de  Villdonguc,  originaire  du  Vclay,  qui 
serait  établi  libraire  à Paris,  dans  le  quartier  Sainte- Geneviève,  en  face  du 
collège  de  Reims,  an  coin  de  la  rue  des  Amandiers  et  de  la  rue  des  Scpt- 
Voies,  en  dm ml  de  wadtrc  Je/mu  de  Fonte.  On  connaît  un  opuscule  de  saint 
Thomas  d'Aquin,  composé  de  28  feuillets  petit  in-octavo,  intitulé  : Conje r- 
sknude  seu  de  nioda  canJJtendi  et  de puntate  conscient!  et > qui  porte  les  noms  d’Etienne 
.Jehannot  et  de  Guillaume  Guerson  de  Vdlelongue.  On  y trouve  la  gravure 
de  la  Mort  emmenant  le  Papz>  particulièrement  employée  par  Étienne  Jehannot. 
Le  Ciuifessionak  n'est  pas  daté. 

Nous  connaissons  un  antre  volume,  U Ordinaire  en  Jrançoys  selon  V ordre  dt 
Gystmux , qui  doit  dater  des  premiers  temps  de  cette  association  temporaire  : 


A la  fin  de  l’ouvrage,  on  lit  le  coloplion  suivant,  imprimé  en  ronge  : 


ttatttta  fattyetinïe  eij  (rof  ^e^our  tm  rcftgfcufee  bnfttt  aifexeotf 
Æjpjftauç  £«quef  fut  fait  <1  Cfttmaulç paçfKte'ÿïStt») 

piiettftaMî  lieu te  cfmuaufto  fatj  (ï>if  qp⣠

tre^kn^i^qnittîe  l£t  [tfipiiffli?  jtatÇJflïtH  w irijâftot  ttwifivtwarff 
temouraïi1  patie.  3o©< 


Les  lettres  J G,  qn’on  remarque  à la  suite,  sont  les  initiales  de  Jehannot 
et  celles  de  Guerson. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  volume  en  question  est  un  peut  in-quarto,  avec  phun- chant  note, 
imprimé  en  rouge  et  noir r.  On  voit  au  commencement  une  gravure  sur  Fois 
représentant  le  Couronnement  de  la  Vierge,  que  Ion  retrouve  dans  les  livres 
d'heures  imprimes  par  Jehannot,  La  bordure  de  droite  a été,  par  megarde, 
placée  la  tête  en  bas;  elle  nous  paraît  avoir  appartenu  à ['ancien  matériel 
d’illustration  de  Jean  Du  Pré  et  être  gravée  sur  cuivre  en  relief. 


ŒJDSmwi*  #1)  ffoif  fait?-  *ce  f mm  pot  touefru? 


tout  Se  Hoef  aikf  j»e #clïmf  iwmfctô  ffe.a.effctiie  jati • 0 

pÇanu*  aût‘(2l2|eioutÙree/îincaPauî>£Sc&mc3tario^&e 

ta  ndtiuitc  jgînmf  purtpa.  li  îSirgo  ^ 0 Sic  ftSefie 

iout&e  :: *«05 a î aubc&Æup Otttt î ‘üefjwts. ;£>au8«  amus 
C 3nioMC^^^ôAiCâüDtanat^nofiw,ftîifpieo*j9oMeitû<:<« 

Venir d eut  recours  aux  presses  do  Jehan not  et  lui  fit  imprimer  un  livre 
dlieures  cité  par  M.  Proctor  comme  se  trouvant  dans  les  collections  du  Musée 
Britannique”,  Nous  croyons  pouvoir  attribuer  à Jehannot  des  Heures  de 
Nosrre-Dume  en  vers,  qui  ont  été  imprimées,  sans  date,  pour  Anitiinc  VérartL 


Ce  livre  se  trouve  à la  liitdioihccjLic  cantonale 
de  Fribourg,  en  Suisse,  sous  la  cote  Z ] jpt>. 


Index  te  early  yr'mtcd  l\h <ks,  ]iw  8 ^ 5 1 , p.  ^ p8  ; 
ouvrage  cité. 


ÀTLLlÿ®  DETIENNE  JEHANNOT 


En  tête  de  ces  Heures,  figure  la  grande  initiale  L dentelée  que  Ton  voit 
sur  le  titre  de  L Otslïssss'sre  de  Cystes/n  x\  (Voir  p.  247.)  Parmi  les  illustrations 
les  plus  remarquables  du  livre,  011  trouve  la  planche  des  quatre  Vertus  : la 
Miséricorde,  la  Justice,  la  Paix  en  la  Raison,  qui  reparaît  dans  d autres  livres 
de  Jehannot.  (Voir  p.  24  3 ) 

Nous  n’hésitons  pas  a mettre  a l'actif  de  cei  imprimeur,  bien  qu’il  ne 
l’ait  pas  signé  de  son  nom,  un  très  beau  livre  d'heures  a l'usage  de  Rome, 
imprime  le  10  aout  149^  il11  de  Vérarcl , dans  lequel  reparaît  la  grande 
planche  du  Omron/uzz/em  de  ist  Vierge  t\  c U Ordinaire  de  Cpcessszx^  a\cc  les  mêmes 
bordures  que  eedles  d'autres  livres  d'heures  signes  de  Jehan  non 

Le  volume,  de  format  petit  in-quarto,  disposé  a deux  colonnes,  comme  les 
premières  Heures  illustrées  de  mai  i|§8  sorties  de  l'atelier  de  Jean  Du  Pré 
(voir  t.  Pt  p.  2 4 o ) c est  imprimé  a\ec  le  caractère  des  autres  livres  d'heures 
signés  d 'Etienne  Jehannot.  L'alphabet  de  ce  caractère,  qui  est  celui  cl  tint 
cet  imprimeur  s'est  le  plus  souvent  servi  dans  scs  ou\ rages,  est  inséré  a la 
page  55?  de  ce  volume,  an  chapitre  de  l’atelier  de  Pierre  Le  Dru,  avec  lequel 
Jehannot  a du,  selon  nous,  s’associer  a diverses  reprises. 

À la  fin  de  sa  courte  collaboration  avec  Gucrsou  de  Villelmigue,  Etienne 
Jehannot  s’assoeia  de  nouveau  avec  Pierre  Le  Dru,  maître  ès  arts  comme"  lui. 
Ils  avaient  déjà  eu  tics  rapports  ensemble,  car  nous  \oyons,  en  1495,  Pierre 
Le  Dm  se  servir,  pour  le"  Css/z/pez/di/z/n  de  origine  et  polis  Fnss/wrssm  t de  ce  même 
caractère  qui  paraît  avoir  appartenu  plus  spécialement  à Jehannot. 

Jehannot  et  Le  Dru  publient  ensemble  le  livre  de  Maxi/niuni  Nngtr,  en 
tête  duquel  ils  mettent  cette  réclame  originale  avec  leur  adresse  : 

Hune  si  ps/rvo  munis  uns  te  an  n puriste  en  pis t veusdan  in  rira  Sus /ai  Jsstvl/s  repaies,  s/t 
s f on  nt  qi/s/shsnz  s su  re  Mutfturinsss  si  ru  ///xts  /ssrnijke/n  ssin/ssiznus  ! i/n/nuns/  pas  cor  pore) 
carnes  mideme/n . 

Si  tu  désires  acheter  t e livre  a bon  marche  t tu  le  trouveras  rue  Saint-Jacques*  dans 
une  ccminc  maison  siiuée  devant  les  Mat!uirinst  comiguc  au  bouclier  qui  vend  les 
meilleures  viandes  pour  la  nourriture  du  corps  lui  main. 


' Les  Heures  Je  NJj0>e-Ddme  se  i rom  eut  t.i 
BihliotJièipic  Sain  le- Geneviève.  \ l y en  a un  exem 
plaire  sur  vélin  h la  BiUiuiluipie  nationale.  L^m 
pression  esi  anièriture  ;i  en  avons  J:i 


preuve  mnièneLle  par  h leme  L de  Ll(?ri/iiuiïC  Je 
(ystNiix,  qui  est  êbrêdice  dans  le  hamt  i.tmlis 
tjtCelle  esi  intncie  d.ins  tes  Maires  Je  A rmkë 
imprimées  pour  Ànloine  Yèiard. 


cil'IiWbtlt  «- 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


L1 etablissement  en  question  était  la  grande  boucherie  du  quartier,  dite 
Boucherie  Av  Sdint- Rendu,  dans  la  maison  de  la  Longue  Alice,  en  face  du  couvent 
des  Mathurins  \ 

Àu-dessoits  de  cette  annonce,  dont  nous  avons  déjà  donné  le  fac-similé 
(p.  64),  ou  voit  la  marque  d’Étienne  Jeliaunot. 

Le  livre  est  imprimé  avec  1111  caractère  gothique  de  1 1 points,  dont  nous 
reproduisons  ci-dessous  l’alphabet  : 

21  £ E>  e jf  < 

ü0tb0cf^6tfTnirjrtijopqrieft«^çpj  ff  (TP 

Voici  i’alphabet  tlnn  petit  caractère  de  8 points,  dont  Jehannot  s'est  servi 
dans  Vfmloms,  du  25  août  1 4?5  , et  dans  les  premiers  livres  que  l’on  connaît 
a son  nom  : 

obe  txUffl  ftlnt  nopfl  r:&ftu  vif  j ffffrt 


Étienne  Jehannot  a travaillé  pour  divers  éditeurs  parisiens,  tels  que  Durand 
Gerlier,  Jean  Petit  et  Denis  Roce.  Outre  des  livres  en  latin,  il  a imprimé 
quelques  volumes  de  théologie  en  français.  Parmi  ces  derniers,  nous  citerons 
V Orologe  de  dévotion,  de  maître  Jean  Quentin,  docteur  en  théologie  et  péni- 
tencier de  l 'Église  de  Paris,  ouvrage  orné  de  figures  sur  bois,  et  le  Traité  du 
sacrement  de  Mariage par  Raoul  de  Mont/îquet. 

Jehannot  a exécuté  pour  Vérard  des  livres  d’heures,  comme  11011s  venons 
de  le  constater. 

C’est  Jehannot  qui  a dû  imprimer  les  Petites  Heures  royales  de  Vérard,  dont 
nous  aurons  à parler  plus  loin.  II  a encore  imprimé,  pour  le  compte  de  ce 
dernier,  Le  Roman  de  la  Rose,  dans  le  format  petit  in-folio,  livre  qu’il  n’a  pas 
signé,  mais  qui  est  composé  avec  ses  caractères  et  en  tetc  duquel  ou  trouve 
l’initiale  L à milieu  dentelé  de  V Ordinaire  de  Cysteaax.  (Voir  p.  247*) 

Elle  mit  la  propriété,  depuis  mi  demi-siede  en  avait  été  le  titulaire.  ("Voir  Birl/ethi  de  la  Sm'iûU 
au  moi nst  de  la  famille  Petit.  Oudin  Petit t bouclier -,  historique  dû  Pans  et  de  File- de- France  i Paris t 1896, 
mort  peu  avant  ] 488  t père  de  Icdiceur  Jean  Petit  t in- S^,  p.  133  etsniv.) 


ATELIER  D'ÉTIENNE  JEHANNOT 


*5' 

Ccuc  édiiion,  ornée  de  figures  sur  Lois  dom  on  irouvera  des  spécimens 
aux  pages  suivantes,  csi  la  première  (pii  ait  éié  lahe  à Paris  : 


«gtommatifûelatofe 

impnmespana 


Un  ceriain  nombre  de  ces  illustrations  soin  des  compositions  nouvelles 
fa ii es  expressément  pour  le  livre;  d’autres  sont  empr innées  aux  Cent  Nouvelles 
nouvelles  et  à des  publicaiions  amérieures  de  Vérard.  Elles  ne  doiseni  pas 
èirc  confondues  avec  les  bois  d'origine  lyonnaise  que  ion  voii  dans  d’au  ires 
éditions  du  xvc  siècle,  sorties  des  presses  parisiennes. 


tf&TOIRl'  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


LE  ROMAN  DE  LA  ROSE 

l’REMIÈHK  ÈlïrTJON  JI.I.USTftÈE  FAITE  X.  J>ARIS 
ETIENNE  JEHANNOT,  I Aï  l>lï  IM  ! CR , ANTOINE  YLRARD,  ÉDITEUR 


Le  Songe  iie  Rttatcm 


/33mfeeg£e8tenf  ^ etjfonge 
font  q faGfee  c menfongee 
^aie0îipeufttef3fongeefongiet 
©mue  font  mie  menfongte*: 
Sin0fontflp«00tfi)flppflrflnt 
erç  puteflteijtrouuer  garant 
5cmg  acte  «t  Renomme  macioffee 
Æïd  ne  pas  fongeea  foflee 

HmcoistfctiptfaSiAon 

Æltii  fl8utnf  flurop  ripiot) 
©uiccnqueectii8eTiequi8ie 
Æïuece  foit  SSne  mnfar8ie 
£>e  croire  quefongea8titengne 
iStqui  SSouffoapour  fofmet)  tiengne 
Carenfooitmop  ajuefumee 
fflue  fange  foie  fïgmfïtmce 
toce6ieneauygeneef6eôenttupe 


©uefeepfufïeutefongeneparnuifj 
flgotift  8e  djofee  cotiuertemene 
££ue  orç  % oit  pui  e appert  emenf 
£Iu2mgttefmearç8emorçrage 
j©u  point  quamoure  pient  fe  peage 
Œ>eeieuneegem/routfSteme(faic 
ÎDnenupf  comme  icfoufoie 
j£t  me8o:mope  mouff  fbnwït 
^iSSepSngfongeerçmorç  Soîmnnt 
©ni  mouft  fûtfiefa  nSuifnr 
Comme  SSotieoireî  Ueuifer 
Carerç«8titfanfmouftme  pfeut 
j^flieefj/bngeonc^enmenwt 
©ni  a8uenu  8ti  toutne  foie 
Comme  fîfïoite  fe  reçoit 
®iSS  eueif  ce  fongerimopet 
JûcmrSojciieur®  pfusjbitefgaper 
flmoiM'efemepriecfcammartfïe 
Ctfe  imf3  ou  nuffe  8eman8e 
CommnTfUSSurifquecerommrtne 


ATl'LIKR  D'K'IIKMNI:  JKHANNOT 


LF  ROA1AN  Pli  LA  ROSI, 

MRE.MIF.HF,  ÉfMTIO.Y  ii.i,ljstrée  faite  a kakis 
ÉTIENNE.  JEHANNOT,  IMPRIMEUR,  ANTOINE.  YL-RÀUD,  Û>]tT.LR 


\'\lhni?f  Ciïtivoittii'  et  Av/tr-ke, 


j Cf  mefttfanteff  tam\ mnwfe 
jS){  (rirrôfott  femme  ouftrageup 
fljjoafr  fauott  eicrj  pafôtïf  pourftaue 
jOfq  tefpmagefcnttfïure 
£fltf€tnMttiiwc§of?%iî(am 
ÎDe  Scfpif  et  0e  Soufeur  pfeme 
ijt  femrneq  Ciei)  petit  fceuft 
Jïjonneur  effouf  ce  IjffeÉeuft 


jTfcuuoifife 

^“Vofifoupe  eftott  couuoitifc 
£e(ï  ceffe  q fco  gene  atifi 
fcc mïSre  et  Se  rime  Sonner 
j£(  Sec  giaira  auobe  amener 


j£e|tceffeq0aiffea  tSfurc 
p(te  parfagranfarSure 
ÏDairair  confie  (t  ariaGfa: 
KoGer/foffir/p  Parafer 
JEf  païfawffefe  mefconfer 
jCefî  ceffe  aufft  q (ce  frt-^eure 
JfaiÉ/flE  caufe  fee6arafeure 
££ut  maittflfote  g feula  ffanefft  e 
Ont  au$>  Sarfetj  £ auy  p uceffee 
XmreSioitjp  (Jerite^  folfuee 
Car  moufi  cmurteep  moult  cto (fues 
Muoit  fee  m aine  iceffepmage 
jjfeft  Sîoit  if  tou  ftoure  enrage 
jCouuûitife  Se  fauftup  piffhe 
£ouuoptife  ne  fret  mtenSjc 
-foie  if  faufrup  trop  aaoctytt 
? Couuoitifca  uxutruj^  trop  cijier 


2 âuaiicc 

Ï^Tneaufrepmagcp  ru(ï  aflîfb 
a cofti  Se  rauuoitife 
âuarfee  efïoit  appeffee 
JmSeefïo?t/fafe  etfomffee 
fEt  fi  cftoit  maigre  $ rijrftue 
iEf  auffi  SerSc  comme  nue 
^ant  efîoit  fort  Setoufbur  ce 


HISTOIRE  DE  L'IMPJÏIMERIE  EN  FRANCE 


Le  Roman  de  la  Rose  lie  parte  p;js  le  nom  de  .Jehamiai  et  n';i  pus  de  diiie. 
Nous  ;i(fons  pouvoir  Ici  fixer  jtl'^prcs  I état  mil i crie I de  la  grande  lettre  L ini 
tlaic  du  titre. 

En  tête  de  U Ordinaire  de  Cystmnx > cette  lettre  est  ébtfehée  dans  le  haut,  ei 
la  pointe  qui  la  termine  dans  le  bas  commence  à se  désagréger.  Les  fibres 
du  bois  papillotait  à l'extrémité  de  cette  pointe  (voir  fac-similé,  p.  2.-  [5),  ci  ici  ne 
in  1 acte  dans  Le  Roman  de  la  Rose,  nîi  la  brèche  dn  haut  est  nn  peu  moins 
accentuée  \ D'après  cette  constatation,  il  devient  évident  que  Le  Roman  de  la 
Rose  parut  très  peu  de  temps  avant  IL  Ordinaire  de  Cysteanx,  date  de  14^5  01 
ponant  le  nom  d’Etienne  Jeliannot. 

Le  caractère  dn  Roman  de  la  Rose  nous  parai  1 être  le  même  que  celui  des 
Nagtv  Maxi minai,  que  Jehan  110 1 imprima  en  commun  avec  Pierre  Le  Dru, 
et  dont  nous  venons  de  donner  falpfiabet  {p.  248).  Non  seulement  tontes 
les  feitres  de  cet  alphabet  y figurent,  mais  011  en  voit  encore  d an  1res  de 
même  corps  qui  sont  mêlées  d'autres  sortes  et  que  Ion  retrouve  dans  les  deux 
édii  1011s  des  Grandes  Heures  wyalcs  imprimées  pour  Vérard  en  î^po.  Voici  l’ai 
pliabet  complet  des  lettres  qui  figurent  dans  Le  Roman  de  la  Rose  : 

6^000,0  3î£X 

aGcSrfgfliflfmrijinjOpqueftiiBp  j b ff  ffft 
âC(îtr93o9pp^qû  */C 


La  présence  de  I iniiialc  L,  spéciale  a Jeliannot,  lettre  dont  nous  avons 
suivi  les  dégradations  successives  et  qui  se  retrmnc  avec  des  signes  iden- 
tiques dans  Le  Roman  de  la  Rose,  justifie  notre  attnhniion  a cet  1 111  primeur, 
dont  Vérard  était  nn  des  clients. 

Etienne  Jehannoi  a imprimé  aussi  des  pièces  de  poésie  française  qu’il  iha 
pas  signées  comme  imprimeur.  Nous  nierons  en  première  ligne  Le  Delai r dn 


1 .'exemplaire  de  la  Bibliothèque  nationale , 
qui  est  sur  vélin,  a son  titre  admirablement  refait 
en  fac-similé  par  Pilinski;  mais  tel  artisre  :r  repro- 
duit la  lertre  L île  debur  dans  .sa  forme  régulière. 
Lu  cherchant  à faire  une  œuvre  d’art,  il  ji  supprime, 


sans  s'en  douter,  un  pnim  de  repère  nécessaire  à 
lu  rectinsririitioii  de  I âge  di  livre.  C'est  d'après 
l'exemplaire  sur  papier  île  la  BihliLirhêqnc  Saiuie- 
Genevièie,  qui  e^r  intact  et  ilanl  son  ancinine 
reliure,  que  nous  avons  donne  notre  liic-similé. 


ATELIER  D'ÉTIENNE  JEHANNOT 


2U 

Laboureur,  du  Presrrv  et  du  (gendarme t put  par  M autre  Robert  Gaguïu t Cette  pièce, 
de  8 feuillets  seulement,  fait  partie  de  la  bibliothèque  incomparable  de  feu 
M.  le  baron  James  de  Rothschild  et  I exemplaire  passe  jusqu'à  présent  pour 
être  unique. 

Dans  cette  impression,  la  lettre  initiale  L de  début,  la  meme  tpie  celle  de 
V Ordinaire  de  Cystennx  et  du  Roman  de  la  Rose,  est  intacte  et  n’est  pas  ébréchée 
comme  dans  ces  deux  livres;  ce  qui  indique  quelle  a paru  avant  1495 , en 
meme  temps  que  les  Heures  de  Nostre  Dame  en  vers.  (Voir  fac-similé,  p.  247  ) 


e5r3af&ufa3ontenrî>np:c(ïrc^ïo 
<5  e u bd  me  fa  tt  p ttrft?  at|trc 
JRoGcrf  tjdgnip 

Ce  petit  poème,  élégamment  écrit,  comme  du  reste  tout  ce  qui  est  sorti  de 
la  plume  de  Gagtiiu,  tant  en  latin  que  11  français,  était  resté  inconnu  avant 
que  M.  Emile  Picot,  le  savant  rédacteur  <1 11  Catalogue  Rothschild,  eu  eut 
signalé  l’existence. 

Le  Débat  sc  compose  de  trente-neuf  strophes  de  huit  vers.  Chaque  page 
contient  trois  huitains.  La  pièce  commence  ainsi  : 

LE  LABOUREUR. 

Fier,  inhumain  et  irop  cruel  gendarme. 

Ceo  or  en  droit  tpi  a loy  je  Imc  et  cric.  . . 

Le  labourent  et  le  piètre  sc  plaignent  des  mauvais  traitements  que  les 
gens  de  guerre  leur  font  subir.  Le  gendarme  leur  répond  qu’il  est  encore 

' Gttfakgiie  des  fîires  firrndiu  la  blblistheque  dû  jeu  AI.  le  bd? su  darses  de  Rothschild  > rédige  par  M.  ïimile 
Picot,  de  l'Institut  (t.  Irr,  nû  ^jo,  p.  270 l ouvrage  cite). 


HISTOIRE  DF  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


le  plus  malheureux  de  ions,  puisqu'il  lui  fam  vivre  de  privations,  toujours 
exposé  aux  rigueurs  de  ses  chefs  et  à la  mon.  Il  ajoute  que  s'il  se  permel 
parfois  de  pressurer  les  paysans  et  les  prêtres,  les  nos  et  les  autres  ont  mérité 
cette  punition  par  leurs  péchés.  Ils  n'ont  en  somme  pas  a se  plaindre-  ci  le 
gendarme  ajoute  qu’ils  seraient  autrement  rançonnés  s'ils  avaient  affaire  aux 
Anglais,  leurs  ennemis  : 

Pis  vous  scroii  sc  AngJois  venoient  en  place. 

Nous  citerons  ensuite  un  poème  en  vers  de  dix  syllabes,  dont  le  titre  est 
aussi  en  vers  : 

La  füidccii :r  1 ray 5 ou  H les  (ours 

Di r cculx  qui  suivent  le  train  d'amours. 


C'est  aussi  mi  peut  in-quarto.  Il  se  compose  de  56  feuillets  non  chiffrés, 
dont  le  texte  est  disposé  à deux  colonnes. 

Le  turc  débute  par  la  mémo  lettre  L en  traits  calligraphiques,  dentelée  a 
l'intérieur;  mais  cette  initiale  présente  les  signes  d'nn  tirage  postérieur  aux 
aunes  impressions  que  lions  \ étions  de  citer  : 


% fan  frète  É cap  forç  rtfre  fours 
5Dï  qui  fm'umt  ft  trfW)  &amours 


L'extrémité  de  la  poulie  inléricinc  de  cette  grande  lettre,  qui  commençait 
visiblement  a sc  désagréger  dans  A' Ordinaire  en  fmnçoy.s  selon  tordre  de  Cystcaux, 
a été  coupée  ci  a ni  si  raccourcie.  La  brèche  du  haut  de  la  même  lettre  se 
voit  encore  ici.  L'impression  de  La  Fautatc  d'amours  est  donc  postérieure  à 
1 date  de  l'Ordinaire  de  Cïieanx. 


ATELIER  D'ÉTIENNE  JEHANNOT 


2Ï7 

Le  icxte  de  ce  livre  à peine  connu  commence  par  le  huîtain  suivant  que 
nous  reproduisons  eu  fac-similé  : 

C/)o6fee  (i  tçffieute  flamboie  $mt  ifj  mat  tflane 
f^u  i § e fircj  fa  uoittz  liait)  bomourç 
% i ft } ti  t iu  rc  et  en ttn$  rj  fc  e i e 

<6t  pmtt  tertfltçîoüe  congnoi'fltte  ft$(ont6 
par  fa  ûartif  qui  fut  freeue  Sarncme 
^Torn  m e füü  rej  qtt  ant  CSd  u re  j retou  t u 
ftXiintee  cîj  a tant  a J&ane  qua 
&toibr  bail  ont  cp  Ce  tueur  fétu 

Le  poème  finit  par  un  sixain  de  l 'acmir  (l'auteur),  suivi  de  cette  formule  : 
Cy  fine  la  Fauketê  d’ amours  : 

£adtnr 

OJÎarcffeqm  fe  ma  fait  cfWn'pic 
&lcu  fui  «nu  oit  ï firâf  « t bf  fit* 

<£  f ûto*  teufp  tj  pmon  f Sieu  pont  effr * 

Peut  ffwut  feut Soif  ËSjir  non  rffe 
^Sneut^i'cfoitc  te  fîu©  feu  te  t unrmï© 
i St  et)  fo  fitj  fre  iopc^Sepntoïie 
3tmei) 

jCpfinefa  faufede  bamout© 

Le  volume  est  exécuté  avec  deux  sortes  de  caracicres.  Le  litre  ci  les  hui- 
tains  qui  précédent  les  divisions  du  poème  sont  composés  avec  le  caractère  du 
texte  des  Nuga*  Maximiam  (alphabet,  p.  250);  011  y voit  la  marque  d’Eiienne 
Jehannoi  et  du  Roman  de  la  Rose  (alphabei,  p.  254),  imprimé  par  ce  der- 
nier pour  Vcrard.  Le  texte  du  poème  esi  composé  avec  le  plus  petit  carac- 
tère des  livres  d'heures  de  Jehan  11  ot  et  de  L* Ordinaire  en  français  selon  tordre  de 
Cyseeaux  (alphabet,  p.  59). 

L’identification  de  l'impression  de  ce  petit  in-quarto,  quoiqu’elle  ne  porie 
pas  de  signature,  11c  peut  faire  aucun  doute.  Elle  est  certainement  d’Etienne 
Jehannot,  soit  qu’il  l’ait  faite  seul,  soit  qu’il  l'aii  produite  en  société  avec 
Pierre  Le  Dru. 

Comme  nous  le  laissons  pressentir  au  commencemem  de  ce  chapitre, 
nous  avons  tout  lien  de  croire  que  Jehannot  a commencé  avant  les  dates 
indiquées  sur  les  livres  qu’011  connaît  de  lui.  Selon  toute  apparence,  il  au- 
rait travaillé  par  intervalles  avec  Pierre  Le  Dru*  Les  illustrations  qui  lui  soni 
particulières  ei  que  l'on  voit  dans  des  livres  signés  de  lui,  comme  la  Mon 
n. 


33 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


M 

entraînant  le  Pape  (voir  Etc- sim  ilés,  p.  z43  et  245),  k Couronnement  de  la  Vierge 
(voir  fac-similé,  p.  248),  ainsi  que  d’autres,  paraissent  déjà  dans  des  Heures 
de  format  in-octavo  imprimées  pour  le  libraire  Vérard.  Ces  Heures,  que  nous 
appellerons  les  Petites  Mêmes  roj  files  > p;  1 rce  quelles  a.  fn  re  n t com  m e 11  c ées  p a r 
le  commandement  du  Roy  notre  Sire*,  comme  l'indique  la  suscriptîon,  ont 
dii  paraître  avant  d’autres  Heures  de  plus  grand  format,  petit  in-quarto,  géné- 
ralement connues  sous  la  désignation  de  Grandes  Heures  de  Verardt  publiées 
vers  1 4po  par  le  meme  éditeur,  et  qui  furent  également  commandées  par  fe 
roi  Charles  Vflf.  .On  revoit  encore  les  mêmes  illustrations  de  Jehamnot  dans 
des  Heures  ;î  l’usage  de  Rome  imprimées  pour  Jean  de  Coidonce,  libraire 
sur  le  Pont  Notre-Dame,  à F en.#  igné  des  Chantres t et  qui  sont  datées  du 
2 juillet  l492  \ 

Nous  avons  reconnu  les  caractères  d’Étienne  Jehannot  et  de  Pierre  Le  Dru 
dans  1111e  édition  in-folio  du  Mistere  de  U Passion,  datée  de  149°*  qui  <1  été 
imprimée  pour  Vérard.  Ce  livre,  dont  un  exemplaire,  imprimé  sur  vélin  et 
décoré  de  miniatures  dans  les  marges,  est  exposé  dans  îes  vitrines  de  la  Biblio- 
thèque nationale,  ne  porte  pas  de  nom  d’imprimeur,  Bien  qu’on  ne  connaisse 
pas  de  livres  signés  de  ces  deux  typographes  avant  i4$4-l4p5  t d est  néan- 
moins certain,  d apres  une  mention  du  registre  d’écrou  du  Châtelet,  dont 
nous  avons  donné  le  texte,  que  Pierre  Le  Dru  était  « imprimeur  de  livres  * 
rue  Saint-Jacques,  des  *488.  (Voir  p.  57.)  H serait  doue  fort  possible  que  ce 
dernier,  sou  seul,  soit  en  collaboration  avec  Jehannot,  au  travaillé  pour  Vérard, 
et  que  fini  ou  l’autre,  peut-être  même  tous  les  deux,  qui  avaient  fes  mêmes 
fontes  de  caractères,  aient  imprimé  â la  même  époque  Le  Mistere  de  la  Passion 
et  les  deux  éditions  des  Heures  royales . 

Dans  cette  hypothèse,  Vcrard  les  aurait  tenus,  pour  ainsi  dire,  en  charte 
privée  pendant  quelques  années,  avant  de  les  autoriser  a mettre  leurs  noms 
sur  les  livres  qu’ils  un  primaient.  Nous  reproduisons  ci-après  fa  première  page 
du  Mistm  de  la  Passion,  avec  sa  superbe  bordure  peinte  cil  miniature  dans 
1 atelier  de  Vérard. 

Parmi  les  impressions  qui  peuvent  être  attribuées  à Etienne  Jehannot, 
nous  citerous  1111  Credo  en  vers  latins,  petit  in-quarto  de  8 feuillets  â 3 2 ligues 

Nous  avons  attribué  cetle  impression  â Jean  planches  soil  â Jehannot,  soie  h Vérard,  comme  il 
Morand  <pii  a pu,  â ses  débuts,  avant  d’avoir  un  l’avait  fait  pour  les  bordures  sur  cuivre  ayant  déjà 
matériel  d'illustration  personnel,  emprunter  ces  servi  dans  les  Heures  de  Jean  D11  F ré. 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


HH*  w f Oguc  i api  tc£  au  m i fini  &e 
ÏÊ)  ifpor)ccfurtift-V^HHMMM 
HV>c  t6  uwj  coe  o f ■ icf  üttj 
âtSlktiiom  pncffani  fefjetcmef* 
^^WlÆeflnanf  er)tï&ne  fupemef^ 
ajLtegme  fait  par  amont  fertt^te. 
21  pccnecotp£f5af|"i0fc  ci  rttott^^fc 
^c&enefe  Rentre  matetntf^H 
"Se  fa  *Ûéecge  ttefepceff^i  e 

<£t  paciJopecfcrcet  paientc^^^ 

2îmonfïtefai)opeei  fafcnie  u «■■ 
^eparurnée  fa^aufi  cugfocic  *£*■ 

pa  i quo  j?  pcefrnt e fl  no  ftee  e ntcnie-— 

^fiiminntonfttatUEtiitùtnït  ® ® 

jgefcefaie0t$neo0e  mcmotie  éess 
■a^ûi'apouttt  que  ne  poiconefacrt- 
Ile  bit  c c()o  fc  fa  fut  aicc  K-idK  *d 

^arte  0c  aie  6n  i eef  btfttrlbue.  •' 

3 r n ou^  t fl  a t ou  a n e te  ffatrerf^^ 
^emanÈti  beeneue  üofuniaitt,  ^3 
jDne  ÿeuüt  noicefoci  >ftanbue  CE 
itarnoftttenicnictefafieeCfl^fii 

èfï  &e  teauteer  iffafe  aebue 
Œ^auft  piaufiia&rcpaucicofïce  amc. 

^one pouc bitc mouise "ïktf’ne  e s? 
Æfjaf tut) &*  10  t£,rtl  en  1 f af ut 
^e  6oî)iteeuc  faScnoifte  6ame  cs&j 
2fite  macia  gtatcapretifl  borttiicue-ftf. 
^Tffie  c6  U}  eato  f act  u itj  e fî  ^~  gr  * 
■■ff  ac  ceo  qnaicc  moi}  que \ay  pi  ce 
PPJ  feront  eniertbu*  ri  compiie 
iDuattefacjbtbieunteietcirfcu?  ^ 
J£c  pîtmie  rfi/î  be  fi  geani  pcée  bsh--* 

^nc  tonoangercqueeefpue. 

epccbe:ct faïence* feeepi nly-ËL. 
ilefl  Üettfucn  ù (iefgfoiieuy,tis*=r 1 
-fifj  Se  bien  fatnl  cl  fnmintup-e  ** 
engm&iecij&iucnceffcnfe  r I-MIESZ  1 
^equcffeomatecicfjpenr^  çg^^g 
Ht  peuen  i ^toic  bonepouefe  ffljwuftf- 
^cÿfaieen&euoiefefcnce 

feront  mo  t non  e notifie-  CB3D 
iDng  factbefc^aeifte  fop£êe  ^.ge-  j 
j£ïjiee  ÿomttie  ne  fefaucoit  iomp:en0:e 
j|£f  fî  eae  o que  n oue  f ifl a tf  te  gg^Ei 
iÛucm^nticfattic&emaetï 
a^oufü&imtiofhrffSaii  pîcntee  «s 


£ac  quant  abanj  ^Sotifuf  mefpim&ifc 
(ginofîretime  engatget  ou  *ûertb?e 
2fu  bpaflfe  pat  coufpe  iJiratne^H^M 
'©arttrie^  fnpne  p farte  geaee  attende 
£)t  bée  n ne  ufî  Sont  n fa  rttaitj  te  nfc  c 
l£i  pouc  icoueptcnfrtc  cÇacc  j)umain£- 
|!TCe  licce  mot  notant  fc  ticcefait 
foauiq  fe  fait  trefpaefait  B£?39 
^Duêfee  fai'aî>e  icfuattenoiet 
j£ax  Dfpuco  quif  fnt  fornme  faêf 
^e^i  mt  cl  île  irteccte  affect ^ ^^36 
<£ï)foq  fait  npeut  qucfquenole- 
iLpafcaij  ^apeaifiofequc  noie  ses 
Jjee  faieetnp  rteeiicne 
ttïai  efeee  nfieme  bègue  ment.  "tsc±fcii 
01  eql)anrie  peu  etc  beuote 
jC^afcmi  bc  noue  faSte  fote- 
jlotcige  ■Seciiteiifemcnt  E.7.  ^ 
jTJÎSfpieequauneonOc  icanfitoiit- 
^fatfact  matnlc ocii uce irt>TTclOieg  3 
iJ.ïfne fif^cqctfcniie  — W 

3!f  Soufiïl  nionlei  e^faÿfoice  km 
^cancit)  euuicfc  mcmoi'ci  -*yi£ga 
2tn  liofm  bi  fa  bctic  . 

0icecp  noaee^  ceccie  es£ 

0rj  no/î  re  Oêcie  a ici  tocête- 1 
pat  te  qnaci  mot  0/î  qui  efîeftre 
01  t ic  q ne  f f a fn  fî  lu  n 1 1 
Pc  ut  foi)  êmmcnfe  infinité  Œî 
0npouono  itjp  Oae  ca  n grioéfl  te  tütsa 
HHceo quatre  face  inc fldnaûrcal^iSi 
Ji  geane  fibigneafcfonafirca 
pat  tiaiee  6îef3  tuotj  tntenbnéïjssi 
Houe  fecoiit  Beaucoup  pcopiaBrcft- 
noue  cctenorteuenoia6rc£|i*^ 

par  £at+3 1 fetemenf  entenbne- 

pou  etc  fopone  pcompee  t tcn&u3-  ÇSJ 
<£t  toueBcniuofceccnbne 
2toupercpi£fenipiopo£ 

0i  fceiceciciceKpébu 

paccefuequauoneatrenbuf 

2ïi  q n ce  i on  e par  et  e q uai  re  m o^Œ3 

Eflariopet)  fa  maiice^^a 
antqae  be  et  0 quatre  ffiofee' 
ui  fût  eq  me  (fSefme  enrfof^ 
aui  une  menreoct- 
pac  fiiitiilfe  p:o(e(la^ioi) 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


AT  EL®  R DT  Tl  EN  NE  JEHANNOT 


259 


par  page,  dont  ie  texte  est  imprimé  avec  les  caractères  de  U Ordinaire  de  Cysteaux 
et  du  Misère  de  la  Passion.  Nous  donnons  ci-dessous  ic  fac-similé  de  ia  première 
page  de  ce  livret  : 


cp-tfnwpt*  ecteco* 

mueopfe 

fftvrnifitanti 
jDetaœttaet  confiant! 

fwmniuttj  bçwrç 
auimutt}  tflritrç 
3irç(îatfïb<tu«me 
piofatüfe 

JmFIbeqmpftiwe  bwe 
3i(pmitct  ïijmbwô 
tynatfom  piofttnmue 
toeaufeitj  Ünütt}  cofamus 
pctjtcta  trimtafe 
IDct/bnarwrtî  C^fwwj 

jSWrt}  U itewttï  tf  'Stuuttj 
ImmoiÉaferrç  tntpaflumirç 
Ættîrimue  et  confit  r^ut 
ftxtrâ  er$o  ne  tutflonur 
j&nuûb  fmm®  ïtuxÿinetüt 
jèuaftcnt&e  <g5aftctrç 

jbaftettj  cttîrtitmo  cfcmntt} 
^fifùmjqiu  coctmum) 

£>tmptx  ÇaÊiïfiiÉECHi^ 
j£uû[$tçcüttj/tm  feaittj 
<£t  fmtti  fpmfuô 
i&ftmaitfim  qpflDwipofaîfÊ 
wimmfurrç 
^pcflêpct'Scwtt)  fênfimj 
iftmio  &ii6ttatffôtfie 
pwcamut  çcÿo'St  Wte 
'tDnjîpienoetomi 
)Df  fafûmtm  (LCttatoieirç 


tiaifiiôfibd 

SfppïOftattlt 

irçbeolSmÉaa 


JStprüÊfctfui: 

pTuratifaç 

beowr^tioi) 

petfonacuMji 


Ættdtmua  etftnitate$ 
ûj  temitate  et  ftmita 
tetiji»)  lînitflte  tfemâ* 

ottimpotmtïa  tt 
mmmfltatetUma 


% 


Lu  titre,  placé  a la  fui,  comme  dans  certaines  impressions  anciennes,  est 
imprimé  avec  les  gros  caractères  employés  pour  les  titres  des  Nngm  Maximmni 
(voir  fac-similé,  p,  64)1  de  V Ordinaire  de  Cysteaux  (voir  fac-similé,  p,  247)  et 
du  Roman  de  la  Rose  (voir  fac-similé,  p,  25  1)  : 


CâsymboiumtiaûCccÉmapottûiû 
tumoc/mfmnottriiefuctjziftt'fccuri- 
ïmmu  âqaScgiptïusEpmtJiUCfetto 
netncieganter  metefeeqî  compofttü 
atQterpofitum, 


Le  nom  d’Éticnnc  .Ici  khi  : un  ne  se  rencontre  plus  sur  aucLm  livre  après 
1 4p7-  Nous  croyons  neanmoins  qu’il  a pu  continuer  à travailler  encore  au 
moins  l’année  suivante.  Le  beau  livre  d’heures  imprimé  pour  Vérard,  le 


33- 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


2A0 


10  août  que  nous  avons  cite  (voir  p.  ^4p)  et  t[ul  est  exécuté  avec  les 

caractères  et  le  matériel  d’illustration  de  Jehannot,  Rien  que  non  signé,  peut 
en  fournir  la  preuve.  Ses  caractères  passèrent  entre  les  mains  tic  Le  Dru, 
qui  reprit  la  marque  de  l'écusson  aux  trois  coquilles.  (Voir  fac-similé,  p.  24  1.) 

Étienne  Jehannut  était  maître  ès  arts.  Nous  avons  retrouvé  ses  inscriptions 
en  14^3  et  i 4p4>  dans  les  archivas  de  la  Sorbonne1. 

IE  11e  faut  pas  confondre,  comme  font  fait  la  plupart  des  bibliographes j 
Étienne  Jehan not  avec  Jean  Jehannot  ou  Janot,  qui  n’exerça  que  beaucoup 
plus  tard,  au  x\T  siècle.  Ce  dernier  n'était  pas  même  son  fils,  car  Étienne 
Jehannot,  en  sa  qualité  de  maître  es  arts,  assimilé  aux  ecclésiastiques,  n'était 
pas  marié. 


1 Jehan  uni  est  inscrit  dans  le  registre  des  no 
in  matin  ns  aux:  bénéfices  des  maîtres  ê.s  arts,  sous  Je 
rectorat  de  Corneille  de  Delft,  qui  commença  Je 
J " mars  1 f\ ÿ 3 : Stephanus  Maanet  h?  arfétts  Magtsier 
se  tretnimU  ad  collationent  et  presentationient  et  otwth 
niadatn  dispesttione? | revertardi  in  Christo  patrk  et 
dêinint  Dottrirri  Andegavensis  episeopi  et  tetirr^  capitule 
tara  cenjnnctim  quant  divisirn.  — Idem  se  netninat  ad 
celfaîianerr?  et  presentationetn  et  xnnitnodatn  dispos?}  louent 


Métis  et  tônvmm  Sanct?  Florent}}  }??xia  Sahttttrttnt , 
or  dans  Sanct  i Benedicti , dtecesis  Ândcgavmsis.  Ar- 
chives de  l'Université.  Registre  4j>  fol.  5 r°. ) — En 
i4p4>  il  est  inscrit  sons  le  rectorat  de  Je.in  Ànis, 
an  4 mars:  Magisier  Stéphane s Jelaniiôt  arthnn  Ala- 
gister  Andegavensis  diocesis  se  tiennent  ad  coUatienetn 
et  mtiintodant  dispasiti&tem  eptseept , decatri  et  capital? 
Camotentis,  etc.,  et  allait  s et  contîntes  Saneti  Pétri 
de  Valk  Cjirsdem  ïFtacesis.  (Memes  archives.) 


CHAPITRE  XXXVII 

L’IMPRIMERIE  Â PARIS 


ATELIER  D’ANTOINE  DENIDEL 

(i4pj-ijoo) 

La  première  impression  de  Denidel.  — Emplacement  de  sou  atelier.  — Sou  édition  des  ËpÎLres 
d'Horace,  — Ses  deux  associations  avec  Nicole  de  JL«t  Barre  ei  Roberi  de  Gonrmom.  — 
Sa  marque,  — Sou  changement  dadresse,  — Fin  de  son  exercice, 

La  première  impression  connue  d’Antoine  Denidel  est  datée  du  i 4 aoiît 
i4p$-  C'est  une  pièce  de  vers  iatins  de  6 feuillets  seulement,  de  format  petit 
in-quarto  : un  épithalamc  de  Jason  du  Maynesur  le  mariage  de  Maximilien, 
roi  des  Romains,  avec  Rlanclic-Marie,  veuve  de  Philibert  de  Savoie  [Jusani s 
May  ni  equilis  Roman}  ad  Max'tmiiiiumw  Romuiumnii  regtw  in  equs  te  Augustin  Bit a/rfter 
Mari#  ruiptiis  Epithahnninui). 

Nous  reproduisons  la  fin  du  discours  qui  accompagne  ce  petit  poème  : 

qttoconq^m^ntumtnqtj^unq^reru  cuaitü  infequl,ppomift 
JÊ I aneba  pfozs  i ufliaugufta  vi  otb^aditi  iratida  : ( ta  a ic  £efû r< 
quâ  m ar  ime  a mâdadn  te vnü  om  fl  ca  ritati  ez  a iTectm?  babenafl  te 
laf  flm'ttS  te  folo  pende  e inlUtuii  : vt  nie  biï  vnrç  il  I i graue  aut  mo 
ïertiïfafurü  fiU  quod  bfoina  ma  (citas  tua  (mperaueritt  Wton  mi? 
nojcm  tue  incolumitatis^é  vite  .ppacraiioneni  ba  bitura 

Bctmn^aririus  per  magtftTÜSnujnium  Dcnideh  B(c j;(lïR 
Ëufiufti  <a  nno  a rwtali  cbtilïia  no  ZD ^ccco  jec  ^ 

L'opuscule  en  question,  dont  il  existe  un  exemplaire  à la  Bibliothèque 
Sainte-Geneviève,  se  termine  par  la  formule  uctiim  au  lien  d "empressnm,  avec 
le  nom  de  Denidel  (Aceum  Paris! us  per  mugisrnim  Aatonium  Daiidd) , et  la  date 
[dk  xïiii  Augtisn  anno  a vatiilï  Christiane  m , cccc , azt), 

Denidel  demeurait  près  du  collège  de  Coquerct 1 [prope adlegiirm  de  Coquem)y 


Le  collège  de  Co<fuerett  GxpitreS  on  Cou- 
eprerfrt  c rnlr  une  maison  scolaire  fondée  t:n  i4>  S 
par  Nicoliis  Coquerei,  de  Montreuil -siir-TVlert  qui 


mon r ni  en  i £jf>S.  Le  collège  de  Giqncret  Int  réuni 
À Sjinle  Rarfjct  en  i^Sit  par  Simon  du  Gast  ou 
du  Guas[t  recieur  de  iTJiiiversiié, 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


161 


à renseigne;  de  in  Chaire  { iu  intersignio  Carhêértv)\  comme  il  ['indique  à I;i  En 
de  l?  ouvrage  suivant  De  emertiouihm  caiholkh  apostali , et  d’atitief  livres. 


Ègjcptfde  opiisirtictuoiffi 

mum  d ol  mnum . *it u l tn i _ De  alfar? 
tfanibua  caitobclo  «poftolf  inquo  jp 
pùtti  a a podoti  { que  cgnclufiomœ  aj» 
pcrtarmiO  cum  fuis  prob&tftMiibtis 
eprrictfc  efuftfon  ^oiuerriaUKfaad 
dtteia  cotitfncimiTn  ctrijimieicalh'çes 
tuî  penna^llrtmijaf  obum  hipiin  Ta 
atôlïtmô  Dociifïimü  Jmpii  Tû  E bac 
aima  par iftomm  miner rfirare opeFtt  et 
DiUff  Ma  iiragiftrf  Srubonft  wnfecl  # 
pecoitefitfl&equoqiierrt  En-  JJnierif? 
gnio  taibfdrccommoianris  quodftnii 
tum  eJÏ  -jc£££  Die  ftpienibiia  arme  'alu? 
rtsfcomfirt-  Zfraxc’frjcfjcvü’ 


À la  fin  d une  édîiiou  latine  des  Êpîtres  d’Horace  qu'il  publie  Je  28  octobre 
i45?8,  il  indique  son  adresse  d une  autre  manière  en  disant  que  la  maison  de 
Maître  Denideî  est  presque  voisine  des  Ecoles  de  Décret  [Magisur  A n thon  ins 
Denideî  cnjns  e<k$  Jenne  e régi 0 ne  Scindant  m Dccreti  ürvatc  snnt).  II  fait  valoir  en 
même  temps  les  soins  qu'il  a apportés  à la  correction  dn  texte  auquel  il  a 
ajouté  plusieurs  vers  omis  dans  les  éditions  qui  ont  précédé  fa  sienne,  laquelle 
est  enrichie  de  sommaires  rendant  en  quelque  sorte  la  moelle  [medvlld]  de 
chaque  épître.  Cet  avis  final  se  termine  par  une  réclame  en  vers  : 


fl^aujoaccmatl  lis  qjpiütamagi  lier  Entfroniiis  Des 
n fd  el  euf  u g edca  ferme  crcgione  le  bol  arum  Deere  fûua? 
te  funirfriu  boial  iicpHlolas  parifïï  (DijfâÉif  piettrifTa  cgi*. 
gai  l'ortc)  cur  aiifl  impi  I m«id  as  ■ fionuï  I a car  mit  In 1 piifcte 
impie  lïïom'biio  0 m i Ja  rero  I 1 fgeno  -bieue  r<ç  i aptafcrlpi  fo 
ne  g a miter ens . q tifo  j et  med  ullam  cul  uf<B  ip  fftoj  e:  et  per^ 
ranaj  adqua  fcUDiiyrco0norccrcdt.^vï.ociobil0t3>iftD 
ana  bal  i fa  I uai  oji  s ■ zpit  cccc  jec  'rttf* 

Eb  [cci  oiem  ^c^afircon* 

ffe  0 c opu  s ££hti  itim  mercare  n unt  ifm  a le  pauco  > 

JDojlbue  viiliusjfglmnsefîenicbtb 
j&ueiibetdtmire  graimatteepilîolaplma: 

^ltüaccmu  rejlquiovatfbus  auie  feras, 
ïïrgumeni  a bîfui  tpeei  ee  ao  - meta  tenoje: 

0uc  faeflem  mmâ  djju  at>  vumfma  vlûm* 

me 


Denidel  dit,  dans  cette  réclame,  qu’il  vendra  pour  peu  d’argent  cet  excel- 
lent ouvrage  Hoc  opus  eximinm  ni e rente  numismate  pan co}  qui  11’a  pas  son  pareil 
à lire,  comme  étude  de  mœurs  ( Alu  ri  h ns  n ri  Uns  legim  ns  esse  n ichil  ) . 


C’est  p.Ti-  erreur  que  ks  cou  ri  u Luire  lli-.s  de  O 'T\pegmi>lùc  hhteeique  du  vieux  Paris  oui  lÜl  qii’ïl  tlemeii- 
rjù  .i  l’ enseigne  Je  U Caihèdrulr  et  oui  écrit  adii  uum  Vukl^  ïihi  lieu  tic  Nidd  un  Dcvùtfrf. 


ATELIER  D’ANTOINE  DENIDEL 


263 

Une  édition  petit  111-quano  des  Satires  de  Arce,  sans  date,  porte  su  marque. 
Le  Ier  décembre  suivant,  d imprime,  pour  le  compte  du  lihraire  Durand 
Gerlicr£une  édition  des  Odes  d'Horace,  revue  par  Jean  Chappnis  de  Bourges. 
Ou  dit,  à la  fin,  que  I édition  est  duc  aux  soins  de  Maître  Antoine  Denidel, 
demeurant  eu  vue  des  Ecoles  de  Décret  [a ira  maglsui  Antiwnït  Druide!  i tapîtes - 
sons , eu  jus  kahîUtiîO  est  ferme  t œnspectu  Schalamm  Decret  i Parisieiisu  urhis  £ jeheï  fine 
causant umta  sunt\  La  rue  CI  1 art  1ère,  où  se  trouvait  le  college  de  Coqneret, 
faisait  suite  à celle  de  Saint-Jean  de-Beauvais,  oîi  étaient  les  Écoles  de  Décret- 
la  me  du  Mout-Sanit-HiSaire  séparait  ces  deux  rues  \ 

Denidel  s'associe  avec  de  La  Barre,  maître  es  arts  comme  lui  ci  bourgeois 
de  Paris  {lu  artihus  ni  agis  fer  ac  avis  Mmr).  Ils  impriment,  au  collège  de  Go- 
queret,  le  poème  de  [‘évêque  Thibault,  intitulé  : Physiolagas  cirai  duudeciia  uni 
nutüum  a aimas  allégories  expos  iras;  Sur  le  litre,  un  voit  la  première  marque  de. 
Nicole  de  La  Barre.  (Voir  fac-similé,  p.  300.)  Denidel  a imprimé,  avec  son 
associée  un  ouvrage  de  Bernard  Lauret,  président  au  Parlement  de  Toulouse. 


SB  1 ccd ïfiil  1 lïïm  1 vtri  ulq  jïur  1 0 docîoi  10 
egregfi  Düi  b erna  rdi  1 3 ur  eti  p„£ï  mi  pi  efidm  ^ 
1 1 0 1 u fupitma  p aria  m cl  1 1 ur  i aXbol  ofc  qti  < 
imi  Carufliriquibufliudejc  rectiUrifl  poteft 
manue  m p louas  /krï/ottlïn/  mcnjqccômu 
m /al  louis  Impoucrem/ipiuni  felï/fter 

f \ ISotifà  frcquéi  er  ïurntor  moDct  1101c 
’ J^onbus/lcrKOS/api  Diftrigi  splcriï* 
q 3 fudi/  anal  ë peu  a II  b us  1 u di  ah  *fi  uc  ma  g 1 
ftr  a 1 1 b * : 1 gï  njr  v 191 1 à 1 1 rïud  w i uc  fUga  r e eu* 
raunorïe.p  «fnbus  an  ?quàdo  boe  Tu  lia 
li/Uù  f/ïlkci  iponer/  msn 00  fn  pfov 
ti a 0 1 lcri  coi  um  fi  u c m/  1 u qa  ômuui  ïtion  fa 
iq^offcuratriuini  indien- 
fflpr  fmii  */  (î  prcfuppoucdû  q l ui  ifdftf  ôctf 
funi  Diftm/1/in  auicnquomoiopoi-epi-d 
fl/./oHa-j/ir/a  pim/ïpiumiuncio-/nouii- 
D/  mdi  cjtlra  ii\  pcor.  ^ftinTdiao  lamc^ 

/kfhLftl/amaioi  eft^/dl/niioî  lôpoiali  i 

1 - Iblïk-ücmaïo-îob/di-  Jdcoükii  impa* 
loi  qUcgcsnôbcDignâffa/ros/anon/e  im\ 
lari  isuicnvÉtlen-apud  ,ppilf-cpik>Çp/*;$i 
la* vï.  mncio  c.clerki  ociiidi  î./^ûù/un^ 
Dû  ■ di  f 1 cum  - n up  - 0 ua  dc  r c vn  3 m nfdïrio 
nôp/bel  aliamimpedirc  ^tï  Dlcto-c-nouil- 
Deiudi-i'un/iad-côluha  Dlmiiia  -C£bettftU£ 
311 


Dole  5a;-0car^ .DÏ/(1qffi/p‘l‘lu/ifl.qm  po- 
mplgnO‘î£ûDnBmm0pû&<frâ/iT/u<îTipyï 
fistvfminatJil  piradump  ï f tf  folu-mrimo 
fl0u/rovirüiuiou/ncaf  alcre  T.con-m  mia 
îrcpupilbcgcniï  ewêçfi/ind-ipflnpiju: 
/ipium  (f-ôiuic-  BufTOvIiraimor/ftpaup 
mi  bj vud/  fe  a lai  vrrû  o/  b cal  ali  ÿ bonis  ip 
fuis  pupiRi^rn  /oqf  fi/  m l-K.fi  pupill^.flf.è 
lui  eb4[0ueroanstirrt/ia  filpfiida  de  p/ctjur 
a oeài/£a  et  vcudil  fane  repaui  1%  fi-n/i  ibus 
ta  p f pi'/  q cj:  tr  uci  1 b9  Dcbmi  ur  aï  i mem  a % eje 
r edds  I f bus  vi  a c m * T * modn . ff . ?bi  p u pi  t ^ c du 
*tbi  î.I.impcraioi.infi'fF.aDir/bcl.g S/d 
pctopcvnoicrtaroi  reliquii  alûu/nradrquf^ 
bu5pupil[r3vrq5qtioporuci]|fTcul  ad  pub/r> 
taicmadqtf  lèp4  iïeuf  paatioialimcuk-Dr 
coq^Dcboc  Lft/arusm  l.m  da.fT.co.||.;i  d; 
bu  c f bf  p I eue  1 ra  1 1 aui  ma  1 en  i m ban  c » 


^[lErplidi  ira/uiMODcalfntôns  /d:iv 
per  00m  1 n u 303  r 1 boli  1 m I cgn  do/  101/3 


fl5mPîfCTUmPflr|fî110  in/dlcgiobc  /oque* 
vei  pcr3inboummD/nideïrtlHi/bo!aum  De 
barra  m arnbus  ma^ilïrosc 


1 « Celle  pelile  nie,  qui  existe  eiicnie  mijoiir- 
H£[ini,  in^is  à Tcini  d£im|ia^se,  se  dirige  du  nord  an 
snd£  ayant  pour  poîm  de  dopai  t [e  carrefour  Saint 
ffi1aire,oti  se  vovaii  aniretbis  le  Puits  C^eriaîn,  ci 
l>onr  nboniisKint  ia  me  de  Reims,  sur  laquelle  sc 


prohlenl  les  Lxatimenis  récemment  annexée  J finsii- 
intion  Saillie  Barbe  el  an  lycée  Lonis-le  Grand.  « 
Tu  psg  ru  plu  r iùasnqae.  dit  vieux  PurisJ  j>ar  À.  J^ertv, 
cnntinnée  par  Tisserand  el  Platon,  région  /en- 
I r.il e de  ^Université,  p.  ouvrage  cilé.) 


2 64 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Ce  livre,  qui  tranche  la  question  des  cas  particuliers  dcans  lesquels  le  juge 
séculier  peut  mettre  la  main  impunément  sur  les  personnes  ecclésiastiques 
sans  crainte  d’excommunication,  se  termine  par  le  traité  De  Atïmmàs , du 
jurisconsulte  Bartholde.  La  marque  de  Nicole  de  La  Barre  est  placée  au 
verso  du  dernier  feuillet.  Le  volume,  de  format  petit  in-octavo,  se  trouve 
a la  Bibliothèque  Mazarine;  c’est  le  seul  exemplaire  que  nous  en  ayons  pu 
trouver  jnsqu  a présent.  Denidcl  et  de  La  Barre  ont  encore  imprime  le  recueil 
des  Sophïsmatu  de  Buridun,  petit  in-quarto.  La  dernière  page  contient  la  fm 
de  ha  table  disposée  à deux  colonnes,  et  l’achevé  d’imprimer  : 


flScpiû  caprin  coeboctf  toref  Coifüij?p5e®*c4ifoifalfc  je 
ftgntfkaiifsdptac&jm  S£$o  Ole®  Ifum  £Î> 

afinuocraff  V * â 8 copafatîa  cfaïfa 

Ifc  et  vo j:  baff  baptifa  t t t Soi to a feti  jîpônê  Tcripiâ  in  pa* 
JBcftjjpofïtio  iti  rifle  efTcDubOm  jtiif* 

Jnptâic  mes  Écrbo  cafta*  ftft  Soiicofedciveldiflfartusftrf* 
æjü  eoafïn*¥el  lu  nô  ce  bo  t pm  i parieic  é pïaiôi  oubi*'jriirt 
JltapôidTefra/bochEô  vr  affrueppontE,ppot>ubia  tv 
itu nftovirii  laUa fi*  Ters/bÔ  îCa rndebte iK$aif ne  pvi* 
cRafmuô  ¥«.  tCupficlcaiticmaquS 

fl  Sept  t m û ca  p . £ 8 men  fura  p ïj  Soi  i eOTult  comcd  ci  c jrvfK 
#ppô  repmâda  c ertcfcmf  falfo  Soues  maledicû  pl^iont  pt? 
Irtuffa.ppovoca fia  cftocra  L>  Soitte  optât  maïüpbmmt  y.% 
W f f * 8 v oca  It  Fuea  pi  H 1 5à  kef  Yi  fl-  So  pbifina  la  Docti/Ttbijrtd  à 1 

Ifcccppü/füticfl  fedji aïiÊjipc  : nouilTïme p mgrot  Shubcnro uc- 
i^iqiioiotoiêpotcroittouon  nfdcUlHUolaûtjebfimnaiïfb* 
fed  ci  tii*  tnagf  o o pa  rifi9  iprdfa  fdicitcr 

erpliciunr 


Ces  trois  impressions  ne  sont  pas  daiées.  Voici  1 alphabet  du  caractère  ;nec 
lequel  elles  sont  eomposées.  C'est  te  meme  que  échu  qui  servit  ;i  J execution 
des  [premiers  livres  d'Antoine  Denidcl  : 

Si  Ift  B % $1  ï r 

abcdoefgbiMmnopqrifetüvjevî 

ff  fl  rr  a $ â b9  s t*  ? c\  à c*  i & x g & $ e 

t9  t]  P * . / * ( ) f 1F 

L’association  de  Denidel  avec  de  La  Barre  doit  avoir  cessé  dans  les  pre- 
miers mois  de  i4p 7,  car  nous  voyons  ce  dernier  établi  rue  de  la  Harpe, 
devant  l'Erat  <k  France } le  2.  avril  1497,  date  a laquelle  il  publie  la  VU  du 
(art Idc  Kahn  le  Dyahle;  puis  il  modifie  sa  marque. 


ATELIER  D ‘ANTOINE  DENIDEL 


Antoine  Dcnidel  s’associe  ensuite  avec  Robert  de  Gourmont-  Ils  impriment 
ensemble  le  poème  latin  du  pseucîo  Pindare  sur  la  guerre  de  Troie  : 

JDuftfüâDitKU  fiiftoiici  poeft  cfauffïrm  pïflaro  ft 
fi,  c l)iin5  in  Soif  o rgrcgia  flcffi  iroimii  fraftiufic 
nouie  opfimiG  carartcti%  fimaq$  ta(ïig<Ki«t 
frfigmtct  mfôata  fcficircr 

Xïïartj  pon0e  miflû  pcfifrftûia  ftipcrSi 
^afïiaqueimfftte  miccif  furtrta  gt  ate 
Htqjariinui&forfea  ^crotRcd^iSif  otto, 

Jlof  ranf  um  qj  Æ f ro  flrifei  fi  o f u 1 1 ti  ^5  troÇï  6 o 6 
cjpangticeitiÇumafteoffiBue  atfu« 
iConfiricGat  ertirt)  jïiimni  (erttnitia  régie 
fDettuferant  epquo  ÛifiûiSipfrtoïe  pngna« 

SqrfrigetflttükGtff  Mb  cfarue  HcÇiffee: 

$Suîg  ôcw6Çoô(nifti(tiwrtfeti0miiiffïe 
Enfonccf  tnagmptofe«  uniiGuffe  pefa|gurrj 
Jrifeftait)  rfgiGpf(tcrt)it)  pïewî0i(*mLfLt; 
^pfimieqîsrüui^arttrGiu^roiiwîü  iîioîGo: 

PdroqiionSmirjCfJrçfcG  foreinin  fempotEi  fii'fa 

gfmpficifuô  tapftffruff  fofaCia  uate: 

îMcg  inuiRiq^  fempont  norfiô 
affiïîmô  impfcttK  fiacifluB  auras. 
poft^nulTa  fries  ammmfl  me  rose  friidlïflf 
/îuffaqj  frotôant  patios  fofafia  ftcfua 
Cflfîtdpcf  framwi^geniffufqjfffufue  atrj&c 
pu  ftiperoff  regniqj  Mm  mi(m$iïiGQMtt 

Cette  impression  fut  achevée  le  15  des  calendes  de  mars  1498,  date  cor- 
respondant au  1 5 février  l 4pp  (n.  St-  ) : 

Ijomeri  Çi(ïon(uf(*nffïmifrü9«rfio  epameteis 
Sftfi6uô  pçn!  üri§au8(ri0otti  trô  irijïif  ufiotit 
fifiifuiparrÉSifits  impjrffa  .fl  fumpeifius  pwpii 
tôflcoprra  inSuflrïflqj^ufÇoniiifriiîcfimirti 
flueimigiftrinrcrio  coftmi  gourmont  pioptcof 
fegiû  frccoqumf  comoi^ffil  Hnm>  a Cfjrifto  ria 
îo*^*jüTÉCiriC4üû[pp*p5ui\[pfi'fi((fc»T0d5 
tîiiinii  bafe* 


34 


jDuq  ffomi  foifima  f fefia^r* 


*66 


HISTOIRE  DE  ^IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Sur  le  titre  se  trouve  la  marque  de  Denidel,  qui,  dés  la  première  page 
de  texte,  avenir  Je  lecteur  que  le  iivrc  est  imprimé  avec  de  nouveaux  et 
excellents  caractères  {novis  opùmïsqne  caracrerihis)  et  que  la  correction  ne  laissera 
rien  à désirer  {limaqtie  ctisngaàore  diligenter  aueudata  ) . 

Nous  donnons  ci-dessous  l'alphabet  de  ce  nouveau  caractère;  c'est  une 
bâtarde  française  de  12  points: 

a6c&5cfgÇififm^ttf;Ofï^rî6/'ttiî;pu5  ♦ * i ( ) ff  ff  ft 

Les  Principes  en  fmnçoys # dont  nous  avons  vu  un  exemplaire  à la  Bibliothèque 
Sainte -Geneviève,  sont  imprimés  avec  ces  memes  caractères.  Ce  petit  livret 
de  grammaire,  composé  de  4 feuillets  seulement,  de  format  petit  in-quarto, 
se  vendait  dans  les  dépendances  du  collège  de  Trégnier,  a Paris.  Sur  le  titre 
figure  la  marque  d'Antoine  Denidel. 

Parmi  les  autres  impressions  exécutées  avec  ces  mêmes  caractères,  citons 
le  poème  de  Fausto  Àndrelini,  intitulé  Lirni.  La  marque  de  Robert  de  Gour- 
mont,  tirée  en  ronge,  se  trouve  sur  le  titre,  et  le  college  de  T réguler  ou 
Triguct  est  indique  comme  le  lien  où  se  vendaient  les  exemplaires  {ventiles 
repenti  unir  in  collegio  Trigncd). 

Dans  1111e  édition  sans  date  de  l'Ecole  de  Salerne  {Rcgimen  Sanïtath  Salenii) , 
Denidel  donne  encore,  conjointement  avec  Robert  de  Gourmont,  son  adresse 
an  collège  de  Trignet  {///  collegio  Tngueti). 

Ce  collège  était  situé  an  carrefour  formé  par  les  rues  Frememeï  et  Saiiu- 
.lean-de-Latran , à l’intersection  des  rues  Chartiére  et  Saint-Jean-de-Beauvais, 
en  face  de  la  rue  du  Mont-Saint-Hilaire.  Son  emplacement  était  donc  en 
vue  des  Ecoles  de  Décret  et  tout  près  dit  collège  de  Coqueret,  comme  l'indi- 
quait Antoine  Denidel. 

A la  fin  du  commentaire  de  Guy  .louveneau  ( Guidotm  Juvenn/is)  sur  les  élé- 
gances latines  de  Valla,  qu'il  a imprimé  pour  Jean  Petit,  le  8 octobre  14^7, 
Denidel  lait  suivre  son  adresse  de  ce  mauvais  jeu  de  mots  sur  son  nom  : 

Defecans  Nisn.  Delictum  Denidel 
Syllüba  notijicttf  lucc  dicta  triplex . 


ATELIER  D’ANTOINE  DENIDEL  267 

La  marque  de  Denidel  porte  une  targe  avec  ses  initiales  À D retenues  par 
des  lacs  d'amour.  Saint  Nicolas  et  sainte  Catherine  soutiennent  cette  targe 
surmontée  de  (écusson  barré  de  Bourbon.  Le  tout  sur  fond  étoilé. 

Le  cadre  est  orné  de  fleurs  et  do  grotesques  sur  fond  criblé;  au  bas  est 
inscrit  le  nom  de  l’imprimeur  M titre]  Anthoine  Denidel  : 


1^00  catberin  a vtrostüti3bïturcrnicolatj0 
n^cîp^alQCoquiTimuiâcba^ermc 


Cette  marque  est  parfois  tirée  en  rouge.  D’autres  fois,  elle  est  accom- 
pagnée de  ces  deux  vers  latins  : 

H os  Cathmiui  vïros  tutabitnr  et  Nicolatts 
Hoc  impmsa  loco  qni  simnlachm  gérait. 

Antoine  Denidel  a donné  une  troisième  adresse,  h la  Corne  de  Cerf>  au  Mont 
Saint-Hilaire  près  le  collège  de  Coqueret,  en  1500  : 

CËpptfdunr  rpf  Ilote  ojitatlffimc  majrïmo  arrffïrfo  ad  vri* 
ïiritcmtumrnû rtudiorosrorîîpoffie.lmp^clTtq^  Tftmifiua 
9flnoDomfafI|2[lïdlm0*£iC££X'lfrer  aniDonrtim  t>enfs 
dd  in  rtlfr;  maglftrumd^oprtoUeslü  dc  coqueret  in  Jn 
mflgnlo  ttrnîuterut  coromoïentem. 

Sur  le  titre,  on  trouve  la  marque  de  Robert  de  Gourmont,  son  associé. 
La  Corne  de  Cerf  resta  ensuite  la  demeure  et  l’enseigne  des  de  Gourmont. 

iC 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


*<58 


Le  ip  décembre,  Denidel  publie  le  Tractants  Consequmùorum  de  Martin 
Le  Maître,  dont  nous  reproduisons  l’achevc  d’imprimer,  copié  sur  celui  de 
l'édition  donnée  par  Baligault  six  ans  auparavant,  en  1 4p4-  (Voir  p.  ip<b) 

^ectt  iwflfiiear  naturalto  plflr  p 
f effet  ie  anilfiinlfi^aÿOrt  mattlni 
magiQo  muet*  &iija^ii<nntnahu 
toia  rpnkùofrfie  fiTi'isimpoUrae  $ 

4040  ■jOntl|onïua  BeniBrl  in  aiib 
bo^magiftfciwtnnn  traie  patifo 
cti fi  : in  mon  1 1 Tan  t ti  lf  pia  rii  icijfl 
rcrftgniQ  n^ncteftm  piittiâtoiff 
tutti»  cjmîtn  totaftetet^arûs 
tilt  annotinmenrcrcpataijomB- 
SO-tCsC üfiCnC  p^linn lofe  Hftotc 
ctmtHis  rUu&lUDerimam  Ttanatn 


Les  fontes  de  Denidel  ressemblent  à celles  de  Bocard  et  de  Baligault,  avec 
quelques  différences,  cependant.  H a employé  ce  caractère  de  t4  points  ; 

afiCCBÊfefeîIlt^  IR 

a * S % ® ï 

abcdoefgbtlmnopqrïfstuçjcys 
fffKTlttg  âb9pôéti9ffinm9n9ôg,ppq 
yqi’rpPPefüqcè&b’Vft*  . : / * 

Un  autre  caractère  plus  petit  diffère  très  peu  de  celui  de  ses  premiers 
livres  et  se  reconnaît  à la  lettre  M capitale,  qui  esc  différente.  (Voir  p.  260.) 

a36ÊBefjS!&5ï,4foTB©@Hbiâ 

IR  0 £ îl  3E 

abrdoefgbifhlmnopfirirstuvjryî 

fffurfitp  . 3 v>  e ?e>  se^tg  bip  rt* 

m W’fi  tfôppj)  H<Sçprn?fiïiîii*(l!  tï*Q 

Le  Tractants  Consequentiurum  est  imprimé  avec  1111e  petite  lettre  de  somme 
dont  mie  fonte  se  trouvait  en  1497  chez  Jean  Morand.  (Voir  p.  218.) 

Denidel  n’a  guère  imprimé  que  des  traités  de  théologie,  des  grammaires 
ou  des  livres  pédagogiques.  Sou  nom  11e  paraît  plus  après  1501. 


CHAPITRE  XXXVIII 

L'IMPRIMERIE  À PARIS 


— aWlIM-M  lètt 

I1 4P7’1  î°°) 

Les  débuts  de  Thiehnan  Kerver  à Paris  comme  libraire.  — 5on  association  avec  Georges  WolfF 
avec  lequel  il  Rétablit  ixn  primeur.—  Il  se  spécialise  dans  les  livres  d’heures  illustres. — Beauté 
de  ses  caractères  et  de  ses  illustrations.  — Emplacement  exact  de  son  atelier.  — Impression 
du  Compendium  de  Francorum  gesttsf  de  Robert  Gaguin. — 'Habileté  de  Kerver. 

Thlelman  Kerver,  libraire  et  imprimeur,  était  originaire  de  Coblentz 
{Couflnentiuns).  Il  débuta  à Paris  comme  libraire,  sur  le  pont  Saint- Michel,  à 
1’enseigne  de  la  Licorne t et  commença  par  publier  des  livres  d’heures,  dont 
il  fit  ensuite  sa  spécialité. 

Kerver  eitt  recours  À Jean  Philippe  pour  imprimer  ses  premiers  livres 
d'heures,  mais  les  caractères  et  [‘important  matériel  d'ilfnstration  étaient  sa 
propriété.  Ses  planches,  qui  sont  des  pins  remarquables,  suffisent  seules  à 
établir  sa  réputation  artistique. 

En  i4p7,  Kerver  publiait  deux  éditions  des  Heures  | l’usage  de  Rome; 
l’une  est  datée  du  15  juillet,  l’autre  du  20  décembre. 

On  connaît  encore  des  Heures  de  la  Vierge  ù l’usage  de  [‘Église  de  Sahs- 
bnry,  en  Angleterre  [Hm  beats  Mark  Virgiuis  scotudum  muni  S arum v , qui  ont 
été  imprimées  la  meme  année  [ruina  Domini  uùllesïmo  quadringeutesi in o uoiiagesimo 
sepruno),  sans  indication  de  mois  et  de  quantième  d’achèvement-,  elles  portent 
sur  le  titre  la  marque  de  THelman  Kerver. 

O11  trouve,  à la  fin,  une  mention  qui  indique  que  l’édition  fut  imprimée 
pour  Jean  Richard,  marchand  libraire  à Rouen  [pro  Joanne  Ricardo  tuerai  tore 
libmvio  Rorhatuagi),  qui  en  partagea  les  exemplaires  avec  Kerver.  Cette  édition 
est  décrite  dans  le  Manuel  du  Libraire  de  Brunet  (t.  V,  col.  1613,  11 0 160), 
d‘après  lu  Bibliotheca  Spenariana  (IV,  3 t2). 


2^0 


HISTOIRE  DE  L/ IMPRIMERIE  EN  ERANCE 


En  145)8,  Kerver  s'associe  avec  Georges  \VoIff,  cjui  complète  son  materiel 
d'illustration  et  lui  apporte  de  nouveaux  caractères.  Kerver  s établit  alors  défi- 
nitivemem  imprimeur. 

Parmi  les  livres  qui  sont  sortis  des  presses  de  Kerver,  citons  en  première 
ligne  des  Heures  a l'usage  de  Rome,  datées  du  28  octobre  1 4p$- 


loflfe  K eue  ftj  a&ïufaifiirti  ttiïwifl  'nfert&e. 
omfneui»  obî  ahbutijtti  foiïfl pa- 

(rf  iî  fifioef  fpm(ui/anfto  lit  ei  al  i ipn'nripio 
e t iumc  (î  femp  p ït)  ferufia  feni  fa  £ m t.  fi  fa  fm* 

■ <Bpc  rppupd  ftüC  mt  a ïtwmfu  te  utea  &i 
f a tt]  fle  lf\  «f  f . . p eçpugmmerfif  mt  a 1 i* 

11  tftifôfe  mea:  etent  n#  pat  ut  1 m ( mï  iM  1 ip:  a &oj?  j* 
fujmriJ  faQikawxitt  perfafOK^pai’onçtfwei  tmf 


On  remarque,  dans  ces  pages,  les  élégantes  bordures  signées  de  G.  Wblff. 
Nous  avons  reproduit,  dans  le  chapitre  consacré  à l'atelier  de  ce  dernier 
imprimeur  (p.  101-103),  quatre  d'entre  elles,  qui  représentent  les  sujets  sui- 
vants : l’ Annonce  du  Messie  aux  Bergers  f la  Présentation  an  Temple } la  Descente  du 
Saint-Esprit  et  P Homme  flagellé  par  le  Diable. 

Nous  donnons  ci-dessus  la  page  du  Couronnement  de  la  Vierge. 


ATELIER  DE  TH  1 El, MAN  KERVER 


27 


On  trouve,  ci-dessous,  Se  titre  de  ccttc  édition  à la  marque  de  Kerver,  et, 
à côté,  la  dernière  page  avec  lachevé  d'imprimer. 

Dans  la  bordure  à compartiments  du  titre,  on  voit  le  Christ,  saint  Michel, 
saint  Jean-Baptiste,  les  apôtres  Pierre  et  Paul,  saint  Sébastien;  au  bas,  des 
religieuses  en  prière  et  la  sibylle  delpbic|uc. 


dtttinamira 

rtjquoodttftp 


tôuamtrrë#! 
1 ruttttittflitt} 


IWifiniwanniiKe  ? owifonBbcpikjiîutB  ^jne  |[ 

^ €>iûi/b(jû!iicurcpcricfi)fran£:ove 

| €fcaifûi)  o bien  fr  fife  nj  f ra  ne  oî  e 
£m  bou; z arhV  fe«  be  ta  fov.  * 

©wiforça  touy  fce^me^fraticove 
geupouiifoneûpMrrpowtf^aMi^m 

®wh/oij  a bien  ft  ptrccij  * 

Bai j oiaifone  a n afkifsi^neut  <r%np  eij  fan  : 

j|  pAie  (rcfteuolro  crj 

emftpt  pfraufrtite  et,  fmomamcSm  eait 
oiat/orjejj^nmfope 

JlTOfrinq  6rfft tt oMtfoite  a Hnt  Ÿ pçtE (t (, 
...-tgnctmrfurifltrjfranfo  « 1 

€>wi(bn  bee  tro^e  xo  ps  fte/b*  uofc , 

€KoijTo^  (IEB  cinq  fait»  qui  „ te  ml  imctlm* 

ncâ^iE  ftB"n<r  pouwuf5  quiftepwtStn  te 

©Mufoi)  Smaiat  & fcfiioifl.  JDwiitto 

«fi  ef  ferre. 

Kffitytfatm 

C«e  pkfrmee  (fan  te  a fU/aigeb*  mmmt  fu* 
JftWjraaBfe.  ççSi il  iourbûcfc6tr.  &m  Æjff. 
MJLJUiui.çç 

Pwifebmwwwnj  Pane/uïfEp^/,ûmf^if0ef 
ofcnfnsnctifaftw^  lî 


La  marge  principale  de  la  dernière  page  est  occupée  par  saint  Nicolas, 
avec  les  enfants  légendaires;  Dieu  remettant  à Moïse  les  tables  de  la  Loi;  le 
Saint-Esprit  descendait  sur  la  Vierge  et  les  disciples  de  Jésus,  et  enfin  f agneau 
de  l’Apocalypse.  Ait  bas,  à droite,  la  sibylle  tiburtine  occupe  le  comparti- 
ment d’angle. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


ï72 

Voici  les  pages  du  calendrier;  les  mois  s’y  trouvent  deux  par  deux, 
Janvier-Février.  — Le  Seigneur  dans  sa  gloire  est  placé  au  commencement 
de  i’an nce  comme  pour  la  bénir,  Au-dessous,  saint  Étienne  avec  ses  attributs 
de  diacre;  viennent  ensuite  saint  Antoine  marqué  du  tau,  sainte  Agnès,  et 
enfin  saint  Sébastien  dont  le  corps  est  transpercé  de  flèches, 


flürttf-e-ifïïïne  çi 


* 


c e fymtat) 
f £fpj>p0am'e 
$ e/aufucur 
<1  efiKiai) 

G earnabw 
c çfiuiffautfte 
be/afumii) 
c efaroij 
f efrmiii] 
fi  ofcflç 

ci  e tfio* 
fi  ernarcef 
c 0 anffjomc 
i>  epiifee 
c efomeç 
f efffia|flaif 
fi  0 afinw 
a c^utrttid 
Ë ernietadanc  fç 
c «fiaflife 
bcpoE 
c 0 pofi'rarpe 
f eiuEîci) 
g ©afinrs 
a eîüftri 
6 c fifaifr 
c crni(catj 


b 0 Éhffiibe 

fi  e aurrtû) 
ci 

fi  «amant 
c eficftnc 
b ©fafomoij 

f vfc oftar* 
fi  «/cMtn'ij 

fie  iwffm. 


r 0 ‘Baftmiq* 


s« 


ÇlUC 


c cftifînj* 
f «bon ace 
fi  «cfoufî 
a «fflcuLlJc* 

6 

c efitncietf 
b 0pwm 
f epoArarpe, 
f ef$><t 
fi  «p  ufin, 

aefieffÿ 

fi  CÜIlfifrf 

c etormnmij* 


Wôme  IDoç  03  fioure.ç^U 


IQûçffaBefftoa® 

çïüL39ie*ç. 


^turifa  loure- 


jï'ï 

a-Bîii 


b « aufiii} 
e c pÇaioij 
f « fbifunaf 
g e abiimj 
a eeufeËc 
6 e ‘Bicioifrç 
c « /tAcc 
b « pan(fiaftûi) 

t e Sicoi) 
fe  aEqpanbie 
fi  « fiOlfiOl) 
a e fitf  fioice 
fia  rntfitïi) 

C«  ftoi) 
b « fonfili) 
c « ttimonb 
f1  ç fiîcimbc 

5 « afcpanbie 
a e ipeoboïc 
fi  e Îa6<iû> 

c « fienoifï 

6 a fammii) 
t a dictai  iai) 
f c «B api  J 

fi  fiajinüaafifti} 
a «maçimc 
6 c ie5ai)perfî* 
c c rofitf* 
b « eu|îaf$e 
c equentfi) 
f « fafime 


F1 


g « $afe  t? 
a « maricffi^pti 


w 

Sïiiï 

c 13  nmfiîoi^ 

6 effrfrne 

p<ûi 

c « M<' 

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f ç (|imQf0e? 
fi  e pfcpen'i) 

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c « ff  01) 

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b e îifî 
f c tufemiï' 

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f « (JfÛUCtC 

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fi  6 wiüÿimr* 
a O caftçfe 

fi  « picrtf 

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c  « fitmiq 
b g A oij 

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c « ‘BiGairç 

f a rofint, 
fia  opcKtunt 

a a ërftfic 
fi  0 auii 

pmi 

in 


c ct^acr 
b e fpiw 

c e anaftaife 
f a W(flf 
fi  « pierre 
a « ruftope 


Mars-Ami Les  principales  scènes  de  la  Passion,  qui  combe  l'un  de  ces 
deux  mois,  occupent  les  cinq  compartiments  de  la  grande  marge  : la  Flagel- 
lation; Jésus  couronné  d'épines  est  salué  ironiquement  comme  roi  des  Juifs; 
il  comparaît  devam  Ponce  Pilate;  le  Christ  portant  sa  croix;  an  bas  de  la 
marge,  le  Sauveur  crucifié. 


ATELIER  DE  THIELMAN  K ER  VER 


273 

Mai-Juin,  — Pour  la  fête  de  flnvention  de  la  Croix,  on  u répété  la  même 
composition  qifau  mois  précédent:  : 3e  Crucifiement;  viennent  ensuite  : saint 
Jean  l’Evangéliste  portant  une  des  coupes  de  la  colère  divine  dont  parle 
TApocalypse-  l'archange  Michel;  saint  Jean-Baptiste  tenant  un  agneau  avec 
nimbe  crucifère,  et  les  apôtres  saint  Pierre  et  saint  Paul  : 


T^ift  ;juinga,ç»ip, 
UHir&ftine^çç, 


6 ejflaqara 

t>  6n aip 
e e /ï&aii) 
f sgpfrnie 
$ 

a 6 u imaf 
£ e/ïçte 
c c m'tfîdfas 
& egot&ioij 
e emmrn 
f eatÇïfe 
g s /hume, 
a 6 Viciai 
îu  & 

c eamGtoi/e  tïn 

& 6 pCtpflUJ 

c épura  çu 

fecufïdif}?  i 
g 6 germer 
c 6 mpiOTffia»)  ijp 
£ e&iînei 

liÇ  t h jjanme  tflSu  f ' 

& e mmreffiai)  % g eje^n  0aptf 
[*)Sïu  c z ^îfiauj  " — 


# emcomtSe 
çiy  fGmorcïfPih 

getïiflct 
çîi  a cquim 

*3  0 e 0artiface 

çüi  t>e  par 

if  cemcbûtb 

f «feficiatj 
# geftmfrp 

a e Jfëarnaflç, , 
Tjîi'fi  Ëetpriij 

*£u  cerufemïc 

£ 6fî£afui(! 
e emo&e/ï, 
tm  f e/ïriotif. 

geauifc 

çu  a cmatfef. 

i flegciuai^ 

c elkmarô 
& «fïefrop 
r epaufitj 


f eaugu/ïiij 
g eOeto 
<i  egcmiaiij 
£ 6 maxime 
c e fd IÇ 
£ c pefioncffe 
^mr ïtîo  $ 0î  iû 
"^Steice.ç'Si. 


a 6 efap 

çiüi  6 e loff.e.por, 
t s fufeiat). 

£ eftmj, 
c e pi'mepe  pof 

îïap  0?  ffoifleÆi 

^Diee-p^mi 


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a amtïiliniOî) 

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r emtiiii'i) 

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COlttl'frptfttt 
f eiljmnae 
g e^irfomj 
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0 fce/rpf/VtttG  ^3iü 
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g eîàiift 
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0 eûfr^e 
c eainüuf 
&eajfûiir 
e e margartfe 
fepflfcc 

gÆamagîîtiftticSi 
a e opaffami  c 
0eiriffm?  çiïü 

c e3faqura  ui 

b e marcef 
c fra(epf£afm36çt 
/'canne  çiç 

g efrffç 
a e aÊ&atj 
\ egetïitaû) 

IiOoi?  9j  pomoÆf  iï 


P 


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r sj&im* 
be/pr, 
c e i /tienne 
f equEn'n, 
g e èanifai  e 
u earr/mt' 

0 s pot 
r emcbaiî>- 
& iDiÿïfe 
t eCaurene^ 
f courre 
g ef^n'Kj 
a e i uftmit 
6 S>tg  ift, 
c Æûnofïre  &rtrticj 
b ei^cok»et 
eacwt6.faui  enej 
f eogapÜ 
g emaii) 
a epliife 

0 c^imon 

1 ïpSitJf 

beapofïnoire 
e c ^Sai^efemp  ! 
f cfo^e, 
g c 0cmar&t 
n e i^roige 
6 caugupûj 
c 

befiarre 

e e fefîp  ..  ... 
ÎQo^(J30am6^ 


aaij 


JmlUt-Aoiii . — Le  premier  des  cinq  compartiments  de  la  marge  principale 
est  occupé  par  sainte"  Marguerite;  ensuite  on  voit  sainte  Madeleine  tenant  le 
vase  a parfums  qui  lui  servit  à lensevelissemcnt  du  Christ;  au-dessous,  saint 
Jacques  en  pèlerin;  ensuite  vient  saint  Christophe  portant  sur  ses  épaules 
rEnfant  Jésus,  et  enfin  saint  Laurent  tenant  le  gril  de  son  martyre, 
il  35 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Septembre- Octobre,  — La  Résurrection  du  Christ  occupe  la  partie  supérieure 
de  la  marge  ; le  compartiment  d'au-dessous  représente  la  Vierge  tenant  sur 
ses  genoux  l'Enfant  Jésus;  l'archange  saint  Michel  terrassant  !e  démon  vient 
ensuite;  puis  saint  François  portant  les  stigmates  dti  Crucifiement  de  Jésus; 
la  place  du  bas  est  occupée  par  l'évangéliste  saint  Luc. 


f agite 

S g etinrifrint 
a ogotegioi) 
çùï  6 e marttf 

u f cWtoi-ty 

b Cffcutjîrte 
ce  moi  feu 
fjftihofïie&a 
IjWii  flflgcvgorç 
Su  aeupmerfoïj 
B fl  pioifïii) 
c fltjjiiui) 
ï>  flrnmmffr 
c 

f g nfromcbr 
g e enfume 
fl  oauflert 
8 efmouf 
€ ofgne 


»9i  a Gtfmp 
% Beftgierp 
çiïï  t eawoj* 

£u  b ofiomope 

c e apofïonf- 
ç f efoj> 
g s &)qt c 

ifjj'Sm  acbemerce 
Jîe^cme 
c egcctotj 
çfiS  f)  eSimmt 
c o^uiiot} 


çir  gecofipfc 


& ffa  fouflamfl 
e £e&  moifl 
f omoTtrf 
5 00ufle# 
a 0<rfer 
B 0 fconoib 


^3iü  ( G^ïfCUfcit) 


a 0 *0  wffrai) 

B efutioi) 
c e/taeuf, 
£>fl£ut 

pîü  e cfomnifl»)- 
b iDtgife  Si  fflcflpw/e 
e 0 ft?0$Lett  g fra  mïffe  $i«r  - 

$üü  a e mefetj 
tif  B eu'manj 
c flmflflfoire 

Çï  ï>  flcicfpuj 
ww  f flamant 

f _ SDigifc 


f e f nmiritt 
|püü  g oteefe 

<i  flfefiç 
8 efauiû) 

c flfjjpncii) 


t flmorçfrmi) 
fflmfltfb) 

g 

a flfeot) 

B oBiifc 
ffloflu) 

& flmotfou 
e flf&monî> 
f fl  oigne») 
g flonbe 
a 0 ef^aBet# 
B flîaffre 
c flcofürtiSaii) 
& 0««fe 
e flcremmt 
f flgu/bgcJ) 
g ofto^eiine 
uflgmemtfwe 
B flîitof 
C flïït) 

& iDigift 
c e3¥ntoc 


f 

çiü  gflfougfr) 
n tfflfonrifi) 

ç BflBafBc 

c « ttefpiijc 
pSïiiî  bfltttofofl 
%ü  t cfott 

f£o  toncqjffoi), 
g 0 rppjif i) 
o 

8 Gfufckfy 
c flSüfrrt 
$0  futv 
e 0 mcai/ï 
f omcnofmï, 
g*D(flpfaifui- 
a a fabie 
8 0 emiftp 
f e ffomnj 
b 0i«ft- 
c 0 Œ$omq& 
f GtyttOl 
gflfletfit) 
a iDigtftp 
BTÎloef- 
C0<£fiemic 
bGjtÇot), 
t ftflinwmiflp 
f flf^oma0p 
gflîî/ii) 
a e/ifuefîce- 


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Novembre- Décembre,  ■ — On  trouve  en  tête  la  descente  du  Saint-Esprit  sur 
la  Vierge  et  sur  les  Apôtres,  peut-être  par  allusion  a.  la  fête  de  tons  les  saints-, 
sainte  Cécile  portant  la  palme  du  martyre  est  placée  au-dessous;  un  saint 
évêque  vient  ensuite;  puis  sainte  Catherine  d'Alexandrie,  portant  le  glaive 
et  la  couronne  royale;  enfin,  saint  Nicolas, 


ATELIER  DE  THIELMAN  KERVER 


27ï 


Les  grandes  illustrations  quon  voit  en  tête  des  offices  et  les  bordures  qui 
les  accompagnent,  rappellent  le  style  des  Heures  de  Pigouchet.  Ce  sont  les 
mêmes  sujets,  quelquefois  copiés  l'un  sur  l'autre,  mais  iraités  d'une  autre 
façon  avec  des  variantes  qui  en  fout  une  œuvre  differente.  On  eu  peut  juger 
par  les  spécimens  suivants  du  texte  et  des  pages  illustrées  : 


©jûtfoi)  a ndfl  rr  feignent 


ïSefutfiTfanf  îirtotfruç  frtû> 
p^ai  cur  Mff" ipa  tear  bu  fou 
^réboigiictfUfqaeropufespo:  * 
lies  &e(brjrflafteftji<*6  amena  aue*t 
ojmpo  pafaiefre  piifonntere  qfl 
luoiipiisrapriuc^ffcttr^fiwï  bee 
ïtomtrernUbumSi^  (rqttt  ferme 
ittcnbowt  fa  *fanw  cj)  iWc  fop 
1r  mqute  Bferçrf/ioupqutmtiap 
ru  (i  Gai fre  ta  f jtnr  te  crorç?  par  fa 


’q  mffe  tu  ae  eu  Site  oire  &e  fi  granf  tnn  cmÿ:  eij  (bu 
ueni  nre  be  fa  qutfFe:  p par  faqueffe  le  fu  e (ïgne  fui 
,be  foy#  fe  iottr  que  te  api  t$e:et  que  tu  ^ame 

q;iiefe  toaBfe  qui  mauoif  fo#  ci)  fa  pûfRflîtm) . 
jfefuefaii  foie  fat)  ‘Safl'af  partant  tes  annee/ef 
te  fa  fjureema^uref  impïtnie  m mot)  ume.  pjo'- 
mettant  r|ï  te  foute  ma  îtr  foi)  (et  ai  te  ur  et  fo^af 
rffamptoi)  tenant  ta  fop  ei  lestommantemenetfi) 
renonrani  aupifare  bu  mate  et  a (eapâpee:  maie 
fae  m op  méfiant  et  (b  p0fe  louraigr  apm^e  rtj 
ou6  t)î  fa  piomeff e (t  fe  fermet  £>r  fitefi  f e que  ie  taj> 
fait  et  tnr  fit  te  10  ingt  ei  a bpete^t  fa  if  a fia  me  a^a 
$aqforçennempftpmifei>erem3te  3°^^  te 
,;U  partir  réfrefo^:ia^|aitre  qui  ma  rftmante  ~iy 
tefoteîfpntafopci  faisant  ta  (ainrte&ocftine. 
i^lapfuiui  fe  mKJeetj^ranbeiir&outue^iapquiè 
t em^etrpefeeatfer^emenebefa  r^uir/cf  np  ali 
Ipae  rr/i(ïr:  attfjT  uajpiefaii  aup tenta rioiiebuûif 
1 fat 05  fanet?  abur  rfa  t e a uqf  i a uoft  rettone e aine 


uiij 


Les  marges  de  fa  page  de  {'Oraiswi  à Nosm  Seigueur  contiennent  ['Enseve- 
lissement du  Christ  et  Dieu  créant  les  oiseaux  et  les  animaux. 

L aune  page  représente  une  grande  gravure  de  la  Nativité  : l'Enfant  Jésus 
est  couché  dans  les  plis  du  manteau  de  la  Vierge.  Lt  Baiser  de  Judas  occupe 
un  des  compartiments  de  la  grande  marge. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


ij6 

La  composition  représentant  F Adoration  des  Mages  est  remarquable  par  ses 
détails.  La  marge  principale  contient  des  scènes  de  l'Ancien  et  du  Nouveau 
Testament  : saint  Jean  l'Évangéliste;  Samson  emportant  les  portes  de  Gaza; 
la  Résurrection  de  Jésus  et  le  prophète  Jouas,  Dans  la  petite  marge  sc  trouve 
saint  Georges;  dans  l'angle,  la  sibylle  libyqne. 


D&Ortiininofii 

fVcnnfrurtïllogtmn  mj 

fTwe  tfl  tomi  n u e i rfu  e cwttj  bt/cip  u t 

Jffafwiefrane  foiiemm)  tetoorç^fôï  eraf 
o%tu  e ïtj  q u ë ïn  t\  oï  u K ipfe  p b\  fc i pu  ff  th  i e 
rf  au  të  ç mba  s qui  n abe&a  t eu  nj  focti  mj;  qi 
j fuqtienfcïwfuo  ccnnenefmiffuccwnjbi/npufie 
1 ruïe  Jubag^ofNrtiaccgpifrd  roffeitotia  pon 


L'autre  page  nous  montre  te  Baiser  de  Judas;  au  dernier  plan,  Jésus  sur  la 
montagne  des  Oliviers,  Dans  la  grande  marge,  on  distingue  saint  Jean-Baptiste 
et  la  Visitation;  dans  l'angle,  la  sibylle  cimmérienne, 

Kerver  n'a  pas  seulement  imprimé  des  livres  d'heures  pour  son  propre 
compte,  il  en  a fait  plusieurs  pour  des  confrères  de  Paris  et  du  dehors. 


ATELIER  DE  THIELMAN  KERVER 


Voici  des  Heures  de  ïa  Vierge  â l'usage  de  Chalon-sur-Saône,  qui!  a 
imprimées  en  pour  Hugues  Pageot,  libraire  à Dijon'  : 


Ces  Heures  rappellent  tout  a fart  la  manière  de  celles  que  ie  libraire- 
éditeur  Simon  Vostrc  faisait  exécuter  â la  même  époque. 


r Hugues  ou  i Jngnenin  Pageot,  d'abord  relieur 
en  i438<  ensuite  libraire  â partir  île  h Di» 

jon,  en  la  paroisse  Notre-Dame,  courait  les  foires, 
où  il  vendait  ses  livres.  En  i J 8 S , il  adresse  requête 
aux  nmvenr  el  esclievins  de  Dijon  en  modérai  ion 
d'impôt  : « Supplie  1res  Iinmhlemenl  Hugnenin 
Paigeot,  pouvre  relyenr  de  livres  deniourant  en  fa 
paroiclie  Notre-Dame,  qull  vous  plaise  lui  mo- 
dérer Ij  somme  de  deux  francs  à laquelle  de  l'im- 
post  que  on  lieve  pour  l'ayde  de  xl  ni.  fr.  ouctroyé 
an  Roy  nostre  Seigneur  il  a esté  imposé.  » On  lui 
fit  remise  île  trois  gros,  le  7 mai  1 4 ® S.  [Archives 
municipales  de  Dijon,  L 6651  — Hngiienin 

Pageot,  libraire  de  h paroisse  Notre  Dame  en 
i4<po,  lion  marié,  rr  est  la  moitié  du  lems  hors 


de  reste  ville  ès  foires  pour  ses  affaires  ».  [Archives 
municipales  de  Dijon,  L669.  — Dans  [es  re 
quêtes  en  diminution  d'impôts,  de  1 4 9 1 ^ 1 4 9 4 ^ 
figure  encore  Hugues  Pageot,  noyant  «aucune 
pratique  sinon  de  vendre  îles  livres,  ce  qui  n' est  pas 
suffisant  pour  J'enti etenement  de  son  mesnaige». 
Archives  municipales  de  Dijon,  L 6jo  ) — En 
i45?C  011  lui  accorde  une  réduction  «attendu 
qu'il  est  veuf».  Archives  municipales  de  Dijon, 

L 6-4. Depuis,  Hugues  Pageot  paraît  avoir 

réussi  dans  ses  affaires,  car  snn  nom  ne  fignre  pins 
dans  les  demandes  de  ce  genre,  et  il  fail  imprimer 
â Paris,  puni  snn  compte,  les  Heures  de  la  Vierge  à 
l'usage  de  Cliaion  citées  ci  dessus,  qui  parurent  au 
mots  d'octobre  1 4 9 9 ■ 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Nous  donnons  ci-dessous  des  fac-similés  des  Heures  h l’ttsaige  de  Paris,  que 
Kerver  imprima  l'année  suivante  pour  Guillaume  Eustace  : 


£ea  pfcitfeff  fleures  û fufaîgefcc  parie  fu 
|teuf  acflmeeo  fe.pp.iourfceimitçî 
|£€££C,par(ïn:flirfmafe«rui:cpour^uif  j 
ïfoumeeuftace  tenant  fa  Boutique  b ebe  ne  ta  j 
Mrantjafreïw  pafaiebu  co/ïcbefa  tÇapeflfe  ; 
|be  meffei^rieurs  fes  picfibite  eu  fut  fëe  grüe  j 
fbegfcîtm  to/ïrbe  fa  conciergerie  a fytna\$t[ 
Ifainct^cflapfeunnçfriï/fo 


O11  trouvera  dajis  le  Manuel  du  Libraire , de  Brujiet  (t.  V,  col.  1 6 \ 5- 1 628), 
la  liste  des  éditions  des  diverses  Heures  connues  pour  être  sorties  des  presses 
de  Kerver.  C’est  surtout  pendant  les  vingt  premières  années  du  xvjc  siècle 
qu'il  a le  plus  produit. 

Les  Heures  à l'usage  de  Rome  de  1497,  ainsi  que  d'autres,  donnent 
l'adresse  de  Kerver  sur  le  pont  Saint-Michel,  û renseigne  de  la  Licorne . 

£p  fine  fa  tafifr  te  cca  pzcfmtce  fleures 
LinpzÎTtieca  P arCflîtfmâ  Renier  pour  0if 
feùrmatfë  fîcgope  banourtmtfur  fepoirt 
fainÉ  Êl^icflû  fa  fcufritjLic  be  61  £1  to  me. 

Gilles  ou  Gillet  Remucle,  Liégeois,  aurait  repris  la  boutique  de  Kerver  sur 
le  pont  Saint-Michel,  comme  l'indique  ce  fac-similé. 


ATELIER  DE  TH1ELMÀN  KERVER 


279 

Des  Heures  i\u  même  usage,  non  cttccs  par  Brunet,  furent  achevées  en 
sepiembre  Ces  Heures  sont  d’une  richesse  supérieure  encore  aux  pré- 

cédentes, On  en  Jrouve^  ci-aprés^  plusieurs  fac-similés, 

Jte  pjcfmtce  ffcurea  a fiifaûjc  te  K3me 
fumitacftetieetf  k .çcSûtour  te  2&epf  cm  6 w 
Æ3  par  ŒCfJicf 

twt ty ganter &&taïtt  b ernoimwt  a Parts 
tt)  ùt  rue  beu  ma  f urine  teuwttfofïcftetfït 
^upaucom^bcâCT6orîCoiifiirfcp3tfairîf 
® cfltcfa  &t\{à$nttcüx  Ætcom* , 


Dans  ccj  achevé  d’imprimer,  Kerver 
des  Mathurins,  an  coin  de  !a  rue  de 

C’ëtaii  la  maison  du  Pht  d’Êrdfa,  rue  îles 
Mathurins.  Kerver,  qui  n’en  était  alors  que  loca- 
taire, en  devint  plus  tard  propriétaire,  Tl  lacheia 
t,ooo  livrer  tournois  payée*  compiani  à Robert 
Le  Riclte,  siiivam  acte  en  date  du  4 février  1510 
(11.  st.;,  dont  voici  un  exilait  : «Par  devani  Loys 
Berthelemy  ei  Jaques  Delaimay,  itotaires  du  Ruy 
nostre  dit  seigneur,  de  par  In  y establis  011  Cliastellet 
de  Pari*,  Ftit  jirésem  en  sa  persiimie  Roberi  Le 
Riche,  filz  île  fcit  Michel  Le  Rklie,  en  sim  vivant 
garde  de  la  Mon  noyé  ik  Paris  et  Je  feue  Am- 
broise ChenardjSa  fem me , jn issam  ei  lisant  île  ses 
drois  si  coin  me  il  ilisuii,  lequel  affernta  par  vëriié 
1 1 1 1 c de  soti  propre  héritage  qui  lui  estoii  et  advenu 
et  es  ch  en  |*ii  le  trespas  et  snccessiim  il  ml  ict  fèn 
Michel  Le  Riche,  son  père,  et  par  partage  et  di- 
vision fais  en  ire  In  y ei  scs  coh  critiers  dndici  défunt, 
a hty  competoit  ei  a|i|iarienoit,  compère  ei  appar- 
lient  justement  et  paisiblement  ei  non  h antre,  mie 
ni  aison  , cour,  corps  d’ostel,  derrière  lieux  apparte- 
nances ainsi  que  sort,  sc  comporie  et  exieuil,  assis 
à Paris  en  la  rue  du  Palais  1I11  Terme,  anlirement 
dicie  la  nie  des  Mathurins,  011  pend  i enseigne  du 
Phi  d'Étem,  devam  et  â l’opposite  de  fostel  de 
Cl  u n y,  te  n ai  1 1 J une  part  et  faisant  le  coin  de  la  me 
de  Sorbonne,  et  d an  ire  partei  aboutissant  par  der- 
rière en  partie  au  colliege  de  Sorbimne  ou  demeure 
â présent  maistre  iMichel  RouUanger,  et  en  aulire 
part  aboutissant  à une  peiiie  maison  apparienant 
and  ict  colliege  de  Sorbonne  1111  demeure  le  poriier 
dudit  Sorbonne  en  la  censive  de  Sain  t-Renoît  le 
Besionrnë  it  Paris,  chargée  iTtin  denier  tottrnois  de 


donne  l’adresse  de  son  imprimerie^  rue 
Sorbonne,  en  face  l’hôtel  de  Clutiyh 

cens  par  an  sans  aulires  charges,  laquelle  maison, 
enur,  lieux  et  appartenances  ainsi  comme  sort,  se 
coin  [lotte  et  exiend  de  ioiiics  |ttrs  liault  ei  bas 
devaitt  et  derrière,  en  loing,  en  le  tons  et  parfons 

aitssi  a|i|iarienans  audit  Rnberi  Le  Ricfie  

dit  est.  — Icellny  Roberi  Le  Riche  de  son  bun 
gré,  lionne  vu  Ion  k , propre  niiiiivem  en  t ei  certaine 
scieitce,  saits  force,  erreur,  cnntraincie  on  aidciiue 
décevante,  sur  ce  bien  ailvïsë,  conseille,  ponrven 
ei  délibéré,  si  comme  il  disoit,  recogmii  et  cou 
fessa  en  la  présence  ei  par  devant  lesdits  noiaircs, 
comme  en  droit  jngemen  1 , pir  devant  11 11  ns,  avoir 
vendu,  cédé,  transporte  ci  délaissé  ei  par  la  teneur 
de  ces  présemes  leitrcs  vend,  cède,  iransporte  ei 
délaisse  des  mainmmii  à tonsjnrs,  promis  ei  prn 
met  garantir  de  livrer  et  défendre  à ses  propres 
enutz  ei  ikspens  envers  et  comrc  tous  de  Unis 
troubles,  ilebies,  lettres , obligations,  ypoihecqnes, 
dons,  douaires,  engagemcos,  ventes,  eschanges, 
cessions,  transporte  et  de  ions  autres  desionrbiei^ 
et  einpeschemeos  qnelzconques  à Tielman  Ker 
ver,  marchant  libraire  de  l'Université  de  Paris  et 
imprimeur  de  livres,  bonrgois  de  Paris  h ce  pré- 
sent acheteur  pour  lu  y,  scs  hoirs  et  aianscaitse  pour 
en  jotr,  par  ledict  achcicnr  sesdicts  hoirs  ei  aians 
caitse  comme  de  sa  clmse,  vray  ei  loyal  aopiest, 

— - Cesie  vente  fâicte  moyennant  la  e de 

mille  livres  tournois  ijtte  ledici  Roberi  Le  Riche 
en  cuiJëfsj  jxittr  ce  avoir  eu  ei  recen  dndici  Tiel 
man  Kerver,  et  qiti  payée,  rom  pi  ée  et  n i>m  lirëe  In  y 
a esié  présens  lesdicis  11  maires  en  cinq  cens  qua 
ran  te  cscus  dor  au  snleil  et  le  surplus  cit  mon  noyé 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


2S0 


Cette  composition  nous  montre  Reihsabée  au  bain,  David  semble  conce- 
voir le  projet  cl  envoyer  Uric  au  danger,  comme  paraît  l'indiquer,  au  dernier 
plan,  la  bataille  où  ce  dernier  trouva  la  mort  : 


Trois  épisodes  de  la  vie  de  la  Vierge  sont  d'une  exécution  remarquable- 
Voici  d'abord  la  Présentation  au  Temple,  quarante  jours  après  la  naissance 
de  l'Enfant  Jésus-  Simeon  est  heureux  de  contempler  le  Messie. 


dnnt  i[  se  ri  11 L pour  contant,  liien  pave  et  a^réê 
et  en  ipiicta  et  en  ipiicie  fi  toujours  sans  rappel 
ieilici  acheteur,  sesdicts  hoirs  et  a va  ns  cause  1-  c ions 
mures  -1  < 1 1 1 i en  appartient,  et  en  ce  faisant,  ledict 
Robert  Le  Riche,  vendeur,  céda  et  transporta  et 
délaissa,  enk- ci  transporte  and  in  Tielinan  Kerver, 
ndiciciir  pour  Jny,  ses  hoirs  ei  a vans  cause,  imis 


[es  drois  et  de  propriété  ei  île  saisine,  seigneurie, 
possession,  noms,  raisons,  aérions  réelles,  persnr 
ne[les  et  possessoii es , mixtes,  directes,  [c\écs  ex- 
presses etanhres  <ln>  s qiielz.cnnqiies  1 1 1 ii  1 a voit.  . . 
sur  ladlcie  maison  ...  Le  roaritv  ipun  jmir  de  le 
vrier  mi[  cinq  cens  et  non  i".  « (Archives  nationales, 
Censier  de  Sdhn -Benoit,  fol-  1 io-i  1 1 


ATELIER  DE  THIELMAN  KERVER 


pi 

Hérode  ordonna  d'égorger  tons  les  enfants  mâles  de  la  contrée,  pensant, 
par  ce  moyen,  atteindre  Jésus,  Mais  un  ange  apparui  en  songe  a Joseph  et 
lui  ordonna  de  fuir  en  Egypte  avec  fa  mcre  et  l'enfant. 


La  Descente  du  Saint-Esprit  est  une  des  planches  les  mieux  réussies  des 
Hcnres  de  Kcrver,  tant  au  point  de  vue  de  fa  disposition  des  personnages  que 
de  fa  finesse  des  tailles, 

La  Vierge  est  an  milieu  des  disciples  rassemblés  pour  la  fête  de  fa  Pente- 
côte, Le  Saint-Esprit  descend  du  Clef  et  s’arrête,  sous  forme  de  langues  de 
feu,  au-dessus  des  assistants. 

Toutes  ces  pfanches  sont  entourées  de  marges  finement  illustrées,  dont  les 
sujets  principaux  sont  tirés  de  TEcriture  sainte, 

n.  36 


mtiujliije  ltiOilJ  '• , 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


282 


Le  Triomphe  de  la  Mon  est  une  composition  qui  peut  rivaliser  avec  ies  illus- 
trations precedentes.  L'arcature7  de  style  flamboyant,  est  ornée  d'une  sta- 
tuaire de  squelettes  en  harmonie  avec  le  sujet  principal  ■ 


La  Mort  saisit  un  riche  seigneur  qu'elle  terrasse,  et  brandit  une  longue 
flèche  acérée  pour  le  transpercer. 

Au  second  plan,  le  pauvre  .lob7  sur  son  fnmier7  semble  attendre  sa  fin 
avec  résignation. 

Pour  cette  dernière  gravure,  le  dessinateur  s’est  visiblement  inspiré,  mais 
en  les  simplifiant,  de  la  plupart  des  planches  relatives  aux  Trois  Morts  et  aux 
Trois  Vifs  1er  minant  presque  lomes  les  Danses  macabres  éditées  par  plusieurs 
libraires  de  la  fin  du  xvc  siècle 


ATELIER  DE  THIELMÀN  KERVER 


28  3 

Patnn  les  livres  mitres  que  les  Heures  qui  sont  sotns  d es  presses  de  Kerver, 
011  remarque  1111c  édition  du  Compendium  ou  abrégé  de  l'Histoire  de  France, 
par  Robert  Gagnin.  Le  titre  et  les  légendes  sont  imprimés  en  petits  caractères 
dans  une  grande  gravure  sur  bois  tenant  toute  la  page. 


36, 


204 


HISTOIRE  DE  LTMPRÏMER1E  EN  FRANCE 


Dans  cette  planche  sont  représentes  les  insignes  des  rois  de  France,  avec 
lecti  fleurdelisé  et  couronné,  au  sommet  de  la  colonne  de  Foi  et  de  Justice, 
flanquée  à gauche  de  saint  Denis  portant  sa  tête,  à droite  de  saint  Remi 
tenant  la  sainte  Ampoule;  autour  sont  placées  les  armoiries  des  donz.e  pairies 
de  France.  À ht  dernière  page,  on  lit  des  vers  de  Josse  Bade,  relatant,  entre 
antres  faits,  la  chute  du  pont  Saint-Michel  : 


kododBaiîijAft^lÎjdeopcrishuiüsaccdïîonc 
attp  augroento  Ad  kétoré;  cul  faluté  di'dbCarmcn* 
Candide  ne  dubftesi  ufta  çra  repon  ere  kâor/ 
CuJrius  acmulro  diD'usex/topus. 

Aeceflere  eteitf m/quas  gallia  poflîtkf/vrbeff 
Cun  daqj  gatlorum  ftib  dttfone  loca* 

Han  di  o i cm  comité  primçua  ab  origine  duûfî 
Atqjalia  in  proprifs  plurima  itmftalods. 
Vrtdea'mufcpfibt.  rifh  eu  fiinereCarli 
Oftaui:&  rocofuneris  oFIïdo. 


Mœftaqj  Pa  rrhf  Gis  magrtf  difruprio  ponds: 
Ad  uenmfcp  duds  caulâtp  iulhad* 
Qufnadeo  regum  dartfïîma  gefta  duorutru 
Quorum  ma  ç /pocensicala  rerra/ruft. 
Ergoagedum  reducem  lodoicum  galîia  rege5 
Vïûoi  emMubrisconrpi'ce  ïçtaîolf* 
Cofifpïttrenforcs  fpecïm  en  qj  lutetia  morum: 
Et  normannetui  perlegeiura  fori* 


dddfrionfbus  Lfbn'qj  vni'us  a«eflîondocupletatu:&  non  fëgnf  accucfrione  a mm# 
disteiruydmprefïïtdiL'gens  acpituschaltogi  aphusThidmanus  keiuer/nindyto 
pari  ifïoi  fi  gym  nafio  fmp  élis  optf m oru  bibïiop  olarum  Dura  ndf  gci  leriï  1 oân  is 
panu . Anno  grç  que  iublkus  vodr  a n acaïi  chi  iflfacio.  JV1.  quingê  cefïm  o*Ad  idus 
ianurfes*  Deogratiç. 

O.anes  tartharum  côpb'eationcs  furtt  temç. 


ATELIER  DE  THIELMÀN  KERVER 


185 

Ce  livre,  qui  fut  achevé  le  1"  janvier  de  Tannée  du  Jubile  1500',  esc 
imprimé  avec  les  beaux  caracicrcs  romains  que  Georges  Volff avait  apportés 
à Thidman  Kerver. 

Kerver  s'est  servi  de  deux  sortes  de  caractères  gothiques  pour  scs  différents 
livres  d'heures. 

Le  pins  gros  est  une  bâtarde  de  12  points,  dont  voici  l'alphabet  : 

S C fc>  £ 

tt6ct>efeÇiftf»ntjnt)opqrï6ftu^?y>j 
a 69?(tCi*rpnm9nn93ppp£pp^q  ptpqîr  ïfpe  fft901& 

C ) 

L'autre,  pins  petit,  de  10  points,  a une  très  grande  ressemblance  avec  celui 
d'Éticnnc  Jchannot,  dont  il  11e  diffère  que  par  des  nuances  presque  imper- 
ceptibles : 

aflcDrf(S0tfrfmrijru)cpqiieftu^çj>j  ff  ff  (ï  * : r1  * ' 

5 iS  b9£tT  1 iTrîi  m9fï  ri9ü  ji  p,pfj  Hçptyvji  f tp£Et  ï£ 

Kerver  a travaillé  pour  son  compatriote  Hans,  de  Coblentz,  pour  Jean 
Petit,  pour  Durand  Geriier  et  pour  Gillet  Rcmaclc.  Lu  1 J 99 , il  emploie 
la  formule  suivante  : «Imprimé  par  lait  et  l'industrie  de  Thiclman  Kerver, 
Allemand»  [hupressinn  nvre  nîqut  hulusnid  T/ùeluuuuii  K errer  T'enfouis).  Il  se  qua- 
lifie de  4Ay pogr a p h e d i ( i gen  t et  lubilc»  ( di/ig tas  ne  pci v 'rus  ch nlcagrnph as)  £ à I a 
fin  de  l'édition  du  Compendium  de  Gagnin  que  nous  venons  de  citer;  il  se 
décerne  ensuite  le  titre  du  * plus  habile  des  imprimeurs»  et  indique  son  pays 
d'origine  a la  fin  d'une  edi  1 ion  de  Virgile  : «Thiclman  Kerver,  de  Coblentz, 
le  pins  habile  des  imprimeurs,  a imprimé  ee  livre  et  Ta  achevé  dans  la  célébré 
Université  de  Paris»  ( Qaaprcsslr  péri  dssi  mus  calcogmphovuiu  I hkhuanuu.s  Kerver 
Cmiflurntïnas  absolmqae  in  laclym  Parisiomui  ncndcuiin). 

£ Kerver  a date  te  livre  selon  le  cornant  romain  c£e;>t- à- dire  du  premier  de  ce  mois.  La  chute  du 
commerçant  à la  fête  de  Noê'l{*f  AW/;  CAïj/âtw’  £ pont  Saint-Michel  ( qui  avait  eu  lieu  le  2}  oclohre 
le  25  décembre,  et  du  jour  des  ides  de  janvier,  i4<?9  t était  un  événement  tout  récent. 


286 


HISTOIRE  DE  U IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Thielimm  Kifver  ctait  marié  avec  Yolande  Bonhomme,  qui  descendait 
d'une  des  plus  ancienne  familles  de  libraires  parisiens.  Il  eut  d'elle  plusieurs 
enfants,  qui  tous  se  firent  typographes  et  sc  distinguèrent  dans  leur  métier 


au  cours  du  xvic  siècle1. 

Thielman  Kcrver  mourus  sans  doute  vers 
1 5 n4  ou  i 5 2 5.  Sa  veuve  imprima  en  1 5 2 5 = Il  fit 
plusieurs  fondations,  dil  La  C: lï [le.  Oesi  fny  qui 
a fait  faire  la  grande  vllre  qui  est  sur  h porte  de 
legfise  île  Saint- Benoist,  du  cosid  lies  ClHniers, 
en  1525,  où  Ton  voil  cette  marque  T + K sou- 
tenue de  licornes.  t!i]e  esi  remarquable  pour  estrg 
une  des  p[us  belles  viircs  de  Paris.  » [Histoire  de 
fffmprhïierk } p.  76;  ouvrage  cilé).  — EtmcH  cure 
de  ia  paroisse  Saini- Benoîl,  dit  que  cHciaii  & la 


grande  vilre  de  ta  chapelle  des  Fouis,  on  il  y a 
pour  marque  T + K.  » , Chrou&hgk  hlsterlqwe  de  Mes- 
sieurs les  Curés  de  Sniut- Benoit;  Paris,  G.  Desprez, 
1 75 2,  in- 1 2,  p.  4 S’)' — " ^ a ^ii  fr're  aussi  celle 
qui  esl  au-dessus  du  mais  ire -a  11  tel  de  féglise  des 
RR.  PP.  Mathuri us,  où  Ton  voil  lamesme  marque, 
comme  aussi  sur  plusieurs  autres  ornements  quHiï 
a dormez  à ces  deux  églises,  dans  Tune  desquelles 
il  a été  enterre.  * {Histoire  de  Fh  Priâtes' ie<  pt  76  ; 
ouvrage  cité. J 


CHAPITRE  XXXIX 

L1MPRIMERÏ1  À PARIS 


ATELIER  DE  NICOLE  DE  LA  BARRE 
('  497"'  5°°) 

Antécédents  universitaires  de  Nicole  de  La  Barrer  — Son  association  avec  Denidel.  — La  Vk 
du  terrible  Robert  Je  DyahJe,  — La  Légende  dorée  eu  funçoi.s.  - — La  Vk  de  r ah  te  te  Reg ne.  — 
La  Dawse  Macabre , — Marques  de  Ntcole  de  La  Barre.  — Ses  différentes  demeitres. 

L’ imprimeur  Nicole  de  La  Barre,  originaire  de  Soïssons  on  des  environs 
[dioccsb  Suessioiïf/isis)7  etatt  maître  es  arts1 * * * * * * * IX. 

Avant  de  sc  faire  imprimeur,  il  avait  etc  régent,  c’esniridire  professeur 
enseignant  en  l'Université  de  Paris2, 

Son  premier  livre  conmt,  avec  date  certaine  est  La  Vk  du  terrible  Robert  k 
Dyable y petit  in-qnarto  de  2 6 feuillets,  date  du  2 avril  1497- 


1 Nous  relevons  les  inscriptions  suivantes  de 

Nicole  de  La  Barre  dans  le  livre  des  nominations 

att*  bénéfices  des  maîtres  es  arts  de  Sorbonne  pen- 
dant les  années  qntsuivent  : t4ÿz.  « Rnwhv  maiua 
An  11 11  rtiuî  uenageriiid  seemidi  die p'kua  tnciiris  Manié 
ju  reetevia  ni agistri  Aiiehaefu  Patiyen  De  Barra. 

Mu,  Nicholans  de  Barra,  in  artibns  magister,  dio- 
cesis  Suessionensis  se  nomittnt  ad  tolhtionem , etc.  H 

dominornm,  episcopi  Snessioncnsis H decani  et  ca- 

pituli  eedesie  CîitKedrîilïs  singnlor  unique  canon  i- 
cornm  ejnsdem  diocesis  et  ad  collationem  H etc., 
episcopt  Carnotensis  neenon  domini  decani  et  capi- 
tuli  singuloinmque  canon  icorum , ejusdem  eedesie 

cathedralis.  » - aSef tiir  wtnina  mwiiia 

tenu  11  in  reetoria  discreti  vin  Cotveüi  de  Delf...  aime 

IX  vu  ii  i 1 11  iJlesti  1 c ^wadringew  Am  n l1  n onageshno  ter  do  die 
p-iuui  ineiub'  Aîardit  Dr  Barra.  N icnians  île  Barra 
îirtinni  magister,  diocesis  Sttessionensis  ad  collatio- 
nem  Rev.  in  Christo  Patrts  et  domini  abbatis  Saiu  ti 


Medardi  Suessionensis  ordtnis  Saitcti  Benedicti.  m 
1 ^ Rendus  mi  il/ia  nouiiafftirniu  venerabi/is  et 

rcientipei  t\t agir  fri  Jdranwis  Boire niiï  aime  Uiibn-sitaik 
Pai  isieusiï  rectûris aimi  iXiiiiiii  miY/cmn;  qnadviugeu 
teduii  imiagejiim  scgtiim  Æcï  secmde  iiihijL  ALirdi 
De  Bahra.  Nicolaus  île  Barra  in  artibns  magister 
se  nominat  ad  collationem,  etc.,  decant  ec  capi- 
tuli  Meldensis  et  ad  collationem  episcopi*  decatti 
et  capimli  Lattdimcnsis.  ?■  Aicbives  de  TUm 
vers  i té. 

' Cette  qualité  lui  est  donnée  sons  le  rectorat 
de  Robert  Cornet,  nommé  le  4 niats  ■ 4^4  : 
«Df  La  Barre,  Nicolaus  de  la  Barre  in  mibus 
magister,  recels  ad  collationem,  etc.,  decani  et 
capitnli  singnlorttmque  canonicorum  eedesie  col- 
legîate  SHancti  Frambandi  de  Stlvanecto  et  epi- 
scopiHdecatttH  capitnlt  stngnlorttnu|iie  canonicorum 
ecclcsie  cathcdralis  Morinensis.  » — Archives  de 
TUni  versitë. 


288 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Nicole  de  La  Barre  demeurait,  à cette  date,  rue  de  la  Harpe,  devant  l'Escu 
de  France . 

La  Vit  du  terrible  Robert  le  Dyahk,  imprimée  par  de  La  Barre,  est  un  livre 
dont  il  n'en  existe  pins  aucun  exemplaire  dans  les  bibliothèques  publiques 
de  France;  le  seul  que  lions  ayons  pu  découvrir  de  cette  édition  se  trouve  en 
Autriche,  à la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne. 

Nous  en  reproduisons  ci-dessous  le  titre  ainsi  que  la  dernière  page  : 


ÏDufrob 


roGerf 


ûcroifar  ef  epaufeet  ta  forç  cffrtfït'cnne  * Æar  fane  reflenf 
menoif  guerreaup  (arrime/ ef  feefofïrutfW  .tarif  tic 
fccpouoifrçmcr^qfScfquitfiofffcm^fujgrfltÇofificut^ 
Ëûnncrcnamccn)foi)Stu5tparfoutforjpa^e:mHftt:5m£ 
fotjpete  Uoffcrt;ratfo?Gc«iï>ïcfqui^tfatattcmSttuf^s 
eijfa^GcfcHtsioure.îDicii  par  foij  m finie  puifpkeno^ 
Go  m t fi  0ï  ci)  et  fi  fain  et  émît  8 iurt  t[  et)  fa  fi  rç  Gc  noj  f o u t s 
K03  ameepttiffent  auet  feeftute  Sofer  fa  fus  et]  fa  gfot'rc 
ctcrncffcauccfoueGnioitjfam^  et  faincfesGeparaGie  , 


ppiffl  fa  8ic  GetRoffat  k BçaGfcJmpimtcea 
P atie  par^ija  ifï  re>Tlïco  fr  ffe  ta  fia  tre  Gono  ti  r â 1 cif  fa  tue 
GefaÇarpcfouant  ïeftu  Gc^tancr  ^eBmgtGcu^icfme 
tour  Gu  tnoçe  Gc  autifïaq  tntfquaftc  cens  quattcSingfî 
Gtpfrpf, 


La  gravure  sur  bois  du  titre  est  répétée  au  verso.  Le  texte  finit  au  recto 
du  dernier  feuillet;  il  est  suivi  de  ['achevé  d'imprimer.  La  marque  de  Nicole 
de  La  Barre,  renfermant  son  monogramme  et  sa  devise,  est  placée  au  verso  de 
ce  feuillet. 

Bru  net  cite  de  lui  Le  Salve  Regïna  eu  fmnçoys  fait  à la  louange  de  la  glorieuse 
Vierge  Àfarie , pièce  en  vers  de  6 feuillets  in-quarto,  sans  date,  avec  une  grande 


ATELIER  DE  NICOLE  DE  LA  BARRE  289 

figure  sur  Bois  de  V 'Annonciation  au  verso  du  titre  et  la  marque  de  Nicole 
de  La  Barre  a la  fin.  (. Manuel  du  Libraire , tA,  col.  100.) 

Nous  trouvons  de  Lu  Barre  associe  avec  Antoine  Denidel,  maître  es  arts 
comme  lui , a une  époque  qui  n’est  pas  indiquée  d’une  façon  précise,  mais 
qui  pourrait  bien  être  celle  de  ses  débuts,  dès  1496?  avant  son  établissement 
dans  la  rue  de  la  Harpe. 

Les  deux  associés  impriment,  au  college  de  Coqueret,  le  poème  composé 
au  moyen  âge"  par  un  évêque  du  nom  de  Thibault,  sous  l’intitulé  suivant  : 
Physinlagns  yenerabilis  Theahaldi  dotions  et  episcopi  varia  merromin  lege  canrexms  deliten- 
tisqne  énergie  complexns  cïrca  dnodecini  aninialium  nain  ras  allegarice  expari  ras. 

Sur  le  titre  de  ce  livret  011  voit  la  marque  de  Nicole  de  La  Barre  l'achevé 
d'imprimer,  qui  est  au  nom  des  deux  confrères  associés,  est  ainsi  formulé*  : 
Impressvm  Parisim  in  Collegia  de  Coq  item per  Andin  ni  n ni  Déni  de/  et  Nkboimnn  de  Barra 
in  ardhtts  magistros . 

Nous  connaissons  deux  autres  produits  de  cetie  association.  L'un  est  le 
recueil  des  Saphisnu.au  Bn ridant , petit  in-quarto,  sur  le  titre  duquel  on  trouve 
bi  même  marque  de  Nicole  de  La  Barre,  et  qui  se  termine  par  ce  colophon 
placé  à la  fin  de  la  table  : Sapldsmatu  doakumi  B uri dm  à novisshne  per  Magistrn.ni 
Ant/wninnt  Denidel  et  Nic&iaum  de  Barra  in  artihus  magistrat  PamiiLs  in  pressa  féliciter 
expi  ici  n nt . (Voir  fac-similé,  p.  2 6t\.)  L’autre  est  un  volume  petit  in-octavo, 
traitant  de  questions  spéciales  de  droit  civil  et  ecclésiastique,  qui  commence 
par  un  ouvrage  de"  Bernard  Lauret,  premier  président  an  Parlement  de  Tou- 
louse, intitulé  : Excel  le  a ri ssi  ni  i utrinsqnc  fi  ris  doc  ta  ris  egrrgri  viri  Donnai  Bernard/ 
La  tiret i priai  i presi demis  in  suprema  parlement}  caria  Eh  alose  exinriri  casas  in  qui  h ns 
jndex  seadur/s  patesr  inan  ns  in  persan  fis  clericomin  sine  ment  excamninnicaiioins  impanax 
ineipiient  féliciter,  et  se  termine  par  le  chapitre  De  AU  mentis , du  jurisconsulte 
Barthole.  (Voir  iac-simiiés,  p.  26}.) 

L’achevé  d'imprimer  de  ce  volume  indique  le  cniic+gc  de  Coqucret  comme 
lieu  d’impression  f I in  pressant  Paris  tas  in  Collegia  de  Caqueter  per  Anr/ioninni  Denidel 
et  Nicltalattnt  de  Barra  ht  arri/ms  mugis  iras). 

Le  6 septembre  1/199,  Maître  Nicole  de  La  Barre  achevait  l’impression  de 
La  Légende  durer  en  français,  volume  petit  in-Iolio  à deux  colonnes  de  4 3 lignes 
par  page  pleine,  composé  de  304  feuillets  chiffrés.  Les  caractères  avec  les 
quels  ce  livre  est  imprimé  sont  des  fontes  qui  avaient  dé"jâ  servi  â Denis 
Meslicr.  (Voir  alphabet,  p.  114*} 

37 


u. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


2ÿO 

Nous  donnons  ci-dessous  le  fac-similé  du  titre  de  La  Légende  dorée  sortie 
des  presses  de  Nicole  de  La  Barre,  avec  i ‘initiale  historiée  qui  représente  Ève 
tenant  la  pomme  de  Tarbre  du  frujt  défendu  : 


légende  Bo:ee 

en  Jfrancois  nou 
uellemét  imprimée  a Parte* 


Au  verso  du  tjtre7  on  remarque  la  grande  planche  de  la  Cour  céleste  et  des 
S nuits  du  Paradis,  que  nous  avons  signalée  dans  U Ordinaire  des  Chresùms  imprimé 
par  le  Petit  Laurens  à Paris.  (Voir  fac-similé,  p.  j ip.  ) 

Le  bojs  de  cette  planche  passait  de  mani  en  main,  li  revenait  de  Lyon,  où 
il  avait  figuré  dans  une  édition  de  J^a  Légende  dorée  imprimée  le  20  juillet 
1 4^7  par  Jean  de  Vingie,  lypographe  originaite  de  Picardie,  établi  dans  ccttc 
ville.  L’édition  de  Nicole  de  La  Barre  contient  une  quantité  de  petites  figures 
de  saints  et  de  saintes  qui  proviennent  d’une  édition  antérieure  faîte  à Paris 
en  mai  1 /\ÿ6.  Ce  matériel  d ‘illustrât ton  avait  été  loué  oit  piété  pour  un  temps 
déterminé.  Après  avoir  utilisé  ces  Lois  dans  (édition  lyonnaise,  Jean  de  Vingfe 
les  avait  renvuyés  a Paris,  où  i(  (es  avait  empruntés;  ds  reparaissaient  dans 
l'édition  donnée  trois  ans  après  par  de  La  Barre. 


ATELIER  DE  NICOLE  DE  LA  BARRE 


LA  LÉGENDE  DORÉE  EN  FRANÇOIS 

IMPRIMÉE  LE  6 S EPTUJVl  lî  K E 1 4^9  rAR  ^lcOLL  1>F.  LA  DARRE  POUR  SIMON  VQSTRE 


Première  page. 


0e  Gx^uenf  Se  tiaflrcfei  gneurï 


cSmence  fil  fegenD*  Doiee  ü>  fean 
ctrçs*i£tpîemtci:cmenf  DcfoiïucMt  henoftee 
feignent, 

jouent  De  tiofhe  feiÿ 
gneu t tft  fait  pat  qua 
tcefepmaLiesa  ftgniÿ 
fi^r  qfjfaMfquafcc  a& 
uenetuife,  ce(iaffauoie 
ci)  cfiait/ctjtuort/ et) 
p?fre;fitf)mgrtu?f  i£t 
Defa8ermceeftpmaG 
neefta  patne  finie  :pouete  que  fa  gfoicrDes 
faite  q lu  fe  uc  fera  85ne  e a a 0 reniée  D nu  ? c 0 e 
ne  fauffiia  iatuaieft  pouce  4 fcj3mt> 1 tefpôf 
bu  ptuiec  8imiïclje  8c  faDuent  a ppfe  t fe  gfo  ^ 
ci  a p?  i q co  nfi€f  q uatee  6e  c s p ru  ft  fï  gu  ifi'ec 
fes  8e  u 3f  f i f 5 aD  ueneui  ?s  1£b  u trffo  i e frgfi 
fe  ne  fa  it  tu  eu  no  q fo  îs  De  D eup  ;ce  (laffa  u o it 
trçcÇdt/aau  iugaueut:fi<Smcifc(tei)fDffi 
ce  8kc(Up  f ?ps  : pont  te  Sa  eftee  que  fa  irune 
8efa8uentefl  partie  De  io^pactie  8e  pfrue, 
iTat  poue  faSuenemen  t e t)  tfyait  fa  icune  e (t 
Dicte  Se  ioçe;pou  'faeaifot)Defa6enue  Dufu 
gemgkTaieuuee(lD£cfeDepfeut*c£ïfpouecw 
fï  e c^o  fe  D cm  5 [l  tet  frg  fife  d)  3fc  au  cutj  c§àn  t 
Deioçcfignifiantfa8ucttt8e  tutfeticoîSecf 
Se  epuffa(iot):(i  auffç  tfâte  fermant  Depfrue 
pour  .aD  uene  mît  Dr  fa  tcteiSfe  tufïice  f£t  et) 
faDuertfm?tct)d}mtpeu&  eftee  Eeuejtcoçft 
cfîo  fes , jCrflafJauo  it  fa  t o nue  u a6  fe  te  8 u 6e 
nk/faueceffiee&efa6euuc(ife«iDufftt&icef 
Fe-iacouueua8feee&u6mtctpeutPccpieÿ 
mieretuenf  8e  fa  partie  ï>e  f05mequifutpie 
imecemenfEaiucu  njfauaturepfcDefffluâ 
Se  tongnoç|fauce  Diurne  : cae  aaoneques  if 
cÇeut  erçtuauuaifesecreuts  De  ç8ofafric/ct 
poucce  fut  If  ccnttamt  De  8iee*$ice  enfumiÿ 
nefes^euf^4(ïc*i^tp^t@apie«6tntfafo^ç6 
mauEant  erçfaqueffe  tffutSaTcu  8tn8  pouÿ 
mt  comme  tf  euftpacauanf  ceçe*  jfntft  pas 
nufqui  cotmtian5epfnaq«ifacompfi(feuf  * 
2a  enD toit  e (t  fe uffrm  eut  rnfeigtie  / tuais  if 
neft  pas  Sefiure  8upec0e/ne  a$)ca  fret)  fak 


tepae  aufcunegtaee:ffpûuccef«fifjftatnt 
8e  Dite  if^a6iet)qm  cotum3&e  / mais  if  nça 
p er  fo  u ne  q ui  acotu  p fiffe  , Æt  a Doncija  fe  fifj 
De8ieu6inf£onurufl8femlf  quauf  f^omme 
eut  e^e  Samcu  Deignoiattec  (iDe  impui|fau£ 
ce  :tar  fif  f up  6 enu  auant  pat  a & u ? tu  ce  q u e 
fÇomtueeup&ipquifeupeufafutpfestueÿf 
cftrs:(ipouecene  fuf  ifpasagreaBfea  fa  me 
Î>eefrte*5eca&em3t  efFe  client  nDue  p Sa  pfie 
8u  temps:car  if  Sinf  et)  fapfanfe  Du  temps  » 
88 1 fapo ftee  Dit  a'up  gafat  ' fs  au  qu af ne fm  e 
cfjipLUflcftîenucpfante  DurêpsaSïtfaittÉ 
augü  Pfq  8if  4 mouft  De  g?s  8tëf  * pourquoi 
u e6  int  iefu  cti  p au3t  * po  ue  et  4 fa  p faute  8u 
tîp s ncftoçf  pas  6emie  p fa  t^perance  De  ec£ 
fu  ç par  q ui  fes  t e mps  fbti  t fait  j *iSt  qu  3t  fa 
p tarife  fut  6e  n ue  : if  S int  ce  fu  p q n o ? ftefin  ca 
Du  temps , iSt  nousDefiuce  Du  temps  nous 
fortunes  a Satie  a teffe  pDutafï  ete  ou  ifn^a 
nu  f tîp  s eecetu  f t effe  eft  ait?  Sue  8e  fap  ÿ 

tic  De  fa  pfajjeef  De  fa  tuafaSieSniuetfefie , 
po  u cce  q uc  q uâf  fa  mafa8f  e e [îo  çt  6 u iu  ec  fef 
fe  eeftoit  c^ofe  côueuafi  fe  8e  ç mettre  meDcct 
ti  e 6 niu  e tfe  ffc/8oti  f faint  £)  u gu  (lit)  8tt  4 fe 
geanf  m^iee  SftaDonc  fa  çr8t  tuafaDie  q geÿ 
fait  p f o ut  fe  tu  ou8e  îc8  me  feg  fife  De  nio  nftzc 
et)  feptî  anciennes  q font  efiâtees  et)  fa&u£t 
8euaffanatiuifei£tm5jïtefemuftipfietu?Ê 
8e  fa  mafaD  ie:  j a c f* afaitj  if  ceq  uie  et  fe  êe  m e 
De  Du  tu  e D rci  i)  ;(ta  uff^  au3t  fa  8 u it  Du  f i fj  De 
DieuetjcÇaiteflionsfgnoianSiiaucugfejeÉ 
oSft'gej  au;p  p ai  n es  gDucaÛiesifageu  s aup 
DiaSfes  fie  3 De  mauuaifes  co  ufhunes^  enue 
foppet  et)  fenefaes  iz  tÇaffe;  De  no(he  paçsstf 
pouece  auto  us  mefliec  De  Docfeue  De  reDetu  ÿ 
pfeu  t/ De  D efiu  teut/  De  fo  u fï  taçe  ur/  8e  enfti 
tu  iu  eu  r/ft  De  fa  u fu  eut:  a po  uecc  4 u 0?  e (ft5s 
ignore  (tuions  mefliec  Defïeeeufcignej  : ef 
pource  Sifousuous  et)  fa  Bmiere  antienne* 
£D  fageffe  q ç(fe^  Çois  De  fa  SoueÇe  8u  Çauft 
Dieu*$ite  Senej  uo^enfeignet  fa6o^e  8c  fai 
ge  fjr*tu  ais  petit  pio  u fitaft  cefa  fe  n c fuffî8s 
enfetgue3  De  fopf  fe  nous  ne  fuflîonspoinf 


3- 


V 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


LA  LÉGENDE  DORÉE  EN  FRANÇOIS 

IMPRIMÉE  LE  6 SEPTEMBRE  I | '}  p PAR  NICOLE  DE  LA  BARRE  POUR  El  MON  VOSTRE 


Dernière  pnge  eriw  l'rfchevé  a imprimer, 

ÎDefamcre  ©friKtffefue*  ^fue#Tet,cwfltfî 


aouflcrfafatntfeDtfmcfrsOfeÿijffei;  fluoçt 
f i fe  feua  Srtg  granf  o:age  De  pfuçe  d8e  fient 
qmmouftt<DU0fafceouutters/efefrefeSfl 
m et f re  fl  f er  <e  eij  oiaifo  t}  n tnrfl  Unît  fa  p fuçe 
ceffaou&ïf  djâp/p  cjjcoçt  furfo? 

0 emifroq  * par  fein  £ affoft  Sne  força  fa  fa  tn  £ 
cfe  M^efûuOédrifmcnffefeiiagtflrifNm 
pefle  8e  Sent  quf  fa  nef  granDemft8e0afo|?t 
(ïfee  SnDes  fifojtfafftnenorçentquefanef 
a 0ici)  peu  eflott  couuerfe,  lois  effe  fS8t£  fes 
marne  au  aefep)  <equer5t  fa^De  De  noffre  fri 
gneue  : (t  fauta  flfafîpeflc  fi ut  pa  ffee*  £0  ouft 
8autres  mitaefrs  fana  nom0ic  ftfl  nofïtefcf 
gtieu  t po  ur  famoitr  8e  fa  fam  1 f e/  fai}  (Te  8 e fy 
q uift  et}  et  fl  fîeeft  p fatn  1 0 1 Sce  f us  p 8r  0 jen  B 
p fus  De  q mut  8 i n g f 5 ans:  (t  efTc  f te  fp  afffl  fe 
froifïefme  (out  8e  j^uÈct/puis  f«ï  eufeecee 
au  motif  Dtparfs  wfti®  oppeffe  mon tpafc et 
mafntenâf  Dit  fe  mont  (atnrfe  gcneuicfuei 
fegfitfefatnt  piètre  p (aintpauf:  fa^ffe  c3e0ie 
tft  au  gmîctmîf  fc  roç  (bçs  taDis  appeffr  cfb 
«ça  fifl  fatrefftetrcmft  Scfafiicrgepûurqf 
omoutufifl  graeeflmaïfî  pi  îfônitmM  fotj 
f rcfpaffi  menf/d  aptes  aDuinlieuf  moufif  De 
0 eaufp  mieaefes  * Hu  frpuf  63e  8e  ta  farnefe 
Stcrge  fut  apoife  8ng  feunc  Çôme  q eflorçf  fï 
m aftiDe  0 e fa  pictre  3 fes  firçsuauorëf  nuffe 
cfpeiSceSefa  8fe/erç  ^r5s  pfeursdDoufcuts 
fe  omenerîf  eij  rei}rât  farç&c  De  fa  Siergc/fliS 
fofî  aptes  feue  oiaifS  faicfefa  p iettefep)rçf|ïf 
p fufau  (frç  faiijef  torçcup  c5e  flf  ncufloncqs 
eu  mafaDic.&ng  auf  re  ij&me  rçSlnt  qui  Sou 
fm(  (ers  0 cfo  ngnoç  t au  0 im  en tÇe/  fïfc»>  p m 
gnçfnoflref  ^neur:cfldffurç  fifftsmafns 
fî  confrairï  es  q uif  n e po  uoçt  0e  fongn  et  aup 
flattes  i ours/tf  faj  repemçfl  (i  ceu3ea  au  pe 
cÇte  dS(utaufom0efluDefa8t£eae:{tfffeeqs 
pfoura  S^ffa  d ptta  Ècuofctïif/fe  feij&emafi) 
ii  tourna  fout  fa fy  fouant  noflte  (ef antur 
et  fa  Si  erge,  Sptrs  fe  f eefpflffemcnf  De  fa  fle? 
notfleSierge  ma  Dam  e faïete  gmeui efue 
afpguce  S ne  iflmpe  a foij  fepuCeteeif  faqurffe 
f^u^ffe  fbui8ogt  comme  feaue  cp)  fontaine . 


^Ceoçs  0e8te  Serf  us  t fatfoif  nojfeefctgfU 
taifefeuçar&oçtfouftours  % (§ntfft point 
itflp  p ef  (ffo  tt:  fif  uç  ffe  Tes  m a fa  Des  guaei  ffo  if 
flfn  (1 0 um  f f fa  Stctge  tôt  poteffem  £ nt  q p fa  s 
(jaBonDammcnt  oeuurc  es  ornes  pot  fes  mw 
rifeftefpfatueffrment*Sufepufeee  De  fafitef 
ge  8 tnf  Sfi  g $0  m me  q uf  8e  fong  f îp  s uouoi  f 
p a 1 fe  n e S eu  me  fes  tfetQ  c^an  te  renf  ou 

tom  mujj  De  fa  m eff ttJ\ ffurntu  a fatittf}  tuanj 
fu  p er  fe  eu  u uj  f uuuj  .iC  eflfl0  ici  ;fîte  Dieu  eu  £ 
fumme  fa  face  fut  foi)  fetuffeut  * Jfpflifflef 
8 eit  p ai  fa  grâce  8e  & f eu  ef  De  foi  nef  e <Ü5ene 
ufefue. 


H faneur  et  fouenge  De  fteu  fepecefoi  ! 
puiffa  id/Se  fa  Siergi  S^arie/ef  8etoufe  fa 
corn  t cefe  flieffe  De  paeaDis/  oef!  oc^eueeDe 
(mpitmee  o padsceflcpiefmte  fegcnDcej) 
fe9to^s,paematftcc  JHicofe8effl0arce  8cÿ 
mourantei)  fo  iuc8eCa$flrpe8euâfrefru8e 
fr5ce  pour  fe8(t  Defa  8am/ef  pour  ^mojj 
Soflee  H0iaire8emouranf  eqffltucncufue 
nûflreSameîflfeflfcfgne  faintJeÇflqfeuagc 
fifle  *ïm)mtfquflfrectns  quatre  Srngt^  et 
Dtfpneuf/  Xeffptrfme  iom^t  Sepum^ 


ATELIER  DE  NICOLE  DE  LA  BARRE 


293 

Cette  édition  de  La  Légende  dorée  a été  faite  par  Maître  Nicole  de  La  Barre,  de 
compte  à demi  avec  I éditeur  parisien  Simon  Vostre.  La  marque  d'imprimeiiT, 
avec  la  devise  Bénédicité  et  uolïte  maUAkm  : hcc  dixit  Dominas,  occupe  le  verso 
du  dernier  feuillet  : 


Ce  livre,  ia  plus  importante  production  de  Nicole  de  La  Barre,  est  d'une 
rareté  extraordinaire.  Depuis  des  années,  nous  !e  cherchions  vainement  dans 
tontes  les  bibliothèques  de  l'Europe,  lorsque  lions  avons  fini  par  le  découvrir 
chez  un  de  nos  amis  qui  a bien  voulu  le  céder,  par  notre  entremise,  à la 
Bibliothèque  nationale  oîi  il  ne  courra  pins  le  risque  de  disparaître,  comme 
c'est  le  cas  pour  certains  livres  raies  dont  la  trace  est  suivie  quelque  temps 
et  qui  finissent  par  s'égarer  dans  les  collections  privées. 

Le  2 octobre  1499,  Nicole  de  La  Barre  imprimait  pour  Alexandre  Aliate, 
de  Milan,  alors  installé  devant  le  collège  de  La  Marche,  à Paris,  un  petit 
livre  in-quarto,  !'  Ekgtmtuimm  precepta , dont  voici  l'achevé  d'imprimer: 

C EleçaMl  a i fl  cçplfl  ozatlonü  t>e  lûtf n là  oia  rion  ibu  b q:  tta  t et5 
pon^iDi'e  ‘Ticcnon^kccpiadcpnuaiiimi^miiiwuTn  biojitcr 
Heurêiitio  t>c  va  Lia  vi  «Lioiunitidïe  collecta  felïcïlci  fimuni* 
pjcItiJmlPaïiriuepcrlHlcolaijm  De  barra  manibuoHUgilïrü:  jp 
Hlejràüio  alyaie  DeZDeoïolano.  Cômoràlc  ante  collegïfl  ït)ai  ebe 
3nn  j oonu  ni  tri  i lïdîmc  q uao;  pigé  i ef;ujo  u ona  gefi  mortono  * 0 ic 
wi  o fecunuamenfïo 

Le  caractère,  différent  de  celai  de  La  Légende  dorée,  provenait  des  fontes 
de  Denidel,  l'ancien  associé  de  Nicole  de  La  Barre.  (Voir  alphabet,  p.  264.} 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


^94 

Le  3 o avril  j 500,  Nicole  de  La  Barre  imprime,  a son  nom  seul  et  à 
] adresse  de  la  rue  de  la  Harpe,  La  Vie  S aï  ne  te  Régné  3 vierge  et  m art  ire. 

Le  dire,  en  deux  lignes,  est  suivi  d'une  petite  figure  gravée  sur  bois  à gros 
traits,  qui  nous  montre  la  sainte  tenant  la  palme  du  martyre  : 


Le  verso  du  dernier  Iciniiet  est  occupe  par  deux  petnes  figures  sur  bois, 
dom  l une,  reproduite  ci-dessous  en  fac-similé,  représente  le  martyre  de 
sainte  Lnce  : 


C'est  une  copie  du  meme  sujet  que  !’on  trouve  dans  l'édition  de  La  Légende 
datée  ; imprimée  par  Jean  Du  Pré  en  148p.  (Voir  t.  Pr,  p.  2yo.  ) 


ATELIER  DE  NICOLE  DE  LA  BARRE 


295 

La  Vie  Smucre  Régné  est  un  petit  in-quarto  de  13  feuillets,  dont  chaque 
page  contient  trois  stro plies  de  onze  vers;  ii  se  termine  par  un  achevé  d’im- 
primer donnant  le  nom  de  fauteur.  Maître  Jean  Piquelin,  chapelain  de  la 
sainte  chapelle  du  Palais  royal,  a Paris  V Le  caractère  nous  a paru  être  celui 
de  Denis  Mes  lier,  un  peu  usé,  comme  dans  le  livre  précédent.  La  pièce  de 
vers  finale,  en  rimes  entre- croisées  et  reilou Liées,  à laquelle  se  mêlent  des 
rébus,  est  d'une  facture  assez  originale.  En  voici  le  fac-similé  : 


3fttejHma0feno0fe 
ÆJuiiatttcfafteBifu 

6e  CMp«  et 

H iejue  ftfj  De  Dieu  fe 
fia  d k anufft  foiee  mm 
/ïuf  6fc[me  iwe  ni  foefje  im 
iZtfaomftHvLÏfcwta 
Ski  mc£e  tegne  tu  fauc  et 
|D  1 ur  tant  S teege  et  pu<*f!e 
jetepr;  wtttpttoft  fes 
ffîue  fa  cjjaic/fa  6ga0re/£f  fe 
£>ont  fur  mo^  meme  Dont  fuis 
Ætemdfeioçertfbu 
ïafucÉubomu  tcûfup 
Je  ttims  atoç  criant  $ef 
jHouS  a moutonner  te 


6amc 

pete 


#e  mttj  6e  facteur  fîf  Bo?  pfoift 
SÛut  fa  fegen  6e  a fait  g mettre® 
^Craituerce  patcegcâfcoupfet 
pienant  feepimerc^  feawe 


finit  fa  fegê6e  mo&anK 
fainctc  RegneBiergettmatfite 
compojee  par  tnaf|fee  Jeflat)  pi* 
quefirç/  cfjapeffaii)  6e  fa  f ainct e 
cgipetTe6upafate^çaf  apariff 
0t  impiimee  par  roaijtr  nfeafe 
6 e fa  Oacre  6attourant  eq  faoie 
6efa  Çetpeaparie  Jarç  mif  cinq 
cens/  fe  6cuûn:umt  6aurffi 


Ces  caractères  sont  fes  mêmes  que  ceux:  du  texte  de  La  Légende  dorée , qui 
provenaient  du  matériel  de  Denis  Meslier. 


’ Cetie  cdiiïon  rarissime*  dont  Ees  bibliographes 
ne  font  pas  mention,  faii  partie  de  la  §ibliotlux[iic 
du  baron  James  de  Rothschild.  Elle  est  minutieux 


sement  décrite  par  Aï.  hmife  Picot > membre  de 
riiisLimt,  dans  le  Catalogue  des  livres  composant 
cette  collection  (t.  br,  p.  aSj’-iSS). 


1 96 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Les  mauvais  vers  de  la  fin  sont  acrostiches.  En  prenant  la  première  lettre 
de  chacun,  on  trouve  le  nom  de  Johannes  Piqueli.n  : 

Inestimable  noble  dame 
Où  n‘a  tache  ne  vimpère ( 

Humble  espouse  de  corps  ci  d£àme 
A Jésus  filz  de  Dieu  le  Père. 

Noble  ancellc  soies  moy  mère. 

Nul  blasme  n£as  ne  niche  immonde, 

El  là  où  est  d oui  leur  amère 
Saincie  Régné  lu  lave  ci  monde. 

Pour  tant  vierge  cJ  pucclle  monde 
le  Je  pryc  rompi  iost  les  inis£ 

Que  la  chair,  le  dyable  eJ  le  monde 
Vom  sur  moy  mectrc  dont  suis  mis 
Eternelle  joye  et  soumis. 

Là  sus  lu  donne  à les  suppôts, 
le  viens  à Joy  criani  lieimis, 

N£onblie  à moy  donner  repos. 


Le  23  juillet  1500,  de  La  Barre  achève  l'impression  d£unc  Dame  Macabre 
avec  quelques  petites  figures  sur  bois,  dont  voici  un  spécimen  : 


fljCpfincia  oâce  matab^autsqa 
ksirfct3De0rrop5mo^ctDC0trops 
toifo  ïmpîtmcca  patt'Bpat^aüfre 
fàkùiC  te  ta  barre  temoutat  en  ta  rue 
De  Ut)erpr  oeuâtlrftu  te  france.Han 
imita,  tte  tout  bcïufHfl 


A la  fin,  on  voit  la  marque  de  Tréperel  pour  le  compte  ducjuel  1 ouvrage 
dut  être  imprimé  ou  qui  en  avait  partagé  les  frais  avec  de  La  Barre. 


ATELIER  DE  NICOLE  DE  LA  BARRE 


z97 


Le  livre  est  exécuté  avec  un  caractère  gothique  de  forme  lui  peu  carrée, 
dont  se  servaient  Tréperei  et  Michel  Le  Noir,  sou  gendre,  (Voir  alphabet, 
p.  161.)  Outre  les  petites  gravures  intercalées  daus  le  texte,  on  eu  remarque 
une  grande,  représentant  le  Jugement  dernier,  qui  occupe  toute  la  page  et  que 
nous  reproduisons  ci-dessous  en  fac-similé  -, 


Cette  composition  du  Jugement  dernier  a été  exactement  copiée  quelques 
années  apres  à Rouen,  dans  une  édition  in-quarto  des  Pastilles  et  E^ositnms 
des  Ephtres  et  EvangHh  dominiadles , qui  paraît  être  soriic  des  presses  de  Laurent 
Hostingue,  Le  seul  exemplaire  que  Ton  connaisse  de  La  D<um  Macabre  de  Nicole 
de  La  Barre  se  trouve  â Londres,  au  Musée  Britannique. 

Les  aimes  livres  que  de  La  Barre  a imprimés  jusqu’en  1500  11e  sont  pas 
datés,  à deux  ou  trois  exceptions  près-  Ce  sont  des  ouvrages  latins,  généra- 
lement de  petits  livres  de  théologie,  de  poésie  latine,  de  dialectique  ou  de 
grammaire  à l’usage  des  étudiants. 


jjhujjii  au  m -r Jl'H-W- 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMEftlE  EN  FRANCE 


On  voit  quelquefois,  an  commencement  ou  à la  fin  des  éditions  de  Nicole 
de  La  Barre,  de  petites  figures  sur  Lois  de  diverses  provenances,  qui  n ont  pas 
toujours  rapport  au  sujet  du  livre.  C’est  ainsi  que  I on  rencontre  la  scène  de 
lu  Viskatim  sur  les  Régulez  Dccimarum  d'André  l’Espagnol,  sans  date  : 


Parmi  les  livres  de  théologie  qui  sont  sortis  de  ses  presses,  nous  citerons 
les  Exempt  et  sacrée  Sa'tptnrce,  datés  du  20  novembre  1500*  un  Psalterium  eu  ut 
Itymtiïs,  de  la  meme  année,  et  ie  Spéculum  Cumtotvm  f on  Miroir  des  Curés, 
suivi  de  la  manière  de  se  bien  confesser,  par  Arthur  Fillon,  grand  vicaire  du 
cardinal  d’Àmboisc  et  curé  de  Sainï-Macloii  de  Rouen.  Le  volume  se  ter- 
mine par  cette  admonestation  en  français  adressée  aux  pécheurs  endurcis  : 

itttedïiG  efcefHerio  qui]iLe;  crftfbvrtoi'rt  autant 
pend  a loeil.  ÏLalflf  j lafflO  fartdtequf  ûuc$ 
ffmpeïojo:durrBîpfcbej.lHattfn4tîpJt/3  8 ce 
ma  lu  a f al  rt  pr  nî\  ence.  fa  i ckj  f à r q ttait  fo  y n m 
cfptnlleurüàgerDeertrertïrrifüenim&amnqî: 
ce  b frik  U ur  e pjrn  rç  k tbtmi  n ls  g loi  rr  ot  pas 
radia  ftltu  ngtia  l a t>oint  a tcuo,  ^nieit> 

fîMja 


La  plupart  de  ces  livres  sont  imprimes  avec  les  memes  caractères  que  ceux 
employés  par  Denidcl,  1 ancien  associé  de  Nicole  de  La  Barre. 


ATELIER  DE  NICOLE  DF  LA  BARRE 


*99 


De  La  Barre  sest  servi  d'un  caractère  de  bâtarde  de  i z points,  dont  voici 
l’alphabet,  reconnaissable  à la  majuscule  M d'une  forme  particulière  : 

£B  Uv  S ^ 

a9c8efgÇifm  tijnrçopqrifcttiSipy}; 

Cbffpaffft  , d 0V p iK  il  efl g*  î t*  m*  il  n-  3 j3  ,p  p 
q q g>  ÿ £ P : ï f 

C'est  avec  ce.s  caractères  qu'il  a imprimé  le  poème  d'Henri  de  Settimeilo 
ou  de  Septmeules  sur  la  Mauvaise  Fortune  : 

$ tt  xi  fiCtriiittoSurtiîE  gjpflupewrij 
tîqmm  cofcflfojfunflrçafgj  pjjifofopfiifl  tprç 
nrcfdmUn), 

Q&omrôofofa  fcGrf  fttt 
ingemifaftp$, 

jfacttôtfut  f iiiîa  if!  gur  pifus 
Spamaf* 

£é  fïe  tfoitum  gucrat^  rut  nefcioVgutt» 
petfiSa  tnrc#fjisr«tp{fl  pjto  Bia  pari, 

<Qît  ftu&  oppaotoits  fü  etc  faatfj  faffufa  iïufgu 
ÎDeSe *UG  agnofaf  pfafea  (üta  turauj* 

40e  mftfïrdt:  /uGfanrtàrtf  fîftiffwe  ofe; 

SX  monfhm  monfïtoj  Srîeauofue  ego, 
fioma  ganfipÇ^ftn?  maftuq^aiejjtoiï 
ÎDemeMiftcane  inopîtt  futftamaurt 
Coïtait  a Irt^a  mftji  mufta  acama  rojïrurç 
jfi)î  mit<6  «fini  fin$Ü : ef  liïe  catmtj* 

^urGa  mofenSiiu  ; gtep  futm  ; contfo  fctnpÉt 
jjij  mca  fccuntici  SSociGus  alfa  (citant* 
m : pmKrf  najo^fi  mufa  imiwme'i  a 

Les  imprimeurs  de  Poitiers,  Bouyer  et  Bouchet,  se  sont  servis,  vers  la 
même  époque,  (Finie  fonte  des  mêmes  caractères. 


38. 


300 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Il  n y ;i  pas  dantre  titre  a cet  opuscule  que  le  titre  de  départ  se  trouvant 
en  icte  de  la  première  page  reproduite  en  fac-similé  à la  page  précédente. 
Cette  impression  est  sans  date^  le  nom  de  Nicole  de  La  Barre  n'y  figure  pas, 
mais,  au  dernier  feuillet,  on  voit  .sa  marque  avec  son  monogramme  et  la 
devise  : Bcnedklte  et  no! ire  makdiœre . Hec  dieu  Dinnhius  : 


Cette  marque,  qui  représente  Adam  et  Eve  dans  le  Paradis,  est  celle  que 
de  La  Barre  employa  tout  d abord  et  pendant  son  association  avec  Denidcl. 
Il  la  fit  ensuite  graver  de  nouveau  sur  le  meme  modèle,  en  ("agrandissant 
de  7 millimètres  en  hauteur  et  en  largeur  et  il  la  modifia  quelque  peti  en 
ajoutant  des  arbres  dans  le  fond  de  la  perspective  et  en  mettant  son  nom, 
M.  Nicole  de  La  Barre,  au  bas  de  la  bordure.  Cette  marque  de  second  état 
est  celle  que  Ton  voit  à la  fin  de  La  Légende  dorée  et  du  S dire  Régi  un  eu  jrauçop. 
Nous  lavons  reproduite  plus  haut.  (Voir  p.  273.) 

Apres  avoir  imprimé  La  Danse  Macabre t il  change  de  demeure  et  va  rue 
Saini -Jacques,  on  nous  le  retrouvons  établi  an  Graut  Saumon,  en  face  de  la 
chapelle  Saint-Yves.  Il  s "installe  ensuite  un  peu  plus  liant,  du  meme  côte  de 
la  rue,  a l'enseigne  de  la  Fleur  de  Lh1  couronnée  [suh  coronaro  U lia).  Cette  maison 
doit  eue  celle  marquée,  sur  le  plan  de  Lcnoir,  à côte  de  F Ecrevisse,  presque 
en  face  de  la  Ro.se  Blanche  couronnée. 

A partir  de  ce  moment,  de  La  Barre  adopte  une  autre  marque,  qu"il 
emploie,  soit  simple,  soit  plus  complète,  en  Fen cadrant  au  bas  avec  son  nom 


ATELIER  DE  NICOLE  DE  LA  BARRE  301 

en  eitJier  sur  une  bande;  les  autres  côtés  du  cadre  sont  feuillagé^  et  le  mono- 
gramme  de  l’imprimeur,  souienn  par  un  ange  barri,  sy  irouve  répété  ; 


II  changea  plus  tard  ceite  marque  en  une  autre  sur  laquelle  figure  son 
enseigne  de  la  Fleur  de  Lis  couronnée , avec  deux  cœurs  dans  des  nuages,  aux 
monogrammes  de  Jésus  et  de  Marie  : 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


302. 

Dans  le  bas,  une  barre  avec  son  nom  latinise  en  De  Barra  au  milieu  d'1111 
cœur  traversé  par  une  flèche;  an-dessus  du  cœur,  deux  têtes  de  mort,  et  au- 
dessous,  deux  os  de  tibias;  deux  anges  avec  îm  écu  barré  déroulent  autour  un 
philactère  sur  lequel  on  lit  cette  devise  lugubre  : Mors  omnibus  eqna  «la  Mort 
est  égale  pour  tous».  Dans  la  banderollc  dn  bas,  la  majuscule  M,  désignant 
son  grade  de  maître  ès  arts,  est  suivie  de  la  lettre  N,  initiale  de  son  prénom 
Nicole,  et  se  termine  par  son  nom  De  La  Barre,  en  toutes  lettres. 

À droite  et  à gauche  de  cette  marque,  on  trouve  quelquefois  ajoutées  ces 
sentences  latines  ■. 

Proad  lnncf  procul  este  severi; 

Duttt  fata  siuunt,  rivite  kri. 

Loin  d’ici,  tenez- vous  loin,  gens  moroses.  Tant  que  la  destinée  le  permet,  vivez 
joyeux. 

Non  habemm  hic  civirareru  permanent  au 
Sed  jimmuu  ïnqnirimus  [Pau lus  apostolus). 

Nous  n'avons  pas  ici  h cité  éternelle,  mais  nous  sommes  en  quctc  de  la  cite  future 
(l'Apôtre  saint  Paul). 

L'exercice  de  Nicole  de  La  Barre  se  prolonge  au  xvT  siècle  durant  une 
vingtaine  d'années  environ.  C'est  pendant  cette  période  qu'il  a le  plus  pro- 
duit. On  connaît  de  lui  des  Heures  à P mage  de  La  u grès,  qu'il  a imprimées  sans 
figures  pour  Martin  Alexandre,  libraire,  son  voisin,  demeurant  k l'enseigne 
de  la  Croix  de  Bois,  près  de  Saint -Yves.  11  s'associa  temporairement  avec  Gaspard 
Philippe  pour  une  édition  du  Chasteau  de  Labour  de  Gringore,  avec  illustra- 
tions. Les  bois  de  ce  livre  appartenaient  au  libraire  Simon  Vostre,  qui  l'avait 
fait  imprimer  pour  la  première  fois  par  Philippe  Pigouchet,  en  i4pp-  Enfin 
011  cite  encore,  parmi  les  principales  productions  de  Nicole  de  La  Barre,  une 
édition  de  La  Mer  des  Cm niques  et  du  Mi  rouer  hïstofml  de  France,  par  Gaguin, 
in-folio  illustré  de  figures  sur  bois;  on  y retrouve  des  planches  de  Histoire  de 
la  destruction  de  Trope  la  Grant,  imprimée  par  Jean  Bonhomme,  en  1484. 

Nicole  de  La  Barre  mourut  en  1522  et  fut  inhumé  dans  l'église  Saim- 
Hifaire,  près  des  fonts  baptismaux. 


CHAPITRE  XL 

L’IMPRIMERIE  À PARIS 


LES  PETITS  ATELIERS 
(j  45?o-j  500) 

Germain  Bineaut.  — Jean  de  Coulonce*  — Rohîn  Chalot*  — Michel  Toulouse*  — Laurent 
Philippe*  - — Jacques  Mourait.  — Guillaume  Du  Bois*  — Pierre  Poulfîdc*  — Guillaume 
Migiicirl*  — Guillaume  Gnerson  de  Villelougue.  — Jean  Driarl.  — Bapliste  Rourguel*  — 
Nicolas  Higmau. — Alexandre  Âlîate  de  Milan* — Antoine  Chappîel*  — Jean  Poitevin. 
— Nicolas  Desprez.  — Robert  Gourmoni.  — Gaspard  Philippe.  — Jacques  Mérausse* 
Narcisse  Brun*  — Ateliers  anonymes. 

Dans  les  dix  dernières  années  du  xvc  siècle,  à partir  de  1 4<?o,  °ïl  vou  sc 
créer  à Paris  plusieurs  petits  ateliers  qui  succèdent  à d antres  précédemment 
établis  ou  qui  opèrent  modestement  avec  un  caractère  ayant  déjà  servi.  Au 
nombre  de  ceux-ci,  nous  plaçons  en  première  ligne  Germain  Binkaut  011 
Beneaut,  imprimeur,  à l'enseigne  du  Saumon,  devant  le  Palais.  Le  caractère 
de  bâtarde  française  de  Pasqtiier  et  Jean  Bonhomme  passa  entre  ses  mains 
après  que  ce  dernier  eut  cessé  d'imprimer,  le  30  juillet  i/\$o. 

Le  4 octohre  suivant,  Bineaut  faisait  paraître  L Amant  rendu  Corddkr  eu  obser- 
vance damoim  y composé  en  rime  française,  par  Martial  d'Auvergne  : 

3mp:fmca  parte  au  faufmoq 
Suant  ù pafthpe  par 
Bineaut  Üi&iaire  eHmpiinwue 
£e  iiîi  tour  frxfofce  Lai)  jüJïE  <E€€C 
flffpJMtp 

ôp  ffnc  filmant  renîu  rorîtffer 
ttj  ft0fmianct  Samour$ 

D'après  une  indication  du  premier  catalogue  du  duc  de  La  Vallière,  citée 
par  Brunet,  Germain  Bineaut  se  serait  associé  temporairement  avec  Pierre 


HTSTOIRE  DE  L4MPRÏMER1E  EN  FRANCE 


304 


Levet  pour  une  édition  de  format  in-quarto  des  Cro niques  abrégées  des  Ro/s  de 
France,  (Voir  t,  1er,  p.  44  i ) 

Le  20  décembre  de  la  meme  année,  Rinçant  achevait  une  édition  de  la 
farce  de  Maistre  Pierre  Patheiin t avec  les  mêmes  caractères  : 

«EjppRctf  mcufï:e  pferre  pat  Çefftj 
J-mprmc  a par  te  au  faumû  ScuÆt  fe 
pafote  pargermaï  fî^n&ïutîprtntcuc 
fe  pp  me  tour  EcSeûtmBrfc 
fat ) ttttf  uil  c mi  pp  et 

On  trouve*  dans  ce  livre,  des  figures  sur  bois;  ce  sont  les  mêmes  illustra- 
tions que  celles  de  ledmog  que  Pierre  Lever  avait  publiée  Tannée  précédente 
en  même  temps  que  le  Grant  Testament  de  Villon  ; 


8ee 


PaÉÇefirç 

’Pietj  ca  'fffetj 

ta  Ecfontfne  efl  eBV  6ten  faute 
Ce  Ëerÿkv 
Cee 


paffcRrç 

Deacrfî  trop 

Srappier 

l>a  9oue  ne  ffaue& 
comment  & trop  efï  enc^erp 
trefïout  éc  Biiiaif  efl  péri 
trfi  puer  par  ra  grant  fio  iSurc 


F Amant  rendu  Corde/ ter  f le  Patheiin  et  Les  Cm  niques  de  France  abrégées — nous 
ifavons  pas  vu  ce  dernier  livre  — sont,  jusqu'à  présent,  tout  cc  que  Ton 
connaît  de  cet  imprimeur,  11  avait  son  atelier  rue  de  la  Calandre.  Sou  fils. 


LES  PETITS  ATKLIEÉS 


305 

Guillaume  Brg/iaiilx  » 011  « Bîneaulx  * , cj  11 1 figure  sur  le  registre  Hècion  du 
Châtelet  en  1488-1^89,  est  qualifie  de  ■<  vendeur  de  livres  imprimez»  et  aussi 
d’n  imprimeiirn , Il  travaillau  avec  son  père,  chez  lequel  il  demeurait  § 

Jean  Dr:  Couloncl,  « demourant  à Paris  sur  le  pont  Nostrc-Dame,  a l'en- 
seigne des  Chiintm s'intitule  plus  tard  ■<  Imprimeur,  libraire  et  marchant, 
demoiir;uit  en  la  rue  Saint-Jacques,  a l'enseigne  des  Chaums»\  il  publie,  à la 
date  du  2 juillet  1492,  des  Heures  h /'  usage  de  Romwe . doni  nous  reproduisons 
ci-dessous  le  fac-similé  de  l'achevé  d'imprimer  : 

ïZcGpwfentte  feuits  (tûifaçc  br  2fvô 

mt  furent  dcfleueca  fe  Snifîcnie  tont  6c 
init&Lfiût)  be  grâce  (Çiï  quatre  cctit^ 
tre^înçff^etSüijucpout  *31^  6c  ccufïSce 
ft6:mrebcmaut3f  avaria  fiisfcpSt  ntt 
bamca  ttnfeignt  6côc^3trc^ 

Il  est  dit,  la  fin,  que  ie  livre  ;t  etc  imprime  pour  Jean  de  Coiiloucc,  ce 
qui  petit  prêter  à double  entente-  Toutefois  il  est  certain  que  Jean  de  C011- 
lonce  monta  plus  tard  un  -atelier  typographique  ei  qu'il  imprima  plusieurs  livres 
d'heures,  tant  pour  lui-même  que  pour  des  confrères 2. 


hh  Giiilljimne  Bigtjeaulx,  \eiideur  de  Jivre$f|e 
im  jirêssid  n , deiiiüiimii I n I:  |dace  Mauliert»  -avail 
L'I é |rr('té  mie  |i rtru  1 1 L'rtr  idis  Je  Z sc |i Itrin lirtr  i 
avec  «Maihic"  Fa  rai,  clerc  libraire,  <1  trn ki n r-ini  en 
l;t  roc  Sainl  - Vlctdr  ».  Tu  us  deux  f'nrenl  nam  tnt? 
I ■ ri s< ■ n n iers  |ur  Oilm  Raheau  H serge  m a verge.  CVsi 
assavoir  ledit  Mathieu  a hi  reijtiesie  ilmlit  Guillaume 
|i :irctr  i| ntr  le  |ircmier  jimr  de  may  devraiu  [lassé 
iceJJuv  Maihieii  lui  liailla  un  cdii|i  ik  (Ligne  jusqnes 
a |i|aîe  cl  grain  eftusidii  de  sang  lui  tri-tHin l en  la  ne 
Saint ■ Vlclti r au  mokn  duquel  coup  il  en  tin  huit 
jdtirs  au  li  i co  ni  me  il  (fit,  e L ledit  Guillaume  ;i  la 
reqneste  (liulii  Mathieu  [lotir  mettre  k tas  au  vray. 
El  sur  ce  ester  a droit  hh,  (Archives  nationales, 
Y 3 z 66 , fii],  vB.)  — « GnilLutiii  e Bigtiaulx,  veu 
(leur  de  livrer  ini|i  ri  ni  ezH  déni  oui  an  I en  l os  tel  de 
sim  jiére  en  la  rue  de  la  Calandre  »,  fitt  -arrête  nue 
seconde  fois  le  dimanche  28  nnvem lire  i/f88.  Le 

6 janvier  soiMiil,  w Binemilx,  iin|iri- 

lueur,  demouran  t dans  Ja  me  de  La  Gillandre  »H  esi 
arrêté  avec  « Maistre  Jeliag  Hoii|i|iinejn , escullier, 
déni (i uran l en  la  rue  il  11  Kding  »,  d «Ollivier  de 


B111  ■es,  escdlier,  démolira  ni  en  bdile  riiedu  L'ning 
Tous  trois  a\  aient  Clé  « amenez  |irisd n 11  iei^s  par  le 
gnel  à dix  heures  île  nuyl  |iarce(|iie  envirdii  ladite 
heure,  ilz  liirenl  imm  ez  jirês  l'égJise  lies  Cmdeliers, 
rauldaiis  sans  rlarle;  led.  Ollivier  de  Bures  garni 
iTune  dague  ( 1 1 1 i y est  cunlre  les  cri  1 il  (irddii- 
n a nces».  Arclii\ es  n jiki unies,  Y^zdé,  fui.  it}t>.) 

Brunet  cite  an  nu  ni  ik  .1  ejui  de  Cmildii  ce  un 
CititiUïttthr  izi"  AVnmizr  1I11  z^  avril  ipj.On  cuu- 
serve,  fêtai  de  fr-agmcins,  a La  Hildiodi  eijue  naiiu- 
nak-,  ciui|  livres  d'h  cures  i{$l  a ini|>  rimes  :A  l'usage 

de  Qi-aim-s  ku\  âliiidiis,  ihmt  rime  ; caïeu  - 

drier  de  1503  â 1 520),  d'Auxerre,  de  l'uiliers  ei 
de  Jldiirges.  Ces  de  rn  if  ici  Heures,  du  z^  a\ril 
1 3 o4  (n.  st.'  jidrien  t Ibiiressc'  de  .Jean  de  Coiilon  1 e 
3\  ec  le  nom  du  Ijhraire  Giiillaume  Ui'siu.  LHêtah  lis- 
semeiii  de  Jean  de  CouJiiucc  cdiu  me  imprimeur  esi 

prdbablemeni  anterieur  a ces  djies  el  du  il  

1er  aux  dernières  aimées  du  \vf  siècle.  Il  avait  une 
marque  jiarhidie  : 11  ti  écussim  1 1 or lam  naiis  |iigcims 
place  (levain  un  jialmier  et  smileiiii  |>ar 
deux  cerfs  ailés. 

3? 


n. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMEIUE  EN  FRANCE 


306 


Les  bordures  de  ces  Homes,  composées  de  fleurs  et  de  grotesques-,  ont  etc 
empru niées  k d'antres  imprimeurs,  La  plupart  d'entre  elles,  gravées  sur  enivre, 
proviennent  de  livres  d'heures  que  Du  Pré  exécuta  pour  Verard. 


04&\xa  mabîufoujjrçi  meutt)  tnt 
tcniïc  Ôotrînc  afï  afHUumrôîï 
tnt  f ejfrnaCfoiîa  patdStctit 
?atà,3iff\\mpta  efL  pfa&nm 
I^^I>mititi6tcçfrtaaif  fccoien)  ïtmftte 
j^^^îbufus  cp  bofnÛJ9foitJ'tu^m2  et 
pimn^ît  fcC^ciJÛtj  f îtmauj't  oîüety  tetv 
te;  q ucfttômouefr'ftnOarafa  fcfttetua 
cçfuuc:  afcctifofLr  ce<ÿ[rca<trrrmiit 


q n<\V>  csbcbgîe  cil  pua  fcfo  (put  |epify 
ju^ecufa^tmcty&^ffupfa  c(ï  ,pfafm9 
^<giitfîÿuoiefJio  (afniij  j ne  f ac  et  19 
J Sû  tutc  tua  j ufiïca  m c jOc?  e ç p 
ojc  rie$mcrtrçaun0£pcrCL'peti6rt  tm'e  meï 
f)m  ûfi'cni  ifnnxpcft  rtburrfujmc  cÉfo: 
f^firriît  awimà  mety  p noi;  ,ppo(ijcrïît 
beiï  anfeton(pccfrij  fmnffccc  cm'jjj  buis 
djumitft  tneet  brTe  fu/erpf  oj  efï  01c  mcc. 
ïtiet  maf^mnicisffîci's  p ù)  yitatc  tua 
ifp9c  lOfoe; tfcftïtane  faaif  iraGo  i (zcofi 
te6o:  11  oî  frj  o Eue  q tf i Son  u } rfîQrïi  e $ oi 
f 0«  îatiQ  ne  mp\ \ i{i\  et  fvtptr  m im  i co  e \ n c 
^befpeçitocijfii6me9Cïfîa  patu'  (Lffô 
L/3  ErU  tma$  finit  tmerfîftî 

jA^J  cûpftuitateïacgÉf\ertnfî(îi  m/qtii 
" tate  pfefîîa  trie  opmrifïi  omm'a  pttiî  cotû 
fl)îtfgû|ÎJogriyjtft  tuan)  autttiftia&itû 
ïbïg  n a fa  fe  fueQomime  nos  b c9  fafu  ta 
ris  ut  (î  auerte  it an)  fuarç  anoCîffJJjm 
q5  îetemtJtt?  itafceti6iio0i$  aut 
ïtî  tn an)  a gmrrationc  iV)  çfcnerafioïtej, 
|Oe9fupuetfu6!üiiirf[Ca0ie  noo  <7"fcÉÏ6 
î 1 ara frf a 1 f eQ (îcn 5 eu oBi'a  Eric m latn 


L'une  dos  bordures  ro  produites  ci -dessus  est  rocou  n;feftblo  notamment  a 
la  devise  Espoir  en  Dieu,  en  lettres  gothiques  ornées,  quon  lit  dajis  une  bande 
latérale  à la  gravure  de  ht  Vkuanon,  Les  deux  dernières  lettres  sont  a moitié 

O 

brisées  dans  les  Heures  éditées  par  Jean  de  Coiilonce. 

Quant  au  caractère,  qui  paraît  être  une  fonte  neuve,  c’est  le  même  que 
celui  dont  Jean  Morand  sest  servi,  sept  mois  après,  dans  des  Heurts  a h usage 
sic  Rome  qu’il  imprima  pour  Geoflroi  de  Mar  nef,  (Voir  p.  20^-2  jo.)  Ces 
types  se  trouvaient  aussi  chez  Pierre  Le  Dm  et  Etienne  Jehannot,  qui  s en 
sont  servis  notamment  pour  fi  impression  des  Nuga-  Àitmmuun,  sans  date, 
(Voir  alphabet,  p.  250.) 


LES  PETITS  ATELIERS 


3ov 

La  plupart  tics  figures  placées  en  ictc  des  offices,  dont  nous  donnons  des 
spécimens,  paraissent  avoir  éié  gravées  aussi  en  relief  et  se  retrouvent  'dans 
des  livres  d’heures  signés  d'Etienne  JcliannoL 


9]uitfiirç  fmcti  mà$dï\  ftttôiïjpÿà 
!|  ficm  €5foita  tï6ï  Somïife* 

B!  piiWïpte  rraf  e cr $rxjt  et  Ue$tî  mt 

KI&  dmtt)  et  fferra  €Vû  t IjhÆj  j;,  fjoc 
tirtpjû  apn$  5ejl,âDi  a p ifitt)  facta 
fîît(ï  fine  ipfo  f dctiï  ï rtiVÇ  1 ffî  j j 0$  f actfî  1 
j itjipp^itacratcÉ^itacratftnp  ÇommS 
1 etùiçiytmtfaieûmtct  tmtàutm  ito 


On  ne  doit  pas  confondre  Jean  de  Couloncc  avec  Jean  de  Coulante  on 
de  Cowlancc,  dit  maître  Hans,  de  Coblemz,  établi  libraire  rue  tle  la  Harpe, 
n l'enseigne  de  t As  ne  rayé. 


Robin  Chalot  a public  tles  Heures  datées  du  2 juillet  1 Notis  u’avons 
pu  retrouver  ce  livre,  bien  cjuTI  existe,  il  a été  signalé  au  xvii[c  siècle  par 
Fournier,  tjut  dit  tjuc  ces  Heures  « furent  imprimées  avec  des  ornements  gtitves 
délicatement  en  buis1».  A cette  épotpic,  on  ne  savait  pas  tpic  ces  bordures 

1 Dhwaai'm  Mtr  /Wiçine  a As  ptvgrh  Je  tua  de  graver  mm  bw , par  Foukmelfl  le  jeune,  graveur  et 
fuikleur  tïe  caractères  d'imprimerie.  Paris,  de  l'imprimerie  de  J.  Harbuu , 1 75  S;  in  8',  p.  59. 


HISTOIRE  DH  L'IMPRIMERTE  EN  FRANCE 


308 


étaient  en  cuivre,  comme  on  eu  a en  depuis  la  preuve  certaine,  et  011  en 
attribuait  les  finesses  à la  taille  dit  bois.  D apres  la  description  de  Brunet  et 
la  date,  tjui  est  la  même  que  celle  du  livre  d'heures  de  Jean  de  Cotdonce, 
nous  sommes  porte  a croire  que  c'cst  un  tirage  de  la  meme  édition  fait  au 
nom  de  Chalot,  qui  n était  peut-être  que  libraire.  H demeurait  rue  Neuve- 
Notre-Dame,  à l'enseigne  de  Stihn-Yres,  prés  de  la  cathédrale,  ci  nous  ne  le 
citons  que  pour  mémoire. 


Michel  Toulousj-:  ou  Tholozï:,  imprimeur,  étaii  établi  an  Clos  Brnneau, 
h fa  Corne  de  Cerf  [in  tmers'igmo  Cornu  ûm). 

Sou  premier  livre  est  un  petit  volume  in-quarto  de  30  feuillets,  intitule 
Gnns  krem  Inmnnwuntn } qui  commence  sans  autre  titre  qu'un  sommaire  suivi 
immédiatement  du  texte  débutant  par  une  lettre  ornée  : 


£âïus  bleues  iRifuÉfotm  fclfctt  ïctptÏÏt 

rubiica  Di'ui 

dituri'nqimtuorptcî.TPumoponïtuM'nuo 
catiodiumf  nomi5  pa  quâ  De*  veneiartib] 
TJu  nofeofif  Becizdo  pomf  Dcicri'pfio  ipc* 
ri'alfflCulmio^prqetappetlatm]  ta^cau 
fia  efficice  ibj  impera  for  cefar  Eeicio  pom 
f eu]  prte  liberDiri^i'f  ibjrupidilegïï  l'uuftutj^tjar 
toponif  qda  rub  pti'ciitarl  ad  mgrü  pîojrime  fe^juta 
ibj  ictpït  ,pfoemfû  :Bn£el*  are  iRôcôtirtwafwr  CH  a ru* 
brCcaqKdn'ftuafibDebîfkriadprort  ,lii  >fF.üefta 
tu  bo'Ëlâ  eu  iït  priitcfpiû  nicbilatite  fe  babejc  pt  ad 
quod  cotinuef‘§‘  Diïcipuï]'  i proemioDigeftorniee  I. 
projds  ûc  vab,  fîg.  Ttpôfoîtie  porcua 
jmpmfoM 

© iuidif  l'rt  tre  0 P tes  pi  i rtc  fpa  I ce  totü  boc  pzobe  mi  iï 
v fq5  ad  fîné  I ice  t iboee  p 1 aect  i Dfuidat  i qu  i <$  IFtâ  pti 
mo  pom  1 111  q m b*  De  bet  ve  rfa  r / i pe  ia  tor  Bec  n do  p 0 
nit  $ lit  iuffif  n fa  rt  u5  il  lud  a d 1 p I etu  t ZTocib  nos  aD  ftu 
Diü  ejtljortaf.oftédédofructuoquj  fcquiïf  ejcaflïduo 
Itudio  &cdà  ibj  jÊUioç  Zczch  ibj  Büma  itaque 

5tc:ü  pm  a oimd  if  f Duas  p tco  q:  pïimo  pon  it  bictuni 
BccudoponittrcOca^Becdaibj  Btwtfqî  £rboc 
in  tédit  p ro  f«  ftéta  t forte  e t su  bei  n a tfone  rei  p ab  I ïcc 
duo  fü  t n eceflaria  v td  e [j  kgreo  *i  a rma  boc  Die  it  vfcp 
ad‘§>  €Uto#  vtrâcp  d^idif  in  pteapmobicittf  îpe 
ratoa  pfcctc  Te  babui'MVca  a rma  1 ci'rca  fcpeaBectï 
DoDocfuü  oïctumpiobat  abcfFccfuBccD^ibj£t  bd 
licoa/^teî  feda  fo  bd  m id  if  iH  â pmo  erem  p a'fira  t qua 
tfter  fe  babui'tcirca  arma  SecüdoarcaiuraBecum 
daib/dncffvcîopoptiljJËtbocntlocofummcvfcpad 

ai 


L'achevé  d’imprimer,  1111  peu  plus  explicite  que  le  etimmenecmem  du 
volume,  donne  le  nom  de  l'auteur  des  Cmns  brexts,  Jérôme  Ciair  ou  Clary, 


LES  PETITS  ATELIERS 


3°9 

professeur  de  droit  civil  et  canon.  H porte  la  date  du  15  novembre  1482,  an 
Clos  Brun  eau,  à ["enseigne  de  In  Corue  de  Cerf; 


£ af  ue  bizut  e j?util  zq  a b z%c z \ [ëîi  fîi'ô  vfr  0 Dfto  foi'cro 
n 7m  0 cl  arfo  vn'uftp  m rte  pf ê nbte  pf te  ri  fu  p q ruo  r H 
bjoe^nflitutibnü fcliciierplidût  j?  mfcbaelem  1 feo 
lou«?mpîdï<ttem  ^ndautrobrurwltolïti  interfl 
gnioconm  caukumozâtf  ftnnofalurteiiéÊtCÊ 
ortuagdïmo  leeitmdo  Ncpv  nouêbrw 


Biejj  que  cette  date  soir  exprimée  eu  tomes  lettres,  nous  sommes  d'avis 
quon  doit  lire  mnagtshno  au  lieu  de  omuigeshno . 

Cette  impression,  que  nous  avons  soigneusement  examinée,  ne  nous  a pas 
semblé  aussi  ancienne. 

En  tête  des  chapitres  on  trouve  des  lettres  ornées  en  traits  calligraphiques 
à boucles  gravées  sur  bois. 

Les  premières  lettres  ornées  qui  ont  paru  dans  des  livres  imprimés  à Paris 
ne  datent  que  de  i486.  D'autre  part,  on  ne  connaît  aucun  livre  de  Michel 
Toulouse  portant  une  date  antérieure  a j45?8.  Une  aussi  grosse  lacune  dans 
son  exercice  serait  incompréhensible. 

Il  a publié  des  livres  non  datés,  mais  en  si  petit  nombre,  qu'ils  sont  insuf- 
fisants pour  remplir  seize  années.  Il  semble  plus  rationnel  tic  faire  remonter 
son  exercice  à cinq  on  six  années  au  delà,  c est  à-dire  vers 

Nous  avons  la  preuve  certaine  qu'il  demeurait  au  Clos  Brunean  avant  1 4p6. 
Le  30  décembre  de  cette  annee-fà,  Michel  Toulouse  entrait  en  jouissance 
d'une  maison  sise  rue  des  Amandiers,  n l' Image  Saint- Jenn  t qu'il  avait  prise  à 
bail  de  Jean  Favercau,  et  il  y transportait  sou  atelier1. 

Par  un  autre  acte,  Michel  Toulouse,  «libraire  et  imprimeur»,  est  autorise 


1 K Michel  Thnloze  .1  eslè  ce  jonrdiiv  par  nmis 
mis  en  possession  et  saisine,  sauf,  elc.,  i finie  mai- 
son, rouit  derrière,  estalde,  galerie,  rillier,  ap- 
partenances et  appt  ni  la  lues  assiz  en  l:i  rue  îles 
Amandiers  où  est  pour  enseigne  contre  le  mur 
Y Y nu  jvv  Siihte-  Ji'knt  tenant  d'une  part  A Denis 

Hondis,  d'aitl re  A Pierre  Le  Nnrmjnt,  aboutissant 
par  derrière  A la  vesve  feu  Jehan  Gobelin  en 
notre  eensive  cl  seigneurie.  Chargée  du  tens  tpie 
le  tolège  de  l'Ave  Maria  acquitte.  Chargée  envers 
ledit  tolège  en  tpu  rente- h ni  t solz  loiirnois  el  envers 
les  Cordelières  île  Sami  Mart eau  on  xl.  s.  p.  île 
rente.  Ce  bail  tait  atisdites  charges  par  imtistre 


Jehan  pjvereju,  mnvennant  ot  parmy  te  que  ledit 
preneur  sera  lenu  dnresenavant  dut  un  an  aux 
quatre  termes  à Paris  amiistumez  Ij  somme  de 
six  livres  lotirnuis  ci  tpie  ledit  Fa\erean  tiendra 
la  cave  et  tme  chambre  nmlii  liostel  justpie s à 
trtivs  jus.  lit  eu  laissant  ladite  chambre  el  eue 
par  ledit  Faverean,  leilit  preneur  sera  lenu  envers 
Inv  en  autres  six  livres  tournois  comme  il  nous 
est  apparu  par  unes  lettres  ilaclces  du  pemiltime 
jour  de  décembre  mil  iiijc  nu11  et  seze.  Signées  : 
Dr.  Rivons  et  Lelièvre,  notaires.  » f Archives  11a 
rionales,  S*  i 64  p.  Yn.^iisbnnnents  Je Snnttr-  Or^iT/m-, 
liif.  4 p rIH  et  vHH. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


3 to 


à construire  devant  (;j dite  maison  «deux  establics  saillans  sur  rue*  oultre  les 
alignemctis  sur  rue»  l-  Nous  connaissons  de  lui  une  ;ui ire  impression  faite  au 
Clos  Bruneau  avec  les  memes  caractères-  Elle  n'a  pas  de  date-  Voici  (es  fac- 
similés  de  la  première  et  de  la  dernière  p;igc  de  ce  volume  : 


f latjettifuû  iiîffrtrt  foîitf  cbabirfn  Wrfufi&h! 
rtsbaratoffegufltemîrt^btitug^ceprftota 
fltîitmafalutc-itnpajHf 


planta  fo]  tiVituDin  e.qui  t>c 
pbiloropbïa  £ba  ♦fccenunr* 
ibanc&itcjcerûtfcmita^  que 
!ad  viem  virturfo  peidurir, 
mcbrtaïbitranteopKftStk 
ulidTe  It«  moitaJiümonu 
jmfta  ^ vûtutl  ammumo: 
uarcnmmpbiô-^uapîopf 
âmücariflTuncnâü(pduili5 
puênirïî  co[umê  luriaiafad 
uêrrÉa  bâc  wucïfarû  qûatuo:  femftâ  Jrânim  paucte 
abfcïucre  vcJuiiquooml  Iwmane  «dicton»  pafïïb; 
ed  pa  rtc  me  lioïc  g rc  fP  m atura  ret*  na  fs  ti5  me  mas 
rEapiaditum  L cüOctovrta]ûre;adoopc^nauare-= 

m^noftroe  juuenîtee  fr  enalfe  mot*udco  ne .tuoium 
ritezemur  immtmozçs  bencnci fwmMm  wleeadc* 


L m-ViiHUWr;ilVIU  «4  . 71  . 

tua  eJaqctïe  toutti  cowiff]  iiibet.nam  mgeuq  ace*bi 
tas  mclul)quod  quinJfan*  piecipit  immn  velufm 
Ifma  - te  mpaiie  <p  fpac  io  ïartb^ppjüa  m éw  0 acuité) 
vtitâ  mcsjlîcdl  emêdaret  ni fçieba^]tuwzci)at>= 
fn  » îii  nrtttuTâ  ad  KAmncoD  ïettani  effe*  nec  iocu  la  J J 


uoîie vltarj  potfe-  neminE  coftattgEim tint  foiudaa» 
par  are  * bia  mi  1ÏÏ1  ad  caufi  ij  me  coeffi  t*  bec  °™5,fw= 
titfima  IMvih  vtfalufh*  mquismemona noftri  & 
tnatime  tmratu  ra  fl  bone  arrf  e f amâ  queii  mua*c  cte 

ram  aurai  ceïeicsvoïâtÆnûlDelettabibuocticai 
posa  teneifa  «unt**uta  mewillte^loïia  tamen  vi* 
uâte  ï^îjfb  m&£  m aient  Ddoie  ♦tcjeie  poteitr q une 


C^uâcenttemanib*  iïtreiatcîitamcio 

adbtimeâfœÊIiffonêitecrte  m^m  ffitardü  gutllot 

ïBMHrqtiotfcfwtetoî  twmputpectoîaïuf* 
ID&lamcumrd>*  nan  carttura  fuis 
Êtfampuma  vtfeevana^ajlminarcîiim 
CSfpfce*?  tacftataUa  motte  cadunt 
&dü  a mudaniï  medicamma  pottdene  rtb^ 
C^tiefum  [ugufaeseÉfefttturafocci 

Tfnudfriül  tÆîecurfa  tertatem 
paucûKompc(tat+ 

Seitifta  trfuafis  mcnftratur  recta  lïbelUl 
CÜwttbf  fedpaucte  ternira  rectapatet 
JLüior  ai  r b c n t ce-  cagio  va]  i tare  pe  r auras 
Cumula  cûnobiataîcica  fepemauent 
©iffieiJeÊcunctaapauciowuicêlinguao 
JucJfta  fedvirtuônobijitata  piemet 

(0pta  to  f r det  e f i m c ] ibett*  biner  fatum  q uartua:  r i 
a^pmgf50un^cbabutû  côpafîrHÉgomteriuitatfl 
o«umdü*impî£lPin  clauftrabïtmellj  parifippetmï 
caclemtoulcufe  tnfrrterffgnte  cornu  cemp 


C est  un  ouvrage  de  Guillaume  Chabot  de  Langrcs,  maître  es  arts  eji  Sor- 
bo  mie2,  précédé  d'une  épître  cà  son  Frère  -Jean  Ghabut,  bachelier  eji  droit 
civil  et  canon. 

Le  texte  débuie  par  l'initiale  historiée  reproduite  ci-dessjjs. 


4 wj.es  jour  et  an  dessus  $17.  [ly  août  >497] 
fin  permis  â maistre  Michel  Thouloiiüe,  libraire 
et  imprimeur,  en  sa  maison  assise  en  J:i  me  des 
Àmendiers,  on  pend  ponr  enseigne  contre  Je 
mur  CYuuge  Ssmb Jehan t tenant  des  deux  coustez 
a Denis  Bondis,  aboutissant  par  derrière  -a  la  ves\e 
feu  Jehan  Gobelin , de  faire  deux  estaldies  saiJhns 
sur  me,  cunit-nant  chacun  sept  pià  de  long  on 


enripon , de  sept -a  huit  ponkes  de  saillj  e oultre  les 
alignemens  sur  rue  ou  environ.  » {Àrdiires  natio 
n-iies.  Ensmsmnttenis  Je  Samtc- Geneviève,  S*  1649  c 
partie,  fol.  1 00.) 

Guillaume  Chahut  ( Chahtmt ),  du  diocèse  de 
]. angles  {Jh>t'es)s  Lhigwensis),  inscrit  en  1^92  an 
registre  de  muninaiions  aux  bénéfices  des  maîtres 
es  arts.  JÀrchn  esde  rUnii  ersité,  fol-  23  1 


L ES  PI  T1TS  ATELIERS 


3 1 1 

Cette  meme  lente  Q passe  ensuite:  chez  Félix  Baiigault,  §i)rairc-imprirneur, 
ei  reparaît  da né  une  édition  in-folio  du  Caihoikon,  imprimée  par  ce  dernier 
pour  Simon  Vostre  en  1 499* 

Sur  le  litre  on  voil  la  marqud  de  Michel  Toulouse  : un  écusson  avec  son 
monogramme,  surmomc  d’une  petite  croix  blanche  et  entouré  de  dragons  et 
de  serpents  fantastiques. 

Autour  on  lit,  dans  nu  cadre,  ceue  devise  lamie  par  laquelle  l'imprimeur 
assure  de  sa  reconnaissance  éi  erne  Me  Jli  lui  liante  Ville  de  Paris  pour  sa  bonne 
hospital  né  : Jpdîi<t  urhs  Purhhi  i/i  tfemum  uuuiït  htmts  hosptdts. 


£ffiîraçrtietfanirn 
quatuor  mç 


Il  a donné  eetie  marque,  très  réduite,  sans  la  devise,  avec  cetie  différence 
que  la  croix  est  noire  au  lieu  d'être  blanche.  (Voir  Silvlstul,  Mtmpm  typo- 
grtiphujitcSj  uü  911.  ) 


Les  premières  impressions  de  Michel  Toulouse  sont  exécutées  avec  des 
caractères  gothiques  de  1 o points,  qui  ne  sont  pas  interlignés  et  qui  paraissent 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANGE 


3.2 

lourds  et  mi|  alignés.  Il  les  a délaissés  par  la  suite  et  a adopté  définitivement 
le  caractère  romain. 

On  trouve  ci-dessous  l'alphabet  des  caractères  gothiques  employés  par 
Michel  Toulouse  au  commencement  de  sou  exercice  : 

£#£©£■£#  JD  3 JL  ^ IR  (©  lf>  fâ.  IR  0 Z ^ 
abcdacfgbtf  Imnopqrzeftuvj^j 

f relui*  . i * / ? ( ) 

Michel  Toulouse  s'est  servi,  dans  les  Casas  brèves  Imtinitumiun  et  dans  la 
Semita  diwmtntm  quatuor  riant  m , des  iuitlales  ornées  eu  gros  traits  de  plume 
d'une  forme  particulière,  dont  nous  donnons  ici  des  spécimens  : 


Le  caractère  romain  que  Michel  ‘J  oui  ope  a employé  pour  la  composition 
du  texte  de  ses  livres  est  une  fojue  de  13  points,  la  meme  que  celle  avec 
laquelle  Pierre  Levet  avait  imprimé,  en  1498,  pour  Jean  Petit,  une  édition 
1 n -quarto  de  U Enéide  de  Virgile  et  dont  nous  avons  déjà  donné  l'alphabet. 
(Voir  t.  Itr,  p.  450.) 

C’esi  encore  avec  les  memes  caractères  que  Michel  Le  Noir  imprima  un 
Ovide  et  un  poème  du  Ma  maman.  (Voir  fac-similés,  p.  170  et  1-2.) 


LES  PETITS  ATELIEKS 


3 1 3 


Pour  les  notes  et  les  commentaires  de  ses  livres,  Michel  Toulouse  employa 
concurremment  un  caractère  romain  plus  petit,  dont  les  capitales  sont  quel- 
quefois mélangées  avec  celles  du  corps  supérieur.  On  trouvera  un  exemple 
de  ce  mélange  dans  le  fac-similé  ci-dessous  reproduit  : 


IbROPERTU  POETE  PRECLAR1 

flïmutndegïarum  ipus  nuper  rûnçfcdula  ope 
ta  eaibgatum  optas  quidetnprocnl  dubiointer 
poetas  çlegiographos  non  mcdiocrem  locutn 
obtinens. 


Et  tant!  dncrcs  duxcrttcffc  meos, 

Dïfrite  ventura  iam  nüc  fentire  feneétatn 
Cæltbts  ad  curas  necvaeetidla  via. 

Qdf  mthi  detrattü  eft  vros  accedat  ad  annos 
Proie  mea  paulutn  fie  iauet  efTefenem, 

Et  bene  habet  nimg  mater  lugubria  fumpfi 
Venir  in  exequias  cota  caterua  meas, 

Cam  gorata  eft  fientes  me  furgite  teftes 
Dum  p redum  vi  tæ  grata  rependit  humus 
Morïbus  & codumpatuttifi  dtgna  merendo 
Gui  us  honorât  i s oiïa  vehantur  aquts. 


H^aratumpaThjfi'ïs  opéra  Mfrhaelistholowinvïco 
ainigdalofimicommoranris  diui  iphanniseuangelifteeh 
figie  ipfiLiS  edes  indiçante  ptdioniïii  Joce  vicimi  beati  ta 
cobf  îcolcntts  cttius  edes  diiii  martini  imago  perfïgnat, 
Anno  dnï  mi  Hefimo  qu  ad  ri  n gen  te  f imo  nonagefimo  no  : 
nodta  vero  fexta.  menffe  Dccembrls, 


K adoptait  en  même  temps  une  nouvelle  marque,  qui  est  copiée  sur  celle 
de  Pigouchet. 

Un  homme  et  une  femme  sauvages  sont  placés  a droite  et  à gauche  d'un 
pin,  À la  maîtresse  branche  de  cet  arbre  est  accroché  un  cartouche  avec  le 
monogramme  M T sur  fond  crible. 

Au  bas,  le  nom  de  l'imprimeur  : Mtcmr.L  Tiïoloze, 

On  trouve  encore  cette  marque  sur  (c  ntre  d’une  édition  des  Satires  de 
Perse,  sans  date,  imprimée  avec  les  deux  sortes  de  caractères  romains  que  nous 
ü,  4° 


3i4  HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 

venons  cl  ut  dit]  lier.  Nous  reproduisons  ci-dessous  le  Jac-simiié  de  la  dernière 
page  tic  ce  livre  : 

Pro  menfura  p roi  ogïpe  titans 
Nota  duplex  efle  carmen  lambcum  reéfti 
viddicet  & daudum  Rcétum  hab«ïn  fedib* 
paribusfcilicet  fecunda  quarta  Si  fexta  iambü 
ïmobilirerjnfeîtiatamê  fade  pirrichium  qm' 
confiât  duabv  brcuibusadrmuitcurn  vltima 
fit  anceps  in omm  fere carminé  > Taïi carmme 
fambeo  per  fi  ns  in  prologofuo  vfu  s non  d>. 

Qaudum  veto  fîcct  infccunda  Si  quarts  fe 
diEns  habeat  etiam  lambum  tamen  in  fexta  fé 
per  J p in3  eu  m au  t trccb  eumf  eu  in  vl  t ima  i nd  i f 
îerens  fit  vt  audifti)  Inuenteiî  vtpatetin  hoc 
perfii  prologo  fi  diligenter exarninetur  bitic 
eft  q>  voluni  multi  carmen  finale  corrigiloco 
de  melos  nedlar  ponentesiprimam  de  mélos 
mditifernttem  ignorantes,  Aduene  tamen  q» 
fn  fecunda  fede  tribracus  ïambo  equipolcs  n5 
nunqpoteRvtinbocverfu  Necibicipicfi  & j 
hoc  picafi^  doontjn  fedibusautem  imperib9 
prima  Wdelicertertia  Si  qufma  vitra  iambum 
i n ue  nit  u r al  i qu  and  o fpo  nd  eus  vt  ibi  in  pr  im  o 
loco  Necfonte  Si  fie  deahïs.aJïqLando  anape 
Ûus.  vt  hic  Mcmini  vt  pn'mus  pes  ë anapeft9 
Si  fit  coïïiTi'o  memin  vt  lté  hic  hdiconidas  eft 
anapcflus  fn  primo  Item  bichedere  & cetera 

J xaralum  partïiÏjrJs  per  midi  aeîmtto  admira  fti  vkoflr 
mfgdiiorum  coromcrantedM  laaimfaeulgctüU  effigie 
ipftus  edes  indicante. 


En  décembre  1 4ppr  Michel  Toulouse  paraît  s être  associé  avec  le  libraire 
éditeur  Denis  Roce. 

Leurs  deux  noms  figurent  A la  fin  du  Properce,  de  cette  manière  : Exaru- 
nuii 1 Parhhih  (Imprimé  a Paris)  opéra  (par  1 olÉivre)  Michneiis  Thalo^e  (de  Michel 
1 holozc)  /'//  vïco  Aniigdniornm  commoranns  (demeurant  dans  la  rue  des  Aman- 
diers), divi  Jounnis  Evangéliste  effigie  i psi  us  eües  indicé  ute  [Y  image  de  saint  Jean 
f Evangéliste  indique  sa  maison),  et  Dioimn  Roce  (et  de  Denis  Roce)  vicnm 
Beu  fi  Jucîéi  iucoleuris  ( habitant  la  rue  Saint-Jacques),  enjus  aies  Divi  Muni  ni 
iiiuigo  penignaf  dont  la  maison  se  reconnaît  a Limage  de  saint  Martin), 

Un  autre  livre  sans  date,  intitulé  : Liber  Lucü  A nu  ci  S encre  de  fmuinln  lumen œ 

Le  moi  exaraîîim  signifie  litiérnlemenc  « trace  »>  c'est- h- dire  produit  > exéciiié  h Initie  de  lettres 
d ei  ritnre  ou  de  caracicres  d'imprimerie. 


LES  PETITS  ATELIERS 


3 1 5 


vitre  vel  de  quattuor  virtutibus  cardinalibus , est  composé  avec  les  mêmes  caractères, 
pour  Denis  Roce  (pro  Dyonisio  Roce).  Bien  qu’il  ne  porte  pas  de  nom  de  typo- 
graphe, il  nous  a paru  être  sorti  des  mêmes  presses  : 

INCLPIT  LIBER  LVCII  ANNEI 

Senece  de  formula  honeftç  vitç  vel  de  quats 
tuor  virtutibus  cardinalibus. 


Vattuor  virtutü  fpcdes: 
multorum  fapientum  fen 
tentiïsdtffinitg  funt.'quû 
bus  ani’mus  huma  nus  cô 
ptus:ad  honeftatem  vit  g 
poffïtaccedere. 

pro  générait  notîcia  prefctis  [ibn:ifta  funt  tenëda  : que 
coïter  circa  initia  librommdicuntur.  Vnde  fciendumqg 
ïtoticiaprefentis  ïibrimoralipMe  fupponitur.  Ettitui  , , , 

huiusîibriefl  Liber  LucciiAnnei*Senecçde  formula  ho 
neftçvit?  vel  de  quattuor  virtutibus  carduialibus.  Sed  in  P 
tentlo  eft  vdle  tradere  librum  de  quattuor  virtutibus  çu*  cofideradn. 
dlnalibus.  Sed  vtilitas  e(bq>  cognitis  h is  rruttuole  ho* 
neftiffime  qj  vnufquif®  fuam  vitam  regere  point.  Sed  de 
caufis  eft  notandum.Vnde  caufa  materialis  ptj  ex  Tequen 
tibus.Caufa  autem  effidens  non  multuni  curanaa  eft  vl  t 
fra  pâte  bit  de  ofFicio  prudentîs.  Non  te  moueat  dicentis 
autorftas.Se  c.  Dicirar  tamen  caufa  efficrens  venerabilis 
feneca.Sedcaufa  ffnaJis  eft  vt  ea  noticiahabitaui  ftatum 
prefentis  vitf  moribus  gratiflïmis  et  virtutibus  fupremis 
exomare  po(ÏÏmus:&  tandem  poft  hac  vitam  ratione  vir 
lutum  8e  perearum  mérita  vitam  fempftemam  confequï 
mereamur.  Quattuor  virtutum.  K c-Ifte^ber  jntiti da* 
turlfber  Senecç de  formula  honeflg  vitf :de cui  fublecto 
vtiïitate  K caufis  vifumeft.Vult  ergo  : $ tatum  quattuor 
virtutes  cardina!es.*per  fentencias  philojophoriun  fapien 
turndcfcripte  funtîquamra  virtutum  aff  uentiahomoad 
omatus  ad  honeftatem  vitg  K humane  felicitatis  gloriam 
poîerit  peruenîre.  . 


Quoiqu’il  soit  dit,  à la  fin  du  Pvoperce,  que  le  livre  a été  imprimé  par 
l’œuvre  (opéra)  commune  de  Michel  Toulouse  et  de  Denis  Roce,  nous  ne 
pensons  pas  que  ce  dernier  ait  été  réellement  imprimeur.  Selon  nous,  Roce 
n’a  fait  que  commanditer  f atelier  de  Michel  Toulouse;  ce  dernrer  se  trouvait 
dans  une  position  gênée,  car  nous  savons  qu’il  avait  fait  un  emprunt  d’ar- 
gent à un  de  ses  voisins,  Guillaume  Guerson  de  Villelongue  Sa  situation 


1 La  somme  due  par  Toulouse  à son  confrère 
Guerson  de  Villeîongue  se  trouvait  comprise  dans 
les  créances  de  la  succession  de  ce  dernier,  liquidée 
par  acte  du  31  janvier  1503  (n-  st.).  (Archives 


nationales,  Ce?  isier  de  Sdh?  te  - Ge?ievieve  y S 1 6 ^ o , 
fol.  l 73 . Voir  aussi  Ph.  Renouard,  Guillaume  Guer- 
son rie  Villelûugae , article  inséré  dans  le  Bulletin  du 
Bibliophile  du  1 j avril  1897,  p.  220.) 

4o. 


v6 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


empira  au  point  que  sa  maison  fut  vendue  par  autorité  de  justice  . Denis 
Roce  devait  eue  le  véritable  proprietaire  du  materiel  de  I' imprimerie,  car 
en  i 505  , quelques  années  plus  tard,  après  que  Michel  Toulouse  eut  été  ainsi 
dépossédé,  nous  voyons  un  autre  imprimeur  de  Paris,  Nicolas  Des  Prés,  de 
Troycs  en  Champagne  [Cninpnuns  Treeemis) , chtv.  lequel  passent  les  carac- 
tères romains  de  Michel  Toulouse,  s’intituler  l'imprimeur  de  Denis  Roce. 

On  cite  encore  de  Michel  Toulouse  une  édition  du  poème  de  Henri  de 
Scpimeules,  De  malts  Fortnmms. 

En  somme,  c'est  un  typographe  qui  a peu  produit. 

Un  imprimeur  du  nom  de  Laurent  Phiuppk  ëiait  établi  rue  Gala  11  de,  en 
(ace  de  l'église  Saint-Biaise.  H a imprimé,  le  dixiesme  jour  de  jnl/et  (sic)  mil  me 
tjmitre  rings  et  tre^e,  des  Heures  a /’ nsaige  de  Ranime f de  format  petit  111-quano  ou 
grand  in-octavo. 

C'est  un  volume  composé  de  $6  feuillets  non  chiffrés,  à 23  lignes  par 
page  pleine,  qui  esi  décrit  dans  le  Manuel  du  Libraire  de  Brunet  (t.  V, 
col.  1664}. 

Un  exemplaire  de  cet  ouvrage,  imprime  sur  vélin,  avec  figures  coloriées  et 
capitales  rehaussées  d'01,  se  trou  vau  dans  la  célèbre  collection  Didot,  aujour- 
d'hui dispersée 

L’exemplaire  que  nous  avons  vu,  et  d'après  lequel  nous  reproduisons  les 
deux  pages  de  fac-similés  qui  suivent,  fut  partie  des  collections  du  Musée 
Britannique.  H n'est  pas  colorié,  ce  qui  permet  d'éiudier  plus  facilement  l’or- 
ncnicntation  des  bordures,  qui  esr  différente  de  celle  des  livres  d’heures  de 


« Maistre  Françoys  Gèiuenl , gr;nn  vicaire  de 
i’ègiise  de  Paris,  a ce  jourd’IiUY  este  mis  en  pos- 
session el  saisine,  sauf",  eic.,  d’une  grande  maison, 
ctinri  derrière,  estable,  gallerie,  cclicr,  liaali  cl 
bas,  t(i ng  et  lé , un  est  pour  enseigne  contre  le  ni nr 
YYükigç  Saurc'I  JehffîK  qui  fin  el  appartint  :i  ni  aistre 
-leli nu  FavcrCïin,  el  depuis  â Michel  Tlioloze,  im- 
primeur de  livres,  le  tout  entretenant,  les  lieux 
comme  il  se  compdiieni  avecques  lem«  apparte- 
nances qudzcu  tiques,  tain  do  présent  que  d ancien 
nelé,  assise  à Paris  en  la  me  des  Amandiers  on 
mon  1 Sai  acte  - Geneviève,  icnan \ d’un e part  aux 
héritiers  leu  Denis  Fondis,  el  d’aiure  à Pierre 
Nom  mit  on  à ses  ayaus  cause,  aboutissant  par  der- 


rière h la  veufve  de  feu  Jehan  Galopin,  adjugée 
par  decret  andici  mais  ire  François  Qéinenl,  et 
laquelle  ;ivoit  esté  ni  isc  en  criée  dès  le  lundi  vu"-  jour 
d’av  rill  ail  mil  V et  cinq  après  l'asqncs,  :i  la  rcqi  teste 
dudict  nuisire  Jelian  Favere.iu  pdiir  ïuy  conserver 
douze  livres  lotirnois  de  rente,  eic. , et  jiuur  estre 
|\tîè  de  xxvtt  livres  unze  sols  tournois  d arrérages 
escli ues  au  jour  de  Fsisques  v*  cinq , etc. , lesquelles 
coin  ni  enccrent  au  jour  de  k T rin  iiè  oudit  an  v*  el 

cinq  et  finirent  h ce  jour  v*  et  six Comme 

nous  est  apparu  |ur  ledici  décret  dauc  du  ix*  sep- 
tembre ve  huit,  u Archives  nationales,  hnsYiYme- 
menîsde  Sâmtû-Oenûvilye } 5 i 6 j o,  pal  lie,  loi.  72 
el  73.) 


LUS  PETITS  ATELIERS 


3 17 


Pigouchet,  de  ./cliannot  et  de  Keïvcr.  Les  bordures  étroites  de  fond  sont 
ornées  d'animaux  on  de  simples  b.inderolles  ; 


m 


que  maniéré  queecfoif. 

$>co  aft  fâcfü  rapbaelê 
3nge  De  Dieu  qui  es  ma  garfe 
£ô  mis  parla  grâce  Diurne 
feefenD  mop.gouumtecf  garbe 
T&e  perïjic  qui  en  enfer  mapne 
îtffmque  Deuauf  Dieuuigttem?f 
£0e  pieCentc  a mon  fauneme't 


Jmpïimees  a paris  furent  res| 
ptefentes  heures  a lufatge  De  Kômc 
pariEaurés  Philippe  Demouian  feu 
la  rue  DegalanDeDeuâtraincfhtai 
fe  le  Dtjtiefme  iour  De  mllef  mil  errr. 
quatre  Dfogjef  treje 


nfi  j 


Les  bordures  de  [a  marge  latérale,  qui  sont  plus  larges,  se  composent  de 
têtes  de  saints  personnages  ou  de  groupes  d’hommes  et  de  femmes  des  diffé- 
rentes classes  de  la  société,  vêtus  des  costumes  pittoresques  du  temps,  dans 
diverses  attitudes  de  la  prière,  et  disposés  avec  art  et  symétrie. 

Des  branches  d’arbres,  entrelacées  avec  des  oiseaux  et  des  fleurs  au  milieu 
desquelles  se  déroulent  des  devises,  complètent  l’ornementation  des  marges 
et  sont  agrémentées  de  petites  scènes,  telles  que  celle  d’un  enfiint  qui  bat  de 
verges  un  chien. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


3 1 8 


Ces  illustrations  avaient  déjà  paru  dans  des  livres  d'heures  imprimés  pour 
Verard,  avant  qn’il  efn  publié  ses  Hnms  Repaies  * 


\1>3, 


6ft9tecuiEummarccelÉîDmm9te(u! 
■§>pon(à  Détins  fcoum^iop^efa^ 
moiaculuut&fisfemj  ©eitmbia| 
mJmorwtemm.îMttoiis  Mberna 
cui«m.Bomm9tccum.£(iplrtu  eft  î 
l|{yjte  confltm.Bommns  tecu;.SoetaWr| 
go  et  mater  onetilium  set  genutlît 
tem  Beum  eîBerti  m boiem  qui  an  * 
j gel  o mm  c tan  f c ro  u cep  f 1 1 s ÆB  ns  te 
rum#>eraBirgo  et  ma  ter  que  ft'ituj^ 
Bef  getim'ftùBerum  Beu  tfbap  tjoiej 
qui  p nobisin  tenafus  eR;  Bomin9 
iectÉfoera  birgo  et  mater  que  filiuî| 
Bef  geuuftttbem  Oei.muierû  fiomR 
uem  qui  p uo  bis  mterütnas  Cpmeo 
ms  fancf  ifitmi  m temptorecepius  ê| 
e ft  ,o  o m ! n 9 (cm  .ÿ>era  ü trgo  t mater 
quefilium  Bet  genmfttBerum  Beuj 
efbeç,  bomtnéqm  pro  nobis  refus  || 
Bomtn9tecû^erabfrgo  et  mater  q 
film  Bei  genuittitierum  Oeû  etberü 
bominÉ  qui  pio  nobis  fpmfs  mena 
tus  ett  oo  minus  fecum^Dera  birgo 


3? 


Les  Jjois  sont  fatigués  par  des  tirages  antérieurs.  Le  caractère*  en  lettres  de 
forme,  n'est  pas  particulier  à Laurent  Philippe.  C'est  un  caractère  d'emprunt 
un  peu  mélangé,  qui  nous  a paru  être  identique  il  celui  dont  Pierre  Le  Ronge 
s était  servi,  en  avril  de  la  même  année,  pour  le  Missel  de  Tonl.  (Voir  alpha- 
bet, t.  1er,  p,  48 6.)  On  le  retrouve  ensuite  en  partie  dans  I atelier  du  Petit 
Laurens,  imprimeur  rue  Saint-Jacques,  a ht  Croix  Blanche,  et  les  lettres  capi- 
tales reparaissent  sur  le  titre  du  Livre  Tulles  des  Offices  (voir  fac-similé,  p,  134)1 
imprimé  par  ce  dernier. 


LES  PETITS  ATELIERS 


3*9 


Laurent  Philippe  a encore  imprimé  une  édition  du  Qicatemarim  de  saint 
Thomas,  dont  voici  le  fac-similé  du  titre  : 


^Cdfi  Scoqumodpita  Si^nlf 
ftm  «rç  cuif i 0ct  fi  t rtuof  Bî  ucrc  Bofë 
tî  ac  qwcnfîtme  fut  ftfmtj  ffeffôerart 
tip«uCiffi((îmutf)  ermtftrtj  jce 
6 cnô,j3  Mci  pit  f efirffrr. 

C'est  un  livret  petit  in-octavo  de  i 2 feuillets  non  chiffres  à 24  ligues  par 
page,  sans  date,  dont  nous  reproduisons  la  première  et  la  dernière  page  : 


aïO  u)  pf  t î ùrfuft  e Born  rffïfl'muc 
iftro  be^StrfafiBue  p;imo  tracta 
6itur  et  freaflite  cBftqwnta  fins 
ûjfixtîiVfltfur. 

<2 1 pjtmo  quaffuoi  furtt  iîirfufw  pit 
cïpafee  Btbefaef* 

pjuBétta.  foitünbo  tueront  ta  çiüfUtia 
iQuatuornos  ebwet  piubtntiafij. 
Pictmta  fecofttîpf3tia  h'Iponcte  fyfu: 
tapiowbmef  btt£wa  fufp<nbet?  .1.  ji&i 
ftuffa  tmi'tfetec 

âwotMOJt  fit  quefbrtituffo  nos  tnfïm 
ifiSibeGfttt. 

31n  pïofpeitc  ttjfup6t'3  nd  et  t'gt.trçaBur 
fie  a&  pmanût)  Beau.  tnmrœ  if  fart  nonfu 
wjtte  <?  l'ocwibïiButti*  5h'taw) 

;Guaftuoï  fimf  que  fem  permuta  nos 
amonct 

^tcuinciflccc  fuperffua  itfïrtn$ere  befU 
bertaaBifGrifieaB/ftnCTeet  Bfanfritiatf 
tarer  ce  te. 

i£!  uat  tf  uo£  iwfltcîa  ttoe  c 8o«t  %, 
$ontffe  fiitwe  atanuHf  n3  fet  ■ e foflitc 
btjitt  £ ^îmcutqj  1 ue  fuurt)  frifltte&c. 


ami  Bifattio  ptnttrie  ttiatioimuri  afi 
cu^  Sept  écart  et  a t urt  a . ïpefft c 
i&uaUutttjitfit  que  Wccunbüirepe& 
tût  p<t&itae  feftfwfl  bïuiftarf  trnnvim. 
t mi  née  ftiEt  ta  fi  c^jcrffrne  pof  enlia. 

iDuaittuoi  funiquepaLtrctrcafïfÊft^p 
rttrareèeBft  3Üp^u«rj  arftëue  rtwmmo 
HBue  coupole  âi/lcufretpfattî  (wB  tuflo 
tftinew  et  (Spcfrntw  afete 

j&uat  t hûî  ftml  que  fïfrue  rit  ta  ptitrt} 
piocurart  beBcf.  9j,  ÿ'Pfr1*} a uttttî  et 
bew)  totaTittroâfbtvemnufro  tvttiflatiç 
fuo ,p  pofje  0cna(i  rmtfàtk  pfàjptv&a re 
i&uail  ho*  font  cona'fût  ^poite  faïto 
Plia.  &trMrtjaBti^aii3£^(Mfetesic0lïnt 
ta  n orj  act  eptaie  3pfep?  cottcutfi'nf  bt  mitf 
frrt^ctfSoe  beficafoepfoBjiirtate  appetore 


iDuafrmaiîiiGBeari  1 garni  be  aquiuw 
cppAcit  fefrcitcr  3;tipcr  ffimf  pah(ï? 

per  fourni liutt}  p piîr  " ^ 


Cet  opusenie  est  composé  avec  un  petit  caractère  gothique  de  10  points, 
mciangè  de  capitales  d’autres  sortes,  dont  voici  1 alphabet  : 


aBfb6(f$|ifttii!înt)0pqrîf®fu^jpp5  fFOf*  * 


Ce  sont  eu  majeure  partie  des  types  de  latelier  de  Pierre  Le  Dru  et 
Étienne  .lehannot.  (Voir  alphabet,  p.  59.)  Les  lignes  du  titre,  qui  sont  com- 
posées avec  d'antres  caractères  d'un  corps  supérieur,  paraissent  appartenir  au 
second  type  de  bâtarde  de  Pierre  Le  Caron.  (Voir  alphabet,  p.  t?i.) 

Les  Heures  h tnsaige  de  Romme  et  le  Qimtemnrhts  sont,  jusqu'à  présent,  les 
seules  impressions  que  nous  connaissons  de  Laurent  Philippe. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


32.0 

Jacques  Moi:hart}  libraire  et  imprimeur,  ci  ait  de  Tournai  ou  des  environs 
( Tornacensis  dwcms\t  II  est  inscrit  parmi  les  étudiants  de  la  nation  de  Picardie 
et  fut  reçu  bachelier  sous  la  procure  de  Jean  de  Middelbonrg,  commencée 
le  8 mars  1481  (11  su)1-  Silvestrc  fixe  son  exercice  de  1493  à l/ip5>  d'après 
les  livres  datés  qifil  a vus;  mais  Moerart  a du  imprimer  quelques  années 
encore-  Du  Verdier"  cite  de  lui  un  recueil  de  petits  poèmes  latins  com- 
posés par  Valerand  de  Varennes,  auquel  il  assigne  la  daie  de  1501  : 


i)  ikeoptimelecfoi  m ÿoc\  ftd 
le  aut  tugeffofequfttnraiDmc, 
primo* 

5De  toimxtknü  conf  litfu  tarmm* 

5D e berne  Dd  pmïîvfl  armât 
jDepii  factcrimemideUoicrationÊ 
camm 

jDÉpiedacaetmfiOfnt  fbeofo(pfïpa 
rmtfi  itadtafe  catmett* 


r “nales^abcto),  Jimbrts  m&etm 
ittptafrtfpttome  tbm  in intctfÏQnio 
lagene* 


iÇiotrfc  ce/Uïttiife  p:oütttirHue  eU 

JDomfa  ficgefïae  moribue  equ  a fuie 
Cu  piobne  ee/t  u tutti  rie  picfectue  te  tbï 
^cùtgnEïaccqjfoinutîCrciuta  pzobant 
^uabae  pîûbwi:quo  fit  Dedtutoi  etae 
^tparabifiacfe  Hcpotimbcni# 

C3fl  f fcto:em  tîttàûïàfon 
ùelibîtimpjelTione 

©twfuozejcicrafcentettainDtcfiomenfee 
ptti fiie  Ubimie  eû  UbniSU  not te 
^«Dnm  imiïiteftuafrieteriDetuttrum 
pettigœam;  IcctojpioteeuifafeDaie 

C3ItnpKlTu9  ttt  bit  Ubet  magna  aimftM  alan 
fia  pjomagîltto33fobo  Moerart  paritïi  me# 
tante  appc  interfignium  lagune  itïpwo  fanett 
'Jacobtab  oppotito  eccletfeta  ktipnonia* 


Le  premier  de  ces  poèmes  a pour  sujet  la  bataille  de  Fornoue,  livrée  en 
1498  par  Charles  V J II  ; le  second  est  relatif  k l'Hôicd-Dieu  de  Paris- 

On  trouve  cr-dessoiis  l'alphabet  des  caractères  employés  dans  ce  volume  : 


abc&efgbhmuopqnsftin)^?  fftttt 
àb^jrf^il^nimflttn^ôp^pqij^ÿ^^iïu9  , : ^/C 


Archives  tU  {'Université,  Registr e de  h Naticn 
Je  Picardie f fol,  i 44  v°< 

Bibliothèques  françaises  Je  La  Crcuxdu  Maître 


et  i>u  Verdier,  édition  de  RigoJey  de  Juvigny; 
Paris,  S:iilLnnt  et  Nyon , libraires;  Alichel  Lambert, 
imprimeur,  i 773  ; in  4°;  t-  V I,  p,  233. 


LES  PETITS  ATELIERS 


Mercier  de  Saint-Léger,  dans  une  note  inédite,  cite  un  livret  petit  in-octavo 
gothitjuc  de  1 2 feuillets  non  chiffrés,  intitule  Alphnbemm  Sacmîouuii;  cest  une 
tourte  instruction  pour  les  prêtres  qui  vont  dire  la  Messe,  avec  les  prières 
quTIs  prononcent  en  revêtant  chaque  ornement.  Sur  le  titre,  une  gravure  sur 
fond  criblé  représente  un  arbre-  une  bouteille  est  suspendue  aux  branches  avec 
le  monogramme  À M;  dans  le  bas,  011  lit  : M.  Ia.  Mokuàrt.  Autour  est  inscrite 
la  légende  suivante  : Dieu  soit  h mon  cominençhemmt  ah  tua  fin.  Le  mot  anumm- 
cheinein  rappelle  la  prononciation  de  l'idiome  picard  de  1 "Artois  et  du  Nord. 


Une  autre  marque  paraît  sur  le  titre  d'une  édition  de  la  Vira  Chiisti,  de 
saint  Bonavemure,  également  sans  date.  Cette  marque  pins  pente,  sans  la 
légende,  se  trouve  sur  le  titre  des  poèmes  de  Vaierand  de  Va  rennes. 

La  marque  la  plus  grande  paraît  être  celle  qui  a été  employée  par  Moerart 
dans  les  premières  années  de  son  exercice. 

Mercier  de  Saint-Léger  possédait  une  édition  de  l'Héroïde  d'Ovide,  Sappho 
ad  PhiWimii  (petit  in-quarto  de  10  feuillets,  y compris  un  feuillet  blanc),  à la 
fin  de  laquelle  011  lisait  cet  achevé  dbmpnmcr  : Impression  per  uiagisman  Jacobum 
Moerart,  prima  die  uiensis  Juuiï^  sans  indication  d'année. 

Jacques  Moerart  demeurait  rue  S ai  lit -Jacques,  à l'enseigne  de  ta  Bouteille 
[in  vïco  Sauctï  Jaeobi  apud  iiuersiguium  /agent1) , vis-à-vis  de  la  chapelle  Saint- Yves 
[ex  opposite  ecdesk  S a ut  à Y rouis).  Il  ne  faut  pas  confondre  Moerart  avec  Morhart 


u. 


HISTOIRE  DE  ^IMPRIMERIE  EN  FPANCE 


ou  Morrhy  de  Kempen,  imprimeur  à Paris  au  xvic  siècle.  Moerart  employa  ce 
petit  caractère  cj u i est  mic  fojuc  d’Etienne  Jehan jiot.  (Voir  alphabet,  p.  250.} 

abfbdffgbiktmrLQpqTisLtutijrn 
â b’p  tf  1 1 ii9  Pirt  nr>n  rc^ôpfl  p,p  ij  (J  q^t  £ f t*  É A 
VC.’.i*n  ) fffffl 


Gui  Han  me  du  Bois  {de  Bosco),  qui  se  donne  comme  imprimeur  très  expé- 
rimente {iiuprcssor  peritissimns) , demeurait  en  j 4 94*  auprès  du  puits  Sainte- 
Geneviève  ( npud païen m Be/rrissh/re  Gemmfc  camnwmns),  On  ne  eon naît  de  lin 
cjti  ime  seule  impression,  les  Qitesàones  sur  Aristote  de  maître  Thomas  Bricot, 


revues  par 


Louis  Bouchin  et  achevées  le 


$tta  mtHttfàuj  tozfi  fi'ftrtpoffa 
uo^flngotrfia  rnoutf  utfafie  c\f/ 
(ïio-(  frtLunjomnis  borfnuGct 
ÛifciphflfifeppeÿtîticoaTiifffri 
ïlrguifut  nd  quia  (ïomnie  Doc 
timfiat  ep>  jkÿifïmf  1 cogn  itiont  t tmcSef  iffa  ej> 
quo  /arfrfi^firf^pi^tflertd«smft5ESefno; 

éj|JîJmûfc9turÿufafi«itctiîçjî  afiajÏEpftcfrEf 

ficcrit^pccip  fcCirH 

|Vq«ttnc^>ft3o]0Î)oi:tcîfl(t  8i|itij)ftafiEfejP  »îc^ 
ifïéti  cognitâe*  ^Confirmfltucpîïoqt  fj  ale  ûotfti 
nart  6ifc^firxu  fintt  ej?  fi  cÿ 

Dlrif  citcûfîâci  5 ta  u fe  f inane/mo  t mafia  au  f fo  & 
rf5OCn53fnotuc(îïn«cfi3cffï^ffe;(ïj  aDm> 
ffcïi  ftEffecrtud  fuffïcifle  iteffect?  af  ofitoto;  igitur 
ftûJocnJreijcimrafiflnotiriû^âfli^faïfcMqt 
pîîo  cognitio  ^ Docetucpumanofit  ej>  jtep  rtfi  tofr 
gntt^^crciajicpiïcifûfittracgaftiicfj  ofe  bou 
tria  {t  D ifcip  fia  fi'ctet  e p p»tï  t i cogn  i f de:  a u f rrgo 
rff :t  Ep  pF^fïticogni  to  e il  erf et  ri  w a/au  t fen  fittu  a* 
jüorjpïimûqîiaceffet  ;pcefpirj  [finifiîij)  noftciïe 
îfeffecfmia*  jHet  fcDwh  1ES  pria  qi  muftoi£  [5oFttj 
jî&nue  noticiaeîtcffectmaa  {le  q0;tiî  nd  0ém?  m>4 
deme  f^fitmae-  fcddqi  muftû^fjénuie  notii? 
ttae  ï te  fTecti  aae  ït  u 1 1 1 ua  0 De  q Sue  t il  nd  f)frn?  n 04 
driûef^fid«aenrcrdd^repûff«rn?ï5tf)3i)rarti 
fiwenafhte-  ÜCurç  fetcio:qj 
fUfiftfoii  afepad"  fJÉrnue  notidûeîtefftcduû&ji  De 

« ü 


1 2 juillet  de  ladite  année  : 


on  £ &friE  Q>fs  l'ffa  Demdfïrafrnefif  a fof  crfoîf;  h6 
tft  a piio  ci  (j S S qnarfa  p i 1 cipaf <!  tijci  £ q>  affq  ua  bt 
fïnttio  Data  p a&SifûmÊtilnâ  e(î  bcmd/itafijfie  de 
juo  dtffîto  tffa  fi  De  qua  ;pCEÎ>if piima  ^pfoirio  6mt 
e (t  b emon  fftaflif te  $ b febâtt)  jpttodonè  negaï  afie 
qr  tafia  paflla  norj  poiiiotifjcad  De  d$é  in&nifi  p 
^ppEnenriâietafiqiîperDcmûnfttdcj  (\  SDquin 
rdpddpafi&jfiïeftquamdDi^nidacaTfadsdDe 
moijfltraûifis  Et  qaomoDo  noij* 


fiùiis  fi3uT^nS^dtûf(upcr0uab«sfj6dep>a 
ffedoiP  artafcricojiîanfïûtefta  «taiffffimatMrt;; 
mafde  pwfEctoftuDtofieîEfjpiEfecfi^  Ôpflfetfciô 
|>ftneceffadû«t»)  * DEfigefldfptm  ^iDafacunj 
pet  DifcretiïS^mûgifhtî  js,ubouicnh) 

Ef  a cmdfpe  ^m^irfjÎ3^panf^|ift<è«iffEnné 
De  Qofio  ap»D  pufewn)  CeatifïmiE  ©ehou  ftcôt 
motante^ï^mp!  rffoiÉpeddfjîmfl-Snno  Damtni 
iQifftnmoqnaaîtgttiteftmoriorïageffmaqiiiitfç 
btebuoDectma  menjïs  iafü- 


Le  volume,  de  format  petit  in-quarto,  est  composé  avec  un  gros  caractère, 
de  bâtarde,  dont  les  lettres  capitales  ont  la  meme  forme  que  celles  employées 


LES  PETITS  ATELIERS 


323 


par  Le  Caron  dans  LAgulllon  (sic)  d’amour  divine  (voir  alphabet,  p.  yi)  et  aussi 
par  Jean  Lambert  dans  Le  Chevalier  délibéré . (Voir  alphabet  p.  221.) 


fifmnjnijüpqriôftuftpp} 


Pierre  Poulliàc  011  Poullhac  était  établi  imprimeur  prés  les  Bernardins  (prope 
Bernardiim)  f aux  environs  de  la  place  Maubert.  Son  premier  livre,  intitulé 
Tractatns  corporïs  Christi7  est  daté  du  4 mars  i4<?4  (v.  st.).  Il  porte  sur  le  titre  la 
première  marque  du  libraire  Denis  Roce  représemant  .lason  et  Médée  avec 
la  devise  Par  avis.  (Voir  SilvIstue,  Marques  typographiques t 1T  5?  1 1 .) 

La  même  année  Poulliac  imprima,  pour  Roce,  un  Guide  des  Curés  et  des 
Confesseurs  ( Jnterrègatïones  cnrawmm  et  doctrine?  quitus  qulllber  confesser  debet  inter- 
rogare  snnm  confites  te  in  ) , eu  8 feuillets  petit  in-octavo,  et  X Anthldotmlmn  anime 
dont  le  titre  porte  une  nouvelle  marque  avec  la  devise  À P menant  : 


lntbtdotart?antme. 


CJ  ÉTmflWilneüra  fuoeftnilïbrraitnonoï 
* - mater  bffi  rro/M  Icfit  fempet  fît  omota* 
XDarts  qn  t rmtdï  cre  oorof  n um  ne ffintn  l 
ûtciem  cim  crealarartim 
f Jt  t no  fflcTUtunno  ^tero 
elffna  failli  patate  cul* 

VCTaÉilïïmmneoiiwtra  CSnfmarlïjrplriaelinr 
güm(  rum|)fl.adlpm  jj  Sntftdotaria  faluitfirfi 
me  intertedn-e  oignavi  quûttegroràfrt  adopia 
qtJlcqtJtdlnelaç  incfftN  tamrattltaitmreltitof-rt 
ü fàeriftcio  l&ncrarttrnet  fane  m ipfa  LsiUtate  tàttr 
gl*Bcnlfr aot  ateUtéra Ut  («ri^akant^itfirÈfîim 
omilï  mfî}E  Elgnelur  tuto  pflnt  cemens  t l«tot  De 
ranehttptrdbufllndolfle  uctiltïmc  Deocâctipottn 
te  rt  me  fldTitam  etemaj  tt  <um  fuis  cdngregami? 
çcrdud ere*  £lai  cum  o*o  b9  grattai  gt 

(T  Octo  rûcbo  ([  ÿmptf Ru.îi 

coriramotbnmfpidimie  prt  Tf&etrü  potiUiac.  pio 

fleftido,  E>v>nil$  Rôle  ma* 

O£tjequip?gl$îi0l^r  nente in ricofjrtrti  llato 
gïoila  fanctottimet  biadlrlerflBuinïïifaneti 
tuntftead  rttujpatrocl  tttartlnt.  annoonum. 
nlaeonfug^tibuBfiiepe  «etrev,  ©ie.*u.  menlte 
tit'  ,,  , âJutjretpirfraa  ÿnlft,  >>>  ■■■ 

effettü  concédé  plebl  me 
'Otftjterfe  dente  beatoro 
i Yr>  t en  t riîbte  tao  qn  t in 
«lu  aeEeEnftate  ie  ocuos 
tas  rrbtbet  a lan  guoic  es 
pidlmfe  qnam  i mo  eoi£e 
j tut  nemtois  gloiUpaf 


pi  us  tard  il  y ajouta  cette  autre,  devenue  proverbiale  : Ton t rient  a point  h 
qnï  peut  attendre. 


3^4 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  ERANCE 


L adresse  de  Denis  Roce  ci  ait  alors  rue  Saint- Jacques,  à l'enseigne  de  Sainf- 
Mùrim  [tul  iutersignhnn  Sancû  Martini 

La  fonte  de  Poulliac  est  la  même  que  celle  avec  laquelle  Pierre  Le  Dru  a 
imprime  nue  autre  édition  du  même  livre,  datée  du  1 6 novembre  1 
pour  le  libraire  Claude  Jaumai\  (Voir  fac-similé,  p.  6t.) 

La  plupart  des  autres  livres  imprimés  par  Pierre  Poulliac  sont  de  peins 
traités  de  théologie  sans  daie  d'tmpressiou. 

Nous  reproduisons  ci-dessous  la  première  ci  la  dernière,  page  d'un  opuscule 
sur  la  Misère  des  bons  curés  du  temps  \Epistola  de  miserai  cumtonnn  sa:  plelm- 
nannn ),  a la  fui  duquel  cet  imprimeur  donne  son  adresse,  et  qui  se  termine 
par  une  pente  figure  sur  bois  représentant  saint  Nicolas,  évêque  de  Myre. 
Le  titre,  placé  à la  fin,  porie  la  première  marque  de  Dents  Roce  avec  la  devise 
Par  avis,  qui  fixe  ainsi  fa  date  de  l'impression  avant  juillet  t^9>  : 


\ lfbifCXiOïlBt)tTTilfcrl4  Ccrûtûipm 
feu  tHebanointu 


ffujHel 

"ZÿiEci 


k £curum  cft  rcpertfcrlptuna  teftOEfl  fati 

1 ' cofil  Ecrc.ÎTwatïfS^cro  cft  ad  al is|qt 

Zi?<lconrCTttréiHrotfrKideiftt!^e^irapa 
^ftoiaüWèlptetîda  (ama  rtfltme  lobâneajvetotiatn  e* 
pmb  tnifl  me  tris  pie  iiilfPt  ScJ  a tncqrrid/  3Stem 
PifficüÈ  reqtjjrifî^  Jnlff  ftSmo  pg, 

ftoititullr  » |^e!“  anoofficio  vLctnLoï,^Uj£admoctnm 
crucifié  eftTiûbiaoibjifl  fti£ttbp  ludrfs*  Jta  q 
tldiecriKtfïgifO  ïdf  %ço  atteQâte)pl£bonpaparro  a 
dpiânist  £ïn5  ait  oicit,  Ifli  tft  cifeipnl*  permogi 
ftrfUîieefrnmtf  fbperoirmfatUfimeEfecutifïmti  et 
vos  perfequ  tuî#  À fermoti  ï me® feruauerit  -r  7 dhû 
fcmabütt£t?rirtfl  in  rüa  etema  ad  b tptefk  bei  feâct 
cruct0£p,pbiiü  patienter  faflinïa  q[Mebaii*Ut  cadf 
dta  fciîm  po  Cl  ujriftü  locû  tertio*  tribulation®  acies 
faitlter  vincitüTiiô  folnm  ln  Êteroagloiia  poftjep  ra 
erit  pîirrt^:  qiidSeueo U,  officlQ  imo  irtkidkaïuto 
7ixiP9  el  moituos.  : i jrpo  fedebit  iudejc  pocdpo?0i 
ii5fiirceperûlfdieati9ril9ei?)0bn(n,  Eüidtpdroce 
laboitepiemlo  il  errante  é{?0  ait.  amenemé  bieb 
7ûbuî*  790  qui  femti  eltio  me  rcJebifiu  fnp  fedea 
iadi&n  eff  tntodedn  trib^ifra^  'ÿbalïoïio  Uaglori 
atn  dnfdf  2 igmotnimâ  e#rtm*  «uftdero.  -libère 
l ibi  î ôfenUo  % petit?  oiffitadeoi  %tiif  ai  ad  côfenti 
eru  « terttffr  tdnàl  adPiiïhadendn  opptobtl®»  £go 
pafcoi  iii0nlfîimfl  iiintt39ÎfeftatoüteûftiltinaK  et 
Jctü  elfc  f \ni&  ütad^piûncB  pafeendûte  iudujrero 
ectaôfcribetidntui  ppxobiU(quc  roUPÏtaffi'1  «b 
liOcÉipC'ît]  goaliqo  litHrtfcariorrcffg'pi  cOpia 


tma  alias  ccctblïUaG  poîtare  PEmtttclC  n etfloî 
noie  î reuerStia  qri  nô  ego  fj  plures  Pc  te  affirmant 
c s üifijmifl  non  falri  fa  fcpl  S artib?  UbcraUb*  imo 
intottnafacreferiptnreqLtt  ImodofceiepCTtt©  fe 
mittia:  néergoteceiel  tnvvith  eccFelnm5piot  mi 
Teriao  obfn  iarimôfnpponC  f - fah  itère  tdlâle  ab 
olbiis  <nria*£pedlî£  ûip  eSdeUbi®l7ot  eft  etedfoy 
<atbc^  ' lotart  î iu  iurna  reuerêtiapabeJiÆiti^!  vt 
muLti  pclôicainpïfoinui  rtioç  tcnebzte  ambulât  :s 
pefafuafuc  earbonc^Ttifira  v jdcât  vidCdo  recogno 
tqlS  recognofeendû  üeffeant  ceflên  Aù  eâfit^  'tur  ton 
filEdopenlleatpenfrffldoptirlficStur  ?nrificaUmî1 
tlpnaTteBt£ttâdÏ4d  etfeftâ  mgndiciâ  t>oc  eft  cter 
t»3  rJkitat£  ad  au 3 creatlfui  imentât  ipnçÈautepo 
mina  noCUo  Ibeiucbri^tOaïe. 

CXattGpeo* 

<£5mP*cffimi  parianiïper^etüim  T^uUbitf 
comrrtoîant™  ptopeBemardirioa. 


Cest  un  petit  livra  singulier  et  fon  rare,  composé  de"  b feuillets  seule- 
mene  Nous  ne  l'avons  trouvé  qu'à  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Rouen,  dans 
la  collection  Leber.  Cei  amaieur  avait  accompagné  son  exemplaire  de  cette 
noie  curieuse  : * Alors,  que  de  tribulations  éprouvait  un  pauvre  curé  . Le  plai- 
gnant ne  compte  pas  moins  de  neuf  diables  déchaînés  contre  lui,  et  de  là 
neuf  chapitres  de  lamentations  dont  la  naïveté  rappelle  les  Qiiïn^e  Joies  de 


LES  PETITS  ATELIERS 


3^5 


Mariage  3 antre  facétie  du  vieux  temps.  Le  troisième  démon  qui  conspire  contre 
Je  repos  d'un  curé  à portion  congrue,  c'est  sa  servante,  infidèle,  paresseuse, 
acariâtre,  et  pourtant  reine  du  presbytère,  dans  laquelle  il  trouve  amant  de 
sujets  de  tentation  qu'il  a de  cheveux  a la  tête  : Per  ijimm  hahes  tôt  tenu  ni ouum 
stimuler  quantum  in  cap) ta  gens  cap)  Uns  '.  » 


Guillaume  Mignart,  imprimeur  demeurant  rue  Saint-Martin,  imprima  Les 
Complaintes  et  emcignemem  de  Fmuçoys  Guérin , datées  du  2 3,  septembre  J 49)  : 


ïo  t)  Soit  ptr&îerf)fl(îeGiifç  rt  foute 
m m aine  auffreô  mau  fç  aSuenfr 
j£omtnt  itt}  aç  te  fouu  cnit/ 
djofelaçffitqittfrtepfaife/ 
piita  forte  quif  ne  Defpfaffe 
^out  it  mrt$fou03cotixctfütj 
j©t îtt  frtwfp  fl  motj  intentiof}/ 
âfiorjjtorç  iaç  cfaipt  eijtefiure 
£mÇitr)qutptu(z  fflurontfçtt/ 
B u fceffue  l cfî  tompilne/ 

&t  au  6effou05  acfïcpjlne; 

B fantmctai'eefa  (anUt&t/ 
^wppfieffl  Çauffe  maifiitfft/ 
ÎDcfoïjftruflntfluofrmcmoirc 
jEtwtre  fotjfifyte  roçfiegfoirc 


(DCp  fee  fforfrineeef  en 

feigjumme  fofrflcoçe  guérit?  Sou  r 
gope  tÇangeur  et  marchant  foefyütj 
motif  tStiffeî  <tpt  ouffftaBfce  0 tott 
tteperfonneequfojtf  aufeune  6t// 
tm  pour  ewfç  gflr&et  Se  ( fictif c et; 
m tntiieitt  t£  t auffi  parfe  &e  pfap^ 
eure  are  efftfetuee  fefquef5  feront 
trop  fattguee  a ratompfer  pour  Cdu 
fcScSncfuctc  jjmpjime  apatiej] 
©uiffaume  mfgnarf  jjmprimtur 
fremourimf  et?  fa  tut  famt  marfit?/ 
rcçyîiouc&cfcpfcmetc/  lat}  tnlf 
quntn  ccne  quatre  Efagij  (tg  uïje/ 


Le  titre  tlébute  par  une  grajule  initiale  de  fantaisie  fort  originale,  qui  est 
copiée  sur  une  lettre  semblable  de  Denis  Meslrer.  (Voir  p.  J 1 5.)  On  retrouve 
une  pareille  lettre  chez.  Etienne  .Jehan not,  et  elle  passe  plus  tard  dans  le 


1 Caubgitc  lies  iivrt's  wtprhitès*  liunliscl'lU  , estampes,  dessins  <ri  caries  à jouer  composant  h hil>l[othti[iie 
Je  M.  C Lebfk,  mec  tks  nui  es  pji  le  collecteur;  liris,  Tédientr,  1839,  t.  1CI,  |>-  > 3 -j  b n"  3*5* 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


326 

matériel  de  Vérard.  Outre  quelques  différences  dans  les  tailles,  que  Ton  per- 
cevra en  comparant  attentivement  ces  deux  Rois,  celui  de  Mignart  se  distin- 
guera de  prime  abord  par  une  brèche  dans  le  bas  du  côté  droit,  à la  partie 
inférieure  du  corps  du  dragon. 

Les  caractères  de  Mignart  sont  dune  ressemblance  frappante  avec  ceux 
employés  par  Le  Caron  dans  son  second  atelier  de  la  rue  Neuve-Saint-Mcrry. 
(Voir  alphabet,  p.  jn.) 

Voici  I alphabet  des  types  de  Mignart  : 

3CÎ) 

«0c&8efg(Hfmii?nffQpqr*fetufiçtî 
ffffft  :/C 

ostttï 

Guillaume  Gueuson  de  Villelonglse,  étudiant  à Paris,  est  connu  comme 
imprimeur  par  un  mince  livret  petit  in-octavo  intitulé  Hurologe  de  in  Passion  : 


ht  fapafftoÿ  nofïvt  /ligueur  tôtorift 
mû  0 eu  w.  biffa ufa nt  UitÇ  r 0a fru rç  4 pi ti z 

GIS  (ÏF0oïûra£e$fl  îfefapaflïan 
® 1 1$cfu  tri  ft.  qu  i fe  ^Stu  fr  m t tfftoi* 
jDfrrptffluafre^rnttflfrwffeij  pmidot} 
qu  a (t  t q ua  tfl  r 0a  fcwti*  0 lutt  com  p t et? 
i^fÿi^Mmqüari'ünartïiTtftTt  aûiauftcr 
^cflsiurfuefl  petite  q fbuflrff  f0e  fwtcifï. 
sËe  puf  0 if  0eu  ree  ^ to  ignea  uStotift# ouft  f 

^ufque&u  fetur.quou  fepuftreoi}  fe  rnifl 
.â><3fiï.0c»itvfl 

^3  uanf  i Çefuttl  fl  eût  bc  ta  i$«e  a w gau  ffo 
piee  tau  4 a wf  a pofïree  et  Ëaifa 

ï&uiflabe  pair)  forçai  inet  roiperonfarre, 
^Oufiîreffrefpcre.a  pceufyfe  tonna* 

fttrôfftfw  l$c{it$  ft  «tnpftriÿtiûîf; 
3tobaeffpa«pourfefiure  cptttifnt, 

Scarte  a b î eu  t$afcu  t)  Sic w fo  rntfofe 

H ftv  Wf«pf«rfS*fu»  Bit  fa  tôt îrint. 


rtcattttrndtmpUutrt  ^tapptn. 

Jbee  i feÇi'c  cf  fa  î ope  ftabicffe 
*t£a$îanb  baufretir  grâce  etamoiiv  appçre 

fur  mapmitcaftiefanfîifrcetprrÿctcfft 
tfirfarijmarçrwfurfamoi&atiai)  J 
fifilp0eme©  &e  fopjoBe  ef iniutt 
35e  fa  cruefrece  Bure  pafîïoq 
Beeerarfamene  et  Bauflft  fïaçefftrrt 
Seftitremae  ùc  pi  c0ieeï  Soi  bu  te 
parto»)  f&iuc*  fangquojfpgFant  (faÛuuSoce 
ffcu  c/fanbi  fl  f 1 7 c rote  et  et)  foi  f n rc 
ponrtfiorç  meffa  if  et  bcfoËçpfftinrt 
2tmei) 

Jfrnernofïtr 

*&[  fïnffï  foiofrge  &e  fa  paffîot)  nouucffcmenf 
^ûipiime.'parmai/lcegMÎÔ'aumc  guecfbq  Sc 
ïiffcfôÿiic  flu&râf  a parie  be  montât  ti}  fofïcf 
&c  maîftrcicfai)  Bc  fonte  faua  rtiï  U eofftgt  be 
Kein*  pire  fa  in  U c ge  neui  efu  e 


On  lit  à la  fin  : Si  fnist  V Orologe  de  la  P fission,  nouvellement  imprimé  par 
Maistre  Guillaume  Gnerson  rie  ViHdongut , studianî  à Paris,  demoumm  en  Pastel  de 


LES  PETITS  ATELIERS 


327 


Maistre  Jehan  de  Foute , devant  le  college  de  Reias  pris  S ai  acte  Geueyitfve  > Le  seul 
exemplaire  connu  de  ceue  pièce  est  passé  du  cabinet  ( Ig ongne  dans  i;t  biblio- 
thèque du  Musée  Condé,  a Chantilly,  ou  il  se  trouve  actuellement. 

Depuis  on  a trouvé  deux  autres  pièces  de  Guersou.  L'une,  de  4 feuillets 
seulement,  périt  in-octavo,  de  /8  I/gnes  à la  page,  est  intitulée  : Dévote  contem- 
plation exitaut  (s/c)  a la  crainte  de  Dieu , moult  utile  et  propice  a ung  chacun  pêcheur 
w nia  ut  penser  de  sou  s<dut3  laquelle  chantent  les  filles  rendues  a Paris  par  dévot  km . Le 
recio  d//  premier  feuillet  est  occupé  par  une  figure  sur  bois  représentant  le 
roi  David  dans  ["attitude  de  la  prière,  avec  sa  harpe  à côté  de  lui.  Au-dessus, 
un  ange  descendu  du  ciel  pour  le  châtier  tient  dans  ses  mains  une  épée,  u/i 
javelot  et  une  verge;  au-dessous,  on  lit  le  nom  de  l’imprimeur  : Magistcr 
Guillermus  de  Villaloimu  Le  tout  est  entouré  de  fragments  de  bordures.  Le 
titre  ci-dessus  rapporté  est  imprimé  au  verso. 

Le  cantique  composé  pour  les  Filles  pénitentes  de  Paris,  dites  Pénitentes  de 
Saint- Afagloi rc , ordre  fonde  eu  i 4pi  par  Jean  Tisserai! , cordelier,  compie  dix 
couplets  de  hiut  vers,  dont  le  premier  commence  ainsi  : 

Fille  qui  vives  en  del/ci, 

Vous  errés  /rop  vilamemen/, 

Las  vous  offensés  Jc?n  Chrisi 
Qiu  pour  vous  a mis  tom  son  sang, 

F/  vous  a /rop  ayméc. 

Mais  il  rendra  son  jugement, 

El  lors  scrcs  dampncc. 

L’acl/evè  d'imprimer  commence  au  bas  de  ht  septième  pttge  et  se  co/i- 
t unie  en  I/t/ut  de  la  h/utième  : Ci  finir  la  deivre  eu  u te  ni pl a tin u mm  relie  me  ut  com- 
posée a Paris  3 a lu  requeste  des  Filles  rendues,  imprimée  par  Maistre  Guillaume  Guersou 
de  Villeluague  3 de  mourant  devant  le  ad! tige  de  Reins,  eu  lostel  qui  fait  le  coing  du 
caste  Sa i acte  Geueyiefye , et  la  ou  les  t tourna.  La  page  est  remplie  par  h///t  petits 
Lois  empruntés  a des  v/es  de  saints,  à des  pronost/cations  u par  un  fragment 
de  bordure. 

L'autre  pièce,  qui  n’a  également  que  /\  feuillets  composés  en  gros  carac- 
tères, commence  par  ce  titre  : S* ensuivent  les  Noël ç très  exce/eas  et  contemplatifs 
lesquels  chantent  les  filles  rendues  par  dévotion . 

A la  fin  de  ces  Noëls,  on  mentionne  qu’ils  ont  été  Nourrie  me  in  imprime i 
par  Maistre  Guillaume  Guersou  de  Villelonguc , demeurant  de  tant  le  coliege  de  Reins 


3*8 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


près  Saincte  Genetiefve>  et  on  ajouie  que  là  on  les  trouvera  avec  plusieurs  bons  livres 
nouveau Ix,  tant  eu  latin  ejue  eu  jrançoyx,  en  diverses  scimces  et  facultés  : 


0%<aiuet  les  noetj  frefejrcclms 
etfontttiiplatifjtee  qi?  ratent 
les  filles  renoues/  par  fi  mot  ton 


îîefafrtfafansconfwtre 
fie  tiers  tour  en  grant  lumière 
pÉfirtiOîs  ûefontonbel  onouei 

Puis  môta  laius  au  rfei  o «oel* 
ÊtfalWia  lamamîieftrt 
chantons  ÿôqstousâu  tmiûre 
îmftiî  Dicuemanucion  9\ 

ftifltiiffettf  les  noelj  freCîmot? 
ctioieultles  qlj  cljantcttf  les  fil 
les  ttmvs *a  paris  par  îeuotfo» 
^îouuelemfttmpumes  p mai^ 
fereguilfe  guerfon  oe  Plüelôgue 
ïemourâf  Eeuâtlecoliege  üerems 
pies  Camrfegeneutefuegf  laon 
les  trou  uera  mec  piufieursbôs 
fiiatee  uouueauljrtauteulatin 
que  en  francoj?sen  aiuerfesictÿ 
enceset  facultés 


La  Demie  contemplation  et  les  Noefç  sont  composés  avec  un  gros  caractère 
gothique  de  1 3 points,  dont  les  lettres  majuscules  paraissent  empruntées  au 
matériel  de  Pierre  Le  Dru.  (Voir  alphabet,  p.  65.) 

Bien  que  toutes  les  lettres  ne  soient  pas  représentées  dans  ces  quelques 
pages,  nous  en  donnons  néanmoins  l’alphabet  : 

abc0ffBt)i(ttînopqnsffuPjtf>3 
âpë(tpqSc9C?îtl&  temffffû 

XJ  H oro! ope  de  ht  Passion  est  imprimée  avec  le  petit  caractère  de  bâtarde  de 
1 o points  dont  se  servaient  Pierre  Le  Dru  et  Etienne  Jehannot  (voir  alphabet , 
p.  59),  mais  il  paraît  un  peu  iatigné. 

Aucune  de  ces  impressions  ne  porte  de  date,  et  les  bibliographes  qui,  les 
premiers,  ont  constaté  leur  existence,  l’ont  fixée  approximativement  vers  1520. 
Elles  sont  beaucoup  plus  anciennes,  car  elles  appartiennent  aux  dernières 
années  du  xvc  siècle,  comme  nous  allons  le  démontrée. 


LES  PETITS  ATELIERS 


3*9 


On  vient  Je  découvrir  en  Angleterre  une  quatrième  impression  de  Guerson 
de  Villelonguc.  C'est  un  opuscule  de  28  lemilets  en  lutin,  ayant  pour  titre  : 
Cmifessmiak  seu  de  modo  amfiteudi  et  de  pmi ù de  amsàent'm,  par  saint  Thomas 
d'Aquin,  portant  les  ntims  de  Guillaume  Guerson  de  Villclcuigue  et  d'Étienne 
Jchannot  comme  imprimeurs.  Cette  association  de  Guerson  avec  Jehannot 
était  un  fait  ignoré  dans  ITiistoiic  de  la  typographie  parisienne.  On  sait  que 
le  nom  de  Jchannot,  maître  es  arts,  ne  paraît  pas  sur  des  livres  avant  1475  , 
Lien  qu'il  semble  avoir  commencé  plus  tôt.  On  11e  trouve  pins  aucune  impres- 
sion à son  nom  après  14  £7* 

Le  Coufessionah  est,  par  conséquent,  antérieur  a i4?7  ot  n'est  pas  posté- 
rieur a cette  date,  par  la  raison  que  le  materiel  de  Jehannot  passa  entre  les 
mains  de  Pierre  Le  Dru,  qui  lin  succéda. 

Ce  volume  contient  une  petite  gravure  sur  bois  qui  a pour  sujet  la  Mort 
emmenant  le  Pape , que  l'on  voit  eu  tête  du  Sermo  St  mai  Bommnime  de  Morte, 
imprimé  par  Jehannot  en  1 5 ? et  qui  reparaît  dans  des  Heures  a P mage  de 

Rome  que  le  meme  Jehannot  acheva  le  21  août  i4<?7,  p0lir  Ie  libraire  Pierre 
Rcgnault.  (Voir  fac-similés,  p.  243  et  z4y) 

Enfin  nous  ajouterons  à I actif  de  Guerson  de  Villelongne  un  volume  petit 
in-quarto,  U Ordinaire  en fnmçoys  selon  tordre  de  Cysteaux,  imprimé  en  rouge  et 
noir  avec  musique  notée,  qui  porte  sur  le  titre  les  initiales  des  deux  associés 
et,  à la  fin,  la  date  de  1 4pS  ■ Nous  avons  déjà  mentionné  ce  livre  au  chapitre 
de  l'atelier  d'Etienne  Jehannot  et  nous  en  avons  donné  des  fac-similés. 
(Voir  p.  247  et  248.  ) 

Tel  est  le  bilan  typographique  actuellement  connu  de  Guillaume  Guerson 
de  Villelonguc. 

La  maison  qu'habitait  Guerson  était  au  coin  de  la  rue  des  Amandiers  (au- 
jourd'hui rue  La pl ace)  et  de  la  rue  des  Sept- Voyes  (aujourd'hui  me  Valette) 
Elle  était  contiguë  au  collège  tic  Fortct,  du  côté  de  Sainte-Geneviève.  Plus 
tard,  la  maison  de  Guerson,  occupée  par  Thomas  Richard,  imprimeur,  porta 
l'enseigne  de  Ut  Bible  tPOr , et,  eu  1588,  une  seconde  enseigne  des  Pots  a 
Moyueuux . Jacques  Nicole  y exerçait  tomme  libraire.  L'immeuble  qui  faisait 
l'antre  coin  de  la  rue  des  Amandiers  était  une  maison  neuve  à l'enseigne 
Saint-Étienne,  appartenant  à P heureux  Félix  Baligault,  imprimeiir-Iihraire  et 
bourgeois  de  Paris. 

Guillaume  Guerson  érait  probablement  originaire  de  Villelonguc,  qui  fait 
11.  4^ 


IHyilH>±.E  >.  >T  ll.J’.lUt. 


HISTOIRE  DE  I/IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


33° 

aujourd'hui  |;utlc  du  département  de  fAvcyroiu  cest  1111  écart  de  M com- 
mune de  Cuba  nés.  Un  acte  du  cçnsicr  de  Sainte-Geneviève,  découvert  aux 
Archives  nationales  par  M.  Pli.  Rcnonard,  établit  qu'il  avait  des  frère*,,  des 
sœurs  et  autres  parents  habitant  le  diocèse  du  Pny,  qui  réglèrent  par  procu- 
ration les  affaires  de  sa  succession  le  3 1 janvier  1 503  (1502  v.  st.).  Le  5 août 
précédent,  Guerson  s était  rendu  acquéreur,  par  devant  notaire,  d'une  rente 
de  4^  s°h  à prendre  sur  la  maison  qu'il  habitait  et  sur  une  ferme  et  des  terres 
situées  en  h paroisse  de  Savrgny,  an  bailliage  de  Meitm 

Jean  Drlart,  imprimenr  demeurant  rtie  Saint-Jacques,  a l'enseigne  des 
Trois  PitceHcs~t  fait  paraître,  en  mai  14^8,  une  édition  de  L Istoïvc  de  la  destruc- 
tion de  Tnye  ta  Grant,  avec  les  memes  figures  que  celles  de  la  première  édi- 
tion de  ce  Mystère  publiée  en  1484  p;ir  Jean  Bonhomme. 

Cffmi^fifïoiteïicfûbeflturfio^ 

beftopcfagmntmifeparpatfonnûi^ 

ÿmpapiTrtïifÏPf  iacque&tnitet  t icecie 
etjfoi'jçfâffmpnmcpapûwfeetiFfùf 
tne  iüupbmop  pût  'JfÇa»  bdart  'Jm 
pîimrurbPmcutûnfafiïrüÊ  feint  31<ic 
queeatenfeiçfntôctKQiepuctffte 
f£ü$mtquatttcîn&  qu  fifre 'tungfj  (T 

Cette  édition  paraît  avoir  été  imprimée,  au  moins  en  partie,  potir  Vérard. 
Sa  marque  se  trouve  à la  fin  de  quelques  exemplaires,  dont  certains  que  nous 
avons  vus  sont  des  livres  de  grand  luxe,  tirés  sur  vélin,  avec  lenrs  figures 
peintes  et  enluminées  dans  l'atelier  de  cet  éditeur. 


1 « Maistre  Guillaume  GiiersmiJ  libraire,  a esiê 
cejmir  mis  ni  possessimi  cl  saisine,  île  quarante  h n il 
*ota  de  renie  payabfes  aux  quaire  lermes,  elc.  . . H 
I j n I sur  une  maison  assise  an  doislre  ancien  Je 
Saillie  Geneviève,  lenani  dune  purl  au  cvnieiiere 
ni  ix  Cleixz.s  el  d’anire  el  abontissaai  i par  derrière  à 
J'nsiel  de  Mercy  en  noflrc  ceusive  el  seigneurie, 
dnrgêe  île  xyiij  s.  p.  île  cens  et  renie  ikju  mehe- 

lable,  connue  sur  la  ferme  el  terres  Je  la  Grandie 
du  Boys  en  la  parro  ise  de  Savigny  ou  bailli  âge 
de  Mdcim.  Geste  vente  laite  par  Girarl  Pican, 
ImucEier,  Emurgnys  de  Pari,  nusdites  charges,  etc. 


indien naul  fa  siim  me  de  ireule-ciuq  livres  loiirmu-s 
qiul  en  a eues  el  receues  comme  il  en  est  aparu 
par  img  brevtl  fâil  el  passé  le  ix1 11  jour  ilauusi  mi  E vHL 
ei  deux  paidevaui  Crozon  el  Rigaudemi,  notaires.  » 
Ç À rdi  i ves  n ai  i on  a I es , Fusai  sinemeni s dû  Sdtnte  Gene- 
viève, S 1650,  1 rr  partie,  fol . 52  r°. 

ï.^maisou  des  Trois  Putme//es\  rue  Sain  i-Jaci|  lies , 
paroisse  Je  Sain!- Séverin  , ceusive  de  Noire- Dame, 
êta  il  al  te  11  aille  à la  maison  du  Hednhie,  dH  après  un 
lilre  Je  i4°5-  Un  :i|||re  titre  de  i442  l'indique 
comme  aboi  il  issu  ni  a « Tlioslel  du  Petit  S<ndmon  j 
Jourdain  ». 


LES  PETITS  ATELIERS 


33 


Le  caractère  de  Je.m  Drijirt  est  imité,  à s’y  méprendre,  de  eclui  de  La  Mer 
des  Hptoim  de  Pierre  Le  Ronge,  iidopié  de  préférence  par  l 'éditeur  Vénird. 
En  voici  i'alphabci  pour  faciliter  la  comparaison  : 

P j©  2>  & io 

aSebefgQiùftntynvopcitifetufŸS 

ff  If  (î  d p ? (î  P m 3 o9  jî 

Etablissons  les  différences  caractéristiques  que  nous  avons  notées  entre  les 
deux  alphabeis  : 

Da  ns  l'alphabet  de  Jean  Driurt,  la  Icnre  D majuscule  a nue  barre  longini- 
d in  ale  au  milieu;  dans  le  iype  de  Le  Rouge,  il  y a jiji  trait  ïransversai  ondule 
Le  G il  une  double  barre  transversale  ei  un  point  au  milieu  qu'on  ne  trouve 
pas  chez  Le  Rouge;  PH  n'a  presque  pas  de  tac  et  a également  un  poini  qui 
jj  existe  pas  dans  Pamre  caractère.  Le  J a une  barre  qui  le  double;  PM  est 
différente  avec  une  boucle  ait  milieu;  PN  forme  mi  coude  saillant  dans  le 
premier  jambage, 

Dans  les  minuscules*  le  d est  coudé  stir  la  gauche  er  ne  forme  pas  de  boucle 
comme  dans  La  Mer  iks  Hystoim\  (Voir  alphabet  de  Le  Rouge,  t.  I-,  p.  471.) 

Les  sommaires  et  renvois  placés  en  marge  sont  imprimés  avec  un  caractère 
de  petite  bâtarde  de  p poinis,  dont  nous  présentons  aussi  l’alphabet;  mais  la 
plupart  des  capitales  manquent.  Nous  ifen  avons  pas  trouvé  plus  de  irois 
en  examinant  avec  soin  le  volume,  TA,  le  C et  PL. 

31  £ t 

rtGib&cfgflirmrçfiÿopQrifflfulïpn 

ff  ff  fl  à f (i  ï F P S o*  p p p*.p  $$  u * C 

Ulsnnre  de  U destruction  de  Troyc  est  le  seul  livre  que  Jean  Driart  ait  signé. 

Nous  reproduisons  ci-aprcs  quelques  échantillons  du  icxie  et  des  gravures. 
Les  planches,  sauf  la  première  qui  nous  paraît  avoir  été  nés  habilement 
copiée,  ne  foui  pas  double  emploi  avec  celles  que  nous  avons  déjà  données. 
(Voir  1.  Y\  p.  182-189.) 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


L’ISTOTRE  DE  LA  DESTRUCTION  DE  TROYE  LA  GRANT 


ÉDITION  IMPRIMÉE  PAR  JEAN  DRIÀRT 
(8  mai  j 49 ^ ) 


ajl)  faffant  p armp 
SitefauDe 
pfameDetofiteef 
Deffeuts 
SPerpwarifif&c 
fauenùe 

3&au6efin  ^Defruf t&  eoufeurs 
Jûour  enfttûBfitt  meG  Doufeure 
^ufïqttecucurqmfcfoufae 
'ïÊbimfï  oj  ferme#  rf  eïjpfturs 
parfaire  De  mefannifpe 
•^Ttou  ua^  tïu  0 fi  eu  mouff  5 e fi  cf  a5  fe 
® ouff  fouef  flmrfff  mouff  fauoianf 
#fom0;eDuft<far0ietïOfa6fe 
^m£|îaifBefef  flietj  ffeutanf 
JDncfniauoifDeffouBj  coumitf 
"ÎEouf  enmnmne  De  ffeureef  e# 
|0>uu<ïfoij  grari  eup  murmuran  t 
&tp(u.Gt(evqueîeGfepfp(<mcte6 
ffflrBri^ïitefierffetonnefe 


Ctfanter  mefoDteufWnenf 
l&tbifoitïïnMSanfonnett 
SD  t ef  ce  mo  u ff  fo  uf  rtuemenf 
3epîmefefmomf(Wrtf 
âoprfaDoufreafmortie 
iûueiouBftapfofafemenf 
jîa  Doufmr  De  ma  mafabie 
31  £ nejumepomf  a eflfe  jjar&e 
JfrafoijaÉîifiteafafaroij 
Jfreauffî  aujcfliefli#  queflfe  jjatbe 
<£ï  at  0 m t enbt  0 a fa  rflanco  u 
^ftafoif  cequefeDoufpfou 
<ÏJc  r§f  tamffmfî  a femeiffer 
:}D  o ut  apjuen  D fe  au  feu  ue  fteflfj 
Æfcflbira  pbemereuriffer 
fei  enf  enbp  quefFepatfotf 
SDe  farflie  que  beuanf  nomo  Ée 
que  €ij  rijanfanf  effebifoif 
©eufif  ûvBï€  Dieu  f e boiitf  io  ïe 
<tni0epfaifanfftiqui^etDpie 


LES  PETITS  ATELIERS 


L’ISTOIRE  DE  LA  DESTRUCTION  DE  TROYE  LA  GRANT 
ÉDITION  IMPRIMÉE  PAR  JP.AN  DRIART 
' 8 ni;ii  1 

gfonr  fougrnfemgft  ce  qm 


SlSTOIRi  DE  L'IMPRIMERIE  UN  1-lïANCE 


^ A 
}_yT 

De  Bure  ci  d'autres  bibliophiles  ont  cité  une  édition  du  Mystère  de  la  Prmïem  \ 
au  nom  de  Jean  Drian,  datée  du  7 mai  148 6>  Brunet  prouve  l'inanité  de  ccitc 
attribution  : iQ  t:u  établissant  la  fausseté  d'une  souscription  jointe  a l' exem- 
plaire incomplet  du  duc  de  La  Vaüière;  2°  en  déclarant  l'impossibilité  de  cene 
date  qui  ne  peut  s’accorder  avec  celle  mentionnée  dans  l'intitulé  du  livre; 
3“  en  prouvant  que  Dr  km  ne  commenta  à exercer  comme  imprimeur  que 
douze  ans  après.  À ces  arguments  péremptoires  nous  avons  ajouté  | Onglet 
débuts  de  /' Imprimerie  à Poitiers,  p.  78-77  ) la  comparaison  des  caractères»  qui 
ne  ressemblent  en  aucune  façon  à ceux  de  cct  imprimeur,  et  qui  sont  plutôt 
ceux  des  premiers  imprimeurs  de  Poitiers.  (Voir  fie -si mile,  dans  les  Monu- 
ments typographiques  de  Poitiers , pi.  LXIX. 


Baptiste  Bourgui-Tü  imprime  L Exemplaire  de  Confession,  petit  in-quarto,  dont 
le  seul  exemplaire  cou  nu  est  a la  Bibliothèque  de  ls  Arsenal 

§1  exemplaire  oeconfeflion. 


Sa  marque,  qui  représente  saint  Jean  baptisant  Jésus  dans  le  Jourdain,  avec 
le  nom  de  Baptiste  Bourg  net  au  bas,  et  ces  mois  à lemour  : Ecce  film  meus 


LES  PETITS  ATELIERS 


335 


dïhmts \ lient  prevue  (ouïe  I;i  page  de  titre.  Le  livre  est  composé  ;ivec  une 
bâtarde  française  ét  12  points,  ressemblant  aux  types  de  Pierre  Le  Caron  et 
de  Guillaume  Mignart,  avec  lesquels  on  pourrait  l;i  confondre  : 


Tk yemp  faire  fie  confr/fïo 

t?ee  r onfii  cion  e que  boit  a uo  it  fe  pmi  tmt  erç  ro trfeflrorç 
premier  tflapittt 

£>ur«  quêta  conft/fiona  facramftafra  îfiui 
p en  t mouft  bt  péri  1 5 ro  ntre  f e fo  fut  fiea  atne  0 

tôt  fieô  riSfefft  one  romc  fir  reu  fp  qui  fe  rôfef> 
fît  a caufe  freo  cao  îriffm  fee  £ e/ir&jee  <j  p fioi  uît  r/ïre  fin  3 
(t  rruefaj  (t  rcmefir  cfiuenaBfe  np  e/l  pao  afiiott/lr  p firfauft 
fiu  râfrffewr  ou  pem  tît  tôt  fiifetu  «ffe  fit)  ij  1 crue  ignoré 
œnefoitauÿamre  fiait  fut  rôpofetï  faiteepetitet 
Bric  f fraicteniime  feyf  pfaire  fie  cSffiïi  3 SLzfl  a Uit  ij  et)  ce 
fïup  petit  fumt  pourra  trouuerfepfelfeurfaïïoietf  fa  ma 
mm  fic/ïufii er  U fn  gne mit  par  fefl  f 1 f po  ur  ra^gnoi  fUc  fa 
fiioitfeîoiefit  £frffi5  p fafiitffrtftt  fite  pmitëa  ^ a fui  fefië 
&r5(  c5fe(frr^  pourcc  ijrr/lm  fiurrt  e/lfû&c  fut  fr  fait  fie  c5 
feffi 1 5 jSttiierr mÈt(iau5t  t ou  t or u ure  eft  neceffi  te  fie  fauo  1 r 3 
cc/ï  ^ cîfrfliS.iDîl  rSfrJfio  fcïrrj  fSctiï  au  gw/finii  firfcriBiï 
fi  c . JÈ5  fr/Ji  0 e/l  certiffi  ma  ro  tà  facetfio  te  pc  t3^  fit rfarati  0 • 
31  gregon i.  iCôfcffio  rfî  pc(3£  fietectio.  £ ?/l  a fiitfe 
que  c?  fr  fft5  ne/l  a ut  1 r c Ça  fr  fi  n5  trefeert ai  ne  fi  rcfarac  1 3 b e 
fo?  frff  pecÇcj  firuït  fa  pccffine.#  ce  ;ppo  0 bifoi  t fie  pfafmr 
fïeHptfoccupem^facif  fifti  ïc3frffi3e.{îfH3|t^afiBi.  JQfKe 
mi  ni  firlo  qui  Bon9  (te.  Jtî  3Di$n  c3fi  tr0o:  aauerfrt  me  Fi  u 
fltcffl  mtô  firio^c  <Qaia  auartf  ^ue  4ft  flioq  fait  mentoire 
a famé  1 r tceuue  ^ fe  penitît  fioi  t rfïcr  gamp  fie  quaTî  cfjo 
fesn  ïa  p^mirrer/lpttS^  recogitatiû.  £rfï  afiirr  que  fie 
ttft  t)f  $ittm  1 fieuflf  fr  p;  /îre  if  fiait  par  g r3  fie  fieuoci  or)  rf 
c3  tri  ci  or)  foncer  it  pc  nfer  qwp  pe  cÇf}  ï)f  a f 0 1 6 fi  tû  m 1 a c3* 
tcefa^oufîtf  et  c3m©rmflfirfiim.  Ætfiüittffifirraffa 
fieuj?  feo  pfacra  fea  (rauawfÿa  toutro  fea  peines  ^f a pP 


ÎDrcycSmuntcaaot)* 

mnît  profiter  a fa  faùtatib  fiefaij  amr  15  f c3e  if  r/l  erç  itrf 
fefmÉÎcefiejpc3mumcartor).ïa  porte  fie  fegfifett  mtfmrÿ 
tnîtfiepatafiiôfup  rfi  cfofrtï  fermera  cSmunicanafirc 
fbpaufÿ  r|te/îi£tf  [tmsfmeato9  feafacremîafienoflre  me 
refaïcttegfifr  fup  font  fi  ffbua^tnefioitpoït  e/lre  mfecre 
et)  trrrr  Bmai  /k£e/l  feÿpSr.  fiu  f rytr  fi tffM  rfcrip<H3icp  it 
îunf  faire  fa  fnj  fie  ccprtt  fiuret  (t  (raiefr  m fupfiât  ÇuBfe 
meut  a to 9 ceufÿ  qui  fe  fi  ront  que  fi  fs  f reuu et  rÇ 0 fe  qui  n e 
foi  1 03ne  ou  0i  ë fiiefr  a fi  n/ltuctio»)  it  enfeignrmf  ( fica  fim 
pfee  tôfeffmte  ou  pmttîa  qf^n  rmrSueiffët  pae  Bfofmtt 
neSi(uprtrrmaiafioufcrmë(|itfB3nisrtmëtSuriff^t  coi 
nger[tamëfierffafiefauftea.eaMrfapfaitrrjB5iie  inters 
ti5[ttïîfou/ïena(fafopbefiiruitfafopcatÇ£>fique  fir/irSt 
queûpirsrrfiepiîirSiefingfÇafurjpuiflreparuenir  rqfa 
tope  eternefft  au  ropaumefieparabia^mo)* 


fini/l  fryrmpfaûelNonftfJftoiÎH:. 


des 


En  examinant  de  pics  les  lettres  de  l'alphabet  ci-dessous,  on  trouvera 
différences  caracttTistkjues  dans  les  majuscules  B,  C,  L M et  S : 

32&CÏE)  &f  <5  ®3\  1 m fi  S>  p Æî  » * ^ to 

aÛcfirfgÇifmnrjopqriffffuS^p3  ffffR  * : ^ / 

3^5 05Î rt  g9T i^f^iîi  ni9 il  n93  0^  f 


le  B ;i  un  trait  oblit|iic  dans  le  milieu,  tandis  tpi  il  y en  a deux  die/: 
Le  Caron  et  cliez  Mignart.  Le  C est  plus  droit  et  les  branches  en  sont  moins 


336 


HISTOIRE  DE  ^IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


longues;  il  a une  barre  par  derrière,  an  lieu  davoir  ni|  trait  par  devant;  l'M, 
dont  il  y a deux  sortes,  iTa  point  de  traits  an  milieu  des  jambages  et  est  diffe- 
rente de  forme,  et  l'S,  un  peu  plus  compliquée,  a un  trait  transversal  qui  va 
de  gauche  à droite  eu  formant  une  boucle.  (Voir  alphabets,  p 91  et  3 23.) 

C'est  avec  ces  memes  caractères  qu'a  été  imprimé  LeMysûre  tk  rincanumm, 
représenté  a Rouen  en  1474*  pendant  les  fêtes  de  Noël;  livre  fort  précieux 
dont  on  n'avait  pu,  jusqu  a présent,  déterminer  ["imprimeur. 

Le  livre  commence  par  un  titre  cm  tête  duquel  se  profile  mie  grande  ini- 
tiale à boucles  avec  profil  humain  d'une  forme  tonte  particulière  : 


bfmptofr3]c/ÏKÇufi 

Un  second  ntre,  au  verso,  indique  la  position  des  «cstablies  assises  eu  la 
partie  septentrionale  tTiceluy  (le  Neuf  Mardùe)y  depuis  Phostei  de  ta  Hache 
couronnée  jusqttes  en  1 Jho  s tel  ou  peut  ['enseigne  de  f*  Ange  ». 

Æn  fuit  finromadot)  rt  naf  iuitt  ht  mfitt 
fûwfurur  <t  rebmipfmi  ûfucÇitfî  * Jûqmtft  fut 
ITMmftw  pot  pfbmurigreavnfï  qu  t ty  ayita  cfi 
rfcripfï-ûi)  mtfc  cfccfpyinh  tes  ftfùü  te  tiotf 
ta  Çiffie  et  dit  te  ttj  tebtmtc  neuf  ma» 

BttftoiU  fe$  effaBfrea  afli/ee  O)  fa  partie 
ftfpTrtntmafebinfUp  tepuie  ftjofid  ht  fa  Ijadjfc 
mtmtm 

te  famfe  (otite  t>ecfatï  erç  fa  frrj  ht  cc 

cobiciffr . G)  tm  fea  qîaBftfe  beafîypiopÇçta 
efîoid  mteem^e^hiunfcBptMa  et  par 
tira  bitffup  tinifmarcÇir. 

U apres  ces  données,  M.  Pierre  Le  Verdier,  bibliophile  roucumiis  dlstm- 
gné,  qui  a produit  une  excellente  édition  de  cette  œuvre  dramatique  pour 


LES  PETITS  ATELIERS 


337 


la  Société  des  Bibliophiles  normands  , il  a cm  pouvoir  conclure  que  le  volume 
avait  dû  paraître  avant  i 4 5? S h En  cejte  annéc-ia,  on  commença  à Rouen  la 
construction  du  Parloir  aux  Marchands,  sur  le  terrain  du  Marche  Neuf  ou 
Marché  aux  Herbes,  qui  disparut  tout  à fait  en 

Ce  renseignement  a sa  valeur;  néanmoins  il  se  pourrait  que  1 "imprimeur 
eût  reproduit  cette  indication  d après  le  manuscrit  qui  lui  servait  de  copie. 
Il  naura  probablement  pas  pensé  a rectifier  ce"  détail  de  topographie  locale, 
quhm  Roucnnais  seul  pouvait  connaître. 

Voici  la  reproduction  de  ( ordre  des  mnMh*sy  cTest-à  due  des  décors  : 


0imi/afen?  * 


iÉornme 


fènfuit  foibre  rômntf  effoient 
faiefre  fr  b rflafifi^* 
ptmktxtnent^m  oiintf- 
J>ara6is  abonné  cfimt  if  tfi  faffufbk  au  fmt 
ftUSmgtnmfimiF 
Ha  maifinj  ùpj  pas.,  m itofire  dame 
^>oi)  oratoire* 

ta  maifoï}  5e  efî^aBe^nî  montaigne 

îkfagie&rfrmeoÿ 

Xe  tempfe  fafo:  not 

te  6emeure  bee  pmeflte 

ïofîcf  6e  grrfbt)  (m8e 

le  fieu  &iipeupfir  pajtftj 

te  fieu  6u  pcupfe  ire  iutfjj 

TU  ftm  6e  rofepÇ  et  fte  &cu$>  toufïrag 

ta  fiacre  ee  éeitfe 

lie  fieu  ou  fno  reçoit  (e  iBuf 

te  tÇamp  au$>  pliure  corne  ta  four  afrit 

te  tfjaficQu  6e  (ira)  pieuofibe  fpUc 

ttetnpîapoffu} 

%a  maifïuj&efiBrfe 

te  fogia  bce  ptiucen  6e  fa  fruagogue 

te  t ieu  ou  fet)  reçoit  fe  triflut 

ta  cflamBie  6e  femposur 

tetyiôfnebmtuÿ 

ta  fontaine  5t  romtne 

te  rapitofe 

i&n fer  fait  e*}  marne»  5une  gratt&f  gueuft  fc 
ctoant  et  omirent  quant  Befoing  a?  efî 
31  e fimBe  tes  perce  fait  en  tnattim  6e  rjjartre» 
et  ne/îoierit  %eu&  ft  notj  au  6e|fuo  Ou  faufj  6u 
coipot 

Xco  pfarre  6re  pzopljeteo  *t)  biuere  ficup  flow 
be$  oiitm . 


1 Mystère  Je  ^hwiiâtîm  et  Nativité  Je  A flstre 
l Sntnteur  et  FêJmftteitr  Jésus  -Christ,  re  pré  se  me  à 
Rouen  en  i4/4>  public  il  apres  un  imprime  tin 

JL 


XV  siédet  ;uec  introduction  t noies  et  glossaire  par 
Pierre  Le  Vekuif.h;  Rouen,  imprimerie  tTEspÊ- 
rance  OtgmarJ t 1883-1886,  3 vul.  in-8^. 

43 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


338 

Le  texte  du  Mystère  de  T Incarnation  commence  au  recto  du  deuxieme  feuillet, 
par  une  courte  allocution  aux  spectateurs  pour  réclamer  leur  indulgence  : 


3n  flfùâ  arboiefm 
fme  pfiairbap  f à * 
cttbolû  et  #pt>âtü 
totif  tâattaiptu* 
te/Dîaf  fiche  balaâ 
30ebaJaa<}  jn  iob 
bf  dûib  beftfbitbr 
buefiJio  rîarhufra 

laaabiabé 
larb  eburf^  bt  ma^ 
tebîrœt  iTtfa  bitte 
birit,  inqumuhbi 
Pii?artna*etbroi« 
tu  toile  ïtMmto 
tfo  pphtiûmt. 


pour  refeuet  Bumaine  créature 
iDes  oie  en  fera  et  be  fa  ri)arfrt  oBfcure 
£Du  fe  auoit  feeu  te  mauuaie  ange  affront 
%e  fit j be  bien  par  fa  tarife  pure 
B amifie.nolïrepiopie  nafwce 
4 Soufu  pienbie  (t  fiiap  f)5me  fop  faire 
Bt  buneSterge  if  a fait  fs» } faaaire 
puis  et)  tjl  ne,  et)  ttefpoure  repaire 
#inft  aime  noua  fe  bemonfïreto  «a 
,5>  ifpfaif  a biew.rc  pour  ce  mieufjp  parfaite 
./Bous  Sous  prions  fous  quif  Sous  pfaifï:  faire 
3|ufques  a ce  que  a ri)  eue  noua  aurons. 

#ff»)  bennup  fuir  noua  nous  tairons 
prefent  bes  fteuy.Sous  fea  poucj  côgnoifïie 
par  tefmtef  que  beffus  Sopc^  eflre. 

/5ous  requérons  Sniuerfefement 
% fous  fri  gneure  begtife  ou  aufrewent 
Bt  au  c5mut).6ief  a toute  perfonne 
,5>e  cômeffons  fauffe  que  ot>  nous  parbonne 
Bt  cÇacut)  bteu  bcpriebflumBfe  tueur 
£3ue  par  fa  grâce  if  noua  fait  abiufeur 
iDonc  î&afaatt)  fe  piopBcfc  gentil 
Cbmencera  fe  premier,  etefïât 
£3ui  efiub  e/ï  btf  eu  fture  ioB. 

î&afaatpjppÇete 
£&  riefur  (teffa  e$>  tacoB. 

3|e  ne  fuie  pas  Scttu  be  fa  racine 
3Du  Bot)  iacoB  patriarche  trefbtgne 
SDoncbefcmbia  cefupqueirbirap» 

Æf  fouteffoiafa  maiefieBimm 
Bn  cefï  Beure  fort  mot)  tueur  enfumine 
Bt  mSnunee  bu  fout  ce  qua  b ire  ap 
£>e  trois  efïas  bifraefbeutfap 
JÜa  pas  granf  fempa . et  ei)  propBeft  pîp. 

0)ais  maintenant  au  quart  me  befertntne 
Bt  berrcniet.be  cefup  par  fer  ap 
^tanf  fmtmentet  me  p atteler  ap 
#uflt  fe  Sueifbe  bteu  a ce  mencftne 
Hefperit  faint  me  betnonfîrc  et  befïgne 
premièrement,  que  refi  ejîatSenbra 
ÎDebens  granf  tempa  et  Beaucoup  atfenbw 
pour  ce  par  mop  cfï  bitef  reuefe 


tfaguGimts  t epl£  ab  bt 

cttiliu  b on  affilé  birit 
a foie  fi lit  lEali  factTfiri 
p fvre  rtheat  arguai  ?fu$ 
ftimlï  tïbioütt^bfr 
fjjdloiiâ  a (artrotgtftti 
ri  tvé  mtauil  iÿlüpo 
ftutmifaef&  fmfctlte 
Ifïpff*  Cwtf  ftWptortbt 
palet 


pauîue  burgMo  rfo  4 
qtuquagftria  bnubatfr 
me  rômrEue  fff * qui  ab 
bitiôe  ibp  magtOrôitf 
tfrolaB  be  tirât  (of 0 b» 
mrfuftrrrftripfî  opo 
fuit  attirant.  Æirrapzo 
pbitiae  bataSbirit  nu* 
mm.  riitfi&uaffiso:  ;p 
pbefiebaloâ  bibétum 
(picot  quoffuo:  Oafua 
ppliffrtitfri,  ^uotûpn 
mur  liteflf  tü.  ftilj  ab 
1 bubâbC  $ ab  bafion? 
leçie  a batiom  le 
ffi&btoj  an  ffÿ  que  pot 
rebeft  foré  ^miOSoma 
mie#  tfi  n%  f babuiflet 
STnti’  a If  1 pi^icf o bt 
o^ablepuo  quobabue 
tût  «gÈ  îriufiue.  0nai; 
fuaboel  fïnatio  flib  rpô 
SfquüLfl&Uf  quibî  ün* 
fû.  qrbtfimûdTrrnebat 
eli  crtremielepotib^be 
ipfobinc*10ibebo  rù  ftb 
ttôtnobo.  3nfufbo:efi 
fro  rtô  ^>pe,  <^l  qt  î 
âatu  miflma  a faulio 
ablïôbi  a erffm4  âba 
i5oït>aclfn  ^pljcfta  bi 
nf+0üi  nowitboffrrnS 
attiflïmi.  q, b ,30a  4 bii 
rtur^fCiHiU^lritiii0  i 
nouitborfriaâ  fiûïtm 

au 


Il  y avau  quatre  établies  : Nazareth,  HUrusalem , Betliléejn  et  Rom  me;  cha- 
cune d’elles  se  subdivisait  en  un  certain  nombre  de  compartiments  ou  loges 
appropriés  aux  différentes  scènes,  et  ces  subdivisions  étaient  au  nombre  de 


LES  PETITS  ATELIERS 


339 


vingt-denx  ■ au  total,  vingi-deux  décors  différents  que  Ion  avau  construits. 
Le  theatre  pouvait  avoir  60  mènes  de  long.  Sur  chacune  de  ces  loges  était 
attaché  un  écriteau  qui  en  indiquait  le  nom  : 

Àffin  ffennuy  fuirt  nous  nous  laizons. 

Présent  des  lieux  : vous  les  povez  eongnoistre 

Par  Inscrite]  que  dessus  voyez  estre, 

La  première  journée  de  la  représentai  ion  finissait  par  ce  remerciement  aux 
spectateurs  : 

Seigneurs  et  toute  l'assemble^, 

Nous  vous  mercions  humblement, 

Cy  linons  pour  ccste  journée, 

Seigneurs  et  toute  /assemblée. 

Demain  sera  à fin  menée 
La  matière  parfaictemcnt. 

Seigneurs  et  toute  /assemblée, 

Nous  vous  mercions  Immblemem. 


La  deuxième  journée  se  terminait  par  le  prologue  final  dont  nous  donnons 
ci-dessous  le  fac-similé  : 


ÏU  piofoguf 

'ÎDitipe  ittfi  pim&w  auiur)  (oiifatf 
Bt  repos  auffy  teftfafit} 

Itni  prfrnt  fl  affirj 

ÆÜue  tn  gra  s a ppr  fïta  ne  fopoq  ; 
fjJumGfement  nau^  rem  rrtürç 
'Sous  fei$  nuire  re  fûjûn) 
ÏDfgfifr  ou  autri  bicfmte 
£>u  idmut?  auflp  fimior) 

ÏDauoir  rrptffmlütiûtj 
faiett  ùp  par  Gemgntte 
ÆuppfÉitëO)  (jumifitr 
kwe  fa  pourmpacttf 
ÏDe  noua  /ott  par  îoub  fuppoKrt 
j£t  fora  fartant  mairfïr 
ÏDeftf&ontfaiiûttiitte 
Bft  ûimnmtnttemonfîttf. 


Gppftçit 


L'Exemplaire  de  Omfkshm,  seul  livre  connu  au  nom  de  Bourguet  if  étant 
pas  daté,  il  serait  imprudent,  quant  a présent,  d'admeure  sans  réserves  la  daie 

43' 


34ü 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


assignée  par  M.  P.  Le  Verdier  à l’impression  du  Mystère  de  t Incarnation . II  est 
toutefois  à peu  prés  certain  pour  nous  que  cet  imprimeur  exerçait  vers  i 495 
ou  j 4ÿ6y  car  on  connaît,  a la  Bibliothèque  nationale,  deux  pièces  imprimées 
avec  les  caractères  du  Mystère  de  /'  Incarnation  et  en  tète  desquelles  on  voit  J a 
meme  letire  ornée  à profil  humain,  qui  a subi  de  légères  retouches. 

Ce  sont  des  pièces  de  circonstance  qui  tenaient  alors  heu  de  gazettes  ou 
de  journaux,  et  qui  s'imprimaient  aussitôt  la  nouvelle  connue.  La  première 
expédition  d’Italie,  pendant  laquelle  ces  événements  se  sont  passés,  ayant  eu 
lieu  en  i/}p5  , c’est  vers  cette  époque  cpie  nous  plaçons  F exercice  de  Baptiste 
Bourguet,  a défaut  d’autres  renseignements  plus  précis. 

L’une  de  ces  pièces  est  intitulée  /’  Entrée  du  Roy  nos  ne  Sire  h Ranime  : 


Le  I >as  du  litre  est  occupé  par  une  figure  représentant  deux  preux  cheva- 
liers combattant  l’un  contre  l’aurre  et  rompant  une  lance.  Ceite  illustration 
est  une  copie  exacte  d’un  des  bois  du  roman  de  Pans  et  Vienne , imprimé  a 
Paris  par  Denis  Meslicr,  rue  de  la  Harpe,  à l’enseigne  du  Pilier  Vert . 


LES  PETITS  ATELIEKS 


3 4’ 


Lùmurc  pièce  a pour  titre  : Les  Le! ms  nouvelles  envoyées  de  Napphs  fie  par  le  Roy 
nosftè  Sire  h Monseigneur  de  Bourbon  > et  datées  du  ix*  jour  de  Àfay t avecqites  les  gens 
d* armes  pour  retourner  en  France . Ce  titre,  que  nous  reproduisons,  est  encadré 
de  bordures  rapponccs  et  de  grotesques  dans  te  style  de  ceux  dont  ['impri- 
meur FéÜx  Baligault  entourait  sa  marque  : 


Il  n'est  pas  absolu mem  ceriain  que  ce  Bourguei  ait  imprimé  plutôt  à Paris 
qu’à  Rouen  Mysthe  de  F hicarnaiïon > bien  que  tes  petits  caractères  employés 
en  marge  de  ce  livre,  dont  nous  donnons  ici  l’alphabet,  aient  une  cenaine 
affinité  avec  les  types  roucnnais  : 

rc  sit) 

âpdc**îi9rl*;fim*firt*fl  (tfft* 

ütt  ffLra 

Nous  faisons,  en  conséquence,  tomes  réserves  pour  le  lien  d'impression, 
au  cas  où  de  nouvelles  recherches  nous  fixeraient  sur  ce  point. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


342 

Nicolas  Hicman  a imprimé  pour  Simon  Vostre  des  Heures  de  t a Vierge  a 
l'usage  de  Rome,  Brunet  ( Manne!  du  Libraire > t V,  col,  1575),  n°  25)  <pie 
ce  livre  contient  18  vignettes  sur  Fois,  mais  pas  de  bordures,  U almanach 
commence  en  i 495  et,  sur  cct  indice  insuffisant,  on  fait  remonter  F exercice 
de  cet  imprimeur  à cette  année-là.  Il  serait  possible  que  Nicolas  Higman  n ait 
commencé  que  quelques  années  plus  tard,  car  nous  trouvons  l'indication 
& Heures  h l*  usage  d*  Orléans  imprimées  vers  1507  pour  le  compte  de  Vostre, 
Toutefois  nous  ne  pouvons  nous  dispenser  d'enregistrer  le  nom  de  Nicolas 
Higman  parmi  les  imprimeurs  de  la  fin  du  xvc  siècle. 

En  i4p7,un  1 mp ri menr-îi braire  italien,  Alexandre  Allai  l,  de  Milan,  publie 
à Pans  fAchilléide  de  Stace: 

Gloriamec  d jri  ranro  fub  frite  labori 
Naprocul  oebaîfos  in  nubila  condere  difcosi 
EtlIqui'dâtuuïarepaUtneifpargeTe  crihis 
Ludtis  erat/r  quïefc^  mihi  nec  mai  or  in  iftfs 
Sudonappolmeo  §fïla  fonanria  plectro 
Qjiü  quarereiprifcorqj  uirâ  mirarer  honores 
Qjiinetiamfuccos/at^auKilianriamorbis 
Grauuna:quo  ninu9  ftarei  medicainie  langui 
Qjdd  fadarfooosiqdhi'antia  usinera  claudao 
Quefeirocohibéda  lues," que  cedercf  herbis 
loontrmo  nrtufqj  fecre  fub  pec  tore  fifctr 
luftltïeiqtia  peliaris  dard  ra  o :renda 
Genribus  ; tq$  iuos  fo lires  plaça*  : bi  mebres* 

Marteau  s armo  ru  comités  elementa  rneorum 
Et  nionmà5ir  memlffe iuuabfcit cetera  matai 
Aurafllefcpuppis  corrensadlirrora  itcn if, 

FinisJaus  deo/Ct  uirgjhf  main. 

Staïf  PapM  AdiÜleïs  Impreffa  Pariïïïs 
mira  arte  ac  dïtigentia  Akaandr  ilia  te 
demediolano.AnnodàilVlGCCG  No 
nageÛfiio  leptimow 

On  lit,  à la  fin,  que  le  livre  a été  imprimé  à Paris,  par  Tan  admirable  et 
l'activité  d'Alexandre  Àliate,  de  Milan, 


LES  PETITS  ATELIERS 


3^3 

Malgré  cette  déclaration,  il  n'est  pas  sûr  qu  Aliate  ait  exercé  la  typogra- 
phie* à moins  toutefois  qu'il  n'ait  loué  ic  matériel  d autres  imprimeurs.  Les 
caractères  du  S lace  sont  ceux  de  Jean  Philippe  et  de  Georges  \FoIff,  et  la 
marque  de  Jean  Philippe,  a la  Trinité,  enseigne  de  son  second  atelier,  se 
trouve  a la  fin.  Celte  édition  de  Stace,  ia  première  qui  ait  été  faite  en  France, 
fut  aussitôt  copiée  â Poitiers  par  les  imprimeurs  Bouyer  et  Bouchet. 

Le  titre  est  imprimé  en  petites  majuscules  romaines  de  j 2 points  : 

STATIVS  IN  ACHILLHIDOS 

Au-dessous  du  titre  se  trouve  la  marque  d'Aliate  reproduite  ci-dessous  : 


Les  exemplaires  ne  sont  pas  tous  semblables.  Plusieurs,  comme  celui  de  la 
bibliothèque  de  Dijon,  qui  a servi  pont  nos  fac-sim ilés,  n'ont  que  la  marque 
d'Aliate  et  celle  de  Jean  Philippe  â la  fin  J.  Celui  du  duc  de  La  Vallière, 

1 JJ  v a certains  livres  lalins  de  la  rareté  desquels  nement  cherché  dans  les  gratules  bibliothèques  de 

on  ne  se  doute  guère  j parce  tpdils  ne  soni  pas  cotés  Paris.  Silvestre,  qui  n'en  avaii  pas  vu  d'exemplaire, 

comme  lels  dans  les  manuels  courants  de  biblio  n'a  pu  donner  dans  son  recueil  des  Marques  tyyif- 

graphie  et  dans  les  caialognes.  Le  Siace  d£ÀIinte  gnsphtques  la  première  marque  d£Àliate,  différente 
est  du  nombre.  Vendn,  en  1782.  13  livres  4 sois,  des  deux  antres.  Nous  11  avons  trouvé  ce  livre  en 

somme  élevée  pour  Pcpoqne,  ei  acquis  par  le  lilir  Lire  France  qu'à  Dijon,  où  il  figure  dans  le  Catalogne 

Tilliard,  il  n£a  pas  reparn  depuis.  Nous  Pavons  vai-  des  incunables  rédigé  par  Mllc  Peüechet. 


344 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


décrit  par  de  Bure  1 et  que  la  plupart  des  bibliographes  citent  d'après  lui,  pot- 
tait  l'adresse  d'AItate,  rue  Saint -Jacques,  a l'enseigne  de  t Image S aime- Barbe. 

Aliate  publia  ensuite  les  Règles  de  grammaire  f Régulai  grammaticah)  d'An- 
toine Mancineili.  Nous  reproduisons  ci-dessous  le  titre  de  cet  ouvrage  avec 
la  marque  d'Aliate,  tirée  en  rouge.  Elle  est  différente  de  celle  du  Stace.  On  y 
voit  en  haut  i'aigle  de  Milan  et,  dans  le  cadre,  cette  devise,  faisant  allusion  aux 
auteurs  d'Italie  qu 'Aliate  a ['intention  de  publier  : À frmnbns  connu  cognoscms 
eos  « Vous  les  connaîtrez  d après  les  fruits  quds  produiront». 


Tint  <mii  cetantintlli  cpff  oms 
feu  îlîegttUcottftmrtiottte* 

'ŒitulL 


1^cifc»n^^wcrba[[.[. 

“IjU. 

ÿnflmrjrt.lUi. 

fiertuidiatf.*. 

Saptfiatf.tJ. 


ifeartftfaaritffl. 

EUUiüiart.k. 


Jnimeatlua  rf-r- 

ftttnp&rahiu  M.çU 
^àfKïlahàah.^. 
T^arrtdpiattnH. 


0mnm9  tocUnattonfe» 


0?e&unie  te  varia  «onrurtfoie. 


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J\  ¥ F.  v a T. 

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La  préface  de  Mancuielli  est  datée  de  Mp2-  O est  la  date  de  la  compo- 
sition du  livre  et  non  celle  de  l'impression,  comme  l'ont  cm  ia  plupart  des 
bibliographes.  Àhate  n'était  pas  encore  a Paris,  et  Hopyl  occupait  alors  la 
maison  de  Y e n sc i gn e S ai me- Barbe.  Les  ca r acte re s sont  ceux  de  P i er r e Le  D r y . 

1 Catalegitt | livres  de  la  hihtiothèfjue  de  Jeu  Ai.  h duc  de  Lei  VaUiere}  première  partie , par  Guillan  me 

de  Bure  dis  aînë;  Caris,  GLiillanme  de  Birre  fils  amë,  17S2,  in- S"  t.  PWi"  2^, 


LES  PETITS  ATELIERS  34j 

Les  Régula  grumiiuiucaks  donnent  (a  seconde  adresse  d'Aliate  devant  le  col- 
lège de  Navarre  {ewte  mllegium  Navarræ),  on  il  était  installé  en  i ..  y S . 

Le  14  mais  i 4pb  (li.  st.),  Aliatc  publie  le  poème  en  vers  latins  élégiaques, 
de  son  compatriote  frère  Bonvicîno  de  Ripa,  sur  la  Vie  des  maîtres  et  des  éco- 
liers [De  Vitu  sdiolastiai),  La  marque  d'Aliate,  tirée  en  rouge,  figure  sur  ïe  titre. 
Le  livre  a été  imprimé  par  Guy  Marchant,  qui  en  a cité  des  exemplaires  avec 
sa  marque  en  remplacement  de  celle  d'Aliate,  et  qui  à changé  l'achevé  d*im- 
primer  en  le  mettant  à son  nom  avec  l'adresse  de  son  atelier  du  Champ  Gail- 
lard. Un  exemplaire  ainsi  modifié  est  signalé  par  Brunet  ( Manuel  du  Libraire, 
t.  IV,  col  1312),  comme  se  trouvant  à la  Bibliothèque  nationale. 

On  croit  que  cette  édition  est  la  première  de  ce  livre  qui  ait  été  imprimée 
en  France*  Elle  contient,  de  plus  que  l'édition  originale  de  Milan,  la  prose 
de  quelques  miracles  dont  le  récit  est  intercalé  dans  le  texte  à titre  d exemple. 
Les  imprimeurs  de  Poitiers,  Bouyer  et  Bouchet,  en  firent  aussi  une  édition 
immédiatement  aptes,  d'aptes  ce  meme  texte  '. 

Le  1 6 février  i4pp  (n.  st.),  Àliate  fit  paraître  les  Lettres  latines  de  Gaspa- 
11110  de  Betgame,  ouvrage  qui  avait  servi  de  texte  au  premier  livre  imprimé  à 
Paris.  Pour  les  Lettres  de  Gasparmo,  Âhate  répète  la  formule  mira  une  impresse. 
Cil  ajoutant  ucsmnmu  cura  «et  avec  le  plus  grand  soin»,  au  lieu  de  uc  diligeutia 
qu'il  avait  mis  à la  fin  du  Stace  de  i4p 7- 

Or  il  11e  paraît  pas  avoir  dit  la  vérité,  à moins  qu'011  admette  qu'il  ait  pu 
composer  typographiquement  son  volume  dans  l'atelier  d'un  confrère,  car  les 
caractères  sont  encore  ceux  de  Guy  Marchant,  et  au  vetso  du  titte  011  voit 
la  grande  planche  de  la  Nef  de  la  Vie  humaine  qui  fait  partie  des  illustrations 
du  Compost  et  Kalendrier  des  Bergim , imprimé  parce  dentier.  (Voir  t.  Ier,  p.  370.) 

A la  fin  du  livre,  Aliatc  précise  sa  demeure  devant  le  Collège  de  Navarre, 
aux  Boucheries  Sainte-Geneviève  ( apmt  Lunios). 

La  meme  année,  il  publie  les  Ehgantiarum pmtpm  d'Agostino  Data,  volume 
in-quarto  imprimé  par  Nicole  de  La  Barre.  Cette  fois  îi  11'y  a pas  d'équi- 
voque, l'impriment  véritable  est  nommé.  (Voir  fiic-similé,  p.  2^3.) 

Le  3 mars  i4pp  (l5°°  n-  st  )>  Aliate  fait  paraître,  dans  le  meme  format, 
les  Centons  latins  a l'imitation  de  Virgile,  par  Proba  Falconia. 

* Celle  êiiifljNÉj  était  restée  inconnue.  Nous  y.  ^ïxvjii,  de  h Bibltegrophie).  On  en  truiivern  îles 
[a\on$  décrite  Jaus  les  Origines  d débuts  de  (ht-  fac-similés  aux  n*“  i 44  et  i4j  des  M&unueuis  de 

jïïhvme  b Pdtùers  (p.  i i tj-i  20,  et  11*  XXXV  JH,  F imprimerie  à FÂtii'ts. 

]..  U 


Jurais  m.E  n>f(D.ViU. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


34  6 

La  marque  tTAIiate  qui  figure  sur  le  titre  n est  plus  tout  à fait  la  même 
qu  auparavant*  Le  dessin  en  est  modifié;  ou  n’y  voit  plus  l'aigle  de  Milan, 
mais  la  devise  : A jruitïhm  wrnin  cvgnosceiis  eoss  subsiste  toujours  : 

|â*obe  paierie  p:elta 

tfetnçenfl  femfnepwdoriftïmfî  Centonfl  cpmt 
vetcrwpariter  u nouiteftamcnrifeÉfï  non  omü) 
pKc^uatame/imitoiaccUi^na/ntûjmttïTimc 
nupcrrecognimm* 


H a changé  de  iocal  pour  aller  s établir  «au  Mont  Saînctc  Gcnevicfvc», 
devant  le  collège  de  la  Marche,  h l’Ynutpe  Sahict  Loys  : 

Jmpîimepour  SIe£andre3lrat*  Demeurant 
au  mont  faincle  €..  enemefiie/a  limage  faiact 
Xoye  oeuâtïctoIlcgetJda^lfoarcbe.4fo<ccc 
ïLeu04«ir  &e-abarff. 

Le  livre  est  imprimé  avec  les  caractères  de  Guy  Marchant. 

Bouyer  et  Bouchet,  imprimeurs  de  Poitiers,  se  servirent  encore  de  l'édition 
des  oeuvres  de  la  femme-poète,  donnée  par  Htafien  Àliate,  pour  en  publier 
une  autre  à leur  tour 

Citons  encore  le  traité  De  arte  hem  vivendi  et  heue  movkudi , petit  in-quarto 
imprimé  pour  le  compte  d'Àliate  le  20  octobre  1501,  au  Mont-Saiut-Hilaire, 
à renseigne  Snhite-Caihemiey  qui  est  celle  de  l'imprimeur  Denidel. 


Cette  impression  poitevine,  qui  avait  échappé 
n nos  recherches  lorsque  nous  avons  public  notre 
ouvrage  sur  tes  Origines  et  dékns  de  f imprimerie 


et  Poitiers,  a été  découverte  par  M.  Robert  Protlor. 
Elle  est  indiquée,  sons  le  n°  87  J 1 , dans  Y index  te 
eerty yrinted  Beek s (ouvrage  cité). 


LES  PETITS  ATELIERS 


3 47 


Afratç  a publié  d'aiitres  livres  que  nous  n indiquons  pas  ici.  Ce  sont  géné- 
ralemejit  tics  opuscules  ou  des  ouvrages  de  peu  d'importance.  Bien  qu'il  ait 
mis  son  nom  et  son  adresse  en  français  sur  des  livres  dont  le  texte  est  en  latin, 
H n a pas  publié  de  livres  fi  ançais,  Il  a quelquefois  signé  de  son  seul  prénom 
d'Alexandre*  aussi  l'a-oon  parfois  confondu  avec  Martin  Alexandre,  libtaire, 
rue  Saint-Jacques,  h la  Croix  de  Bois,  et  avec  Jean  Alexandre,  libraire  de  EUrii- 
versité  d'Angers.  Son  exercice,  soit  comme  imprimeur,  soit  comme  libraire, 
a duré  jusqifen  1505  environ.  Il  a changé  une  quatrième  fois  de  domicile 
pour  s'installer  au  Mont-Saint-Hilairc,  aux  Lionceaux  prés  du  collège  des 
Italiens  {su  h Leuuailis  aurcis  c regioue  Collegii  Italomm  iu  Monte  Diri  Hilavïi). 


Revenons  aux  imprimeurs  français. 

Antoine  Chappjel  a imprimé  pour  Germain  Hardomii  un  livre  cl ‘heures 
daté  du  5 octobre,  sans  indication  d'année  : 


^enfuit  bafmiL  câtitarm  m Çrurce 
pîcfcntee pumir^mmL 
fc-fafmbuer» 

jZee  quatre  ruancf  fes*  ffa  pa  ffj  0 p* 

fixa  ç entee  lie  nofïre  b ante  fane  rien  trqumt  t 
2fuec  frs  (feutre  br  fa  aoi$  et  bufaûuf  ^ petit 
paraffrmeuL 

#ce  petfttôbefaconaptioçnofïrf  borne 

fèect  feft^feanîmcect  ^etamea  ; et  fee  otaifone 

tcquiifeer. 

SioftÉeff  a.  ïjjkp  fea  uEWtee  ctupTecorta* 
g)Uffra$ee  acouftumea  be mettre  cri  feutre. 
Hkmïïnc  ffïwpafim  piotefïafioç  be  frtfop  cotjfo 
ftqttc  beuotiou  tr  ijîncjufiere* 
jîèejqp  t p fea  uùme  tt)  franco  ye* 
$c$Qifo$cbefa  pa  ((io^nofhe  feignent  J\efut 
cÇiifï  «ntenaflkppinûfSeurec  auecfriewaifoÿ 
b e «offre  f ci  gneut  tefucl?  jifi «tfompo  fcc  par  mat 
fît  3!  efSa#  quatrtiç)  bottait  et)  tÇcofogte» 
jSPjtwjfof)  be  faiiut  roefb 


fZce  piefettteÇeiireeaftifaigcbctÆomme 
Dnf^tiuÇeui^j(Êev^jotirb£^>tfo^e^par2(n 
tÇoirnietÇ^piefmipiJrneatbsmourantaparia 
et)  fa  tue  fainct  3Ji efSa#  be  6eamtaiea  fenfagne 
be#  eoiigiiî#tpo«rOenita^  parbçwf  £ffraire 


Le  Calendrier  commence  en  1497,  mais  il  rfest  pas  sûr  qtfon  puisse  faire 
remonter  l'exercice  de  Chappiel  à cette  année- la  , doutant  plus  que  c'est  vers 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


34* 

1300  seulement  que  Germain  Hardouin  .scetaDïit T et  ce  n’est  guère  qu'à  partir 
de  1503  que  l'on  cilc  des  livres  au  nom  de  ce  dernier  et  avec  une  date.  De 
plus,  l'adresse  de  la  rue  Saint- lcaii-de-Latr;m,  a l’enseigne  des  Congms  (sic), 
c’csi- a-dire  des  Couds,  où  Simon  de  Col  in  es  s'établit  plus  tard,  est  la  seconde 
adresse  d’Antoine  ChappieL 

Le  volume  dont  notis  venons  de  reproduire  la  dernière  page  est  exécuté 
avec  les  types  qui  avaient  été  employés  pour  les  Mat m h rasage  de  Rome,  im- 
primées le  1 2 février  1493  (m  st.),  par  Jean  Morand,  pour  Geoffmi  de  Marnef 
(voir  p.  2op) , et  pour  d’autres  Heures  de  Jean  de  Contante  du  2 juillet  14^2. 
(Voir  p.  303-30^.) 

Ge  n’est  qu’a  partir  de  1300  que  l'on  trouve,  a la  fin  des  Sermons  de 
saint  Augustin,  1111e  date  aux  livres  dt:  Chappiel  : 


H(Tmtdaptnii3(agjnqaaJï  e 
A- J mutibl  bol  ulttï  * art 1 t g 0 Itiül  &ti  na  «col  avcl  ptt  te 
tf  t il  j jûDi : $ fa  iEia  iftobdtfr  tram  irai  cm  at  mojtrm  fui 
al’ttoa  ttflOlîoitcfnilû  tia  I Ibeta  mea  pente  Infetnti  cl 
biitointiiltealligArl:  rtlïcut  perbiirctemr  bigttrtla  quQ 

aguBamnatmf  ao  ttlttlinâ  pfrtBrtflilattoneiii  frrù  ctu 

bittf:  'cb  ârtf  ïcal  ctficum  Qui  ttim  pattt  t 

p^e:p^lati:  tt  bmfafa  id^ré  tltu  lamtoUnteet  ttgnogl 
let  offcTrf  a fa  Ifia  I r ttit  110  ac  toute  toitfojBm.  3mm 
tBtatfiflasrfltef  oppjo&iUa 
b f jfl  ttïlpu  tta  t Sfpu  ti  (ÿfnffl 
to^onâctrttapbte  rs  St:  arü 

Otite  pettBtt:  Fatle  *ela  ti  : ti  e f wdTu  patifÏBa  pci  ait 
ftibue rptflf art;  ctuti  tlsBte  tbonlurnr^appith^imtfÜJ? 
affliguitfUtEltBarCiitftla?  cteBblf  teiimatliïrçatBlBtfi 
ttotita  bepnt  tttl  : fri  1 1 et  att  t tel  tut  bnl  utrfUaft s pjfiü  ( 
topotatltolanua  buluttg  Inbltotdilatüb/ccmojafte 
ti>  i£u  tominepra  (fa»  tecta  ânobiitrtüleao.ÆjC^Æfft 


A n loi  ne  Chappiel  a imprimé  pour  Germain  Hardouin  un  livre  d'heures, 
a\ec  illustrations  et  bordures,  remarquable  par  son  format  bizarre*  étroit  et 
ires  allongé  comme  un  almanach  ou  agenda.  C'est  ta  seul  de  ce  genre  que 
nous  connaissions.  Bien  que , par  sa  date,  il  appartienne  aux  premières  années 
du  .\vic  siècle,  nous  n'avons  pas  cru  devoir  ta  séparer  de  la  notice  consacrée 
ici  a ce  petit  atelier,  d'autant  plus  que  Chappiel  a débuté  tout  au  commen- 
cement du  xmc  siècle,  et  que  cette  curiosité  lypograplnquc  constitue  sa  prin- 
cipale production.  On  trouvera  ci-après  des  spécimens  tic  ce  livre  tS 'lien res. 
Les  illustrations  sont,  avec  quelques  variantes,  des  copies  dt:  celles  des  heures 
imprimées  par  Pigoucher  et  Kcrver.  Ou  remarque,  dans  les  hardi  ira,  des 
histoires  de  ïa  Bible,  I* Arbre  de  Jessc,  la  Foire  eu  Egypte  > Ui  Décollation  de sai.itt  Jmn- 
Baptiste,  etc.,  des  scènes  rustiques  et  tic  chasse  et  quelques-uns  des  sujets  de 
La  Dame  Macabre.  La  table  se  termine  par  des  bordures  h tranches  coupées 
figurant  une  croix. 


LES  PETTTS  ATELIERS 


3^9 


HEURES  A L’USAGE  DE  ROME 

i>#|ruEES  rourc  <hi  i.lt  maiiduuin,  liuhmul*  sur  i.f.  pont  au  change 


ATKL1KR  TVANTOÏNE  CHAPPU.L,  AU  COLLl-CK  1>K  TRIGURT 


■^^efiSfoic  atti  0 tjetü 

JsWbrme/tt.  w 

jtfefue  (oit  1 0 tnt  * peufp  et  «tu ot)  te  p 
garfamette. 

5 efi  w fo  it  et}  w otj  r neut  <t  aitto  i)  pC? 
femenU 

iDuiforçGieurfcutoiitmettfjbieu. 

J f 0 fet?  tueur  et  fi  a & ieu 
6t  qu  t te  ru  ç f etj  fl  uftre  fieu 
ï f p«f  fo»?  «te  uref  fi  pert  tien* 


21  fd  fouett#ebe&teU£befafre|fe 
rm  rtc  te  ef  £fo*ieufe  mere  et  a U & ifi< 
:<x t io t}  befo ne  Botte  ca^of/quee  f a 
rfùt  cdtnÊceea  eee  pjtefetitea  ijeuree 
afuffligeûe  Hîotttmepottr.  fëtftet 
flarboNtyfifoaïre&cmoNrat  ape< 
rie  far  pont  au  c partir  anpjeebe 
fa  6c  ffr  pma  fte  m (tre  a me  a fe  ft 


mfbe  fai 
cieettfïfe 


iij  ab<Nfo;iUH)  mtittq 
in  feitbe.Y)  omffl  e a b a b ut 
|wartbû  mcfeflttïa.^Jîo^ia  pafri 
J et  fttftfcfic  « t era  t*  Æpmnu* 

_ îmffofdfnhaauctot^  no 
riquottba^  co;po^ta  ejoiffi6afa 
fl^tr&tjte  naffêbo  fojma  fumpfei 
ïtfafPfaria  mater  gtdrte  mater 
Bmiferubjrbtctn  itoeaG  Çojîepwte 
f gcet  0o&a  monte  fu  fripe*  fjjffo? 
| ria  lithbOfflineqitatueeeW  Sir 
I giltr  cuit}  paire  et  fdltrto  fpfrftui 
ïlfêpilertta  fcf&ait  pafcÿjarft  fe 


gectop 
et}  iefuaï 
on  ftnf 


Turc  tîvce  iiietrejftt?  tilt  iihitùre. 


Lu  Présentation  tiu  Temple. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


HEURES  A L'USAGE  DE  ROME 

IMPRIMEES  POUK  GILLET  IIARIWUIN,  LIBRAIRE,  SUR  I.Ei  PONT  AU  CHANGE 


ATLL1EEI  D*ANJJ ’OINli  CÊlÀPPiEL , AU  COLLEGE  DI-  TRIGÜ'ET 


U o*  <\  non  i6 1 n cp*  Q ttifl  tfi 
c Cm  rtmt  a wr?  f uàmicfy  icTÏ&icfl 5 
m eus  (mioert  00  /^ccttoeberuttf 
me&ofojeo  mouieefpericiita itt 
ferm'  i II  ci  te  cil  f me  (f  ti6  tt  ta  tto: 
ttc  ^OofoiertjjttUPitiSt:  ttom^  Oo 
m ttmocattf.  jjbtfr  fiÊcrrt  manj 
mc3mi|ei:ico^&il6ÆiwJîiie{i&e  e* 

nettoyer iii^feccf«rQu(îo&i?e  faintîfw 

paruttfo6btl6fimtifinfii6  fun){r  

ftflecauft  me  Qouertere  aiiirri  a 
meo  fri  tcûuiê tuamqj  &ommne 


etflftuefcifnpufue,  ©ifcfpufutfaiit  REiM, 

iffe  erat tt o tu e po ntïffrf  et  fàtr o mft 

ch  rç  iefu  in  a trï h u)  pat* ftae-  f>etr*  ÿgjfflâ 

^flufeï(l(i6afob5o(iiuttjfo^^>r 

ut  f erg  o &i  fri  pufu  e fl  ti*  qui  era  t n o ggH  Ef J 
twepontifto'rtbipiï  ÿofriant  ttin‘*  ggîgS, 
fro&upitpemirç-  ©i>««ffopetco 
cmcïftrt  ÇofriaTta.mmqmb  (ituey  mn&«& 
&ifcq>uftece0omHttè  (Jlfua  g 

itfcttoÿfuri^tfleatttfluterçfe*  IgfegSrtj. 
mpmfnqfrU&pjmtaeqifti^ctat  BjfegS 
jjjjJefcaf^atirfamje.  CSrataütrîïrie  | ggjfHffl 
b pete^firtefCrttefaaeBacfepfltïfqp  ' |ggjM 
6 et<(oitcrtogrtutt(efuï&t  bifapuCie 

R fïtiott  bt  frortnita  nvte^tfpÔbCo  xt  f 

Ë fuebi^rL^go pflfflMîfiocHtu® fuuj 
m md&o-  £?go  (emp  Pocui  fimago: 

K gacfiÿtempfoquüümnee  iu&eUcT  a««Ppq 
& HemutttefPjoccHCtotocutu6fH3m 
R clJtf^uifmeittteiTOffa^tttmo 
g gofoequiflu&ienïfqui&focutwefïl 
W tp fie-  &ct  $ t f fiüC  q ut  bip eâ  ÊffO  [KJï^ 
U ec  a utenj  cuirç  bi  Jfet  Stt  ne  o 
(Une  m mtfho  *u  uj  & e&  tt  a ta  pa  uj  t e 


Ptiwibofe  Ja  Riche  et  de  Lfiyire. 


P <ige  de  texte. 


LES  PETtTS  ATELIERS 


3J1 


HEURES  A L'USAGE  DE  ROME 

JMIWMÉES  POUR  GILLL'C  HARDOU1N,  LIbK.AlKE,  SU  lï  I.E  PONT  A U CHANGE 


àti:lij:r  dantoini:  chappu-i,  au  collège  de  trigult 


^enfuit  fojibjLC  bu  fermer  tô 
] tertuee  petites  pcefentee. 

& pirnteremettf, 

£efp  Certifier 
Æes  quatree  euangtCee 
£a  paffPrt 

JEeejJeuïee&enofttebafrte  fane  rf 
eirç  requérir.  tiuetfeefîeureabe  fa 

J ctoip  etbu  fainctefpenr  pareîffc; 

ÿÏÏüebeo  ment. 

fie&Qîttnebt  fdfttrfe  êatBe 
^efeptpfeaufroeeettefrttfiee£fee 
otaL'jbttetequffee 
fies  3 igf  £ee  a ,tp  > p(e  rt  ufmce  et.  fp. 
ft  cotte. 

^u  ffra  ge  e rt  coufhtffl  ee  b e m ettte 
epffcutee-.auecpfufteure  beuotiffe 
tatlterç  Eatp  que  et)  franco pe. 
ÊCmeotatfo^abt'eurfpcre, 
fats  fept  0 w i forte  f a itt  et  grego  ire, 
£}6ferro.  ^taBat.  4g>T|}ueeft* 
Sue  regitterefoturçi 
^rtuLofautntegra, 

SD  wjb  tj  b e faitttt  toc  f> 


Tahk  tivec  bordures, firaufril  Iti  croix. 


«SS8E 


jPa^-gga»*. 

8 pop.  ICe  nutte  ffagïtït  bêuoia  l ov 
ba  etota . lEua  per  ptreata  bufeiffo 
na.  ITÏofiiecortcebae^ettLattjper 

fJfecufa.©  5ettfgtta.it>0emgtta.£> 

0erti'gtta>  :QuefoCaLttmûEfltapers 
roattfifh'.  W.fDia  ppno  Bie  fa  rtrta 
bti  gem'tvip.  ifito?.  fiMbignieffirta: 
tnar  pp  m l (fiofl  f 6*  c pti'ftt.  iDp  nt*c 
tt  ceb  e #1 0 0 fa  m ufoe  titoe  ^ 
fimmsbrïebeue  perpétua  m? 
ULSftcojpotfs  faitfrarr  gau? 
bereffgfojiofa  Brate  tnarp  femp 
| ÎLrgLttiefrtterceflïbrte  a p^efefltffi 
1 BerarfriLfh'ttaetetertta  prrfruf  Ce 
j cfai|&erc^L(luMjborttïimrtj# 

©e  fflrtcta  gttiouefa.iïrt. 

fe  flp  a n citta  bei  ttoe  po  ttbe* 
repjeffoeeporteraetfefloe  mopa 
rtBueepue  curpfeetjSetfe'Brpareat 

itefuppfPeumiwifloBfe.fcfue.  iî)ia 
pp  ttoBis  6mA  îirgo  gerteuefa* 
îf^rq.  ÎE>tbigmefficmmurppmif|ï 
0 m' B ua'cfj  u'jlï#  £)*e  m u a 

/T^riffifflebeue  miferere  peettf 
J jjAJxp'BuaetLrtterrfbeteBeata  5ïe 
1 J girte  gettouefa  faftite*  moitié  etcot 
S potis  tto  0fe  ttt6ue  ac  Bette  Siuere  (ï  f^iîp^ 
$ fleure  tu  oji  co  ttcebt.  pet  bOttuttmrç 


(TCee  ppfrmee  ffruree  a Eafaige 
&e  Nomme  furent  acljeueee  fe.jpijj 
pur  be^âuter.  $ary  mif  cinq  cens  p 
llquattre  parampomecpappLeCim 
Ipumeur  bemourant  fl  parie  en  ta 
ruefaittet  iefai)  be  fatrS  au  coîfege 
br  triguef. 


Fin  avec  fychçvâ  d'imprimer. 


HISTOIRE  DK  L’IM PRIMERllt  EN  FRANCE 


3 5 2 


Le  10  octobre  i 500,  Antoine  Cliappiel  terminait  l’impression  du  Processus 
judkïarïm > ouvrage  de  Nicolas  de  Paierme,  pour  le  compte  du  libraire  Claude 
J au  mai',  demeurant  alors  è FÈcu  de  France  > près  de  Samt-Benoîi  [ad  iuter- 
si gui  a ni  senti  Franck  prope  Sa  uct  u ni  Beuedkuun ).  Sur  le  litre,  tiré  entièrement  en 
rouge,  on  remarque  une  assez  bonne  petite  figure  sur  bois. 

Quippiel  a encore  imprimé,  pour  le  meme  éditeur,  le  Spéculum  Ecchic  du 
cardinal  Hugues  de  Sanu-Cher  La  gravure  sur  bots  du  Processus  judiciari  us  se 
voit  sur  le  titre  du  Spéculum  Fcc  ksi e , mais  elle  est  urée  eu  noir  : 


JSpeculüecdefte 

t ma  ntm  fpeculo  amttotum. 


f ÎDOmfaf  (?n(îcm|a  fmt 
tai  Dfal  fs  tfpl  m a & bl  i mW 
trociatae  amatÜïïmBfl  qui 
ffjrfUi  nm  ri  riffïtl  ntrr  l bl  (ne 
Jm  Ipli  Crllcii  rr- 
IDi  numrra  OjWnffl  (tarifa 
ficai  fle  ton  b of  ail  n 'ueftl  b) 
Bubjinpilma. 
apoltoUatorpb^ 

JnbBiiMjûp 
armai  m a & rl  ü l poffi  fl  flm  t 
a Mtnrf*  Ib'bl  a*  Wabnl  U ffrrt 
armature  cü  toi  (ha  tanruu 
talta  fï&ttl  fii  antla.  trpifpin 
tfatolrraflrFptriellaa  ftp 
totftfiu  rtltfbttôln&ar*  mit 
t£i  paOtonia.  fûjltmiierga 
torOImlttujuo  tnb  al  f Giret* 
bov  tü  ami  1 ru  a qtio  râpai  tf 
çltm  .Rgnlfrnne  fatal  rmflj 
p rr  fit»  f ni  I rtb  un  or>  ïDr  bai 
apafitolueab  epbrbaaNiEi  a. 
Ctf  al  d la  I ai  I a aUumirr;  me 
tttefmi  a E H I O rooptoiiû  qun 
bilabâl  luDtf  Catférflibnf:: 
ttaXure^Lr.  â^ait]^bl< 
0ppljt((b  nob  iê  içp  t i a riï 
qui  trcmUiL  5>rtàbGtorftl 
tnÉI  Ù flao  nglf  ra*pu*  a fur 
fnbOqj  ab  tcojiûtf  torftteaU 
tos  fi  fai  rt&  oa  I nt»  ulf  tri  fiâ  i 
(pi  4 flCa  pfOuenli  rnUÛf 


Etorfïï.t  ft  mm  e&  rafr  OTr  bz 
Gîtant.  ÎD 1 ttoi  blcft  apCb  an 
laomanoa.^fù.  âpc  tuf  tal 
ai  fai  tf  nimaB,^oi  rvflTtat 
torttÊ  toqua  mufti  brrobeff 
m.Luif.jtf  itCntiù  bf3 
ttii i tl  qno  Carme  a inb  al  t 
tÛ  wjriÿtatotl  tfngnCâ.0rr 
b&flgalfïiahiflufHrfa  ral* 
boa  tan  1 flattai  a Ldi  et  fr  rfi  a 
Rriftftta.  t.  bedi  an  a mal  o.  t 
cpnart  boiiBî  Detjm  otslf 
(I  tdffrililutKi  la  <1  salu  16# 
borç***  l?CMP)rtglafipjfCf 
tai  EUgtUajqaapftarnacrj 
ï«H  1 ib  m 3pab.  hr*  Caartat 
torittailium  qaa  fai  i tüoa  In 
bultnrcftmanLpTilDf  qui  In 
li  aapttftrarrprrqanti  ftyi  t 
tabo  btrignaf  qna  tôttvt  ab 
nnCa  bi  brUami  ît  Ijnt  clrii 
apaftcfu&fti^liDbo  fbliT* 
tmatiia  Lprt4  acarrfllatia 
Tiïti  mgttlpalaafrpçrGmtat 
hnimquo  ligaiaa  fmiitf? 
a I nüf  la  nepjf  b mtaa  bnb  f * 
tMIL£ôpbfbrritl  rl  Dgaoï 
rnm  oim.0alnhim  brOftfl 
tum  quo  fotttDoa  fnbnliur 
(ftF  iap)<ni^lirUjur  flja* 
rlu  blaioniquab  (jafrir  buo 
bïûrEjiipmtmrinquf 


Le  volume  11  est  pus  tkuê,  mais  il  est  de  la  meme  époque  que  le  P massa  s. 
A la  fin,  Chitppicl  se  dit  habile  dans  Fart  d'impression  partis  iiupmsurk périras)  : 


jHhttlaabbfO* 

prridTim  fcdtftc  tm*  ram  rpttalo  ütftbbtf  ctftqtf  naj> 

(itpmMa tUubli  Ifa^fb'^i^Startaîm^ia^fl^ 
tu pahftfft  dtma^ndfti  taira  team lombLab  ütKrÛffnfü 
frrnftanrff  pjæj#  tstuttnn  buttofctpoi. 


Cbappicl  demeurait  alors  rue  Saint-Jean-de-Latran T au  eollège  de  Triguet. 
Cette  adresse  est  indiquée1  sur  d'autres  livres. 

Le  petit  caractère  gothique  do  8 points,  dit  lettre  de  somme , avec  lequel  sont 
exécutés  les  Semâmes  Saucti  Augustin i , le  Processus  judiciarins  et  le  Spéculum 
Ecdesic,  esi  semblable  a celui  dont  Jean  Morand  s’est  servi  en  septembre  149- 


LES  PETITS  ATELIERS 


353 


pour  imprimer  les  Summuhz  Ferri  Hyspani avec  le  comme  maire  de  Georges 
de  Bruxelles  (Voir  p,  21  8,)  En  voici  ialphabei  ; 

abc  a e f g b t & I m ncpiiE^t&tGtoï^ 
ttbïetoa^îP^&'S  ! £ b*  fl  d°  ÿ g J N1»  fii  m*  ü p p ,p  p* 


Jean  Poitevin,  demeurant  eu  la  rue  Netfjve  Nosrre  Daim*  a publié  en  i4j>^ 
plusieurs  livres  d’heures.  Nous  donnons  ci-dessous  le  litre  de  l’un  deux  ; 


Les  uns  et  les  autres  sont  datés  respectivement  du  1 5 mai,  du  1 juillet,  du 
1 5 août  et  du  1 5 octobre. 


11, 


45 


3J4 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


On  connaît  aussi  de  lui  mie  édition  des  Heures  d l'usage  de  Rome,  du  8 mars 
i4pp  (v.  st.),  a la  fin  desquelles  il  esi  qualifié  simplement  de  libraire.  D'autres 
éditions,  décrites  par  Brunei  {Manuel  An  Libraire,  i.  V,  col.  i 666- 1 66y) , soni 
sans  daie.  Poitevin  s’est  servi  du  matériel  d'illustration  d'Étienne  Jebannoi  ci 
paraît  avoir  eu  à sa  disposition  des  fontes  de  Pierre  Le  Caron.  M.  Proctor1 
cite  encore  de  Jean  Poitevin  des  Heures  dn  20  février  1499  (n.  st.),  qu'il 
croit  être  à l'usage  du  Mans,  et  lui  auribue  des  Heures  h l'usage  de  l'Église  de 
Salisbury,  dont  il  n'a  pu  préciser  la  date,  l'exemplaire  qu'il  a vu  étant  incom- 
plci.  Le  même  bibliographe  met  à l’actif  de  Poitevin  un  livre  imprimé  pour 
Jean  Petit,  intitule  Mimrica  elucidativa,  daté  du  22  mars  1500  (11.  st.),  ainsi 
que  sept  antres  impressions  diverses,  Jean  Poitevin  avait  pris  pour  marque 
l'homme  et  la  femme  sauvages,  qifil  avait  copiée,  à I exemple  de  Michel 
Toulouse,  sur  celle  de  Philippe  Pigouchct,  en  y subsùtuam  ses  initiales. 

Nicolas  Disiez,  imprimeur,  passe  pour  avoir  exécuté,  pour  le  compie  de 
Jean  Périt,  un  Roman  de  la  Rose,  in-folio  à deux  colonnes  avec  figures.  L’édiiion 
que  nous  avons  examinée  attentivement  est  composée  avec  le  second  carac- 
tère de  Le  Caron,  celui  de  VAgaillon  A*  amour  divine,  dont  Poitevin  s'était  servi. 
(Voir  alphabet,  p.  p 1 .)  Bien  que  lasuscripiion  finale soii  ainsi  conçue  : Imprimé 
nouvellement  h Paris  par  Nicolas  Despre Imprimeur,  de  mourant  en  la  me  S ai  net  Es  tien  ne 
a Renseigne  du  Miroiter,  nous  avons  lieu  de  douter  de  la  véracité  de  cette  asser- 
tion, car  il  existe  des  exemplaires  de  la  même  édition  dans  lesquels  la  marque 
de  Jean  Peiit  est  remplacée  par  celle  de  Pierre  Le  Caron , ainsi  que  Brunet 
l'a  constaté  {Manuel  du  Libraire,  t.  III,  col.  1 173).  II  ne  serait  pas  impossible, 
toutefois,  que  Nicolas  Desprez,  qui  a certainement  éié  imprimeur  de  métier, 
au  commencé  a travailler  avec  le  matériel  de  Le  Caron,  qu'il  aurait  loué  on 
emprunté,  et  qu’il  ail  paye  ceue  locaiion  en  exemplaires  du  Roman  de  la  Rose, 
imprimés  au  nom  de  ce  dernier. 

Cette  édition,  qui  ne  porte  pas  de  date,  doit  avoir  été  exécutée  de  i4p8 
à 1 500.  Les  illustrations  en  sont  les  mêmes  que  celles  d’une  édition  sans  date, 
imprimée  par  Jean  Pctii,  que  nous  avons  attribuée  aux  presses  du  Petit 
Laurens  (Voir  lac-similé,  p.  138)  et  qui  l'a  quelque  peu  précédée,  comme 
l'indique  letat  matériel  de  la  dernière  planche  ébréchée  dans  les  filets  de  cadre. 


index  U'  car  [y  prhited  /vAj  n™  8^69-8^6;  livre  cite. 


LES  PETITS  ATELIERS 


355 


Les;  memes  figures  avaient  déjà  été  utilisées  dans  une  édition  du  Roman 
de  la  R(xw  imprimée  par  Jean  Du  Pré  après  t 4^3 - Les  fx>is,  gravés  à Lyon, 
provenaient  du  matériel  de  l'imprimeur  Guillaume  Le  Roy- 

Æfyf te  efïorgitet  efïen&te  iOui  tes  amans festofes  garbe 

fut  tout  cequciefoifis  ^ouftei)fairto*ceflonneçatoe 

afs  be  tarif  f ws  U ïgi  e 6 fcij  f is  Bms  q ne  b tfec  m e re  muaffe 

SU  uone  ' ues  n uf  m af  gte  ne  m e rç  feeut  jDumon$ueifmco;beinouraffe 

ïebüu^qufnufmafneijconceut  pargcanffofiiicftcueiflf? 

flûte  me  confort  etfeuffi*  a fatee  Xa  ffeur  bu  fléau  rofïcr  fft  urp 

£t  qutf  feef  quffimeomiintfaice  Ht'ttf i icus  fa  cofr^eimeif  fi 

5 i m ap  peffe  if  be  corn;  fiant  B t a nt  f ut  i 0 ut  e t i e mefue  iffe 

ÆSue&if  fafe  fifwnt  befauertaut 

fuis  trop  ouftrageut^  ce  bief 

i np  m et  ifmtf  contce&it  jCefï  f iq  &u  r 0 mm  ant  Oc  fa  Lofe 

iO  ue  ne  pt  eiottte  ef  ma  nie  et  cuctïïe  ÜD  u fart  &am  ours  e(l  fout  entfo  fe 

Utoffew  BjflitcjJescf  ffeuract  fueiffe 
âSuanteflftÇftuftbeÿteme  Si 
£Due  ieus  (t  nofifi  ment  cjieiü 
£2uemefpecanceneftpasfa0fe 
powtce  quefïpq  etagreaflfe 
^ uffe Sets  tous  mes  flienfaicteurs 
ft  *m  me  faite  b ot  lie  nt  &e  flteure 
£Tac  morne  efloieerçeufÿi  enus 
Æïuant  pare;:fp  iefui  : & etienne 

6 i 1 id}i  q ne  p 0 ïtc  S 0 te  affiche 
lfticÿef fe  nefEot*  pas  firidSe 

fl  u bieuû  amo  urs  et  a émus 
££îui  mentent  apbe  pfus  que  nnfj 
puis  a fous  (es  flacons  &e  f oft 
Xcfq  uefj  lama  fs  b ie  u ne  f 02  dfofE 
TDes  fecouts  aup  fins  amourcu# 

^Ênftefcô  ffaiftece  fauouteiip  0 mpume  noutieÊfetnatf  a pacis  pat 

l*ettbfgcace&ipfotsouEmÿf  Jicofas  besmej  0mpjimeur  bemou 

^afs&eraffotjnemefoiiuint  tanterçfanie  famrt  ejlifijnertfenfeiÿne 

gîtant  gafïa  et)  mopb  e peine  pu  mitoucr 

^auf^cericÿeffe  faSifainc 
£Qui  oKcqutabe  pitié  nufa 
Æïuant  fenftee  metefufa 
TDufeHfetet  queffegaeboft 
TDe  e^(ïuf*pasne  fc  gc  tb  0 f t 
par  ou  ie  fuis  céans  Scnus 
Kcpojlcmenî  les  fauf3  menus 
afgte  m es  m ortdj  enne  mis 
iÔui tant  meurent  attiete  mis 
fperiaf  m ent  i af  ou  fie 
fltoutfof)cfjappcflubefou«e 

Panzer  cite  un  Tércnce  en  latin , avec  préface  de  Jossc  Bade,  imprimé  par 
Nicolas  Desprez  [de  Pmtis)  en  1483.  If  y a erreur  évidente  : Jossc  Bade,  alors 
ix  Lyon,  n'a  rien  écrit  avant  1492-  Ne  serait-ce  pas  une  édition  de  1 4 9 ^ 

4î- 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


avec  date  falsifiée,  ou  plutôt  une  autre  de  1508  existant  réellement  au  nom 
de  Nicolas  Desprez,  avec  un  millésime  altéré  oli  mal  lu  l 

Hain  décrit  sommairement,  sous  le  iT  ^^66^  de  son  Repertofmm  hïblïo- 
graphiatm , une  édition  du  Misûre  de  U Passion*  au  nom  de  Nicolas  Desprez,  à 
laquelle  il  donne  la  date  de  14^8.  Cette  date  se  1 apporte  à ta  dernière  repré- 
sentation de  la  pièce  qui  eut  lieu  à Paris.  On  voit  un  exemplaire  de  ce  livre  à 
la  Bibliothèque  nationale;  il  en  existe  un  autre  à la  Bibliothèque  de  Dresde. 

OLemtftere  oelapalïïon  oe 

noûccfdgncucicïu^^ttnouuEUmmttmpîtmccapariff 


À 11  bas  du  titre  se  trouve  une  gravure  qui  nous  paraît  être  sur  cuivre  en 
raison  de  la  finesse  des  tailles.  Elle  représente  une  crucifixion  encadrée  dans 
des  bordures  de  grotesques. 


LES  PETITS  ATELIERS 


3^7 


Le  caractère  du  Mlstere  de  la  Passinu  est  un  type  cîe  io  points,  cjtie  l'on 
retrouve  chez  le  Petit  Laurcns  et  dont  voici  l'alphabet  : 

21 

a0ïl>eftî0rftfmrt]nijflpqrîefeiiîpp3 

dl(ilfï3o^p^p3 

Au  verso  du  titre,  nnc  grande  gravure  sur  bois  représente  deux  moines 
assis.  Au  recto  du  2e  feuillet  commence  le  Prologue  capital ♦ 

An  6e  feuillet  verso,  on  lit  ces  lignes  : Cy  commence  k mis  tire  de  la  Passion  de 
Nome  Sauveur  J es  unis  t nvecques  les  additions  et  corrections  falotes  jtar  très  éloquent  et 
scientifique  docteur  malsm  Jehan  Al  Ici  tel  t lequel  mlstere  fit  pi  ne  a Anglcrs  mmlt  trinm- 
/diantemenr  et  demi  de  me  ut  a Paris  Pau  mil  quattre  cens  quattre  vingt ^ et  dix- huit. 

Au  dessous  de  ce  libellé,  une  remarcpiablc  petite  gravure  sur  cuivre  repré- 
sentant la  Fuite  eu  Fgyqite  remplit  le  bas  de  la  colonne  ; 

<C  JZy  ttmnw nci  fc  tniflm  6c  fapafe 
fïo  6c  fjuucur  lefgmfï  aucrije 
frGd&brtiûFi&ft  «iretftoire  füûto  pdr 
txî  fefoq  it  c f /Vi'mtiftqu  ç ào  et  c g c ma  ( 
flre  iVGÔij  ttii'djef,  Ærqgrfmifkrcfgf 
N>gc  ri  angle  i mcaft  t rtu  m plfàn  frrtWt 
vt  fterni'cTEmcai  a parie  mtf  quaf£ 

(re  rené  queffre  Sing^  U 6ïp^aiï 


Au  recto  du  206e  et  dernier  feuillet,  on  lit  l’achevé  d’imprimer  qui  est 
ainsi  formulé  : A tanneur  et  à lu  louange  de  Nosrre  Seigneur  Jesuctist  et  de  la  amrt  de 


3>8 


HISTOIRE  DR  p IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Paradis  n,«,féc  imprimée  il  Paris  reste  présente  Passion  pour  Nicolas  Després,  imprimeur, 
ilmioiimnt  deranr  le  petit  hnys  Snintt  Esticnue  des  Gm  à l’enseigne  du  Miroiter  : 


cruriffa  mtnf  te  fi  fiia 


.Sus  gdfTiitïe 

Cftonflre  j fyjue  rp  fot*  et  Safffflna 
Kcmffffe  teft*  pi*  ce*  afupe 

temttt  t rtffap  i e tu 

SïuSfog 

^Eipuf  U for;  â&ti  t 

^arrjïArifûrme 

J,t  ne  pute 

i£  ffc  * fl  fi  grauS*  que  refi  rotÿf 
Stframue 

Æaufl  (fauffmaTcflfluroiïne  cûurirtge 
£feue  foi  t 

Gfratt  informe 
3ïfflfli'eç  mtfUct 

£Ân'pfc 

coîpeffîfaîiom  fouf  ertfifT 
& ftmcntimfnfflïei)  ftrmt 
iDui'  fera  ranfcfî  confirme 
JS*  fou  g noe  (Yaufp  et  fignafrUTG 


3teco6 

34&i'e«  gaffons  nifqtkttj  «tour 
tfa"  f*  e teint  que  fofti  ty  gtace 

Cpiofüfltteffttar 

pojfe  qiïttueneeu  tompeef  efpflfc 
£>c  rc  tair  e et)  6i  c f par  e ft  rfpf. 

Æfl  pafîïoi)  te  iY  furÇufl 
SïportoeijTeTOi&flfioij 

prtrfomp^ffl'otj 
Put  f/bno  me  i ff  er  me  fou  c tf 
ctuott  sfoire 


C21  ftmnrtic  ef  a fa  foworge  te  rioffrc 
f(  fgneiï  r iY  fat  fftfi  et  te  fa  tout!  te  para 
W e a e flee  in  i pi  Pnee  a parte  ec  fl  e pie  fm* 
(*  paffio^pout  Tïiïrofaa  befpi^o  impitf 
freur  temoncanf  teuauf  f e petit  flupa 
f^inrt  cf  ïrë ne  tee  gree  a f enfef  0 ne  àn  tnt 
rouer 


Il  est  fort  probable  que  cette  œuvre  dramatique  a etc  imprimée  aussitôt 
ou  peu  de  temps  après  la  représentation.  En  fixant  cette  impression  à i 4pp  ou 
1500,  nous  ne  pensons  pas  nous  écarter  trop  de  (a  vérité. 

li  existe  une  édition  du  Miroir  de  la  Rédemption  humaine,  avec  des  figures 
sur  bois,  qui  porte  à la  fin  cette  mention  : Imprime  a Paris  par  Nicolas  Despre \ 
demourant  devant  le  petit  huys  Soi  net  Estieuuc  des  G fis,  pour  Jehan  Petit,  marchant 
libraire,  demo  11mm  eu  la  grant  nie  Saluer  Jacques,  a P enseigne  du  U on  il  Argent. 
Ce  livre,  de  format  m- folio,  que  nous  n’avons  pas  vu,  mais  qui  est  décrit 
itvec  soin  par  Brunet  ( Manuel  du  Libraire t.  V,  col.  482),  contient  la  meme 
traduction  que  les  éditions  lyonnaises  et  peut-être  aussi  les  mêmes  bois, 
comme  c'est  le  cas  pour  Le  Roman  de  In  Rose. 

L’impression  est  de  la  fin  du  xvc  siècle,  car  on  y trouve  [adresse  du  Lion 
d! Argent,  que  Jean  Petit  quitta  exactement  le  14  avril  1 5 00  pour  s'établir  de 
l’autre  côté  de  la  me,  au  Lion  d Or. 

Panzer  ( Annales  typagrnphki , t.  II,  p.  335,  n°  6 1 4 ) indique,  d'après  Mail» 
taire,  une  édition  latine  de  Laetance  et  de  i' Apologétique  de  TenuIIien,  avec 
les  notes  de  Gilles  de  Delft,  que  Nicolas  Desprez  aurair  imprimée,  dans  le 
format  in-quarto,  pour  le  libraire  Jean  Petit,  en  1500. 


LES  PETITS  ATELIERS 


3*9 


En  Voilà  ;issez,  ce  nous  semble,  pour  admettre  Nicolas  Desprez  parmi  les 
impuni  eu  i s pansions  de  la  fin  du  xvc  siècle;  mais  il  appartient  plutôt  au 
siècle  suivant,  et  nous  ne  pouvons  nous  dispenser  de  donner  dès  à présent 
quelques  renseignements  succincts  sur  sa  personne  et  sur  ses  travaux. 

Nicolas  Desprez  a travaillé  pour  le  libraire  Durand  Gerlier.  Il  a imprimé 
pour  ce  dernier  une  édition  des  Cent  Nonve/hs  nouvelle-  : 


(Escentnomtel 
le  ô nouudles* 

fat  «fl*  câiptttte  itf 

tecrfûtispowr  Dciii^ceiîtoutcecomîWiiJSïii£6. 


La  grande  initiale  historiée  d'un  homme  à bonnet  de  fou,  embrassant  une 
femme  en  cornette,  figurée  sur  le  titre,  est  copiée  sur  une  lettre  semblable 
dont  Claude  Dayne,  imprimeur  à Lyon,  s’est  servi  le  premier  en  i/\py. 

Nicolas  Desprez  était  de  Troyes  en  Champagne  ^Twce/tsis  Componus), 
comme  il  le  déclare  lui  meme  à la  fin  du  livre  intitulé  : EhgamUmim  imdulln 
Jacohï  Vimphdivgi , qui  a été  revu  et  corrigé  par  Nicolas  Dupuis  [de  Pnteo)> 
de  Troyes,  dit  Bonm-Espèrance  ( Bottæ Spà ) , son  compatriote.  II  s’intitule  impri- 
meur attitré  de  Denis  Roce,  libraire  bien  mentant  {ji défis  cakogmphus  honesn  vin 
Bhnim  Roce  lùblïopole  haie  main),  à la  fin  du  livre  que  nous  venons  de  citer. 
Les  caractères  romains  de  Michel  Toulouse,  imprimeur  rue  des  Amandiers, 


HISTOIRE  DE  L IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


360 

dont  Denis  Roce  était  copropriétaire  (voir  p.  3 1 4^3  1 5 )»  étaient  passés  dans 
[atelier  de  Desprez,  après  que  Michel  Toulouse  fut  exproprié.  (Voir  p.  316.} 

L’exercice  de  Nicolas  Desprez  s* est  continué  pendant  les  vingt  premières 
années  du  xvtc  siècle.  Il  avait  pour  femme  Jeanne  Pouiliac,  fille  de  l’impri- 
meur  de  ce  nom.  II  a demeuré  successivement  rue  Samt-Éticnne-des-Gres, 
devant  la  petite  porte  de  l'église  {devant  k petit  hnys  S aï  net  Estknne  des  Gre^y  et 
rue  des  Porées,  près  de  ['hôtel  de  Citiny  et  du  jardin  de  la  Sorbonne  {in  vico 
Oient m apud  magnum  kortum  e regione  Chmïad  ). 

Robert  Gourmont  a d’abord  été  associé  avec  Antoine  Denidel.  Sa  marque, 
quelquefois  tirée  en  rouge,  représente  les  armoiries  des  Gourmont,  origi- 
naires de  Saint  Germain -de-Varreville,  près  de  Valognes  : 


On  voit  ccttc  marque  ainsi  tirée  sur  la  Làvia  de  Fausto  Andrclmi,  qui  se 
vendait  au  collège  de  Triguet  {m  collegio  Trigued) , et  sur  d autres  livres. 

Le  23  février  1^99  (n.  st. ),  Gourmont  imprime  avec  Denidel  fe  poème 
intitulé  Moments  in  I Ibidem  > que  nous  avons  déjà  cité  parmi  les  travaux  de  ce 
dernier.  (Voir  fac-similé,  p.  265.)  Ce  livre  est  imprimé  avec  des  types  de 
bâtarde  {nom  optimisque  caractenbm J dont  nous  avons  donné  f alphabet  (voir 
p.  2 66)  et  qui  restèrent  sa  propriété. 

Robert  Gourmont  imprime  ensuite  seul,  rue  Saint-Jcan-dc-Latran,  a la 
Corne  de  Dahn,  et  se  sert  d'un  petit  caractère  gothique  employé  aussi  par 


LES  PETITS  ATELIERS 


36 1 

Denidel  (voir  p.  268}  et  dont  Antoine  Chappiei  avait  aussi  une  fonte.  (Voir 
alphabet,  p.  353.) 

([<£fl)Lmr  fllpljûbftum  tiui'nl  amodia  fcFfUuaiicmf 
mritrid  mtjrum.fl  tornrrabili  auoMramagtftfot  fi 
ctiïïi'ïtie  bftf^îrfrOjPiufo  Æarrburîrn  ctmtpofitu; 
sc  nûu  iflïiti  r per  qa«i  6 a ml  ratrem  in  is  tn  lit  0 ju* 
furnma  UfUgrmfa  rtcifom  ai<p  to*r«riünr.  jtnpjfifc 
fum  |Ôa  iü(  pet  ïffobrrtuiü  gourme  n< 


Robert  Gourmont  est  la  Lige  des  de  Gourmont  qui  furent  imprimeurs, 
libraires  ou  graveurs  au  xvT  siècle1. 


Gaspard  Philippe,  imprimeur,  aurait  commencé  à imprimer  à la  fin  de 
1^95?,  d'après  M.  Proctor,  qui  clic  de  lui  un  poème  du  Mamouan  terminé 
avant  le  30  novembre  de  cette  année-là.  Philippe  a imprimé,  en  6 feuillets 
petit  in-quarto,  pour  son  confrère  Nicole  de  La  Barre,  le  poème  d'Ovide, 
De  Nucüj  dont  nous  reproduisons  ci-dessous  la  dernière  page  en  fac-similé  : 


Sïmeruivideorque  noce  m:  imparité  flammi 
Et  liccat  mitera:  dedecus  efle  fond* 

Si  neccurvrar:ncccurcxci(far  habette: 
Pardte;fiecæptum  perfïaatts  ifer. 


PVBLriOVIDII 
NASONISDE 
NVCE  LU 
BELLVS 
FINIT 
DEO 
GRA 
TI 
AS 
* 

GOpuTculum  hoc  nafoaisdermce 
exoratum:  ac  fedu  j 0 ejaidem  nôpir 
in  cura  emEdatum  ftmuî  parrhi  Ci]  re 

E ntcolaLle  b arrâf^ 

Sur  le  titre  de  cette  pièce,  qui  est  sans  date,  011  voii  la  marque  d'Antoine 
Dcnidcl,  qui  avait  pariagé  les  frais  d'impression  avec  de  La  Barre. 


1 Pour  Mis  de  détails  sur  les  île  Gourmont,  çois  Ier,  par  Angusie  Jîei^akiï;  deuxieme  édition: 

ïmprîm enrs  et  graveurs,  voir  Geûfrây  Tory,  peintre  Paris,  librairie  Truss  (imprimerie  Jonaiist),  t S 6 5 p 

cl  graveur,  premier  imprimeur  royal,  réfbrmaieur  in-SH%  p.  34^330;  el  Renoltard,  hyntman  jwvl- 

de  ['or biographe  et  de  la  typographie  smis  Fran  siens,  p.  137  t6o;  mm  rtge  cité. 

46 


11. 


2 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Gaspard  Philippe  a imprimé  le  poème  de  Mancinns,  De  Pussïone  C/irlsti . 
Le  livre  sc  termine  par  le  mot  Amen f formé  avec  des  initiales  sur  fond  criblé 
d'une  forme  particulière.  Philippe  donne  son  adresse  rue  Saint-Jacques,  a 
l'hôteiierie  du  Grmtd  Saint-Antoine > près  des  Jacobins  (///  dïvmorïo  vwgnls  bentï 
Anthôiùi  seattidtim  Jncopltas).  Voici  le  commencement  cj  la  fin  de  ce  poème  : 


Domimcî  Mancini  de  pafTïone  dominî 
noftri  lefu  Chrïfl;i  Liber  mdpj't. 
Propofi'tio. 

lOn  hoimUudes:tiedottiafada  viro$r 
iPromë  niic  mditonmlto  maiorarfeire 
CôcepiiNâ  geftadeirç  e;  vrtgine  ma  (te 

Natus  homoitemsdemifil  ad  i mas: 

In  medium  infolita  cupio  memorarecamena: 
Necleriti  reram  gdtarum  tota  canmdaefb 
Sed  morsiSt  caufe  mortfs  relcrmrur  inique 
Qijam  voluil  chnftus  prototo  pcnderemimdof 
In  crace;iudctpiJato  prtlidc  terre, 
crlnuocatio  virginis:3£  EuaTigdiftarum. 

Ilrgofaueeeptisquefofââilïia  noftris: 
Cu \9  opé  fupple  y.  fmfhat*  né  o v a caui I : 
McrogococUesnatonnyftcria  ctiius 
Aggredi or: Vires  mihidcl  côatib9eqs; 
Det  mentemftabi'lem  duros  p a-ferre  labore  s: 
Euadam  vt  voti  composiquo  Icnberepoiïim 
Quodmibr  corde  fedel:quodtota  moite  volulo: 
Scnbcrefil  mihi  fasrnon  vllonumine  lefo 
Quicqtud  diumonuper  caielaâus  amore 
Spinrusadmonuirnonhecaudacia  culpo 
Nec  data  tint  vitio  que  fer ibam  tarmrna  vates* 
SU  labor  biefupens  gratus:populil(pfütums 
Vtilis  vt  capri  primum  moaulaminemufe^ 
Admlttanl  îenîïm  chrifti  lubeuTUisamorem. 

Et  vos  ofidei  gluccntitTîma  noftrc 
Lumrna:  lobanncs-.ScLuca-tu  quoijmatce: 
Mathei  fotij:d  ce  brilla  vera  loqtiuri: 

Bleduces  vato  vettigia  veftrafcquuto: 

Verfibüs  vt  polïit  conftringcrequi  cqttid  vbûp 
SparfiftisvarMsconcofdi  mente  libeUls: 

A ferre  ti  e fi  m îapfus:ne  fard  n a cami  s 
Obfïftai  lanftisgetimus  que  peâore  votis. 
Drcitfeod  primum  caulas  quibus  Irrmiagtns  etc 
In  farinus  tanturti:iantum  quoqjlapfa  furotem: 

Vl  chrîflo  imeritam  conquireret  vndi  mortetn. 
C De  caulis  in  genere:quibus  principes  Saceraos 
tum  moli/  Morlem  in  chriftum  futu  mediiai  i 

s. 


TeJaudant  actes  virfcitumfacra  virago: 

Militiez  omni  s te  lacer  ordo  colit 
Tu  radios  phebr  vinds:tu  cornus  phebcs: 
Lucifcro  preftas:&  luper  aftra  micas: 
Spletidtdi  o r gemixi  i stfuluo  quoq  i pulc  h ri  or  aura: 
Vt  rcs  confetti  non  queat  vlla  tibi  ■ 

Glati  or  es  rmjlfco:^  poflet  fmgier  artei 
Mec  potes  angufta  maxrma  menl  e capf. 
Déficient  vatum  mentes  &£  totapoefis: 

Sf  pergant  laudes  vcl  le  referre  tuas: 

Ü veinant  tandem  poIEm  le  cemeie  coram: 
Etquem  coni emploi poft  mea  faftafruar: 
lui  erea  noftros  virgo  fanai  fïima  greflus 
Dirige: nam  duras  obfidet  battis  iter. 

Mon  fi  ne  te  tu  i i per  i o I difrri  mi  na  mundi 
TendimUk'c  noftras  fufdpe  virgo  prêtes. 
Inflarcnimmunduslertureonuallisopacet 
Qucmodicum  inten'us  vtpuio  lucisbabei- 
Imerius  mu  I ti  Jaquei  te  n dun  tur  ah  b ofte; 

MarorBCcgreUu  tenditurartedolus- 
Nos  regedum  vaUisfituascrramus  opacas: 

Et  rege  cum  tiifti  s exitu  s ans  crit . 

Finis. 


Btaratü  parhifiisper  Gafpardu  philtppe 
manérê  inregiôc  &nÆ  facobi  indi'uerrorio 
mfïgnîs  bcati  Anthotii]  fecundü  lacopitas. 


Brunet  ( Manuel  du  LïlmùrtJ  i.  Il,  col.  205)  cil  c une  édition  in  qtutrro  du 
Ktdendrïer  et  Compost  des  Bergers  au  nom  de  Gaspard  Philippe,  que  nous  n avons 
pas  vue.  Le  mémo  imprimeur  a public  en  1500  le  Traité,  composé  en  buin, 
sur  Famonr  des  livres,  ou  Philohiblou ? par  Richard  de  Bury. 

Sa  première  marque  avec  cette  devise  ■.  Odernnt petcore  tnnii  formidiue  pœna\ 
sc  trouve  en  tète  du  poème  de  Fausto  Àndrelini  sur  la  captivité  de  Ludovic 


Cette  devise  peut  se  traduire  ainsi  : }-<i frayeur  du  ckâtmieui  arrête  les  mklemis. 


LHS  PKTITS  ATliLïKRS  363 

Sforza  {De  aiptivitme  Ludovià  Sforçeu),  ci  sur  le  litre  d’une  édition  in-quarto 
sans  date  des  pénis  poèmes  de  Virgile  : 

Puhïij  vïrgilîj  maronisopufcula: 

& moraiti  carmina. 


Gaspard  Philippe  changea  sa  marque  ei  prit  l'enseigne  des  Deux  Dauphins 
couronnés J nie  Saint-Jacques,  ou  il  s établir  ensuite  : 


Il  a donné  aussi  pour  adresse  les  Trois  P y geo  us y rue  Saiiu -Jacques.  Ccst  là 
qu’il  a exécnié,  pour  Nicole  de  La  Barre,  nue  édiiion  du  Chusieau  de  Labour, 

46. 


HISTOIRE  DR  L'IMPRIMER  ÏE  EN  FRANCE 


364 

par  Pierre  Gringoirc,  sans  date,  mais  après  14991  e-ar  on  y revoit  les  memes 
illustrations  que  celles  de  la  première  édition  imprimée  par  Pigouchet  pour 
Simon  Vostre. 

Les  premiers  caractères  de  Gaspard  Philippe  sont  des  types  romains.  Les 
pins  gros  sont  les  memes  que  eenx  avec  lesquels  Pierre  Lever  a imprime  pour 
Jean  Petit,  le  23  mai  1498,  l'Enéide  de  Virgile.  (Voir  alphabet,  r.  Ier,  p.  450.) 
Les  antres,  plus  petits,  sont  semblables  à ceux  dont  Baligault  sc  servait  en 
1 500.  (Voir  alphabet,  p.  199.) 

Gaspard  Philippe  a fait  ensuite  usage  de  types  gothiques.  Son  exercice, 
qui  a commencé  à l'extrême  limite  du  xvc  siècle,  appartient  plutôt  an  xvie.  La 
n 0111  en  cl  attire  des  productions  de  cet  imprimeur  est  donc  en  dehors  de  notre 
cadre  acmel.  Il  quitta  Paris  pour  aller  s'établir  à Bordeaux  vers  1516'. 


Jean  Méiuussi-,  que  La  Caille  et  Lottin  appellent  par  erreur  Mèratdi,  aurait 
commencé  en  1 499*  d après  M.  Renouard.  Son  nom  et  sa  marque  figurent 
sur  le  livre  suivant  qui  porte  la  date  du  22  mars  1 500  (v.  st.)  : 


Connotations  fme 

Tipottatl  onte  aôai  gantants  omni  um  Deere 
talmm  fecündnm  olpfrabetïc^ 
dtwmA 


Cum  gratta  ori 


3 pa  befeendtt  in  anmi  * tome 
jett  iticctme.fl  fc  en  du  in  vira: 
qg  .fo.mca  .oamnaniri  a . 
SÉpuamoituua  eiïp:oommV 
bua  <®ium  ad  rnfficicnMaJn. 
ic.dï  bapiifrnp.caJïiaiotCB. 
liiq.titn.jcEq»  (Eipaiadifïiav 
n ua  tan  i nm  tnmo:  te  rjïi  oper 
tatH.ibtdern. 

abagmem  cructe 
vel  b ea te  Virginia 
y vmiirriiisrâctiïii 
pei  terrain  vel  iter 
Fptnafc  ponerc  fbb 
ÊTranl  -itmra  Tenté  1 1 a pjo^  be 
tciM&rrgo-m  noucttis  ïseof 
imjdLOîdiîîfltg^fi  canon  ici. 


û£!tadn1ü  fieri  tre 
bercollatio.  i vbï 
ï maiOMinmeruoibt 
maioi  jetnfl  pieru* 
rmttir.be  ekenene 
a.eedeJïa  ncfti  a li.f.ti.vi. 

ïonaa  peauio  ve[  aigento 
no  poj|fteteii.be  fco.ck 
ri  .ca.cferùli4tttülaj. 

s%m$- 

(£3JmpicfïiiTn  poi  iTina  an* 
tig  tbîithîmUenms  quingeir^ 
1du110Dif-H4.n1 cnfip  a^qrs 
njin  belIbtnJït. 


Ce  petit  volume  a été  imprimé  tu  Rcfkm.su  t e'est-a-dire  eu  l'hotcl  de  Reau- 
rmurd,  où  Guy  Marchant  avait  une  annexe  de  son  atelier  du  Champ  Gaillard. 


Pour  plus  de  dotai  b sur  l'imprimeur  Gaspard  Philippe  ^ voir  Les  Offgîms  et  les  débuts  de  /'  Lnpnmcne  à 
Berdejitx . par  A.  Ciaudin;  Rordeanx,  i S^t/nvS0. 


LES  PETITS  ATELIERS 


365 


H n’est  donc  pis  bien  certain  que  Jean  Merausse  ait  etc  réellement  impri- 
meut.  L;i  meme  marque  de  Merausse  se  voit  sur  le  dire  d’nnc  édition  sam 
date  dn  Recueil  des  Proverbes  communs,  de  .Jean  de  La  Vcsprie,  accom- 
pagnée d’une  traduction  latine  en  vers  léonins  ( Pmytrhia  communia  n orner 
aucm) , par  Gilles  de  Noyer!  iÆgidius  Nuariemis).  Merausse  donne  alors  une 
antre  adresse  rue  Saint -Jacques,  aux  Deux  Cochers,  prés  de  Saint-Benoît  [in  yïco 
dhi  Jacohi  Coinniomm  ex  régime Saucti  Benedicn , sub  iutmignio  PiiUorum  gallinaceonim 
gailice  des  Cocher/,}. 

Jean  Merausse  donne  encore  son  adresse  dans  ce  disiique  : 

Hec  Jacnfm  postant  venalui  vko 
Osmitant  putios  hic  uhi  signa  duos. 

Enfin,  pour  clore  cette  liste,  nous  citerons  le  nom  d’un  Alsacien,  ancien 
étudiant  de  l’Université  de  Paris,  Narcisse  Brun  '. 

Ce  dernier  ne  nous  est  connu  que  par  des  Heures  de  la  Vierge,  a l’usage 
de  Rome,  en  portugais1 * 3,  datées  du  1er  février  1500  (v.  st.).  Marie  Hopyl, 
fille  de  Wolfgang  Hopyl,  imprimeur,  était  sa  femme. 


1 Narcisse  Brun  êlaû  dn  dioc  èse  de  Slrasbonrg. 

Jl  fin  reçu  bachelier  en  i4ÿ2 * * * * * *)  Simon  Botliger 
( DAt'dteriï) , d' Allen  siein , que  ■■<$!§  cou  naissons 
déjà  co ni n te  Imprimeur  à Paris,  éiam  receveur  de 
la  naiion  d'Allemagne.  Voici  5011  inscription  : Nar- 
ciscus  Hiwn  Ai  a ai  s Argettiimnsis  eujus  Imrsu  vûbr 
s.  4-  ( Archives  liai  ion  aies,  Registre  Art  myrfttrs  Ae 
id  rurhrr  A*  Aiiriihignr , H 2588,  fol.  13  J v(H.) 

Noits  avons  relevé,  tln.11  ^ les  regisires  universitaires, 
qiielcjnes  noms  d'étudiants  étrangers  (|i li  prirem 
leur?  grades  à Paris  et  s'établirent  ensuite  impri- 

meurs : Eu  1 4 ^ 1 < Pierre  J .oslcin  , c| ni  devint  en 

1 4 B 3 l'associe  d'Erbanl  Raidolt  d’Aitgsbourg,  im- 

primeur a Ven ise.  Archives  iiniicmaks,  H 2 5 88 H 
fol.  y ).  -En  îjtf^s.iean  Am  erbacli  H impri  meitr  à 
Baie  à parlir  de  t486,  et  doni  le  nom  esi  quelque 
peu  estrcipié,  est  reçu  licencié  (fol.  9);  EHiard 
^uslierg,  du  diocèse  de  B'tle , pins  tard  correcteur 

daus  l’atelier  de  Scirboune,  élan!  receveur  (lui.  9 

En  i466,  Lambert  Pabaari,  reçu  bachelier 

(fui.  17  v°),  cl  ayant  obienct  permis  d'enseigner 

(inscril  parmi  les mciprrrrti's , fol.  43,  s’établii  impri 

lueur  eu  ,4 75  V,l,  uce  d'Espagne.  Ce  dernier, 


qui  élaii  du  diocèse  de  Cologne  (, lixesis  CrFiiinr- 
sh),  se  lit  recevoir  ensuite  maître  ês  ails.  Un  fils 
de  rimprinieur  Jean  Fjjst,  de  Mayence,  est  admis 
parmi  les  bacheliers  en  1 4y 11  (fid.  49  r°). 

Ce  livre  est  indicpiê  par  Brunei  AF  11  nul  Au 
Librjrn\  t.  V,  col.  tfj“,  n " 3 50)  d’iprês  le  raialogne 
des  livres  de  -Joseph  PaclincA  1 '1<L  partie,  n”  127), 
veine  taiie  à Bruxelles  en  1860.  Il  est  ainsi  décrit  : 
« Horas  de  uossa  Sels  cira  segundci  ccistume  Roman  o 
cci  n as  Horas  do  Spiritci  San  cto.  » (À  la  fin  Tres- 
tadn  teido  de  latin  en  lingnnajen  purluges,  visto  ei 
emendado  fior  reverendo  frei  dcilian,  darci  Pcmr 
luges  docior  . . . Frie  1 eu  Ptiris  empremido psr 
mettre  Nar chétif  Brun,  Flatteur,  d mu  dtes  Ue  rurs  Ae 
j?vrretu\  Eru  ArSener  Ae  mil  et  qnhAinrhit  umts  ( 1 500), 
volume  in  S"  gotliic[iie  composé  ck  1 27  feuillets 
ornés  de  grandes  ei  de  pelites  figures.  Touies  les 
pages  sci  11 1 entourées  de  bordures,  de  clauses  des 
nions,  de  sujets  bibliques,  elr. , gravés  sur  bois.  Ce 
[irecieux  volume  est  achiellemenl  clans  la  biblio- 
thèque du  duc  d'Àreuberg,  à Bruxelles.  O11  n'en 
cou  n ail  jusqu'à  préseni  aucun  exemplaire  d:tns  les 
liiblicilbèques  de  Porlugal. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


^66 

Petits  Ateliers  anonymes.  — Nous  avons  encore  à mentionner  trois  ou 
quaire  ateliers  anonymes  sur  lesquels  la  lumière  n est  pas  encore  faite. 

L'un  cl  eux  a produit  le  livre  suivant,  qui  est  daté  tin  5 juillet  \i\7&  : 


bere  itttellcctû*  et  multofotciusafTer 
tïôes  «us  veras  in  omï  fenfu  peruer 
tm  mime  bnt+fi  cm  aliquod  f ecerït 
pïçdictCMÛ  piefertim  fciëter  vel  etiï 
fKignojlti  j craffa  et  fupina  non  (o* 
lum  coiam  bominopeceare  mortaH'' 
ter  iudicabuntL'fed  etià  apud  Intel'' 

1 igentes  mal ign  1 et  in uid i au t iniufti 
appa  rebut*  In  punits  igitur  mente 
ipfius  eje  omîbus  bicts  ei'us  qn  affcT 
tio  non  eft  ambigua  inudligcnt*  fi  eï 
aflerti'oeiusnô  eftambigua/fedfen 
fum  habens  tantümodo  FalCrni  non 
eftncrëaialia  bictaeius  reairrnv* 
cum  veropatueri't  matiifeftefenfum 
eiuseêerroficu  non  caui lofe/  nôper 
auctoutates  male  Intel lectas/nô  per 
afïeroones  ûubias  bcquibuseft  hVL 
ftim  bifputart/  non  per  rônes  Fanta 
fHcas  non  intelligibles  etintrinca^ 
tas/nô  per  bicta  iïlüiü  quos  h'cicü  eft 
negare/fed  per  fcripturasautêt/cas 
bencot  fane  intellectas/aut  per  rôeS 
apertas/euidëtes/  irréfragables  ftu 
deant  repiobare  etfimdare  foltiiL 
fmecotraria  veriwtcm*  becautem 
omia  amoie  fatiant  vcri'tatts  et  od  to 
h [fi'tatfe  vt  ira  rancore  vel  odio  per 
fonepapt  bemici  nullatenus  moue 
antur*  Di*  Gmnnftarëq?boc 
opuS  innpcresiarbitrabarbeuetîa 
ctatulü  be  bercticB  nos  fctürosi  qui 
fractcrefli'nwtionêmcâ  inlongüali^ 
quâtulü  efl  <pten  fus  quë  fi  omnes  bit 
fieultates  nüc  miebi  Ce  papa  beretP 
coeiufip  complicibus  occurrctestt^ 
bi  Cifferêdaserponerc/opoiteretex 
tendere  in  immenfuj  * fane  cü  opéra 
proliVa  pluribus  binofeant*  ingrata 
mode  rnis  * fit  bicpiimus  fermo  no^ 


fïerbebemieis  eôfumptus.nûcaût 
beniuolentie  tue  gracias  a go.\p  per-' 
Fonaminducns  rrcitanti&votis  me> 
is  J nûc  abeuiando  J nû  c f a ! fas  fe  ntt  n 
tias  récita  ndo  et  paoeteferat  y ter  aile 
gandoJ  mic ad  rônes  *pbabilesrridë 
do/  nücargumentatiôes  fopbifticas 
foluendo/nütventatcsabfcjpbatio 
mbus  referendo*et  quant  ü adomîa 
aha  bîftcndm  ftuduifti.Iftum  autë 
modû  vtilem  reputaui*qificnccad 
pbandüJmcad  repobandü  aJi'quid 
p cfcriptojüamoj  et  cdm  tue  perfo^ 
ne  quemcuncp  mouebit  i fed  omïbua 
Jegeuti'busmateria&aVogitadi.  pu 
toenT  q?  cum  ifta  fuerint  bfmulgata 
tum  ppter  raritatë  i tum  ppter  vti 
litatë  vin  littcrati  et  inteHigêtesCje 
lumveritatiset  bonitôisbabentes 
que  vera  funt  rônibus  manifeflis  et 
teftimoniis  feripturarû  apertis>fa^ 
tagentcofirmarei  et  que  fal&  funt/ 
repîobareftudebunt-tumctiafvte'' 
flimo)  eü  mtntë  tua  ceperis  aperi  re 
be  picdictisop«afacicsmanifefta  et 
pjedara/  pbna  veritate  iefma/  ad 
ommü  vtilttatê  fideliü  etbei  omTpo 
tends  bonoiê  * Cui  fitglozia  lauset 
ïmperiu  infeculafeculoçamtnj 

Girplidtlil?errepttmus  pîimepar-' 
tis  byalogojp  be  creditoîibüs/faiito^ 
ribuset  receptoribus  bercticoç*ïm 

pîdïits  p A R I S IV  S • Âmo 

bnT*i*Jl*/vfr*&ië  ïulîii/feliciter  j 


Ce:  ouvrage,  du  moine  franciscain  Guillaume  Ockam,  es:  intitule  : Bhilo 
gonrm  iihfi  septem  tuhrrwï  haetkos  et  Tmcrütm  de  dogmanhus  Johmuiis  Papœ  XXII . 
Il  forme  un  gros  volume  in-folio  à deux  colonnes  de  40  lignes  par  page, 
divisé  en  deux  parties.  Il  ify  a aucune  indication  à la  fin,  mais  la  première 


LES  PETITS  ATELIERS 


367 


partie  se  termine  par  la  mention  du  lien  d’impression  ei  de  la  date  : Impremis 
ParisiüS  aima  Domhu  j ^ t éf  dk  y Juin  finit  fdichtT. 

Le  meme  atelier  a produit  une  édition  du  Traité  de  procédure  [Ordo  jmli- 
cUmus)  de  Nicolas  de  Pilerme,  surnommé  l’aigle  du  droit  { Aqmlti  jinis). 

C'est  un  petit  in-folio  de  48  feuillets  à deux  colonnes  de  /jo  lignes  par 
page,  sans  chiffres,  réclames  ni  signatures,  en  tout  semblable  à YOcktun  et  daté 
claont  1 1\7&  \ 

ptffënëfeonrjjupânoHnitani  piacti 
«d  mî  paocEdeodliinigrctâ  firm 
m a rie  et  î*e  piano/  $ e t cïï  ftre 

pttu  iudicial(+  in  omnibus  ferme  eu 
riie  obferua  ti  çfueta  qrftirit  parifigt 

impttir*i+  CCCO 

IxÆvi.menfeaugufto* 

Les  caractères  avec  lesquels  YOcLim  et  le  Ptimrnùuuuis  sont  imprimés  ont 
été  copiés  sur  ceux  de  César  et  Stoll  et  de  l’atelier  du  Souffler  Ven  de  la  rue 
Saint- Jacques.  Leur  ressemblance  est  telle,  à première  vue,  qu’elle  a trompé 
tons  les  bibliographes  qui  ont  attribué  XOclam  aux  presses  de  César  et  Stoll. 
On  ne  cite  pas  le  Panvrnùttums,  qui  a échappé  aux  recherches  et  dont  un 
exemplaire  existe  à la  Bibliothèque  nationale,  oit  nous  l’avons  découvert. 

M.  Proctor,  mieux  cavisé,  n'est  pas  tombé  dans  les  errements  communs.  Il  a 
reconnu,  comme  110ns,  que  ces  types  pavaient  qu'une  ressemblance  super- 
ficielle de  coup  d'œil  avec  ceux  des  ateliers  précités  et  qu’ils  appartenaient  à 
un  atelier  distinct.  En  effet,  si  on  les  examine  de  prés  et  qu'on  les  compare 
avec  l’alphabet  de  César  et  Stoll,  ainsi  qu’avec  celui  du  Soufflet  Ven  (voir  alpha- 
bets, t.  Ier,  p,  131),  011  y trouvera  certaines  différences  de  détail- 

Nous  donnons  ci-dessous  l’alphabet  complet  des  lettres  qtion  trouve  chez 
l'imprimeur  du  volume  &Qckam  : 

ABCDeFGHIfebMNOPQaRSTV 
abcDdf  fgbiMmnopqns&ftuvjcyj  iz}& 
â b?  c9  9 1 tP  b°  bs  ï iViq  m?  n n*  6 cfp  q fiP  ï 5 

- i * i ff  ff  ft 

On  voit  figurer,  da ils  ce  livre,  des  chiffres  arabes  d'une  forme  toute  parti- 
culière, que  nous  avons  reproduits  en  même  temps. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


368 

IJ  existe  deux  autres  volumes  petit  in-quarto  imprimés  avec  les  mêmes  types. 
L'luj,  qui  est  intitule  Secrera  Aristote  fis*  a été  signalé  par  M.  Procter  c,  ci  est  sans 
Jieu  ni  date.  II  présente  cotte  pamcntariié,  qu’il  y a des  signatures  placées  en 
dehors  de  la  marge,  dans  le  has,  vers  le  fond  des  cahiers. 

Le  premier  livre  sorti  des  presses  parisiennes  dans  lequel  on  ait  mis  des 
points  de  repères  appelés  signatures  est  XQpus  Resùmnomini  de  François  do 
Platça,  qtii  a été  achevé  le  4 janvier  J 47”  (Voir  t.  I"  p.  76.)  O11  jfa  songé 
a mettre  ces  signes  que  vers  le  milieu  du  volume,  car  les  premiers  cahiers  en 
sont  dépourvus.  \JOckam  et  le  Panormhmms > datés  de  i n ont  pas  de  signa- 
tures; les  Serrera  Arlsrordls,  qui  en  ont,  sont  d'une  impression  postérieure. 

Les  memes  caractères  paraissent  plus  lourds  dans  les  Sécréta  Àmnnclh;  l’en- 
crage n’est  pas  le  même,  et  l'on  voit  tout  de  suite  que  cette  impression  a été 
produite  par  une  main  moins  habile. 


(£,ÏNCÏpï*r  Ld*r 

füanllt>tf1iapbiloropbtmcllcntirrîmj| 

OMÏNO  fuo excellenti^ 
fimo  intultu  rtligioiS  xpïane 
| Itr  ennui  lïïmc  guidoni  vrre  bt 
va  ncta  ouitatis  topo  lis  gl o 
riofb  pontifia  pbilrppus  fuo 
ïuv  matins  clerittf?  feipiü  et  fidele  î>euotio 
tiôiaobfrquiü/qu  liü  lunareteris;ftHJi5  ëlu 
ndiom  fdis  radms  lucidité  te  lunrfnlgëti' 
Ozftâtü  ingenii  vridaritudo/veretp  lue  plu 
diras  *üfto$  titra  mare  modemos  in  Iràtu' 
ra  couperait1  $ barbares  $ laiînor  Inec  ë ali 
qilis  fane  métis  qui  buie  fnie  valeat  refraga 
ri*  qi  tfi  Urgitcï  grâç  a quo  bona  cürta  Jpce 
dütditipla  fuis  fmgulrs  bona  biflribu  it/  tl 
bi  foh  vide1  f(ïa#  et  grïïç  plenitudinr  côtu^ 
liffe  mte  nanqr  reperiüt*  frtôçgrë  vniuerfe 
Noe  pudiciriaj  ab>*bc  felititasJ  jfaa<  côfidë 
tu/i  jcob  lôg^imit^/  moyfi  tolerâtiaoofue 
ftabrlitasibelie  fcuotioibelrçeiprrrertio/  ba* 
tu  d bc  ign itasJ  fenfus  falom on  ê / db  pa cië > 
HaKaÜ  Jas  tïÈ  nielis/  ilayt  fecüditas^peifeue 
rentia  lerernrV/cum  cetera  fanctoç  virtutv 
bus  in  tuapleiuTTime  bïtant  fctitate  adbiir 


II  en  est 


de  même  pour  l’autre  livre,  qm  commence  par  cet  intitulé  en  deux 
Lignes  : Tracuihw  ntilh  de  Cmifissime  composites  a domino  Bmumntuvn . L'édition  a 


index  t.<  fwr/y  prhiwJ  hvlts,  \V*  79  1 : duu^c 


LES  PETITS  ATEL1EHS 


169 


été  mentionnée  par  le  P.  Lairc,  qui  l'a  attribuée  a Pierre  César  dit  Gw/e, 
Ce  bibliographe  avait  remarejué  ces  signatures  placées  en  dehors  de  la  marge 
comme  dans  les  Sécréta  Ârhwrdïs t et  croyair  à tort  que  c était  là  le  premier 
exemple  de  signatures  dans  un  livre  imprime  à Paris1 * * *. 

Voici  le  fac-similé  des  deux  premières  pages  du  Tmcmtns  tut  lis  Je  Confes- 
$uuk%  par  saint  Bonavcnture,  dont  le  texte  commence  au  verso  du  premier 
feuillet.  La  seconde  page,  qui  est  placée  au  recto  du  deuxième,  présente  dans 
la  marge  du  fond,  an  bas,  à gauche,  la  signatures.  Le  chiffre  est  en  forme 
de  Z,  exactement  comme  dans  le  volume  d "Ockam , dont  nous  avons  repro- 
duit I alphabet  et  les  signes  de  numération  à la  page  367. 


{flatta  tus  vtihs  br  cofeiïiûrtc  com 
pofitus  a domino  bonautnturac 

QVoniam  lunctamcntu  ctîatttia  ver 
tutunionimTqr  gcatir  fpÜaJis  ton-' 
folationis  pimcipnim  efl  cofcitnae 
puriUliac  taudis  muttditiatad  quam  ; tin  ci 
paliteretpictipurptr  puram'uc  réintégra 
et  pjtfettâ  corf fîionem  pcccato?  acn  dliW* 
Nob  3 ergoqui  vocati  fum?  ad  ftatü  geatie 
et  ad  acquiridtac  virtutts  et  vitâda  vicia  de 
fuflf  icienticonfefTcone  et  modo  confi  tend  eut 
becet  viros  ad  ftatum  perfettilis  eltetostü 
fumma  Oïlintia  et  fol  ici  tu  Ole  continua  p» 
rttcriômoitalibus  p rtcipalitereftcurâdi 
Efl  igitur  primo  vïdenduni  q cofefTiobebet 
cflepura  quia  peccata  defeent  fimp  ntet  bi 
ciabr^buplmtateet  emifatiorW  finit  bo* 
mo  crédit  ea  elfe  mamfefta  toià  beo/  net 
bcntblci  v?rba  falliataaut  coopérante  vel 
minuêtia  pteatu  fficut  fat  lût  multi  magnas 
bydoiias  et  logas  Ôicêtes  an$  peccatü  ejtpfi 
cèt  vt pétilla oiidàt fe minus culpabîles  bt 
pccoiquod  quidê  peccatu  in  line  v îbcuim 


fllûç  luperti  locp  tonclud&6bimittenda  funt 
igitur  fuperflua  et  «reufatoua  vtrbaffed  pu 
rt  bit  peccata  tua  et  fimpliciur  teactufa.  Si 
militer  no  débet  bîtiquotf  sadtatin  infamiaj 
abcuiusiautquodpofiitpttbcre  côfeiïouoc 
ca  fi  >nt  tu  fbationis  contra  aliquc/aut  mate 
fia  rr:  conte  mn  êdic1  fed  calice  r expl  ice  nxpcta  l 
fi  pot  fieric1  qjtôfelfoj  nuHomôpolïit  Intel  h 
gereperfona  eu  qua  prctafti/n?  faite  wnerit 
in  noticiâ  complice  in  ptteatoc finit  h bnfi' 
fii  petto  oetalïone  petcldiidi  peccauent  no 
brbes  eû  noralarre,  fed  fuftitit  tibibictrecfui 
1 3 cômittendipectatu  tuida  perfonecafiqua 
tn  funtpttâ  qnopntaliqn  côfitmlme  ma 
n if  citation?  altenus  perfoneM  in  ce ffus  et  a 
tiqua  qm  fièrent  inter  coiugatosc  ConfrfTio 
bebet  eê  vetajita  t p nul  ta  falfitasbita^ftien 
telnet  aliquod  6ubiü  affirme1  i fed  oerta  vt 
certa/bubia  vt  bubia  fupjt  bittdac  et  tdeo  qn 
eonf r :refnon  bicas  meâ  tulpamrli  feci  taie 
qui&aut  fi  bedi  materiâ  tufbatbfôtaltc  h bic 
fi  mpl  1 ctttr+f e ci  fi  c et  fie  et  appetiti  J fie  er  fie* 
babui  voluntatê  bdibtratâ  faciendi  taïepec 
wtû  et  notomjfi<quia  no  potuu  vel  qi  ncfd 


Les  caractères  de  LAristote,  du  saim  Bonaventuie,  de  YOckum  et  du  Nicolas 
de  Palcrme,  que  nous  avons  examinés  et  compares,  nous  ont  paru  être  les 
mêmes  que  ceux  qui  ont  servi  aux  premières  impressions  signées  et  datées 
d'Angers  : la  Rhziorka  nom  de  Cicéron , datée  du  5 février  1 477  ( 1 47^  v.  st .}, 


1 «Habei  signainms  in  iuteriori  marginc  ad 

Prn  lihello  lu>t  videncur  lJarisins  I y ]>o - 

graphi  exœguaise  primnui  nsiim  signatnrarum  ^ 

11. 


Laite  Frtinçois-Xa\Her  foéex  lifovrmn  ab  irr- 

1 vffttf  tvpi'çTüjfiùa  dd  dtutttm  tjoü  (t.  1crt  [i.  io^t 

44  t ouvrit  cite. 

4? 


37° 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


et  le  Manipulas  Curamum  de  Guy  de  Mon  nocher,  du  septembre,  même 
année.  Il  y a,  dans  le  matériel  d’Angers,  quelques  lettres  mélangées  d’autres 
sortes  dans  les  lettres  ordinaires  du  corps,  mais  la  provenance  des  types  nous 
a paru  suffisamment  établie.  Voici  l’alpbabet  des  lettres  capitales  du  premier 
livre  imprimé  à Angers.  On  n’aura  qu  a les  comparer  avec  l’alphabet  de  YQckmn 
(voir  p.  3 6j)  pour  en  établir  l'idemi fixation  comme  nous  Pavons  fait  : 

KBCDEF0MHMH 
O p a R S T V 


Seule,  la  lettre  S,  quoique  semblable  en  apparence,  est  un  peu  plus 
ramassée  sur  elle-même  dans  le  type  employé  à Angers.  Cette  lettre,  dont  le 
poinçon  a pu  être  perdu  ou  remplacé r,  ne  change  rien  à notre  théorie. 


1 JJ  est  pen  probable  que  les  premiers  impri- 
meurs |iarisiens  se  soient  servis  de  poinçons  d’acier, 
comme  on  en  emploie  de  nos  jours,  pour  frapper 
les  matrices  necessaires  â la  fonte  des  caractères. 
Un  professionnel,  Al.  E.  Desormes,  directeur 
technique  de  l’École  Gittenberg,  tjnt  a examine 
attentivement  les  différents  livres  imprimés  â la  Sor- 
bunne,  est  d’avis  que  les  caractères  ont  été  obtenus 
à l’aide  d’un  système  qui  n’est  qn’un  essai  de 
stéréotypage.  En  supposai!  t,  dit-H,  qne  Geritig  et  ses 
compagnons  se  soient  servis  de  poinçons  d’acier,  il 
est  évident  qtte  tout  en  ayant  en  plusieurs  matrices 
de  la  meme  lettre  pour  accélérer  la  fonte,  tontes  les 
lettres  eussent  été  sem  blali  les,  puisqu’elles  auraient 
été  fiajijiëes  par  un  type  unique  Ai.  Desormes  a 
observe  que  plusieurs  lettres  des  types  du  premier 
atelier  de  Sorbonne  étaient  dissemblables,  présen- 
tant une  fouie  de  divergences  qui  ne  pouvaient 
prûvcn  ir  qne  d’une  gra  vitre  multiple  ayant  fou  ni  i 
pour  la  ni  élue  lettre  des  ni  atrices  différentes.  D’aprcs 
M.  Am  h relise- Firm  in  Didot,  il  se  pourrait  qne  les 
premières  matrices  eussent  été  en  plomb  et  obte- 
nues l’aide  d'uu  poinçon  en  bots  gravé  que  l’on 
enfonçait  dans  le  plomb  fondu  au  moment  où  il 
était  sur  ïe  point  de  se  solidifier.  Il  dit  s’être  servi 
de  ce  procédé  et  en  avoir  obtenu  de  tels  résultats, 
que,  selon  luf  nos  pères  pouvaient  bien  s’en  con- 
tenter, puisqu’une  matrice  en  plumb  peut  donner 
de  soixante  à quatre  vingts  lettres.  (Voir  Nmens  tie 


typographie f a l’usage  des  écoles  professionnelles, 
précédées  d’un  avant-propos  sur  l’origine  de  fini- 
iiierie,  par  E.  Desormes;  Paris,  Ecole  profes- 
sionnelle Gnten  berg,  \ S S S ; in- 8°,  p.  i ^ .)  — On 
se  sert  encore  d’un  procède  à peu  prés  analogue  a 
l’I  mp  ri  inerte  nationale.  Les  poinçons  de  caractères 
trop  compliques  oit  trop  nombreux,  tels  que  le 
chinois  t les  hiéroglyphes;  mexicains,  etc.,  sont  d’abord 
gravés  sur  un  bois  dur.  On  prend  ensuite  une 
empreinte  en  gntta-percha  à l’aide  de  laquelle  on 
obtient  par  la  galvanoplastie  un  autre  poinçon  de 
cutvre.  Ce  poinçon  galvanopiastique  sert  a frapper 
itne  matrice  en  plomb  dans  laquelle  on  ne  peut 
fondre  qu’un  très  petit  ne  ni  lire  d’exemplaires.  On 
obtient  plus  rapidement  le  même  résultat  en  gra- 
vant directement  sur  cuivre  le  poinçon,  parce  qtte 
le  nombre  des  opérations  se  trouve  ainsi  diminué. 
(Voir  Confèrences  faites  les  2 y jnillet  et  i y août  tpoo 
par  M.  À.  CtiRtSTtAM,  directeur  de  f Imprimerie 
nationale;  Paris,  Imprimerie  nationale,  i poo;in-4°, 
p.  i24'i2$>)  — Nous  croyons  que  les  premiers 
poinçons  exécutés  A Paris  ont  pu  être  gravés  sur 
bois  on  meme  sur  enivre,  mais  non  sur  acier.  C’est 
ce  qui  explique  la  disparition  rapide  de  certains 
types,  tandis  qu’à  partir  d’une  époque  déterminée 
on  en  voit  apparaître  d’antres  dont  les  fontes  se 
renouvellent,  passent  d’un  imprimeur  a l’antre  ou 
sont  employées  simultanément  dans  divers  ateliers 
de  Paris  et  de  la  province. 


LES  PETITS  ATELIERS 


371 


L Ockam  est  date  du  5 juillet  1476,  ie  A Hcolans  Pmonuitaum  d'août  de  la 
meme  année,  et  le  premier  livre  connu  pour  avoir  été  imprimé  a Angers, 
la  Rheionca  noya  Marà  Tu  lin  Cicéron  isr  est  du  5 février  1477  (1476  v.  st . } , 
c'est-a-dire  six  mois  après. 

L 'Ockam  est  imprimé,  ainsi  tpie  fe  Nia; fa  us  Pummnitanns , avec  des  carac- 
tères qui  paraissent  tout  neufs.  Le  tirage,  d'une  netteté  et  dune  régularité 
qui  dénotent  un  imprimeur  expérimenté,  est  excellent  dans  ccs  deux  volumes 
et  11e  le  cède  en  rien  aux  premières  impressions  des  ouvriers  français  de 
l'atelier  du  Soufflet  Ven . (Voir  t.  I",  p.  152.) 

Les  caractères  du  livre  des  Sécréta  Àmtotelk  et  dti  T nictntns  un  lis  de  Confessions 
de  saint  Bonaventurc  paraissent  très  fatigués;  l'encrage  est  différent,  l'impres- 
sion est  lourde  et  pâteuse,  le  repérage  défectueux;  la  composition  laisse  à 
désirer;  les  lignes  sont  inégales  et  mal  justifiées.  Tons  ccs  défauts  se  répètent 
exactement  pareils  dans  les  premiers  livres  imprimés  à Angers. 

La  présence  des  signatures,  dont  l'introduction  dans  les  livres  imprimés  a 
Paris  ne  date  que  du  commencement  de  1477  dans  |*|uvrage  intitule  : Opus 
restitution  uni , usumruui  et  excommunication  ma  Frutecisci  île  Plate  a (voir  t.  Ier,  p.  y 6) 
et  dont  I usage  régulier  dans  l'atelier  de  Gering  11'a  été  suivi  qua  partir  de 
1478,  pour  11 'être  adopté  ensuite  au  Soufflet  Ven  qu'en  i47p5  époque  a laquelle 
on  les  ajoutait  an  composteur  (voir  t.  I",  p.  170),  nous  fournit  de~  indices  qui 
reculent  la  date  de  ces  deux  volumes  vers  1480  et  nous  permettent  d'en  attri- 
buer l'impression  a Angers  plutôt  qu'a  Paris.  L'iro primeur  de  Paris  ne  s'est  pas 
nommé.  O11  a tout  lieu  de  croire  que  ce  n'est  pas  le  même  qui  est  allé  opérer 
a Angers,  oii  son  materiel  finit  par  s'échouer.  L'atelier  d'Angers  était  exploite 
par  deux  typographes  associés,  dom  l'un  se  nommait  .Jean  de  La  Tour  et 
i antre  Morel.  Nous  ne  connaissons  pas  le  prénom  de  ce  dernier.  Ils  s'in- 
titulent simplement  imprimeurs  [impressom]  dans  leur  premier  livre;  dans  le 
seeond,  ayant  acquis  sans  doute  un  peu  plus  d'habileté,  ils  disent  que 
le  volume  a été  terminé,  autrement  dit  mené  à bonne  fin,  par  des  maîtres 
industrieux  dans  [art  d'impression  ( coin pl dm  per  InAmuiosos  i mpmsnrk  a ni  s mugis- 
nos).  De  La  Tour  devient  pins  tard  libraire  imprimeur  de  l'Université  d'An- 
gers. Quant  a Morel,  il  disparaît. 

A la  fin  du  chapitre  vi  du  tome  Ier  {p.  idj?),  nous  avons  parlé  Incidem- 
ment d'une  édition  de  la  Grammaire,  des  Elégances  et  de  la  Rhétorique  de 

47- 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


372 


Guillaume  Tardif,  que  fe  P-  Laire,  bibliographe  du  xvuF  siècle,  avait  attribuée 
à César  et  Stoll,  en  raison  d’une  certaine  ressemblance  des  lettres  capitales 
avec  celles  du  Soufflet  Vert \ En  voici  deux  pages  *. 


Suttlermi  tardwi  anicmtfis  cloqucntie 
bcrteditenduB^vnciccompcridium  ï 

Oroo  bnfaecompendiu 
/^Y'dmpÊdiumboi  tr<ababttpar  &*  pitma 

I ! grammanriï /facturai  tkpctâi  teroart*' 
V-A.  toncâJqmbiJDflomiciiciaboicdirfduç  fci 
miac5fumm^urcompcndiorifl*maraicabrrfui(  * 
(Siâmatita  du  as  babet  partes  prima  grimai  i ce  $c> 
ncralia/boc  eftlittcwâpwmiiiaciorrfcarû^ei  ditn 
otii  qiia  omi  a dirûtor  ac  tuutl^mnit  fpwiee  frccu 
tm  «cidcticla in  vniucrfnm  coplatimrfîcciîda  dit 
tioniû  fpcocrum  atcidcna  i Uaro  oïdiae  a facilioitbire 
magrfiç  n«dTan*a  ad  et rtna  proccderntt  tituba  ptrfi 
citBttü  da  vt/o  c Spêdü  pare  dicnûnû  vfu  q nidf  ma 
riitie  ïKcciïanartf  a<  fcimdiffmfui  lorintatéidcgâciiî 
barbant  vuandâ  alpbabcnca  fampmfrtgtuTcr' 
m a u te  rtxtoncâ  afcdlwa'Dcciiflïmifl  vvr«  traditâ  / 
obfcruatam^vfiMiBnccdranl  côrintf*  Cornai  tarium 
verefotoccomttèdiacôditum/  fertu  commua/  fatthai 
tdtroiicrfia  xt  cartncia  nâ  frnftra  cMwrit  aurpi  ohm* 
fcdr»octHni  vcrâjnouam/lcitu  vt  diffiaWcopiobai# 
OTatraoOcnditetœcmcndat  \ Nancvtvmitn 
yrtl  c / gratû  tocdVtanttû  tauufl  I i me  ittuoco  fptnUI  v 

Grnfdc  tardif  k mita  ftifia  grâmottea 
prima  btoua  compcndii  pare  * 

Srammaii  ce  ei  latinum  qui  d faut*  vndc  nomi* 
Utinapimndadifdds^ltt 
tnrütua^a  ac  d<difcaidapiefertim  litterarû 
pionntKiaciû*qtitd  lttKra*quid  dictiû*vrmdt 
(te*  que  litttre  w dioeonio  fpeoee  j 

b t* 


6 


rimante  ertlatim  îfapnlta  fctcrntfl/fciéciâ 
rû  fundamentum  /interprre  Mnamctimutf  « 
Latimimefl  cornante  liriflUflTiim  idecoia* 
ta ; emio  ac  ini erpi re  » quot  renoue  fïurfcnp 
to  fïuc  piomîciaciôe  barbanfmua/  m dictionu  veroeô 
teptu  frtoeci  fini»  viciât*  Denominamrgrammamea 
grima* lia*  a*  remota  «fpllaba*  ce*  nodita*  $rëmaeni 
gr«e  littera  efUaUnc*qrgramatiea1itteraioa/bocdï 
doctos  facile  reddi  r et  fine  ea  litteratuf  nemo  euadit* 
Latimïalaciovbiroma  eft  toqua  fuit inuèrü  dicnar 
p ronitoeïo  octo  ?âct  babere*  vt  fit*  p icu  i fa*  I eiv 
ta*Ditoncta*vtnli«*^ulcia*equalia*côfoimata*paufa 
ta*  que  et  cetera  oepiommciflcione  inrbetoticatercia 
bu  te  tôpenoi  i parte  fuo  t n ul  o feripta  oocc  mes  hâbfr 
rvctbic  oi  fcrtc  p icdoc  cre*'tuucuea  wfc  cre  inci  pi  entea 
illaperdiftere  illifa  affodiercpNWcmmïïmaxime 
monco  ai<&  01  o*  pronu  cukio  nâqj  Cuifi  inicio  bona  vo 
cratur  atep  parant  /que  eque  imo  fanlius  ÿ ma  la  or 
Fc  i tur)  et  aiff icil  [lé  cttif  darer  et  tarbarü  a 1 atirto  ma  nf 
Fdhflimeoifcenui  Littera  a Itneauiatunquibua 
lîncift  11  itère  côiïant*  veï  quafilegiterfl/^lcgeninter 
piebcat*  Li  i tera  eft  vox  fe  i aiem  fignihcando  Irtdtuf 
du  t pi  omi  nci  anda  - * 

7^-B*C*D*g;F-0*H*J*Îï*L*M*N-O*P* 

Q*B*S*T  *V  * * K*  ï*  H *fono  filia  pio 

nûcia  < wn  c ftfrcrût*  a-  oi  1a  htatu  i b*  a pcetote  afpitau! 
todiuidueficj)ioruîitatitr*ba*nialeverofiC'acbe  fine 
bacA*ira^  nolurerajfedafpiratioifliwta&icttureta 
metnfrcia  pioiumaputatDr*a*p30*e*malepiomîcifl- 
turvt  aiua  amâ*pio  aiuê  amen*C*liOTa  palato  fupe 
rroiibuf^  wtibue  applicaia  pigue  jmScmtur*  fie  quo 
t$  fvUabcpcr  *e*e*vd-i*fcqucttfcripie  etqoari-b*m 
tcrpofito  fed  piguefûtproniïciâde*cum  vero-b*inier 
ponimr*'  nôpinguejfed  fiw  fouoacuto  fibiiopronûu 


Ces  types  n’ont  pas  les  mêmes  dimensions  que  ceux  du  Soufflet  Vert , sur 
lesc|iiels  Ils  ont  été  copiés  en  punie.  Les  capitales  sont  mélangées  ci  doublées, 
pour  la  plupart,  de  lettres  gothiques  qui  sont  employées  simultanément  avec 
d'autres  de  forme  ronde,  comme  dans  l'alphabet  reproduit  *à  la  page  370 
et  comme  dans  le  suivant  : 

;saeC£DdSeF/0Hfcn^M.mN-nOo 

P'paRSsrrv 

a b cd  à e I g foi  I m a 0 p q v t o f f t u a x ç 5 oj*K  V 
fl  b'M  É c eM*i  fifHHn^m^ôjjpqqcpqjqÿçûuf  ffffflffft 

Les  lettres  ordinaires  du  corps  sont  tontes  du  type  gothique.  Le  d et  le  g 
sont  semblables  à ceux  qui  ont  été  introduits  dans  la  fonte  des  caractères 


LES  PETITS  ATELIERS 


373 


romains  de  XOcknm  imprime  à Paris  en  i 4?6.  Ce  mélange  du  i pe  gorh itjtie 
avec  des  lettres  romnincs  s'est  fait  ;iussi  au  Sonffiti  Ven.  On  voulait  créer  ainsi 
le  semi-gothique , en  amalgamant  deux  son  es  de  lettres. 

À la  fin  du  volume,  l'auteur  rend  grâces  à Dieu  et  à la  Vierge  et  se  rec  oin  - 
ma  il  de  aux  lecteurs  mur  cpuls  ne  V oublient  pas  dans  leurs  prières  : 

^ jmperufoi  iwi'us  finis  ) 

et  fût  que  in  vniüerfuse  gramaric&j  rtcgait' 

A—ilâlito  toi  ira  l rl  oqucerâ  be ncdicêdi  qj  feire  rà 
hoccopHio  mi  u dignifTïaàifcdTam  M fere  fnfficié 
cia  pi  ni*  pio  quibueri  sr  matrice  eiua  % rrgini 
bumill  uns  grâctae  a go . et  bcc  Ifgc  I eaf  vt  m ci  mf* 
m i ne  lit  iliofiB  pi  o me  oi  ft/  per  (ua  quâ  fperât  fa  ■ 
tu  tnt*  sbfrtro  j 

Cpmlirrmi  terdiui  anteiefe  rtaouéeer  brnediern  * 
di<£  fcîeac  copedii  ac  fwper  fllud  rômêtarii  finis  ) 


Une  édition  de  l’Oraison  de  Cicéron,  Pro  Qiihuo  JJgaria,  .1  été  imprimée 
avec  ces  memes  types  encore  plus  mélangés  ci  fatigués  bien  d;ivamagc  : 


(TÇirtioniâ  pioqnifoiigAoqlrif  ma 
ieflqiis  aratfoj 

Y \ ©uumrrimrnrairerflrrtaiitf  biinr^i'1 
I I eminiu&iiumpiopinquu&  moraquin 
^ tua  f ttbf K 1 0 u $*tu  I it:  q ni  tutti  1 1 giri 
um  in  a (frira  fuiffe.  1 3 Ai*  gtieira  ponfa  p^rtantf 
ttiringeniq  frrtna  loiiaÜc  famiharitAirfaïque 
rfl  d terum  au  fus  fit  confit  rti . JHqs  quo  me 

tr rtatti  nf  fri  parai  ue  f n i m fefnf  raà(  c u m I u l'fr 
ntçprrtf  ftiifïnfqs  Audirf  aliiïdepoluilTeflJut 
ignorai  i on  r tuflaD  bominie  mifrri  tolutrm8bu, 
terfr.  SfO  quoniâûiligcciflinimici  inurûip 
tut?;  ftid  quo&UlebAl:£ÔfilenûüeiNbl  opinai, 
pirfrclimcû  itiruanrcff  ris  iragnrn  pAnfaff 
rrrifftt  iO  inlfgru  iam  non  et&f.  ron 

troufrfiA  ottinie  oialioaD  miffii'corDiâluanuon 
feridaffliquapliuimifuiit  rruatû  fuma  te 
non  libéral  ionf  ruiprifeo  frrflli  ttfniâ  ipetcauiï 
Cent*  H £bf*  i fit  ur  t «bel  o\ qu ob  tü  gc  r u fef r 
il  nrarimf  optanDû  )ronli|f nt*  rc um.  ©eo  I a* 
mmUarâfiifnifmrrûitfA  paile  fuiflr  iquateJ 
qiifl  uirum  omni  lande  oigtutm  patron  îuum. 
Jlfli®  pn'ufl  frf  bfÛrofrrlicto  rofiteamini  nrrrfle 
Ctt:<ÿ  ii  frarii  vH  i culpi  tf  pjefrrdafrà)  Quin . 
tua  igitui  iigariua(rû  effet  aifrur  mjllflbflli  fu  * 
Cpioojlcgal  m in  afriram  tum  confult  ronüôiot 
pieof  f c t ua  f G . Qua  m \ r ga  I i onf  f I ri  uibue  ft 
feriie  il  a ftpicfcam'l:  tl  ûerfOfrta  ccnflbius  pie; 
uinriA  (AI  ifrarm  bîmibuc  îen  pofltt:fi  futialî 
nm prwirir  pirffrilTcl.itacpquitua tigi  riua  ru 
OittifCtttâuc  itbil  pi  efrri  ftr)pieui  ià  flrrrpi't 
l'nuitira*  oit  (i  : pjefuit  in  patottfl  fïuUni  (0 


O11  retrouve  clans  ces  livres  un  C majuscule  d’une  forme  particulière  et 
dos  capit.i les  romaines  de  XOcknm  daté  de  Paris;  mais,  malgré  ces  indices, 


374 


HISTOIRE  DE  L'JMERIMERIE  EN  FRANCE 


nous  hésitons  a les  reconnaître  pour  des  impressions  parisiennes,  et  nous 
sommes  plutôt  davis  de  les  ht  tri  huer  à Angers  comme  les  autres. 

M.  Proctor  signale,  à la  Bibliothèque  de  HJniversité  de  Cambridge,  une 
édition  in-ijuarto  du  Speafknn  Eccksitv  du  cardinal  Hugues  de  Sa  i ne- Cher1 , 
qui  serait  imprimée  avec  ces  mêmes  caractères. 

La  Bibliothèque  Bodlcienne,  a Oxford,  possède  une  édition  des  Ethïca 
ArhttiU'Ih,  traduites  par  frère  Henri  Krosbein,  de  l ordrc  des  Frères  prêcheurs, 
sans  lieu  ni  date,  imprimée  en  caractères  romains 


C£â>tàui'3iSin3üit  Lpeties  âmifftiaiBbcunda 

tijonem  Sictarum  policiarum* 

£cund.  vnamquan^  autc  vrbamfatêamîcicia 
p—  vi5e!  inquantü  et  iuftü-  rcgi  qui 5c  a 5 fubicctos 
inrupabun5atiabcucficîi.5encfacitcï  fub&Jtis/Ii  quï5c 
bofius  ens  cura  habet  îpforîi  vt  bene  openïc  qucaSmo* 
duj  paftor  ouiu-  vnïe  et  homeru;  agamenona  paftortF 
populorü  5ixit> 

(fjfaiisaut  eft  patema  îilfertaut  magîirtuSiuebcnefirio 
r u ►tau  fa  c nï  elTen  5i  * quo5  pu  ta!  maximit  tx\  ft  î m a n ma 
?dmi  elfe  et  rtutrimeti  et  diTcipIine-  fcfe  et  pro  gemtonbÿ 
hetattnbuûttir  et  laturaenï  prmdpatuù  pater  filioru* 
etpiogenitoren  nepotii  et  rcs  fubSttorn* 

(fin  iupcxcdTu  aut  a mi  acte  hee*ppfer  quo$  et  honorant 
£entes»et  iuftu  vti<$in  hiieno  i5mi  icb  Tccundü  Signi 
taté-fîcenî  vfiepet  amieia* 

Çc3  etvinaJ  vjîûrem  ea&cmaminciajet  înanfïocrati 
a fecunSû  virtutc*ctmcîtonp!usbonü.ctiogrucn3vni 
tuiç.Iit  autet  iufiÜH 

yuc  aut  fratrû/etaynk  afluntlabequales  cl  etcoetanel 
talcs  aut  vmuo  Sifapline  et  vrtiP  mon  a vt  in  muIm-aE 
{imilat  vtiqfbuicetque  fecurtbû  timocraauequaïeseï 
tiu  es  vol  u n t/c  t cp  ici  h es  elle  * j n parte  i ta*ÿ  pri  npan  et  ex 
equah-St  vtiq?  etatukma* 


On  y remarque  un  d gothique  terminé  en  haut  par  un  trait  a angle  droit  qui 
le  lait  ressembler  à un  cf  grec.  Les  capitales  C,  E,  Q et  S soin  identiques  a 


hhitx  /î?  corly  printeif  Iw&hsf  lî"  SSq6;  ouvr.nge  cite. 


LES  PETITS  ATELIERS 


375 


celles  de  César  et  Stoïl  (voir  alphabet,  t.  Lr,  p.  13  i)-  [e  T et  PI  des  deux 
fojites  ne  sont  pas  semblables,  mais  011  retrouve  le  J dans  la  seconde  fonte 
(voir  alphabet,  t.  I",  p.  j4  1)  et  Pi  est  pareil  à celui  du  Soufflet  Vert.  Les  lettres 
ordinaires  semblent  être  les  mêmes  que  celles  de  ces  imprimeuis,  à ^exception 
du  d si  caractéristique  que  nous  signalons. 

L ensemble  du  volume  paraît  moins  régulier  que  che7.  César  et  Stoii.  C est 
probablement  i œuvre  d'un  typographe  anonyme  qui  s'est  servi  de  fontes  de 
ces  derniers  en  changeant  quelques  lettres. 


Nous  avons  maintenant  à présenter  une  édition  des  Principes  de  Gram- 
maire {Gmmmatice  htis'is)  de  Guillaume  Tardif,  qui  débute  par  une  êpître  dêdb 
catoire  que  nous  reproduisons  en  entier  : 


éaui  ffmasLir&lLtt  amcunlî*  karotoona 
rt ère  pantknfï  litwtarû  amoiê 

JUmatice  baftm  éjk  am  m publia?  gratte 
& tac  nommf  côoi&i  f&i&lqj  karolr  dch a 
IJ  um  cüîCülûqjnKtiTmcOîpf  mmimû^vir 
v fuit  vero  ma  jim  à mutiue  mcmoîi  gra 

roep  sittmaacdpiae  \*Um  t |pâquid  Crfcâabiltua* 
vtfliue  boneftinruf  tfbireJ  publiée  mfafïqua  rit  in 
DuRria  conte*  poîïfhÿ  rrittttfarù  vjrftitûqj  alrrfoë 
rïgiuâ  0râm4ticâ^purff4fl0b4rb4TO^ï>ifrjd^b;e 
Lufftrn?  Gâté  fcmHiaivqj  n K>âC  ri  vie  cua«9 
frac  flbi  (tim^  petuiurte  ^frac  fine  tn 
cettv'w  maneufl  rïmçuig  barbarue  mipifTim*  dega** 
JctctTî  dL  Cfoin  at  vulguo  literos  wRuptatibu*' 
Di  ai  ri)  e ko  no i\ te  b umllltmüff  moita  fi  b ufqj  tome* 
pTnataqjrjluntquiM  loeCuti  pîima  miramur-  M 
«nrtcus  :pârcr  tu us  caRriien  eriminû  regiue  loaim 
(mena  Rueriflïmuâ  paot  cpniriuatw*tt  natura  pamr 
lîovotoftuentT  «muRo  wipt  ut  iftibi  Inillltmam 
quo  vd  froc  vnü  de  copturibua  ad  fumi 
Di^ero  ftumiri)#  firtetociua  cibla  tourna  mftar  tnû 
pban^p4il4TiiaitiairUI  nômotonôabi^gafRûs 
rogaffe  u t * Vcrà  etU  eâ&  legte  t>im  bâte  ftncRo  *D 
ïjx  remplie  confirmant  ^teatue  fane  qm  omm  tn  t*m 
pcw  ruhtaâ  6<if<  Urolua  twcillaiWlirmiadanf 
tafqj  aquitain*  bup  ■ franewû  ffüû  ftu&ïoiü  m 
mm  fcmpfrVmcd  fp*e  piituütotr  qwto  i jwndaf 


tfaeWapaflcbatVnacffncmtaf  totuuih  ftrtiquû 
rft  tgttur^IpuîcbiaTn  mcdcm  ttwmrido  ignora  nae 
mfnlmr  maroefcçnsDmino  mena*  tono  imbuac  nu? 
ttt  ao  au  gtarqj  * cp\  h bi  ergo  çrâ  matte  ba  fi  m fri* 
cfcabilffttvfikmbûnriUm  quactUdnuoet  degane 
dareag  oeciftamr  quqpfam  tuf  fur/ipime  Regain 
oa^cafalogtroidonrpÿ  occupai  rDiùl^i  \lo\e 
lîtam  ttwm  K4roli  nom  t bfgnam  nô  moîtali  nô 
&büw  feb  ipfnaa  ftiiacp  muncr^  îono-  t?  nô  Igï 
n o ran  tiâ  que  m oine  im  ago  dl  marceftrM  fit»  ocuino 
fetmof  îono  friutiucre  darcir^  opto  ;janc  grâmati 
a bail  nô  Colü  metnor'  gramqj  am  no  fufcipiee  mû 
ctfam  tta  tn  m biee  mlübabie  vt  et  met  mr 

tatenfl  banb  ptnitwt.Ét  tibi  et  rci  pubiîoî  vtilifab.n 
TOalcattnlongatemporafrlif  mcafjsfs  francomm 
tiUuiuaquitamenrm  dut  karolua-  iDaltrat  benrtc^ 
paftrtuu0  fiiaviitiw  midncoienbifTiTnuo-lOatca^ 
tu  karot  ta \\e  ou ae  picbmia  nomme»  Jbartfiuo 
ffoinbi  omîTiic  loto  anm  mileftmi  quaormsputfuni 
vnôîrqpfuagcfnncünuari)  Die  p;imo+ 

<5uillmni  tarotui  anfaêtm  baflagrënuti# 

mapit- 

ftammarite  bafttf  partrtfttne  oâô.nomô 
peondmè  terbum-  pantopium^abuerbunn 
hiterteÀlc  * pi  epç  fmo  rt  cç  iun  ceio 


Cette  épine,  qni  ne  sc  trouve  que  fà,  est  datée  de  Paris,  le  i"  janvier 
1 470  ( j 4 dp  v.  st.),  et  adressée  par  l'auteur  à son  jeune  élève  Charles  Mariette, 
fîîs  de  Henri  Mariette,  lieutenant  criminel  au  Châtelet.  Tardif  présente  son 


3 76 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  UN  FRANCE 


livre  à l'enfant  pour  étrennes  du  jour  de  fan,  eji  lui  souhaitant  l’amour  des 
lei  très  ( Guitïdmm  Tatdïvï  Auïc'misis  Knrolo  Matière  Parisiens!  lïuemmm  aiuoreui  optât). 

Tardif  appelle  ce  jeune  enfant  son  chéri  et  son  petit  cœur  [detïcïœ,  corcu - 
limupie  mmm\  Il  lui  rappelle  en  exemple  Charles,  duc  de  Guyenne,  qui  lui 
a donné  son  nom,  et  dont  lui,  Tardif,  est  fier  d’avoir  fait  l'éducation.  Ces 
cléments  de  la  grammaire  ( Gmmmmce  Imsis)  ont  précédé  [‘édition  qui  a été 
imprimée  a Paris  sons  le  titre  de  Compcudloslssliun  Gmiumatïca , dans  i’ atelier 
du  Soufflet  Ven,  vers  1475,  et  dans  laquelle  011  trouve  les  premiers  exemples  de 
mots  français  qui  aient  été  imprimés  à Paris.  (Voir  t.  Ifr,  p.  1 52.)  Les  memes 
exemples  avaient  déjà  été  donnés  dans  cette  première  édition. 


•Jnbtatmo 

mate 


■Jtnpattuo 

mooo 


Optetïuo 

mooo 


Côhtnctitftf 


Tnflmttuo 
mo üq 


Anttf'  om.amp*ou*0m*pft  &mt> 
Ato*f*om*amoit*ou  om  ertoit  a aw 
AiûpFamfijit*om*4ffld*eu0maamf 
ou  om  farou  om**fl- eft?  amp, 
jKtü  nat  F atu  fucrar  om  auolt  ame  ou 
omauoft  eftt  amp 
Abtf*omamera*ouom  fera  amp* 
€mr*  om  a me  on  om  a mp 
Atowmet  otmou  zme  folt  lom* 
Anrf  om  jmeroir  ou  om  amaft  ou 
omn^itouom  fartant*, 

Afa  wt  F atûtfftt-om  puft  a mt  00 
om  auroif  a mp  ou  omauroit  «ftp  amp 
€tur  om  ameouomfoit  ame 
€mr  fiait  fn  futuro  optatfui. 

Are*  fiait  i pnü  optatiur, 
atûfir  Farüfumt,omott  amp  * ou 
om  ait  cfî?  a mt 

àtù  eflet  F atù  fuifttKKur  ï pîovruo  p- 
fvth?  plufÿpfrëbo  optatuu* 

Aoi  prit  P atù  faprit,om  aura  amr  ou 
om  aua  erte  amp* 

A it-  amer  Ou  fftrp  a me* 

Afa  râ  F anHffwuoir  amp  «ou  auoîr 
(flfaTtii* 

htü  fri*  alpr  arm  ou  dît*  a ttic. 


piïtt  tpe  Amû  a 9 af  pFJ  amFaffe  ant* 
ptp'iptif  Abîmée 

'Jnbiartuo  pap  *pfr  ^uiiamatcuai  amcimauie 
moûo  £f*pl?*p  faueà  'i c pF;  m?flïe  rûr  F erp 
fiituro  AtoiaitpFiirrtfbi&ebutir 
'Jmpatio  mô  pûn  tpe  Ma  a pFi  «ttfatt  ent 
at>*ip']'irf.p  famro  pvto  tu  F il  U pF*  entfrott  ito  F tt 
fbnae  mfingutari  qm  hiplurali  tren  feabet, 

pntet*pump*  arpi-amproipirp 

Optatiuo  vttnà  awffe.ieuffe  ou 

moûo  anroFpatnp 

fururo  ampm  iaîrrw  *ic 

^tnrni  ne 

Conbmcttuoficuf  m ^rêiamtrope  ouamaffe 

mDîatiuo  ÿtû  aO't*  Cù  AuPrimiapp  aroe 

feutre  ou  auto)*' 
Aueroieit'K  amp 
Art 

'Jnflmtio  fine  numerte'i  pfàmo  A10^* 
ÿhi  wo  ab*f *fioit  ï optatiuo  A™  ire  * atu?  « a# 

ttramer  ou  acftrp  a me 
Andi  Oamet  ou  dpftrp  amp* 

<&mmdia  Aïitopnarnaïuouaptîantamt* 

Artbum  a amer  ou  a pftrt  amp, 

^upma  Atù  a ampr  ou  a cftrp  amp, 

Atu  bampt  ou  ùrfïrp  a mp. 


Charles,  duc  de  Guyenne,  frère  de  Louis  XL  étant  mort  dans  l*i nterviiilc, 
la  dédicace,  qui  n’avait  plus  de  raison  detre,  a été  remplacée  par  une  préface 
dans  la  seconde  édition.  Le  texte  du  livre  présente  aussi  des  différences. 

Les  caractères  ne  ressemblent  aucunement  à ceux  des  imprimeurs  de  Paris. 
Hain,  formel  à.  cet  égard,  met  cette  impression  a l'actif  de*  Henri  Eggestein, 
imprimeur  à Strasbourg. 


LES  PETITS  ATELIERS 


377 


D'après  Mr  Proctor,  que  nous  avons  consulté,  cc  dernier  caractère  serait 
le  quatrième  type  d’Eggestein,  dont  tl  a fait  usage  pour  la  première  fois  en 
septembre  1472  et  qui  a disparu  de  son  atelier  a la  fin  de  t4y4  pour  être 
remplacé,  au  commencement  de  1 4 Z 5 ? Pilï  1111  nouveau  typer 

C’est  dans  cet  intervalle  de  deux  ans  que  les  Éléments  de  la  Grammaire 
de  Tardif1,  dont  nous  reproduisons  la  fut,  ont  été  livrés  a la  presse  : 

namplura  atü*  fe&  operi bttuï> .congi-ua  • ctifttibi 
potîrât h wra  re Rit  bo t cft  latfm  cl  egantil  fort 

marne jptftdpH  dcgaTidai?  ütaUgo*  fine  afjpiracëcr 
naeja  cata  uëiüt  fi  afpiratiEtatjlog^autt  êçoq  ùe 
quito  tractai  vniuerfeVta^  breuie  ac  oiûinau  tiume 
ratio  • ceo  a fpirâtïH  o u i&  uie  p mo  m etam  o a pbo  feos  • 
î>ij  ceptt'e  afpirare  ebam  bocr  cft  publiai» 


f&uiUtfïmitar&fut  artfàenfte  fup  eiuftê 
bail  gramatici  oêmentartum  finit 


1 C’est  ici  le  lien  île  donner  tes  neuseignemeots 
que  nous  avons  recueillis  snr  la  vie  et  les  ouvrages 
de  Guillaume  Tardif,  qui  a joué  un  rôle  prépon- 
dérant dans  l'histoire  de  l'imprimerie  parisienne 
coin  m e correcteur  dans  te  prem  ier  atelier  compose 
d'ouvriers  français,  et  ensuite  comme  lecteur  du 
roi  Charles  V J J J r Qialmef  dans  son  Histoire  de 
Tettraine  (tr  IVH  |i.  473 /h  t^'t  Jl  tort  T1  ^ e5t  cer' 
tain  que  Guillaume  Tardif  était  né  a Tours  en 
i D'antres  ont  ji retendu  qu'il  était  d'Ann  ecy, 
dans  la  Haute-Savoie H parce  qu'il  est  appelé  Atti- 
çiensis  drins  quelques-uns  de  ses  ouvragesr  Tïs  ont 
confondit  Arrrssirrnr , nom  latin  d'Ann ecvH  avec 
Àtticvtttt , qui  est  celui  du  Puy-en-Velayr  Etienne 
de  MédicisH  bourgeois  dn  fuy  qui  a laisse  des 
chroniques  commençant  eu  1 4y 5 h parle  ainsi  de 
Tardif  ; Eu  ce  temps  floiuissoit  et  estoit  en 
bruvt  en  ladite  vide  dn  PuyH  niaistre  Gniilanmc 
TardiviH  natifde  ladite  videH  qni  nmnitscientifîcqne 
homme  estoit  et  de  singnliére  éhiquence,  leqnel 
composa  certain  livret  de  gramm aire,  lequel  j'ay  vu 
en  mes  tendres  jonrs  en  impression  et  se  intituloit 
ainsi  ; Gramtnatfca  Gti'dlertni  Fdrdiyi  A ai  ci  eu  si  s,  et 
en  autres  sciences  fnt  approuvé  et  éloquent  et  de 
noble  engin  et  très  agu  en  dispntaciou.  » ( Chro- 
niques de  Es  tics  me  de  MédiàsA  publiées  par  An  g. 
Chàssaing;  le  Puy,  Marchessun,  tSé^t  in  - 4°h 


p.  2^0r)  Tardif  a pris  soin  de  nous  indiquer 
lui-même  son  liert  de  naissance  dans  denx  Je  ses 
ouvrages  français  ; Les  Âpdognes  et  Fables  de  Laurent 
Val  te  et  L'Art  de  Faitleowterie,  qu'il  dédie  à son 
souverain  en  ces  termes  : « Au  roy  très  crestien 
Charles  hnitieme  de  ce  nom  H Guillaume  Tare^f 
du  Puy  en  Vellat,  son  liseur  très  bum  bieH  recoin  - 
man dation  supplie  et  requiert.  » (Voir  fac-sfmiléH 
pr  4^S.)  Le  portrait  de  Tardif  présentant  L'Art  de 
Fitttlcûttnerie  an  Roi  avau  t son  départ  pour  la  chasse 
se  voit  dans  une  grande  planche  gravée  sur  bois 
placée  en  léte  du  livre  im  primé.  (Voir  Etc-  si  ni  il  t H 
p.  45  ) Tardif  jouissait  déjà  d'une  certaine  noto- 

riété lorsque  Francesco  Florïo,  gentilhomme  ita- 
lien H attaché  a la  maison  du  comte  d ÀrmagnacH  fit 
sa  connaissance  et  se  lia  avec  lai  pendant  un  court 
séjour  a Paris.  Fixé  ensuite  a ToursH  Florio  ctim- 
posaH  en  1 4^7h  un  petit  roman  htfin  sur  les  amours 
Je  Camille  et  d' Ém  i I i e ( De  arrrÆ  Catnilft  et  Etttütæ), 
don  t il  envoya  le  manuscrit  à son  am  i ponr  le  revroir 
et  le  corriger  ;t  sa  guise  avant  de  le  publier  Te 
igltitr  e/egi  jiidtcew  ne  tu  mep  epere  correctorem,  si  quid 
etnettdattdimt  cerrtgeiidmnve  dnxeris  prit/s  quant  dure 
vitales  spiritns  carpat,  enmidati priant  fermant  liber  iste 
srrserpiat)  Florio  nous  fait  pénétrer  dans  l'intérieur 
de  Guillaume  Tardif:  « Va , mon  petit  livre,  ne 
prends  pas  une  aiiure  lente  et  ionrdeH  mais  o'hcsïte 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


378 

M.  Proctor  «admet  que  les  c.aractéres  d'Eggcstein  ont  pu  passer  en  d’autres 
m.ains.  Sont-ils  venus  jusqu'à  Paris  et  ont-ils  etc  employés  par  un  typogmphe 


poin  t a te  transporter  dHim  pas  vif  et  léger  an  logis 
de  Gn  i I lau  11 1 e Ta  r d i f ( Nen  lents  vei  tarda  grarh  1 , sed 
ee/eri  ceneitaqne  passa  te  ad  Üinina  Gnifknni  Tardivi 
transfene  11011  jugeât,  $ mi  p&rve  h belle)),  Ne  sois  pas 
assez  timide  pour  ne  pas  oser  frapper  aux  portes 
afin  de  pénétrer  dans  sa  demeure  [Naît  tarneu  toute 
vinceris  timidité  te  qiiln  siwiiin  pénétrai  un  hestei  Imihus 
ietihiis  iuni  su  ideas  pnpnlsare  J c Tu  peux  être  certain 
qne  tu  verras  aussitôt  paraître  11 11  en  fan  t doué  dHnn 
beau  caractère  (Aderti  jvefecte  ceujèstim  puer  jmkhrw 
iiidefe  dccarns),  <j  irrH  eu  lui  rappelant  sim  plein  en  t le 
nom  de  Florio  (1  td  svlam  F km  reccnnnanddtionem)  < 
tHin  troditira  dans  La  partie  jittvée  de  la  maison  peur 
te  laisser  devant  le  visage  agréable  de  toi  maître  [te 
iu  seerettMii  danois  partent  iutreé\ceus  mite  doinini  mi 
gratina  sistet  aspeetnm).  Là  tu  v erras  de  jolies  filles  H 
telles  que  tu  avoueras  nHcn  avoir  retteontté  d’ausst 
belles  à Tours  et  dans  tout  ton  voyage  [lin  ttyntphas 
cernes,  qiules  uec  Ttuanis}  aec  tots  tint  itioere  ri  disse 
fetderis)*  Après  les  avoi;  toutes  saluées  je.spectueu 
sein  Ci  t [qiuif  en  m Mîmes  eerecnndu  fmite  sahitaveris), 
n 'oublie  pasH  avant  de  toucli  er  les  bettes  mains  d'un 
li  oui  me  aussi  illustre  et  d'oser  entamer  la  conver- 
sation , soit  sur  lui  meme,  soit  sur  son  ami  Florki 
[(lutequain  tond  n>i  décoras  uianns  taugere,  vel  ipsum, 
et  s ni  Flm  partes  awdeas  adiré1} , de  saluer  trois  fois 
à terre  jusqu'aux  genoux  (ter  tua  fectere  in  tersam 
ns/jue  geuua  ineii lents).  « — Ce  petit  tahlcait  d'inté- 
rieur nous  montre  Guillaume  Tardif  parvenu  déjà 
à la  célébrité  et  entoure  des  siens.  Tous  les  bio 
graphes  H sauf  Chalntel,  fixettt  sa  naissa  nce  en  <44° 

Il  aurait  eu  à pein  e vingt-sept  ans  en  1 £6y.  Il  n'est 
pas  vraisemblali  le  qu'à  un  âge  aussi  peu  avance  il  fut 
arrivé  à un  e situation  aussi  brillante  et  qu'il  eut  en 
des  enfants  déjà  adultes.  La  date  de  1 4^8  h don  née 
coin  me  [losttive  par  Clialm  el  H nous  n e savon  s d'après 
qiteï  document  se  rapprocherait  davantage  de  la 
réalité.  — Dans  l'épi tre  dcdicatotre  à Charles 
Mariette  de  la  |i  rem  dre  édition  des  Eléments  de 
Grammaire  que  liens  veions  de  citerH  Guillaume 
Tardif  rappelle  à son  jeune  élève  qifiil  a fi  it  l'édu- 
cation de  C|iarlesH  duc  de  GuyenneH  dont  il  porte 
le  n oui . À sup poser  qu'il  eut  coin  m encë  à instruire 
ce  prince,  11  é le  a S décembre  dès  son  àgc 


le  pins  tendre,  dés  cinq  ou  six  ans,  comme  c'ëtait 
l'usage  alors,  Tardif  n 'aurait  eu,  n ce  moment, 
qu'une  douzaine  d'années,  si  l’on  s'en  rapportait 
à la  date  de  i44°j  toits  points  inadmissible. 

Apres  avoir  terminé  l'éducation  du  frèie  de 
Louis  XI,  Tardiffit  celle  de  Charles  Mariette  en 
1 4fi<?‘  En  1473 , d était  professeu;  de  rhétorique 
ait  collège  de  Navarre,  ainsi  que  110ns  l'apprend 
Reiidilin  dans  une  de  ses  lettres qtte  nous  aurons  à 
citer  plus  loin  , et  il  rem  |i lissait  ces  fouettons  depuis 
quelque  temps  déjà.  En  <47S  011  '4"^h  il  est 
chargé  de  J'édiicatiun  dn  jeune  Dauphin,  depuis 
Charles  V U l , né  eu  1 470  H et  lui  dédie  sa  Rhéto 
rique  qu'il  fait  imprimer  conjointement  avec  sa 
Grammaire,  et  il  en  donne  une  édition  plus  cow 
plcte  sertie  du  Seiiffet  Vert,  rue  Saint- Jacques, 
(Voir  fiic-siuiilés,  t<  I",  |U  tj2  et  1 $6*)  Aussitôt 
après  il  publie  le  texte  latin  du  géographe  Solin, 
dont  il  revit  les  épreuves  avec  le  plus  grand  sein. 
(Voir  fac  similés,  t.  leL,  p.  1 jfy  et  1 j$.)  C’est  pro 
[laidement  a Tardif  que  I'qii  doit  aussi  l’édition  du 
traité  de  Végéce  sur  l'Art  utilitaire,  sortie  des 
mêmes  presses.  Voir  fac-similés,  t«  Ff,  p.  i6ot) — 
Charles  VI  H, dont  il  avait  dirigé  l'éducation  et  qui 
l'honorait  d'une  affection  particulière,  le  nomma 
son  lecteur  ordinaue  en  a; rivant  an  troue.  Tardif 
traduisit,  peur  les  lire  au  roi , Les  A palagnes  et  Fables 
de  Laurent  Ville,  Dans  la  dédicace  qu'il  lui  adresse , 
il  donite  l'ëntimëratiou  de  ses  oitvrages  : A vostre 

nom  cci  111  posay  nttg  I ivre  nom  më  le  Compendium  de 
gro  nnnûire  (sic),  éloquence  et  rhétorique , eu  ni  mençant 
à l'alphabet  et  tout  par  urd;e  facile  asson vissant . t . 
Far  vosire  commandement  aussi,  tout  ce  que  j'ay 
peu  trouver  nécessaire  et  vray  de  lé  Art  de  Falca- 
Mille  et  Véneik,  vous  ay  en  tm g petit  livre  rédigé. 
Et  pour  Vostre  Royale  Majesté,  entre  ses  grans 
affaires  récréer,  vous  ay  translaté,  le  pins  pudique* 
ment  que  j’ay  peu,  les  Faeéeics  de  Pogt\  et  ayant 
regard  non  seulement  à vostre  lionueste  corporel 
plaisir,  mais  aussi  au  bien  de  vostre  àmc,  vous 
iy  composé  et  et  ordre  mis  ung  petit  volnme 
d'heures  t . Vous  ay  aussi  translaté  V Art  de  bien 
umnrir.  . t Maintenant  vous  ay  en  fmiçois  mis  Les 
ÀpeUgnes  Laneens  Valle.  » — Les  succès  de  Tardif 


LES  PETITS  ATELIERS 


379 


inconnu  qui  n aurait  imprimé  que  ce  livre?  Cela  est  très  douteux.  Ne  scrait-ce 
pas  plutôt  un  étudiant  allemand  de  ['Université  de  Paris,  ayant  suivi  les  cours 
de  Tardif  et  admirateur  de  son  maître,  qui  aurait  rem  is  la  copie  à Eggestein  1 l 

Quelle  que  soit  l'hypothèse  à laquelle  ou  s'arrête  relativement  au  lieu 
d'impression  de  ce  livre,  nous  ne  pouvions  passer  sous  silence  le  fait  matériel 
de  [existence  de  la  première  grammaire  imprimée  avec  les  conjugaisons  des 
verbes  français  et  dédiée  à un  Parisien  1. 

Nous  avons  mentionné,  an  tome  page  202,  de  U Histoire  de  /'  Imprimerie 
en  France^  une  édition  de  La  Légende  dorée  sortie  des  presses  d'un  atelier  ano- 
nyme qui  | produit,  avant  1 477*  Ie  Livre  de  Val  tri  us  Mttxtmus  en  français,  et  un 
Flavius  Jvsephus  en  latim  (Voir  t.  Lr,  p.  1 ^^-204  = ) 


ne  |iouvaien t manquer  île  lui  susciter  îles  ennemis. 
Il  fui  viiilemmen  t .attaqué  jiar  un  île  ses  collègues 
du  corps  enseignant,  Jerome  Bal[ii,  qui  publia 
contre  lut,  en  i4p4n  1111  dialogue  satirique  inti- 
tulé Rhetor  glmmis*  Tardif  11e  laissa  pas  le  libelle 
sans  réponse  et  riposta H en  i4?5  h par  Y Ai\t\-Balfàe*i 
sen  reenmiimtia  Furdiviatui.  On  ne  connaît  pas  lit 
ilate  de  son  décès  H niais  un  croit  gtn  éralement  qu'il 
înonrni  vers  la  fin  du  xvc  siècle,  car  H tj  "est  plus 
question  île  (ni  après  cette  époque. 

1 Cela  n'a  rien  d'im probable,  el  st  [Hon  admet 
cette  hypothèse,  nous  jiciisons  pouvoir  désigner, 
sous  toutes  l’éserves  néanmoins,  le  savant  Jcati 
Keuchlin  t qui  s'est  glurifii'  depuis  devoir  èlè  un 
des  disciples  de  Tardif.  Renchlin  était  venu  à Paris, 
accompagnant  le  jeune  Frédéric,  margrave  i le 
Rade,  1 1 im  venait  y parfaire  son  instruction  en  sni- 
van  t les  cours  île  son  compatriote  Jean  de  La  Pierre 
et  des  professeurs  les  pins  en  renom  de  l'Univer- 
sité, tels  que  Guillaume  Tardif  et  Robert  Gagiiin. 
Dans  la  correspondance  de  Rcucliiin,  publiée  a 
Hagnenan  en  t ^ 1 4 h oti  trouve  une  lettre  dans 
laipielle  il  rapjielle  qu'il  fitt  jadis  étudiant  de  l'Uni- 
versité i(e  Paris,  élève  île  Jean  île  La  Pierre,  doc- 
teur de  Surlionne,  coniliscijde  du  margrave  de 
Bade , presen  tem  eut  évoque  ilTJirechl , et  qu'id 
ilem email  autrefois  rue  Saint -JacipB,  à Renseigne 
du  Si'ieii  eter  (Jjihj  t-uùii  schdaris  imivcrÀtdùs  Pjii 
jiViijiV,  rgrrgii  ^iiiWdui  Thcoh'g i\c  lî&urh  D,  ,/væiiiiis 
de  Lûfrde  mi  Scrbiwa  rt /mstea Marehims  B^dàMts  a'n- 
tiïsi/jmAiS',  ÿiiaiit/mi  a/ Sdmi  étahitoiuxn  ykê  jf  Jat  di\ 


Nons  n'avons  pis  lieu  ifélresutjjris  de  voir  le  jeune 
R e u ch  lin  pren  dre  pension  au  Soldi  de  la  rue  Saint- 
Jacij  lies,  chez  Pim  priment  Gering,  son  compa- 
triote, ijui  était  de  Constance,  au  pays  de  Bade. 
Dans  une  autre  tertre  ij ni  est  adressée  a Jacques 
Lefèvre  d'Etaptes,  Renchlin  précise  l'an  née  i 473  h 
époque  a laqi  tel  te  it  su  irait  alternativement  [es  leçons 
de  Jean  de  La  Pierre ^ hi  Sorbonne,  celles  de  GuiL 
laume  Tardif,  rite  île  la  Miintagiie-Sain  le- Gene- 
viève, et  de  Robert  Gaguin  aux  jVlaihiirins  [Aima 
D M:\hn  i f/j  <j\\iï  in  Érmywr,  \Il\c  et  Jiû imliii  Layida- 
jjjijii  Fhsiahg\a.  dacteieii  in  gYaimuatids  nd S*vh**\am  rt 
On/ie/iimi\  Tardirmii  Anicitniseni  iu  moi  T.  Gmwrfii; 
et  Rûfrerftsisi  Gagniiniw  tijtwd  TL/Amihv  mi  ri'/.q'itu 
grèccptjres  Isa  h si  J . — [Illustiuu. m v montai  ad 

Ressaisi  s snu  ss  Efrstdn';  Hagax  iû*v,  i j i ^,-  i n - 4°h  l>  ti . I L 

1 H a tiv , Rejin *<jijijii  A'éjfj.^r^/jiVmiu  n°  i j2fo; 
ouvrage  cité  Le  seul  exemplaire  connu  île  cette 
édition  se  trouve  h la  Bibliotli èijue  royale  île 
iMmiich.  Le  livre  a été  mis  gracieusement  a notre 
disposition  par  M.  Laiibmann,  directeur.  Notts 
saisissons  celte  occasion  pour  le  remercier  jmbll- 
qnemeit  des  facilités  ijn'il  a bien  voulu  miiis  ac- 
corder en  nous  conini imiqmmt  iliitctciii cul,  dans 
l'intérêt  de  la  science,  bibliographique,  les  trésors 
de  sim  riche  dépôt.  N nus  avons  [es  mêmes  remer- 
ciements a adresser  aux  conservateurs  des  grandes 
[libliiithéqiies  étrangères  de  Dresde , de  V icn  ne,  de 
Londres,  d'Oxfbrd,  de  Cambridge,  de  Gand  el 
de  [lien  d'antres  encore,  ij  ni  nou.s  ont  fuurni  île 
précieux  renseignements. 


380 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Nous  donnons  ci-dessous  un  spécimen  de  cette  impression,  d'après  le  fac- 
similé  qui  vient  d’en  être  publié  par  M,  Proctor  dans  le  premier  volume  de 
la  Fac-similé  type  Society  : 


et  fait»  Ta  mil  ente  en  csrft  fiede  que 
nous  piaffons  pawenit  en  Ta  fam 
t?compaignie/&men* 

^enfieut  tes  trois  toi;  * 

~W  ' 31  fille  te  la  cpipbam'e 
nrê  fiigneur  te  quatre 

I miradcseftaoumec/ec 
^ MjÇ  félon  tx  a quatre  noms 
5tu  iout  bljui  lesroijc  aourerent  l^ 
fuctift/dÈt  fahit  ie^an  baptifte  le 
baptifa/if  t i^eluccift  leauc  en  vm 
mua/<Êt  dncq  mille  ^omes  te  âcq 
pains  affajia/C&uant  i^ûenft  fut 
en  leaget&pij.iours  les  trois  toi): 
Tinrent  a lui/la  me  ainfi  que  leffoil 
le  les  menoit/et  pout  ce  efl  la  iout 
ncc  appelles  epip^anic  ou  le 
pljagne  ou  cômun  langaige/(Et  efl 
biftetece  terme  epty  qui  vault  au 
tant  a bit»  que  pat  tefeure/et  te  re 
terme  planes  qui  vault  autant  a 
blre  que  ajparition/Cat  atont  lef 
toiUeapparutp  tefiute  eulpen  lait 
ouilmeffme  iljûs  pat  leftoitle  qui 
ertoitTeueptefeureeulf  fe  temouf 
tra  auftois/et  en  tel  îour.jcpjc.ana 
paffij  quil  eftoit  entre  ouqcppLan 
rat  ilauoitqcppans  et*piq  Jours  et 
remettait  le.ppj:*  an  corne  bift  famt 
lue/ou  félon  ce  que  bift  fceto  il  auoit 
8H«®  ample;  tôme  Irijlife  fctô 
me  tient/et  atont  il  fut  baptile  ou 
fleuue  te  ioutbam/(£t  pour  ce  eflel 
le  appdlee  tfjeop^ania/bÆ  te  tlros 
qin  vault  autant  a b ire  que  bleu/ et 
pliarria  appatidon/Car  atembieu 


leajpdlee  betljamabrête  bett)  qui 
eft  autant  a bire  que  maifon/Cat 
le  miracle  bu  Tm  fut  fait  en  la  mai 
(on  ou  furent  les  neupces  tearelpte 
dm/et  nre  fire  ftpfuctift  vrap  bieu 
appacut/etencemeifme  tout  lame 
apres  quil  auoit*ppja*an  ctupjptj* 
ans*TdniUe  ipmtnce  te*T.pams  il 
affajia/fi  corne  bift teteetft  cocon 
chante  en  vne  ^mine/qid  fe  rémen 
re*3Hlnnrinans  altiffîmue/<Ët  pout 
te  eft  elle  appelles  pljattip^ia  a pl)a 
geq  vaulta  bire  boum  ou  mégi  et 
(Et  te  et  quart  miracle  (es  aucuns 
toubtent  fe  il  fut  fait  en  re  ioue/cae 
onnamfelaenerctiptte  bete  cjpf 
fement/iEt  pour  re  que  en  leuangil 
le  faint  ietjan  on  lift  que  et  fut  fait 
près  te  pafques/toutrfuoics  lesditp 
apparitions  Burent  enre  iourdÜa  p 
miere  pat  leftoitle  en  la  crete / 2La 
ferente  parla  voip  bu  père  au  fleu 
ucte  iouebam/üla  tierce  te  leauc  en 
vin  aup  neupreste  arclptedm/Ea 
quart*  p la  multiplies  ton  tes  dncq 
pams  ou  tefett/îbe  la  ptemiè  appa 
ridon  nous  faifons  folempmte  au 
iour  bVjm  pandpalm  ent/ et  pour  re 
pourfieuonsliftoire  telle  quelle  eft 
Cftuâtnrê  feigneurfut  nelesdtj.toip 
Tmréten  i^ruralêtefqueljles  nos 
font  efcrfps  en^btieu/raftaffauoir 
appelluis/ameclus/et  bamaeus/et 
en  grec  galagalat^/magalat^/t^a 
en  latin  ialpar/baitajar/mel 
djire/Æt  eft  afiauoir  que  ce  nom  cy 
mag^adfjffigmfiratôns/ileftbie  il 
lufeut/tecepueur/enc^anteur/et  fa 


LES  PETITS  ATELIERS 


381 


Il  n existe  aucun  exemplaire  de  cc  livre  dans  les  bibliothèques  françaises, 
Leduion  a échappé  aux  recherches  de  Ml1c  Pellechet,  qui  11e  paraît  pas 
l'avoir  connue  et  ne  la  cite  point  dans  la  bibliographie  qu'elle  a publiée 
des  éditions  de  Jacques  de  Voragine,  imprimées  an  xvc  siècle. 

M.  Proctor  a donné  son  fac-similé  d'après  l'exemplaire  du  Musée  Britan- 
nique. Nous  en  avons  vu  tm  antre  à la  Bibliothèque  de  l'Université  de  Cam~ 
bridge,  divisé  en  deux  tomes;  c'est  ce  qui  nous  a fait  dire  (r.  Ier,  p.  202)  que 
l'ouvrage  comportait  deux  volumes,  tandis  qu'en  réalité  il  se  compose  d'un 
seul  volume  in-folio  de  4 4°  feuillets,  imprimé  à deux  colonnes,  sans  chiffres, 
réclames  ni  signatures. 

Nous  avons  déjà  fait  observer  que  les  caractères  gothiques  de  has  de  casse 
employés  pour  La  Légende  dorée  nous  avaient  paru  identiques  à ceux  du  Vnkrim 
Maximvs  et  du  Josephns,  dont  nous  avons  donné  l'alphabet  (voir  t,  Ier,  p.  200), 
mais  que  les  lettres  capitales  romaines  avaient  été  remplacées  par  des  majus- 
cules gothiques.  Apres  avoir  examiné  attentivement  la  page  reproduite  par 
les  soins  de  M,  Proctor  — c'est  le  recto  du  1 4e  feuillet  du  volume,  mains 
les  six  dernières  lignes  — et  l'avoir  comparée  avec  /e  fac-similé  du  Joseph  ns 
(voir  t.  Pr,  p.  203),  nous  y avons  trouvé  d'autres  différences. 

Les  lettres  h et  g 11e  sont  pas  les  memes.  Le  g a une  forme  plus  anguleuse, 
dans  La  Légende  dorée,  avec  deux  petites  pointes  an  sommet  que  l'on  11e  voit  ni 
dans  le  Josèphe,  ni  dans  le  Valère  Maxime.  Le  jambage  d'avant  de  Y h se  ter- 
mine par  une  petite  queue  qui  dépasse,  tandis  que  la  même  lettre  est  plus 
arrondie  et  ramassée  sur  elle-même,  sans  déborder  de  la  ligne  dans  les  deux 
livres  précités  (comparer  avec  l'alphabet,  t.  I",  p.  200),  C'est  ici  que  la 
théorie  de  M,  Desormes  exposée  plus  haut  (voir  p.  370,  note  1)  peut  rece- 
voir son  application. 

Suivant  lui,  — et  en  cela  iiuiis  sommes  persuadé  qu'il  est  dans  le  vrai,  — 
les  premiers  imprimeurs  parisiens  n'ont  pas  dû  graver  sur  acier  les  poinçons 
de  leurs  caractères.  Qu'ils  les  aient  graves  sur  du  bois  ou  du  cuivre,  que  les 
matrices  obtenues  par  ces  poinçons  d'une  matière  moins  résistante  aient  été 
de  plomb,  d'un  alliage  quelconque  ou  même  simplement  davgile  ou  de  terre 
cuite,  il  11'en  est  pas  moins  évident  que  ces  moules,  qui  servaient  a fondre  les 
caractères  d'imprimerie,  devaient  s'user  rapidement  et  qu’on  était  obligé  de 
graver  à nouveau  les  poinçons  qui  avaient  le  plus  servi  et  étaient  devenus  hors 
d'usage.  De  la  ces  dissemblances  d’une  même  lettre  paraissant  quelquefois 


HISTOIRE  DE  Ï.T MPRIMERfE  EN  FRANCE 


382 

dans  la  mémo  page.  C'est  ainsi  que  les  capitales  romaines  du  Valère  Maxime 
et  du  Joséphe,  pins  ténues  et  par  conséquent  plus  fragiles,  — si  nous 
pouvons  nous  exprimer  ainsi,  — ont  été  remplacées  par  d'autres  capitales 
de  forme  gothique  plus  pleines  et  par  cela  même  pins  résistantes. 

Aux  lettres  g et  h de  bas  de  casse,  dont  les  poinçons  étaient  lirulés,  on  a 
substitue  d autres  lettres  gravées  â nouveau.  On  y a même  ajouté  des  loi  très 
liées  on  logotypes  comme  he  et  ho  differentes  avec  queue  au  jambage  de  devant 
de  VA.  Par  précaution,  on  a gravé,  pour  La  Légende  dorée  t deux  capitales  À : Tune 
plus  large  et  Pantre  plus  étroite.  (Comparer,  dans  le  iac-sîmilé,  l'A  de  la 
troisième  ligne  de  la  première  colonne  avec  celui  de  la  cinquième  ligne.) 

Nous  n'avons ? jusqu'à  présent,  comme  clément  de  comparaison  que  la 
fraction  de  page  reproduite  par  M.  Procter;  mais  si  nous  avions  le  volume 
tout  entier  sons  les  yeux,  nous  sommes  persuadé  que  nous  y découvririons 
encore  d'autres  différences  caractéristiques.  Pour  11'en  citer  qu'une  seule, 
nous  y avons  aperçu  une  espece  de  double  v (w)  qui  n existe  pas  'ailleurs. 

Notre  conclusion  est  celle -ci  : La  Légende  dorée  a été  imprimée  avec  le 
matériel  du  Valère  Maxime  et  du  Josépbe,  que  Ion  a complété  ou  modifié 
partiellement  en  changeant  quelques  lettres  dont  les  poinçons  et  les  matrices 
étaient  égarés  on  détériorés. 

En  regardant  de  près  ces  lettres  nouvelles,  on  s'apercevra  facilement  que" 
ce  sont  des  fontes  toutes  neuves,  aux  arêtes  vives,  qui,  pour  un  œil  exercé,  se 
différencient  de  celles  ayant  déjà  servi,  dont  les  déliés  sont  moins  nets. 

La  Légende  dorée  est  donc  postérieure  aux  deux  livres  précités  et  a pu  être 
imprimée  de  1477  à 1480.  Peut-être  est-elle  l'oeuvre  d'un  imprimeur  diffé- 
rent entre  les  mains  duquel  sont  passés  les  caractères  du  Valère  Maxime  et 
du  Joséphe.  Nous  avions  cru  pouvoir  attribuer  ['impression  de  ces  livres  â tin 
typographe  parisien  anonyme  qui  aurait  été  l'élève  des  trois  typographes 
du  Soleil  éVOr  de  la  rue  Saint-Jacques,  dont  il  a copie  les  types.  M.  Proctor 
est  implicitement  de  notre  avis,  car  il  conjecture,  sans  être  autrement  affir- 
matif, que  La  Légende  dorée  a pu  sortir  de  l'atelier  de  César  et  Stoll  â Paris, 
vers  1 475.  Nous  ne"  faisans  de  réserve  que  pour  la  date  qui  doit  être  reculée 
de  deux  ou  trois  ans,  ainsi  que  nous  venons  de  le  démontrer. 

La  Bibliothèque  Bodléiennc  d'Oxford,  qui  est  une  des  plus  riches  en 
impressions  rares  et  peu  connues  du  xvc  siècle,  possède  des  fragments 
d 'Heures  gothiques  illustrées  inconnues  jusqu'à  présent  et  qui  sont  sorties 


LES  PETITS  ATELIERS 


3«3 


évidemment  de  presses  p;irisiennes.  Deux  pjges  mutilées,  dans  les  coins  du 
cadre,  ont  été  reproduites  dans  (‘album  de  la  Fac-similé  type  Society,  par 
M,  Proctor,  Nous  les  reproduisons  à notre  tour  d'après  cette  publication  1 ; 


P 


na£o%aetii)têpto  quo  omnee 
in^eiconutniuM  elttj  occut# 
to  tocut 9 f nttj  JttcÇtf»  Out$  me 
Utrrogae:  yntenoQa  eo&  qui 
AuSiWimt  qtuS  toentna  (ntt)  tp 
fie.  Scce  fiiftiuttttfue  Stjortinj 
cgo.Jfyecaut?  c&Sipiffet  $mtf 
afftftene  mi  ntfîro:aSe8tt  ata# 
panjiefnSicette*  picrtfpS&e 
pôtifici  IRefponStf 
mate  tocutnefun)  teflimoniu} 
| pcriSe  5e  maxo-  pi  ante}  Sent 
qml îmeceSie  Qtmifiteûan# 
naettfcatMt)  a?  cappfyanjpon 
t(fieenj*€rrat  antes  fpmottpe 
irue  fiane  dcatefaeien $ fe* 
lOipe  mnt  ergo  et*  jtîwn<|HcS  (i 
tuep  Siftiputiê  etMee.flegai 
uttitte  ttSipih  flop  fntt)< 

5D iÿ»tf et^tme  ep  femtopon# 
tificîe  coQnatm  dus  cuiue  aS// 
fnStt  petruo  au  rien  fit  pr 


jjaâaâJ>»fy 

Sfmtftereeft.  ^nSeiautetp  da 
maZant$ictnttvfî>i  f)üe$imit 
tfe  Jtorjfô  amicue  cefttifé*’  Ole 
en?  qttt  fe  regewjfftctt  contra# 
%iciteefari.pptatUG  autê  entp 
aufïiffdfioe  famoneea'Stkicit 
tefurt)  foiae d feSrt  pjo  tribut 
natiùjtoco  cfuiStatm-  ticoftra 
toe  ficfaaiet  aüt  ga0atfia&:at 
autetpparafeeue  pafefie  $oia 
auafifepta.  42t$icitiu$d»> 
i&ctf  rep  fier*  *jtti  aut?  da 

tnaèant.  'Trotte  totte  crudftge 
entp.'SDtdteie  pitatuê'  Kege^ 
^ef imtp  crHcifigan)  )Refpon# 
Sertît  pdtificee.  jfïot)  fyaüemuf 


reaê  nifi  ce  far?*  Q :8eago  Ua 
dim  de  ittû  St  crucifigeretur 
pufeeptriltaîUiefÛ  {ictiupef 
rüt  (t  SaiutâefiSi  anc?  epinitî 

eti  S SWhu  s-dfnd-ttr  (ne ti  A*  Ai/t 


Les  bordures  sont  du  même  style  que  celles  d'autres  livres  d'heures  publiés 
par  Antoine  Vérard  avant  scs  grandes  Heures  royales  de  i ,-jB " i | cj o,  La  bor- 
dure latérale  qui  représente  des  lapins,  des  cerfs  et  autres  animaux  se  retrouve 
exactement  la  même  dans  des  Heures  a l't/saige  tic  Romme,  imprimées  par 
Laurent  Philippe  et  datées  du  io  juillet  1493-  (Voir  fac-similé,  p,  3 17,)  Le 

1 Syechurns  of  eady  prinùiig  J types  reproduit  J in  adttfype  and  y/une  J ai  the  Oxford  Umversity  press  for  lhe 
fac-similé  type  Society;  1900;  in  4" 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


384 

fragment  en  question  est  d'une  date  antérieure,  car  le  coin  inférieur  à droite 
est  intact,  tandis  qu’il  est  brisé  dans  ie  tirage  de  1493* 

Les  caractères  ont  la  plus  grande  ressemblance  avec  ceux  de  La  Mer  des 
Hystoïres 3 de  j 488 , imprimée  par  Pierre  Le  Rouge  (voir  aiphabei,  t.  1">  p.  47  0* 
toutefois  les  capitales  diffèrent.  Les  majuscules  H,  R et  T peuvent  paraître 
semblables,  les  autres  sont  différentes,  mais  surtout  TE  et  l’O. 

Ne  connaissant  encore  aucun  livre  imprimé  avec  ces  memes  types,  nous 
nous  bornerons  aux  rapprochements  ci  dessus,  sans  faire  d'attribution. 


Terminons  ce  chapitre  par  une  curiosité  typographique  en  reproduisant 
line  ancienne  épreuve  d’imprimerie  parisienne  en  notre  possession  : 


pire  ad  tfta^mlJUeem  non  crffablt  t&fltert 
modoBttopcratloiicw^rrba  Imturfone  infpi 
rationHrintmvgatloncsropfnf  (nus  maffia  I7U 
miïea.i  fadrt  otatumeft  per  bef  td  1 ato  j 

ri  ü * Ijomi  1 « l iifotméttoiiË  liberté  £>ptfa;  ai  it 
abet£aatt5ttlfuçtfTbttB<ïiiïi<itilJibeTe(l.letii  Jfyp 
ter  total  f ab  dJfjfl  pcafltls  tcut>  crablltflu*  (Ët&i  p 
daj  vc  poïïlnt  fe  nrc  en  mcotia  ptf 

tmcato  mil  a 5 pmtfeflnItpitcoaHâdoSrtmlf 
floncf  oeta.vt  lù  prrtBtUnt  ettollentti  ta  ptrp 
bit  Bli)  reaudanf  tôtwDe  be  polflfont  cbiifti  te 
pül#ndorcmlhnpttaiÆbtbi»KS.Sl^  ^llpS  V 
dcmlofe^fiM^eCTqbÆtWifliiosbdert^  Bld 
pertemaTUmegqaisiuftlnETi  per  mftrtiHUtéi 
îo^nlb^iTiwrtntiimtmpeiWai.Bldfrbo  P 

milia wV  rerfpiane  flbqufl  * ^ratlae  a bto  Slÿ  <V 
fftcrüt  (tbl  famiUarf  bumil  Itat2  çn:r  ff  ra  j qoâj 

a two  rtcfptfüi  .s  td  Ht  tinjdaïqui  m n ad  p it  y 
fcîttf  riittfr^tetrârrëblco  7 tx^Cc  rlftf  Ar 

bnmlltfljit.i  quaulo  plurfl  recfrfkiHtttfcanto  pK 
ft  rcpiitâcfrKUffnos.  cccd£do  9 ctitimiccrtftat 
bcbftû  petâtucom.  j£<  (^e^etfetïa  burnilltaa 
freebeatlKido. pu Èft compléta  h 

dertflflUÆuiprmenilRfld  flltfflïmâ  ïpaflïblUta 
te  ne  tredaa  q?  f ucrlb  per  al  I aj  vùwqj  per  lfta$ 
Sanrtsr  cartta0?fcnrtflA>tiffilllta0nii  ftmpfli 
tttuUT  wiac?alttt.alLa  vcroejealtatos  nceadât 
tel  I net  Stf  15  cfl  corttrftto.'fll  Ittd  coffnibort  allft 
biimiiitao^ôtrltlb riî fil ia mine  colombia 
dma  effïttfiiT  contrit*:  Tlïncppttfl  coiifidenfta 
fiai  fnatattoiie  t£ ï JaadsbfllwreaindtalflrttF* 
tb2  taculo  mtferteoidie  bd^  baqjio  ellftta 


Cette  page,  qui  est  imprimée  en  placard  d'un  seul  côté,  paraît  être  sortie 
de  batelier  d'Ufric  Gering  et  Berthofd  Rcubolt,  an  Soleil  J' Or  de  la  nie  de 
la  Sorbonne,  ^ers  la  fin  du  xv‘  siècle.  (Pour  la  comparaison  des  caractères, 
^oir  alphabet,  1.  Itr,  p.  cjj.) 


CHAPITRE  XLI 

L'IMPRIMERIE  À PARIS 


ANTOINE  VÉRARD,  LIDR AIRE-ÉDITEUR 
(j48;-j  joo) 

Les  débuJs  d’AiiJoîne  Vérard. — Premiers  essais  de  livres  Thèmes  illusJrés.  — Heures  aimmtiTi- 
dées  par  le  Roi.  - — - Illustrations  de  L'Art  Je  bien  vivre  ei  de  L'Art  Je  bien  mourir.  — Le s Groniques 
Je  France.  * — ■ Thérence  en  français,  prose  et  rime.  — Exemplaires  royaux  et  princiers  des  livres 
édités  par  Vérard. — Les  miniatures  de  Lancelot  Jn  Lac.  — L’Aiùre  des  Batailles.  — L'Ordinaire 
des  Ch  r esti en  s présenté  an  roi  Charles  VIII.  — Portrait  de  Vérard.  — Romans  de  chevalerie, 
livres  de  poésie , mystères  et  autres  ouvrages  de  litJéraJure  française  publiés  par  Vérard. 

L'histoire  de  l'Imprimerie  à Paris  au  xvc  siècle  ne  serait  pas  complète  si 
nous  ne  consacrions  un  chapitre  .spècial  À celui  qui  a été  le  collaborateur 
le  plus  actif  des  imprimeurs  et  qui  a le  plus  contribué  au  développement  de 
l'art  de  l'illustration  dans  le  livre  français.  Nous  voulons  parler  d'Antoine 
Vérard,  qui  tient  une  si  large  place  dans  l'histoire  de  la  librairie  parisienne. 

Vérard  était  un  calligraphe  et  un  miniaturiste  de  profession.  II  entrepre- 
nait, pour  de  riches  personnages,  des  commandes  de  manuscrits  quil  copiait 
lui-mème  ou  qu'il  faisait  exécuter  par  des  artistes  à ses  gages.  Ou  connaît 
quatre  manuscrits  sortis  de  son  atelier  : un  livre  d'heures  ayant  appartenu 
aux  rois  Charles  VIII  et  Louis  XII  (Bibliothèque  nationale  de  Madrid)-  un 
Psautier  également  fait  pour  Charles  VIII  (Bibliothèque  nationale,  manuscrits 
latins,  n°  774);  Iin  manuscrit  dn  Vergier  d'honneur  (Bibliothèque  nationale, 
manuscrits  français,  \G  \68y)y  et  un  poème  dont  il  est  l'auteur  (Biblio- 
thèque nationale,  manuscrits  français,  n°  t686). 

Les  premiers  livres  illustrés  publiés  par  Jean  Du  Pré  et  Jean  Bonhomme 
éveillèrent  son  attention.  II  comprit  tout  de  suite  le  parti  qu'il  y avait  à titer 
de  la  gravure  sur  bois,  qui  pouvait  simplifier  le  travail  du  dessinateur  en 
remplaçant  le  dessin  fait  à la  main  et  servir  ainsi  d'esquisse  a l'enlumineur. 

n.  49 


MT  IGM  l*. 


38  6 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  premier  livre  dans  lequel  iï  fît  (essai  du  nouveau  procédé  fut  la  tra- 
duction française,  par  Laurent  de  Premierfait,  des  Cem  Nouvelles  ou  Décaméron 
de  Boccace,  qui  parut  le  27  novembre  1 4 ^ 5 et  dont  il  avait  confié  l'impres- 
sion à Jean  Du  Pré.  On  voit,  en  tête,  une  grande  gravure  sur  bois  repré- 
sentant Fauteur  écrivant  son  livre;  on  retrouve  cette  même  gravure  au  cours 
de  l’ouvrage.  (Voir  fac-similé,  t.  Ier,  p.  227.)  Cette  planche  semble  attendre 
les  effets  de  lumière  que  lut  donnera  le  pinceau  de  lenlnmmeur  qui,  avec 
ses  diverses  couleurs,  en  fera  ressortir  le  modelé. 

Le  second  livre  avec  date  certaine  qui  a été  imprimé  pour  Vérard  est  une 
édition  des  Diii  momulx  des  Philosophes } par  Guillaume  de  Tignon ville,  prévôt 
de  Paris,  datée  du  17  avril  14 86,  que  nous  avons  vue  à la  bibliothèque 
d'Amiens,  sans  nom  d’imprimeur,  mais  qui  est  sortie  des  presses  d'Antoine 
Caillant.  Le  troisième  est  une  traduction  française  de  l’ouvrage  de  Pierre 
de  Crescens  : Des  prorrjfrt^  clmmpesms  et  mraulx . On  trouve,  dans  le  volume,  de 
petites  gravures  relatives  aux  îr  avaux  agricoles,  aux  soins  à donner  à la  vigne, 
à la  culture  des  jardins,  a l’élevage  des  animaux  de.  la  ferme,  à la  chasse  des 
bêtes  et  A la  construction  d’un  domaine  rural.  (Voir  fac-similés,  t.  I",  p.  ^26 
et  427.)  Cette  édition,  datée  du  10  juillet  i486,  a précédé  de  trois  mois 
celle  qui  a été  publiée  par  Jean  Bonhomme.  (Voir  t.  Lr,  p.  i<?2  174-) 

Bien  que  fa  suscripuoii  finale  porte  que  le  livre  a été  imprimé  par  Antoine 
Vérard,  marchand  et  bourgeois  rie  Paris j nous  avons  tout  lieu  de  douter  de  la 
véracité  de.  cette  assertion.  La  lormule  imprime  par  au  lieu  de  imprimé  pour 
a été  employée  plus  d’une  fois  par  les  imprimeurs  parisiens  du  xvc  siècle.  Ces 
derniers  s’y  sont  prêtés  en  plusieurs  circonstances  à I egard  de  libraires-éditeurs 
qui  faisaient  les  frais  des  impressions,  fournissaient  le  maiériei  d’illustration, 
louaient  les  presses  dans  de  certaines  conditions  et  commanditaient  les  im 
primeurs  en  leur  faisant  des  avances  d’atgent;  en  un  mot,  les  libraires,  sans 
être  compagnons  de  métier  et  positivement  associés,  avaient  des  intérêts  dans 
les  ateliers  typographiques.  Nous  en  avons  des  exemples  avec  Jean  Petit,  qui 
faisait  imprimer  par  Guy  Marchant,  le  Petit  Laurens  et  Jean  Morand;  avec 
Michel  Le  Noir,  qui  s’est  servi  ainsi  des  presses  de  Pierre  Levet-  avec  Durand 
Gerlier,  qui  a employé  Wolfgang  Hopyl  et  Pierre  Le  Dru;  avec  Simon 
Vostre,  qui  avait  accaparé  Pigouchet,  et  avec  d’autres.  Un  petit  libraire, 
Alexandre  Aliate,  allait  encore  plus  loin  en  faisant  mettre  à la  fin  de  quelques- 
unes  de  ses  publications  quelles  étaient  imprimées  par  son  art  admirable  et 


ANTOINE  VËRARD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


387 


grâce  â son  activité  [mira  am  et  diligent  la)  , tandis  qu’il  [es  faisait  tout  simple- 
ment imprimer  d’abord  par  Jean  Philippe,  puis  par  Guy  Marchant  et  par 
Denidel,  ses  voisins  successifs.  Yérard,  selon  nous,  n’était  pas  imprimeur, 
mais  propriétaire  d'un  materiel  d'illustration  et  de  caractères  qtfii  déposait 
tantôt  dans  nn  atelier,  tantôt  dans  un  autre,  et  avec  lesquels  on  imprimait 
les  livres  qu'il  éditait  à ses  frais. 

Les  Prouffiti  champesms  et  mmirfx  nous  paraissent  être  sortis  de  l'atelier 
de  Pierre  Lever.  Le  livre  est  imprimé  avec  un  élégant  caractère  de  bâtarde 
française  très  régulière,  moins  large  et  plus  compacte  que  la  bâtarde  des 
Cent  Nouvelles  de  Boccace  imprimées  par  Jean  Du  Pré.  Pierre  l.evet  est  le  pre- 
mier qui  se  soit  servi  de  ce  nouveau  caractère;  il  l'employa  exclusivement  â 
partir  de  1 48  5 pour  les  livres  français  qui  sortaient  de  scs  presses. 

C’est  avec  ces  memes  types  que  sont  exécutées  les  Cent  Nouvelles  nouvelles 
attribuées  au  roi  Louis  XI,  première  édition  du  24  décembre  1 486,  qui  porte 
encore  le  nom  de  Vérard;  or,  là,  il  n’y  a pas  imprimé  par  en  toutes  lettres, 
mais  une  abréviation  qui  signifie  imprimé  pour.  (Voir  fac-similé,  t.  Itr,  p.  432.  ) 
Vcrard  y est  encore  qualifié  de  libraire;  nulle  part  nous  ne  l'avons  vu  désigné 
comme  ayant  exécuté  des  livres  pour  Je  compte  d’autres  libraires,  ce  qui 
serait  alors  fe  fait  d’un  véritable  imprimeur  de  profession. 

Les  Cent  Nouvelles  nouvelles  sont  illustrées  d'une  quantité  de  petites  figures 
sur  bois,  dont  quelques-unes  sont  répétées.  Elles  sont  de  la  main  qui  a dessiné 
celles  des  Prouÿtts  champestm  et  mrattlx . Nous  en  avons  donné  des  spécimens 
dans  le  chapitre  de  l'atelier  de  Pierre  Lcvct  (t.  1er,  p.  427-431). 

C’est  a la  fin  des  Cent  Nouvelles  nouvelles  de  i486  que  Vérard  a inauguré  sa 
marque,  «l'une  des  pins  jolies,  dit  Rcnonvicr,  parmi  celles  que  les  libraires 
de  Paris  arborèrent  dans  un  genre  d’ornementation  où  ils  n 'eurent  pas  de 
rivaux  ».  On  y voyait  l'écu  fleurdelisé  de  France  soutenu  par  deux  anges; 
au-dessous,  un  cœur  au  chiffre  AV  R,  tenu  par  deux  faucons  s’élançant  l’un 
sur  l’autre  au-dessus  d'un  champ  de  fleurs;  autour,  cette  devise  : 

Pour  provocquer  Jhesus  ta  grant  miséricorde 
De  lous  pécheurs  faire  grâce  ei  pardon, 

Amhoine  Vérard  humblement  rccorde 
Ce  qu’il  a.  Il  tieni  de  lui  pardon. 

Le  20  février  1487  (n.  st.)  paraissait  La  Foutaiue  de  toutes  sciences  du  philosophe 
Sydrach , imprimée  avec  les  caractères  et  ia  marque  des  Cent  Nouvelles  nouvelles. 

49. 


388 


HISTOIRE  DE  L IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Cette  fois,  il  est  dit  en  toutes  lettres  que  le  livre  a etc  imprimé  pour  Antoine 
VmmL  Voir  fac-similé,  t.  ICF,  p.  43  3.)  Si  Vérard  eût  été  réellement  imprimeur, 
il  est  probable  que  ion  eût  maintenu  la  formule  imprimé  par 3 qui  avait  été 
mise  précédemment  à la  fin  de  ( ouvrage  de  Pierre  de  Crescens. 

Ces  divergences  sur  des  livres  exécutés  avec  les  memes  types  sont  signi- 
ficatives et  indiquent  suffisamment  que  Vérard  n’était  pas  imprimeur  de  métier 
et  n’a  collaboré  k leur  exécution  que  dans  une  certaine  mesure,  soit  en  four- 
nissant une  partie  du  matériel,  soit  eu  avançant  des  capitaux. 

Vérard,  en  sa  qualité  de  miniaturiste,  confectionnait  surtout  des  livres 
d'heures  pour  les  grands  seigneurs  et  les  riches  bourgeois.  Il  eut  le  premier 
l’idée  d essayer  d'en  produire  avec  le  secours  de  l’art  nouveau.  Le  6 février 
1485  (1486  n.  st.),  date  à retenir,  il  publiait  le  premier  livre  d'heures  : 


^tqvtniâa  frtïtu4nÇttii  fûbil  macril 
t n iLto  L£m* 

pflîi. 

benttbusimbtTï 
b i fripait*  appa 
rttlf  illio  îtûio.t 
t,tp;bbuu  ïcw 
bulitacem  iUo^, 
tfburirififûiûia 
quia  biïquiBibe 
ta  ni  rum  ttfaz* 
ifpitfrfion  ctEbi 
(KtflnLeT  bipc  ri0.  f£un{Fçinmun&ii 
pnluftfum. ptrb ica Lf ruaifqctftt  otn nf 
erra  turc.  £ÜifftfDLbEciC£i  bapti?ACuf 
furrit  fa  Lu  U9  fri  L qui  perp  non  rrrb  ibr 
TiLconbcnnabitue.^ignaauiem  Eps 
qui  crcbiftmn^erftqutrtfur.  in  notnf 
rtr  meo  Démonta  riicfti  -Liu$ui*  loqui 
lurtiouie  ^rpmtw  cplleti  Êflfinibî 
ri  f£c  um  qu  ib  b ibftinL.  no  n do  no  erbef 
£?uper  t geba  tu  a nu*  itnponEnt  : ci  be 
ttEljabE&unt^t&pmfrtuaqiïiûfm  te* 
fup  poflÿïonîtttaeftdoa  II  il  in 

ium  :ct  fcc  et  a acheta  Dtf.^uiautem 


£0q«i  tôfyUiz  quia  tp  natta  itQ* 
flea  pitmi£fubffttimufl:cott^bc 
piapfriu*:pLfme«rfIionc  bt&ti  tnartt 
ni  wif ritoito  fai  atq$  ptmflflcte  tort* 
ti  ü omn i a abuerfa  mur.lamuT  > per 
DrimrtdŒcnrrt  lEfumrtplfturoffliti  mü 
quif«um  niait  a régnât  traitait  fpi 
tctuflàneti  ùme^ctomn  fecuiaffm 
Ibium.^Utien* 


Ce»  portes  iQim  furent  a rtje* 
u«ï  te  pc-fo  ur  b EjfntH1  cc.  ûVqua  etc  <£a 
quattebf  ng  et  cfn  q.pouT  Zlnttyomeue 
TaTblibialtc  bcmpuTani  a paria  a Lp 
ntqigf  fafnf  Jclj  an  ie  «a  rtgeîf  fle.  fu  c i t 
poni  nbltrc  aame.pu  au  patate  amant 
lac^oppdtepukn^anLt  la  mette  De 
mtffriffnetitu  Ira  pwfïamo 


S mut  A4  dre  écrivant  svti  évangile. 


Derrière  page  et  achevé  A’ imprimer. 


Ce  livre,  qni  était  resté  inconnu  jusqu'à  présent,  a été  découvert  tout 
récemment  dans  le  canon  de  la  couverture  d’un  vieux  volume1  a l'état  de 
fragments  en  panie  mutilés.  Ce  qui  en  subsiste  aujourd'hui  et  dont  nous 
do  nnons  quelques  spécimens  nous  fait  connaître  la  date  exacte  de  ce  premier 
essai  ignoré.  Des  figures  disposées  dans  des  cadres  gravés  sur  bois  étaient 
placées  en  téie  des  principaux  offices,  selon  le  modèle  qui  suit  : 

Ces  précieux  débris  ont  êiê  découvert*  par  M.  t T.  Leclerc,  libraire,  successeur  de  Lmdenne 
maison  Téchener.  lis  kuiL  actuelle  me  ut  dans  le  cabinei  de  Ai.  J.  Masson,  bibliophile  à Amiens. 


ANTOINE  VÉKARD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR 


PREMIER  LIVRE  D'HEURES  IMPRIMÉ  fi48;  vj  st 


Lt  Ceiinuiuemr/it  de  la  Vierge. 


*l5ctieBicto  oîr  .a-IÉcccruriia  oorf  ; 

? ni  fiat  midji  ïurtüû  Btrbum  ttumt 
#&.lauDateüomifflwi  berciffl,  cpm 
\ gflTCO(ftw-gurimprimi&  uefçia- 
] ^.g)0lOTiûfflüomi«a.ïFBe»iïüiÿ 
î cm  tu  iti  ttuilicrib  «0.  t£  r bf ncûiÿ 

c(ub  fnci  u$-  2*0  bcmtf.à-  ^pü^an 
ctu8.  prier  ^cef  vricrtepfon, 

; o^.SrusflWloe  bettie.an  ^creanB 
'<  Xt,  Sÿfatfo-  ŒOttfciflïi  ncflcm,  que 
f et  ttrnim  înpiimi&prt'gia.  an,  Üue 
(teUaîtoprimmti.â.  Criitfu^Hï-cii- 
gtcttnirgo  -b-ÏDignaie  me  lauoam 
Vu , &a  nti  clji  b t fupia  -ÜUiÂto . 

| qui  üc  beaft- L&c ^oüt  PAiwap 
parebit-T% . fit  cum-oiô-  Confia» 
0r  üicif  ptr  fjoia&.îiû  terriam- 
■ â . î*ue  maria  -cp  - jÆffieûie  fut  ulr-  1&. 
JîDlffufa  eû,  pro  fanctie - ptftipia- 
l îïfl  i .ao  tri.â-  fl*  fimtatï-  cpm, 
libit  ci  Dn3  (irbcm  ttaui&  patrifl 
Hua  et  reg natif  in  oomoittub 
linefcchumefrcsm  ciu&nonerit  fi? 
Jnia  -£jeo  gmfiaa -lé  aiîû^fa  fu-îfe- 

Fngc  avec  fragment  de  berditrc. 


fliuurflt  lepptcniifUiecieinoïC  flliif-  ta 
fin  qmi  taie  tommi  it  fu^affili  du  twfni  Oi 
uln  aupiro  0e  mon  ttjiï  i enfant  ifim*  i mpe 
ritti  ou  <icl  UOetalfcre.Ëji  au  malin  çtiâl 
le  pnuàomnu  |i  etueiUq  (dp  rntiembrant 
de  U mïiDuguilauDÎI  em  cnDmmantfpert 
louanDOct  m'aiuiiE  il  Ca  gloiiiuifc 
mtte.il  frDUua  aupie*  oi  lup  uUr  «aifon 
que  Ja  ta  irgt  maiie  I up  auait  la  ibif  e amine  il 
Ce  leunel  iitnnuiriiniialaatinumtt  akuef 
qui  { qiiti  h pieftlja  pai  tout  lou  papa. 

CPtiiifou  tu  Actinie  a nofite  wnte 


l(\\  Iffwfl  ega 
[JJJ.tuiet  ange* 
lueaDmartâuii* 
gLttrm  oefponfa* 
fômioflpbmLiit* 
ctena  ri  uetbtim 
-Hue  mu  lia  gtaJ 
ilnplcna  ona  te* 
lü-fl^nnuclt  ga 
biirt-ZUifitiaiia, 
CF>ilTusêga  üur 
mada-CÇÏŒua  t 


Dt  ttiidfigetetu 

li  fcc  J>  front 
auirni  llfü 
dsl  eOuiriuntiet 
[baiiil  à s fibi  new 
Tient  cxiuit  in  eu* 
| qui  Dicitm  calua 
^ cieiocum:ebeai* 

Jtt  awtfm  aoigûJ 
sbinim  cru 
ifieenini  I2i  cû 
_ ^ ? rosrio8&uoCJ)iC 

efirbe-mCÛiüaC  ■ iefwm*^cripfitau 
^mc4CÛuIumppLafu&-  tt  pofuit  fup 
cnaem-iEcaf  auïcm  ftripmm-3c^5 
rta^a  renua  rqt  rut  b coium . tiunc  ergo  ti 
(uiuminuitileam  nt  iimco;um- giua 
jppc  Huifatem  «at  latue  bti  cnitifi^ 
eft  UfasÆi  Httnciptui^ctnaicc  grt 
ce  rt  ïûtlnc-^ijcerutu  ergoiiplafo  pon 
tif  i we  iuïiewum  fia  li  fcriberc  ttji  iwüe 
Dium  Oütiuiaqpfl  DijrifKjrfûinbro^ 
Betpébifpplfltua-OûoD  ferip  ' terip 
fi  .rtpîitm  «tgo  cum  cturif ijHffcnf  eum 
accepftwnf  ciua-i  fecetunf 


La  Vierge  et  L Enfant  Jhus, 


Jésus  ehnè  sur  la  croix. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


39° 


La  planche  du  Couronnement  de  ta  Vierge , que  nous  avons  reproduite  à la 
page  precedente,  est  1 a seule  des  grandes  figures  qui  soit  intacte.  D’autres 
petits  Lois  intercales  dans  le  texte  représentent  des  scènes  de  la  Passion  ou 
des  figures  de  saints  personnages.  Une  page  mutilée  sur  le  bord  nous  fait  voir 
un  commencement  d ornementation  avec  des  bordures  imitées  des  manu- 
scrits. Les  caractères  sont  ceux  du  Bréviaire  d'Auxerre,  imprime  à Chablis 
en  1482  dans  la  maison  de  Pierre  Le  Rouge,  et  du  Bréviaire  de  Troyes, 
imprime  à Troyes  en  1483  '■ 

Ces  constatations  nous  permettent  d établir  que  ces  Heures  sont  (œuvre  de 
Pierre  Le  Rouge.  Selon  toute  probabilité,  le  volume  commandé  par  Vérard 
fut  imprimé  sous  ses  yeux  à Paris,  plutôt  qu'à  Chablis  ou  à Troyes.  Nous 
aurions  ïa  un  spécimen  d'une  des  premières  impressions  de  Pierre  Le  Rouge 
a Paris;  la  date  de  son  exercice  dans  la  capitale  serait  ainsi  avancée  de  façon 
certaine,  comme  nous  l’avions  fait  présumer.  (Voir  t.  Y%  p.  473.) 

Les  bois  qui  figurent  dans  ces  Heures  ont  déjà,  dans  les  tailles,  des  brisures 
indiquant  des  tirages  antérieurs  que  nous  ne  connaissons  pas. 

Six  mois  après  | le  2 1 août  i486,  Vérard  fit  paraître  un  autre  livre  d’heures  : 


C’était,  comme  pour  le  précédent,  u 
format  de  poche.  La  commande  avait  é 


Æf  s heures  f tiret  argues  U jc/ri* 
iourûraoutl^im.cauû^f^pû1 
draine  tjetarD  [îbiairr  ùemourta 
parie  alpmagc  faîn  tojjan  Leuangc 
liftefur  Upôtnotec  ïtne  ou  au  pa 
tope&urop  note  te  a u premier  pii 
lier  ornant  la  chapelle  0 on  chante  la 
meteDemeefcigneure  leepirtene 


1 très  petit  in-octavo  du  temps,  tfun 
é faite  à un  autre  typographe.  H était 


Thierry- Poux.  Premiers  nMiumms  tk  Flmprmmt  en  Iranee,  pi.  XX  Vf , n06  | H 6t  ouvrage  cire. 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR 


391 


imprimé  en  grosses  lettres  gothiques  carrées,  qui  appartenaient  au  matériel  de 
■Jean  Du  Pré.  C est  le  second  caractère  du  Missel  de  Verdun  imprimé  par  ce 
dernier  en  1481.  (Voir  fac-similé,  t.  ItL,  p.  215  - et  alphabets,  t.  Ier,  p.  258.) 

Le  livre  n'a  ni  frontispice,  ni  bordures.  En  tèie  des  offices,  on  trouve  des 
gravures  sur  bois,  d'une  taille  épaisse  et  dépourvue  d'effets  de  lumière,  desti- 
nées à servir  de  canevas  à l'enlumineur  qui  devait  les  terminer  afin  de  les 
mettre  en  valeur. 

Les  Heures  de  lévrier  i486  (v.  st.)  sont  antérieures  d'un  an  et  demi  à 
d'antres  Heures  à l'usage  de  Paris,  datées  du  7 juillet  1487,  qui  sont  citées 
par  Brunet  et  par  Renouvicr  comme  étant  les  premières3  : 

£és  [jeurcsfuiftac^nteaktLKio1 
De  trti  jj  âttjoi 

netocraft  Ubtafre  Dcmourat  açrie  a 
limage  fait  toï>a  kmqtliüt  fut  U 
pâf  nrÊùâeouaupaloteDu  top  ntf 
fiieaupmierpINteroeuaelacbapel 
leôonïblklameffioeeprtünia 

Ces  trois  éditions  présentent  beaucoup  d'intérêt  au  point  de  vue  de  la 
genèse  du  livre  d'heures  imprimé,  et  constituent  le  point  de  départ  de  ce 
genre  de  publications  qui  devint  une  véritable  industrie  parisienne. 

Les  planches  qu’on  y voit  marquent  une  époque  de  transition  ou  l'art  de 
la  gravure  sur  bois,  encore  pauvre,  s'amalgamait  avec  l'art  de  l'enlumineur 
qui  la  complétait  en  lui  donnant  la  tonalité  voulue.  Malgré  leur  forme  rudi- 
mentaire, elles  ont  un  cachet  spécial,  et,  comme  le  fait  observer  Renouvier, 
« les  linéaments  de  ces  figures  ont  déjà  assez,  de  tournure  pour  qu'on  soit 
assuré  que  l'artiste  français  les  a conçues  sans  l'aide  d'aucun  Flamand  ou 
d'aucun  Allemand3». 

De  1488  â 1490 , Vérard  perfectionna  l'illustration  des  Heures  qu’il 
publiait  successivement  et  dont  il  agrandissait  le  format.  On  connaît  des  édi- 
tions datées  du  3 avril  1488  (v.  st.),  du  5 janvier  14853  (v.  st.),  du  8 février 
et  du  10  avril  de  la  meme  année.  Dans  ces  dernières,  on  voit  des  bordures 

1 Reno  V Vier  (J.)  Des  gravures  sur  bois  dans  ks  21  aoûi  i486  et  du  7 juillet  1487  sont  conservés 

fores  d* Antfome  Vérard , maître  libraire,  imprimeur,  à la  Bibliothèque  nationale.  L'édition  d'aoûi  ] 4^6 

enlumineur  et  tailleur  sur  bois  à Paris,  1 4 S 5 - ] 5 ] 2;  a été  donnée  de  son  vivam  à cet  établissement  par 
Paris,  Aubry  (Lyon,  L.  Perrin)  1 S59 , p.  Eugène  Piol,  qui  en  appréciai!  tout  l'iniéréi  et  n a 

Les  seuls  exemplaires  connus  des  éditions  dn  pas  voulu  que  ce  document  disparût  après  lui. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


392 

â peine  ombrées  avec  des  tètes  de  saints  personnages  vues  de  profil  et  super- 
posées, des  groupes  d'hommes  et  de  femmes  dans  diverses  attitudes  de  la 
prière,  des  anges  faisant  de  la  musique  et  des  enfants  jouant.  Les  Heures  de 
janvier  r 489  (v,  st,),  dont  M,  H,  Monceaux  a donné  des  spécimens  dans  son 
ouvrage',  sont  imprimées  avec  la  lettre  gothique  dite  de  forme  de  La  Dame 
macabre  de  14S6,  caractère  qui  disparut  ensuite  de  f atelier  de  Guy  Marchand 
pour  passer  à Orléans,  en  149  c chez  Mathieu  Vivian, 


■pawuUf«ccaJh(pmtmafrifoc«tt)  ïmoi> 
fofifafta .foeraSSii^n  et  mttfet  3 
Sdçmuifïi  Bcril  Zmtt  Seril  Çolej 
qui  fîeue  cf  fjomo  afiScycctw  Sei feSene  fpt 
tiftïpamcfifil5ifdpufiefuiû  miftfîfrïB  fc 
tü'  fréta  fiirgo  et  mater  que  fiMM  gmui 
fîi  SccttSeû  et  Sera  ^Dlc^qui  Seue  ff  flomo 
genfutuo  es  luSiaue  Eiuoscf  motfuos  cf 

fil)pcrtgnc^)  Op  ÆDiemue 

Æ SejStOKtgo  mirifjïmatt)  pufffc 

matyfyeaofïfjïïmdfci  groifricetymacuï 
fempSirgmum  gemm&SfirçfïltfüftemÈ 
Çoac  fcrri6iCi  iuSicio  iij  c5fpettu 
fïfiï  fui  cui  pafer  Mit  omne  t ufraa  me  fi  * 
fierté  cf  pco  feqae  a peme  in  femir  p p tidpi 
m c fariae  «feffifl  gaufroni  prefftïtc  co$fë 
ftomîo  nofko  iefu  ppo  qui  Biuif  ef  regnuf  ï 
feeufa  (cru  fouLSme^  paff  r n offe&ibie, 
RS  SUa  DuUio  Safôe  ècuofaafi  fleufarç 

fre  domina  fancfa  maris  mater 

y Sci/t tqirn  crfï/poifa  parafli  \v 
minamuuÇ(/fingwfitrifl^puûï  fu 
csSicgp  'tttc0«pt|li  iefum  fine  pecmfoï  fu 

peperiffi  aeatoicigcf  fafuaeoictqmffffiiq 


Les  Heures  de  février  1489  qui  sont  à la  Bibliothèque  nationale  et  dont 
nous  donnons  ci-dessus  un  spécimen  sont  imprimées  avec  d’autres  caractères. 

r Les  Le  Reitre  Je  Chablis , cuidc  sur  ks  débuts  de  l'illustration  du  livre  au  xvç  siècle,  t,  Ier,  p. 
h 225  : ouvrage  dl à. 


ANTOINE  VÉRARD,  LIER  AIRE  ÉDITEUR 


393 


D’autres  Heures,  datées  d'avril  148c?  (v.  si.  ),  existent  incomplètes  à la  biblio- 
thèque de  Toulouse^  celle  de  Mi  [h  au  en  possède  un  autre  exemplaire.  Elles  sont 
imprimées  avec  la  petite  bâtarde  des  Heures  de  1488,  de  Jean  Du  Pré. 

Vérard  publia  ensuite,  dans  le  format  peut  in-quarto,  des  Heures  d’un 
style  tout  à fait  différent,  qui  tranche  avec  ce  qu  i!  avait  produit  jusqu’alors  : 


31  cf ~u&  (bitttjmafefie  £triot)  entenSement 
(bit  cf) 

3e  (ii  e foi  t et)  m a 6 o u c 0e  et  qj  mot)  patfem  ît 
fbi't  et)  mot)  rueur  et  et)  mot)  penfemÊt 
3 r pi  ^ /bit  et)  ma  îi  e et  m5  tre  fp  a ff ement 
2(met) 

©ujftu  fout  foi)  ruent  met  etj  fieu 
3fa  jbt)cueiiret(ia6inï 
<gt  qui  femet  et)  autre  fieu 
%tptrt{oÿWtmtt  fipertSi'cp 


Hi  fa  foaertÿe  $e$ieu$e  fa  frcffaiitcte  et 
fjfoiieüfemeîe/eta  fe^ifirariot)  3e  tous  05$ 
eatftoftqiue  furent  commmreeo  ereprrfen^ 
tee  fleures  par  te  eSmanSemlf  3n  roptiofire 
firepourâtflojmeîeratS  fi Gjm'reÇem Durât  a 
pari  e fur  te  pont  n offre  t a fpm  a ge  fatti  e 

îeflapfeuaiiftetïfïeouau  pafapoaii  premier 
pi  fier  Seium  t fa  cflapeffe  0 a frf)  rflarc  te  fa  tn  e f 
féSeme/Jlîjjneïirefee  pre/tflens. 


pmïceraucSe  en£ 
urepmaÿîe.Çoiti 


\ \ notjretf  toute 
\ pratique . fîmirrc 

a.i. 


On  désigne  ordinairement  ces  Heures  sous  le  nom  de  Grandes  Heures  de 
Vérard,  mais  nous  les  appellerons  plutôt  Heures  royales , parce  qu’elles  furent 


394 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


exécutées  sur  Tordre  de  Charles  Vlll,  comme  le  prouvent  ces  lignes  quon 
lit  sur  la  page  tenant  lieu  de  titre  : A la  louenge  de  Dîcu>  de  sa  tmsaincte  et 
glorieuse  Mire  et  a lf édifeanon  de  tous  bons  Catholiques  furent  commencées  ces  présentes 
Heures  par  le  commandement  du  Roy  nostre  Sire  pour  Anthoine  Vérardf  libraire  demou- 
yani  a Paris  sur  le  Pont  Nostre  Dame f à tymage  Saint-Jehan  C Évangéliste , etc, 


Au  verso  du  premier  feuillu,  on  remarque  la  planche  cr-dessus  contenant 
I oraison  de  facteur  k la  Vierge  Marie, 


L'ORDtSAiR£  DES  (H  RÉ  HEM  S 

LDH  ION  DL  1 i9-| 

U âliteur  A u hum  Vnvml  prâmf/inf  !r  //ire  tin  roi  ( Juirks  Vf  IL 
Exemplaire  imprime  sur  vélin. 


Natiunak', 


394 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


exécutées  sur  l’ordre  de  Charles  Vîlt,  comme  le  prouvent  ces  lignes  «jn'on 
lit  sur  la  page  tenant  lieu  de  litre  A la  touenge  de  Dim,  ïU  sa  tms  jrnat  et 
glorieuse  Mère  et  aV  édification  de  k.-r  Catholiques  furent  commencées  ces  jrr&mfr 
Heures  par  le  commandement  du  Rtv  ,W  pour  Ant haine  Vérard,  libraire  demeu- 
rant a Paris  sur  le  Pour  Nom  /V^  1 mage  Saine  Jehan  V Evangéliste , etc. 


iV  W:\flW V ‘iAtt  /UUF  IA<\ M)  A 

\ . ' « / n 

j*  il  O b I "Si  l v.  o i VI a 1 


trefsff(mcn$  fari6  £ 1 1 ([ ^ai'fbn  a fa  Bicmt  «tarie  @£  faef  «irSf 
$nVüctî<tçt$iM  iwKtfmUtÿmt* 

WrtceijVBtftiiift  patate  gfoji'nM 
Ifrft&rp  ojweSirntcmanemrre 
y.  /fa  rteftre  fWnmrfucrifVqmfa^ 
fe  cctrunc ttrcmfrt t moitié  et  5c 


Au  verso  du  premier  flmilç.i,  oti  rcmurq*it'  h planche  ci-dessus  comenarH 
l'oraison  de  facteur  à Ja  Vierge.  Marie. 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


ANTOINE  VÉRARD*  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


39) 


Le  Très-Hnnr  esr  coiffe  de  Li  tiare;  Jésus,  la  croix  sur  l‘épaulet  est  assis 
a la  droite  de  Dieu  sur  la  pierre  fondamemale  de  [‘Église.  Au  milieu,  la 
Vierge  couronnée,  présenre*  entre  l'index  et  le  pouce,  son  sein  droit.  Le 
Sainr -Esprir  plane  et  rayonne  an -dessus  des  trois  personnages.  Plus  bas, 
| facteur  de  ees  présentes  Heures*,  c'est-à-dire  faurenr,  est  agenouillé  et 
vêtu  d'ime  longue  robe,  une  anmôniére  a la  ceinture;  devant  lui,  son  livre 
et  son  bonnet  sont  par  terre.  «Cest,  dit  Renouvier1,  à ifen  pas  douter, 
le  portrait  de  Vérard,  et  if  a le  même  maître  nez  que  Dieu  le  Père  et  Dieu  le 
Fils.»  An  fond,  â droite,  on  voit  un  roi  h côié  de  son  palais,  et,  à gauche, 
le  même  roi  faisam  abatrre  un  arbre.  Renouvier  suppose  que  cc  monarque 
esi  Charles  VIII,  avec  une  allusion  an  bois  qui  doit  servir  à la  gravure  des 
planches  du  [ivre  commandé  à Vérard. 

«Le  travail  de  cette  planche  — d't-il  encore  — montre  une  assurance  de 
dessin,  une  sobriété  de  tailles  et  une  netteié  de  composition  qui  sont  dés 
lors  des  qualités  acquises  à l ‘école  française.  » Cette  explicarion  de  Renouvier, 
relative  an  snjti  représenté,  a pu  paraître  admissible  de  prime  abord,  mais 
clic  ne  nous  semble  pas  suffisamment  justifiée. 

On  connaîr  un  porirait  authentique  de  Vérard.  II  se  trouve  dans  les  Heures 
manuscrites  exécinées  par  [ui-même  ei  présentées  à Charles  VIH,  qui  soin 
conservées  à la  Bibliothèque  nationale  de  Madrid.  Un  plus  grand  portrait  de 
Vérard  existe  en  tête  de  l ‘exemplaire  sur  véiin  de  L'Ordinaire  des  Crestieny  d 
a offert  au  roi.  Nous  avons  comparé  le  porrraii  du  manuscrit  de  Madrid  avec 
[‘admirable  miniature  de  IL  Ordinaire  des  Cresrkns  que  nous  reproduisons,  et 
nous  nous  sommes  assuré  que  la  physionomie  étau  bien  la  même  et  qu'il 
y avair  identité  de  personne2.  Là  on  aperçoit  Vérard,  un  genou  en  terre, 
vêtu  dune  longue  robe  brune  à larges  manches  et  garnie  de  velours  noir, 
tenant  à la  main,  relie  en  ronge*  [‘ouvrage  dont  il  fait  hommage  au  roi, 
devam  le  grand  aumônier  et  plusieurs  antres  personnages  de  la  cour  qui 
assistent  à la  cérémonie.  Et  ce  volume  n'est  pas  le  seul  dans  lequel  Vérard 
se  son  fait  représenter.  On  le  voit,  vêtu  de  ia  meme  manière,  en  tête  de 
plusieurs  [ivres  qifii  a offerrs  lui-même  à Charles  VIII  on  à la  reine  Anne 


* De j gravures  sur  fois  dt tus  les  /ivres  d' Ântfome 
Vérard } p.  1 6i  nnvrage  cilé. 

" L exeuijda  ire  sur  vélin  de  V Ordinaire  des 
Cres  tiens j offert  au  roi  par  Vérard*  esc  décoré  de 
20  uii ni. mires  qui  finit  partie  d\ju  muue  nombre 


lie  larges  bordures  couvranl  h marge  extérieure. 
11  figure  dans  Hiiveniaire  de  h bibliothèque  du 
chatean  de  Blois  dressé  en  1^44  ironve  au- 
jourd'hui à \i  Bibliothèque  nationale*  il*  356  des 
livres  imprimés  sur  vélin. 

50. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


396 

de  Bretagne.  Nous  citerons  entre  antres  : Le grant  Boecr  de  Consolation  ■ Bocace, 
Des  miles  et  clercs  femmes ; Les  Grandes  Croniques,  Josephm  de  la  bataille  judaïque  t 
V Orbge  rie  Sapience , Le  Recueil  des  Histoires  de  Traies t par  Raoul  Le  Fèvre,  Le 
Gouvernement  des  Princes  et  Trésor  de  Noblesse , Le  Trésor  de  Lame,  par  Robert,  etc., 
tous  livres  imprimés  sur  vélin  et  décorés  de  miniatures  que  Ion  peut  voir  a 
la  Bibliothèque  nationale.  Dans  le  Lancelot  du  Lac  (voir  fac-similé,  p.  4^3 }) 
Vérard  est  encore  représenté  en  de  plus  petites  proportions  que  dans  le  manu- 
scrit de  Madrid,  mais  toujours  avec  le  même  costume  et  la  même  coupe  de 
visage,  facilement  reconnaissable.  Dans  aucune  de  ces  peintures  on  ne  voit 
le  «maître  nez  « avec  lequel  il  serait  censé  être  représenté  dans  la  planche 
des  Heures  royales.  Il  n’y  a point  do  ressemblance  dans  la  figure,  et  la  physio- 
nomie du  personnage  des  Heures  royales  est  celle  d’un  homme  d’un  certain 
âge,  tandis  que  celle  de  Vérard  respire  la  jeunesse. 

Pour  le  manuscrit  des  Heures  dont  il  avait  peint  les  miniatures  et  peut- 
être  aussi  exécuté  la  calligraphie,  Vérard,  en  les  présentant  an  roi,  pouvait 
jusqu’à  un  certain  point  s’en  dire  fauteur;  mais,  pour  un  livre  imprimé  par 
un  autre  pour  son  compte,  cette  qualification  revenait  à rimprimeur,  ou 
mieux  encore  à celui  qui  avait  mis  en  ordre  le  texte.  Or  nous  avons  un 
document  qui  nous  permet  de  1 attribuer  à Tardif,  lecteur  du  roi  et  ancien 
correcteur  d’imprimerie  de  l’atelier  du  Soujflet  Vert . (Voir  t.  Fr,  p.  153.) 

Dans  l’épître  de  la  traduction  des  Apologues  de  Laurent  Valle  qu’il  fit  pour 
le  roi,  son  maître,  Tardif  s’exprime  ainsi  : « Vous  ay  composé  et  en  ordre  mis 
ung  petit  volume  d’heures,  auquel  avez  tous  les  jours  de  l’an  comment  povez 
Dieu,  les  saincts  et  sanietcs  dévotement  servir,  auquel  ave/  certaines  moult 
brieves  et  dévotes  oraisons  pour  au  coucher  et  au  lever  dire  à Nostre  Dame1.  » 

En  tête  de  U An  de  Fauconnerie,  composé  et  traduit  de  divers  auteurs  par 
Tardif  pour  l’amusement  de  Charles  V1U,  une  grande  planche  représente 
fauteur  offrant  son  livre  au  roi  à cheval  et  partant  pour  la  chasse.  On  n’a 
qu’a  examiner  cette  illustration  que  nous  reproduisons  plus  loin  (p.  457)3 
et  on  y reconnaîtra  le  personnage  qui  figure  en  tête  des  Heures  royales  avec 
le  même  « maure  nez  3*  dont  parle  Renouvier.  Van  Praet,  qui  a décrit  l’exem- 
plaire royal  de  H Art  de  Fauconnerie,  ne  s’y  est  pas  trompé  et  dît  positivement 
que  c’est  le  portrait  du  traducteur,  c’est-à-dire  de  Guillaume  Tardif. 

Voir  ta  préface  de  l'édition  des  Facéties  de  Pege>  publiée  par  Anatole  de  Momtaiglon;  Paris* 
Willem,  187S;  petit  in  8°. 


ANTOINE  VËKAIÎD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


397 


Les  prières  suivantes,  qui  sont  imprimées  au  haut  de  la  première  page, 
tiennent  lieu  de  titre  aux  Heures  royales: 

Jésus  soit  en  mu  tesie  et  mon  entendement. 

Jésus  soit  en  mes  yculx  ci  mon  regardcmeiu. 

Jésus  soit  en  ma  bouche  ci  en  mon  parlement. 

Jésus  soit  en  mon  cueur  ei  en  mon  pensement. 

Jésus  soit  en  ma  vie  et  en  mon  tr  classement. 

Amen. 

Qui  du  tout  son  cueur  met  en  Dieu, 

]]  a son  cueur  et  si  a Dieu; 

Et  <[ui  ie  met  en  autre  lieu, 

Ii  pert  son  cueur  et  si  pert  Dieu. 

Il  y u deux  éditions  distinctes  et  de  formats  differents  des  Heures  royales . 
Aucune  n'est  datée,  mais  elles  contiennent  le  meme  calendrier  commençant 
en  1488.  Le  titre  et  le  dernier  feuillet  sont  pareils,  ainsi  que  fa  figure  de 
«l'acteur  de  ces  présentes  Heures  » agenouillé  et  récitant  Oraison  à la 
Vierge  Marie»,  avec  cette  différence  que,  dans  l'édition  de  moins  grand 
format,  il  nJy  a point  les  larges  bordures  de  l'autre. 

L 'édition  que  nous  considérons  comme  devant  avoir  paru  la  première  est 
in-octavo.  Le  volume  est  orné  de  1 8 grandes  figures,  dont  plusieurs  sont  encore 
de  style  archaïque.  O11  y remarque  notamment  la  Mm  emmenant  le  Pape ; le 
Couronnement  de  ta  Vierge  (voir  fac-similés,  p.  24  3 , 24  5 et  248  ),  et  d'antres 
illustrations  spéciales  aux  Heures  imprimées  par  Etienne  Jehannot. 

Le  texte  nest  pas  le  même  dans  la  petite  édition.  On  y trouve  d'autres 
poésies,  parmi  lesquelles  certaines  fort  curieuses  rappellent  le  style  de  Villon, 
entre  autres  Y Oraison  très  dévote  à Nosne  Demie.  Dans  la  partie  réservée  à la 
Commémoration  des  Saints,  il  y a 18  figures  plus  petites  que  les  principales 
placées  en  tête  des  offices.  C'est  là,  croyons-nous,  le  «petit  volume  d'heures* 
auquel  Guillaume  Tardif  a déjà  fait  allusion. 

Les  Pentes  Heures  royales  n'ont  été  décrites  par  aucun  bibliographe.  Elles 
se  composent  de  11  2 feuillets  en  14  cahiers  de  8 feuillets  chacun.  Le  seul 
exemplaire  qui  ait  passé  en  vente1  appartenait  à M.  Gnyot  de  Villeneuve  et 


1 Catabgne  des  livres  manuscrits  et  hvprhnh,  des  françois;  première  partie;  Paris,  Librairie  Damas- 

dess'ms  et  des  estampes  de  feu  M.  Guyot  de  Viuæ  cène  Morgan  d,  Édouard  Rahir  ei  O,  successeurs, 

neuve:,  présideni  de  (a  Sociéiê  des  Bibliophiles  i 900;  in  8°  (nfl  44*  P-  J7)- 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


398 

provenait  de  la  collection  Bancel.  Nous  en  avons  vu  nn  autre  très  incomplet 
qui  contenait,  après  le  feuillet  final  portant  la  marque  de  Vcrard,  un  cahier 
additionnel  pour  quelques  prières.  Les  caractères  sont  les  memes  que  ceux 
du  volume,  et  on  a employé  les  mêmes  bordures. 

Nous  donnons  ci-dessous  deux  pages  de  spécjmcns  tires  de  ce  calner  : 


£at  noftte  feignent  eftmifcttcwbc 
et  et)  bien  ep  copie  nfe  tt  aflonbant  et bem; 
priüi)0Jipferebimcf  ifïaeft  (L<Bftf  we 
cflctefaetbcrrntecaiffaetfes  6ono  béton* 
twûuqmfeî 

' Æ)mmeepaubi  owifionetij  mecrçaii 
'rifiiio  Ç^iteeiMufcrmoijoiaifoi) 
«neiffee  be  c fememfcpercüp  moi)  06; 
fcttaa0ij,par  ta  Petite  qui  faptawte  t$- 
md  bieum3  II  aufemap^pat  fa  fu/Kce  qmflttpperutiji 
rfJfotfmSre  paebonncc^lnoijintccô  irçiubiciutrçb[t 
1 neenftepoiSîfpwetjiugemîtaucc  toijfetf 
quinebetnanbe  poini  inffrcematemifrtte 
«ubc.cat  n«f  iîi«atïf  be  fopmefmee  fe  nep 
paefa  gtate  fetainpifie  ne  iufïe  f rcn«e  erj 
ta  pi  eftrceftQ  nia,  j£ar  moi)  ennempa  per 
fcmfcmaij  amrtet  fiumifie  ci)  (être  fiae  ma 
iïiepo  ne  pénitence  faite  Qofforauit  me  1 
aflfcuete  (J5f  HiacoEfoqw  etjofifcutfe  be 
pccÿcG  comme  f ce  mawpctljture  bn  fieefe 
3ÉJ  rtangoiffeufement  erpfcauaiEfe  fncmop 
r,ft  fntel  rnoj^qpen'c rt  njmoy cep t ronpfe rtrôme1 
lionfetfiu  rtfeno^Qemot(|  ^apturtjmemaicefee 

^aneanciteaufquef^aoeffcmifen'caioiav 

p Gf t ci)  tou  tes  teo  ennreef  an  ^ ïj  ff eo  ai?  efïe 
fteningœt  an^  faite  be  tee  mate  pe nfope  H* 
a)»  congnen  fa  gfaireQypÆbi^lap  cfpâbu 
mca  mal* s a top  pticc^noi)  ame  rfle  feert  fH 
c pc  fane  cane  a fapfnpc  bc  ta  gtace  attBbu 
CCefocitete^auïn  me  bomine^JfCofï  fHo 
atf  cnbic  e^diifre  moj>fï«,cat  morçefpecif 

Jeo  monfewfn 
[jtqïigc.cp 


9 

3 

2 


m 


[ c/ï  befaiff fiCJoi)  aiierfae,  <£Sc  be/ïoutf 
è ne  paît  fa  face  be  moptcac  ic  fcrapc  fcrobfa 
î Ufe  a «u  qnjbcfcen  benf  a n fat  ba  ptcfîeo 
et  fofle  benfiy3jibifatii([3fnp  mop  ouit 
^ maiî  et  to/t  fa  mi|ftiticoibc,catei)  lop  iap 

1 efpec4^^fain  (f^fapmopnoioire  et  ma 

\ niftftt  fa  üopf  bc  Ta  fbp  ci)  faqueffe  ic^Boi 
* fc,catd  lop  iap  feue  madame  pont  teeffe 
Ji  enf  «miner  p <tf baire  gtipe  mop 

^ be  fflto  ennemie  fîte  a fop  comme  a moi)  rr 
v f n gc  iap  fnp,  en  feigne  mop  faite  ta  itou  f î 
^ fecactueombbicujh^fpilod/TCoi)  0oi)e< 
x fat  t cf  petil  te  bebu  ita  et)  fa  f être  btaiï  1 c be 
J paeabte  cf  pouefonnenr  bef  ai)  naît)  qn  i ce 
v appcffefauneut/ïtiep^ieperpefncffc  me 
y iïittiftraeci)  loi)  eqm'ie  be  indice  f eo  0n  m 
v 6f co  rcceuan  1 cl  epaff  anf f Jbucee  ûfCw 
^ meti mo  g01 0 moi)  ame  be  f ti6wfart 0 ij  (t en 
\ f a mt  feticotbe  ef  pecbtae  1 0 110  me<s  fnem  te 
f 6^perbc5(p6t  perbww  et  lop  effongne 
K raefonecenfipquitTonefetitmonamecar 
d iefnte  ton  fetft 

2 (I  fibaifon  ftefbcnofea  ttofïre  feigrîc 

\ ^V^Jtebtencteatencbnn'efetbefa  fet 
Y te,topbeotopefcigaibeofeignenc6 
^ ^ ma  «es  baigne  faite  ei  c «et  a^Be  f em6  fS 
^ cecf  pmage  cl  par^ofîtt  jfàeaç  fan0  me 
Jj  eac^cta^Sf  poncée  ^ ie  pou  te  mifetaflfe  pe 
\ if  car  ne  fui®  pa$  bigne  beiïouo  appeffee 
Ï*  amonapbe,nebcnommetiïofTtepieaeuip 
no^neauffî  be^ouo  penfeten  mon  cucur 


fa  gacbe  befl 
Ijfinfctnafbe 


fa  œafnpe 
mcdeîqiïefît 
perifjëtmate  I 


L ‘autre  édition  des  Heures  royales  est  de  format  petit  m-quarto;  le  caractère 
est  plus  gros;  les  bordures,  plus  amples,  sont  de  même  style  et  contiennent 
un  plus  grand  nombre  de  personnages;  les  sujets  archaïques  des  grandes 
planches  ont  fait  place  a des  compositions  nouvelles  plus  homogènes,  Cest, 
à proprement  parler,  1111  livre  remanié  avec  les  cléments  du  premier,  perfec- 
tionne et  illustré  sur  de  plus  larges  bases,  comme  on  on  pourra  juger. 


ANTOINE  VÉRARD,  LTBR  A IRE-ÉDITEUR 


399 


Voici  des  spécimens  du  calendrier-  En  marge  des  mois  de  mars  et  d avril, 
on  voit  la  Vierge  allaitant  FEnfant  Jésus;  au  bas,  I évangéliste  saint  Luc  : 


fmgtmtieRw 
' fc-g-poite  h 




gangu-ctffïp  J 
nmftefmeperif  4j 


ni  $ 
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pig  a 
llmï  G 

cétÇomftS  5(jquî 
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gui  (J 

ti  a e gtcgoizç 
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g 15  nïe 

ëiï  fegerfnig 
£ 

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liïii  0 

rsflettûijï* 

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pim  6 
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gmt  e 

in  f m> 

£arjîipfdHgiï,Çciitt£* 
fie  ioutQii 


2t  rmf  a ggp-io*6  vy. 
£afane,ggig, 

. t . . |g 

gi  ornant  fffipttôte  ^ 

$ E^ 

gïp  ceam&wufe- 
ïiii  ? 
pin  e 

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csfcûl) 

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e6Ciifeme 

glÏÏuf  6 tièorC£-rtîa/[ 

Su  g (tma^ 

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£#faîa5  e Scme 

ig  aejjcaitît- 

6 

pim  t6  marc* 
îi  6 

e 

pin  f elnfaf* 
ü $ 

a e en  trope 

J?amipta-g-£cnre6- 
£cioirr*çiïü. 


Ces  deux  mois  sont  ainsi  notés  en  marge  : 

En  mars  est  mauvais  le  premier 
Et  le  vingtième  jour-  D'avril 
Le  x porte  danger 
Et  dix  ncuiiesTue  peri]- 


4oo 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


En  mai  e i juin,  c*est  le  Christ  crucifie*  entre  les  deux  larrons,  le  roi 
David  et  I évangéliste  saint  Jean  qui  sont  les  sujets  de  bordure  : 


dpflp  a ppçuowt: 

J\ui$ 

jËdfunr.ççç* 

ÿdfune.ççiç  C 

$ 0 e iaqnc.e  pÇ# 

eeniromeflc  1 

c (fippe  apofïree 

çtp  femarttJtfrr.rte 

çtç  0Æw?ti5e  ctoip 

0 (piètre. 

fini  eeqmrtace. 

tfîi  fl  ' 

f 

S 0 | 

«lîi  geKffêpojtcfati 

C i 

S fl 

çm\  0 ■ 

6 

u eemeftaitf. 

£tï  ceuicpûffle 

f 

u 0e0w 5iîrf  epp 

$ 06fflJI0ip 

e (maefle 

<1  e 0flntfl6c  * 

t?  f 

lîçmfl 

$ 

SSii  c 

çflnifl 

0e6a/iffe  ; 

m « 

e 

ce0  onoie 

nït  f j 

9 

mi  t 

$ii  fl 

fepttce 

i Cegmidte-rfs. 

çtï  0 e pierre  rnarfïr* 

c (protÇflïe*. 

i fl 

fç  0 e fifeffirop. 

0 

eepattft'ç. 

ï$  C 

pEn  f ' | 

0 

3i  £ete(5dr)0dpftfïc  ] 

çiSïtceîifldiÿpflpe 

fltrftffatiSeefop,  i 

Si  f 

$tm  0 eic^aç  6 pof  , 

$ 

im  cffl^t(ÎÈnrï0flmc  ' 

çtuïfl  e gcrmdt'p; 

0effOf)pflpc  ^ 

m 0 

$i  eeptcm.rfepût  Z 

c 

çt  flepctronififr 

ftfamojflffôepof  ^ 

iEfltinpffl^Lpcurce,  V 

^dtinpfd^tiLpmrce  #eto mçîiïï*  11 

£fiomr,  ç$t.  K 

Les  mauvais  jours  de  mai  et  juin  sont  rappelés  de  ccttc  manière  : 

Le  trorsiesme  et  xiiii  de  may 
Sont  jours  mortelz. 

Lu  juing  X et  quinsiesme  pour  vray 
Trouveras  telz. 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


4o 


Dans  la  bordure  de  juillet  et  d’aom,  on  voit  le  Christ  présentant  scs 
p[<aies  du  Crucifiement,  puis  des  corddiers  dans  l'attitude  de  la  prière  : 


^cu'm.ionr  piffmçf 
6c  miïfat  (i  ççt 


31uiTfetaapççi.rô* 
£a  fime.  ççç* 

$ 

l^iiï  a 6 marriaf  apo** 
6 (pie 

çSiï  cfrâpatiüômarfî 

S 6 


enaoulïfr  premier 
auet^ 


p qu^e  fc  ïïingttmiff 
uieme 


P 


If 


çûï  ftiSfistÇowas 
tï  gecftmSe 

astÇŒaiirt. 
ç C ffee  frptftccfe,  . 

ctcanffatiofjsfle  $iï  f Sefaetourowicp^jl 
çSiïi  6 (noifï*  g 0 fîftarce 
fliï  eetÇiirûme  ç?  asppofïtt 

f tïtt  BseufeGe; 

$9  ÿ cfa/iïpfio  mfSSe 

ïm  <t  mi  8 

6 i t 

çiï  c&amouf  f 

8 


e 6 marguerite 
ip  fe'Sirtoz 

gJÊamagSafrûte 
îpEiïaeapofi'iiaire 
îi  0 e cÇrtfïînc. 

cei'aqeeçpûffe 
æhïï  SftSfGiiifli  cd 
(tïi  etcajfi.Sfiirîfe1. 
fsamtc, 
gemar tÇe 
a 

!çïç  Begeruiaûj 

tfanupta.ïïm.fleuteg 

ÆcHmr.pïn. 


fl 

çuïii  ù 

liï  reft’mpfrma* 

8 

çûï  esflevtÇeffmp 
iïî  fefvp6\op 
g$6cmar5 
çi  a 

80  arigiiffû?. 
$i(p  c 6 te  (fat)  Èaptifïe 
Eiïï  Se  fiacre. 


^aunptaçinï.fnirca 
jTeiaur.p. 


tZloujïaçççL 
iourjEaCueççiç.1 


ÏÏûï  ce  pierre  mi$fi?e  |[ 
çEi  Saefticmic  pape.  ÿj 
^ tîialtiBeeftiïne. 

f fflfufiepti'SSeffl 
çiii  g (ctoi'ç. 
ii  flspçfrpape* 

60  6onat* 
eflînftûj* 
S&romaûj 
pîûïesfaurens 


Les  jours  dont  il  finit  se  garder  sont  les  suivants  : 

Le  iiii  jour  périlleux: 

De  juillet  et  vingt  unième 
En  aoust  le  premier  orguillcu* 

Averties  le  vingi  ncufvlcmc. 

»■  5 1 


HISTOIRE  DE  U IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


4oz 

Pour  novembre  et  décembre,  Jésus  couronné  d opines  est  dans  le  premier 
compartiment  les  autres  sont  remplis  par  des  groupes  de  femmes  en  prière  : 


/^Lmq{tSîfff{îtîq 
' c^jjojjmJ0re,$ojG 


i top 

\ gflrfoc,tifcp(ïiï£t 


Jüouëfiie  a*  çççi 
iom&fatût  ççç. 

SJEafoüffjme 
toiii  c^cemoie, 

|jj  fermait 
0 

p aeffcr 
13 

çrôtïtr 
S 

C 6<%XltÇuttt} 

f 

gematfû) 


çtt 


8e£enÉÏHfpÇe 

c 

S 


tp  c 

f eai$nit) 

yStï  0 

th  ae  Çeli)a6fff5 
ff 

pim  cfapiïfrtftffTfeïSe 
ûï  5e  ctcïfc 
r eÆfrment 
fefnierÊmopnf, 
geJîdfÇcnuc 
aaçjenemrfuc 
0 


0efatnrmp 
c earôrt 

£annpta$$j,Çanm 
k iouTt3ni 


yDecBze&ççç 
wnc*  fa  finie, 

fc&op 

çjïi  tffaûirtcBaferp 
u a 

$ 0 GjfititGe 

c 

pMiSejAtrofas 

3ii  t 

ftf  frep.nftïtteJ 
S 
a 

fiefnf«'î,ft(tîrfî| 

C 

8j§amr(c  frire 

c 

f £D  (dptertfm 
ÿ gDafrmdp 
çîtïd  £Dra5fçtf(fc[ 

Bi  0 iDffamsSam'Êf 
c SDoiictie 
$titt$  SÙ  tÇoma 
ûï  mflfriô*  SDeeç^JI 
f Æ)  frnmjuer 
ï*  £ £>fr'cgoSir 
a ÆDïgtTc 
t?j>  ejfiocf 
tfûï  C6<g(ttcfïiie 
8§anjtiV{ïatj 
$îü  eJEee  mnocerus,  « 
3 f fffjS3ae  8ecatod/S}|| 
ff  p;,É^ 

çjjÏ  aeftfoefïre 
j£d  rmj>f  a.pfim.jîeiid 
tt 6,  ff  IOWT.0Ï 


€ 

nn 


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Les  jours  auxquels  U faut  faire  attention  dans  ce  mois  sont  les  suivants  : 

Cinq  et  vingt  et  cinq  en  novembre 
Dois  regarder. 

Et  toy  garder 

De  sept  vinge  et  nng  en  décembre. 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


403 

Parmi  les  grandes  planches  qui  .sont  en  tctc  des  Offices,  nous  remarque- 
rons l Annonce  de  la  venue  du  Messie  aux  Bcrwers  : 


7 Ÿete  fiipfarfâieta  ^ 
/ aî3cfcrûfc0ïfU9<f 


45U& j'tj  aflwtoimrj)  tntwi)  intfy 
SüQ  omr mjtô  flflïmumftiïme 
TEiiVi  pa  fri  et  frfto  et 
fpiîî  frtnrtoj^j'rwt  £raf  û y priiM 
j api'o  et  n une  et  (twp  erH  (ic<  <Oj^p  mmi  6 


Éoue  et)  fat  \ 

re(tflU$£Jeuf$ 


jDfîepoüretet'eu 
nefiffeteïmgpe^ 
t(t  efïïtnafqraij 
toat^poutcÉiefîef 
tctetôoma*  ep  fa 
CTec0efe.fueferfïe 
Çet&etefafnejrjÉfe 


La  scène  est  traitée  avec  une  bonhomie  ravissante  : concert  changes  eu 
haut  entre  deux  arbres;  au  dessous,  trois  vieux  bergers  écoutent;  leurs  chiens 
sont  à leurs  côtes  et  leurs  gourdes  suspendues  aux  branches  des  arbres. 

Plus  bas,  des  paysans  et  des  paysannes,  se  tenant  par  la  main,  dansent  eu 
rond  autour  d*t|i|  arbre. 

V ■ 


4o4 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Cette  gravure,  copiée  depuis  dans  les  livres  d'heures  de  Simon  Vostre  et 
de  Kerver,  jate  une  noie  gaie  dans  le  milieu  sévère  de  la  prière. 

Dans  les  espaces  libres  sont  imprimés  ces  vers  naïfs,  [ires  de  vieux  noëls  : 

D'une  povrete 
Jeune  filleic 

Ung  petit  enfant  nasquira, 

Que  toute  povre  bcstcllete 
Adorera, 

En  la  crechctc, 

Sus  sèche  herbete, 

L'asne  rude  le  saluera; 

Le  beuf  vers  luy  s'adinera, 

Adonc  sera 
Le  Dieu  des  Dieux 
Loué  en  fa  terre  et  aux  cicufx. 

Les  pages  de  ce  beau  livre  sont  encadrées  de  bordures  séparées  par  des 
ban  dérobés  on  phylactères  au  milieu  desquels  se  lisent  des  oraisons  rimées 
en  français.  Le  livre  se  poursuit  dans  cet  arrangement  de  petits  sujets  a bor- 
dures et  de  grands  sujets  aux  principaux  offices. 

On  distingue,  pour  les  petits  sujets  : les  Auges  eu  adoration s les  Evangélistes, 
les  Prophètes,  les  Sibylles } les  Saints,  les  Anachorètes  t les  Enfants  eu  prière , P Au  us  n- 
ciadsn,  lu  Nuti  vue,  la  Vierge  et  P Eu  faut  Jésus s la  Passion,  le  Calvaire,  /'Ecce 
Homo,  la  Vierge  aux  cœurs } etc. 

Les  grands  sujets,  dont  fini  est  répété,  sont  au  nombre  de  treize,  non 
compris  celui  qui  est  placé  au  verso  du  titre  .*  i°  la  Création  du  Mande ; 2°  la 
Créa  ri  nu  de  la  femme;  f la  Suinta  fi  im  angélique , symbolisée  par  quatre  vertus  : la 
Justice,  la  Miséricorde,  fa  Paix  et  la  Raison  devant  le  trône  du  Tout-Puissant; 
/V  P À unnuce  aux  Bergers  (reproduite  a la  page  précédente);  5"  P Adoration  des 
Rnis  Mages;  6a  ta  Ou  su  ci  si  nu  ; 70  le  Massacre  des  Innocents;  8 e3  le  Couronnement  de 
la  sainte  Vierge;  <f  David  poursuivi  par  P Ange  vengeur  (cette  planche  est  répétée); 
iou  P Office  des  Aluns } un  catafalque  funèbre  avec  cierges  allumés  entouré  de 
pleureuses;  11 0 le  Roi  des  Rois;  ] 20  la  Descente  du  Saint- Esprit  sur  les  Apôtres; 
1 f Anne  et  Joachim  sons  la  Porte  dorée. 

On  verra  ci-contre  la  page  dans  laquelle  figure  le  Roi  des  Rois,  la  cou- 
ronne royale  sur  la  lêic,  pieds  nus,  en  chemise,  portant  triomphalement  la  croix 
devant  des  gens  d'armes  étonnés.  Dans  le  fond,  perspective  d'un  chat  eau  fon. 


ANTOINE  VÉRÀRD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR 


4 uj 

Le  premier  compartiment  de  droite  reproduit  la  scène  de  la  Flagellation 
de  Jésus;  le  Christ  a la  tète  ornée  du  nimbe  crucifère  : 


Dans  des  banderolles  qui  font  le  tour,  on  lit  ces  vers  : 


Pcrc  éternel,  sapience  immuable, 

Vérité,  vie  et  chemin  de  iyesse, 

Vers  les  humains  tu  fus  moult  amiable 
De  voir  ion  fi W.  soufïrir  telle  rudesse. 

Vray  Dieu,  vray  homme  il  est,  je  le  confesse. 


4o6 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Voici  maintenant  une  autre  page  de  texte  avec  bordures  Le  sujet  prin- 
cipal est  EEnfain  Jésus  dans  la  crèche  : 


us  q ni  S c 6ca  te  marie  ïïi'rgi'u  10  E f t 
ro  îcr6anj  tmmj  artÿcfa  uiinriantr 
camcrç  fufapcttBofuiRiprcRafup; 
pfiri 6u  e tu  l'e  : fît  qui  ftn  c ta  tt)  S ri  $e  1 iitriccrç 
crc5i'mu6:riue  apuS  tciiitcrccfffoniËue  ûSi'ii 
uauwr-pcr  &ritp  jDjati'a. 

* — w^nrrifpintnft  5«uû te  ro;5a  uofïro 
^4munSrt  ûifu/ïo:  tf  fm'  rorie  intima 
v ûfpafîouf  ferunSet 
£Djati'o 

[y  tuatij  qircfimius  domine 

r — i 6ci  lupins  ffr«pi  a ît  Beari  loÇanm'e 
|X_^apo|ïoiï  tu  l' et  at  au  g cfrfïc  iTï'umm  a$ 
fa5octrims:a3  Son  a perurui'at  fcmpitcrua, 
pctSainiium?  nofïrtmj  iefwt)  cfyrifturt)  Htiÿ 
u\t)  tiwnj-SDui  tcaitt)  Shmf  et  restât  Sme,  ' 
per  omrti  a fera  fa  ferufo  m tt) . met)  - 


ftman; 


3De qui  tenu  \ 

groemetur 


cfpoirScËictjteuc^ 
Biiu^arfee  tegnee 
^(atiîrmenfr  retour 
'STüuûSïïfe/tïÉ/îïfe  ( uftau^ttrcflicn^- 
j^uppacmis  ^riowicau  fafat* 
lï  — -j.  -p  « -^u-dèt^afoiCTui 


0 0 


11  Dm 


Les  espaces  vides  creusés  dans  les  bois  ou  dans  les  banderoles  sont  rem- 
plis par  ia  suiie  du  chant  de  Noèi  tpie  nous  avons  cité  tout  a l'heure  : 

Roy  esi  venu 
Sur  icrrc  nu 
Plain  de  iqus  biens, 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR 


4 07 

De  qui  lenu 
Est  gros  menu. 

Tous  biens  sont  siens. 

Aux  paciens 
Aux  mendiens 
Esi  espoir  de  biens  revenu, 

Car  les  règnes  saturniens 
Reiourncm  aux  célesticns 
En  nouveau  salut  advenu. 

Comme  les  Petites  Heures  royales^  les  Grandes  Heures  se  terminent  par  la 
marque  de  Vérard  ci  dessus  décrite  (p.  387),  et  dont  on  trouvera  tm  peu 
pins  loin  (p.  4 1 3 ) tin  fac-similé;  mais  elle  est  suivie  de  ce  huitain  : 

En  la  parfrn  de  l'oeuvre  louer  Dieu 
Chascun  de  nous  doit  pour  avoir  sa  grâce, 

À lui  doucqncs  pour  ce  qu'il  luy  a pieu 
Me  donner  temps  de  ce  faire  ei  espace, 

Je  rends  grâces  luy  priant  qu'il  efface 
Tous  mes  méfaits,  afin  qu'à  lJcxamcn 
Du  grand  jnge,  Satan  ne  nous  mcfface. 

Pour  nos  péchés  nous  devons  mus  Amen, 

Les  illustrations  des  Grandes  Heures  royales  sont  de  fart  français  le  plus  pur 
du  xvc  siècle. 

Le  dessin  en  est  ferme  et  bien  arreté,  l es  tailles  sont  nettes.  Les  figures 
d'hommes  et  de  femmes  des  bordures  ont  une  expression  et  un  caractère  de 
vérité  qui  ne  sc  rencontrent  pas  an  meme  degré  dans  les  copies  redîmes  des 
memes  sujets.  On  n’y  voit  pas,  il  est  vrai,  la  richesse  de  détails  et  le  fini 
des  Heures  de  Simon  Vostre,  mais  on  y trouve  un  air  de  distinction  et  de 
grandeur  qui  vous  saisit  et  vous  charme  tout  à la  fois  par  son  réalisme  naïf. 

Vérard  a fait  coup  sur  coup  plusieurs  éditions  d'Heures  dans  ce  grand 
format.  Elles  sont  ornées  de  bordures  semblables,  auxquelles  de  nouvelles  tint 
été  ajoutées,  et  contiennent  a peu  près  les  mêmes  planches;  mais  ces  Heures 
ne  portent  pas  la  mention  qu'elles  ont  été  faites  comme  les  autres  *par  le 
commandement  du  Roy»,  et  la  planche  de  l 'autour  récitant  sa  prière  a 
la  Vierge  ne  .s'y  trouve  pas.  On  tira  des  exemplaires  sur  vcliu,  qui  furent 
enluminés  ou  gouaches  sur  les  tailles  du  bois. 

Une  de  ces  éditions,  datée  du  20  août  14^0 , contient,  au  commencement, 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Mil  Petit  almanac  pour  vingt  ans,  qui  commence  en  février  1488  (v,  sr,)3  ccst- 
à-dire  1489  d’apres  notre  manière  de  compter  actuelle. 

D'après  cette  donnée,  on  a cru  pouvoir  fixer  la  date  de  1488  aux  Heures 
royales,  h celle*  qui  en  dérivent,  et  à d'autres  qui  renferment  cet  almanach, 

pedfoÉmmtacpoiriSmfffmic  | iV  H| 


ïïaSateSe  Ïcs6wfrô5s  pafques  nflfte  25l 


iiitpp  Bitt  feurfetBi  aurif  Sri  ppp  noulôie  3f*E 
iiiippip  Sut  mare  fautif  Siri  pptp rtouffitc  ÏD 

iippp  ppSriife*  ptaurif  ip  ppStinouéfir  £ 

tiiipp  pi  pp  féuricr  lit  aurif  p ppSri  nau&  % 

ptmaie  ppri  — pi  uBerêfîte  3 <5 

ppriifturicr  Sitaurif  pii  ifterontfte  $ 
pBiifeimec  ppprmtiepUi  pppnotKmfftrjC 
Siiï  mate  pïp  aurif  piiit  ppumottî*  ÏD 
ppi  fturia:  tii  aurif  pS  ppSii  nouÊ*  £■  25 
ptifeuricc  ÿ>»8ïmat6îPSt  uîWemffic  3 


ïiïfpppf*, 


iiripp  pS  Siiï  mate  pip  aurif  piiit  ppw>  notrt 
I iriipppSi  ppifturia:  tii  aurif  pS  ppBiinou 

utipppSiï  pttfeuricc  ppStmatBpSt  uîWemffii 

itüpp  pSiït  titi  mars  pB  aurif  pBit  ti  BwcinGie 

itiïpppfp  pBiïfeuriet  pppimarfppiittflecemfae  Jf 

Beats  Siitmare  ppaurif  pip  pip rtouemfftc  & t> 

BcfeSng;  ppSiitfe*  ptaurif  t ppStiinou*  ^ 

8cc»t6(ïtt  »mfeuthr  ppSiïjn.u  pjpSnnouf 

B cens  (ï  ut  S mats  pdi  aurif  tii  tti  nouem6 

B cens  tut  ppSfeuriet  Bti  aurif  tut  i BetcmGtc 

B cens  cinq  ip  feurier  pptit  matf  B ppp  nouen 

S cens  Si  imare  pu  aurif  Bi  pptpnoufl 


ptaurif  i 
ppSiï  jn.  ti 
pfe  aurif  tii 


S B cens  Bu  ppifeurirt  miHm»  u*  ^ I 

SccneSm  primats  ppütaurifStti  uWGte  253! 

^uiBeuff  fauottfes  BtSBonsq&afquea/Ïje  nSffte  ffüi/JLa  fefre 
ttominüafe  p £e  GiffepfeBqmts  faq  quat  teSingf?  (juif*  iufqure 
a faq  riuq  cote  pljui f incfufïuemenMîegatBe  eij  oefle  figure  fa 

rigncBteeffcBatccttfpftauiiemfesc0ofesBe(fuf&icCiee.  ^ 2Lee 

Jeunes  font  comunement  nour  ffes  djafetu)  mopearuBrioui: 
Bruant  fe  nomGjoftn  qui  court  pur  fanmt;  \ 


ppStümwÊ.  jéD 
ppBitltouIffie  % 
tti  nouemfi#  3 > 
i ffetem&c  © jf 

ppp  nouemfite  g 


piiaurif  Bi  ppipnouflHe  ÎD 
mi  aurif  Bit  ppSiunouf,  £ 


U almanach  ou  Table  pascale,  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  le  calen- 
drier, fut  d'abord  dressé  en  1488  (v,  st,)  pour  vingt  ans,  et  reproduit  sans 


ANTOINE  VËRARD,  LIBRAIRE  EDITEUR 


409 

changement  plusieurs  années  de  suite  dans  la  plupart  des  livres  d’heures,  de 
manière  qu’il  n’est  pas  possible  de  leur  assigner  une  date  d’impression  d’après 
le  commencement  de  l’almanach,  comme  on  le  fait  généralement. 

O 

Notis  en  avons  la  preuve  évidente  par  cette  édition,  qui,  à la  fin,  est  datée 
d’août  et  dont  la  Table  pascale  commence  en  1 4 S B (v.  sc.}. 

O11  ne  peut  donc  fixer  approximativement  la  daie  d'exécution  des  livres 
d'heures,  comme  l’a  fait  observer  fort  judicieusement  Brunet,  qjie  d’après  la 
nature  ou  le  style  des  illustrations  dont  on  aura  suivi  le  progrès  ariisiique. 

Ainsi,  en  prenant  pour  point  de  départ  les  essais  de  livres  d’heures  qui 
sont  de  i486  et  1487,  lestpiels  ont  été  suivis  des  premiers  livres  illustrés  du 
meme  genre,  avec  figures  sur  cuivre  en  relief,  produits  en  1488  et  1489  par 
Du  Pré,  nous  sommes  d’avis  que  les  Grandes  Heures  royales  11’ont  parti  tpfeji 
1489,  comme  l’atteste  le  fini  du  dessin  et  de  la  gravure  sur  bois  qui  n’est 
pins  l’expression  d’un  art  embryonnaire.  Vérard  changeait  les  entourages  d’une 
page  à l’autre,  selon  les  tirages,  et  les  adaptait  à des  usages  différents  eu  modi- 
fiant quelques  offices.  C’est  ainsi  que  les  mêmes  Heures  existent  à l’usage  de 
Rouen,  de  Poitiers  et  de  Tours.  Il  y en  a même  à l’usage  d’autres  diocèses. 

Les  Heures  d’août  1490  commencent  par  les  mêmes  pièces  de  vers  dévots 
que  les  Heures  royales . La  suscription  indiquant  que  le  livre  a été  commencé 
par  le  commandement  du  Roy  nostre  Stre  est  remplacée  par  les  vers  suivants  : 

BON  liT  JÏRIEF  RÉGIME. 

Humble  maintien,  joyeux  et  asscuré. 

Langage  nieur,  amoureux  véritable. 

Habit  moyen,  bonnette  assaisonné. 

Froit  en  son  fait,  consiam  cj  raisonnable, 

Hamcr  les  bons,  saiges,  vaillaus  et  preux. 

Réfection  sobre;  ;’i  heure  brefve  table 

Font  l’homme  saige  et  à ions  gracieux. 

Dans  les  Heures  d’aont  1490,  les  bordures  de  fond  et  de  tête  sont  sensi- 
blement élargies.  Au  lieu  de  simples  bandes  d'ornements,  comme  dans  les 
Grandes  Heures  royales , ce  sont  des  personnages  dans  des  poses  animées,  qtii 
sont  juchés  sur  des  socles  oti  dont  on  voit  les  silhouettes  émerger  de  niches 
de  style  gothique. 

Dans  le  haut,  ce  .sont  des  séries  d’arcatures  et  de  contreforts  en  encor- 
bellement de  même  style,  ressemblant  à des  toits  de  cathédrales. 

U. 


-UJncqfcJ.I*  hATF^J  J-L-L. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


4 » o 


Le  caractère  de  bâtarde,  quoique  à peu  près  semblable,  n est  pas  le  même. 
Il  y a des  dissemblances  très  accusées  dans  les  lettres  capitales.  On  voir  que 
Vérard  s'est  adressé  à un  antre  imprimeur  : 


0efue  (bit  c>)  ma  t?fît  et  ntoïj  crttenSemcnÉ 
jjefuafoiterç  mes  peut»  <rerç  mof)regariïctmnt| 
gefuefotf  cf)  ma  ooucÇe  et  erçnioi)  paiement 
Jjefuefotf  o)  mot}  tueur  ftcrj  moi)  penfeimnt 
Jejitefotfef)  ma  Biectef)  morçn^pafjcment 

jSmtf) 

£Dui  Su  toutfog  cueucmcf  ci)  ftteu 
a forçcucurct  fp  a 5ieu 
B t gui  fe  met  ef)  a uft  te  fieu 
gt  petf  fg>)  cuemvet  fi  pett  ÏÏeu 


^ofjeffotefteglme 


§um6femamrie>)  toj?c«{p  afjcixte 
langage  meut  amoureux  Seritafife 
ïpafltf  mapaj  ^outtefieaffiïtfotttte 
jf  roif  n)foj)  fait  couffanf  et  rntfoutiafif e 
%nfec  fee  fions  fatgcB  Saifftme  et  pjeup 
Jtfefceftorçfoflîea  Çntceflrefuefaâfe 
jfont  f0ome  faige  et  a Éouegradnijp 


7 ^ovttKbpùt([ 

gg  if fâe  mtoCiq  h g JJ 


pmfretatmleeu;;!  ïj 
ucepmagtt.&otf  f 


uoÊfre>)  tautefa 
piadqu^mtete 


Les  illustrations  des  grandes  marges  de  côré  sont  resrées  les  mêmes.  Le 
materiel  apporté  par  Vérard  n’a  pas  été  modifié  de  ce  chef  La  grande  planche 
de  la  Présentation  du  livre  an  Roi  a dispara, 

La  petite  figure  de  la  Flagellation  et  les  suivantes  sont  les  mêmes  que  celles 


ANTOINE  VÉRÀRD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR  4m 

encadrant  U grande  planche  du  Roi  des  Rois  que  nous  avons  reproduite  plus 
haut,  (Voir  p'  4°5-) 

Les  légendes  imprimées  dans  les  banderoles  sont  seules  modifiées  : 


firmmro  fafutie  auc  m q?no/Lrt  quortBti 
L .Lftüipoite  ep  ïîfiGafa  Sirgwc  nafcenBo  foi  I 
manj  fumpfoaeJQflria  marergtadsmatetmi 
funoe  afî^ofïe  protège  ef  0oia  moitié 
( u fdpe^oiia  ttôi  Bne  qu  i na  tua  ee  5e  Bitçinc 
eu  pnfrr  « fcf5  fpmtu  t fcmpitmia  feeufa,  ümfc 
â,  ï&ufcm  ta  (1  P fa 

' ^T^fïîc5urtfcn5o  Srtecapfiuimtiï  fpoyfac# 
JLitfrmius  fiait  (BfofatfOum^fetit  efï 
ptuüioo^ofhuttj^fmtniaîtofhïi  ejmffatioe 
fjuncSiixiiCintcrgcf^e:  mugmftoauiÉBits  fit 
^ cuit)  eiafrtagmficauir  Site  face te  no6ifriI; 
faefi  fum  U6  fc  f aitte  ï uetfëte  5üe  capi  lui  fa 
rem  na/!m^  fictif  foimie  itj  aiijïto  Qui  fcmt/| 
uflitf  ii)  iaainue;if)  e^ufùsdoiicmcfcnT^un^ 
fe6  tôanf  fi  fTefianfrmiffenfes  fnnma  fua*^X^ 
mÊteaufe  Senimf  eu  epuffafoite:poKaïite| 
mam  pu  îoa  (m&>  0finia  parti.  pi 

IJfï  BommueeBtficauedt  BomiHuEaniï 
X /îfa6oiau  mm  f qui  cBi  fïcau  f eattj X ) in  Bo 1 
m i n&éTb  fïü  fort  S f nui  faf  £ ; fru  fha  Bigifat  q m 
eu  fîoSi  f eanjTS  ai  im  efî  fîo6ie  a it  fe  fu  ccttj  f u t! 
geterfurgirc  oofiip  f-5mfisqm  manBucatis  pa1 
nztt)  BofbrieOw)  BeBetif  Bifteefiusfoinuiï;' 
je ccc  fjeteSitas  oo  mini  ftfï  i m eteee  ftuctus  Bav 
f rt^icut  fagitie  xr)  manu  poÉÊfie:  ifa  fifii  ep 
cu0omtiïQcatu6  Bit  q ut  i mpfeu  i f BejîBeriu  t\) 
fuum  epipfisna^conftmBefuc;  cum  foquftut 


£omr  mnpff  Y \ 
5c  criminel!  pe  \ 
c#e,  Sefïcaup  i 

SeSetgeeorçfe 
fïagcffera,c/ 
ftrmrficafc^a 


gcàÊ&mutfepBef 
[\  figuttmféfpojfe 


) ta  Bc  ma  rf  ire  (ïftm 
peffoquiftipaura 


Sepuiefepietieif  J 
fai^iufqaafafefîi  £ 


On  retrouve,  dans  I édition  de  1490*  la  grande  planche  de  l'Office  des 
Morts  ; un  cercueil  est  enfermé  dans  un  catafalque  surmonté  de  croix  et  de 
cierges  allumés.  Tout  autour  sont  rangés  les  prérres  et  les  dignitaires  ecclé- 
siastiques; au  pied,  les  pleureuses  sont  assises  par  terre. 


52  ■ 


HISTOIRE  DE  IJ  IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


4'  ^ 


Les  filets  de  cadre  de  cette  illustration  de  ('Office  des  Morts  ont  déjà  subi 
plusieurs  chocs  qui  ont  produit  des  solutions  de  continuité;  ces  mutilations 
dénotent  un  second  tirage  : 


Cette  planche  reparaît  souvent  dans  les  livres  de  Vérard  et  sur  le  titre 
d une  relation  des  obsèques  du  roi  Charles  VIII,  on  i/\p8.  (Voir  p,  63 , ) 
Dans  la  bordure  de  droite,  on  voit  les  patients  du  Purgatoire  complètement 
mis,  sauf  un  serre-tête  pour  quelques-uns,  qui  récit  eftt  des  strophes  dolentes. 


ANTOINK  VER  A RD,  LIE  R AIR  I-  ÉDITEUR 


4‘ 


La  marque  de  VérarcI  esc  placée  à la  fin  comme  dans  les  Heures  royales.  Le 
hultaln  final  esc  remplacé  par  l’achevé  d’imprimer,  avec  la  daie  et  l’adresse 
d’Amoine  Vérard,  libraire:  : 


I ^ofifes  fricote  W/ 
efm,f  pu 


dt8inifefe53rar  1 
. 5efrdct,friuf&m« 


WD&0V0Cf>VEP(l  Hg)TR6BKtiH  RL  P,  I 

IS!l 


Sÿj370WAHPH?A3Hd0tfX^  g 


iüe  fautes  futft  adjoincs  erç  fjjâmutfono  ji 
jfeffcigneur  ifrimpriiSç  fia  gfoiuufeBierge  ma 
Me,  Je,  pp,  io  u i ffao  ufï , flijji  l cccr  cjuaf  ctSmgs  ir 
papoue  HrttffaineBcrarS  fifoai'tc  flentotaft* 
,pai  ie, fur  feront  nofïce  5ame,a  fpmage,f,ie^aj) 
fci  id  gef ï (ko  u au  paf ai  j au  p m i er  pif  fier  fletid  t 
fa  c^appeffe  ou  feij  rfjanfc  fa  méfié  5e  mefiei<# 
ncute  £ee  p?efi5ene. 


Dans  les  phylactères  qui  séparent  (es  sujets  de  ju  grande  bordure  de  cette 
dernière  page,  on  lit  des  vers  invitant  les  nobles  François  A regarder  (écusson 
royal  et  à prier  Dieu,  Jésus  et  la  Vierge  Marie  pour  le  hou  Roy  <k  France  qui 
tria mf animent  en  ce  monde  a mai , 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


4>4 


D'autres  Heures,  éditées  par  Vérard  dans  un  format  plus  petit,  ont  des 
bordures  d'un  style  différent,  qui  représentent  des  têtes  de  saints  avec  auréoles 
vues  de  profil,  des  personnages  à mi-corps  dans  diverses  attitudes  de  la  prrère  : 


) jDuï  fera  flfen  fro&uera 

I ■ rfVi  q 


iDcf«rtl>moboî  betfîytaf  oeruue 
ab  fontee  aquarurç \ta  be/ïffctot 

anima  mca  aÇ  te  beu®  iiHr^Hgga 

Hitiuif  anima  itieaab  tewrç  fbntoq 
üiuunj  quanbolSmiart}  tf  appatiiÊO 
ante  fdcieiTj 

^ uetunt  itt  idji  îattîmt  mee  pan  e®  lue 
ai  norte  : Burtj  birituc  mti^ï  quoffofe 
ifôïe/ï  btue 

ËïJer  mœbatue  futq  et  cffilbi  rn  rtrc 
aiarq  wirarq  q?ït  tranfïtfc  in  fort!  tafler 
naaifi  afrituVaBiïte  ‘Bfqj  aS  Samil  Sef. 
IB  tt  Çore  eç)  n î ration  fejt  ronftrff l'onie 

ffilu  aty  t r i p i e w anima  mcfl  e t quare 

fperiï  m be  o i^rFi  ab0ue  confite  flot  ïfc 
jfutare  ünftuemet  et  bme  mené, 
âmeip/utfjanimamea  «mtnrflata 
eftproptma  mrrw>ï  cto  tuibr  tetra  ïoi 
bani®  e t fi  etmom  i a monte  mo  btra* 
MBiffua  afliffurq  ïnuorat  inltoreraf 

l^itmia  e^eeffatua  et  fluctue  fut  fu J 

{jf|]n  Sïe  itianbawit&Oitiirme  rtiifltfj  fuJ 
orj;:et  norte  rantiranj  eiue. 


fo  ÜQ  üi  6it  n anitt  e &ië  cjfafl  1 1 

nue  ter  ü 3£e  cfftiatortû  i e fu  pjl  i 0 île  te  ■ 
jf  uittinart  cefï,8fle  tïcfl.^pBfaber.bû 
min*  te  td  ,pi  opfttai^oirtruf  d $fïe  t& 
cd.TBeilSm&iarufil  bne  teat^Da/ïejïe 
fo6emamtû.bfleterûFC3pfetfleiiï  fe 
conf  ifiimf,  bn  e te  al  - Jpcra  Uirço  *ttmi 
(ei  q u e fi  fïû  beï  3en  uifli  Uet  d Seunf  tt 
u fiomint  angefo  ndciSte  cScrpf* 
êMetrcd-lDeta'ïiitgo  et  tttafquefifï 
u rrj  bei  (fe  nti  i ftf  ^e  rd  Sedjt  Ue  rd  0oï«} 
q pio  noflio  \ tf  nat*  e fï.  5F e t eat . eta 
^geetmaf  jj  fifiirç  Beï  ^entti/K^ttu^ 
8e  wî  et  ’Setu*  0oîmi  x\  ui  pio  nrôie  tte  t 
'î  fnae  frme  on  ie  fa  reiflïm  i î tl pfo  rere 
ptue  f .bDitiiV  i eni}  toera  'îirgo  (t  ma 
ttt  ^ fifid  bcigmuipi^fû  beu?  (T^ 
tdpoittincïqnipionoÊierefoe  e^,btîe 
trrd.toera  ^irgo  et  matft  que  fifiû  bel 
Çïniiifti^krû  btix$  rt  Seru^  Çominerf}: 
qui  po  n ofl  i e f emie  r tnonat  ue  efî.  bde 
teru^.lDcra  ‘Sirÿo  frmatei  ^ fififl  Be* 
gmui  fïi  ^mij  bru^  rt^eruttj  ^ommeî 
qtu\p  nofii>  iFaui'e  rrurifi'pue  efï;BtTe 
feid.  ÜPera materquefïfid 3ei 
gtnui^i  ^erûbéu^'îemrtjÇortTmrrtj 
qui  ^ no&ie  in  i nu  e pTnbene^itiîinenj 
marre 'îirgini  commaSauit  ita  bitene 


On  y voit  TEnfant  ,lcsns,  XEcce  Homot  le  Christ  cloné  sur  (a  croix  par  ses 
bourreaux,  des  portraits  de  prophètes,  les  Qitin^e  signes  du  Jugement  dernier , les 
damnes  lies  ensemble  par  une  longue  chaîne  et  emmenés  en  enfer  par  le 
démon,  etc.  Dans  ce  dernier  sujet,  le  dessinateur  malicieux  a représenté  un 
roi  et  un  évêque  pour  servir  d’exemple  aux  puissants  et  aux  grands  de  la  terre 
en  leur  rappelant  que  toutes  les  classes  de  la  société  sont  égales  devant  la 
Mon,  ei  qu'il  leur  faudra  rendre  compte  de  leurs  bonnes  comme  de  leurs 
mauvaises  actions  devant  le  Souverain  Juge  pour  en  recevoir  la  récompense 
ou  le  châtiment. 

Les  compartiments  de  l'encadrement  supérieur  des  pages  contiennent  des 


ANTOINE  VÉRAKD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR 


4*.î 

devises  morales  pour  mener  aux  bonnes  actions.  Dans  les  banderoles,  ou  fit 
celles-ci  : Qiù  hkn  fera r bien  munira;  — Çhù  bien  aime 9 bkn  duistk;  — Qiii  bien 
Vit,  hkn  meurt;  — Regarde  la 


'TToftmffe  cfuiifïfltttiyiiessssfi 
f3fj 15ifit«6  ppfaC 
ttuciftçÆ  : Jft  efpdc  cf{  p3cift«^  ^Ûcij  (Ja 
6tnu$  i fgeti)  nifï  ..  f atnq  un  c crça 

t tabflftt  eie  crmrfrçgetet  .^u  > 

fcfpçnmt  autem  icfurqet  eûiqeenim  et 
Gamfan  $ ftflï  t ruf  tn\  eçi'uit  tq  eau}  qui 
fcicitut  fafi  Jcurty.  Çtûtaiet  gofga 
tjja  Weflfmctfiyïtunt^tcurtï  ea  af i 
oe&uoe^incetÇmcTneSitiïq  auteiefti 
auttrq  et  titisfuïq  ppfatue  et 
pofart  fiïpei  iiuiê  (Etat  aufeifc'  rpuï 
; 3efu<J  nfl^flrniuete^iuSeoiiiHj.^mi^ 
etg<?  tttuf ü muf  d fi  gcmw&cirtutq  qa 
pt  ope  ci  u itete rtj  mt  for  uo  Ue i cru  crfi 
pue  tft  l'efue  ©.t  ^ru  t fi  n'pt  uuj  0e0tai  ? 

jfcfeicgBflt  ttça  ppfata  pontifier  iat 
B cch  i ïfrafi  frnfici  ■ cfp  mbfOi  il:fe8  fa 
tpft8i^U  ttpfdiaSea^.îfftfpanSit  p^s 
fat  u s.  ^Sffttpfiîfaipfr.^ifi  ip^  Trga 
cunjcrudfrjpiffït  eu^  acctpttt^efïimt 
ta  et9 feceomt  quai  tuai  partes  Ün  - 
cuiq3  mit ti  patïèef  rmticJ  (Etat  autê 
fumeu  in  ronfuEfrie  8c  fuper  fimteçta 

pet  tûturq.^iperameiga  i&miuietî| 
îîarj  pmbarnue  carq  fefc  fottLmucfce 


jptrffiufattortciq  et  mtieni  et  no 
met)  bomim  muai  aut^ ss, 
Jomine  fiBtta  animaiq  mearq  tnift 
rimie  bfle  <z  iufïueiTt  8eu«  nÊ  mifmc 

® sjftoeicueparuufoe  Nwirn*  0umt; 

fiâfue  fntt)  et  fiftetumt 

ffijj  anuntere  anima  mia  m requietm 

S quia  Commue  Gmcfeaîi  t&t- 
i mpuit  aifitq  mea  Ee  mwff  arfflo 
mcae  a farnmie  pcEte  mcoe  a fapfu. 
rQlfateSo  Somma  iq  tegrôrce  ÜmroiiHj 
î^jrqir  f etrmo  9 ou  a ei$8üeet  ficc  p? 
pettia  Cu  c eat  eie . 3 . J&facffla  tn>min  i 
legiorte jflinai urq  tt.iÿeu  me  [ijJ  fa 
7£d  [TB  Haminunj  cunj  trtfiii  ùittt  i fa? 
iÆj  maui:  et  c^aubiuit  me. 
rÿjômit  frpera  a ni  ma  mf5  a fa0îîo  îi; 
quie  (t  a finçua  8afa(a  tetur  tit 
6i  eut  qni8  apponatuttiïïi:  aSfmÿna^ 
fto  fafaïq^agi  ttc  poi  ent  i*  a i ute  auq 
i itforriBu  Bc(bfataiiig.^^^g^ 
fS^eu  mufti  quiamcofatt  mette  pia; 
tanga  fao  ê ftaftitaui  fû  ftaftitantfl^ce 
8flT:muftu  im  afa  fuit  anima  mea-  as» 
g»>  fiugqui  a8emnt  pacertjetfîpa; 
nfiiuocil  foqurfâi  iffie  impugn^èat 
'wt  51  ^tie[^eqiî!e  5 J^eu  me  qi  i i ofa 


Dans  d'ancres  comparcimenis,  on  voit  Samson  lerrassant  le  lion  cl  lui 
ouvrant  (a  mâchoire;  le  Christ  armé  de  la  Croix  et  délivrant  les  âmes  cpul 
fai:  sortir  de  (a  gueule  béame  d’un  monstre,  etc. 

Ces  figures,  donc  les  traits  paraissent  plus  fins  t|ue  ceux  des  bordures  du 
livre  précédent,  pourraient  bien  avoir  été  gravées  sur  métal  en  relief,  comme 
celles  des  Heures  imprimées  par  Jean  Du  Pré. 

Les  grandes  gravures,  dont  nous  donnons  ci-après  deux  spécimens,  la 
Coupe  du  Saïm-Graal  et  la  Présentation  au  Temple , sont  dans  le  style  de  celles 
des  Grandes  Heures . La  Présentation  an  Temple  porte  dans  la  bordure  dji  bas  la 
devise  : Espoir  en  Dieu. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


4 1 6 


Dans  des  Heures  a l'usage  de  Rome,  imprimées  en  juillet  i pour  le 
libraire  Jean  de  Coulonce1,  la  planche  de  la  Coupe  du  Su'mi-Guud  sc  retrouve 
beaucoup  plus  usée  et  avec  plusieurs  cassures  dans  les  filets  ; 


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a&  nSmutjnfïü  tti  e f effrnaffig  fotia  pati  i ^ * 
ftfiagt  fpitittitfanfto  Efficut  état  ïrL  v 
pnnrj^aetnunf«c  femperet  tri  feiiïïa  fcriifoiuffj^g 
amrtj  3t  f Cefu  pa  n u sjlle  metif  o faFwttG  au* 

ttUs(tthâsÆ?flna^irga  gJj&fQfmtie  — 


1 


Le  meme  volume  d'Heures  nous  montre  ia  bordure  avec  la  devise  : Espoir 
en  Dieu,  dont  les  deux  dernières  lettres  sont  a moitié  brisées  et  ont  a peu 
près  disparu,  (Voir  les  fac-similés,  p,  306  et  307,} 

11  est  donc  certain,  après  cette  démonstration,  tpie  l'édition  des  P crins 
Heures  de  Vérard,  dont  nous  donnons  les  fac-similés,  est  antérieure  a 
et  doit  être  reportée  a 1 :\<ÿ  1 ou  1 4^°' 


1 Nous  devons  communication  de  ce  volume  h derrsinue  /ciiv  Je  jmüet _>  Cd\\  Je  grâce  mil  ÿii &t\'c  cci if7 

M.  Edouard  Rsihii\  libraire  £ ^ni  T;i  cède  depuis  quatre  et  dcrr^c_>  penr  Jehj\\  Je  Cûuleucc,  f\br<dre 

à M.  le  duc  de  Rivoli.  On  lit  à.  ta  fin  : Ces  pr$-  Jctf\c\\vm\t  À Partis  .vnr  te  \t  Nestre-  I>mue , d t\'rr- 

sentes  ^nrcj  A t'wsuge  de  Reumw  j\\vc\\t  achevées  le  jvigïir  des  CEmtres. 


ANTOINE  VÉRÀRD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


417 


Vcrard  a ensuite  édité,  dans  le  format  petit  ni-c|ii;irto,  des  Heures  de  Nosrte 
Dame,  en  vers  français,  avec  de  courtes  prières  en  latin  imprimées  en  marge. 

Voici  les  fac-similés  dn  titre,  avec  son  initiale  ornée,  et  de  la  dernière  page, 
contenant  I achevé  d’imprimer  an  nom  et  à l'adresse  d ’ Amhoine  Ver  ad  (sic), 
sur  le  pont  Notre-Dame  : 


l&mdm  î>c  &i en  rÇantp  flot)  ctcfîici) 
ÎDüit  acquérir  ct>  fût)  commencement 
6î)bcfitantpetfciiererei)0ictj 
21  jfty  q 1 1 1 X pu  1 |Jc  aeq  nerir  faancrii  eut 
apprïqwcrboitfcr^  mtmbrment 
2i  Ce  (ermrau  foi'retan  matit} 

&t)  récoltant  cea  Çeutee  bignement 
Odnf&îecefonfaupfutfpieGbflfttnj 


fjeitreff  &e  noftre  &ame  a)  frâcope  et  a)  fa 
tit)  %tnpîimu&  a parte  nonmt  fanent 


be  fateftmertiem 
fa  gfoiremenee  faporj 
^parabieauecfte  (aine 
2t  litre  oiai'forj 

rigflt  tejnâtq^çfoireftiijpÇSte 
f fio**  te  plions  efhc  enfantin  ec 

5Deta  efartefegefift  rm'fittante 
SD#  e botfrmee  fametee  enborfrince 
î^igteement  conbm'te  etçotmcmec 
3Dn  Sotj  fûintitfyûr)  apojhe  enangrfiffe 
§>\  qmt)  fa  fit)  auct  tee  famé  afpfte 
ÿa/fweauaeftoiitfiiapfi^beftgrTe 
Æïu  x et)  ta  f op  co  nfta  n t ement  p etfifre 
6 1 au  ç fa'cc  g to  t afftment  re/ift  e. 
pour  te  frrm'r  fans  aucune  repn'fc 
P at  r efti  i bi  e u q u e tant  Ce  mo  nbe  p î i fe 
'Cojjfi^i'efueeouuertÎJeÇumamte 
©ucponrfamietCc^Çnrnaineifapa'fe 
piefntt  régnant  anec  ta  maiefte 
$iuanttoufïouteauectaî)cite 
régnera  fana  point  effrepetfeript 
5^rfor)tegneqiii'fuieJiî)epute 
&x)tmiùt)  bu  tenoi'Jï  famtefpent 

3fmep. 

JLp  furent  freÇnitee  fyftamopewpti 
met  0 pont  ^tnt^omc  feab  fi6:atre  bemou 
rantfnr  fepont  no|tre  Sarne  a t pmagefaFt 
^eÇatjfeuangefiftea  pane 


K^\  futrç  $9 
bfl( 

fuffra  ‘ÿctkaü 
io^itim'çapoï 
fîofiiwi<ïeiwrt 

geTiffciffmafti 
foxtrinrâ  abba 
na  petTîmtafftf 
pu  na.  pet  r£rt 
ffimj  bominu^ 


Il  n’y  a point  de  bordures,  mais  on  retrouve,  dans  ce  livre,  quelques-unes 
des  grandes  planches  placées  en  tète  des  offices  dans  les  Heures  royales , telles 
que  la  Cm  ni  on  de  la  Femme,  la  Salutation  Angélique,  F Annonce  aux  Bergers,  la 
Circoncision  ci  le  Massacre  des  Innocents . Les  autres  illustrations  des  Heures  de 
Nosm  Dame,  gravées  sur  bois,  sont  d'un  dessin  différent.  On  y remarque  1111c 
Adoration  dans  la  Crèche  de  Bethléem , composition  à compartiments  que  nous 
avons  déjà  signalée  comme  figurant  dans  l’opuscule  De  duodechu  houotihus 
Sancti  Joseph,  de  Pierre  d’Ailly,  évêque  de  Cambrai,  imprimé  par  Pierre 
Le  Dru,  qui  a éié  Dissocié  d'Étienne  Jehannot.  (Voir  fac-similé,  p.  66.) 

Pour  Za  Salutation  angélique,  qui  avait  déjà  paru  dans  les  Grandes  Heures  royales , 
la  scène  est  double.  Dans  le  compartiment  de  dessous,  l'Ange  salue  Marie, 

33 


u. 


4'8 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


pleine  de  grâces  : Ave  gracia  plena.  Au-dessus,  on  voit  les  quatre  Vertus  : Miséri- 
corde, Justice,  Paix  et  Raison,  devant  le  trône  de  Dieu;  les  unes  et  les 
antres  ont  mie  expression  différente,  mais  tomes  quatre  ont  l'allure  de  petites 
bourgeoises  accortes  dans  leur  maintien,  avec  leurs  jupes  déjà  très  amples  : 


jDien  tout  pniffan  t eiziir^  mop 
f ce  feurce  Æfcoii  c parfera  f oe 

o <X}$  6üficÇcqm  aiinnuterct  mîmtëtuâ 

Æfinnire  foucnçcebctop. 


Ce llc  planche  passe,  eu  i 4^? 5 ? dam  1’atelier  de  Guillaume  Mignart,  im- 
primeur nie  Saint  Martin qui  l’utilise  dans  Les  Enseignements  de  Françoys  Guérin, 
et,  en  14 97,  die  est  employée  par  Étienne  .lehamiot  dans  les  Heures  h l'usage 
de  Rome.  (Voir  p.  243.)  Ce  dernier  s'est  servi  des  grandes  planches  de  Vérard 
dans  d’autres  livres  ddieurcs  que  lui  et  Le  Dru,  sou  associé,  ont  imprimés. 

La  planche  du  Couronnement  delà  Vierge > que  l'on  voit  cil  tète  de  H Ordi- 
naire de  Cysteanx,  daté  de  1495  et  signé  d’Étienne  Jchaunot  (voir  p.  248), 
reparaît  dans  les  Heures  de  Nostre  Darne. 

L'initiale  L du  titre  est  particulière  à .leliannot.  (Voir  p.  24^  et  suiv.  ) On 
la  trouve  aussi  dans  des  livres  au  nom  de  Pierre  Le  Dru. 

Dans  la  planche  du  Massacre  des  Innocents,  placée  atix  Vêpres,  le  graveur  a 
singulièrement  rendu,  par  des  traits  en  paraphe,  le  sang  s’échappant  des  detix 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBR AIRE-ÉDITEUR 


4uj 


poupons  qui  gisent  à terre  tout  emmaillotés.  Une  mère,  superbe  d allure* 
placée  au  premier  plan,  le  genon  en  terre,  protégé  son  enfant  qu’elle  tient 
d'un  bras,  tandis  que  de  l’autre  elle  menace  un  soldat  qui  s'avance  l'épée  nue  : 


0<£  ire  i'tj 
lin}  motmicte 


bottttcmojpflibf  cf  confoif 
b Cntcnefoit  g me  cortfoitre 

(Çtu'e  Çdfîctmofj  ftiÿfit  trc/füjf . 


L'impression  des  Heures  de  Nosrre  Dame  est  postérieure  à celle  des  Heures  de 
Vérard,  avec  devises  dans  les  marges,  parues  avant  juillet  i4p2-  La  planche 
de  la  Circoncision , qui  se  trouve  dans  les  deux  éditions,  présente,  an  coin  de 
droite,  dans  le  filet  d’encadrement  du  bas,  une  brisure  qui,  à son  point 
initial,  n’a  que  1 millimètre  dans  les  Petites  Heures  (voir  p.  4 1 &)>  tandis  qu’elle 
va  en  s agrandissant  jusqu’à  p millimètres  dans  les  Heures  de  Nosrre  Dame.  On 
remarque  en  outre,  dans  le  filet  du  liant,  cinq  petites  brèches  ou  fêlures  qui 
n’existaient  pas  auparavant.  D'après  l’ctat  de  dégradation  de  la  lettre  initiale 
dans  H Ordinaire  de  Cysrcaux  de  1 4 9 5 1 nous  établissons  que  cette  impression  *1 
précédé  les  Heures  de  Nosrre  Dame } où  cetic  leitre  est  intacte.  (Voir  p.  24p.) 
E11  conséquence,  la  date  de  i4j>3  ou  iÂ<)4  ost  celle  qui  se  rapproche  le 
plus  de  la  vérité. 

Les  caractères  de  l'impression  des  Heures  de  Nostre  Dame  soin  les  memes  que 


53- 


420 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


ceux  des  Grandes  Maires  wyoks.  Vérard  renouvela  bien  des  fois  les  éditions  de 
scs  Heures,  avec  des  changements  dont  l'analyse  demanderait  le  travail  patient 
d'une  monographie-  II  en  modifia  le  style  à diverses  reprises.  A la  fin  du 
xve  siècle,  les  bordures  étaient  plus  ombrées  ou  sur  fond  criblé. 

Revenons  maintenant  aux  autres  publications  de  Vérard.  Le  26e  jour  de 
juin  1488,  paraissait  U An  de  Chevalerie  selon  Végke.  Ce  livre  11'était  autre  que 
l'ouvrage  de  Christine  de  Pisan,  intitulé  Faits  d'armes  et  de  chevalerie t 


jgppftrit  fe  fuite  8e  8to  ftSarmee 
fuStifift  (t  aiuRffeflSccfemde  fe 
foq  ÎD  "geceSe  fortSecfJeuflftrie* 
(Jmpiimt  fepp*5ic-toiir  5e  Julfig 

pïjuxüpatZntÿûim  <5er<u8£t 
frotte  Sriuouranf  fl  pariefut  fe 
pouf  ncfSamea  fpmflgefafftrf 
% fjai?  fenâgefifftoii  au  pofe^ 
?p «e  fa  cÇflpdfe  ou  oîj  riJSfe  fa 
tneffe  8e  meffeign  wefeepftg^e 


jftpfbnf  Secfflitceéfce  9m}c 
^5erfu6t|ue9ii0tto8fepûii«iicef 
Çeno6fecaurfltge8b(5t  (tuait  erç 
f bîj  cueur/efeij  fammoxeeeterj 


Jjouô  p(fu6  5e  nofre  matfoty 
£gf  8e  gentiffang  fucteffeure 
'fcâtdi  *5et luô  queïfe  raifbtj 
<0euy  effre  ^lapopoficffenrô 
ÏDe^Soô  parfaifj  pieS  teffetirô 
Sfue^fe  non?  ef  Qen'ftrfge 
H)aiô  8ou^e  <5erfue  qui  (St  feurfc 
(fwfem^f  no  5fe  cout(ti$e 


G*ufj  q ttSmet  fe*5  mflfêf 

^enoifeêSfeetftftflïfemr 
jgfpournoffôefemrfVSeufïët 
TDoujefierfué  Çoméïfeti 
Çcff  flfrege  feurflSmintftre 
fee  bouffent  enttefenfe 
fit  oe  feur  cueut  foirer  egtffre 

jQobldïf. 

JLaSierfu  prnnineepCftotTfcfle 
£«  fenofife  8off><tfftt  eçftwtt 
iw  ffe  fang  8*  genfi£fc(]Te 

JDtmffSrwi^irf  feearmee  fiait 
CjarScjap  8e  faire  faillirait 
ÛpakcmestfftefU-i  ftgiftfme 


U est  dit,  la  fin , que  l onvrage  a été  imprimé  par  Antiwine  Vérard,  libraire , 
demeurant  h Paris  sur  le  Pont  Nostrc  Dame. 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR 


42 1 

Le  livre  est  exécuté  avec  les  premières  fonrcs  de  bâtarde  de  Jean  Du  Pré, 
mélangées  dès  1 486  (voir  alphabet,  t.  I",  p.  238),  qui  avaient  servi  a l'impres- 
sion des  Déc/i {les  de  Titus  Livîus,  caractères  qui  passèrent  ensuite  chez  Antoine 
Caillant  et  de  la  a Angoulême.  (Voir  t.  I",  p.  323  325.) 

Nous  avons  déjà  exprimé  notre  opinion  reiativemenr  au  cas  qiEil  fanr  faire 
de  la  menrion  imprimé  par;  011  11c  doit  pas  la  prendre  au  pied  de  la  lettre,  car 
elle  se  confond  avec  celle  d ‘imprime  pour,  que  Ton  rcnconire  simultané- 
ment dans  plusieurs  des  livres  de  Vérard.  Nous  allons  encore  en  donner  un 
exemple  péremptoire. 

Il  existe  une  édition  des  Commentaires  de  Jules  Césur,  traduits  en  français  par 
Robert  Gaguin,  darée  de  1485,  que  nous  avons  mise  a l'actif  de  Pierre 
Levct.  Des  bibliographes  onr  prérendu  que  les  exemplaires  décrirs  avant  eux 
étaicnr  incomplets  du  dernier  feuillet  et  devaienr  régulièrement  conrenir 
ccrrc  suscriprion  finale  : Imprimé  à P/iris  par  Anrhoine  Vérard , demourant  sur  le 
Pont  Nosnr  Dame,  qui  se  trouvaii  dans  un  autre  exemplaire  tpi 'ils  avaicnr  vu. 

Nous  avons  vu,  à notre  rour,  ce  même  exemplaire,  qui  est  passé  au  Musée 
Britannique.  L'édition  esr  tour  autre.  La  dédicace  11'esr  pas  datée  de  1485, 
mais  bien  de  1488.  On  11  y trouve  pas  la  planche  représentant  Gaguin  offrant 
son  livre  au  roi  Charles  V 1 II.  (Voir  fac-similé,  t.  Ier,  p.  4l8)  Elle  esr  rem- 
placée par  une  autre  plus  grande,  à trairs  plus  larges  ei  plus  épais,  placée  en 
rète  du  Livre  des  Politiques  d" Aristote,  translaté  par  Nicole  ou  Nicolas  Oresme 
cr  édité  par  Vérard  en  avril  1 4 ^ nous  reproduisons  ci-aprés  certe  dernière 
planche,  dans  laquelle  ou  voir  le  iraducteur  présenianr  son  livre  an  roi. 

Les  autres  planches  sont  les  mêmes  que  celles  de  la  première  édition.  Les 
figures  qui  représenrenr  des  armées,  des  camps  et  des  batailles,  sont  taillées 
au  simple  contour  avec  tpielques  rraiis  de  plus  dans  les  vête  meurs,  dans  les 
chevaux  et  plusieurs  petirs  fonds  noirs.  (Voir  fac-similés,  r.  Lr,  p.  4I9'421) 

Elles  sont  empruntées  an  matériel  de  Jean  Bonhomme  et  proviennent  de 
UYstoire  de  la  destruction  de  Trope  la  Gram où  elles  avaienr  paru  dès  1 4 8 4 ■ 
Vérard  avait  ces  planches  en  sa  possession  et  sJcn  crair  déjà  servi,  car  011  les 
trouve  aussi  dans  !e  Vègé.ce  de  1488,  que  lions  venons  de  mentionner. 

Quant  aux  caractères,  ils  sont  diffère urs.  Ce  sonr  ceux  de  ['imprimeur 
Pierre  Le  Caron,  qui  travailla  pour  Vérard  a partir  de  1485?.  Nous  avons 
déjà  discuté  la  question  (voir  t.  Ier,  p.  421~424)  ct  fourni  la  preuve  de  notre 
assertion  (voir  ci-dessus,  p.  77);  nous  11'y  reviendrons  donc  pas. 


Première  page  dit  Livre  des  Politiques  d’Aristote, 


ANTOINE  VÈRARD,  LIBRAIRE- ÉDITEUR 


423 

La  meme  traduction  de  César  a été  publiée  une  troisième  fois  par  Véravd; 
elle  ne  contient  aucun  bois.  La  dédicace  est  encore  datée  de  1488. 

On  a ajouté,  a la  fin  de  cette  édition,  le  huitain  suivant  de  Gaguin,  qui 
n'existe  pas  dans  les  éditions  precedentes  : 

Lise/.,  liseurs,  attrait  et  entende?, 
lu  ne  juge/  à cerveau  csionrdy 
Soit  bien,  soil  mal,  que  avant  regarde/ 

L'ciivrc  en  1 ai  in  dont  ce  livre  est  party. 

Vous  irouvcrcK  que  je  l'ay  converty 
Selon  le  sens  des  mos  et  de  la  lettre. 

Va  mon  françoys  en  latin  assorty 

Le  plus  au  bvief  que  le  tout  se  peult  ineitrc. 

Nous  donnons  ci-dessous  le  fac-similé  du  libellé  final  et  du  huitain  : 

c fmtfî  fofrflttffaftoi)  $€&  cmmmtaitee  infirn  ttfai  (m 
fpfflitfSpforonqttrfÏPfopflpe^ 
pfpîpfpnfprau  toy  Œffotfee  êutfipfmpfr fumet  patfrerPîîü&tf 
gaguitjSorfmrpiî9ffrpfpfgp«prafmi«ifîiT8proi8rp  Spe  fmee 
îtfaindtimiïïït  riÆpmpftoi?  SfepîifomttPitf  tteftifa* 
ŒCCC*orf4irtP*SiiL 

Ærfp$  frfp  me  attrait  et  fftfpnSp) 
np  iugej  a cprorau  pfïomftp 
*bo\t  Bttt)  forf  mat qiiP  auant  te$a($e} 

Bctmve  en  tatin  ffottf  crfiutp  pfïpartp 
5ftoti6  (tomme}  qup  rcfap  ronuprtp 
jèttoiï  fp  fmedm  moe  etd p ta  füttc 
0f  ttiotj  franrope  oï  tath)  atfoiiy 
jEcpfuo  an  tfîfpfqttpfpfoitf  fpppttff  tnrtfte* 

On  lit  encore,  au  dernier  feuillet,  la  mention  : Imprimé  a Paris  par  A ni i teint 
Verni  (sic),  libraire;  mais  nous  savons  maintenant  à quoi  nous  en  tenir  sur  la 
valeur  de  cette  déclaration  de  complaisance.  Le  volume  a été  imprimé  par 
l'un  des  typographes  subventionnés  par  cet  éditeur. 

Il  n y a point  de  date-,  mais  comme  l'adresse  de  Vcrard  est  indiquée  auprès 
le  Péril  Pont,  elle  est  postérieure  à 1 4<?9>  l'année  de  la  chute  du  pont  Notre- 
Dame,  après  laquelle  Véraid  changea  de  demeure. 

La  planche  de:  la  marque  d’Antoine  Vcrard,  que  Ion  voit  après  l'achevé 
d'imprimer,  n'est  pas  la  meme  que  celle  des  premiers  livres  de  ect  éditeur, 


4z4  HISTOIRE  DE  L’IMPItIMERIE  EN  FRANCE 

reproduite  plus  haut  d'après  le  Végècc  de  M88  (voir  p.  420)^  die  est  plus 
élcgame  et  présente  plusieurs  différences  de  détail. 


C p<tt  Qtit$oitte$m$(i8cùire§moHmt 

auftee  9c  prttf  pont  a tymaige  fairtrt ^loÇatf  tmàqeftflt)  oum 
pafawaaptrtttifcptffifrSefagtaffafftpîÉefacÇapp^ottotf 
cQattfefa  mftt 9*  mcffWgnnms  fte  pjffîSm^* 


On  a accusé  Vérard  de  plagiat,  ei  on  cite  des  livres  à la  fin  desquels  il 
aurait  effacé  le  nom  cl  la  marque  de  confrères  concurrents  pour  y substituer 
la  sienne  ei  tromper  ainsi  les  acheteurs.  An  dire  des  bibliographes,  Vérard 
aurait  agi  de  la  sorte  surtout  au  détriment  de  Pierre  Le  Caron.  Il  s’agit,  dans 
l'espèce,  de  rétablir  la  vérité. 

Le  Caron,  ainsi  quon  vient  de  le  voir,  a travaillé  pour  Vérard.  Lorsque 
Pierre  Lcvçt  cessa  ses  relations  avec  f éditeur  parisien,  le  matériel  d'illustration 
appartenant,  selon  toute  probabilité,  à Vérard,  passa,  avec  la  marque  de  ce 
dernier,  dans  l'atelier  de  Le  Caron.  Le  bois  de  cette  première  marque  était 
déjà  fortement  ébréché.  Pour  Sa  remplacer,  Vérard  en  fit  graver  une  autre 
avec  quelques  modifications  cl  la  déposa,  avec  un  nouveau  matériel,  chez  un 
aime  imprimeur,  un  seul  tic  suffisant  pas  à sa  production.  Le  Caron  continua 


ANTOINE  VÈRARD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


à sc  servir  de"  la  première  marque,  qui  se"  détériorait  de  plus  en  plus.  Lui-même 
il  avait  pas  de"  marque  personnelle  à ses  débms.  Lorsque  celle  de  Vérard  fut 
trop  usée  ei  qu’il  ne  voulut  plus  s'en  servir,  Le  Caron  trouva  moyen  de  l’ap- 
proprier a son  usage  en  faisan i disparaître  les  initiales  AV  placées  au  milieu 
du  cœur  et  en  coupant  la  partie  inferieure  de  la  bordure  qui  comenait  le 
nom  A'Atuhoine  Vérard auquel  d substitua  le  sien. 

Vérard  n'a  fait  qu’user  de  son  droit  en  faisant  supprimer  son  ancienne" 
marque,  ainsi  dénaturée,  c"t  en  la  remplaçant  par  une  délicate  enluminure  a 
son  chiffre,  qui  constituait  sa  marque  de  fabrique  comme"  miniatnrisi e pour 
les  exemplaires  tirés  sur  vélin  et  qu'en  sa  quahié  de  libraire  de  la  Cour  il 
fournissait  au  Roi  et  à de  hauts  personnages.  S’il  y a eti  plagiat  de  ce  fait, 
il  est  a la  charge  de  Le  Garou  et  non  a celle  de  Vérard.  On  11e  constaïc,  du 
reste",  aucun  changement  de  ce  genre  dans  les  exemplaires  tirés  sur  papier  ei 
destinés  à la  vente  cou  rame. 

Pour  les  exemplaires  de  haut  luxe  des  livres  en  vogue  qu’il  destinait  à sa 
clientèle  princière,  Vérard  a pu  s’entendre  avec  les  imprimeurs  et  faire  faire 
des  remaniements  an  commencement  et  à la  fin  des  volumes,  selon  son  goût 
et  ses  convenances.  C’est  ainsi  que,  dans  l’exemplaire  d'une  des  éditions  du 
Kalendrkr  des  Bergers*  destinée  an  Roi,  il  a supprimé  la  grande  lettre  à boucles 
gravée  sur  bois,  formani  eniourage,  pour  la  remplacer  par  une  riche  bordure 
miniaturée  de  fleurs  et  de  fruits.  La  marque  de  Guy  Marchant,  qui  se  trouvait 
en  teie,  fui  enlevée,  et  la  composition  du  titre  remontée  et  modifiée  au  com- 
mencement en  Ici  1res  calligraphiées  A la  plume  pour  mieux  s’harmoniser  avec 
le  cadre  du  miniaiuri.ste.  Dans  le  vide  laissé  au  bas  par  la  composition  typo- 
graphique ainsi  déplacée,  Vérard  peignit  sur  champ  d’azur  l’écu  fleurdelisé 
du  roi  de  France,  tenu  par  deux  anges.  (Voir  1.  Ier,  p.  3 dp.)  A la  dernière 
page,  apres  la  Complainte  du  Limaçon , dont  la  gravure  sur  bois  était  ariistemcni 
rehaussée  de  vives  couleurs,  les  lignes  contenant  l'achevé  d'imprimer  fiirem 
supprimées,  ei  l’espace  libre  du  bas  de  la  page  fut  rempli  par  son  mono- 
gramme peint  eu  miniature  dans  lin  cœur  d’amour  soutenu  par  deux  lançons. 
(Voir  1.  I",  p.  379.) 

Dans  un  au  ire  livre,  La  Nef  des  Fol^dn.  Monde , il  fusait  disparaître  la  réclame 
en  vers  annonçant  la  mise  en  vente  chez,  le  libraire  de  Mar  nef,  placée  au  bas 
de  la  gravure  du  titre  et  qui  11  avait  plus  de"  raison  dette  pour  un  exemplaire 
tiré"  spécialement  sur  vélin  ei  enluminé  par  ses  soins. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


42.6 


À la  dernière  âge,  apres  la  table,  on  supprimait,  à 3a  deuxième  colonne, 
l'achevé  d'imprimer  ati  nom  des  libraires  Jean-Philippe  Manstener  et  Geoffroy 
de  Marnef,  qui  était  remplacé  par  le  monogramme  eninminé  de  Vérard 
comme  miniaturiste.  (Voir  p.  23  t.) 

L exemplaire  sur  vélin  du  Àfystcrc  de  lu  Passion , édité  en  t4po  par  Vérard, 
présente  cette  particularité,  que  la  première  et  la  dernière  page  ont  été  rema- 
niées et  les  interlignes  légèrement  diminuées,  afin  de  laisser  plus  d ampleur 
anx  marges  pour  y peindre  des  hystoires  1 . 

L'apparition,  en  1488,  de  La  Mer  des  Hystoires,  tpie  Pierre  Le  Rouge,  impri- 
meur du  Roi,  venait  d'exécuter  avec  force  illustrations  pour  le  libraire  Vincent 
Commin,  attira  l'attention  de  Vérard.  Il  lui  fit  imprimer  pour  son  compte, 
en  \4p°y  l4pi  et  i4p2?  bu  cnn  3 Snewine  et  Sa  Juste  en  fm&çoys  (voir  fac-similés, 
t.  Ier,  p.  4751-480),  Joseph  us,  de  lu  Bataille judaïque  et  YOrose,  livres  dans  lesquels 
il  se  servit  des  bois  de  La  Mer  des  Hystoires  y auxquels  il  en  ajouta  d antres. 

Vérard  publia  ensuite  U Art  de  bien  vivre  et  de  bien  mourir^  véritable  mantiel 
du  chrétien,  dans  ietpiei  étaient  représentés  en  images  ies  préceptes  de  l'Église 
pour  se  bien  conduire  dans  ia  vie,  les  ceremonies  du  culte,  les  supplices  de 
l'Enfer  et  les  joies  du  Paradis.  Ce  livre  de  dévotion,  qui  résumait  tomes  ies 
croyances  religieuses  et  populaires  de  1 époque,  fut  largement  illustré  pour 
faire  suite  aux  Heures  royales.  Le  texte  de  U Art  de  bien  nuuirir  avait  été  rédigé  par 
Guillaume  Tardif,  lecteur  du  roi  Charles  VIH,  sur  l'ordre  du  souverain2. 

Le  livre  eut  un  succès  extraordinaire.  Les  éditions  se  succédèrent  et  s'enche- 
vêtrèrent les  unes  dans  les  autres,  de  1 45? 2 a 1 498.  Le  Rotige  imprima  d'abord 
JJ  An  de  bien  mourir.  Vérard  y ajouta  IJ  Eguyüon  de  crainte  divine  et  Le  Traîné 
des  poines  dr  Enfer  et  de  Purgatoire,  qu'il  fit  imprimer  avec  ies  mêmes  caractères 
par  Couteau  et  Ménard.  D'autres  traités  .sur  [avènement  de  l'Antéchrist, 
les  signes  précurseurs  du  Jugement  dernier,  les  joies  du  Paradis  et  LJ  Art  de 
bien  vivre  complétèrent  ['ouvrage,  qui  forma  ainsi  quatre  parties  distinctes. 


Niins  avons  comparé  l'exemplair?  sur  vélin 
expose  ilïiii-s  les  vitrines  Je  la  Bibliothèque  natio- 
n il?  a\  ec  l'exemplaire  sur  p:ipier  Je  la  Bibliothèque 
de  l'Arsenal  , et  non  seulement  nous  avons  constaté 
11  ne  différence  sensible  dans  la  hauteur  des  pages, 
mais  nous  avons  fait  en  même  iemps  la  remarque 
que,  pendant  ce  remaniement, des  lettres  qui  étaient 
tombées  à ia  dernière  page  avjient  été  remplacées 
par  les  premières  \enucs  d'antres  sortes  qu'on  avait 


à portée,  que  des  cortections  avaient  été  frites  dans 
ia  même  page,  et  que  ies  lignes  de  l'achevé  d'impri- 
mer avaient  été  resserrées  et  en  partie  recomposées. 

« Vous  av  composé  et  eti  ordre  mis  1111g  petiE 
volume  d’heures.  . . Yfotis  jy  aitsst  translaté  I/Àrt 
de  bien  mourir . . . » (Epitre  dédic.atoirc  ait  roi  des 
Àpe/epue. y de  Laurent  Vi.dk , traduits  par  Guillaume 
Tardif;  exemplaire  sur  ve^in  miniature1  par  Vérard. 
Bibliothèque  naiionate,  vélins,  61  i. 


42  8 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Voici  maintenant  les  prières  tic  PÉglise  ; le  Pater  noster,  X Ave  Maria,  le  Credo 
et  les  Dix  Comwandemens  de  la  Lay, 

La  planche  du  Pater  représente  le  Christ  enseignant  à scs  disciples,  qui 
l'écoutent  respectueusement,  la  prière  qui  figure  sur  une  large  banderollc  ; 


C Ave  Maria  montre  la  Vierge  tenant  l'Enfant  Jésus  et  écoutant  la  fin  de 
la  prière  que  lur  récitent  les  chefs  de  l’Église,  le  pape  en  tète.  Un  roi  fait 
partie  djj  groupe  formé  par  les  dignitaires  du  clergé  : 


ANTOINE  VÉRÀRD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


A 19 

Le  Credo  ou  Symbole  des  Âporm  ose  divise  en  deu*  planches  comenam  cha- 
cune six  personnages  avec  leurs  attributs  respectifs. 

Voici  d’abord  saint  Pierre  et  saint  André,  saint  Jacques  le  Majeur  et  sain: 
Jean,  saint  Thomas  et  s ai  ni  Jacques  le  Mineur  ; 


La  seconde  planche  du  Credo  nous  montre  saint  Philippe  et  saint  Barthé- 
lemy, saint  Mathieu  et  saint  Simon,  saint  Jnde  et  saint  Mathias  ; 


HISTOIRE  DR  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


430 

Les  Dix  Cow mande  me  ns  de  In  Lvy  viennent  ensuite.  Toutes  les  figures  sont 
Rien  groupées.  Aarou,  qui  lève  l'index  et  montre,  aux  chefs  des  mbus 
d'Israël,  les  commandements  que  présente  Moïse,  a l'allure  d'un  grave  pro- 
fesseur faisant,  au  tableau,  une  démonstration  ïi  ses  auditeurs  : 


jDltg  feufSito.fu  aiteiun.' 
, rt«pfncva«fMtfiiiictfrnent 
ntiwrttOT. 

nautre  cÇofc  potrtftmtnÉ 

fye  Smrcmf  <e  tu  3<trôfrae 
mfftuïif  Sien  trcuoïtmît J 
Prtt  {i  mrtt  (JontaïWB 

affiij  qut  Wircefonîü^t 
flurmciïn  potninfflmw 
àe  faits  nrîoitftnîntiïrtïewt 
j£-tifi»iecij)  pointue  fttae . 
î>r  rtipe  nr  fif  r3|ttiEcnmrf 
ÆawüïrDadcm  tu  nftfrrqs 
neirftenfcae  a 
finîfy  tefmoifitiatfcne&Mae 
n t încnritao  autiiiwincM 
£cuutr  bc  c5  nient  &c  fi'tctoe 
qut  m ac  i'a0c  frttfemmt 
0icb<nitiiN  ne  coimoifttoe 
pour  ît  mioi'f  jnm/fcmrf 


Dans  les  Snar meurs,  far ti sic  a réussi  a rendre  îes  différents  détails  des 
cérémonies,  la  gravité  des  gestes  et  des  expressions,  la  nclicssc  de  la  déco- 
ration flamboyante.  «Il  suffit,  dit  M.  J.  Rcii olivier,  de  voir  les  femmes  au 
corsage  étroit  et  aux  corn  eues  rabattues  sur  le  cou,  et  ces  enfants  malingres 
pour  sc  sentir  en  plein  Paris,  s» 

La  plupart  du  temps,  ees  gravures  étaient,  à I epoque  même,  rehaussées 
de  vives  couleurs.  On  en  connaît  meme  des  exemplaires  imprimés  sur  vélin 
qui  sont  recouverts  de  précieuses  miniatures.  L'un  d'eux,  qui  .sc  trouve  à la 
Bibliothèque  nationale,  aurait  été  ainsi  décoré  par  un  grand  artiste  parisien 
du  xv,r  siècle,  Jacques  de  Besançon,  bâtonnier  de  la  corporation  des  enlu- 
mineurs . Nous  n’avons  pas  à nous  occuper  en  détail  de  ces  sortes  d' exem- 
plaires qui  ne  rentrent  pas  dans  le  cadre  de  cet  ouvrage;  contentons-nous  de 
les  signaler,  et  continuons  notre  description  d'après  les  exemplaires  eu  noir, 
tels  qu’ils  sont  sortis  de  la  presse,  qui  font  mieux  apprécier  le  travail  de  la 
gravure  sur  bois  illustrant  le  livre. 

1 Y<  y i r i 1 ’o  m ruge  < [<_■  M . J *:l  ti  J D u mu  f u : Un  gmtirl  i'nkmthtcur  jhinsu'n  .m . v V jv< v4r  ; .J  j cqu  c s tf  c fît1  ipuam 
sou  œuvre;  Paris,  Champion , 1 Kpj;  în-Sû. 


ANTOINE  VÉRÀRD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR  43i 

Chacun  des  sept  sacrements  est  surmonte,  entre  deux  arcai  tires  flam- 
boyantes formant  baldaquin,  d'un  labïeau  relatif  à l’origine  de  la  scène 
représeméc  par  le  sujet  principal. 

Pour  k Baptême , c’est  Jésus  baptise  par  Jean  ajix  bords  du  Jourdain  : 


A femrée  d’une  église4,  un  nouveau  né,  soutenu  sut  les  fonts  bapnsmaux 
par  le  parrain  et  la  marraine,  reçoii  l'eau  sainte  des  mains  du  piètre  assisté 
d’un  diacre  et  d'un  enfant  de  chœur.  Tous  les  détails  de  la  scène  ont  été 
scrupuleusement  observés  par  lartisie. 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Dans  le  tableau  du  fronton  de  la  figure  suivante,  saint  Pierre  impose  la 
Pénitence  à un  monarque  agenouillé  à la  porte  d'un  palais*  La  suite  du  roi 
s'apprête  a recevoir  le  sacrement.  Cette  scène  indique  que  les  puissants  de  la 
terre  doivent  se  soumettre  à l’expiation  de  leurs  fautes  ; 


L'artiste  a su  tirer  ici  un  merveilleux  parti  de  sa  composition  principale. 
Au  premier  plan,  un  pénitent,  à genoux  près  de  son  confesseur,  semble 
écouter  les  exhortations  a la  confiance  dans  la  miséricorde  divine.  Au  second 
plan,  à droite,  une  femme  reçoit  l'absolution  de  ses  péchés. 


ANTOINE  VÉRÀRD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR 


433 

Le  tableau  qui  surmonte  la  scène  du  sacrement  de  /' Eucharistie  est  traite 
par  r aücgorie. 

Un  évoque*  sur  le  seuil  de  son  palais,  s’avance  vers  nue  troupe  d’hommes 
d'armes  et  leur  présente  le  pain  et  le  vin  : 


Un  prétic  à I autel  dit  la  messe.  C’est  le  moment  de  la  Consécration  : il 
élève  l'hostie  vers  le  ciel*  et  plusieurs  assistants,  agenouillés  et  les  mains 
jointes,  s'apprêtent  ù recevoir  pieusement  le  sacrement  de  l’Eucharistie  des 
mains  de  l'officiant. 

n. 


434 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


La  Confirmation  est  représentée,  dans  le  tableau  qui  surmonte  [a  scène 
principale,  par  un  roi  agenouillé  les  mains  jointes  devant  un  apôtre  qui  lui 
administre  le  sacrement;  les  assistants  se  tiennent  en  arrière  et  semblent 
s entretenu-  de  la  ccrémonre  qui  .$c  passe  sons  leurs  yeux  : 


De  vaut  un  autel  surmonté  d'un  retable,  plusieurs  adolescents  sont  à genoux 
dans  l'attitude  de  la  prière.  Lévéquc,  entouré  du  clergé,  les  confirme  dans 
fa  grâce  quils  ont  reçue  par  le  Baptême.  Un  prêtre  essuie  le  front  de  ceux 
qui  viennent  de  recevoir  la  Confirmation. 


ANTOINE  VERÂRD,  LIBRAIRE  EDITEUR 


435 

Pour  1* Ordination > la  scène  du  tableau  du  haut  es:  empruntée  a l’ Ancien 
Testament.  Àaron  est  agenouillé  devant  Moïse  pour  recevoir  l'onction  sainte* 
d’après  ce  passage  de  l'Exode  (xxtx,  7)  ; «^Tu  verseras  l'huile  sur  sa  tète  pour 
l'oindre»  [oienm  micnonis  fundes  in  capïte  ejus)  \ 


Un  évèque 3 tenant  les  saintes  huiles*  confère  le  sacrement  de  fOrdre  a 
plusieurs  diacres  agenouillés. 

Derrière  levèquc,  fautel  est  orné  dun  retable  où  sont  représentés  les 
apôtres  saint  Pierre  et  saint  Paul, 


5L 


4^6 


HISTOIRE  DE  LTMPRIMLR1E  EN  FRANCE 


C'est  encore  â l'Ancien  Testament  qu'est  empruntée  la  scène  du  tableau 
.supérieur  concernant  le  sacrement  du  Mariage  : au  milieu  du  Paradis  ter- 
restre planté  d arbres  et  orne  d une  fontaine^  le  Seigneur  tient  par  la  main 
Adam  et  Ève  et  consacre  leur  union  : 


Un  prêtre  mut  deux  epoux  devant  l'autel.  La  jeune  femme  est  couronnée 
de  fleurs,  De  nombreux  assistants  se  pressent  de  chaque  côté;  les  femmes 
babillent  derrière  l'épousée,  et  les  hommes  resiem  graves  et  silencieux  h la 
suite  du  mari.  N'y  aurait-if  pas  la  une  pointe  d'ironie  du  dessinateur? 


ANTOINE  VÉRÀRD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR  437 

Le  compariimeni  supérieur  représeme  I;i  consécration  et  V Onction  d'un 
roi  par  le  chrême  de  la  Sainte  Ampoule. 

L'artiste  s'est  ici  irop  inspiré  de  sa  composiiion  de  ta  Confirmation ; lune 
semble  n'èire  que  la  copie  de  l'antre: 


U11  moribond,  couché  sur  un  fit,  reçoii  dun  prêtre  le  dernier  sacrement 
des  saintes  huiles. 

Les  assisiants  tien  ne  ni  des  cierges  allumés;  un  crucifix  est  placé  au  chevet 
du  lit  ei  à droite  du  malade. 


HISTOIRE  l)E  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Le  Livre  de  bien  vivre t exécuté  pour  Antoine  Vérard,  ne  porte  pas  de  nom 
de  typographe.  Selon  toute  probabilité,  il  est  sorti  des  presses  de  Couteau 
et  Ménatd,  qui  ont  signé  UÈgttyllon  de  crainte  divine  et  Le  Trakté  des  points 
d’ Enfer  et  de  Purgatoire,  complément  de  L’Art  de  bien  mourir,  imprimé  par  Pierre 
Le  Rouge  avec  les  mêmes  caractères  gothiques  : 

iCyfinifl  {eüuvtbeSietjSi 
utt  ^mpiime  a parte  U jcS 
tour  $ becêfat  rrtiCcoxtto  / 
fceu/t/potrr  antÿoine 
^ktatb  ttëtme  ÊbttoimmÉ 
fm  U portf  rnflte  <£>ame  a 
trflatj  (emtt 
$e£ifltlou  au  pafat*  au  pz? 
mlttpittittàtuftttacÿap? 
pette ou  ou  cftantf  ta  meff 
fe9emeff*e  te&  pitfiMa 

Quoique  placée,  au  commencement  des  exemplaires,  avant  L* Art  de  bien 
mourir , la  partie  qui  contient  Le  Bien  vivre  n a etc  terminée  avec  ses  illustra' 
tions  que  le  25  décembre  1 492,  après  les  autres  divisions  de  I ouvrage  for- 
mant une  série  disposée  dans  Fordre  suivant  : 1 "Le  Bien  vivre  (sans  nom 
d'imprimeut);  2"  UÀnde  bien  numnr  (cette  partie,  qui  porte  un  achevé  d'im- 
primer au  nom  de  Pierre  Le  Rouge,  imprimeur  du  Roi,  sans  indication 
d'année,  s'arrête  à la  signature  D.  );  f LJ  Ègnyllon  de  crainte  divine  pour  bien 
mourir,  avec  les  points  d’ Enfer  et  de  Purgatoire , ayant  un  achevé  d'impnmcr  daté 
du  18  juillet  i4pi,  au  nom  de  Gillet  Cousteau  et  Jean  Mesnard,  continue  la 
série  des  signatures  de  U An  de  bien  mourir  et  ne  comporte  pas  de  titre  spécial 
4°  Le  Tmicté  de  P Advenem  en  t de  P Ante-Christ,  des  Qttinçe  signes  précédais  le  Jugement 
général  de  Dieu  et  des  Joyes  de  Paradis,  sans  nom  d'imprimeur,  porte  la  date 
d achèvement  du  28  octobre  1492.  Toutes  ces  parties,  complètes  en  elles- 
mêmes,  pouvaient  être  dédoublées;  elles  furent  d'abord  vendues  séparément. 

Les  figures  de  IJ  Art  de  bien  ?nonrir  ont  été  inspirées  certainement  par  les 
illustrations  primitives  de  YArs  moriendi;  mais,  si  l'ensemble  de  la  composition 
est  resté  le  même,  les  détails  en  sont  changés;  le  costume  et  l 'ameublement 
sont  français,  les  physionomies  ont  le  type  gaulois  bien  accentué,  comme  on 
pourra  s'eu  rendre  compte  en  examinant  les  spécimens  qui  suivent. 


ANTOINE  VËRARD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR  439 


L’ART  DE  BIEN  MOURIR 

ÉDITÉ  PAR  VÉRARD 


fôafeconbetcmptation  ©e 
(juoyfe  ©paflfe  ©ewfn:  ttmp 
1t  fÿommt  tt)  tartufe  ©r  fa 

moîft 


Ü3  (cconbe  tcmpfatiotj 
feîopnofîiepttfentac')  ] 
(eut  ©eqwopfe  ©paUfc  tentp 
itta  (Qormncouta  fëmtctefi\ 


La  seconde  tentation  du  Dïûhk - 


HISTOIRE  DE  L’IMERIMERIE  EN  FRANCE 

L’ART  DE  BIEN  MOURIR 

LDIXr:  PA  K VÉRAHD 


c H* 


La  quatrième  tentât  ion  du  Diahht 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR  441 

L'ART  DE  BIEN  MOURIR 

ÉDITÉ  PAR  VÉRARD 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


44i 


Le  texte  de  L’Eguyllon  de  crainte  divine,  qui  suii,  esi  précédé  d'un  prologue 
en  dix  chapitres.  Au  commencement,  on  voie  l'auteur  composant  son  livre  : 


$e$upC(ot)he  crainte  8iui 
ne  pour  Bien  mourir. 

£e  fBofogueS  (acteur  frf  (e 
traictebe  '&egupC(or)&eceattt 
u tienne  po*  Bien  monde  conte 
n$t  Bip  pkdpmCp  cfîapittee. 


j®«t  ce  q mtf 
QdtneS mütet) 
cefieSteptefen 
te  ne  peut  ccn 
Çnotfhe  ne  fi :auote  certai 
nementfeueftet/fo  gw 
ceqiamo>beBteaouetr  fa 
Çapne/ceft  aStte 
çftace  (ï  et)  eftat  S petfte  <tt 
fi  qmCeftefcdptep  teccte 
ftafteonip. chapitre,  jfre 
fdtÇomoStrü  amoieat) 
tôïoUçnaefît.  Attenta 
auffi  que  Comme  ne  fret 
(mveneteiattt  ^e  fa  fin 
efteefpaeamfiqutteftef 
cnptenkeSmmefmecQa 

pitce.0efdt  Qomo  ftnenp 
funttf . 4 cefie  caufeQoit 
Comme  mfonmBCe  dire 
confütue  et)  crainte  Beti 
eu  et  toufïouve  ScuBtee 
Ceure  te  t a mort  ineextai  * 
j ne,  fixer  céhne  QitCepfaC 
rtufte  oupfeauCmecCf  p.fÈtâ  f 
te&e  9t  eu  efi  commencement 
befaptence.Jtttdüfapiende  ti* 
moibtA.&fexaêienfmaBtie* 
mentaCameBeceCup  quittât 
tieu/cat  elfe  fera  ffrnepc  R fin» 
cm  fottt  9 efot)  ttefpae,atnfi  qî 
efi  efi cdpt  et)  Cecrfefiafftque  ou 
prnnier  chapitre.  &mfti  9cb 


De  chaque  côté  d’un  pinacle d’ardiitccture gothique  qui  surmonte  la  cellule 
de  l’écrivain,  deux  personnages,  en  costume  du  temps,  semblent  discuter  entre 
eux  afin  de  mieux  se  pénétrer  des  avantages  d’une  bon  ne  règle  de  conduite 
dans  la  vie  pour  se  préparera  la  mort.  Cette  gravure  a éié  employée  par  Vérard 
dans  d'autres  ouvrages.  Elfe  reparaît  notamment  dans  U Arbre  des  Batailles , on 
elle  est  peinte  en  miniature  pour  l’exemplaire  destiné  au  Roi.  Nous  repro- 


n:  'iftCTirciï. 
Mirent  vlUsiït  feo 
■ , ii  v lUfr 

R.*,Wl  # li  '>tVÎ  - - ‘i 

L'ARBRE  DES  h A TAILLES 


■ ï • ■ 

$S  Ait  rtwi  tviiïpasaut  soit  Jiviv, 
Rxnupbiirc  du  rai  Omrles  VI 1 1 , imprimé  sur  v 

îiiblinthctjtLt  Nariorule.  y 


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rte  pour  &iet)tti  jn  :- 

i , ■.  TtKÏO'A i u S i®-;  »srf uf  ÎV 
i,  #r  •'  ?vr  %’^t * ; ■ 'for  Âfe  iw«t 
l ■ ’■  ■ K*  ‘îfvattr  arntc 

1 1 ü,  ?p  tfi):  £#<;.■'.'> 


.e  £ïîrritoM?S‘!?-t  ftvf 

U ùr  Çnm  cft 
f fcy  ■;  «te.^kcitt  f*ftt<iàeü  ■ 
:j»o: ï> --t , StY-**  Â'iagff  - 
Pts  ; . • ,v?tt  eut;; 

îl’:'  CCT  ftfft  |C  '-  ÜCTÏ’T'tr^  lUf 
à;  i «r“tt  vV  fàt;  C\  ?f  t'Æri.flirr/î 

cfstÿccipttv  ou 

pîwnfei  %pùf£. 'ir-ïîitf : St  ç»bï 

frf 


■ ■ H ■ ' 

, .i  . Llv  . il  ■’■ 

* 1.1  ■ ’ : 


\\nr 

our  enfeote  far 
tî;r  î>ee  Bdtailïf r 
(t  mieufr  çqnoi 
jltefa  ftçjure/te 
ferapaucuneej 
pion#  ’r|J  £>}  S 
martSe  ptemiere 
ment  queffecfïo 


fecft  Cafatffe 
$pit&  tebCtYMttl 
ï>e  comment  6a* 
taitie  fat  ap:ou 
uceetjce  nionSe 
(£t  ce  ce  fl  Sonne 
cfiofeetbencque 


qui  faicteo  font. 

BHBn  rne  tournent  tefpon&e  a ta  ptemt'ere  qaeftiov 
ÜHI  fCeàaifauoK  Me  cfjofc  efi  6atatC(e  & te  refpon 
pjpee  mat  fftee  et?  foijr  que  Sataiffe  nef.  autre  ct>o fe  que 
aucun  murmure  ou  SeSaf  (equetefiSenu  pour  aucue  cp 


mettre  epaccozbd  faite  ta 


Les  pages  intermédiaires  sont  blanches 


ANTOINE  VÊRÀRD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


Nuisons  ci-contre  la  page  où  elle  se  trouve,  et  Ion  verra  que  lartistc  en  a fait 
une  véritable  oeuvre  d’art  en  modifiant  sons  son  pinceau  certains  details. 


On  voit  ensuite  Lazare  chez  Simon  le  Lépreux;  le  frère  de  Marthe  et  de 
Marie  raconte  ce  qu’il  a vu  en  Enfer  et  les  supplices  des  damnés. 

j6. 


444 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANGE 


L'FGUYLLON  DE  CRAINTE  DIVINE 
LFS  T1AMNKS  EN  ENFER 


T Snegtâbefowoife  be  feu  atfee  Sebarn  te  feu  Qe  t’a  J ( 
^ aibât/iî  auttet  SiaSfâ  fou  SktcfouinaifequetCeî  ed — 
ftoiët  p Qtâtnefabkfefor  fïote  n f teSt  geee  aufft  '«D 
naifemecQtâetp  môfîtu  meaüen&femStment 
_ eap  fottfffej/  (î  fee  a uftee  eflre toutjef côme cftat&ÔÎ  __ 
Setouznoiêt  (efbkteeamee  Se  atSaneet  amfoafeeeSefeu  co 
t aSkte  fomatfea  uecfy  0:09  me  S ne  Rarre  Se  fet  enftamSee 
et  6aj0  befeeatbfô.  $4  oaapt  qmfmüfi  Se  fa  foamotfe.  t&tt 
1 on  pf eu  re/crie/fa  m a ri  cte  (iS  p te  fefete  Souneaup  Stafîfee  0V 
femÉte tue(Bm«0fee /et  tant  e>  fee  qui  riumettfoienf  fepfa  fee 
fïotüf  fefïncfee  amef  foufeee  ef  amee  abSt  fee  empomtjnotettf 


iLtj  supplke  des  freux  et  f reuse  s - 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 


44 


L'ÉCUYJ.EON  DE  CRAINTE  DIVINE 


LES  DAMNÉS  EN  ENFER 


]L4  T '■  & fainct  gomme 
|p\  \ A bifoit  a '* 

] preripiifmioirthiewert 
fer  SnQ  fieu  0om6fe  p te  ’> 

q>tite  S f petit  groeftme? 
nue  et  ou  jjf  tint  teeamee  9e$ 
jmeffeu/ttyxtteff eufel  efîoienf 
temëteet  iî  fMuwefbeSumfee 
j moifvteeçnauteuvqfkfbi&f'' 
( pft  fef^fî  mo:Soiefm<*tfettaefe 
| gif(tte(e(tflwfteîpfteît»ucg(e^ 


aufft  faifotêt  (et  au(e  pti 
te  (î  m?8îeî  SfStrteftfmel 
^ fa  (Uio  it  0tât  éptite  S 
petitfpit  fefôfj  petfctmf 
f«  partie  (ï  re  gig  Su  rueur 

îlfWfeï  poitreï  a me?  tout 

atraueiUômeftecfo}.  &upe 
5 (aeflottaftavoff)  capitaine  (î 
pzî««6  peeeg’eti^fe^f  effort  a 
côpoigrte  biie  grâS  (pfife  S 60 
teou;t  wafîfe»  bffer/ef  effort  fe 
Ôtf  afforofg  et)  fcime  (i  figure 


àY  Paresseuses. 


HISTOIRE  DE  L'IMPIUMERIE  EN  FRANCE 


L’EGUYLLON  D E CRAINTE  DIVINE 


r.ES  DAMNES  EN  ENFER 


(ijdefme  chapitre  ftaicte  ©e 
fa  rinquœfmepametnfetnafe. 

Nuance 


■ C/atnt  borne  jLa^a 
luevedfmtaujcaffi'' 
* "**  fietxemicouyScffuf 
bit  cjf  attoif  <ftu  eij  enf et  Smj 
autre  mamereb'e  paiueeXat 
ifStfSe  jjtartbee  cbaubreree 


amaraereSefcutf  artFepta f 
nee  5e  8iuere  mefauf;c  f?  5ue 
(t  FoufTIIf  corne  feaue  fait  fm 
(eftü.gtbedamtceufy  me 
fauf^e^oiff  pfJ^iej  feeameî 
8ef  auartcieujC  ef  auattrteufeî 


Lf  supplice  des  A varkifux  cl  Avtirideuses. 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBIÏAIRE-ÉDITEUR 


44j 


L’EGUYEEON  DE  CRAINTE  DIVINE 

LES  DAMNÉS  EN  ENFER 


^ f <t wî  ttouoeou  tef a 

faC.ebemoit<x$ie:tui 
r^-  efîStcÿtf  CeStt  fymot} 
' Ce  Cepzeuptedtoiteibjfoit  aixp 
. afftfiëe  cjuefut  effâtee  ptrcfie* 
flmjfemafee  iî  aaoit  et)  Sue 


SrfeeSrtg  fîeme  otô/BitçaB 
Qomma0fe  fut  fe  nuage 
ûuoit  Sue  $t SSe  ÿtife  beatnee 
8 gfouÉoftf  (tgfouÉej  et;  figt3f 
n5fce^a  pâme  fee/cautoiÉot) 
rtêfort  CefâCCee  eijpunifiot ; 9e[| 


Le  supplice  des  Gloutons  et  Ghutomes. 


448 


HISTOIRE  DE  L'IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


L'imagination  fantaisiste  de  l’artiste  s'est  donne  un  libre  cours  dans  la 
représentation  des  supplices  réservés  aux  sept  péchés  capitaux,  qu'il  a su  rendre 
avec  des  raffinements  de  cruauté  et  des  variétés  de  contorsions  bien  faits  pour 
émouvoir  les  pécheurs  les  plus  endurcis  et  terrifier  les  esprits  crédules. 

Le  Traictè  des  pairies  d' Enfer  et  de  Purgatoire  a été  achevé  d'imprimer  par 
Gillet  Couteau  et  .Jean  Ménard,  pour  Antoine  Vcrard,  le  18  juillet  i4p2  : 

£,y>  firafï  te  tmete  tos  pai 
txc&  QettferttQe  put$at 
toke,  Jmpzime  a parie  par 
fâittct  coufteau  et  JriwJ 
mmatbfauQe  $tate  mit 
quatfte fZem  nmanfe  zt 
te  SipfSuitiefme  tour 
©tr  mo^9r  tmfFef/potït 
%nt%oine  Seratb  m«tx03f 
îi&iavte  Qemomantapa'/ 
riefaefrponf  ttofirc  ©a 
meatëfetçne  f<àntje§ai) 
teuametifle. 

Viennent  ensuite  le  Traktc  de  /' ddymeman  de  t* Anti-Christ , et  les  Qttin^e  signes 
précurseurs  du  Jugement  dernier . 

Comme  contre-partie  aux  scènes  lugubres  de  la  fin  du  monde,  la  planche 
des  Joyes  de  Paradis,  qui  termine  l'ouvrage,  respire  le  calme  et  la  sérénité. 

Les  bienheureux  adorent  le  Fils  de  l'Homme,  dans  sa  gloire  sur  l'arc  des 
nuées,  ayant  à sa  droite  la  Vierge  et  à sa  gauche  saint  Jean. 

Les  figures  sont  bien  disposées,  les  tètes  variées  et  quelquefois  très  fines 
et  très  religieuses.  Les  tailles  sont  nettes,  les  hachures  bien  placées  dans  les 
fonds  pour  faire  ressortir  les  physionomies. 

La  Vierge,  les  mains  jointes,  est  d'une  belle  attitude  dans  son  manteau  à 
grands  plis  v elle  offre  un  type  remarquable  de  douceur. 

Cette  scène  est  encadrée  par  une  large  arcature  flamboyante. 

La  planche,  une  des  plus  belles  gravures  sur  bois  de  l'école  française  du 
xvc  siècle,  a été  copiée  par  le  Petit  Lanrens,  imprimeur  rue  Saint-Jacques, 
a la  Croix  Blanche . La  copie,  malgré  de  notables  différences,  est  encore  ires 
remarquable  (voir  p.  i ip)  et  figure  dans  plusieurs  éditions  de  La  Légende  dorée 
de  Voraginc.  Elle  a même  eu  les  honneurs  de  la  contrefaçon  en  Italie,  dans  le 


ANTOINE  VERARD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR  44p 

Lêgendmio  de  Smict) t imprimé  à Venise  par  les  soins  de  Zuane  de  Tridino,  le 
30  décembre  1504. 

La  partie  de  l'ouvrage  renfermant  (illustration  originale  fut  terminée  le 
28  octobre  M?2*  pour  Vérard.  ERe  11c  porte  pas  de  notn  d'imprimeur. 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


4$o 

Comme  les  caractères  et  la  disposition  typographique  som  les  mêmes  que 
dans  Le  Traktê  des  paines  d’ Enfer  ei  de  Purgatoire,  on  peut  vraisemblablement  en 
attribuer  [ impression  à Couteau  et  Ménard  : 


9efoimtfe/  ta  fozee  9e  fanfetr 
ne  ferait  que  foiB  teffe /fa  Côçae 
gûBematûufatene  ferait que 
gng  momBtbe  Ste  encoiee  pae 
fies  tiefteff es  ! pompes  effort  * 
neute  9e  totte  tes  tmpetateutf 
tope  et  pzincepe  qui  ont  efie  et 
fevontSicpa  ta  fin  9u  mortbe 
ne  feraient  que  mifete  et  pouce 
fe  eu  ragot#  <m;c  topes  S para  * 
bia.  <Qt  %rita6temenf  comme 
9îf  fotnt  6emat8  tout  ce  qui  fe 
ta  en  parabie  ne  fera  que  tteffe 
que  iope/que($anf/que  cterteti 
tumiere/ tout  Bien  pfera  eom* 
me  biteft'/&>9(ee  cotpe  Ses  Be* 
neuve?  Siuevonf  en  efemeffefv 
ficife(i  teff uf  itnBt  en  teffe  qnS 
tite  qutf ? euff enfeu  fit ? feu ff  U 
îén9en  ange  pavfaiete,  <£X  fou 
teeteebefozmtfe?  fefjffee  au* 
vontefie  efbtacoxpefevont  tefe 
quee?iiofiee?/q  fra  befautv  fup 
pfie^  pacPtutne  puiff  ance.Cat 
tefbia  cotpe  feront  (Sean;c(ï  cfefT 
c3me  fe  fofeif  gui  efî  fontaine^ 
naiffance  ï»e  foute  fumtece.^f 
tes  coipetefquet?  font  mainte 
nantpatSee  et&efozmex  fevBt 
apie&te  tapement  fept  fotept? 
cfew  que  te  f oteîtnejl  mainte* 
nanf.  <&t  efi  if  atnfi  que  apxet  tf 
abanteteueeutentpecffeCefc* 


teit  pevbttfept  partira  St  fa  ctev 
te  et  ne  eut  en  9emoura  que  fa 
£ tripartie.  0aîe  aptee  te  iuae 
menfittecouuteva  faSicteeiet 
te  piemceteef  ferdt  tefSie  coipe 
gfoueap  fîeaujc  et  cfeve  cdme  Ce 
foteitainfique  auorfbitpaccp 
Mettant  <&t  ce  fuffifeSefbicteî 
iopra  6e  para6te.<Qt  confequt* 
ment  9e  fout  fe  frafcfe  feguef 
a efie  parfait  a parafe  pü.  tout 
Se  map.m  itxccc.nonanfe  Heu? 
priât  tee  lecteurs  <ff  teuvptaife 
prier  pour  famé  3e  facteur^  qf 
noue  Suetffe  finaBtement  con 
fcntKjï  mener  en  fa  gfoiraji  tope 
9effufbicfee.4men. 

Cp  fini  fi  Ce  ftatcfe  Se  fabuene  * 
ment  9e  anfecffriff,9ra  gutn  * 
?e  fi gnra  pieceSene  te  tugem^f 
generaf  Sebteuefbee  topre  9e 
parabte,  ^mptimea  parte  fe 
^Sttiiour  9ocfo0«4Ean  mtf 
ÆXÆC*non3fe(i  9eu^jêoar 
<jnf0otne  ^erarS  marepanf  fie 
6îatre9emoaranf  a parie  fur 
fe  pont  noftre  9 ameatenfei * 
gne  faint  teBan  CeuS^e&fie  ou 
an  pafat'e  au  premier  ptfter  'St* 
uantfa  cÇapeffeouton  cfiante 
tameffe  9e  meffeigne me  tee 
pteftSem. 


Notts  avons  déjà  fait  observer  que  Le  bien  vivre,  quoique  placé  en  tête  des 
exemplaires,  n’avait  été  terminé  que  le  25  décembre  ! 4 3; 2 , après  Le  Traiaé 
de  l'adveneimm  de  Antéchrist,  et  des  Jttycs  de  Paradis  qui  terminent  l’ouvrage. 

Apres  que  Pierre  Le  Ronge  eut  cessé  de  travailler,  son  matériel  d’illustra- 
tion passa  entre  les  mains  de  Vérard,  et  ce  dernier  devint  propriétaire  des 


ANTOINE  VÉRARD,  1 1ER  AIRE- ÉDITEUR 


^ i 

types  de  grosse  bâtarde  qui  avaient  servi  à I' impression  de  La  Mer  des  Hystoires * 
Vérard  adopta  spécialement  ce  caractère,  dont  U se  servit  presque  exclusive- 
ment par  la  suite  et  le  déposa  a tour  de  rôle  chez  les  imprimeurs  quil  fît  tra- 
vailler pour  son  compte. 

Couteau  et  Ménard  associés  furent  les  premiers  qui  les  reçurent,  et  c'est 
ainsi  qu'ils  purent  terminer  en  une  typographie  uniforme  U Art  de  bien  mourir 
commencé  par  Pierre  Le  Rouge. 

En  juin  1 4 3 > caractères  sont  dans  l'atelier  de  Jean  Morand  ou  Mau- 
ranci,  imprimeur,  rue  Saint-Victor,  qui  exécute,  pour  Je  grand  éditeur  pari- 
sien, Les  Cro niques  de  France. 

On  retrouve,  dans  ces  trois  volumes  in-folio,  des  bordures  historiées  et  des 
petites  illustrations  qui  avaient  figuré  dans  des  livres  précédents  de  Vérard. 
Elles  sont  adaptées  tant  bien  que  mal  au  texte,  et  répétées  plusieurs  fois 
selon  les  besoins. 

On  y remarque  une  suite  de  grandes  planches  qui  occupent  presque  tonte 
îa  page  en  tête  de  ch  que  livre. 

L'une  d'elles,  qui  représente  un  combat  en  champ  dos,  rappelle  la  manière 
de  l'artiste  qui  a dessiné  le  Baptême  de  Clovis  et  la  Btimilk  de  Tolbiac  dans 
La  Mer  des  Hystoires.  Les  édifices  et  les  arbres  sont  figurés  en  raccourci  de  la 
même  façon.  Le  dessin  est  ferme,  les  tailles  déliées.  Il  y a de  la  souplesse 
dans  les  attitudes  des  personnages  du  premier  plan , dont  les  visages  expriment 
la  diversité  des  sentiments  qui  les  agitent. 

Dans  la  bordure  de  la  tunique  du  roi  Gontran,  on  distingue  quelques  lettres 
qui,  réunies,  semblent  former  les  mots  IO  lÀ  GVAI.  Sont-cc  là  les  prénoms 
et  nom  de  l'artiste  : Johannes  Jacobus  Guai ! Nous  n'osons  soutenir  ['affirmative 
et  nous  laissons  cette  interprétation  pour  ce  qifclle  peut  valoir,  car  elle  est  du 
domaine  de  l'hypothèse. 

Les  planches  suivantes  paraissent  être  d'une  autre  main.  Le  trait  de  dessin 
est  plus  lourd  et  les  tailles  sont  plus  épaisses. 

Dans  celle  qui  représente  le  Sacre  du  Roi,  l'archevêque  de  Reims,  les 
évêques  et  les  pairs  de  France  apportent  au  monarque,  assis  prés  de  l'autel,  la 
Sainte  Ampoule,  la  couronne,  Ja  bannière,  l'écusson,  les  éperons  et  le  glaive 
de  justice,  selon  le  cérémonial. 

Toutes  Jes  figures  ont  une  expression  de  bonhomie  qui  ne  déplaît  pas, 
malgré  la  naiveté  de  la  composition. 


57- 


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4}4 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Une  troisième  planche  nous  fait  assister  à larrivée  du  jeune  roi  Charles  VIII 
à Paris,  à son  retour  du  sacre*  Une  députation  vient  lui  souhaiter  la  bien venue  - 
Les  costumes  sont  intéressants  a étudier  et  les  figures  sont  rendues  avec 
un  remarquable  sentiment  de  réalisme  : 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR  4^ 

La  planche  qui  suit  représente  Charles  VIII  entrant  dans  sa  bonne  viüe  de 
Paris*  Au  premier  pian,  à gauche,  les  femmes  sc  précipitent  au-devant  du  Roi; 
plus  loin,  l’auteur  des  Cro niques  de  France  présente  son  livre  au  monarque  : 


4}6  HISTOIRE  DE  LTMPRÏME1UE  EN  FRANCE 

La  planche  suivante,  qui  représente  un  roi  de  France  rendant  la  justice,  ne 
manque  pas  d une  certaine  vigueur  dans  son  ensemble,  II  y a de  [a  vie  dans 
les  physionomies  des  personnages  qui  entourent  le  trône  : 


ANTOINE  VÉRARD,  LIBRAIRE  ÉDITEUR 


4r)i 

Parmi  les  livres  publiés  par  Vérard,  nous  mentionnerons  Le  Livre  des  oyseaux 
et  chkns,  autrement  dir  U An  de  Faulconuaie  et  des  chiens  de  chnsse  : 


Au  verso  du  turc,  un  voit  les  préparatifs  d'une  chasse  au  faucon,  et 
[ auteur,  Guillaume  Tardif,  lecteur  du  Roi,  offrant  son  livre  a Charles  VI 11, 
Dans  la  dédicace  qui  suit  « au  roy  très  crestien  Charles  huitième  de  ce  nom  », 


IL 


4}  8 


HISTOIRE  DE  L’IMPRIMERIE  EN  FRANCE 


Tardif  dit  avoir  compose  l’ouvrage  d'après  divers  auteurs  pour  l'amusement 
du  Roi  et  d'après  son  ordre  : «Après  plusieurs  euvres  que  à votre  nom  ay 
composées  par  votre  commandement  et  pour  récréer  votre  royale  majesté  entre 
ses  gratis  affaires,  vous  ay  en  ung  petit  livre  rédigé  tout  ce  que  j’ay  peu  trouver 
servir  à l'an  de  faulconnerie  et  des  chiens  de  chasse.  Lequel  livret  ay  translaté 
en  françois  des  livres  en  latin  du  roy  Dan  cil  us  qui,  premier,  trouva  et  escrivit 
fart  de  fau Iconnerie,  et  des  livres  en  latin  de  Moamus,  de  Guillinus  et  de 
Guicennas,  et  colligé  des  autres  bien  sçavans  et  expers  en  iadicte  art,  briève- 
ment et  clerement  en  ordre  mys  par  rubriches  et  chapitres.  » 

4tt  top  tttfmfHeri  rijorfei (Initient  e S ce  nottf 
tôutâ?  'gTarbtf  Ou  puv  et}  Seffap  f ot?  ftfeur 
tnfQMÎe  mdmanbaüotj fuppftegrequiert. 

qî/Tore  que£>ieu5ïoue8oufl  S nwttSfrefcrefïiet? 

0 rovbefrSce  fut  mot?  n tuttCfomevain  ethnique 

feignent  Je  tref§û6te  <t  fef o6n0tf mvfmt 

8ebi«pmot?  mediocte  engin  (t  feifee.  fCatapzee  pfu 
fleure  ettoree  4 a %t?  nom  ap  cSpofeei  p Srf  cdman$em?t 
et  pour  tecreer  %tl  ropafe  matefte  entre  fee  gratte  affairée 
Sotte  ap  et?  Sng  petit  fïute  reStge  tout  ce^  fap  peu  f touuet 
fëmft  a fartbef aufeSnm'e  et  Se  c0ffe  S efîaffe.  jlEequef  fi 
ttref  ap  frff/Tûfe  et?  fbücote  8ee  fiuree  et?  (afin  bu  topbffcÜ9 
qui  fîmier  f rouan  g efm'uif  fart  S faufc3nerie.(ï  Se  ft'ueee 
et?  fafit?  8e  moawue,8e  gutffimri  (t  S guteemtae^f  roftt^ 
ge  Se  ont ree  SiïfcauSe  g eppere  et?  faStrfe  oxt.jbiienemU 
etctecahf  et?  oitue  mpe  par  mfhicfyé  (t  cfiapt  free.  <J5t?  faif 
f «fit  f ottfee  mafieree  f ttpffaee.  <gt  meSrinee  ©t'fftctfee  a 
frouuer  ouaf aire  ou  bffgereufeipo5  fopfeaa  outt3  app:o« 
aeee»  fee  6i?ftmüe  (t  eypetegpat  fart  S meScirte.  jRee 
«3e  Si  meSrmei  qud  «3me  bjogueî  4 ne  fît  et?  fttfat'ge  frff 
coie  ap  efcrfpf  et?  feur  fffgue.  et?  faqueffe  pont  et?  Sfatge  et? 
fart  bapoficatie.  £efï  euuteaSup  pfiee att  e tracte  Si 
opfemp  S faut'cdneae.Jpaufve  Si  cwe  S tflaffedCeffe  Sf 
opfeaujc  a Sujeptree.fa  pmt'ere  e tt  feigne  -dgnoifîre  fee 
cpfeattpbe  prope  Sjqfj  ot?  Sfe  et?  fa8  art-fee  enfetgner  <t  g3 
aerner^fee  meberfnei  çtttunerttCnectffaiceepo?  fei  ffrete 
nir  et?  fâte.jBu  qtief  ft'nre  feirufot'rf|ei(t  c0prf e ffftbffpofej 
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